‹ France MilitaireChapitre 38 sur 62 · FIN DE LA GUERRE DE LA VENDÉE. — INSURRECTION DU BER RI · texte numérisé non relu

FIN DE LA GUERRE DE LA VENDÉE. — INSURRECTION DU BER RI

SOUMJUtt.

État de la Vendée aprta la pacification de la Jaunaie.— Cbarette rtoonunrace If» hostilité».— Prôe du camp des EturH.— Attaque de Farinée du centre par Ici Républicains.— .Secours envoyé» par les Anglais. - Expédition de rile-Dtra. - Découragement des Vendéens.— .Système de fwiftraijon adopté par Hoche. -Reprise d'armes de Stofflet.— Arrestation et mort de Stoftlet. -Détresse de Cbarette.— don arnsiation.— Mort de Cbarette. -Km de la guerre de la Vendée.— Insurrection du Derri.— Prise de Sancerre.— Couibat de Seus-Bcaujcu.— Combats de Palluau —Fin de l’insurrcctiou.

Généraux républicains. — Hoout.— Camüel.

État de la fondée après ta pacification de la Jaunaie. — Les actes de pacification de la Jaunaie et de la MabHais, qui semblaient n’avoir été pour quelques-uns des chefs royalistes qu’une honteuse affaire d’argent , furent loin de rendre à la Vendée, même un calme momentané. Cbarette était resté le maître de l’intérieur de la Basse-Vendée, sous prétexte que seul il pouvait graduellement amener les royalistes à reconnaître les lois de la République. Les commissaires, comptant sur sa loyauté, l’avaient laissé libre d’agir comme il l'entendrait pour le bien général. Mais l’esprit de parti égare les caractères les plus élevés; Cbarette profitait de cette condescendance pour renforcer son armée et pour la préparer sous main a une prochaine reprise d’armes. Il entretenait une correspondance active avec une agence royale établie à Paris; Louis XVIII, alors régent au nom de son neveu, lui écrivait de Vérone des lettres flatteuses; les Royalistes accouraient à lui de tous les points de la France et briguaient l'bonneur de servir sous ses ordres. Son orgucuil s’exalta, et il se crut appelé a jouer réellement le rôle que lui prédisaient les flatteurs, celui de second fondateur de la monarchie. Il ne put cependant, daus le conseil des princes, l’emporter sur Puisayc, qui obtenait alors â Londres la direction des troupes émigré* s envoyées a Ouiberon. Informé de cet armement d’une manière incomplète, Cbarette crut que ce débarquement se ferait aux Sables- d’Olonne, et se hata d'annoncer a Louis XVIII qu’il était prêt à rompre la trêve; il la rompit effectivement par un manifeste daté du 26 juin , jour même ofi la flotte qu’il attendait aux .Sables venait de mouiller dans la baie de Ouiberon. Ce débarquement en Bretagne le mortifia beaucoup; il refusa de coopérer par aucune diversion au succès de l’entreprise de Puisaye; mais bientôt une lettre du Régent, devenu Roi, lui conférant le titre de général en chef, et lui promettant de le rejoindre bientôt, le détermina , le 23 juillet, à se prononcer positivement.

Charette recommence les hostilités. — Décidé à recommencer les hostilités, il donna ordre à ses chefs de division de réunir leurs soldats.

Le général vendéen ne manquait pas de prétextes pour justifier, aux yeux de ses compagnons d’armes, sa nouvelle levée de boucliers : la mort de Louis XVII dans la prison du temple; le maintien, contrairement aux traités, de troupes républicaines sur le territoire vendéen, etc., etc. Néanmoins un morne silence accueillit les exhortations par lesquelles il tenta de ranimer leur esprit belliqueux ; l'étonnement , ou plutôt

rhmf. Tnvimlimlm* ( C* ARETT*. — STOfTUX.

1) cher‘ roxaUifi. ] p,lur<ul.

la consternation, se peignait sur les visages. On sentait le besoin impérieux de la paix pour réparer les désastres passés. L’enthousiasme brûlant du général ne parut pas communicatif. Mais Charette ne se découragea point, et joignit aux exhortations l’ordre impérieux de le suivre au combat pour la cause sacrée qui leur avait déjà tant coûté de sang. Tel était son ascendant sur ces hommes, braves, simples et dévoués, qu’il obtint en quelque sorte par son énergie ce qu’on eût refusé à ses prières. On se décida passivement A obéir.

On prêta le serment de fidélité A Louis XVIII. Une proclamation fut adressée aux Français des autres provinces, qui probablement n’eu curent aucune connaissance. Charette parvint A rassembler 12,000 fantassins et 200 chevaux. De grands résultats ne pouvaient être obtenus avec d’aussi faibles moyens, surtout au moment où il prenait les armes, c’est-A-dire deux jours après le désastre de Quibcron, qu’il ignorait encore A la vérité.

Prise du camp des Essarts. — Les Républicains, A l’époque où Charette relevait ainsi l'étendard de la guerre civile, avaient un camp aux Essarta, position importante qui coupait les communications du général vendéen avec l’année du centre , commandée par Scépeaux et Sapinaud. Ce fut le lieu où il résolut de porter ses premiers coups, autant pour se débarrasser d’un dangereux voisinage que parce qu’il savait combien un premier succès est décisif au début d’une campagne.

