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KH A N CF. MILITAIRE

Rataillc d'kitlmoVn

le 2* régiment de chasseur» effectua, dan* leu rue* de Rastadt, une charge brillante sur l’a rriere-ganle ennemie. Latour profita de la nuit pour te retirer sur Eltltngcn.

Mal heureusement après cette affaire, et au lieu de poursuivre vivement l'ennemi. Moreau séjourna trois jours dans ses positions, laissant à l’ennemi tout le temps de se rallier A l’Archiduc cl de se poster avantageusement entre Muhlberg et Ettiingen.

Bat aille d’ Ettiingen, — Retraite de l'Jrc/ièdac. — L’Archiduc avait arrêté pour le 10 toutes les dispositions nécessaires pour livrer une bataille décisive. Moreau le prévint en l’attaquant le 0. Des combinaisons plus hardies et plus savantes que celles qu’il avait jusqu'alors mises A exécution décidèrent ce général A refuser entièrement sa gauche pour faire attaquer par sa droite renforcée. La gauche de l'ennemi , la garde des passages delà Pfederbach, en arrière du village d’Ettingheiin , fut confiée à deux régiments aux ordres de Delmas, et régénérai eut ordre de ne pas franchir le ruisseau ni engager d'affaire sérieuse. Saint-Cyr, laissant à Freudenatadt et au Kniebit les postes rigoureusement nécessaires, dut avec le reste de se» troupes rejoindre la seconde division postée depuis la veille dans la vallée de Murg. Il avait ordre, avec ces forces réunies , de déborder ia gauche de l'ennemi, et de l'attaquer dans toutes ses positions sur les montagnes, jusqu'aux sources de l'Alb.

Desaix devait marcher avec l’aile gauche dans la direction de Malsch, au pied des hauteurs, et afin de contenir ce qui ae trouverait entre les montagnes et le Rhin. — La réserve de cavalerie fut postée entre Murkensturmet Rttingbcim, pour observer celle de l’ennemi et protéger l’attaque de Malsi h. -Le corps de gaint- Cyr, chargé de la première' attaque, fut renforcé par l’infanterie de la réserve.

Taponier avec six bataillons et lôO hussards dut gagner la vallée de rfina A travers le* montagnes et s'avancer sur Wildbad pour déborder le flanc gauche de l’ennemi.

L’adjudant général Houel, après avoir enlevé les couvents retranchés d'Ilerrenalb et de Frauenaib 1 devait menacer la droite de la position de Rosrniohl , que Saint-Cyr se proposait d’attaquer de front.

Le plateau de Rosentohl , un des plus hauts et des plus escarpés des montagnes Noires, est rouvert de bois touffus qui en rendent l’accès difficile. Deux mauvais chemins partant du fond de la vallée de l'Alb y conduisent seuls. Keimavec sis bataillons, quatre escadrons cl une nombreuse artillerie était chargé de leur défense. En outre trois bataillons occupaient Frauenaib avec une avant-garde A Loffraau.

Saint-Cyr, convaincu qu’une attaque de vive farce coûterait la vie à trop de braves , résolut d’agir de ruse pour engager l’ennemi A quitter cette redoutable position. Ses troupes, fatiguées par une marche pénible et par l'af taque des postes intermédiaire», furent masquées en grande partie derrière le» boi». Une partie de la IOGr et de la 84e demi -brigades opérèrent des attaques simulées sur le front et la droite de la position. Cette ma-

noeuvre fut inutilement recommencée quatre Fols et I H tirailleurs français, dans toutes leurs attaques , furent repoussés jusqu’au pied de la montagne, tîne citi* quième tentative formée par la 106e demi-brigade irrita les Autrichiens, impatientés de ces manœuvres et enhardis par la fuite simulée de» Républicains. Dca masse» s'ébranlèrent pour charger la téméraire demi* brigade et cherchèrent A l'envelopper. Elle précipita sâ retraite dans le but de hâter la marche de l’ennemi. En effet il descendit rapidement ia montagne, et comme caaignant de voir s’échapper un ennemi vaincu* déjà une partie de ses tirailleurs avait dépassé les flancs de de ia réserve que Saint-Cyr tenait masquée en colonne serrée en arrière du couvent d’Ilerrenalb, quand Lecourbe reçut l’ordre de faire charger la 109* demi-brigade et la 100* qui s'était reformée en arrière d’une ligne de grenadiers. Les Autrichiens; reconnaissant le piégé où ils étaient tombés, essayèrent vainement de regagner en bon ordre leur position; ils y furent ramenés la baïonnette aux reins; on ne leur donna pas le temps de se reformer sur le plateau. Ils en furent chassés en désordre et le laissant chargé deradavres. Keim sc replia en hâte sur Neuenbourg, abondonnant plus de 1,000 prisonniers. Le général Lindt, qui marchait sur Wildbad avec la division saxonne, informé de l’échec de Keim, au lieu de voler au secours de ce général, retourna A Pforzhclm.

