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la rive gauche du Rhin ; des officiers du génie, sons 1? d. réel ion du colonel d’artillerie Dédon, avaient été chargés de reconnaître le cours du fleuve aux environs de Strasbourg, où le général républicain se proposait d’effectuer un passage. Néanmoins, afin de mieux cacher scs desseins, il avait transféré son quartier général â Landau , comme s'il eût voulu faire du Palatinat le principal théâtre de la guerre. Ce fut encore dans ce but qu’il se décida â faire une tentative pour enlever aux Autrichiens le camp de Manheim. Ce camp et les positions qui en dépendaient étaient occupés par deux divisions aux ordres des généraux Starray et Petrascb. L’attaque fut fixée au 14 juin. La première division du corps de Desaix, commandée par le général Delmas, avait été divisée en trois colonnes. La première de ces colonnes enleva Neuhof ; la seconde chassa les Croates du bois de Schiffcrstadt , et l’infanterie de la troisième, guidée par Desaix lui-mème, traversa ^ ayant de l’eau jusqu’à la ceinture et malgré le fèu violent de l’ennemi, un bois inondé; elle pénétra ainsi jusque dans la plaine de Mutterstadl ; mais l’artillerie et la cavalerie n’ayant pu suivre, elle dut s’arrêter dans la plaine et y attendre, avant de continuer son attaque, que le reste de la colonne qui côtoyait la Rébach arrivât pour la soutenir. Le général Beaupuy, qui avait suivi la grande route de Ncustadt â Manheim, rencontra Desaix et sa colonne en avant de Danostadt, que défendaient de fortes batteries et de profonde! inondations. Tous ces obstacles furent franchis par le* Républicains. L’ennemi fut chassé de tous ses ouvrage* et rejeté dans son camp retranché, avec une perte de plus de 800 hommes. — Le 16, les troupes impériale* se retirèrent dans les retranchements de Munden; devant lesquels une partie de l'armée de Rhin-et-Moselle parut prendre position.— Le départ de Wurmser pour l’Italie, qui eut lieu le 18 juin, plaça sous les ordres de l’Archiduc la totalité des forces autrichiennes sur le Rhin. Wurmser fut remplacé dans le commandement de l'aile gauche par le comte de Latour; Starray succéda â Latour sur le flaut-Rhiu, et Petrascb resta seul chargé de la garde du camp de Manheim.
Passage du Rhin. — Prise de Kehl. — Moreau avait décidé, d’après l'avis des officiers du génie envoyés en reconnaissance, que le principal passage du Rhin aurait Lieu vers Kchl. La proximité de Strasbourg, et le grand
nombre d’Iles boisées qui avoisinent celle grande cité, permettaient d'y rassembler en secret tous les bateaux et les agréa nécessaires, et de les «induire jusque dans le bras Mab.le et de là dans le grand Rhiu. Après de nombreuses reconnaissances, pénibles et. minutieuses, on avait choisi au-dessus et au-dessous de Kehl, trois endroits où devaient s’effectuer de petit» débarquements chargés de distraire l’attention de l’ennemi de la principale tentative de passage. Cette tentative devait se faire sur deux autres points, à Kehl même (par ; 16,000 hommes) et à Gainbsheim , un peu au-dessous.
Le débarquement opéré à Gambsbeim ( par 10,000 hommes) avait pour but de prendre en flanc et à dos tout ce qui s’opposerait à la principale attaque sur Kehl, et d’arrèler les renforts qui y seraient envoyés de Rat* tadt. Une forte reconnaissance devait être poussée sur Manbeira,afin de mieux tromper les Impériaux, et dans le même but, le jour de l’expédition, le canon devait retentir sur toute la ligne du Rhin, depuis Huningue jusqu’à Herdt.
Le passage fut fixé à la nuit du 23 au 24, et tous les préparatifs en furent faits avec le plus grand secret. Par une suite de mouvements combinés et couverts chacun par différents prétextes, les troupes destinées au passage furent réunies le 23 juin au soir près de Strasbourg.— Les divisions Saint-Cyr, destinées à observer le camp ennemi de Manheim, avaient ordre de prendre la même direction aussitôt après (e passage. — Les troupes du premier débarquement furent partagées en quatre divisions, dont chacune avait un point d’arrivage particulier. La première, de 1,600 boinnics,aux ordres de l’adjudant général Abaltuci, devait descendre sous le bras d’Erlenrhin, et s’emparer des lies boisées que forme le vieux Rhin de Kehl; l’adjudant général Monlrichard commandait la seconde colonne, forte de 1,500 hommes avec deux pièces de canon, elle était chargée de s’emparer du petit pont qui fait communiquer l'IIe d’Erlenrhin avec la rive droite; l’adjudant général Decaen, avec 250 hommes formant la troisième division, devait remonter cinqûanle toises dans le bras d'Erlenrhin, débarquer sous la batterie de ce nom et l’emporter; la quatrième division, très faible, n’avait d’autre mission que de balayer l'IIe des Escjrgots ou de l’Estacade.