A la faveur d’une nuit profonde il s’avança avec l’élite de ses troupes â une demi-lieue du camp. Il eût pu l’attaquer brusquement , mais pour garder les apparences et afin de sembler n’agir qu’en vertu de ses droits, il envoya dix cavaliers sommer le commandant d’évacuer une partie du camp des Essarts, qui se trouva^ sur le territoire accordé aux Vendéens par le traité delà Jaunaie. Cette demande fut refusée. Cbarette fil alors avancer le gros de sa troupe en lui ordonnant d’essuyer le feu des ennemis sans riposter, et de s’élancer ensuite sur le camp à la baïonnette. Cette manœuvre, qu’il dirigea lui-même, s’exécuta rapidement. Comme il l’avait prévu, on accueillit son approche par une vive fusillade; mais le camp, cerné de toutes parts, fut bientôt emporté. 300 prisonniers restèrent au pouvoir des Vendéens.

Cependant Stofflet, malgré les injonctions du marquis de Rivière, envoyé de Louis XVIII, refusait avec opiniAtreté de seconder Charette. Celte désunion ne pouvait qu’être fatale dans uu moment où le plus grand

• A H I Viril K a.)VVHJ

Diqitized by Goo^kj

"JMIVinilV J.ï V \ H.4

accord eût été sans doute même insuffisant pour balancer la fortune des Républicains.

A Uaque île l'armée du centre par les Républicains. — Les divisions du Poitou et de l’Anjou, dites armée du centre, se montrèrent plus que Slofftet disposées à suivre les instructions du prince au nom duquel elles avaient arboré la bannière de l'insurrection ; elles se trouvaient alors retranchées dans les communes de Clément, de Recon, de Laplace et de Leroux- Reconnais.

Un poste républicain commandé par le chef de bataillon Lebley stationnait aux environs. Cet officier, instruit du peu de soin avec lequel les Vendéens se gardaient , résolut de les attaquer, et prit si bien ses précautions qu’il arriva, sans être découvert, jusqu’au camp de Laplace. 1) le fit aussitôt attaquer à la baïonnette. Les cris des premiers postes assaillis et égorgés jetèrent la terreur parmi les insurgés, qui s’enfuirent en désordre au camp de Recon. Scépeaux , qui commandait à Becon , donna aussitôt l'ordre â ses soldats de se replier sur Leroux, où les Vendéens se mirent en bataille sur les hauteurs des landes Margeurs, revenus de leur surprise et attendant de pied ferme les Républicains.

Cependant le commandant Lebley, non encore satisfait des deux succès qu'il venait d'obtenir, voulut profiter de l’ardeur de sa troupe pour en obtenir un troisième , sans considérer 1rs nouveaux obstacles qui allaient lui être opposés. Il fut accueilli dans une position tout-à-fait désavantageuse par un feu roulant d'artillerie qui ouvrit dans ses rangs de larges trouées. En vain les Républicains firent d’incroyables efforts pour aborder les Royalistes; ils furent repoussés à chaque charge par la mousqueterie et l'artillerie, et obligé» enfin à battre en retraite; les Royalistes s'élancèrent après eux et les poursuivirent l'épée dans les reins jusqu’aux portes d'Angers, où ils rentrèrent après avoir perdu plus de la moitié de leur monde.

1rs choses étaient dans cet état quand la nouvelle du désastre de Quiberon arriva en Vendée, et porta un coup mortel au moral, déjà si profondément abattu, des Royalistes. Cbarette, dans le transport d’indignation qu’excita en lui l'exécution des Émigrés pris à Quiberon, fil fusiller à'Belkville les 300 prisonniers républicains faits au camp des Essarts.

Secours envoyés par les Anglais. — Le ministère britannique n’avait pas été déconcerté par la fatale issue de l’expédition confiée à Puisaye ; il persistait dans la pensée d'entretenir en France la guerre civile.

Le débarquement de munitions et d’armes promises aux Royalistes pour remplacer celles perdues à Quiberon devait avoir lieu le 12 août à Sion , près de Saint- Gilles, petit port entre les Sables-d’OIonne et Noirmoalier*. Charctte, qui attendait ce secours, se porta avec Sapinaud et 15,000 hommes sur la côte où l’escadre anglaise venait de jeter l’ancre. Trente chaloupes mirent à terre les objets envoyés aux Vendéens.

Le commandant de la division des Sables, le général de brigade Descloseaux, aurait aisément pu, eu faisant

les dispositions convenables, empêcher le débarquement ou se rendre maître des objets débarqués; mais cet officier, peu actif et incapable de prendre une décision, se borna à rester sur la défensive, et Charctte eut le temps de faire conduire à Belleville plu» de soixaute charrettes remplies d’armes et de munitions de guerre. Quelques canons de 8 et de 12, et trente barils de poudre faisaient aussi partie du convoi. L’envoyé du comte d’Artois, qui avait accompagné ce convoi jusqu’à Belleville, quartier général deCbarellej se rendit ensuite auprès de Stofflet, qu’il trouva d’autant moins disposé à reprendre les armes, que sa jalousie et sa haine contre Charctte venaient d’être portées au plus haut degré par la récompense nouvelle accordée à ce defnier, nommé par Louis XYttl lieutenant général et cordon rouge.