Tendant ce combat, l’attaque de Malsch avait eu lieu. Decaen en avait d’abord délogé h*» avant-postes ennemis : mais bientôt assaillis par Irscolonnesdepitour et de Starray, les Fràuçais furent contraints d’évacuer le village et de se retirer sur une hauteur isolée à droite. Malsch fut repris ensuite par deux demi-brigades de Desaix, qui en furent encore repoussées. Ce poste, disputé jusqu'à dix heures du soir avec un incroyable acharnement, fut pris et repris plusieurs fois. Les bois et tes hauteurs frirent emportés par les Français. Le village resta aux Autrichiens. — Pendant res diverse» attaques, les escadrons impériaux se déployèrent dans là plaine entre la colonne de Starray et relie de Lalour qui s’était portée sur Dumrrsheim. Desaix avait fait avancer la cavalerie de réserve afin de soutenir l’alta- 1 que de Malsch, et l’avait placée A l’abri d’un rideau dans une position très serrée pour que l'infanterie la protégeât au besoin.

Quelque» escadrons de chasseur* et de hussards républicains ayant fait un faux mouvement vers Muckenstorm et prêté le flanc A l’ennemi, on vit les esca>drons autrichiens s’ébranler pour les charger ; mais la réserve se déploya si promptement et fut si bien soutenue par la cavalerie légère, que les Impériaux n’osèrent pas avancer. Latour réussit seulement A chasser les Français de Bieliggheim. Ainsi, rien de décisif n'avait eu lieu entre le Rhin et les monlaghes, et les deux partis A l’entrée de la nuit conservaient leur champ de bataille.

En apprenant le succès des Français à RosentohF, la retraite du général Keim et celle de Lindt, commandant le contingent saxon, l'Archiduc se retira lui-même le 10 au malin par une marche forcée sur Durlacb et Carlsruhc, puis sur Pforzheim. Celte résolution était

étrange aprte une affaire où le succès était à peu près partagé et lorsque, en attirant -a lui la colonne de Latour, il lui restait assez de forces pour espérer de culbuter Desaix à Malsch, et pour eompromeltre ainsi la position de Sainl-Cyr aventuré au milieu des montagnes.—Celui-ci descendit le 10 le long de L'Enz jusqu’à Ncuen bourg, et le même jour l'avant-garde de Desaix occupa Ettlingen.— Des ordres furent donnés pour relever les forts de Kehl et mettre les ponts à l’abri de toute insulte; puis l’armée se disposa à marcher vers k Necker. •

Combat de Haslach. — Férino, renforcé de la division Duhesme, reçut, après l’affaire d’Ettlingen, l’ordre de balayer la plaine du Brisgau et la vallée de la Kintzig. — Le général autrichien Froelich était alors vers Eltenheim , son extrême^ gauche près d’Huningue. Les hauteurs d'Euenfnunstcr et de HunersaUel étaient occupées par le prince de Coudé ; Haslach et la vallée de Kintzig par le général Giulay ; les troupe» de la Souabe campaient vers Hornbcrg. Ces divers postes furent tous attaqués le 14 juillet à la pointe du jour. Férino avait formé en trois colonnes scs troupes qu’il dirigea sur celles de Froelich. La colonne de droite se porta sur Eltenheira et Herbolzheim. Celle du centre commandée par Aballuci, chassa le corps deCondéd’Ettenmunster et deSchweighausen. La colonne de gauche, aux ordres de Jordy, chargée de la principale attaque dans la vallée de la Kintzig, emporta Haslach après un combat acharné de trois heures, où les Autrichiens eurent 400 hommes tués ou blessés. Giulay se relira sur Hornberg, Froelich et Condé sur Villingen.

