ARMÉE D’ITALIE. — CAMPAGNE DES CINQ JOURS
BATAILLE DE CASTIGLIONR.
SOMIMdIRE.
D*fcrlptk>n de Manlm*.— Première* opérai ion» du «téffe.— FOrtr» el Oiualon de t'armée frtnçane.-W’iirmiiw remplace Bratilicu — Forer* de fermée inirichlrnne.— Dckonrhli du T)rul en iMlr.— Mauéna etl forcé A U Corwia.— (Uniib.il de Sala— Sâun I r»t forcé iwr Qiutide- BOVldk-KriM tk* bnaciA par les Autrichien!.— (WoIiiImmi do Bii'iuparle. -Levée du *fégc de Manlour. - Deuxième eomlial de Sala— Combat et reprlie de l,onado.— Repritt- de Bnn la. - Entrée de Wurniat r à Iholottr.-Vah lie abandonne IUmIirIioiic A l’ennemi.— Kcpritt di S«lo par ke Aulrictù-ui. -Situation de l'arméf fraiH-aiM*. -Combat» de IxhumIu el <lc UuIikIiomp. - Reprue de Sain |iar le» Krançall.— Combat de (.avardo. - QuaxilanoiMcti renlre dan» le Tyrol.— >urpri»c el piésrme d'eapnl de BonaparleàLouado.— Bataille de |jtli§liou(.— Combat de itoduera.— tteirailc de Wurnuer.— L'ariuée française reprend ki putitioui.
AHMËÜ RÂPIBLICAIKS. Il ASMCE WtRI UJt.
Général en chef. - Bu* apa rtb. 1 1 GénénU en c Uef.—W u misse.
Description de Mantoue — L'armée d'Italie ne pouvait se considérer comme bien affermie dans ses nouvelles conquêtes, tant que rennemi continuait à occuper Mantoue. Bonaparte avait donné des ordres [iour faire pousser avec la pjus gr.nde activité les préparatifs du Siège de cette place, doul le principal ménle consiste dans sa position stratégique sur la courte ligne du Mincie, entre le lac Garda et le Pô.— Cette position au milieu d'un lac, dans un pays coupé de canaux, en rend le débouché très difficile, tout en lui donnant de grands avantages pour la défense, ce qui la fait considérer comme la clef de l'Italie supérieure Néanmoins l’air pestilentiel qui y règne en fait un mauvais refuge pour une armée — Mantoue a deux pouls principaux, ceux de Saint-Georges et de Molina, et trois autres moins importants; sa population est de 15,000 âmes, non compris sa garnison. Ses principaux ouvrages extérieurs sont, au nord, la citadelle située sur la rive gauche du Mincio; à l’est, è l’entrée du lac inférieur, le fort Saint-Georges ou l’envcloppu fortifiée du faubourg de ce nom; à l’ouest, l'ouvrage à cornes de la porte Pradella ; el enfin , au sud, la tour de Cérèse et les ouvrages avancés qui couvrent l’écluse et les communications avec l'Ile du Thé. L'ile où est bâti le palais du Thé forme de ce côté une grande couronne et sert comme d'une double enceinte à la ville. Cette ligne de défeuse est encore couverte par le faubourg du Thé. Mantoue renfermait une garnison de 15,000 bommes aguerris; elle avait 180 grosses pièces en batterie sur les remparts, 76 mortiers ou obusiers,el 00 pièces légères, total 316. La place était approvisionnée pour quatre mois. Le gouverneur, Canlo d’Irlès, officier général d’origine espagnole, avait une réputation de vigueur et de capacité.
Premières opérations du stége. — Le blocus avait continué depuis le 4 juin, et les assiégeants n’avaient pas c tisi d’élever des ouvrages de campagne sur toutes les issues par oA la garnison pouvait déboucher. La lenteur de l’arrivée du pare de siège fit que le mois de juin se passa sans événements.
Wukassowieh avait été chargé de la défense de l’ouvrage à cornes de Pradella. O général , encouragé par une sortie faite le 6 juillet, et qui avait eu quelque succès, en tenta une nouvelle le 16. Il sortit avec 3,000 bommes par la porte de Pradella , tandis que 1,500 autres soldats débouchaient par celle de Cérèse. Les T. U.
Autrichiens arrivèrent à portée de pistolet des batteries françaises; ils furent reçus avec beaucoup de vigueur et forcés de rentrer dans la vil e, après deux heures d’un combat opiniâtre et meurtrier.
Bonaparte était arrivé devant Mantoue, et les travaux devinrent plus actifs sur les hauteurs deZpata el celles de Uclfiore, ainsi qu'à Montara, du côté de la Citadelle.
Serrurier fit enlever, le t8 juillet, à huit heures du soir, un petit camp retranché que la garnison avait conservé sous la protection des ouvrages de M gliaretlo. Murat, avec 2,000 hommes, l'att.iqua par la droite, et Dallemagne, avec une autre colonne, par la gauche, tandis que le chef de bataillon Andréussi manoeuvrait sur le lac avec quelques chaloupes canonnières, pour attirer sur lui l'attention de l'ennemi et le feu des remparts. Roccavina, qui défendait ce camp, fut contraint de rentrer dans les ouvrages de l’enceinte, et poursuivi jusqu'au chemin couvert ,oA quelques braves tentèrent d’enlever les palissades; mais l’arrivée de renforts autrichiens fit échouer cette tentative. -Pendant ce combat, le général Cbasseloup fa sait ouvrir la tranchée â quatre-vingts toises des remparts, sous la mitraille de l'ennemi. Les batteries de Pradella, de Saint-Georges et de la Favorite jouèrent au même moment contre la place: les deux premières étaient composées de six mortiers el de six pièces de gros calibre qu’on tirait A boulets rouges; la troisième, de huit piétés de fort calibre, rompait la communication avec la citadelle. Leur feu consterna la ville, oA plusieurs incendies se manifestèrent un quart d’heure après sur divers points. Au point du jour la garnison voulut déboucher pour détruire la parallèle, qui n’était tracée qu’imparfaitrment; mais la bonne contenance des troupes républicaines arrêta son élan.
Les travaux furent perfectionnés et augmentés les jours suivants. Ou essaya, par le feu très vif d’une batterie élevée entre Saint-Georges et la citadelle, de détruire les écluses pratiquées dans la digue, afin de mettre à see le terrain situé entre le Payolo et la ville, depuis la porte Pradella jusqu’à la porte Cérèse. Le grand éloignement et la solidité de la maçonnerie empêchèrent ce projet de réussir. On éleva de nouvelles batteurs sur la rive gauche du Mincio, poor battre le Migliarello en érharpe. Un bout de parallèle fut même poussé le 21 à cinquante toises du chemin couvert des ouvrages avancés. Mantoue était vivement pressée, et
on espérait voir succomber celle place sous peu de jours, Quand de nouveaux événements vinrent en retarder la chule et donner un caractère bien autrement important à la lutte dont cette partie de l’Italie était le théâtre.
Forces et situation de l’armée française.— L’armée d'Italie s'élevait alors en totalité à un effectif de 62,169 hommes, qui fut porté à 64,000 le 3 août, par l’arrivée à Brescia de la 85* demi-brigade. Cette masse était répartie en trois corps principaux, dont l'un, de 10,120 combattants, occupait les pays conquis; le corps de blocus de Mantoue, formé de la division Serrurier, s’élevait à 16,293 hommes. Cette division tenait autour de la place les postes de Saint-Antoine, de Saint -Georges, de Cérèse et de la Favorite ; elle avait pour chefs les généraux Pelletier, Chai ton. Serviez et Dallemagne; enfin le reste de l’armée, placé en corps d’observation pour couvrir le siège, était de 26,766 hommes. La droite, formée par la divis on Augereau, sous les ordres des généraux Bcjrand, Robert et Gardanne. était postée à Legnago; la gauche, composée de la division Sauret, sous les généraux Guyeux et Rusca , s’appuyait fl Salo : le centre occupait Vérone ei Rivoli; il était formé de la division Masséna, commandée par les généraux .1 tuberl, Valette, Ram|K>n. Victor, Pig*on et Guillaume; la réserve de cavalerie, forte de 1,635 hommes, aux ordres de Kilmaine, était campée fl Valèze; enfin la réserve d’ nfanterie, de 4 A 6,(190 hommes commandés par Despi unis, était établ e â Pcschicra, et devait, suivant le besoin, renforcer le corps d’observation ou « lui de siège.
fourni ter remplace Beaulieu .— Forces de l’armée autrit /tienne. — Beaulieu , humilié par ses défaites, avait perdu toute son énergie, et quoique retranché dans la forte position de Roveredo et protégé par la résistance de Mantoue, il n avait cessé de demander au Conseil aulique d«*s renforts et son rappel. Ses lettres peignaient son découragement et sa colère. « Je vous « préviens, écrivait-il un jour, que je fuirai demain . «après demain, tous le* jours, et jusque* en Sibérie, « s'il prend envie fl ers diables (lis Français) de m\ « p»ui suivre. » S >n vû*u fut exaucé, et on lui donna pour remplaçant le maréihal Wurmser, qui accourait sur Trente avec un renfort de plus de 26.000 hommes d’élite, détachés de l'armée impériale du Rb n L- conseil aulique faisait partout d’immenses levées d'homme* qui rejoignaient en hflle Wurmser dans la ville de Trente, où il était arrivé le 15 juillet. L’armée impériale fut ainsi bientôt portée fl 100 000 hommes, avec lesquel* le nouveau général se dallait de délivrer aisément l’Italie et d’anéantir Bonaparte.
Le plan de campagne que Wurmser se proposait de suivre fut réd gépar le général Wf) rot ber, le chef de son état-major. Il consistait, vu la supériorité numérique de ses troupes, fl envelopper l’armée française. Wurmser ne songea pas que cette manœuvre, en l’obligeant A des mouvements excentriques très étendus, servirait son ennemi; scs forces, comme celles de Beaulieu, allaient se trouver morcelées et éparpillées sur une trop longue ligne, et offrir au général actif et entreprenant de l’avinée française, les mêmes chances
de succès qu'il avait su saisir déjà si opportunément à Monlinotte, A Millesimo et A Dego.
Débouchés du T) rot en Italie. — Les routes du Tyrol en Italie sont au nombre de trois. Lue des trois, celle de droite, conduit à Salo et Brescia par la rive occidentale du lac de Garda; une autre passe A gauche par les gorges de la Birnta,en faisant le grand tour par Bassano; enfin la route centrale va de Trente à Vérone, et traverse la vallée de l’Adige. Le premier de ces débouchés, qui mène, par les montagnes de Gavardo, dans les plaines de Brescia, offre bien l'avantage de conduire sur les derrières des lignes du Mincio et de l’Adige; mais il n’est praticable que pour l’artillerie de campagne. Sauret la surveillait A Salo avec 4,500 hommes seulement. Augereau n’observait la seconde qu’avec une faible division, parce que les rassemblements impériaux ne se faisaient pas dans celte direction, qui avait l'inconvénient de heurter de front la ligne de l’Adige, dont le passage est difficile entre Legnago et Vérone. La grande chaussée, celle de Trente A Vérone, longe la rive gaui he de l’Adige,et traverse plusieurs drfilés, entre autres ceux de Calliano et de la Ghiusa. %
Wurmser, pour déboucher du Tyrol en Italie, en longeant la rive gau he de l’Ad ge, devait d’abord forcer le défilé de la Chiusa,cequi l’eût mis dans le cas de prêter le flanc aux Républcains resté* derrière lui sur les hauteurs de la rive droite, d’oû on pouvait l’écraser de plusieurs points. Arrivé A Vérone, il se fût trouvé comme dans un cul de sac par la disposition des deux chAleaux qui, adossés aux montagnes, ferment la vallée de l’Adigp. Il aurait pu, il est vrai, après avoir emporté la Chiusa, venir jeter des ponts vers Polo, pour tourner le chaînon du Monlcbaldo et éviter Vérone; mais outre l'inconvénient d’avoir à opérer de vive force le passage d'une rivière , en ras de revers, l’armée autrichienne se serait trouvée coupée sur scs derrière*.
Vt\ troisième parti, dont les chances semblaient devoir être plus favorable*, pouvait aussi être adopté; il s’agissa t de forcer Munirbaldo et le plateau de Rivoli, pour descendre *ur Caslel-Novo ou Villa-Franca. Mors l'armée française, inférieure en nombre (et si le général avait voulu faire face partout;, pouvait être aisément tournée par Doive et écrasée, et si les divisons républicaine* se portaient en force sur ce dernier point pour le défendre, leur mouvement devait livrer aux Autrichiens le plateau de Rivoli, et les deux rives de l’Adige.
Masséna est forcé à ta Corona. — Wurmser se décida A suivre les trois roules, mais en portant des forces inégales de chaque côté. Il fit faire seulement des démonstrations sur Legnago et Vérone, et marcha avec le gros de scs forces par la route du centre sur le .Montebalilo, et par celle de droite sur Brescia et Gavardo, laissant ainsi entre le centre et l’aile droite un espace de dix A douze lieues hérissé d’obstacles insurmontables. Soit qu’il eût le projet de débloquer Mantoue, ou celui de couper les communications des Français avec Milan, comme il en faisait courir le
bruit, ers d sposilions étaient fautives: dans le premier cas. la marche sur Brescia liait inutile; dans le second, elle ne pouvait être considérée que comme un mouvrment insuffisant pour atteindre le résultat projeté.