Expédition de V Ile-Dieu. — Découragement des Vendéens. — La flotte qui avait débarqué le convoi reçu par Charctte avait annoncé pour le 3 septembre le débarquement de l’armée auxiliaire anglaise, de 500 Émigrés et du comte d'Artois. Après avoir long-temps erré sur les côtes de Bretagne, lord Moira vint en effet sur celles du Poitou, et s’empara de l’Ile-Dieu, défendue seulement par 40 hommes. L’armée de débarquement aux ordres du général anglais Doyle y fut déposée du 29 septembre au 2 octobre; le comte d’Artois, qui devait l’accompagner, y établit, son quartier-général.

Cbarette, d’après les ordres du prince, s’était déjà présenté deux fois vers la côte pour appuyer le débarquement; mais des difficultés réelles ou supposées y avaient toujours mis obstacle. Le général vendéen quitta Belleville une troisième fois, le 10 octobre, et s’avança vers la Tranche avec toutes ses forces disponibles. L’espoir était peint sur tous les visages; les Vendéens espéraient bientôt posséder le comte d’Artois dans leurs rangs. Un Émigré vint annoncer à Charettc que les Anglais croyaient devoir encore différer le débarquement. Ce message accabla le chef royaliste, à qui l’envoyé remit, de la part du prince, un sabre d’honneur magnifique : « C’est l’arrêt de ma mort qu’il « m’envoie, dit-il ; il m’ôte tout moyeu de le servir. »

On a beaucoup discuté sur les causes secrètes qui empêchèrent le débarquement daus la Vendée des troupes réunies â l’Ile-Dieu. L’obstacle a été attribué par les uns à la perfidie anglaise, par les autres à la volonté du comte d’Artois. Nous observerons seulement que la descente du comte d’Artois et des Emigrés a constamment été subordonnée à l’usage des bâtiments de transport anglais, et qu’il ne parait pas que ceux-ci aient jamais été mis à la disposition du prince. Quoi qu’il en soit , tous regagnèrent bientôt les vaisseaux anglais, qui s’éloignèrent de» côtes de France, laissant Cbarette et ses Vendéens s’arranger comme ils le pourraient avec la République.

Hocbe cependant était arrivé de Quiberon à Nantis pour succéder A Canclaux et à Dubayet dans le commandement de toutes les troupes de l’Ouest, désignées alors sous le nom d’armée des côtes de l’Océan. L s dispositions du nouveau général rendaient chaque jour un débarquement sur Us côtes plus difficile.

La retraite du comte d’Artois avait porté au comble le découragement des paysans : « Pourquoi , disaient-ils , « nous battrions-nous encore contre les bleus, qui nous • laissent tranquilles, puisque ceux pour qui nous « avons pris les armes nous abandonnent? o

Une nouvelle plus terrible encore pour les Vendéens acheva de les désespérer. La Convention, après 1a signature de la paix avec l’Espagne, donna l'ordre de diriger à marches forcées sur la Vendée environ 30,000 hommes d’excellentes troupes provenant de l’année des Pyrénées-Occidentales. Charelte, avec les restes de •es divisions découragées, allait donc avoir en tète près de 60,000 combattants aguerris. — On doit s’étonner de ce que ce chef, doué d’ai Heurs de rares talents pour la guerre de partisan, n’ait pas été écrasé du premier coup. - Il lutta cependant encore près de cinq mois contre les Républicains , ou plutôt il parvint â se tons traire pendant ce temps A leurs recherches.

Système de pacification adopté par Hocke. — Il est vrai que Hoche ayant jugé avec sagacité l’esprit du pays, avait considéré dès lors la partie militaire comme la moins importante de sa mission. Stofflet se maintenant encore dans un état apparent de neutralité, le général en chef ordonna à ses généraux de poursuivre Charelte avec des colonnes mobiles et de le resserrer, en l'isolant du reste du pays, sur un lieu déterminé de la Basse-Vendée. Lui-méme, pendant ce temps, remontait a la source du mal pour en mieux arrêter les effets. Il attachait les prêtres à la République par des présents, protégeait la religion, saisissait les grains et les bestiaux des rebelle», pour les leur rendre à la première soumissions renvoyait tous les paysans prisonniers. La plus sévère discipline régnait dans son année: des proclamations tontes pacifiques étaient répandues à profusion parmi tes habitants des campagnes qui ne soupiraient qu’aprês U paix.

Hoche avait aussi organisé partout un système adroit d’espionnage A l’aide duquel, exactement informé des mouvements des chefs vendéens, il pouvait au besoin semer la défiance entre les Royalistes qu'il ne parvenait pas à s'attacher. — Il retira bientôt les plus grands fruits de cette politique. — Charelte, d’abord délaissé par ses anciens camarades, fut ensuite trahi par eux. Son armée se fondait à vue d’œil ; Sapinaud ne pouvait plus soulever en sa faveur un seul village. Ceux des officiers qui lui restaient n’étaient généralement retenus auprès de lui que par la boute de l'abandonner.