Les embarcations étaient toutes arrivées à dix heures du soir à l'éc use du Péage; elles étaient à minuit dans le bras Mabile, au point désigné pour l’embarquement. Il s’effectua promptement et avec le plus grand silence. 2,500 bommes seulement composaient le premier transport. Quoiqu’il 6t un beau clair de l’une, et quoiqu’on entendit déjà le canon des fausses attaques, la traversée eut lieu heureusement et sans que l’on brûlât une amorce. Les postes ennemis s'enfuirent tellement épouvantés, qu’ils ne rompirent pas même les petits ponts qui joignaient les Iles à la rive droite. Decaen s’empara de la batterie d’Erlenrhin, sans autre résistance qu'une décharge à mitraille de chacune des trois pièces qui la composaient.
Les bateaux revinrent chercher de nouvelles troupes en attendant que 1rs ponts volants et des pontons fussent prêts pour passer le reste de l'armée. Le géné-
ral Stein sortit du camp de Wilstettavec six bataillons et quelques escadrons, afia de s'opposer au débarquement qui était déjà effectué. Les Républ.cains, formés dans la plaine derrière des digues, soutinrent heureusement ce premier choc à l’aide de quatre pièces dont deux venaient d'être enlevées à l’ennemi.
Un pont volant fut établi à six heures du matin, de la rive gauche à l’IIe d’Erlenrhin : on s’en servit pour faire passer quelques chevaux et de l’infanterie, les Iles d’Erlenrhin étant impraticables pour l’artillerie. Le service des bateaux ne discontinuait pas toutefois, et Desaix, qui commandait en chef l’expédition, eut bientôt avec lui des forces suffisantes poursediriger contre Kehl.
Ce fort, rasé à la suite du traité de Bade, n’avait pas été reconstruit et se trouvait dans le plus mauvais état. Les Autrichiens, pour eu défendre les principaux débouchés, avaient construit deux redoutes; l’une, dite du cimetière, en forme de bastion, était ouverte par la gorge et s'appuyait au Rhin, dont son artillerie battait le cours et la plage opposée; l’autre, située derrière le marais , dans la plaine entre la Sohuttcr et le Rhin, avait un plus grand profil et était armée de cinq pièces de canon et défendue par une triple ligne de trous de loup.
Six bataillons républicains, protégés par les digues du Rhin et par le canon de la rive gauche, attaquèrent ces deux ouvrages, La redoute du Cimetière fut emportée presque sans résistance; la défense de la redoute des Trous-de-Loup, ou de.Souabe, fut plus sérieuse; une fusillade terrible accueillit d’abord les Français, qui se débandèrent un instant ; mais bientôt honteux de cet échec, ils revinrent â la charge avec une nouvelle audace , et malgré l’intrépide contenance du commandant autrichien Raglowich, ils tournèrent l’ouvrage par la gorge et contraignirent l’ennemi à une retraite tellement précipitée qu’il n’eut pas le temps de couper les ponts de la Kintzig. — La perte des Autrichiens, dans ces deux attaques, fut de treize pièces de canon et de 7 à 800 hommes.
Les Républicains, maîtres de tous les postes ennemis à dix heures du matin, poursuivirent les Impériaux jusque sur la route d’Offenbourg. — Un pont de bateaux , commencé le 24 à six heures du soir, fut achevé le lendemain au malin. L’artillerie légère, la cavalerie et le reste de l'infanterie, défilèrent alors sur la rive droite.
Marche des Français sur ffilstett. — La prudente circonspection qui caractérisait principalement le talent militaire du général Moreau, se montra aussitôt après le passage du Rhin à Kehl. La terreur dont les ennemis étaient frappés, l’état de dispersion où se trouvaient leurs forces, et que le général français ne devait pas ignorer après tant de reconnaissances minutieuses, lui eussent permis de les poursuivre sur Buhl avec de grandes chances de succès. Douze bataillons qu’il eût pu appeler à lui stationnaient inutilement entre Strasbourg cl Huningue; ce renfort, joint à toutes les troupes laissées en cordon sur la rive gauche, lui aurait permis de disposer, dès le jour même du débarquement, d’uue masse de 45,000 hommes, avec laquelle il
eût aisément écrasé l’un après l’autre le* généraux Stcin et Starray, alors trop éloignés pour opérer à temps leur jonction.