Les Impériaux furent mis en mouvement le 29 juillet. Davidowich, avec l’aile gauche, descendit sur Dolre par Ala et Péri, en suivant la rive gauche de l’Ad ge; Mezarot, avec une petite colonne, fut dirigé sur Vérone; Wurmser lui-même, avec une partie du centre, se porta entre l’Adige et le lac de Garda, par Rivalla et Brentiuo, sur les positions de Monlebnldo; Mêlas, avec le reste du corps de bataille, se dirigea sur Lumim par le revers de Montebaldo; et enfin (Juasdanowicb, avec la droite, suivit la rive occidentale du lac de Garda , pour déboucher sur Salo et Brescia.
Masténa gardait , avec 15 000 hommes, Vérone, Ri- Yoli cl M miebaldo. sur les avenues desquels on avait commencé A élever des retranchements. Mais les forces qu'il avait en tête étaient trop supérieures en nombre pourqu'il réussit A les arrêter. Attaqué vers trois heu i es du malin par Wurmser, il ne put pas lui résister. J.iubcrl, qui occupait avec l’avant-garde lis positions à demi retranchées de Brenlino et de la Corona, fi< en vain d'incroyables efforts pour repousser un choc aussi disproportionné. Il fut contraint de se replier sur Rivoli, où il fut suivi par Sebotlendorf. La IIe demibrigade d’infanterie légère perdit un grand nombre de braves da> s ce combat malheureux.
Cepeudant Ravidoveich avait jeté un pont à Dolcc, afin de passer sur la droite de l’Adige et d’appuyer l’attaque de Sebotlendorf. Les généraux Milrousky et Mezaros marchaient, l'un sur la Chiusa, l'autre sur Vérone. Masséna, menacé par d'aussi fortes masses qui manœuvraient pour le déborder, se replia sur Piovcsano, entre Rivoli et Castel-Novo.
ques officiers supérieurs qui y étaient restés malades, y furent faits prisonniers.
Sauret s'était ar.êlé A Resenzano, d’où il avait expédié A Bonaparte un courrier pour lui apprendre le mouvement de Wurmser, et les suites qu’il avait eues. Le général en chef recevait en mfme temps une dépêche de Masséua, qui l’informait de ce qui s'était passé après l’affaire de la Corona.
Péso/ution de Bonn part Bonaparte, débordé par des forces nombreuses et qui étaient sur le point de IVnvclop;ier en se réun ssant, n’avait pas un moment à perdre pour se tirer d'une situation aussi critique Après la réception du courrier de Masséna. il avait donné à Augcrrau l’ordre de se porter, par la vallée de l’Adige, sur la gauihe des Autrichiens, | tendant que Kilmaine et De-pinois se rendraient en toute bâte A Castel-Novo, où il se porta aussi lui-même; mais h de nouveaux rapports lui ayant fait connaître les progrès de la division Quaxdanowich, qui de Brescia (lait arrivée A Lonado, il sentit la néccss lé d’adopter sur-le-champ, pour en arrêter les progrès, des mesures plus hardies et plus décisives.
Il fut alors tenu un tonscil de guerre dont les discussions n’ont jamais été bien connues, et dans lequel, disent certaines versons, Bonaparte, alarmé de te qui ft'ét<il passé, penchait pour une retraite derrière le Pô. Augerenu s’y serait opposé en assurant que sa division demandait A grands cris le combat pour réparer l’échec essuyé par Sauiel cl Masséna. Une telle retraite semble si incompatible avec les d spositiuns déjà manifestées pir Bonaparte, que s’il l’a proposée ce n’a été probablement que pour sonder les dispos. lions de ses généraux. La plupart des historiens affirment d’ailleurs qu’il avait déj \ tout préparé pour l’exécution du plan vaste cl audacieux qui va se développer, et qui lui valut une série de victoires si éclatantes.
En descendant du Tvrol par Brescia et l’Adige, l’ennemi se trouvait marcher A la fois sur la droite et sur la gauche de Bonaparte, ainsi placé entre les corps d’armée de Wurmser et de Quasdanowuh. L’armée républicaine était moins forte que ces deux armées réunies; mais elle pouvait battre chacune d’elles séparément, et c’est le parti auquel s’arrêta Bonaparte, encore maître de la ligne du Mmcio, et pouvaut A volonté se transporter sur la droite ou sur la gauche de celte rivière. Quasdanowii h était le plus avancé. U I fallait donc, saus perdre de temps, repasser le Mincio | et rétrograder en toute hâte pour envelopper son corps descendu sur Brescia, le faire prisonnier ou le battre complètement , puis revenir aussitôt vers la rivièrq attaquer Wurmser, et le forcer à regagner le Tyrol.
Levée du siège de Mantoue. — L’armée d’Italie tout entière était nécessaire A l’exécution de ce plan, et pour la réunir et agir avec toutes ses forces réunies, il fallait lever le siège de Mantoue au moment où cette place était peut-être sur le point d’être prise. Ce sacrifice était d’autant plus pénible, qu’en s’éloignant de Mantoue les Français allaient être forcés d'abandonner, faute de chevaux, tout l’attirail de siège. La perte
Combat de Sato. — Sauret est forcé par Quasda noivich. — Pendant que M isséoa était ainsi forcé au centre, la d. vision Sauret, formant la gauche de l’armée républicaine, éprouvait le même sort A Salo. Quasdanowich l’avait assailli dans la nuit du 29 juillet, avec des forces plus que quadruples, qu'une nombreuse cavalerie rendait encore plus redoutables. Après un combat de deux heures, où les soldats de Sauret déployèrent la plus énergique bravoure, ce général fut forcé d’ordonner la retraite, et Salu resia aux Autrichiens. Le général de brigade Rusca fut grièvement blessé dans cette affaire. Le général de brigade Guyeux, coupé avec G00 hommes de la 15e brigade d’infanterie légère, se retrancha dans une grande maison de Salo, et sa résistance désespérée y brava les efforts de l’ennemi, qui l’attaquait de tous cùtés.
Prise de U rescia par 1rs statut /liens. — Sauret, vivement pressé, se retira sur Resenzano. au lieu de Se replier sur Brescia, ce qui aurait été plus convenable. Celte place, ainsi découverte, fut surprise et enlevée par un détachement de la division de Ouasdanowich. Ouatre compagnies d’infanterie, 80 hommes du 25e rcgimeut de chasseurs, deux généraux et quel-
de celle artillerie, dans 1rs circonstances imminentes r où se trouvait l’armée d’Italie, ne pouvait être mise un instant en balance avec le grand intérêt qui allait dépendre de la prompte exécution du plan conçu par le général en chef. Un retard de quelque heures eût tout perdu, en laissant aux divisions ennemies le temps d'envelopper les Français. Bonaparte s’y décida surle-champ, malgré les représentations de quelques-uns de ses généraux. L** siège de Mantoue fut levé. Ont quarante canons encloués furent laissés et enfouis dans les tranchées. Le général en chef, en donnant l'ordre de les abandonner, dit avec raison : a Si nous battons l’ennemi, ces canons seront repris avec Mantoue; dans le cas contraire, ils auraient toujours été perdus \ w
C’est ici que commence celte série de combats et de victoire» que nos soldais appelèrent la campagne des cinq jours ; jours d'héroïques actions, de gavaulrs manœuvres, d’audacieuses entreprises, où le général se montra supérieur aux événements, où l’armée s’éleva à la hauteur du général , et où l'on vit une brigade tout entière, la brigade Guyeux, rester sans pain pendant quarante-huit heures de suite, sans néanmoins cesser de marcher, de combattre et de vaincre, tant le désir de la gloire, l’amour de la liberté et le dévouement à la. patrie donnaient alors de force, de patience et de courage aux soldats de la République.
L'armée d’observation s’était rassemblée sur le Mincio. RoverbHla était occupé par la division Augcr au, renforcée de la brigade du corps de siège, qui avait été
* On a récrmiuent public dr* Mémoires du maréchal Airgrrrau »ur la bataille detasliglionr. Dansées Mémoires, le maréchal ne donne lool l'honneur de la résolution qui a permis A l'année d'itata de détruire. m rinq jour* de comha'R, la formidable année de Wiiroiser. Malbeore'iirmenl la jactance des parole* d'Augcrrau, rl quelque» contradictions qui *e trouvent dan* «on récit, nuisent A la coiiftiinec qu'il ns-lame. Il r«l tâchent aussi qu'on ail publié «e» Mémoires A «me époque où la mon de loi» le» générant qui ont pu iniilrr au conseil de guerre qu'on dit avoir é«é convoqué par l- général Ponaparie, et relie <1u grand capitaine lui-même, laissent forrémcnl un » contradicteur» le* assertion* du manVbal Augereau.
• Il s'agissait, dit -11, d'abandonner l'Iiiibe L'était t'avi* du général rn chef Bonaparte; mai* par «elle n-l rade nous rendions » l'ennemi toute* «es nwHirit* el foule «on audace. Il fallail renoncer à nos Conquêtes, subir une paix honteuse, ou recommencer la guerre arec loule* le* chauers défavoral»l< * qu'anrairnl amenée» l'abandon de (on» no* avantage*, de no* nwilleuns posit on», des all é* que Bons donnait dan* le pays la cause que non* défi-udiot a , rl plu* que tout erla te découragement général qui déjà s'emparait des soldats, el dont le* léinmgnagp* roHimctiçaicnl à *e manifester Itaiilemcni. Mo» *eul. Je le proclame avec une juste flmf. j'nsfit lotit prendre sur tsuù; je rendis ri l'année son enthousiasme et son énergie, et Jr loncsi le général Bonaparte, par mou loébran table réioiui ion i combattre, A changer ses dispositions de retraite en une abaque qui rétablit mut. •
Augenau rapporte ainsi l’entrevue qu’il eut à Boverbella, le 31 juillet (la date est A remarquer i avec le général Bonaparte :
A troi* heure» et demie arriva le général en chef. Il descendit chez moi et me fit part dr la po*llion de* deux année*. Elle n'éiail pa* rassurante poiir nous : mai* je lui répondis : • Il mm* reale de grandi» «ressources: «ouvrit* r. vous que c‘c*i dan* otip occasion que vou*
• reconnaît rr i vos vrai» ami* l’tu* le danger r*t grand, plu* il r*t «imminent , (du* il importe d'en imposer A l'ennemi «ans mesurer «se* forer*. ■ Le général Berlhier, chef dr l'élat major général . prit la parole <1 dit ; • Je rrui* que le général Augcr* au liVsl pas bteu in-
• formé en or moment dr* posipori* de l'enm-ml. — Je tes connais • mieux que vous, répliquai- ji*. Au reslCCC ne sont plu» di* parole* «qu’il nous faul , ce sont de* faits. » Bonaparte, qui avau gardé quelque* Instants le silence, le rompit alors et dit : «Que pensez vous «faire pour sauver l'année? -Ce qu'il faul faire? repris -Je, le vo:ci :
• rallier le* trou*'*, faire quelques exemples des misérables qui jrltent «la terreur dans le* raogs, et surtout .ne plus parler de retraite: !
. postée *ur la rive gauche; Masséna était à Castel-Novo; la réserve et la cavalerie à Villa-Frauca; Serrurier, pour couvrir les commun ica lions avec Crémone, Piszîghetonc et Plaisance, s’élait rendu à Pozzolu avec uue partie des troupes de siège.
Deuxième combat de Sa!o.— L’a rmée fra nçaise poursuivit sa marche pendant la nuit du 30 au 3t juillet, Saurel reçut l’ordre de se porter sur Salo pour délivrer le général Guyeux , le général Ûalletnagne devait en même temps attaquer Ocks 'y dans Lonado; Augereau repassa le Mincio A Gollo et marcha sur Monte Cbiaro et Ponte-Sa n-.Marco, pour reprendre ensuite Brescia, et rétablir les communications de l’armée avec Milan, L'attaque du général Sauret eut un succès complet. L’ennemi fui chassé en désordre de Salo, et perdit quelques canons, deux drapeaux el 200 prisonniers. Les soldats du général Guyeux , dont la délivrance fut la suite de ce premier succès, avaient montré depuis deux jours de combats continuels, une fermeté, une patience et un courage héroïques.