La division Duhesme avait été aussi formée en trois colonnes. G ud in battitprèsdc YVolfach les avant-gardes des troupes de la Souabe. Vandamme chassa l'ennemi d’Alpirsbach. Laval nétoya tous les postes entre la haute Kintzig et le Necker. - Laborde, resté inutilement sur la rive gauche du Rhin jusqu’au 16 juillet , passa le fleuve à cette époque, et s'avança vers Constance.— Le général ennemi Wolf, craignant d’être coupé vers Lorach , abandonna la position qu’il occupait devant Laborde, et se retira vers Stuhlingen.

Combat de Canstadt. — L’Archiduc s’était arrêté dans une formidable position derrière le Necker, sur les hauteurs de Canstadt, la droite à la Rems, et la gauche à la Filz. Scs forces venaient d'être diminuées par le départ des troupes de la Saxe et du cercle de Souabe qui se séparèrent de l’armée impériale par suite de l’armistice que la République avait conclu avec le Wurtemberg le 17, avec le margrave de Bade le 25, et avec les États formant le reste du cercle de Souabe le 27 juillet.

Moreau était décidé à attaquer l’ennemi, mais il trouvait difficile de forcer de front la position qu’il occupait; il résolut de faire un mouvement par sa droite pour déborder l’aile gauche impériale. Sainl-Cyr attaqua, le 21 juillet, à Kslingen et Canstadt, les avant-gardes ennemes, occupant encore la rive gauche du Necker. En débouchant de Ruilh sur Eslingen, Laroche fut vivement repoussé par Ilutze; mais le

village de Berg et le faubourg de Canstadt furent si vivement assaillis par Ta po nier, que l’ennemi , obligé de fuir, n’eut pas le temps de couper le pont. L’éloignement du reste de l'armée empêcha Taponier de chercher à forcer le passage, ce qui eût permis de culbuter la droite des Autrichiens.

Desaix s’établit le jour même à Louisbourg, et les deux partis commirent la faute de rester le 22 dans les mêmes positions. — Il eût importé pour le succès des opérations des armées françaises en Allemagne que Moreàu se portât à gauche sur Heilbron, afin de sc joindre avec Jourdan; mais d’après ses instructions il devait appuyer sur sa droite, passer le Necker à Eslingen, et marcher sur le Danube. Ce projet qui, si les deux armées républicaines eussent été réunies, était convenable, puisqu’il aurait séparé l’Archiduc de -l'Italie et du Tyrol , avait, dans la situation des choses, l’inconvénient de favoriser ce que l'on eût dû empêcher, la réunion du prince Charles avec Warteusleben. La marche imposée par le Directoire à Moreau était d’ailleurs inexécutable par suite de la position relative des deux partis. Moreau ne pouvait se flatter de cacher ses projets à l'Archiduc, qui marchait alors vers lo : Danube suivi pas à pas par l’armée républicaine.

Bataille de IS'eresheim. — L'Archiduc ayant enfin atteint la ligne du Danube, cessa tout à coup de poursuivre sou plan de réunion avec Warteusleben , et résolut de revenir sur Nercsheim pour attaquer les Français, quoique, en cas d’échec, il s’exposât à être culbuté dans le fleuve.

Moreau, qui ue pouvait croire à une attaque générale tentée par l’ennemi , n’avait pas pris toutes les dispositions nécessaires pour y résister. Son armée était placée en avant de Nercsbcim ; la droite occupait Dischingen, le centre Duslelkingen, la gauche s'appuyait vers Scbweindorf à la route qui va de Neresheim à Nurdlingen. La réserve de cavalerie était disposée de façon â soutenir la gauche. Medlingen, vers la Brcnlz, était occupé par six bataillons de fianqueurs aux ordres du général Duhesme, qui étaient trop éloignés pour couvrir efficacement la droite de l’armée. La gauche n’était pas mieux flanquée par des bataillons postés à Ropfingcn. Ces troupes formaient un total de 43,000 hommes, dont 5,000 de cavalerie.