Reprise d'armes de Stofflet. — Hoche commençait A obtenir une grande influence sur les populations vendéennes; il trouvait parmi les femmes et les prêtres des agents nombreux pour favoriser son système de pacification, et il s’irritait de voir la guerre civile encore entretenue par l’opiniâtreté de quelques homme* désespérés.— Au moment oft il marchait vers ReiievHIe pour la finir d'un coup, il apprit que Charette se dirigeait avec un convoi vers Stofflet, pour engager ce dernier à prendre les armes. Le général républicain s’inquiétait déjà des suites possibles de la [

réunion des deux chefs vendéens quand il apprit la défaite de Charelte à Mont aigu, et le retour de ce général â Belteville; mais celle nouvelle lui parvint avec celle de la reprise d'armes de Stofflet.

Stofflet, qui n’avalt pas su faire la paix â propos, ne se montra pas plus habile à choisir le moment de recommencer les hostilités. Cédant aux instigations des agents de* princes émigrés, et aux insinualious du curé de Saint- Laud, qui fit en sou nom une belle proclamation royaliste, il leva de nouveau l'étendard de la guerre civile, le 24 janvier 1796, et douna des ordres pour un rassemblement de 10,000 hommes: mais les paysans refusèrent de marcher et menacèrent de tuer quiconque leur parierait de guerre. Stofflet parvint donc à rassembler A peine 400 hommes.

A la première nouvelle de ce soulèvement, Hoche se mit à la tête des troupes , et après une marche forcée par des chemins affreux , U arriva le 28 janvier A Chcmillé, avec les 107e et 171* demi-brigades, et un bataillon du 62e régiment. Les paysans, loin de s'opposer A sa marche, souvent interrompue par les débordements des rivières qu'il fallait passer presque A la nage, parurent le recevoir comme un libérateur. De son côté, il leur parla avec bienveillance, leur distribua de l’argent et des promesses, conduite qui lui réussit au-delà de toute espérance.

Le générai Spilhal, avec sa brigade, eut ordre dq s’attacher aux traces de Stofflet et de ne plus le quitter. Les officiers de ce chef furent poursuivis sans relâche par d'autres généraux. — Crublier ayant atteint, le 24 février, Guichard et Nicolas, anciens divisionnaires de Stofflet, et les ayant trouvés les armes A la main, les fit A l'instant fusiller.

Arrestation et mort de Stofflet.— Stofflet, poursuivi sans relâche, et trahi par un paysan, tomba lui-même le lendemain dans les mains de Hoche. Cerné dans une métairie près de la Poitevintère, il chercha en vain A se faire tuer; on le désarma et il fut conduit A Angers. Là il fut condamné â mort et mourut avec courage. La guerre fut ainsi terminée dan* la Haute-Vendée.

Le curé de Saint*Laud et la plupart des officiers de Stofflet parvinrent â quitter la France ou A se cacher dans le pays occupé par les Chouans; que Hoche, A la même époque, pacifiait avec un succès égal à celui qu’il obtenait dans la Vendée.

Détresse de Charelte. — Son arrestation.— Hoche, après la soumission de la Haute-Vendée, marcha directement contre Charetle, qui ne parvenait que par des fatigues et une activité incroyables A échapper aux détachements nombreux et aux colonnes mobiles qui le traquaient dans tous le* sens. Hoche fit vainement offrir au généra! vendéen la faculté de se retirer avec ses officiers en Angleterre ou en Suisse: l’obstiné Cbarette engagea ses officiers à profiter de cette proposition; mais il la refusa pour lui-même, croyant son honneur engagé â ne pas quitter la Vendée.

Alors, afin de réussir A s’emparer du chef vendéen, le général républicain dut reprendre son système d'espionnage et de séduction. Charetle faillit, le 21 février.

en être victime & Froidefond. Surpris par 800 Républicains qu’un traître avait dirigés, il se défendit, à la tête de 200 hommes qui l'accompagnaient encore, avec la plus héroïque intrépidité. Il était blessé assez dangereusement et sur le point d'être pris, lorsque quinze braves, en se dévouant pour lui, lui donnèrent le temps de s’échapper par un chemiu creux. Tous scs chevaux furent perdus dans celle affaire, ainsi que le porte-manteau qui contenait sa correspondance avec le comte d’Artois et l’Angleterre.

Dès cet instant il n'eut plus de repos, et tout fut perdu pour lui. Il errait à pied de ferme en ferme, suivi de quelques déserteurs. Surpris, le 23 mars, à neuf heures du matin, entre la Guyonière et le Sablond, par cent grenadiers, il perdit dix hommes de ceux qui l’accompagnaient, et en fuyant reçut deux coups de feu. Alors il s’enfonça dans le taillis de la Cbabotière, où , cerné de toutes parts, il fut découvert & midi par la colonne du général Travot. Il fuyait alors, harassé de fatigue, souffrant de ses blessures, soutenu par deux soldats décidés A partager son sort. Sa troupe fut bienlèt dispersée ; il ne resta près de lui qu'un brave Allemand qui essaya de le sauver en changeant avec lui de chapeau, et en chargeant sa tête de son panache blanc. Peut-être cette ruse aurait-elle réussi, mais le traître qui avait désigné sa retraite le signala aux soldats, et il fut fait prisonnier.

il fort de Charette. — L'arrestation de Charette était un événement heureux pour le parti républicain; il paraît toutefois que Hoche s’en exagéra l'importance. Quelle que soit l'estime jqu’inspire la politique de cet illustre général à ceux qui approuvent que tous les moyens aient été employés pour arriver à la pacification de la Vendée, il est impossible de ne pas blâmer sa conduite envers Charette, devenu son prisonnier. Cette conduite est une tache pour la vie du général Hoche. La promenade solennelle qu’il fit faire A Charette, tolérée chez les triomphateurs romains, était à la fois’, dans le itiii* siècle, une insulte à la dignité humaine, à la liberté généreuse, et A l’humanité, qui doit parler plus haut que toutes les considérations politiques.