Combat et reprise de Lonado. —Pendant l’attaque de Salo. Dallemagne, qui s'avançait sur Lonado, fut prévenu et assailli par QcKsay. sorti de celte place. Après un eombat opiniâtre et meurtrier, l'avantage resta aux F rançais. L'ennemi perdit 600 prisonnier» outre un grand nombre de blevsés el de tués. Bonaparte, dans son rapport, disait, en parlant de cette
«pour moi, je dérlirr que je n*en forai point. La di«i*ton que je
• commande n’a jamais été baitur. L'armée autrichienne, dût-elle sa
• présenter tout entière devant moi , avec de lel* homme* je voo* •promets de vaincre. J'aime mieux périr en brave à U tétc de me* « soldats, que dr me dé*honortT par une hontruse retraite 81 une «fois cette retraite est ordonnée, il ne sera plus en noire pouvoir de « non* arrêter II n'y aura plu* d'ordre, pins de d rriptine ; chaque «solda. Doté cherchera son salut dan* U fuite; et li» pay*ans »oule- «v * assassineront en détail l’armée, .le le répété, jr *rn* rombffti
• notre situation est rriliqiir: mai* que chaque général faïue serment
• de liallrr l’ennemi au de péiir eu brave, et non* aurons tou* fait
• notre devoir. L'ennemi sera chassé de nouveau , niai e «era libre et
• la Bépublique sauvée. Vou* ne pouvez vous dtasimnler que toute «1‘ Km ope a le* yeux Itxé* sur nom, et que rinttani où nom aban-
• donnerons l’Italie allumera la guerre civile en France. Vous ma
• dite* que l’ennemi «est emparé du pool de San Marco et dr Brescia ; «je réponds d'en rhaster l'ennemi et de ré'abltr no* communications «avec Milan et Vérone. Quelque* heures de repos suffiront S tue* sol- «dais.* - le général Bonaparte m'iuierrompH et dit : «Il faut que je
• donne l'ordre de faire lever le «iégp de Mantoue.»— J. combattis vivement celle résolution. Il me paraissait d'une haute Importance de lie pav lever le «ége dr .vite place, parer que, disais jr, • dans
• quarante huit heures, nous aurons battu l'tnmtni cl tepns nos po-
• Riliout. Mantoue est A la dernière extrémité ci ne pi-ut plu» trnir. SI •le siège r*t levé, elle aéra promptement ravitaillée, et le fruit de
• taut de soins et «te peine* m ra perdu, t’es observation* si justes ne
«p« rsuadéiv ni pa* le général Bonaparte •
Non* «P ferons qu'une seule observation sur ce récit, c'est que le SI juillet Bonaparte n’a pa* p»l dire A Augerrau qu’il allait faire lever te siège de Mantoue, puisque re siège, d'après la dépét-be du général en chef de I .innée d'Italie, en «talc du 10 ihermitor an IV, aenit été levé il. m» la nuit du 30 au 31 juillet (12 au 13 thermidor, ta résolution de le lever a été pri«c et l'ordre en a été donné dans la journée du 30, A la première nouvelle dp l'échec essuyé par Masséna, pane que, du la dépêche ritéo, il n'y avait pas moyen de raterder de six heut es. Toute l'armée était en mouvement sur Brescia le 30 au noir.
ta conseil de gnerre. d'après l’étude que nous avon* faite de ce* cinq grandrs journées remplies par tant de grandes combinaisons et d'événements béroùpus, nous paraît , s'il a eu lieu, avoir dû pré céder la levée du *iége de Mantoue. Augereau pcétmd qu’il a élé
tenu A Brescia , le l'r août, el IA, comme A RorarbeJla, U fut tenir
KH.4NCE MILITAIRE
RovrrcHo .
-*ui>h,oii«p)
affaire; «J’êUis tranquille, ia 32* ôtait IA !» La division Mauéua prit position à Lonado et à Ponte- San- Marco.
Reprise île Brescia. — Après ce double échec. Quasdanowich, inquiet sur sa communication de Riva, renonça lui-même à disputer Monle-Cbiaro A Augmau, et se replia sur Cavardo, portant une réserve sur .Nozza, dans la vallée de Sabbia, et donnant ordre d’occuper &alo. La division d’Augereau se porta aussitôt à marche forcée sur Brescia, combattant toujours depuis le passage de la Cbiese, Ce général, A la tête de 400 chevaux. tomba même sur la colonne ennemie au moment qù elle achevait d’évacuer Brescia. Telle fut la précipitation que celte charge impétueuse imprimai la retraite. que les Impériaux n'eurent pas le temps de toucher aux magasins des Français, qui furent retrouvés intacts. On délivra aussi les officiers et les malades qui avaient été faits prisonniers.
Entrée de /fit miser fi Mantoue. — Wurmser enivré de ses premiers succès, s’avançait néanmoins lentement et méthodiquement sur Mantoue, oh le 31 août il fit une espèce d’entrée triomphale salué par les acclamations. des habitants et de la girnison qui le regardaient comme un libérateur. Son armée prit position le lendemain sur le Mincio. Pesebiera fut bloqué par les généraux Bayalilsch et YVcindorf. M zaros fut porté sur le bas Minoo, et la garnison de Mantoue détachée ù la poursuite de Serrurier.
Au lieu de presser vivement les Français , Wurmser
au général rn chef an langage que oclui-ci n'a pas pu tenir. Voici ce qu'il rarooltr;
«Un non uni de gurrre fut convoqué par Bonaparte pour direnlrr le* moyen* qu'il était ^ propo* «1e prendre...
■ Dé* que Ce rousoil fut assemblé. !e général en rhef pnt la parole •I dit : «Citoyen* généraux, je vous ai lait appt 1er afin (U- '-ou* oui- •ccrfer tou« ensemble sur les moyen» d. sauver famiéc. h'apiè* me» •ordre*. plusieurs rorp* de troupe* oui déjà efftriiié leur rnraiie, ■et le général Sermrrr a paué le l'd k xaii-Bewdeliri, a pré* avoir «levé le uéjje de Man loue- Le» généraux Masséna et Jooüe'l oui été ■coiitrainl* de céder S la force et de rendre le* imite* important* de
• la Coronael de Rivoli Saurel a abandonné Solo, et a opéré u re-
• Iraile *ur Dearuxano. [x> général de brigade Guyrux lient eprorcqvrr
• dix b::it cent* homutrt dans une maison on il *'ral irtranehé ; mai* «K erain* que M * cooimunicatous étant coupée** et touiea le* ro*- « source*, tant en munitions de guerre que dr bom be . venant h lui
• manquer à ta foi*, il or pniMr résister long truipa. Von* été* main-
• t«r*ant instruit* comme mol- même, ritnyen* générant, de la position
• de noire armée -le vmu demande, a pré* u.u avoir fait rom ia lire ■que no* commun rai ions avec Milan sont réiabl es par l’o Tupalion «de Brescia et de Sao-Marro , si vou* txoytz convenable de non* re*
• tirer sur la m opposée du l'd, d’y prendre une ligne cl d'y rallier «l'armée en non* louant sur la défensive; mi bmi d'atiendni l'cn- «ncmi avec le peu des (orre* qui noua rrslenl •
A celle déclarai ion du général eu rhef plusieurs généraux répondirent «qu'il aérait imprudent en effet de tarder plu* long-tempe à •effectuer la retraite, qu'il était très sage de prendre une noun-lle
■ ligne de l’autre crtté du Pd, et de garder ia défenaivc jusqu'à re que
■ l'armée frtt ralliée... ■-La conseil te prononça unanimement pour la rrlraile. .le eombatt • avec fane l’opinion de «vile nia jini.il finit de, et je démontrai ■ que ti l'armée passait le l'd. l’ennemi ayant
• pénétré sur Iroia point* il serait far île k relui n de nous chasser •jusqu'à « qu’il nous cdl repoussés dans la rivière de Génr*, et que.
• après une Jelta déroule, il aéra t désormais impossible de met Ire de « l'ordre dan* la retraite, le* font* de l’ennemi étant supérieure* de
• moitié aux nrtlre*; que je iToyai* A la foi* plus prudent et plus digne
• de l'honneur de* armée* française», de marcher sur le champ routre
■ t>n(iemi avec le peu de troupe* qui nous resuieul , rt de sYtïorrer
• par tou* le* moyen* de délivrer !*• général Guyrux et de rétaMir no* •commun irai von* avec Salo, jusqu’à ce que le général rn <hef eût ■donné, aux division* qui étaient déjà en retraite, l'ordre de rétro-
tt’amusa A faire entrer dan* la place l'équipage de siège et le* approvisionnements qu’ils avaient abandonné* dan» leurs pus lions. Il pensait que le mouvement de Ouasdanowich , avait achevé la défaite des Républicain». Mais son erreur fut de courte durée. Il apprit dan* la nuit même du l*r au 2 août que son lieutenant avait été battu A Salo, A Lonado et A Brescia. Sentant alors la nécessité de s’en rapprocher, il se porta le 2 A GuTlo, poussant scs avant-gardes jusqu'à Castiglione.
Valette abandonne Castiglione à l'ennemi, — Le général Valette avait été chargé avec hommes de défendre Castiglione jusqu'à la dernière extrémité. — O poste était de la plus haute importance pour l’armée d'Italie; le succès drs combinaisons de Bonaparte en dépendait en quelque sorte puisque tant qu'il était orcupé par le* Français, il empêchait la jonction de Wurmser avec yuasdanowich. — Valette, au lieu de s’acquitter en brave de l'honorable défense qui lui était échue, prit honteusement la fuite le 2 août, à l’approche des Autrichiens et entraîna avec lui la moitiéde sa brigade. Il se replia sur Munle-Chiaro oh il sema l'alarme annonçant que le reste de sa troupe avait été pris par l'ennemi. Il n'en était rien heureusement. Ce* braves, confiants dans leur courage, avaient opéré leur retraite en bon ordre sur Fonte-tau- Marco.
Reprise de Salo par les Autrichiens. — Pendant que Wurmser occupait ainsi Cnstiglione abandonné par Valette, Ouasdanowicb reprenait Salo Sauret atta-
■ grader afin d'attaquer l'ennemi sur f nos le* point* cl de reprendre
• nos antiennes position*. Quand toute* cr* déposition* auront fl* «prises, ajoutai je, nous aurons lotis fait notre devoir; et n nous
• somme* lv.il lu*, il sera temps enrorc dVffeelurr notre rrtralfe • Le génér»! 0*** sV-leva fortement contre re* disposition* «Et comment •nppnu n os noua noire droite? s'écriât il. - Par de* baïonnette* ,
• répliquai je avec une ind gnal on dont je nïlai* phi* maître. Au
• reste, continuai-je, relirez voua s'il vous plaît, jusqu'à Paria, je ne
■ m'y opposerai plus; «puni à moi, je fais serment de ne pas ma •déshonorer par une telle infamie. • Je parti* à ce* mol* et J'allai mo l' ter sur ou ht pour premlre no pru de rrptis.-Gepetidant * soure nir de ce qui venait de se pa<M'r et ridée des dangers qui menaçaient l'armée neres*aienl de m'agiter. — Ver» deux heure* du matin, le général en rlief m'rnvoyg un de *r* aide* de ramp pour m'inviter i venir le trouver... Ro «aparté ne s'élail pateourhé, il était tnqun-1 et abattu «Eh bien ’ lui dis je en eoiraiii, qu’avi'K-vo1 • décidé hier avec
• voire ronsrti de guerre' - Rien, répondit Bonaparte; nu i aprt* j
■ avoir long teirp* léBMil, Je pense t om me vou*. Il faut marrher sur
• l'ennemi et l'allaquer par irait oi'i mm* le irouvrroua. C'est une
• choie resot ne. Vou* marcherez tur Moi ile-Uoaro arec votre did-
■ •ion ; je me pnrterei avec M-oaéiia sur l.o>>ado; Saurel ira reprendra
• ns aurremu* peinons à Salo et débloquer le général de bnttad* •Gnyenx. •— Alors, lrans|wrlé de joir, jr m'érnai : «Je voua répond*
• île la vkiuire. la forlu «e ne noru abandonnera pat.*
On remarquera qm* Bonaparte n'a pas pu dire à Angereao, la S août, a drus heunts du matin ; •Saurel ms débloquer le général Guyrux ,» puisque ! Ronaparle nom rapprend dan* sa dépêche du 19 thermidor^ Guyrux. débloqué par son ordre dés le 81 juillet (13 thermidor), a reçu de lui, le J sorti (15 ihermklor), l'ordre d'aller reprendra Salo, reprise qui a été rflwiuér le 3. Il n’a pa* pn dire davantage : < Je me porterai avec Masténn sur t-oundo, • puisque dès ta veille la division Matsém avait occupé Umado — Quant à celle majorité timide, qui exnia rmctignaiKM d’.Augereavi . l'armée d'Italie comptait alors en généraux divisionnaire*; Augereau. Maaséna, Sauret, Ellnuliie. Srrnirier, Itespiiwn* et Bcrlhier .rt eu généraux «le brigade: Heyrand Robert, Gardanne, Jouberl, Valette, Rsmpon, VMor, l’igeon, Guillaume, Guyeuv . Rusca, Braumont, Pellrlirr, Charloa. Servira. Ojllr -magne, Cervoni, Berlin, - fioiu ignorons quels sont ceux qui ont pu former le runaeil de guerre; mat* de quelque façon qn'on groupe ce* nom», il août parait difficile de composer un* majorité ttimde.
qné de nouveau par de» forces supérieures el croyant que la délivrance de Guyeux avait te1 miné son rôle de côté, s’était replié devant l’aile droite autrichienne. Aussitôt que Bonaparte eut connaissance de ce mouvement rétrograde, il ordonna au brave Guyeux , d’aller reprendre le poste important qu'il avait illustré par sa belle défense.
Situation de l'armée française. — Combats de ionado et de CastigHone. — Néanmoins l’armée française se trouvait le 3 août en présence des deux armées ennemies (Unasdani.with A sa gauche el Wurmser sur son front et à sa droite;, et le résultat du combat général , qui allait avoir lieu, devait être pour elle, en isolant davantage les deux corps ennemis, de re. uler les borne» de l’étroit champ de bataille ou elle sc trouvait resserrée. Nous allons rapporter la telatton claire et brève que Bonap.uic a faite de ce combat.