Il sc borna, le 25, à faire quelques reconnaissances. Les postes du corps de Coudé évacuèrent Marini et Goldscbir devant Férino; Beaupuy délogea l'ennemi de Neumubl.— Le 26, l’armée fut dingéeconlre le camp de Wilstelt, que Stein avait déjà évacué pour se retirer sur Bubl. Férino, avec l’aile droite, se porta sur Honhursl, continuant la poursuite de Condé.-En débouchant du village de Korck, sur la route d'Offenbourg, la tète de la division Beaupuy fut vivement chargée par trois escadrons de cuirassiers d'Anspach. Tout ce qui avait déjà passé un défilé où l’on s’était engagé, fut sabré avant d’avoir eu le temps de se former; mais ce combat, d’abord heureux, devint funeste aux cuirassiers ennemis. Deux bataillons de la 10e légère, embusqués derrière les haies d'un village, les arrêtèrent par un feu roulant de mousqueterie,et la cavalerie française reformée les chargea à son tour. Ils furent culbutés avec une perte de plus de 150 hommes.
Le général Litour n’avait pas cru d'abord au passage du Rhin : il avait considéré la nouvelle qui lui en fut donnée comme une manœuvre adroite dont le but était de lui faire abandon lier sa position autour de Manbeim; néanmoins il avait, le 24 juin au soir, détaché Starray avec trois bataillons et quatre escadrons, pour rassembler les troupes sur la Murg; mais lorsque la réalité du passage lui eut été confirmée le lendemain, il se dirigea aussitôt lui-même, avec sa réserve, du camp de Schwetzingen sur le Haut-Rhin. Celle réserve était insuffisante pour arrêter Moreau, et l'Archiduc, dans ses Mémoires, blâme avec d'autant plus de raison son lieutenant, qu’H laissait le gros de ses forces disséminé inutilement le long du fleuve ou dans le Brisgau.
La position du corps de Stein était assez forte : les 8,000 hommes badois, wurtembergeois et autrichiens dont il était composé appuyaient leur droite aux montagnes vers Romerswhir, et leur gauche, couverte par Kinlzig à Buhl. Moreau , après deux jours de tâtonnements, résolut de leur livrer bataille.
Attaque du camp de Buhl. — L’armée se mit en mouvement le 27 sur six colonnes, trois de chaque côté de la Kintzig. Les troupes de Férino formaient les trois premières, dont l’une devait s'avancer au-delà de Goldscbir pour contenir l’avant-garde des Émigrés; la seconde remonter la gauche de la Kintzig pour gagner la roule d’Offenbourg à Fribourg, et menacer ainsi la retraite de l’ennemi, et la troisième suivre la rive droite par Wihr et Watterwhir, afin de tourner le flanc gauche de Stein; la quatrième colonne, aux ordres du général de brigade Lecourbe, devait s’avancer par Grieshein» sous le canon de Buhl; Decaen dirigeait la cinquième sur Appenwhir, et Sainte-Suzanne la sixième sur Urlaffen et Zimern , pour faire face aux troupes qu'oo savait venir du Haut-Rhin.
Le résultat de cette attaque, conduite avec vigueur, eût été de chasser l’ennemi du bassin du Rhin ; mais Decaen, arrêté dans sa marche, n’arriva pas à sa destination et fut forcé de passer par Appenwhir où il
mit en déroute uu corps de cavalerie chargé d’entre* tenir les communications de l’ennemi avec Rasladt. Ce coulre- temps, joint à la pluie qui tombait par torrents, empêcha de pousser plus loin ce premier succès. Les autres colonnes avaient été repoussées presque sur tous les points par la cavalerie autrichienne, leurs mouvements étant devenus très difficiles par la nature du sol glaiseux et inondé où elles se trouvaient; Sjinte-Suzaiine avait seul obleuu quelques succès et s’était emparé de deux villages.
Stein fil cependant évacuer pendant la nuit le camp de Bubl , ne se croyant pas assez fort pour attendre les Français dans cette position; il se replia dans la vallée de la Kintzig.
Combat de Renchen. — Pour garder les gorges de la forêt Noire de concert avec l’armée deCondé, Latour avait réuni derrière IT.Iz, sous les ordres de Froelich, toutes les troupes du Ilaul-Rhin. Stein dut tenir le Kniebis et la vallée de Kinl2ig, et Starray garder la Rend» avec environ 10,000 hommes, pendant que Latour, avec sa réserve de 8.000 hommes, moitié infanterie, moitié cavalerie, attendrait à Muckenslunn les renforts qui venaient du Bas-Rhin.