Afin de convaincre la population nantaise que le redoutable chef vendéen était enfin tombé au pouvoir des colonnes républicaines. Hoche ordonna que Charette, blessé A la tête et au bras, percé de deux balles, accablé de fatigue, parcourût les rues de Nantes. — Le 28 mars 1796, les grenadiers, les chasseurs et la cavalerie de la garde nationale prirent les armes, quatre compagnies d'infanterie s’y joignirent. D’après les Instructions du général en chef, et sans respect pour les blessures et l’état d’épuisement où il se trouvait, le prisonnier fut placé au milieu de cette escorte, qoe précédaient plusieurs généraux, parmi lesquels on remarquait le général Duthil , commandant de Nantes. Malgré sa faiblesse, Charette A pied fut promené lentement, au son d’une musique lugubre et guerrière, A travers les rues et les places de la ville. La fatigue de cette promenade humiliante était encore augmentée par Ica injures dont un peuple ivre de républicanisme

couvrait sur son passage le guerrier royaliste. La blessure que Charette avait A la tète était si grave, et lui causait à chaque pas des douleurs si aiguës, qu'en passant sur la place de la Fosse, malgré son courage opiniâtre, il se sentit défaillir, et fut obligé d’entrer dans une maison pour prendre un verre d’eau. On l’obligea ensuite A continuer sa marche; il fut ainsi pendant trois heures livré A la curiosité de la popu-, lation , dans celte même ville où un an auparavant il était entré salué d'unanimes acclamations, et comme chef respecté d'un parti redoutable: contraste frappant et digne de méditation !

Charette eut ensuite A subir pendant cinq heures l’interrogatoire et la discussion d’un conaeil de guerre, où il ne comparaissait que pour la forme , puisque sa condamnation était prononcée d’avance. Il entendit sans trouble et saos émotion son arrêt de mort, et demanda seulement A voir sa sœur avant de mourir. Le général Duthil eut la barbarie de lui refuser cette faveur. Alors, sans témoigner ni dédain, ni colère, il demanda un prêtre, en disant : « Dieu consolera celui pour qui les hommes n’ont point de pitié.» L’exécution avait été fixée au lendemain, 29 mars. En le conduisant A la mort, on lui fit encore parcourir processionellement une partie de la ville : il marchait avec calme et résignation, s’entretenant gravement avec son confesseur. Arrivé sur le lieu de l’exéution, il trouva ia troupe formée en carré, ^es généraux A cheval, disposés A surveiller l’exécution de l’arrêt, une foule empressée, mais silencieuse.

Au moment où on allait le fusiller, il apprit que le général républicain Jacob venait d’être incarcéré comme ayant trahi la patrie en fuyant devant lui. Il crut que le témoignage d’un mourant serait utile A un accusé; il fit appeler le général Duthil et lui dit : «J’apprends que le général Jacob est accusé d’avoir fui devant moi ; je dois à la vérité et A l'honneur de déclarer publiquement que c’est une calomnie. Ce général n’a pas fui : je l’ai vaincu , parce que j'avais des soldats aguerris, et que les siens étaient de nouvelle réquisition.» Puis, sans attendre la réponse du général Duthil , auquel il avait déjà manifesté une espèce de mépris, il s’avança vers le lieu marqué pour son exécution. Son confesseur cherchait A lui adresser quelque* paroles d’exhortation : «Cent fois, dit-il, j’ai été à la mort sans crainte, et , pour la dernière fois, j’y vais sans effroi.» Il refusa le mouchoir avec lequel on voulut lui bander les yeux, s’arrêta debout devant le piquet chargé de le fusiller, puis, tirant sa main blessée de l’écharpe qui la soutenait, il la plaça le long de sa cuisse, découvrit sa poitrine, commanda feu, et reçut le coup mortel eu poussant le cri de Vive Je Hoil

Ainsi finit un des plus illustres chefs qu’aient eu le* Vendéens , et avec lui , on peut le dire, finit aussi la guerre de la Vendée

‘«Charette, écrirait, peu A’ tenir*» âpre* ta mort, te premter ère* ▼ain royaliste auquel il ait tfie permit de faire ton éloge, Charelle était maigre, nerveux et d’une (aille moyenne; Il avait te teint Jaune, tes yeux nuire et vi h , la bouche «ave , tes terres grottes et te menton I taillant. Sou nom , qui a retenti ti long temps dans toute l'Europe, fut r espoir des Royalistes ; il arait émigré ; rentré ensuit* pour t’a*- I tocier à la conjuration de Bretagne , il défendit an l« août te aéjuor