«Le IG thermidor (3 août), à la pointedu jour, nous nous trouvâmes en présence. Le général Guyeux qui était .1 notre gauche devait attaquer Salo. Le général Masséna était au centre et devait attaquer par Lonado. Augereau qui éla-t à la droite devait attaquer parCastiglione L'ennemi, au lieu d'être attaqué, attaqua l’avant-girde de Masséna qui était â Louado. Déjà elle était enveloppée et le général Pigeon prisonnier. L’ennemi nous avait enlevé trois pièces d’arli lerie. Ji fis aussitôt former la 18e dnni-brig. de et la 32* en colonne serrée par bataillon, et pendant le temps qu’au pas de charge nous chéri liions à pcicer l’ennemi, celui-ci s’étendait davantage pour nous envelopper. Sa manœuvre me parut un tûr garant de la victoire. Masséua envoya seulement quelques tirailleurs sur les ailes des ennemis pour retarder Irurmanbe. La première colonne arrivée à Louado força les ennemis. Le Iôc régiment de dragons chargea les Houlaus el reprit nos pièces. Dans un instant l'ennemi se trouva éparp lié et disséminé : il voulait opérer sa retraite sur le Minc-o. J’ordonnai à mon aide de camp, chef de brigade Junot, de se mettre à la tête de ma c ompagnie des guides, de poursuivre l'ennemi, de le gagner de vitesse à De-
1 « Ver* le* qtulre heure* de l'a près midi 'le 2 aoôl) le général en chef arriva S Monte Ib.aio. Il descendit chez inoi et inc dit : «Je vient «rapprendre que V*** a abandonné i aMiglioue tan* ne batirc; qu'il «•Vit retiré ici avec une punie de «a troupe. et que l’antre t*i à Sau- « Marco.— Crin est vrai, répond.* je ; m.nn j'iguor.u* la roule prise par
• le rvtle de sa brigade.- Je *ui» srtr qu'elle r*l à San-Mareo... Vou* •voyez qu'il n’y a pan A hésiter cl qu'il est important d'effectuer la ixv
• traile.— El ori en est doue la nécessité ?cro>cz-nioi; la sser, moi faire,
• demain malin je livrerai bataille. La «noire est d'autant p!u* «assurée que nos troupes Uni lent ae combattre Je viens devi-
• siter le camp: officier* el soldai*, lou* ne lortiient qu'un \<m , c\ *1 •de voir I ennemi.— tü bien’ visitont-tc* encore une foi* eiiNcmb'e.* Non* partons aussitôt, accompagnes démon état- major. A l'instant on nous suri ion* , les o lie er* généraux et aupCnrurt venaienl rendre visite au Réitérai eu chef, instruits de non dessein , tout s'écrièrent :
• Venez dan* ou* camp*, voua y jugerez par 'ou* même de l'mtié-
• p-dité cl du dt-voucmcnl de la division.* la* griiéi al en élu t ne put voir sans un profond aMcaidruw incni U* zéte ardent dont res brave* étaient animé* pour la gloire cl l'miérél de l'arinfe.* Savez vous bwu,
• me* ami*, leur dit il . que vous avez A combattre vingt cinq mille
• homme* enounaudés par le Réitérai Wurmser ?» Un seul cri se Ht entendre : « Eh ’ que nous importe le nombre? général... Avons nous ■jamais compté nu* ennemi*?... Ne cra guez mm. rcimsez-votu sur
• nou* et sur dut' c gloire. Nom «cra t il plus difHeile de sauver l'ar-
• mée d'Italie , qu’il nous l’a été de uiiht celle de* Pyrénées? • le général en chef ne put caïeu dre sait» admirai tou i'cxpiessiou d'un 8i
senzano. cl de l'obliger par-là à se retirer sur Salo. Arrivé à Descnzano, il rencontra le colonel Bender avec une partie de son régiment de Houlans qu’il chargea. Mais Junot ne voulant pas s'amuser à charger la queue, fil un détour par la droite, prit en front te régiment, blessa le colonel qu’il voulait prendre prisonnier, lorsqu’il fut lui-même entouré; et après en avoir tué six de sa propre main, il fut culbuté, renversé dans un fouvé, et blessé de six coups de sabre, dont on me fait espérer qu'aucun ne sera mortel. L’ennemi opérait sa retraite sur Salo. Salo se trouvant â nous, celle division errante dans les montagnes a été presque toute prisonnière, Pendant ce leinps-h, Augereau marchait surCastiglione, »\ mparail de ce village. Toute la journée il livra cl soutint de» combats contre des forces doubles «les siennes. Arlillere, infanterie, cavalerie, tout a fait parfaitement son devoir, el I ennemi, dans cette mémorable journée, a «lé battu sur tous les points .«—Guyeux, repoussant le* troupes d'Ott, avait en effet repris Salo pour la tro sièine fois.— Le» restes du corps de Ouasdanowich rentrèrent dans leur camp deGavardo,à l'exception de quelques bataillons détail! '» qui erraient dans les montagnes, en attendant que les événements du lendemain, décida*»! nt de leur sort.
Les .suites de ce double combat on Bonaparte eut en même temps à lutter contre lesdruxeorps d'armée ennemis, devaient être très importantes. L'ennemi peidit vingt pièces de canon, eut 2 à 3.000 hommes tués ou bUssi'R et -1,000 prisonniers parmi lesquels trois g‘néraux. Les Français, par la lésistance op niâtre de leurs adversaires, essuyèrent aussi d’assez forte» pertes. Le général Beyrand, les chefs de brigade Pourailly, Bourgnn et Marmet furent tués.
Le sort de l'Italie u'éiait cependant pas décidé, et Wurmser, malgré ces échecs successifs, n'a fait point encore été personnellement battu. Il fallait pour se défaire de ce général, que Bonaparte dispersât d'abord l’année de Ouasdanowich, ou la contraignit à se rejeter dans le TyroL
Combat de Gavardo. — Quasdanowich rentre dans le Jjrot . — La réserve, commandée par Despi noi» et
généreux dévouement ; il aenfil rrnatlre b confiance cl sortit suivi de *un fiai major et de* officier* qui * clamil rendus aupiè* de lui. Arrivé au camp, il vit ta division rangée en bataille et sans arme* devant le front de l*<nd;êi*\ rive ta République ! vivent nos braves généraux ! «’écria-t-undc toute* part*. A l’ennemi! point de retraite! Quelques volontaire* sollicitèrent el obtinrent U permission de sortir de leur* rang* pour parler S Bonaparte. Ils se présentèrent A lui. et lui dirent : «tiéoéral , doua avons tous juré (Titre • tué* sur ces bauli urs .ni désignant de b main les hauteurs de Cas-
■ iiçl-onel. — Eh b*ni' répondit le général en chef, avec de braves
■ gvu* l< I* que vous je sens qu’il est impo**iblr d'élrc b*t(u. Oui, voue
■ attaquerez t'ennenu, et vou* serez encore une foi* vainqueurs. * —
A l’instant Bonaparte Ai réunir les débn* de b l»r demi-brigade. Le général V ”* fut ajus té el suspendu de set fondions A U tète de* troupe*, pour avoir bii.emenl abandonné ton corps et avoir auui compromis la srirtté de l'armée «Généraux, officiel *, solda. s, tout appl.iudirrnl A eH acte d'une justice rigoureuse ma ■ nécessaire. Le général ru chef *c retira entoile aux cru nulle fins répélés de vive ta République ! à t'ennnni ! {Mémoires d’Augi-reau.)
1 Ce rapport , plus remarquable par sa clarté que par létcgancv du style, ne pailc |us <te* ton -es que les Français avaiei.l en tète, haut de* notes dictée* |wr Naiobuu à Sainte- Hélène, uout lisons qu’Augcrr.ui eut A combattre I» (100 homme* : Narséna ti’rul affaire qu'A uns partie du coi-|« de Maille de Wtuiuscr, établi A Louado , et qui s’élevât: A ôO.OÜÙ hommes.
formée des troupes qu’il avait été possble de. tirer de . la Lombardie, avait reçu l'ordre de se porter pur les | montagnes sur la Chicse , afin de tourner la droite de [ Quasdanowich, campé à Gavardo. L’adjudant général Herbin gagna en conséquence, avec une petite colonne, le Mnnt-Saint-Ozette qui domine Gavardo, et s'empara de ce poste en (hassant deux bataillons autrichiens qui l’occupaient. Le général Dallemagne sVtait avancé seul , avec un bataillon de la 1 Ie drmi-brigade, jusqu'au village de Gavardo; mais il manqua d’étre pris.
Bonaparte envoya alors à Salo le général Saint-Hilaire , pour appuyer les mouvements de Guyeux contre Quasdanowich. Ce dernier, qui lie s’attendait qu'a être attaqué du côté de Lonado, faillit être enlevé dans son camp. Se voyant alors sérieusement compromis par Saint-Ozette et Salo, il évacua Gavardo après un rude combat, et remonta le Yal-Sahbia par Volarno, pour se retirer sur Riva, laissant le prince de Reusa en arrièregarde sur le lac* d'Ydro, vers Kocca-d’Anfo et Lodrone. L’armée française se trouva ainsi définitivement débarrassée de ce corps d’armée menaçant non moins par sa force que par sa direction stratégique.
Surprise et présence d'esprit de Bonaparte à Lonado. — Cependant, si la lortune seconda dans cette conjoncture les combinaisons de Bonaparte, elle lui faisait courir au même instant , au milieu même de son quartier général , le plus grand danger. Une partie de la division M «ss'na venait de quitter Lonado pour appuyer l’attaque contre Quasdanowich. Le général en chef n’avait conservé avec lui que 1.200 hommes. Tout â eoup il apprend que la ville est cernée; un parlementaire autrichien arrive pour le sommer de se rendre. Li présence d'esprit de Bonaparte le sauva : il jugea par la position des affaires que ce corps deva't être un des débris de celui battu la veille ,A Lonado et rejeté sur Desenzano. qui après avoir vainement essayé de rejoindre Quasdanowich cherchait .A se rabattre du côté de Wu rimer. Il fit introduire le parlenic taire au milieu de tout son état-major. LA, il lui fit débander les yeux , et d'un ton irrité : ««Monsieur, lui dit-il . allez dire A relui qui vous envoie que s'.l a la prétention de prendre le général en chef de l'armée d’Italie , il n’a qu'A avancer. Il doit savoir que je suis .A Lon ido avec l’armée républicaine. Je le rends responsable, lui et tous les officiers généraux et supérieurs de sa d. vision, de l’insulte personnelle qui m’est faite. Dites-lui que, si dans huit minutes sa division n’a p s posé les ar mes. je fais tout fusiller.» 1/ parlementaire étonné retourne auprès de son général. - Tout, à Lonado.se prépare pour l'attaque. Le chef de la eolonne autrichienne désire être entendu : il propose de se rendre et veut capituler. «Non, répond Bonaparte, vous êtes prisonniers de guerre.» Le général ennemi hésite : Bonaparte donne l’ordre de faire avancer le* grenadiers, l'artillerie et d'attaquer. Celui-ci , effrayé, s’écrie alors : «Nous sommes tous rendus. » La colonne qui posa ainsi lesarmrs devant Bonaparte était forte de 4.000 hommes d'infanterie , de 500 de cavalerie , et deux pièces d’artillerie.
j Bataille de Casliglione. — Le jour de la bataille
décisive était enfin arrivé. Le génie de Bonaparte avait repris ses avantages, et il n’y avait pas à craindre qu’il se les laissât enlever de nouveau. Certain <|uc Quasdanowich, repoussé dans les montagnes du Tyrol, était neutralisé, et ne redoutant pas que YYurmser, après le premier échec de Casliglione, tentât un mouvement sur le PO, il avait ordonné au général Fiorella, commandant par intérim la division Serrurier, de revenir vers le Mincio, afin de prendre part à la bataille. Ce général, s’avauçant par Guirdizzolo, devait couper la route de Mantouc à Brescia, et attaquer l'ennemi sur la gauche au moment oii l'armée républicaine l’assaillerait de front. Après une manhc de nuit, Fiorella se trouvait déjà près de Gu rdzzolo à six heures du matin.
Augcreau , dés la pointe du jour, s’était formé sur deux lignes en avant de Casliglione, ayant Masséna sur sa gauche, et la réserve de hilmaine sur sa droite. L’armée de Wurmser, formée aussi sur deux lignes, était â portée de canon en avant de Solferino, vdlage au-delà duquel s'étendait un peu sa droite. Une redoute avait été construite au mamelon de Medolano, où s’appuyait sa gauche.
Bonaparte, afin de détourner l’attention de l'ennemi de la marche de Fiorella, et de donner â ce dernier le temps «le se mettre en ligne, commença à faire opérer sur le front d« s Impériaux une fausse attaque. Ceux-ci la repoussèrent aisément. Ils manœuvraient en même temps par leur droite pour déborder la gauche de Masséua , dans l'espoir de rétablir, par les bords du lac de Garda , leurs communications avec Quasdanowich, dont ils ignoraient la reira te. Celle manœuvre servait 1rs desseins de Bonaparte, dont le principal effort devait se porter sur la gauthe de Wurmser.
Dès que le général en chef vit Fiorella aux prises avec la gaui he de l'ennemi, il ordonna â l’adjudant général Yerdière de se porter sur la redoute de Medolano avec trois balad ons de grenadiers et un régiment de chasseurs â cheval. Cette attaque fui soutenue par le chef de bataillon Marmont, son aide de eamp, qui se porta sur le même point «le la plaine de Medolano, avec douze pièces d’arlillene. Yerdière, â la faveur décrite batterie qui prenait l'ennemi en écharpe, s'avança sur la redoute et s’en rendit maître. La cavalerie du général Beaumont dirigea aussi sur ce point son principal elfort, et ne tarda pas A opérer sa jonction avec Fiorella. Pendant ces mouvements, la droite et le centre étaient vivement pressés par Mass-na et par Augereau.
Telle avait été la précision et la rapidité de l’attaque dirigée sur la gauche, que Wurmser ne s’en était douté qu'au moment oft le résultat de la manœuvre de Fiorella était déjà décisif. Le général autrichien, tout â coup enveloppé, manqua même d’être pris dans son quartier général parle 7® régiment de hussards. Il ne fut sauvé que par une charge désespérée des dragons autrichiens, qui lui donna le temps de monter â cheval et de se sauver.
