LA RENAISSANCE DANS LES PROVINCES
Age, mais qui, a la manière classique, sait équilibrer une composition et mettre de l'eletçance ou de la violence dans les attitudes. La Madeleine, pour baiser les pieds de Jésus, s'incline avec une souplesse sinueuse, une flexion de nuque qui révèlent un praticien habile jusqu a paraître manière.
A Bar-le-Duc, un squelette est de ce même art qui relève les motifs anciens par l'élégance et la noblesse du style nouveau. Ce squelette, où des lambeaux de chair restent attaches, est encore d'inspiration médiévale ; mais il fut sculpte par un savant anatomiste, et cette figure de charnier gothique se tient maintenant avec la noblesse d'un orateur antique (fig. 331, 332, 333).
Comme toutes les provinces où avait fleuri le flamboyant, la Normandie, avec ses deux capitales, fit fête au nouveau style. A Rouen, le Palais de justice, la tour de Beurre sont a peine achevés que déjà l'ornementation italienne apparaît sur les façades et lur les tombeaux. Le château de Gaillon, construit sous Louis XII pour le cardinal d'Amboise, combine toutes sortes de gentillesses nouvelles, avec la disposition pittoresque d'un château du XV' siècle. A la cathédrale de Rouen, dans la chapelle de la Vierge, deux magnifiques tombeaux semblent fixer deux moments de cette transformation artistique. Le premier, celui de Georges d'Amboise (fig. 341), porte une riche parure d'arabesques et de pilastres, décor fleuri a la Mi- Fig. 286. — Château de Fontainebleau hi j 1. 1 ■ ■ ., A VOL d'oiseau.
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FRA.XCE
FiG. 287. — Galerie François I"',
A Fontainebleau.
iCliché llachette.)
FiG. 288. — La salle de bal
DE Henri II, a Fontainebleau.
(Cliché lîachetle.)
vètir les édifices gothiques. Un peu plus tard, le tombeau du marquis de Brézé (fig. 346), avec son portique a colonnes, surmonte de cariatides, est déjà, malgré son cavcJier et son gisant réalistes, un monument à la manière antique. A Caen (fig. 304), Pierre Sohier imagina une précieuse combinaison dans laquelle des formes exubérantes empruntéesaux motifs italiens prennent la place des lignes tourmentées du flamboyant. A la fin du Moyen Age, la Bretagne avait montre une grande vitalité artistique, les paroisses surmontant les églises de flèches légères, les seigneurs et les villes bâtissant de rudes forteresses. Après le XVI siècle, au moment où la France abandonne les formes médiévales d'architecture et de sculpture, la Bretagne ne suit pas le mouvement commun ; la presqu'ile reste a l'écart, en dehors des grandes voies internationales par ou se faisaient, entre le i,.,. .«y. lolvre : aga.chi;. m. 1 m: Lescot. Nord et 1* Italie, ces echan- (cuché iiaciietio