I — LA RENAISSANCE DANS LES PROVINCES
par des villes, par le roi, les Français et les Flamands revenus d'Italie avec des cartons pleins de dessins, lit c est ainsi que, dans les \ trente premières années du xvr siècle, les formes classiques ! surgissent un peu partout. Eglises, tombeaux, hôtels changent d'aspect, des le temps de Louis XI 1 ; les figures mythologiques
à la manière italienne s'installent dans chacun de nos arts traditionnels, dans les ta|)isseries comme dans les enluminures, dans les vitraux de Pinaigrier comme dans les émaux de Léonard Limosin ou des Penicaud. Ce sont les faïences d'Italie qui mirent Bernard Palissy sur la voie dune technique nouvelle. La décoration classique s'adapte à l'art particulier de chaque province. Les traditions locales ont partout rattache a un nom illustre celte évolution diffuse : Hugues Sambin a Dijon, Philibert Delorme à Lyon, Ligier-Richier en LorraïUi, Dominique le Florentin en Champagne, Jacques Marchand a Orléans, Michel Colombe en Touraine, Pierre Sohier a Caen, Jean Goujon à Rouen, Nicolas Bachelier a Toulouse, Léonard Limosin a Limoges, Bernard Palissy en Samtonge, Jean Cousin on ne sait où.
Toulouse, capitale d'art roman, peu accueillante à l'art gothique, comprit mieux le style Renaissance, ou elle retrouvait l'esprit classique et latin. Nicolas Bachelier disposa des colonnes de pierre, de marbre sur les briques toulousaines ; a l'hôtel d Assezat. elles se superposent pour former avec les entablements et les ouvertures des façades un fort habile
V\0. 277. - CHAIUAU m. ill-ÛIi
EscAi.iKR DE François l".
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Via. 278. — l.;iiATKAU d'Azay-lkKiiieal . (Cliché Xeurdeiit.)
FiG. 27g. — Château de Ciiameord.
(Cliché " Monuments llisloriqnes ".)
FRAt^CE
ajustage dont se trouve allcjîce la lourdeur morne de la brique (fig. 293). Sur plus dune maison bourgeoise, l'ordre corinthien porte une riche décoration en marbre sculpte. Un |)ortail latéral de Saint- Sernin et celui de la Dalbade sont parmi les plus jolies adaptations du style italien en France.
Cette vaste région de 1 Est, encore mal soudée au Centre, cette ancienne Lotharingie traversée par les artisans du Nord en route vers l'Italie, devait aussi se laisser pénétrer de classicisme. Lyon est la ville des grandes foires, une métropole du commerce français; depuis Louis XII, c'est de cette place que le roi observe les affaires d'Italie. Aix, où avaient travaillé les Flamands du roi René, accepta bien vite les formes italiennes ; sur les portes de sa cathédrale, l'ornementation gothique se superpose aux arabesques italiennes. Avignon reçoit encore des artistes du Nord, mais ils travaillent maintenant à la mode d'Italie. Au milieu du siècle, alors que la pénurie des peintres est grande dans le royaume, un Champenois, Simon de Châlons, installé en Provence, non sans adresse, insère dans ses compositions religieuses des figures copiées de Michel-Ange et de Raphaël (fig. 363).
En perdant ses ducs, la Bourgogne avait aussi perdu sa personnalité artistique ; néanmoins Dijon conservait son admirable situation sur la route de l'Italie ; cette ville eut aussi sa Renaissance, avec un style d'une exubérance robuste, mais un peu lourde, que l'on retrouve sur la façade de certains hôtels, sur celle
de l'cglise Samt-MKJul, (.iiAiiAi' m-; Saint-Germain. ^ , , . ,
(auM iiaciiciie.) commc dans les meubles
l'io. 281.
- Château de Ciienonceaux.
(Cliché Kcurdein.)