Une partie de la cavalerie et la seconde ligne de l'infanterie autrichienne, qui s’étaient portées sur Cavriana, contre Fiorella. se trouvaient vivement ramenées sur le centre. Les hauteurs et la tour de Solferino, opiniâlrément défendues, furent enlevées par les 4e et
6* dtml-br ig.ldM , conduites par l’adjudant général Lactcrc. Wurntaer, ainsi presse, était menace d'Ctre jeU dans l’angle que forment le Minclu et le lac de (iarda,vers Peachiera. Il ne pouvait trouver de salut que dans une prompte retraite, il s’y résigna , et quoique vivement harteie par la cavalerie de Beaumont, et la division de Fiorclla, il se bftta de mettre entre lui et Sun habile adversaire la barrière du Minciu, dont il coupa les ponts* — Le» Français, harassas de fatigue, vinrent sc mettre aussi eu bataille le long de la rivière: Augereau près de Pozrolongo, Kilmaine à sa gau<be; Masséna, au centre, devant Castellura; enfin la division Serrurier dans la plaine en arrière de Borghetto.
Cette victoire, que Bonaparte dut moins a des combats qu'a ses manœuvres , ne conta â l'ennemi que 9,000 hommes tufs, blessés ou prisonniers, une perte de vingt canons et de cent vingt caissons. La perte des Fiançais fut peu considérable; ils n’eurent à regretter parmi les officiers de marque que l’adjudant général Froniin.
Combat de Petchiera.— Quelques auteurs ont reproché â Bonaparte de n’avoir pus déployé â Castiglione la même activité dont il avait fa 1 preuve au début de la Campagne, et de n’avoir pas profilé complètement de la situation critique de Wurmser, pris en quelque sorte entre le lac de Garda et la division Fioreila. Ce reproche est injuste; il faut tenir compte à l’armée et au général de ce qu’ils avaient fait depuis cinq jours, et songer que les forces humaines ont des bornes qu’on ne peut dépasser. Il ne parait pas cependant que le général en chef de l'armée d’Italie se soit endormi sur set lauriers, car dès le lendemain, 6 août, pour ne pas laisser au général autrich en le temps de rassembler ses colonhes éparses. Il résolut de l’attaquer. Il fallait, pour effectuer cette attaque, passer le M incio, derrière lequel Wurmaér s’étall retiré: sa gauche S Mantoue, sa droite à Pescbiera , et son centre â Valeggio.
Augefeau , pour contenir les Autrichiens, engagea de Borghciio urte vive canonnade sur Valeggio. A l’aide de cette démonstration, Masséna, traversant Peschiera, tomba vigoureusement sur le camp que l'ennemi com-
mençait à retrancher devant cette place et remporta. Victor, A la tète de la 18e demi-brigade, se distingua particulièrement dans cette affaire, oh l’ennemi perdit 500 hommes et dix pièces de canon. Si les Français disséminés le long du Mincio eussent pu prendre part à ce combat, en débouchant de Peschicrâ, la droite de VVunnscr aurait probablement été accablée et détruite.
Retraite de Wurmser. — L 'arm fit française reprend ses positions. — Apres ce nouvel écbec, Wurmser, craignant de perdre ses communications avec le Tyrol et (Juasdanowich, se replia sans engager d’affaire sérieuse. Masséna le suivit sur Rivoli pour ÿ reprendre ses anciennes positions; Augefeau et Serrurier passèrent le Pô, l’un a Peachiera, l’autre A Valeggio, et se dirigèrent sur Vérone, ou ils arrivèrent le 7 A dix heures du soir. Bonaparte, refusant au provédileur Un délai de deux heures demandé afin de faciliter la fuite dés Autrichiens, fit enfoncer les portes A coups de canoll. Masséna, de son côté, reprenait Rivoli A Bayalrlsch, auquel il enlevait toute son artillerie. La division Serrurier rétrograda de Vérone sur Marmi2oio,et revint devant Mantoue. La perte du parc empèihait d’en continuer le siège; on se contenta d’abord de bloquer la place, même d’a<scs loin, puisque la garnison, restée en possession de Scraglio, poussait des patrouilles jusque sur le Tai taro et l'Oglio. Le commandement des troupes du blocus fut confié par Bonaparte au général Sahuguet.
Tous les postes impériaux par oit Wurmser et Quaidanowich, qui s’élaicut réunis de nouveau, auraient encore pu déboucher dans le Tyrol, leurs furent enlevés vers le 12 avec des pertes plus ou moins fortes tù hommes et en artillerie, en sorte que par ces petites affaires, complément indispensable de la bataille de Castiglione. les deux armées se trouvaient à peu près dans les mêmes positions qu’à la fin du mois précédent. Mais les Autrichien» éta ent surpris et découragés de leur défaite, et les Républicains, glorieux de leurs suècès, étaient animés d’une nouvelle ardeur et d’utte confiance sans bornes. Des résultats plus décisifs encore devaient suivre les premiers et gloricui triom** phes du jeune conquérant de l’Italie.
RESUME CHRONOLOGIQUE
15 JiHiur. Wurirraer remplace Beaulieu.
*JO — l/arroée impériale ne met en mouvement Combat de la Gonma. — Premier combat de Salo.
30 et 31 — Levée do siège de Mammie. - Prise de Brescia par les Autrichiens.
il Combat de Lonado. - Douiième combat de Sato. — Délivrance du géuéral Guyeux.
Ier août. Combat et reprise de Brescia.— Entrée de WurinSer A Mantoue.
2 — Valette abandonne Casliglione. — Reprise de Salo par tes
Autrichiens.
3 — Rr-pnse de Salo par les Français. — Deuxième combat de Lonado. — (tombal de Gvtigtione.
4 — Coudrai de Gavardo.— Bonaparte est surpris à Lonado.
5 — Bataille de CaMiglione.
0 — Combat de Pescbiera.
7 — Reprise du blocus de Alantone.
A. HUGO
On sooRrit diei DRI.LOYE, Éditeur, place de la Bourse . rue des Filles Saint-Thoims , 18.
Paris. — Imprimerie et Fonderie de Rtoaoux et C", me des Franc»-Boorgroi*-Saint-Miebel , g.
ARMÉE D’ITALIE. — CONQUÊTE DU TYROL ITALIEN. VICTOIRES DE ROVEREDO, DE BA&SANO. — BLOCUS DE WURMSER DANS MANTOUE.
SOMMAIRE
Situation de* deux armft*.— Nouveau plan de* Autrichien*.— Plan de Bonaparte. -Combat* de Scrraralle, de San-Marro et de Mari.- Bataille de Ho* en do — Pri*e de Treulr. 'OrKauiMlion du gouvernement lyrul.en — tkuub.it de Lavi*. -Marrhr par ta ralMfp de la Brcntâ.— Combat de Primolauo.— t ombât de Cnvoto.— Iiifriu-imu** attaque de Vérone par le* Autrichien*.— Bataille de Bauano.— Retraite de Wunmer sur Mantoue.— «ornbal de tkîiea —Combat de Villa-lmpriita.— Filtrée de Wurnucr à Mantour.— ttcpriaade i-eguago — Combat de la Favorite.— Surprwe et combat de Duc lia* tell i - Bataille de Saïul Georges.
Année ütmiKini.
Général en chef. — BimpART*.
IHMII IMPl'&UIJ
Général en chef. — Wi-agse*
Situation des deux armées. — L’année d’Italie,
affaiblie par ses propres triomphrs, avait reçu de France, notamment de l’armée des t ôles de l’Océan,
un renfort de quelques bataillons qui s’augmenta de ! 3,000 prisonniers échangés contre un pareil nombre d’Autrichiens. Cet accroissement de forces était loiu j cependant de celui que Wurmser tirait du Tyrol et de ; l’Illyne, premiers secours suffisants pour que ce géné- j ral, malgré ses pertes récentes à LonadoelàGasligliont, pill se maintenir aux portes de I1talie,et y attendre les troupes nombreuses qui arrivaient S marches forcées de l’intérieur de la monarchie autrichienne, et avec lesquelles il comptait reprendre l’offensive.
Chassé par Masséna , dans les premiers jours d’août , des postes de Montrbaldo, de la Corona et de Preabocco, où il s’était retiré après le combat de Pescbiera,le vieux maréchal avait d’abord pris position à Ala; mais il cessa de s’y croire en sûreté lorsque, marchant par la rive occidentale du lac de Garda, Saint-Hilaire eut enlevé au prince de Reuss Rocca-d’Anfo et Lodrone; il craignit que les Français ne se portassent rapidement sur Trente , et quitta Ala le 13 août, afio de se rapprocher de la capitale du Tyrol italien. La crainte d’être tourné par quelques bataillons lui fit ainsi abandonner, avec 40,000 hommes, une position forte et avantageuse pour occuper, autour de Trente, une ligne étendue et trop morcelée pour n'être pas exposée à d’inévitables défaites.
Nouveau pian des Autrichiens. — La Cour d’Autriche n’avait |>as encore compris le secret de srs défaites en Italie, que les victoires du prince Charles en Allemagne auraient dû lui révéler. Elle consultait tous les plus habiles généraux allemands pour établir un nouveau plan de campagne qui ramenât la victoire sous ses drapeaux. Le général du génie Lauer jouissait d’une ancienne et haute réputation, il fut adjoiut A Wurmser en qualité de chef d état- major, et chargé d’un plan d’oû l’on attendait enfin la délivrance de Mantoue. D’après ccs nouvelles combinaisons, Davidowich devait rester dans le Tyrol avec les milices du pays et avec 20 000 hommes répartis en quatre divisions auxquelles étaient assignées des positions qui devaient rendre lout-à-fait nul leur concours aui opérations
que Wurmser allait entreprendre. Ainsi Gracffer, avec 3,500 hommes formant la première division, avait
ordre de couvrir le haut Ty rol du côté du Vorarlberg; I Laudon , avec la seconde , forte de 3,000, observait les | t. n.
débouchés de la Valtelinc; le prince de Reuss, avec la troisième, de 3,500, gardait le nord du lac de Garda; enfin la division principale, de 8,000 hommes, composée des troupes réunies de Wuka&sowicbct deSporck, dut prendre position dans la vallée de Roveredo.
Wurmser, avec les divisions Srbotteudorf , Ouasdanowich et Mezaros, fortes ensemble de 26,000 hommes, devait descendre â Bassano par les vallées de Sugana et de la Brenta, puis s’emparer des ponts de Lcgnago pour se porter de là sur Mantour, pendant que Davidowich se tiendrait prêt à descendre l’Adige et à déboucher du Tyrol sur les derrières des Républicains, dans le cas où ceux-ci se porteraient sur la gauche des Impériaux. On espérait, en manœuvrant ainsi, forcer Bonaparte à abandonner la contrée entre i'Adige et le Mincio, et, sans livrer bataille, rétablir la communication avec Mantoue. Ce plan, fruit des plus profondes combinaisons des plus profonds génies allemands, était à peu près le même que celui formé par le maréchal seul, environ un mois auparavant; seulement il était plus mauvais, car il en avait tous les inconvénients sans en offrir les avantages.
Plan de Bonaparte. — Quoique Bonaparte ne fût pas encore informé de la marche de Wurmser sur Bassano, une reconnaissance sur le front de la ligne ennemie lui ayant fait remarquer les positions décousues occupées par l’armée impériale, il résolut, suivant sa tactique habituelle, de se défaire d’abord de Davidowich , se promettant d’avoir ensuite bon marché de Wurmser. - Le plan de Lauer était donc déconcerté dès le premier mouvement tenté pour son exécution, ou plutôt il n’élait pas possible que les Impériaux manœuvrassent dans un sens plus favorable aux desseins de Bonaparte.
L'armée d’Italie venait d’être réorganisée ; Yaubois, remplacé à Livourne par Serrurier, avait pris le commandement des 1 1,000 hommes de l’aile gauche, campés sur la rive occidentale du lac de Garda; Augercau formait la droite avec 9,000 combattants, et Masséna le reulreavec 13,000; le corps de blocus de Mantoue, de 10.000 hommes, était sous les ordres de Sahuguet; Kilmaine, avec sa faible division, renforcée de deux bataillons, était chargé de défendre Vérone et d’éclairer le Bas-Adige; la police devait être maintenue à Brescia et sur les derrières par deux ou trois bataillons attendus de l’armée des Alpes et réunis aux dépôts de l’armée, placés sous le commandement du général Saurct.
Combats de Serravalle, de Sun-Marco et de Mari. — L'armée d'Italie sc mit en mouvement pour attaquer Davidowich , le 2 septembre, au moment même où l'armée impériale, conduite par Wurmsrr, partait de Trente pour descendre la vallée de la Brenta, et mettre A exécution les nouveaux projets de l'Autrulie. Pendant que Bonaparte allait s’en foncer dans le Tyrol, le maréchal pouvait traverser l’Adigc et venir accabler je corps de blocus de Manloue; l'armée française avait donc à agir avec la plus extrême célérité et la plus stricte précision.