Fin de fa guerre de la Vendée. — Sa mort porta le dernier coup au parti royaliste. Le chevalier d’Autichamp, qui avait été le successeur de Stofflet, se vit obligé de poser les armes ; le comte de Sérent, envoyé du comte d’Artois, périt misérablement. — Bolherel et Puisaye essayèrent en vain de continuer la guerre des chouans ; tous Ce ux qui, sous leurs ordres, auraient porté les armes avec honneur, quittèrent la France ou se soumirent au gouvernement ; les autres se livrèrent à une guerre de partisans que le brigandage ne tarda pas à déshonorer. — Le chevalier de la Vieuville aurait pu continuer la guerre dans le département des Cdtesdu-Nord; il fut tué dans une rencontre avec les troupes républicaines , et avec lui périt tout espoir de soulever ce département — Les Chouans, comme les Vendéens, posèrent successivement les armes; les plus obstinés d'entre les chefs virent même toutes leurs espérances évanouies par l'issue de la journée du 18 fructidor, dont nous parlerons plus tard. Alors Puisaye se trouva heureux de se sauver au Canada. — La tranquillité ne tarda pas à renaître dans les départements de l'Ouest; les mouvements locaux, en petit nombre, qui les agitèrent encore, ne peuvent plus être rattachés à l’histoire de nos armées, .lusqu’en 1815, et quelles qu’aient été, en 1799 , les velléités d’insurrection, tous Jes soulèvements ne furent en réalité que des affaires du ressort de la gendarmerie.

Insurrection du Berri. — Au moment où Charette mourait à Nantes , victime de son dévouement à la cause royale, une insurrection qui, sans le zèle des gardes nationales républicaines et l'activité des autorités militaires, aurait pu devenir imposante, éclatait au centre même de la France. — Le comte de Rochecotte , gentilhomme tourangeau , après avoir émigré , était rentré secrètement dans son pays, et avait formé le pian d'un vaste soulèvement qui devait redonner la vie à la chouannerie de la Bretagne et de la Normandie, et à la guerre vendéenne. — D'après son plan, l’insurrection nouvelle, commençant par le Maine,

des roii an péril de sa vie. Après avoir échappé aux marner» de celte Journée, «1 te réfugia dans la Vendée.

•Cbarvtle était «obre et endurci aux fatigue*. Poli avec te* officier*, familier avre ses soldats, aimant la danse cl le* femme* , il élan ennemi du luxe , mai* recherché dan* tes vêlement*.

«S’il n'eut point tous le* talents nécessaires A un «-fief de parti , s’il fui d’ailleurs jaloux, haineux et souvent sanguinaire, sa constance, *on activité, son désintéressement et surtout son adresse pour suppléer aux forces qui manquaient A son parti , l'ont élevé au niveau de sa renommée.

•San* conseil* , sans boussole , livré A ses passions et A son orgueil, il abandonna Bonrbaitip A Clisson ; il refusa de passer la Loire avec le chef de l'Anjou et d'agir de concert avec SloMVi. Mais il mérite une place honorable dans l'histoire, celui qui. perdu sans ressources, refusa de æ sauver ctri les Anglais, préférant une terre malheureuse A laquelle il semblait avoir voué son existence ; mais il eut un noble orgueil, celui qui refusa des croix de Samt I jouis au nom des primrs, en disant que ses officiers ne voulaient en recevoir que de la main du roi ; mai* il fut habile capitaine, celui qui, dans une campagne d'hiver, avec une poignée de payun* , vainquit et dispersa trente mille homme* aguerris.

«Doué de crtte force d'Ame qui fait apercevoir sam crainte tous le* dangers , il sut opposer une inébranlable patience aux évéuemems et braver toute* le* douleur* ; vaincu , blessé , malade , Il supporta, sans donner le moindre signe de faiblesse , le* fatigues d'un long voyage, les angoisses de la prison, le* formalité* d'un jugement et l'appareil du supplice.*

devait s’étendre dans la Touraine, l'Orléanais et le Berri, remonter ensuite par le Bourbonnais et l'Auvergne, et gagner la Franche-Comté, près de laquelle se trouvait le prince de Condé avec un corps d’émigrés , et A une époque où certaines intrigues entamées avec Pichegru devaient faire espérer l’appui d'une des années du Rhin. — L'insurrection eut seulement quelque manifestation dans le Berri; les deux chefs principaux de ce pays étaient Dupiu, ancien et habile officier, qui avait organisé les royalistes du département de l’Indre, et Phélipeaux, le même qui plus tard, si malheureusement pour l’armée française, défendit Saint- .îean-d’Acre contre Bonaparte; Phélipeaux avait réuni les mécontents du Cher.

Prise de Sancerre. — Combat de Sens-Beaujcu. — L'insurrection éclata d'abord, le 2 avril, A Jars et A Sury-en-Vaux. Les insurgés ne tardèrent pas A s'emparer de Sancerre. L’envie de prendre Bourges leur fitévacuer cette ville, et ils se dirigèrent sur Sens-Beaujcu, où, atteints par les gardes nationales aux ordres des généraux Canuel et Desenfans , ils furent mis dans une déroute complète '.