Les forces autrichiennes ne comptaient pas un nombre de combattants supérieur, mais il s’y trouvait 12,000 cavaliers. Voici quelles étaient les dispositions de l’Archiduc : une partie du corps de Froelich, repliée derrière la Guntz, devait former la première colonne de gauche et, après avoir passé le Danube à Llm, se lier à la division de Hiese, qui fut elle-même divisée en deux colonnes ; l’une de 3,000 hommes , aux ordres de Mercaulin , devait attaquer la droite française à Dischingen, l’autre, forte de 7,000 hommes commandés par Biese lui-même, devait tourner le corps de bataille de Moreau et prévenir les Français aux défilés des montagnes d’Alb, après avoir accablé Duhesme à Medlingen ; une partie de la réserve, venue de Maediugen, renforçait de 18,000 hommes 'le centre, établi vers Aufbauscn, et dont l’Archiduc fit trois corps; L*>

tour, arec le premier, de 5,500 hommes, se porta d'Amerlingen sur Eglingcn et Diirhmgcn; leseiond, de 5,000 fantassins et 1,500 chevaux, dirigé par l'Archiduc lui-même, se porta sur Dunslelkingen; Hotze commandant le troisième, fort de 9,300 hommes , dont 1,800 cavalier*, devait attaquer Kossingen et Schweindorf; enfin la droite autrichienne, formée de l’avantgarde aux ordres de Lichtenstein, et soutenue par une partie de la réserve commandée par Starray, fut destinée a opérer deux attaques, l'une pour chasser de Bopfiugeu les ftanqueursde la gauche française, l’autre pour forcer la route de Norlingeu à Neresheim.

Quoique ces forces, qui s'élevaient à 30,000 fantassins et 12,000 cavaliers, ne fussent qu’à trois lieues de la position française, et quoiqu’on les eût fait partir à minuit, la pluie et une obscurité profonde ne leur permirent d’arriver à leur destination qu’après neuf heures de marche. Le détachement même du corps de Froclich De put pas pousser son avant-garde au-deià d'Albeck. La division Riese s’avança néanmoins sur Duhesme, qu'elle repoussa de Medlingen; mais quoique les autrichiens eussent 3,000 chevaux arrivés à Giengen avant les fianqueurs de Duhesme, ces derniers purent opérer leur retraite sans grande perle sur Henbach et AVeissenstein par la rive droite de la Brentz. La colonne Mercantin occupa sans résistance Balbausen et 1rs hauteurs d’Altenberg et deStauffen, où elle resta inactive. L’armée de Moreau aurait couru un grand risque si, après l’échec de Duhesme, tout le corps de Riese sc fût rabattu sur Flencbeiir ou Zoschingen, derrière sa droite, pour appuyer les attaques de Latour, de Hotze et des autres troupes du centre. Riese au contraire s’avança sur Heidenheim , où son corps n'eut d'autre utilité que de faire décamper les administrations et les équipages de l'armée républicaine.

Sainl-Cyr commandait le centre de cette armée : \ menacé d'être attaqué, il envoya lui-même des troupes au-devant de l’ennemi qui s'avançait, afin d’arrêter sa marche. En effet, le général Latour eut à combattre la brigade Laroche qui , après la plus belle résistance, se retira lentement et se retrancha au château «Je Dischingen. Lecourbe vint aider Laroche à se maintenir dans celte position. Quelques bataillons républicains isolés dans les bois en avant de la ligne furent rejetés sur Dunslelkingen par la colonne dirigée par l’Archiduc.

Ilotze, après un vif combat, avait réussi à s’emparer de Kossingen; les Français s’étaient retirés sur les hauteurs entre ce village et Neresheim; mais il essaya ensuite vainement de franchir le ravin de Neresheim devant les forces que Desaix avait placées sur ce point. Le général Gazan repoussa également à Scbweindorf toutes les forces que Hotze y avait dirigées. Une trouée existait entre le centre et l'aile gauche par suite de la prise de Kossingen; la réserve s’avança, reforma la ligne, rétablit sur ce point l'égalité du combat.

Au lieu d’appuyer Hotze, le prince de Lichtenstein avait éparpillé une partie de sa colonne entre Schweindorf et Uraettheim , et, suivaut les ordres mal combinés qu’il avait reçus, marchait excentriquement sur Bopfingen; mais déjà ce poste avait été évacué par le

général Delmas, qui s’élait rapproché de l’armée, et dont les forces, réunies à celles de Qazan, étaient suffisantes pour couvrir l'aile gauche française contre l’avant-garde éparse de Lichtenstein.