La division Yaubois se trouvait sur la droite du lac de Garda, depuisqu’elle avait chassé le prince de Heuss de la Hocca-d'Ahfo et de Lodroue; elle reçut l’ordre de déboucher dans la vallée de l’Adige par Biva et Torbole; son avant-garde, commandée par Saint-Hilaire, culbuta l’ennemi au pont dp la Sarca. La brigade Guyeux dut s’embarquer A Salo pour venir se réunir à Yaubois, à Torbole. Dans le cas où son débarquement aurait éprouvé des obstacles, elle avait ordre de rabattre A sa droite sur Malseseua et la vallée de l'Adige pour sc réunir au général en chef et aux troupes du erntre. — Masséna, qui commaudait le centre, passa l’Adige à Polo et arriva le 3 â Ala, sur la grande roule de Trente.— Ce mouvement, un peu étendu et exécuté par les deux rives du lac, aurait pu entraîner des suites graves avec un enuemi plus actif et plus audacieux que Davidowich. Toutes les divisions devaient sc* réunir i Serravalle. Leur mouvement fut appuyé par Augereau qui , avec sa division, partit le 2 de Yérone et se porta à droite sur les montagnes de Molare, entre Lugo et Uovere, pour observer Yicence et Bassano, et donner au besoin la main à Masséna.
L’avant-garde de Masséna culbuta , dans la soirée du 3 septembre, les avant-postes autrichiens, d'Ala sur Serravalle cl San-Marco, où Wukassowicb se fortifia dans une position formidable qui domine les deux rives de l’Adige. Une partie du corps de ce général se trouvait précisémcut postée vers Canzano, à l'embranchement du chemin par où devait arriver la division Yaubois. Comme Yaubois devait sc trouver le 4 A la hauteur de Serravalle, il fallait, pour qu’il prtt déboucher, s’emparer de Canzauo sur-le-cbauip. Le général Pigeon, chargé par Masséna de se rendre maître de ce village, culbuta l’ennemi après un assez rude combat, dans lequel il fit 200 prisonniers.
Augereau prit position le 4 sur les hauteurs qui longent la vallée d’Arsa, couvrant ainsi le flanc droit de Masséna-, celui-ci devait attaquer San-Marco dès que les têtes de colonne de Yaubois se montreraient. Les deux part s étaient en présence le 4, A la pointe du jour. Les défilés presque inexpugnables de San-Marco, sur l’Adige, étaient gardés par une division ennemie; une autre occupait le camp retranché de Mori. Le général Pigeon gagna les hauteurs à gauche de San- Marco, avec l’avant-garde de Masséna; la 18* légère, conduite par l’adjudant général Sornet-, attaqua les Autrichiens en tirailleurs, et la 18* de ligne, aux ordres du général Victor, formée en colonnes serrées par bataillons. perça l'ennemi par le grand chemin au moment où Yaubois assaillait le camp de Mori.
L'ennemi sc défendit pendant deux heures avec un incroyable acharnement ; l’avantage de sa position balançait son iufériorité numérique. Il commerça enfin à plier : Bonaparte ordonna au général Dubois de se mettre à la tête du t*r régiment de hussards et de pousser vivement les Impériaux. Dans celle charge brillaute, qui eut un succès complet. Dubois, dont un des aides de camp venait d’ètre tué, tomba lui-même mortellement frappé de trois balles. Bonaparte, qui parcourait alors le champ de bataille, arriva près de lui; ce brave général, se soulevant avec peine, s’adressa au général en chef, et lui serrant la main: a Je <■ meurs pour la Bépublique, dit-il; mais avant que «j’expire, faites que j'aie le temps de savoir si la vie- « luire est complète. » Son vœu fut exaucé : il ne succomba que deux heures après la retraite des Autrichiens sur Boveredo.
Yaubois n’avait pas été moins heureux que Masséna ; il avait forcé le camp de Mori et poursuivait alors opiniàlrément, sur la rive droite de l’Adige, les ennemis qu’il availeus A combattre.
Bataille de Boveredo. — Prise de Trente. — Il était une heure après midi, et l’ennemi se trouvait en déroule sur tous les points. Wuksssowich , qui s'était replié sur Roveredo, y fut presque aussitôt assailli par la brigade Victor, qui entra su pas de charge dans la grande rue. Les Impériaux furent encore contraints de reculer, laissant après eux un grand nombre de morts eide prisonniers. A peine cette retraite avait-elle commencé, que le général Hampon se ports, suivi de la 32* demi-brigade, entre l’Adige et Roveredo. YVukassowich, ainsi assailli, reçut l’ordre de rejoindre son général en chef Davidowich, dont le corps de bataille était posté â Calliano. Il n’en poursuivit pas moins sa retraite avec beaucoup d’ordre, profitant de toutes les difficultés du terrain et de chaque défilé pour tenir tête aux troupes républicaines. Quoique sa troupe se battit seule depuis trois jours, on n’était encore parvenu à lui enlever que trois pièces de canon et environ 1,000 prisonniers.
Masséna ayant rallié ses brigades, leur donna, en avant de Boveredo, resté au pouvoir des Français, quelques moments de repos dont Bonaparte profita pour reconnaître la position et les mouvements de l’ennemi.
Les soldats de Wuksssowich, harassés, venaient enfin d’opérer leur réunion avec les troupes de Davidowich qui, bien refusées, étaient en position pour défendre la gorge presque inexpugnable de Calliano. Cette position consiste en une hauteur resserrée entre l’Adige et des montagnes à pic qui forment un défilé d'environ quarante toises de largeur. Ce défilé est fermé par un village, un château élevé et une forte muraille qui , partant de la montagne, se termine A la rivière. Toute l’artillerie autrichienne était disposée de manière A battre le chemin, le seul qui conduise â Trente.
Le général en chef se convainquit en un instant qu’on ne pouvait enlever une aussi formidable position que par une attaque vive, impétueuse, et en profitant autant de la surprise de l’ennemi que des premières
impressions produites par l'arrivée des troupes fugitives de Wukassnwicb. Il n’y avait pas un moment A perdre; les dispositions d’altoque Furent faites à l'instant. Le général Dommartin eut ordre de Faire avancer huit pièces d'artillerie légère sur un plateau d’oû l’on pouvait battre la gorge en écharpe; Pigeon fut envoyé sur la droite avec quelques bataillons, et 300 tirailleurs ae portèrent sur les bords de l’Adige pqur commencer la fusillade; trois demi-brigades, protégées par ces dispositions, se formèrent en colonne serrée par bataillon, et pénétrèrent dans le défilé, lanne au bras. Ebranlés par le fru meurtrier de l’artillerie et par la hardiesse des tirailleurs qui, s’approchant de plus en ‘ plus, allaient les fusiller presque A bout portant, les Autrichiens ne résistèrent pas au choc des colonnes d’attaque. L'une tourna l ennetni en côtoyant l’Adigr, l'autre gravit des rochers presque inaccessibles. Pressé de front et en flanc, le général autrichien abandonna l'entrée de la gorge. Ce mouvement rétrograde répandit à l’instant la terreur sur toute la ligne, qui se rompit et s’enfuit en désordre vers Trente. L’infanterie, victorieuse, se mit au pas de course A la poursuite des Autrichiens; la cavalerie la précédait. A la tète de cinquante hussards, le capitaine Lemarrois, aide de camp de Ronaparte, s’élança vers la tête de toute la colonne ennemie, pour lui couper la retraite. Emporté par trop d’ardeur, il se fit d’abord jour à travers cette colonne; mais bientôt enveloppé luimême, il fut renversé, foulé aux pieds et couvert de blessures. Les braves qui l’accompagnaient furent également entourés et sabrés Le 1er régiment de hussards était accouru pour délivrer scs camarades; il parvint I repousser l'ennemi et à dégager le brave Lemarrois, couvert de sang et de poussière. Le colonel du 1rr régiment fut tué.
Le capitaine Bessières, de la compagnie des guides à cheval, avait suivi le mouvement de Lemarrois. Ayant aperçu deux pièces de canon et un obusier qui, fuyant au galop, allaient parvenir à s'échapper, il s’élança pour s’en emparer, suivi seulement, de quatre cavaliers, dont deux furent tués. Line lutte corps A corps s'engagea entre lui et l'officier qui commandait ces pièces; mais son cheval ayant été renversé par une profonde blessure, il sauta sur un des canons et y fit le coup de sabre avec les Autrichiens. Deux brigadiers des guides se précipitèrent pour le dégager. Os deux intrépides soldats sabrèrent les canonniers sur leurs pièces, mirent en fuite l'escorte, et remportèrent le double triomphe de sauver leur capitaine et de se rendre maîtres des trois pièces. Bessières fut fait chef d'escadron, eL les deux brigadiers maréchaux des logis. Ce fut en mémoire de ce irait de bravoure héroïque que Bonaparte attacha un obusier et deux pièces de canon A sa compagnie des guides.
La déroute avait été complète, et Davidowich put à peine rassembler la moitié de son corps d’armée sous les murs de Trente. Outre les tuéset les blessés, les Autrichiens perdirent, dans les journées du 3 et du 4 septembre, 8,000 prisonniers, vingt-cinq pièces de canon, cinquante causons, sept drapeaux, etc.
Vaubois passa l’Adige dans la nuit du A au 6 et se
réunit A Masséna qui, toujours poursuivant l'ennemi, entra le 5 dans Trente, A huit heures du matin, après un échange de quelques coups de canon avec l’arrièregarde autrichienne.
Organisation du gouvernement tyrolien Masséna prit position A Trente, et Vaubois, qui avait reçu l’ordre d’accélérer sa marche, y arriva également vers le milieu du jour. Les deux divisious campèrent en avant de celte ville. LA, Bonaparte apprit le mouvement de YVurmser sur Bassano; il prit A l'instaul la résolution de le poursuivre par les gorges de la Brenta, dont scs récents succès venaient de lui livrer les issues supérieures.
Suivant son usage, il s’était fait précéder dans le Tyrol d’un manifeste tendant A séparer les habitants de la cause impériale.— Il semblerait, d après sa proclamation, qu’un grand nombre de Tyroliens, plus attachés aux intérêts de leur pays qu’à ceux de l'Autriche, avaient sollicité, pour obtenir une paix plus prompte, la protectiou du général eu chef de l’armée d’Italie. Le Tyrol passait néanmoins pour être le plus dévoué des Etats héréditaires de la maison de Ilapsbourg. — - Bonaparte, avant de quitter Trente, y organisa un nouveau gouvernement A l'instar de ceux d’Italie: il transporta au Conseil aulique de Trente les droits de la souveraineté et décida que tous les actes sc feraient A l’avenir au nom de la République française, A laquelle ce conseil fut tenu de prêter serment.
Combat de Lavis. — Va route que Bonaparte allait suivre pour atteindre Wurmser, aurait pn être fortement inquiétée par Davidowich ; celui-ci , après la bataille de Roveredo, avait pris position derrière le Lavis. Le général français résolut de l*en chasser afin de le repousser loin des gorges du Tyrol. Les deux divisions françaises reprirent donc les armes. Bonaparte marcha lui-même A l’avaut-garde pour diriger celle nouvelle attaque. On arriva le soir A six heures en présence de l’ennemi.
La position de Davidowich derrière le torrent de Lavis, était vraiment formidable : on ne pouvait y arriver que par un pont dont le débouché était défendu par l’artillerie qui l’enfilait dans sa longueur et le croisait dans tous les sens. C'était comme au pont de Lodi; les soldats ne jugeant pas l'obstacle plus insurmontable, sc disposèrent A le franchir au pas de charge; mais les premières explosions de mitraille enlevant des files entières dans ccs rangs pressés, portèrent le désordre dans la première attaque, et l’avantgarde rétrograda.