Le 28 juin au matin, la brigade Sainte-Suzanne, qui avait bivouaqué à Urlaffen, venait d’attaquer le corps de Starray quand le reste du corps de Desaix arriva. Les troupes réunies s’avancèrent alors sur trois colonnes : celle de gauche devait contenir l'ennemi ; celle du centre , conduite par Desaix, déboucher par la grande roule dite Berg&trasse; la troisième avait ordre d’attaquer Ober-Kirch, point décisif de la position. Une vive canonnade se fit d’abord entendre sur toute la ligne. L’artillerie légère et la cavalerie de la seconde colonne se déployèrent dans les champs en avant de Zimern, la droite à Molsbach et la gauche à Urlaffen. Une plaine basse et dominée par les Français servait de champ de bataille aux Autrichiens; mais des bouquets de bois masquaient leurs manœuvres et leur permettaient de pouvoir faire, sans être aperçut, les dispositions nécessaires pour surprendre l'une ou l'autic des ailes des Républicains; c'est ce que Starray essaya de faire en jetant sur leur flanc droit les cuirassiers de Kavanagh. Ce corps, engagé partiellement, tenta vainement par deux charges brillantes de déborder la ligne de Desaix. Deux bataillons déjà 97* demi-brigade lui opposèrent un feu si vif et si bien dirigé, qu’ils le contraignirent à quitter uu champ de bataille couvert de ses cadavres.
Le général autrichien, sans être découragé par cet échec, tenta uu nouvel effort sur la gauche, mais seulement encore avec une partie de ses forces. Sa cavalerie, soutenue de quelques pièces légères, fut si vive*meut chargée et débordée par trois régiments de cavalerie républicaine, qu’elle fut rejetée en désordre dans un défilé qu’elle avait déjà franchi. La déroute de celte aile autrichienne fut alors complète. Infanterie, artillerie, cavalerie, tout se dispersa dans la plus affreuse confusion. Desaix, pendant ce temps, accablait aussi sur la droite les trois bataillons chargés de défendre Ober-Kirch et les passages entre ce village
et la Rench. Il *e jeta ensuite sur le flâne gauche de Starray.- qui fut vivement poussé jusque Knsbach, d’où il se retira A Buhl. Ce combat coûta aux Impériaux dix pièces de canon, 1.200 hommes tués, blessés ou prisonniers, et 000 chevaux.
Moreau s'arrêta pendant six jours dans les positions qu'il avait prises après l’affaire de Ile nchen, a fiu de réorganiser l’armée. Saint-Cyr, qui venait d’arriver avec l’aile gauche, eut dans la nouvelle organisation le commandement du centre; celui de Faite droite échut à Férino, et celui de la gauche à Desaix.
Prise du h' nie pi s et de Freud enrtadt. — Moreau résolut ensuite d’exécuter le plan qu’il avait formé de descendre le Rhin avec les corps de Saint Cyr,de Desaix et la réserve, pour aller au-devant de l’ennemi et déboucher sur le Necker, pendant que Férino,avec la droite, traverserait la forêt Noire.
Le général français no crut cependant pas devoir descendre la valléequi s’étend entre le Rhin et les montagnes Noires, sans s'assurer la possession des gorges de ente chaîne, qui eussent laissé des débouchés sur ses derrières. La brigade Laroche fut détachée le 3 juillet pour remonter la vallée de laRenchen et s’en rendre maître. Des tirailleurs et des paysans armés qui défendaient les gorges furent dispersés ; une forte redoute avec un réduit caspmaté avaient été construits sur le Kniebis. une des plus hautes montagnes de cette chaîne. L** contingent du Wurtemberg, sous les ordres du prince de ce nom, défendait ce poste. Le général Laroche, privé d’artillerie, le fit attaquer A la baïonnette par ses intrépides chasseurs; vainement fit-on pleuvoir sur eux une grêle de grenades, la redoute fut emportée. Cette affaire coûta aux ennemis 400 prisonniers, dont dix officiers, deux pièces de canon et huit drapeaux.
L'audacé avec laquelle la brigade Laroche avait emporté le fort du Kniebis, décida le général Saint-Cyr A la charger aussi de la prise de Freudenstadt, qui devait assurer aux Français la possession des revers des montagnes Noires. Otte petite ville fui emportée le 4 juillet après un combat fort long, dans lequel Laroche fut blessé assez grièvement à la main. La pluie qui tombait par torrents, neutralisant l’effet de la poudre, décida les soldats A attaquer les Impériaux à la baïonnette, et telle fut l'impétuosité de leur choc que ceux-ci, dans leur retraite, abandonnèrent une batterie de vingt et nne pièces de canon. La division Duhesme s’établit A Freudenstadt.