L’attaque du centre ne discontinuait point, mais les colonnes contre la position de Saint-Cyr avaient toutes été repoussées. L’Archiduc, après midi, renouvela un plus vif effort sur Dischingen, le Barcmberget Dunstelkingen. Ce dernier village fut incendié par le feu croisé des batteries ennemies. L'Archiduc espérant profiter de cette circonstance pour s’en emparer, lança ses colonnes en avant. L’infanterie autrichienne traversa la vallée et commença à gravir la hauteur de Baremberg, mais la fermeté avec laquelle les têtes de colonne ennemies furent reçues par les soldats français, les obli- I gea A rétrograder et déjoua toutes leurs tentatives. L’affaire dégénéra en un échange insignifiant de boulets; Moreau, pour la décider sur ce point, fit alors déployer sa réserve entre Dunstelkingen et Hofen; l’artillerie légère française démonta les batteries des Autrichiens, qui cessèrent leur feu, inquiets (Tailleurs pour leur droite, que le mouvement de la réserve menaçait.

Pendant le combat , Moreau n’avait pas cessé de se montrer pour encourager les soldats, et de courir du centre A l’aile gauche et de celle-ci au centre. Il ne fut informé qu’A midi de l’échec de Duhesme. Le centre de l'année se trouvait ainsi tourné par la droite, et il craignit d’abord que Lecourbe et sa demi-brigade ne fussent enveloppés. Néanmoins, confiant dans la vigueur de ses t roupes cl dans les dispositions qu’il avait prises, il continua à combattre, renonçant seulement A un mouvement offensif qu’il voulait faire opérer par sa gauche , réunie aux flanqueur* qu’il avait rappelés de Bopfingen. Il prévoyait l’issue de la journée, et averti le soir que Heidenheim n’était occupé que par un parti ennemi , il y envoya le général Houel avec 900 hommes d'infanterie et quelques escadrons de chasseurs qui reprirent ce poste sur Hiese, et chassèrent jusqu'à Dillingen les mêmes troupes qui avaient été victorieuses le matin.

L’Archiduc, en combinant une seule attaque avec ses principales forces, aurait peut-être obtenu un important succès; il sc trouva le soir repoussé sur tous les points. L'honneur du combat et le champ de bataille restèrent aux Français. La journée, quoique sans autre résultat , coûta plus de 3,000 hommes aux deux armées. — Le plan d’attaque dans lequel 42,000 Autrichiens combattirent par corps isolés, sur un front de dix lieues, n’avait aucun ensemble, et fut vivement reproché A l’Archiduc. — Moreau, quoique sa ligne fut aussi beaucoup trop étendue, en répara les défauts par les manœuvres qu’il ordonna sur le terrain, et quoique surpris de la brusque résolution du général ennemi, montra du calme et de la fermeté. Les bonnes dispositions du général Saint-Cyr et la bravoure de sa division , doivent aussi être comptées parmi les principales causes du succès obtenu à Neresheim.

Retraite de F.trcfiiduc. — Les deux armées passent le Danube. — -La situation de l'armée française était

néanmoins assez critique, par suite de la retraite de Du bonne qui avait eutralné celle des réserves de munitions : on en manquait, et ou pouvait â peine espérer de les voir revenir. Moreau délibéra en lui-même, le «oir même du succès qu’il venait d'obtenir, s’il se retirerait ou s'il bivouaquerait devant l'ennemi* La retraite, en le forçant à repasser les montagnes d’Aib, eût entraîné certainement la perte d’une partie de l’armée. Il était également dangereux de rester devaut uu ennemi qui pouvait opérer le lendemain une nouvelle attaque mieux combiuée, contre des troupes harassées et sans munitions. Une résolution énergique le sortit d’embarras : il forma le dessein, pour imposer i sou adversaire, de prendre l’initiative et de l'attaquer lui* qiême le lendemain.

Bien lui prit de s’étre arrêté â cette résolution, car l’Archtduc, non moins indécis, sembla le lendemain ^'attendre pour prendre lui-même un parti, que de connaître celui auquel le général français s'était arrêté. On vil & la première lueur du jour les Autrichiens sou» le» armes et prêts à attaquer ; mais â peine l'Archiduc **t-ü reconnu que Moreau se disposait A combattre, qu’il commença un mouvement rétrograde sur Moedingen. Le géuéral français, satisfait d’en être débarrassé, le tU observer plutôt que poursuivre.