L’arrivée de la tête de la division Vaubois permit A Bonaparte de faire une nouvelle tentative. Celte fois, les batteries ennemies furent impuissantes; de nouveaux soldats remplaçaient A l'instant ceux que la mitraille avait abattus. Dallcmagne, avec la 2ô* demibrigade, franchit le pont l’arme au bras, au pas de charge, et força le village de Lavis, couvert de retranchements; Murat, de soa côté, traversait le torrent A gué avec uu détachement du 10* chasseurs, portant de l'infanterie en croupe; l’adjudant général Leclerc, Avec
trois chasseurs, et le colonel des Allobroges Dessaix, avec douze carabiniers, passèrent le Lavis et, tournant l'ennemi , s'embusquèrent à une demi-lieue au-delà dans un chemin où il devait passer; mais Davidowiih s’était déjà enfui sur Salurn et Neumark; 100 hussards et 300 faniassins qui le suivaient donnèrent dans l’étroit défilé où sc trouvaient Leclerc et Dessaix, dont la résistance les arrêta. La nuit était obscure et leur cachait le nombre de leurs ennemis; ils mirent bas les armes devant ces dix-sept Français. Un étendard du régiment des hussards de Wurmser fut pris dans celle occasion
r Marche par la vallée de la B renia. — Combat de Primolano. — La division Augereau, qui avait rencontré d’insurmontables obstacles sur les hauteurs entre Lugo e \ Roverc, était redescendue dans la vallée de l’Adige, où elle avait reçu l’ordre de marcher sur Levieo, route de Trente A Bassano. Vaubnis fut laissé en observation sur le Lavis, pour mettre Vérone ainsi que la grande route de Mantoue A l’abri des tentatives de Laudon , et contenir les débris de l’aile droite de Wurmser. Cette aile aurait dù se rallier au corps principal dans la vallée de la Rrcnta . en laissant A Laudon, renforcé de 8.000 Tyroliens , le soin de couvrir l’Adige et la route de Brenner. Sa retraite excentrique sur Neumark était une faute d'autant plus grave, que
1 Le rérit de celle action remarquable et t ronronne au rapport idnw de Trente, le 20 fhnlMtor an iv, au Dtrevloirc exécutif, par le général eu ebrf de l'a- ruée dTialir Nchw rirvon* dire nfa— loin» qu'un extrait de la vie militaire du braie général Ik-uaix , ancien colonel if* Allabrof.n, qui immu a élé envoyé par un ami de re géué ral, rapporte d'un» manière différente cet acte d'auitarc et de bra votire. D'apréu nt extrait , non truie ment Dc-uix aurait «ut eu rbonneur de faire poarr les armes au détachement ennemi, mais encore il aurait délivré l'adjudant général Leclerc, fait prisonnier par lr* Autrirbirns. • Drvaix , dit U note qui nous a clé remise , traversa la ville de Trente pour «* porter «ir Laéis. I je pont , atiaqué et tWfrndti avec une égale Intrépidité, ne fut emporté qu'à ta uud. Le cofcmi I W* passa k* pi muer à U tête de ton corps et des grenadins de la Ci" de lignr , qui rivalisèrent de gloire. Sou frftv allié. lM'S»aix, capitaine de earatmuers ; aujourd'hui avocat i, y ft;l griévnm nt bb ssé. Dessaix aorl de lavis et m? dirigr vers l'.\dige; pértmu h qurknir dislauce du fleuve, il vruf s’assu'tr si un bac j été délnut par IYnnrrni; h s'avance avec l'adjudant-major ft veyte et dérounele bac attaché sur flltlrp rive; ils n’éiaieul accompagnés que «te tupi ou huit ehaMrura qu'dit avaient laissés en arrièrr sur un |M>lii tertre. En revenant sur leurs tas ils apperçoueut quelque* hularis venant de* eoviruus de Saint Michet, et qui lichent quelques coups ricrarahinr; eu mémr temps, du côté de l-avu, ils entende ut les pas des rbrvaut : Lrssaix est davis de les attendre; lm-ntôt il reconnaît des hussards, et croyant avoir affaire i des français, il adrraæ la parole A leur commandant. Ijk nuit riait obscure et il était difficik' de ne pas s‘y tromper. Sa surprise fut exliéme quand le eber lui dit eu atlcmaml : •Rendez vous, vous êtes mon prisonnier: il ne uni* M’ra fait aiieun mal. • le eokMtrl t Arhc alors de gagner la ptiileélévatio i oit sont placés 1rs sept rhas-eurs tic son corps; faisant Ioujuiiiy face, il pare les coups qui lui sont porté* ; le brave capitaine Dcveyle en Tait au tant ; mais il ii'élait armé que d'ur.c é;iéc qui. an p- miter choc, vola en éclats : il irçut quai ce coup* de sabre et mourut peu tle jours «prés. Isetsaix ayant tvjuint ses chasseurs leur ordonne itr faire ti-ti sur les Autrirhicns, cl rcignanl d'avoir beaucoup de monde ilcommantle: .Premier bataillon en avant.* Un ebassnirs rreliaigent leurs armes et recommencent leur frit; quelques hussard» sont tués ou blessés, le reste, sommé tic se rendre, met pied ï terre. 200 Ait tnrbirns du régiment de Wurmarr furent faits prisonniers , il t'ad judanf général Lerlerc 'beau-frère du général Buiuqiarir / qu'ils avaient pria, fut délivré- No* troupes, attirées par le bruit, arrivèrent et conduisirent dans lavis les hussards qui étaient tombés au pouvoir de Dessaix. ■
sa jonction avec Wurmser eût porté à 62.000 hommes l’armée du général en chef, qui n’avait à lutter que contre le* divisions Augereau et Masséoa, fortes tout au plus de 20.000.
Wurmser agit sans doute conformément à ses instructions, qui lui prescrivaient de marcher sur Mantoue par la Brenta, afin d'empêcher que le théâtre de la guerre ne fût transporté de l’Italie sur le Danube; mais en jugeant sa conduite d'après les règles de la stratégie, on voit qu’il ne se montra guère plus sage que son lieutenant. Son avant-garde, sous Mczaros, s’était portée le 6 septembre jusqu’à Saiul-Ülmo , au-delà de Vicence, poussant des postes jusqu’à Muutebello, tandis que lui -même, avec le corps de bataille, était encore A Bassano. La marche sur Mantoue, déjà hasardeuse par elle-même, le devenait encore plus depuis l’échec de Davidowich; elle n’eût offert d'apparence probable de succès qu’aulant que l’armée entière et non pas seulement deux divisions y eussent été employées.
Bonaparte, se rabattant sur Bassano par les gorges de la Brenta, dirigea le 6 la division Augereau de Levieo sur Rorgo-di-Val-Sugana et Ospetalclto ; Masséna suivit, de Trente, la même direction. Un corps de Croates, sous les ordres du colonel Cavasini , couvrait la vallée de la Brenta au pas de Primolano; sa gauche appuyait à la Brenta, et sa droite à des montagnes à pic. Ce corps, destiné à lier les communications entre les deux ailes de l’année impériale , fut rencontré le 7 au matin par l'avant-garde d’Augereau. commandée par le général de brigade Lantise. Celui-ci fil sur-lechamp ses dispositions d’attaque : la 5e légère s'avança en tirailleurs sur les flancs des Croates, que la 4e de ligne assaillit de front en colonne serrée, s us la protection de l’artillerie légère. Le village fut aussitôt emporté.
Combat de Covolo. — Le colonel Cavasini, forcé à Primolano, rallia ses soldats dan* le petit fort de Covolo, qui commande le chemin par où il fallait passer. La 5e légère se porta sur la gauche du fort , où elle engagea une vive fus llade; pendant ce temps, quelques compagnies de la 4e passèrent la Brenta pour gagner les hauteurs de droite, sur les derrières de l'ennemi. Après une résistance opiniâtre, les Croates, craignant d’être coupés, songèrent A effectuer leur retraite; mais le 5e régiment de dragons. A qui Bonaparte avait fait rendre les fusils, sc mit A leur poursuite, soutenu par un~ détachement des chasseurs du 10* régiment, et gagna la tète de la colonne ennemie qui, prise en queue par riufanterie, fut obligée de mettre bas 1rs armes.
!>e résultat de ces deux premier» combats contre Wurmser fut, pour les Français, 4,000 prisonniers, dix pièces de canon , quinze caissons et trois drapraux. La chute du jour et l’extrême fatigue des troupes décidèrent Bonaparte A passer la nuit à Cismone.
Infructueuse attaque de Vérone \iar les .tulrichiens L’artivité de l’armée d’Italie, qui venait de faire vingt lieues en deux jours, A travers 1rs montagnes les plus difficiles , déconcerta totalement Wurmser. H avait présumé, dit-on, que Bonaparte sc por-
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ferait sur lnspruek; mais, dans cette hypothèse, on ne conçoit pas pourquoi il resta à Bassano au lieu de suivre, sur Mantoue, le mouvement de Mezaros. Celui-ci avait attaqué Vérone sans succès. Son mouvement offensif était prévu; une demi-lune avait été construite en avant de la porte de Vicence, et l’enceinte garnie d’une forte artillerie. Dans les premiers jours de septembre Bonaparte avait envoyé à Kilmaine, chargé d’observer l’Adige, une instruction très détaillée, curieuse surtout en ce qu'elle prévoyait exactement ce qui arriva. Kilmaine, menacé, appela à lui la garnison deLegnago, qu’il remplaça par uu détachement tiré des troupes de siège de Mantoue. Mezaros, au lieu des renforts et de l’équipage de pont qu’il demanda à Wurmser, reçut l’ordre de revenir en toute bâte sur Bassano. Malgré sa diligence, il n’arriva qu'à Vicence, où il trouva VVurmser qu’une nouvelle défaite venait d'atteindre.
Bataille de Bassano. — Bonaparte était arrivé le 8 septembre, et dès les deux heures du matin, devant Bassano. Wurmser, surpris dans cette position, résolut néanmoins de recevoir la bataille qu'il aurait pu éviter en rétrogradant dans la direction où se trouvait son avant-garde. SeboltendorfetQuasdanowicb furent postés sur un rideau en avant de Bassano, parallèlement à la Brcnla, et â deux mille pas de cette rivière; le quartier général, avec quelques troupes d'élite, resta dans Bassano. Las pontons et l'artillerie étaient en arrière sur la route de Ciladella. Les postes HeCampo- Lungo, sur la droite, et de Solagna, sur la rive gauche de la Breuta, furent occupés chacun par trois bataillons.
L’armée française, en débouchant des gorges près de Solagna, rencontra les bataillons d’avant garde qui y avaient été postés. Augereau se porta aussitôt avec sa division sur la rive gauche de la Brrnta, détaillant sur la rive droite la 4e demi-brigade, qui fut suivie par la divis on Masséna 11 était à peine sept heures du malin quand le combat commença par une vive fusillade de tirailleurs que soutint presque aussitôt l’artillerie légère en batterie sur les deux rives. Les Impériaux forts de leur pos lion , et encouragés par les exhortations de leurs chefs, soutinrent quelque temps le choc des Français avec beaucoup de résolution. Ils furent enfin culbutés par une charge vigoureuse de la 5e légère et de la 4* de ligne, et le désordre devint général en quelques instants. Murat lança sur eux quelques détachements de cavalerie qui les poursuivirent l’épée aux reins. Une partie s'enfuit dans la directon du camp de Quasdanowich. l'autre du côté de Bassano: leur arrivée répandit l’épouvante sur ces deux points. Par suite d’un malentendu , les pontons et la réserve d’artillerie, qui auraient dù suivre la route de Ciladella, rentrèrent en cc moment dans Bassano, ce qui porta la confusion au comble. Les Français y arrivaient de l’sulre côté. Augereau entra dans la ville au pas de charge et par la gauche, pendant que Masséna y pénétrait par la droite suivi de sa division et de la 4* demi-brigade , dont une partie à la course et une partie en colonnes serrées. Les soldats républicains se précipitèrent sur les pièces qui
défendaient le pont de la Brenla et les enlevèrent malgré la résistance des artilleurs autrichiens qui se firent bravement tuer sur leurs canons. Le pont fut franchi et les soldats de Masséna entrèrent de vive force dans la ville, où ils curent encore à vaincre la résistance désespérée de la réserve de grenadiers, élite de l’armée autrichienne, chargée de protéger la retraite du quartier général. Le dévouement héroïque de ces braves permit seul à Wurmser de sortir de Bassano; vivement poursuivi par un détachement des guides du général Bonaparte, il fut même sur le point d’élre pris dans une charge avec le trésor de l'armée impériale.
Wurmser gagna Fonteniva, où il passa la Brenta. üuasdanowich, débordé par sa gauche et ne pouvant se i replier sur Vicence, fui contraint de se jeter dans le Frioul. De toute son armée, le maréchal ne put rallier dans sa déroute que 10.000 fantassius, tout-à-fait découragés, et C.000 cavaliers, moins démoralisés parce qu’ils n'avaient pas eu à combattre. Cinq drapeaux, trente-cinq pièces de canon attelées, autant de caissons, deux équipages de pont de trente-deux bateaux , également attelés, et plus de deux cents fourgons avec une partie des bagages de l’armée ennemie, restèrent entre les mains des vainqueurs.
Retraite de /Wurmser sur iVantoue. — Décidé à se jeter dans Mantoue , où il aurait pu arriver comme libérateur, s’il n’eût pas si mal à propos ralenti sa marche , Wurmser, avec le» débris de son armée, se dirigeait alors en fugitif vers cette place. Défait poursuivi par Masséna, qui marchait directement sur Vicence, et par Augereau, qui étaitdéjà arrivé à Padoue; sa position était cri tique, il se voyait acculé sur l’Adige, sans pont et sans équipage de pont. Heureusement pour lui, trois de ses escadrons s’emparèrent du bac d’Albaredo, et, parvenus sur la rive droite, coupèrent les communications de Legnago avec Mantoue. Les Autrichiens, pour se faire appuyer dans leur retraite par les gens du pays, se présentaient, non comme fugitifs, mais comme vainqueurs , et répandaient les bruits les plus alarmants et les plus absurdes. « Napoléon, disaient-ils. a été anéanti avec son armée dans les gorges de la Brenla , le maréchal Wurmser arrive victorieux A Mantoue, etc. » Un chef de bataillon d’infanterie légère, qui gardait Legnago avec 500 hommes, perdit la tête à «es nouvelles mensongères , et crut faire un cou,i de maître en évacuant la place et en rejoignant Sahuguet sur Mantoue, avec son bataillon sain et sauf. Les trois escadrons ennemis s’emparèrent aussitôt de Legnago et du pont qui était resté intact. Cet événement sauva Wurmser de sa position presque désesjiérée. Il n’avait plus à craindre d'être enveloppé et contraint de poser les armes. Il gagna Legnago eu toute bâtrel y passa la rivière; mais néanmoins, oubliant dans cette circonstance dangereuse l’activité bien connue de son adversaire, il crut pnuvoir accorder un peu de repos à scs troupes, et perdit un jour à Leguago.