L’Archiduc, qui avait appprls, le 20 juin , au camp de Walmernde, le passage du Rhin A Kchl , s’avançait pendant ce temps et en toute hAte contre l'armée de Rhin-et-Moselle, qu’il craignait de voir arriver avant lui sur le Danube.
Combat et prise de Ras tarit. — Pour marcher plus Vite, et comptant sur la supériorité de sa cavalerie, l’Archiduc n 'amenait aver lui qu’une partie de son armée et la division Hotzr. Sa tête de colonne avait déjA paru le 5 A Durmesheim, et il était sur te point de se réuuir au général Latour, quand ce dernier, encouragé par la lenteur prudente des mouvements de
Moreau, sc méprit sur les motifs qui engageaient le général de l'armée de Rhin-«t-Mosrile A ue pas se presser de combattre, et désirant avoir tout l’honneur d’un succès qu'il regardait comme certain, résolut de livrer seul bataille.
Moreau, forcé à combattre n'était plus l’homme irrésolu et indécis; placé dans l’inévitable nécessité d’attaquer ou de recevoir la bataille, il eut bientôt pris son partiel fait ses dispositions. Fidèle aux véritables principes militaires, et au moment d’engager sa gauche, il songea A l’appuyer par son centre; la division Taponier eut ordre de descendre la vallée de la Murg, celle de Duhesme resta A Freudenstadt. line attaque de front paraissait devoir être meurtrière et difficile; Moreau, qui taisait consister la première qualité du général A être ménager du sang de ses soldats , résolut de déborder la gauche de l’ennemi pour le forcer A la re* traite ; mais cette manœuvre exigeait qu’il s'emparât d’abord de Gersbach afin que la droite de Desaix A Ebrrsleinbourg ne fut pas inquiétée par tes Aut richient postés sur la chaîne de montagnes boisées qui s’étend de Kuppenhein à Gersbach.
Taponier, avec la 4e division, fut chargé d’emporter ce poste et la vallée de Murg. Otte attaque rut lieu A cinq hrures du matin et fut couronnée de succès malgré la résistance de trois bataillons qui défendaient Gersbac h L’ennemi, poursuivi jusqu'A Ottenau, laissa 100 prisonniers au pouvoir des Républicains.
Decaen, qui commandait la droite de Desaix, s’empara de Kuppenheim défendu par quatre bataillons et par huit escadrons aux ordres du général Deway. La 10* demi brigade, renforcée d’un bataillon, chassa l'ennemi des montagnes et 8*en empara. Pendant ce temps Lecourbe descendait la vallée de Murg et balayait la rive gauche de crtte rivière. Les grenadiers hongroise t autrichiens, qui défendaient ces divers postes, furent culbutés et eurent, outre un grand nombre d’hommes hors de combat, 300 priaonniers.
La brigade Sainte-Suzanne déboucha du boisdeSoudweier A quatre heures de l’après midi avee la première ligne de cavalerie. La division Delmas devait en même temps paraître le long du Rhin A la tête du bois d’Ottcrdorf , mais elle fut retardée dans sa marche , et ce retard permit aux Autrichiens de diriger la totalité de leur artillerie sur l’issue du bois par oft devait déboucher la colonne Sainte-Suzanne. Celle-ci, battue de front, en écharpe et en flanc, ne se se forma qu’avec peine et eut beaucoup A souffrir. Le brave général Bellavène fut grièvement blessé, un boulet lui emporta la jambe.
L’artillerie légère française se distingua néanmoins dans cette rencontre et tua beaucoup de monde A l'ennemi. L’arrivée de la divisision Delmas fit une heureuse diversion pour la brigade Sainte - Suzanne et rétablit l’égalité du combat, pendant lequel le bois de Rartadt, long-temps disputé avait été emporté. La brigade Joba t l'était emparée du village de Nieder-Bulh, après avoir forcé le passage de l’Olbaih.
L’ennemi , battu sur sa gauche et sur le point de l'être A sa droite, opéra sa retraite par le pont de Rastadt et les gués de la Murg. Elle se fit en bon ordre, protégée p*r une artillerie et une cavalerie nombreuse. Cependant
('oitmuri du Paw de Bnde .
Borda du Rhin . Vieux Rriancli .