' Voici comment l'historien de la ville de Sancerre raconte ce* événements . sur lesquels il n’existc qu'un petit nombre de matériaux incomplets :

« Lrs chefs de la Vendée, vivement attaqués, cherchaient A étendre l'insurrection et à faire une diversion favorable en en portant le foyer au centre de la France. Le point intermédiaire de* département* de l'Ouest avec Lyon était le département do Cher, et particulièrement le district de .Sancerre, que sa position rendait maître du cours de la Loire, et dont il était facile de fortifier le chef-lieu en peu de temps. — Déjà différents cantons de l’Indre, Buzançois el Palluau, s'étalent insurgés. — la* circonstance* paraissaient favorable* A ce projet. Le Sancerrois comptait an grand nombre de panisans de la cause royale. La réquisition de 1793 avait aigri les esprit*. Une multitude de déserteur* s’étalent réfugiés dans le* bois du canton de Vailly.— Phélipeaux , officier du pins grand mérite, el qui a terminé sa carrière au siège de Saint Jean d’Acre, fut chargé de l'exécution du projet d’insurrection. T roi* moi* furent employé* A gagner de* partisans et A réunir les arme* nécessaire*. Tout fut conduit avec tant de secret que le gouvernement ne fut instruit que peu de Jours avant l'exécution.— Ix noyau de l'armée d’insurrection consistait en une cinquantaine d'étranger* et trois A quatre cents déserteur* du pays; mai* on attendait des arenurt de la Vendée et d'Oriéaos. Son arsenal était composé de fusil*, pistolet* el sabre* de fabrique étrangère; le* poudres furent envoyée* d'Orléans.— I.e 13 germinal an iv (2 avril 1796 avait élé choi*i pour l'exécutson du projet. Cependant, comme le* secourt promis n'arrivaient pas , Phélipeaux voulait remettre A quinze jour*. Mais l'administration du département était instruite du rassemblement. Le général Desenfans, ayant dissipé celui de Palluau, accourait au secours de Sancerre. Plusieurs brigades de gendarmerie avaient reçu ordre de se rendre en cette ville. U fallait agir ou renoncer désormais A un projet dont le parti espérait les plu* grands avantages. — Le 13 germinal , le tocsin tonne dans le* communes environnantes. Le mouvement commence A Jars. Le* arbre* de la liberté sont abaltus et les registres de la municipalité brûlé*. Le* Royalistes te dirigent sur le* commune* de Ménoiou- R a tel. Verdlgny et Miry-en-Vaux. Grossie de tous les paysans qn'rila rencontre, et forte d’environ quinze mil* A deux mille homme*, l'armée royaliste arrive au ba* de la montagne de Sancerre. — La garde nationale avait pris le* arme* et «'était mise en état de détente avec deux canons — Phélipeaux envoie nn parlementaire sommer la ville de se rendre. — Cependant la division était parmi le* habitant! : le* uns voulaient se détendre , el les autres , partisans secrets de riosurreiiion, apportaient des entraves; Tauiorité municipale gardait le silence. Les bourgeois étaient armés, mais n'avaient pat de munition* de guerre. La résistance paraissait impossible, et die pouvait occasion» de grands malheurs, la majeure partie de la garde nationale te replia sur Bourges, le* autres habitants se retirèrent dan» la Nièvre. — L’armée royale fit son entrée tambour battant et enseignes déployée». Un Te Iteum fut chanté en action

Combats de Palluau.— -D ans le même temps , Dupin avait réuui â Palluau, aux environs de Châleaurotix, 4,000 paysans; ces insurgés étaient, pour la plupart, mal armés : néanmoins, habilement postés par leur chef, officier expérimenté , ils soutinrent le rhoc des Républicains, qui, deux fois, revinrent A la charge, et deux fois furent vigoureusement repoussés; à la troisième attaque, un effort vigoureux obligea les Royalistes A lâcher pied. — Dupin les rallia pourtant un peu en arrière de Palluau; mais, poursuivi par les Républicains, il fut acculé sur les bords de l’Indre. Lâ, attaqués avec vigueur, ayant A dos une rivière qu’ils ne pouvaient franchir, les insurgés combattirent avec le courage du désespoir; un grand nombre d’entre eux se firent tuer ; d'autres sc noyèrent dans l'Indre en cherchant A traverser ta rivière A la nage; quelques-uns plus heureux se sauvèrent par des sentiers qui longeaient scs bords ; le reste, au nombre de 500, parmi lesquels se trouvait le chef de Pinsorrection , furent faits prisonniers. Leor nombre les sauva ; les vainqueurs les laissèrent s’échapper et ne retinrent que les officiers, qui furent conduits à Château roux.

Fin de l'insurrection. — Après la déroute de Sens- Reaujeu, les instigateurs de l’insurrection du Sancerrois

de grâces 4e uct heureux luroè* l'arbre île la liberté fui abattu et U

drapeau blanc arboré au haut du clocher. Les caisse* publique* furent fouillis* et le* registre* de la municipalité déchiré* et inoendvé*. Ilu rc*te, il faut rendre justice aux chefs . le* madone particulière» me furent point pillée*, et aucune relation grave ne fut commue contre le* personne*, même contre le* réformé*. — Connue celte insurrection pouvait avoir de* sniti * funeste» au système répnbUram, de* mesure* *ériet*c* avaient été prise* pour l'étouffer A >a lUHtuoue. Le déparlrncut de la Nièvre, craignant que ta trauquillilé ne fût troublée , avait fait un appel à te» habitant* , et tur-lc champ le* principaux passages de b Luire avaient été occupé* et une batterie de deux ptècr* de dix boit avait été placée A La Hoche, vt* A -vis Saint- Thibault- — Du n était par tnoin* actif à Bourges- Le* troupe* arrivaient de tou* côtés. Le général de division Caimel, ayant sou* se* ordre* le* généraux Desetifana et Devaux . fut chargé de repreudre Sanoerre et de paciHer le pays, et H fixa l'attaque au 20 germinal an 4. Voie* quel fut ion plan.