L’Archiduc quitta le lendemain son camp de Moedingeu pour se rendre à Douawerth, où il passa te Danube, laissant le prince de Lichtenstein avec une arrière-garde pour couvrir son mouvement. Moreau avait d'abord suivi l'ennemi à VYernitz; mais les ordres du Directoire lui prescrivant de manœuvrer sur la rive droite, afin de faciliter les opérations d'Italie, il revint sur Dillingen et Lauingen, où il passa aussi le Danube le 19 août, et il prit position sur la Zusam.

Opérations de l'aile droite. — Combat île Kamlach. — Héunion de toute l'armée française. — Tandis que te général Moreau prouvait si bien à l’archiduc Charles que sa circonspection n’était pas de l'impuissance , et que sans être toujours follement disposé â livrer bataille, il n’était pas de ceux qu'on pèt prendre au dépourvu , et qui dussent s'effrayer d'avoir à combattre à l’improviste, le général Frodich, après avoir désarmé et renvoyé dans leurs foyers Int contingents de la Souabe, se retirait devant l’aile droite française aux ordres de Férino; laissaut au prince de Condé , posté a liendeifaeim, le soin de protéger sa retraite, il bâtait sa - marche vera le Danube; mais malgré toute sa prompti-

tude à opérer ce mouvement rétrograde bien combiné, il ne put arriver assez tôt pour entrer en action à la bataille de Nercshciin . et dut sc contenter de prendra position sur rilier. Daus le même temps , A l 'extrême droite, les géuéraux La borde et Tharreau chassaient devant eux les brigades autrichiennes de Wolf et de Saint-Julien , et balayant la rive orientale du lac de Constance, s’emparaient des postes importants de Brégentz , de Lindan et de keinpten. — Le combat de kamlach, livré le 13 août, fut la dernière action où prit part isolément une partie de l’aile gauche autrichienne. Cette aile réunie depuis lors au corps de bataille, confondit scs mouvements avec ceux du gros de l’armée.— Ce combat d'ailleurs n’était pas nécessaire; il eut lieu par les ordres du prince deCondé , jaloux de prouver aux officiers autrichiens que la noblesse française, en reculant devant les troupes républicaines, n'obéissait pas â une impulsion pusillanime, mais bien aux ordres prudents et formels des généraux de l’Empire. L’infanterie noble, conduite par le duc d’Enghirn, attaqua donc ta division républicaine établie en avant de kamlach, culbuta un bataillon d’infanterie qui défendait le village et s’empara du cimetière. Cette attaque avait lieu de nuit et au sein d’uue obscurité profonde; la mêlée fut horrible. Les énvgrés n’étaient pas en forces suffisantes, et payèrent cher leur premier avantage; 500 des leurs restèrent sur le champ de bataille. Le prince de Condé dut même mettre en mouvement le reste de son corps afin de dégager son petit-fils.— Peu de temps après, Froelich revint sur ses pas et reprit position k Keinpten, afin de soutenir le général Wolf, qui , arrêté dans le poste de Feldkirch , défendait opiniâtrémenl l’entrée des gorges du Tyrol. De son côté, Férino , avec l’aile droite, se réunissait au reste de l’armée de Rhin-el-Moselle.

On a reproché à tort , selon nous , au général Moreau, la manœuvre excentrique qu’il fit faire â l’aile commandée par Férino. La présence de celte aile aurait sans doute été d’un grand poids aux batailles d’Ettlingen et de ISereshcini; mais il faut remarquer qu’aprês le passage du Rbin au centre de la ligne ennemie , il était nécessaire que le général français , en se portant â sa gauche, fit complètement déblayer sa droite, afin de ne pas être exposé* ce qu’une manœuvre hardie de la gauche autrichienne, coupât ses communications avec le pont de Kehl, et interceptât l’arrivée des munitions et des renforts dont son armée avait besoin pour combattre et pour vaincre.

RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

15 Jim. Combat de Manhetm.

23 — Passage du Rhin â Kehl.

37 — Attaque dit camp de Buhl.

38 — Combat de Ranchen.

3 et 4 juillet. Prise du Kuiebia et de FreudeuaUdt. 5 — Combat de fUUadt.

9 ji'iLLfT. Bataille d’Utlingen.

M — Combat de Haslach.

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