Combat de Cerea. — Dans le même temps, le 10 septembre au soir, Bonaparte arrivait en effet à Arcole vis-â-visde Ronco. Quoiqu’il ne se trouvât pour
passer l'Adigr qu’on bac et de faibles barques, Massêna eut ordre de traverser la rivièie sur-le-champ, et de se diriger sur Sanguinelto. Augereau. pendant ce temps, s’avançait de Padoursur legnago, en s’éelairant à gauche avec soin, de peur que l’ennemi ne se sauv.1l par Caslel-Baldo.dans la direction de Venise et de Trieste.— Ainsi Wurmser séjournait paisiblement .1 Legnago, ne se doutant pas que Ip corps d’armée qui Favait battu A Trente et a Batsano, les 5 et 8 septembre, aVtalt dr’jl mis en mesure de lui couper la retraite sur Mantoue; néanmoins un incident foriu.t le sauva. Deux chemins conduisent de Ronco A Sanguinetto. l’un direct à travers la plaine, et l’autre passant A gauche le long de l’Adige, pour rejoindre la mute de Legnago A Mantoue. Afin d’arriver à Sanguinetlo avant Fennenil, il aurait fallu prendre le premier; le guide de Masséna, soit par erreur, soit par trahison, choisit le Second. Murat arriva A Orra avec quelques centaines de chasseurs; il y rencontra la tête des divisions de Wurmser, et culbuta plusieurs escadrons. Pigeon, sentant sa cavalerie engagée, se précipita au pas de course pour la soutenir, avec son infanterie légère. Il traversa le village et s’empara du pont ou l’ennemi devait passer. C’en était fait de Wurmser si la division Masséna n’eût été trop éloignée. L’avant-garde autrichienne , commandée par Oit, trouvant dans sa Situation désespérée une énergie qui ne lui était pas habituelle, encouragée d'ailleurs par la colonne qui la suivait, se précipita sur l’avant-garde française cl reprit le pont et le village de Cerea.
Bonaparte, n’étaut plus en mesure d’arrêter les Autrichiens A Sanguinetlo, rallia l'avant-garde qu’il ramena A moitié chemin de Ronco A Cerea. O fut au courage du 8r bataillon de grenadiers, et au sangfroid de Victor que Pigeon et Mural durent leur salut dans cette rencontre.
Combat de l'ilia - Impenta . — Entrée de fl'tirmser à Mantoue . — Wurmser, en quittant Cerea, gagna les bords de la Moiinella, où kilmnine et Sahuguet étaient en position, et dont Bonaparte avait précédemment donné l'ordre de eou|«r tous les ponts.
Masséna sc remit eu marche dès le matin du 12 pour harceler les impériaux dès qu’ils seraient aux prises avec les troupes de blocus de Mantoue; mais iis filèrent si rapidement sur Mantoue, dans la nuit du 11 au 12, qu'ils entrèrent de grand matin A Nogara ; là, Wurmser, instruit de la destruction des pools de la Moiinella, et de la position de S ihugurt A Casictlaro, ne crut pas devoir essaxer de forcer ce poste, dans la craiute de se compromettre par le moindre retard avec les troupes qui le poursuivaient. Ma s ayant appris qu’on avait négligé de couper le pont de Villa- Impeula , il se d rigea sur ce point avec ses principales forces, laissant Oit pour faire une démonstration sur Casteliaro afin de donner le change A Sahuguet. Oit devait ensuite former l'arrière -garde, et venir effectuer son passage A Yilia-lmpenta.
Le p») s entre Legnago et Mmtoue es! roupé de J prairies ma récagrus> s, de canaux et de |ielites rivières dont les principales sont le Tartaro, le Thione et la j
Moiinella, affluents du Pû. En faisant couper tous les ponts, Bonaparte avait cru retarder assrz la marche de l’ennemi pour arriver sur ses derrières pendant que Sahuguet l’attaquerait de front sous Mantoue.
Sahuguet, informé de la marche de Wurmser sur Villa-lmpenta, ne sut pas s’y opposer et réparer sa faute. Au lieu de se porter en forces de ce côté, il sc borna à détacher quelques centaines d'hommes pour retarder et harceler la marc he des Autrichiens. Ce détachement, de 300 chasseurs de la 12* légère, fut compromis sans utilité contre des forces infiniment supérieures. Il disputa néanmoins le passage avec beaucoup d'acharnement; mais enfin, enveloppé par un régiment de cuirassiers, il aima mieux le chargtr à la baïonnette que de se retirer dans des fossés d’où il eût pu tirailler sur l'ennemi avec beaucoup d avantages. Presque tous ces braves, et le général Charion qui les commandait , furent sabrés après une résistance béroï |ue. Wurmser entra le lendemain, 13 septembre, dans Mantoue.
Li perte de Wurmser et de l’armée autrichienne devait être le résultat forcé des ingénieuses combinaisons de Bonaparte. Les trois incidents imprévus auxquels le vieux ma ré. bal dut seuls son salut (l'abandon de Legr.ago, l'erreur d’un guide et la négligence de Sabuguet ) , étaient en debors de toute prévision. — Du 4 au 13 septembre, la perte des Autrichiens fut de 30,000 hommes tués, blessés ou prisionniers.
Reprise de Legnago. - L’investissement de Legnago, qu'Augereau bloquait depuis le 11 sur la rive gauche de l’Adige, avait été complété le lendemain par la brigade Victor, qui se posta sur la rive droite. — La garnison autrichienne laissée par Wurmser se rendit le 12, après quelques pourparlers et sans tenter la moindre résistance. Elle sortit néanmoins avec les honneurs de la guerre, et fut envoyée prisonnière en France. On trouva dans la place trente-deux pièces de campagne avec leurs caissons et leurs attelages , ainsi que 500 hommes faits prisonniers à l’affaire de Cerea. _____ ___
Combat delà Favorite.— Les renforts que Wurmser venait d’introduire dans Mantoue permettaient à la garn son de tenir la campagne pour se procurer des subsistances et surtout des fourrages, dont le besoin se faisait vivement sentir. Mais il importait à l’armée française de la rejeter derrière ses murs, autant pour hAter l’épuisement des vivres et des provisions dont la place était fournie, que pour empêcher toute communication qui aurait pu seconder les efforts quel’ Autriche allait sans doute faire pour délivrer Wurmser. Mantoue offre par sa position tant de difficultés à une armée qui veut en déboucher, qu’on peut la bloquer avec des forces inférieures à la garnison. Il s’agissait de refouler celle-ci dans le corps de la place ; Bonaparte appela A lui toutes les fortes dont il pouvait disposer. Augercau reçut l’ordre de se porter le 13 de Legnago sur Mantoue, de s’emparer du Seraglio. d’y ramasser les parts ennemis poussés dans cette direction, et d'arrêter Wurmser s’il sc dirigeait sur ce point ; il devait ensuite sc rabattre sur le faubourg Sainl-Georgca.
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Masséna dut marcher sur Caste llaro , et Sa bu Rue l sur la Favorite. Le* Impériaux avaient pri* le* mesures nécessaires pour s'opposer à ce dernier mouvement. Sahuguet, par une charge impétueuse, culbuta d'abord l’ennemi et lui enleva trois pièces de canon; mais la gauche des Autrichiens ayant été renforcée, il se vil contraint de reculer à son tour et d’abandonner l’artillerie dont il s’clait emparé.
Surprise et contint! de Due-Castelli . — Wurmser avait fait camper hors de Mantoue et dans la direction de Due-Castelli , treize bataillons et vingt-quatre escadrons. La cavalerie autrichienne, fière de sa supériorité numérique et de sa belle tenue, se répandait au loin dans la campagne ; le léger succès obtenu A la Favorite avait rendu la confiance aux troupes autrichiennes, qui négligeaient de se garder. M asséna ayant quitté Castellaro dans la nuit du 13 au M , cl sYtanl avancé sur Due-Castelli, résolut de leur donner une leçon qui mit un terme A leur excursion. — Le camp autrichien fut surpris le 14 au matin. L’infaulerie faisait la soupe et n’eut pas le temps de courir aux armes. La cavalerie était au fourrage A Mantoue, et rien ne semblait pouvoir s’opposer au succès le plus complet;, mais l’avant-garde française ne fut pas soutenue A temps, ou elle ne sut pas profiter du désordre et de l’épouvante qu’elle avait d'abord répandue au camp. Quelques officiers aulrirhiens eurent la présence d’esprit de rassembler à la hâte quel jues bataillons et l’arrêtèrent. Oit, dans le même momcul, sortait de Mantoue avec les cavaliers autrichiens. Ceux-ci jetèrent aussitôt leurs trousses de fourrage, et se précipitèrent sur la 6e demi-brigade qui fut obligée de se replier sur l’avant-garde. Les deux troupes réunies abandonnèrent bientôt le cainp autrichien. La brave 32e se forma en carré pour favoriser la retraite, et kilinaine amena au secours de Maiséna le 20e régiment de dragons, qui empêcha les Autrichiens de pousser loin leur poursuite.
Bonaparte désirait engager l’ennemi à une affaire Sérieuse hors de la place; le résultat des deux tentatives dont nons venons de paner n’était pas défavorable A l’exécution de son plan , car il inspirait une imprudente présomption au général autrichien cl A ses soldats.
Bataille de Saint -Georges. — Wurmser, enhardi par ces deux premiers succès, fit sortir, le 15 A la pointe du jour, la plus grande partie de la garnison pour la réunir aux troupes du dehors, et entreprendre un fourrage général. Les Autrichiens occupèrent la Favorite et Saint-Georges, appuyant leur droite A la route de Legnago, vers Me tel In, et leur gauche vers San-Antonio , sur la route qui va de Mantoue A Yiccnce. Le front de cette ligne, très étendue, était couvert par une nombreuse cavalerie. Bonaparte avait fait prendre aux Français les positions suivantes : leur droite A cheval sur la roule qui va de la citadelle A Roverbclla, se composait du corps de blocus formé de trois demibrigades et de six escadrons; le corps aux ordres de Sabuguet devait, tout en faisant face aux troupes de la garnison qui s’appuyaient A la citadelle, attaquer le
faubourg de la Favorite; la gauche, consistant aussi en trois demi-brigades et six escadrons formant la division Augercau , placée sous le commandement provisoire du gcuéral Bon, avait ordre de marcher sur haint-Gcorges en longeant par Formigosa la gauche du Mincio . pour tourner la droite de l'ennemi ; elle devait aussi laisser un poste A Gnvcrnolo; le centre, ft la h tuteur de Due-Castelli , se composait de la div*sion Masséna, consistant en six faibles demi-brigade* et quelques escadrons; il était tellement masqué par les avant-postes, que Wurmser ne croyait avoir affaire qu'A la division Sahuguet.
La division Augcreau, après avoir repoussé quelques détachements dans sa marche de Governolo sur Saint- Georges, attaqua, un peu après midi, les Autrichiens vers Caslellello. Wurmser, instruit de ce mouvement sur sa droite . s’imagina que le principal corps des Français débouchait par.Goveruolo,et que les démonstrations de Sabuguet sur sa gauche n 'étaient qu 'accessoires. Il dirigea conséquemment son aile droite sur Tenca, où rengagement devint plus vif , et où la supériorité numérique des Impériaux leur valut d abord quelques avantages qui furent de courte durée. Le général Lasalcettc sc portait, dans le même moment , entre la citadelle cl la Favorite, et Pigeon ayant passé par Villanova, tournait une plaine où la cavalerie ennemie pouvait manœuvrer, cherchant ainsi à couper la communication de la Favorite A Saint-Georges.
Wurmser, que ces mouvements inquiétaient, fit renforcer scs drux ailes en dégarnissant son centre. Bonaparte, l’œil fixé sur la ligue ennemie, attendait impatiemment celte manœuvre qu'il avait préparée. Dès qu'il vit les troupes du centre commencer leur mouvement,il fit brusquement donner la division Masséna. Victor, avec la 18e demi -brigade de bataille, en colonne serrée par bataillon, et A hauteur de division, marcha droit aux Autrichiens sur le faubourg Saint- Georges; la 32e, couduite par le brave Hampon et soutenue par deux régiments de cavalerie, aux ordres de kilinaine, marcha par la droite pour acculer l’ennemi du côté où sc trouvait Pigcou; le reste de la division soutint ces deux attaques, et l’affaire devint générale sur toute la ligne. Le 8e bataillon de grenadiers, placé A l'avant-garde, conduit par Leclerc et Marmont, fit des prodiges de valeur.
Lorsque la canonnade de Saint-Georges fut entendu* de la droite des Autrichiens, vivement engagée A Tenet, cette ade craignit d’èlre coupée par la prise du faubourg, cl se relira en désordre; Bon reprit aussitôt l’offensive et la poursuivit vivement. Le faubourg Sa int- Georgcs venait d'être enlevé par la brigade Victor. La droite des Autr. chiens se rejeta sur la citadelle. Sahuguel n’avait pas même encore attaqué la Favorite qu’il était chargé d’emporter. Il ne fut pas en mesure de s’opposer A la retraite de l’ennemi, dont tout l’effort tomba inopinément sur la droite de la division du centre. La 32* vint au secours de Mjsséna, et déploya dans ce cas son intrépidité ordinaire. File ne put néanmoins que repousser les Autrichiens, soutenus par leur cavalerie et le feu de leurs remparts. Le général en chef envoya sur ce point plusieurs escadrons , mais ils
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n’arrivèrent que lorsque les dernières troupes de Wurmser rentraient dans la ville.
La prise du faubourg Saint-Georges, donna lieu à un fait d'armes remarquable. L'n bataillon de la 18e de ligne, chargé par deux escadrons autrichiens, soutint le eboc avec tant de résolution qu’il arrêta d’abord la cavalerie ennemie; puis, l’attaquant à son tour avec une extrême vigueur, il fil mettre bas les armes à tous ceux qui ne furent pas tués ou blessés.
Les Français firent 2,000 prisonniers ; ils prirent vingt-cinq pièces de canon avec leurs caissons tout attelés. L'ennemi eut environ 2,500 hommes tués ou blessés. La perte de l’armée d’Italie fut aussi assez considérable, elle eut quatre généraux blessés : Victor, Saint-Hilaire, Berlin et Méyer. Mais un grand résultat étau obtenu, Wurmser avait été refoulé dans Mantoue, et se trouvait bloqué daos celte ville qu'il avait I voulu dtlivrer. «