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LA RENAISSANCE ET LA MONARCHIE

gesqui allaient transformer puis sup|)rimer le gothique.

Des lors, l'art breton retarde sur l'art de France ; sfs calvaires restent dune exécution populaire ; ses imagiers parlent patois et ignorent la langue savante que l'Europe entière empruntait a l' Italie. Parmi ces calvaires bretons, le plus ancien, celui de Plougouven, date du ,X\ l siècle ; en pleine période ' le calvaire de Plougastel conserve les conceptions, les

FiG. 290. — HÔTEL DE Ville DE La Rochelle (Cliché IlachelteJ

Classique, attitudes,

les costumes du Moyen Age. un style paysan ; il n'y a

rien dans cette naïveté, si touchante soit-elle, pour faire regretter que l'art français ait accepté la discipline italienne et la culture antique ((ig. 326,

Quand on atteint la Touraine, on touche au cœur même de notre existence nationale ; c'est là qu'avait afflué le sang du pauvre royaume, anémie par la guerre et l'anar-

FiG. 291. — Cour de l'Hôtel Carnavalet.

A Paris.

(Cliché Hachette.)

chie ; la que nos rois s'étciient réfugiés, avant d'y rester par plaisir ; c'est la donc que se décida la destinée de notre art dans la France fortement unifiée de François 1 et de Henri 11.

Parmi les raisons qui ont favorise le classicisme, il faut compter l'impulsion d'une monarchie sous François 1 toute-puissante. Depuis que l'art est indépendant du culte, il se met fréquemment au service du roi. Le loi sait qu'un moyen sûr de se survivre est de s'associer au travail des artistes et d'attacher son nom à des œuvres impérissables. Les Mécènes italiens ont donné l'exemple. Successivement François F', Louis XiV, Napoléon ne manqueront point de mettre

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cette force a leur service et de ramasser à leur profit les énergies artistiques de la I^ance. La civilisation des villes, des anciennes communes, allait s'effac^ant chaque jour dans la vie générale ; (lit- fut dominée par le foyer plus hrillant de la cour. Cette centralisalion ne fut pas sans favoriser le classicisme aux dépens des traditions provinciales et des arts locaux si vivants à la fin du Moyen Age ; par la généralité un peu abstraite de ses principes, celui-ci est partout acceptable, partout chez lui, au point de manifester l'unité du royaume par son universalité même.

L'entrée des Franc^ais a Milan, a Florence et à Rome, pendant les guerres de Charles Vlil, Louis XII et François I', ne fut qu'une cause occasionnelle dans une évolution inévitable.

Sans ces guerres, notre art aurait passe du gothique au classique ; car il n'est pas en Europe de pays, Espagne, Flandres ou Allemagne, qui ait. au commencement du xvr siècle, défendu son style original contre les charmes d'Italie. Mais, dans un pays monarchique et aristocratique comme la France, la descente périodique en Italie du roi et de sa noblesse devait naturellement hâter l'adoption des modes ultramontaines en les imposant au cœur même de la vie française, a la cour du roi.

Louis XI fut purement un gothique. Mais son fils. Charles Vlll, en 1495, écrivait de Naples combien il avait été ébloui par la beauté et la richesse des peintures ; il se proposait des lors de ramener des artistes italiens pour décorer Am-

boise. Quelques années plus tard, FiG. 293. — HÔTEL d'Assezat, » • -vil j 1 •. n

aToiiioi'se Louis Ail déclarait aux Florentins

(Ciicinii.uiutie.) qu'il désirait employer ' maitre

FiG. 292. — Louvre.

La porte dite

nr. Jean GorjoN.

iCliché Hachette )

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