ESPRIT MODERNE ET SOCIÉTÉ MEDIEVALE
qu'il n'était plus aussi bien adapté à la l' rance du XVI' siècle. Les architectes avaient imagine la cathédrale ahn d'abriter la population dense des grandes communes ; mais, pour l'élever, il avait fallu la foi active et ardente de cette population ; et les cathédrales interrompues attendaient en vain qu'on les achevât. Les églises modernes, moins vastes, n'exigeront pas aussi impérieusement la construction ingénieuse et complexe de la croisée d'ogive, et les architectes trouveront plus économiques des voûtes moms vertigineuses et sans arcs-boutants. Dans la France soumise au roi, les forteresses féodales étaient condamnées sans retour. F^our les arts figures même, les hommes du Mil siècle avaient un système d'images par quoi s'exprimait leur sensibilité ; mais au XV !■ siècle cette iconographie ne correspondait plus à l'àme collective. La pensée laïque avait déborde le système des symboles scolastiques et l'imagerie de la Légende dorée ; aux croyants même, certains motifs traditionnels commençaient à paraître un peu naïfs ; les gens de la Reforme et ceux de la contre-réforme se mettront presque d'accord pour les rejeter ou les amender.
Depuis longtemps, sculpteurs et peintres n'étaient plus seulement au service de leur
foi ; ils s'étaient épris des formes vivantes, ils songeaient moins au drame chrclien et recherchaient davantage la beauté ou l'expression humaine. Les artistes d'Italie et particulièrement ceux de Florence les avaient précèdes dans cette recherche ;
ils sont a l'origine du clas- ^^^ ^^^ ^^ cast.li.et de Perp.ona.n. sicisme qui va renouveler (Ciuiié xcurdein.j ,35 ___ ^
l'art français. Après l'idéalisme du XII r siècle, les Florentins, comme les autres artistes, avaient d'abord pratique un réalisme direct et brutal ; mais, au cours du W ' siècle, ils s'étaient exercés à l'étude de la forme humaine avec tant de passion et de méthode qu'ils avaient rejoint l'art antique. Les artistes gothiques, les hommes du Nord, franc^ais. flamands ou allemands, comprirent, devant les figures florentines, combien chez eux la science plastique était encore incertaine, timide, incomplète. L'art français, comme les autres, devait faire ses humanités à l'école de Florence. C-omme les autres, il devait y perdre un
. — Château de Meillant (Cher).
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peu de son originalité. L'art florentin en effet aboutit a un idéal universel, qu'il reconnut dans les œuvres antiques ; il put donc reprendre la tradition greco-romaine et, à sa suite, par delà I Italie, nos artistes découvrirent peu à peu l'antiquité, A son tour, l'esprit français allait donc accommoder a son usage cette langue classique affinée deja deux fois par l'esprit grec et l'esprit florentin. La Renaissance, c'est-à-dire la pénétration de l'art septentrional par les modes d'Italie, est un événement européen et non pas seulement français. Ce n'est pas seulement auprès du roi, mais sur tous les points de notre sol qu'il en faut noter les indices, aussi bien dans les provinces encore mal rattachées au royaume que dans les régions du centre monarchique. Les agents de ce classicisme, ce furent les artistes errants si nombreux à la fin du Moyen Age, les Italiens ap|ielcs chez nous par des particuliers,
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Knihék i)K l.oiiis XII.
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