«Une colonne. conipoak: d'un corps de troupe* «te ligne, sous le* ordre* de XI. Chalon*, commandant de la garde nationale île celle I ville et de* canonniers de Botirge* devait déboucher par Auhigny , Vailty et Sury eu- Vaux ; la coton ne du rentre , composée d'un delàcbemeul de la garde nationale de Sanecrro, d’un bataillon de la 3ié' demi brigade et d'un escadron du 21' de eba**curs, cl commandée par le général [Vsen fan» , devait se porter *nr Mène lOd-Snllon. flrurvchen»or,t et .Sena-Beaujeu. — La colonne de droite , commandée par le général eu chef Lanucl , et nomposéc d'un autre détachement de la garde nationale de Sanrerre , de la gendar -merle du département et d’un corps de troopt* de ligne , suivait le chemin de Bourges à Saneerrt par Jkzy.— ko même temps , 1rs volontaire* de la Nièvre, rom mandés par Hauprr, dev Aient traverser la Loire. — Toute* ces troupes avaient ordre de te (ruuver le 20 germinal , à huit heurt* du matin , an pied de la montagne et de donner l'assaut sur tou* le*

avaient également été arrêtés.— Des chefs secondaires, daus l'espoir d'obteuir leur grâce, dénoncèrent euxmêmes et firent saisir les chefs supérieurs. Mais telles étaient alors les dispositions peu sévères du gouvernement, ou plutôt les vues de sa politique, que la plupart des fauteurs de la guerre civile, conduits â Bourges, réussit ont â s’évader.— On usa d'indulgence envers ceux qui restèrent en prison; aucun ne fut condamné â mort. La peine de la déportation fut prononcée contre le plus petit nombre; les autres , seulement mis sous la surveillance de l'autorité, eurent la permission de rentrer dans leurs foyers. La modération du gouvernement ne tarda pas â porter ses fruits. — La clémence fit plus que n’aurait fait la rigueur.— Les insurgés apprécièrent le pardon qui leur avait été accordé , et soumis sincèrement, renonçant à l’espoir de faire une nouvelle révolution, repoussèrent toutes les propositions qui leur furent faites. — La prompte fin de rinsurreclion du Berri porta un coup fatal au plan du comte de Hochecotte. Ce pays était le point central des provinces qui devaient se soulever; sa pacification ôta toute espérance aux Royalistes, et les agents de l'insurrection cessèrent momentanément de vouloir troubler la République. — Grâce â cette tranquillité du Berri, la pacification de la Vendée se consolida , et celle de la Bretagne put être menée A fin.

pntnu. — Cependant l'année royale diminuait chaque jour. Le général èbélipcaux , privé de* secours |iromi» , aboiukmuê A it* propres force* . ne pouvait , avec de si faible* moyen* , soutenir l'attaque de* Républicain*. Craignant d'élre enveloppé, il résolut de gag iht k* boia cl ks champs rouvert* du union de Vatlly . cl à la faveur des localités , d'y faire une guerre île partisans. Il évacua en conséquence Sa occire le |y germinal, et il porta son quartier au bourg de Sens-Beau jeu , k même jour que l'armée républicaine «ortait de Bourges. — Legéuérai Ikscnfan* apprit au biuxuc dlteuricbemoal, qu’uu eorpa de deux cent ci tiqua •île A trois cculs royahslrs était stationné A Scu*- Ei au jeu ; il Ht *cs dii|K»si lions pour l'attaque. I<e 24 gemuoal, A minuit, sa colonne s'ébranle; mai* égarée par un guide v ile prend le chemin des roicrics-de-Ncuilly au lieu de suivre celui de .sena-Braujeu. L'avant garde seule , composés du déiarhcmeol de la garde nationale de Saucer rc et de* grenadiers de la 96e cl de *rpt rha*Mi»rv «rive A «praire heure* do matin au bourg de Sens, croyant être suivie par U colonne. LIk- rsl reçue A son eo- Irtc par une vive fusillade. La rharge sonne , ks UépublMraiu* aboc- I dent à la baïonnette, prennent d'assaut la mailoa de M. t.miui de Rohgirard où était le quartier général , trnnt mit qut leur résistent et orrllrnt k* autres en fuite. — L'avant garde . inquiéta du retard de la culmine, et exatguaol au jour d’élre euuloppée , rcsU en Isaluilk- *ur la place et ne poursuivit pas les fuyards. lûiHn la colOline arriva, le bourg fut fouillé, le* canons . le drajicaii, le* arme*,

les bagage*, k* munitions tombèrent au pouvoir de* vainqueur*.

« Le inouveottOl poür la reprise de Hanccrrc hit exécuté aveu précision. le* volontaires «le la Nièvre armèrent A Saint Satur ù l'heure fixée. colonnes de gauche cl de droite débouchèrent en même temps. Dci aux chargea au galop à la tète «le la r^ndanueric vers la porte Saint-André, mais il ne trouva aucun cuiwuii. la* bakitaut* seuls vinrent A *a rencontre , et k* Uou|k* républicaïucs entrèrent daus noe ville amie et soumise. »

RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

23 juillet. Reprise des hostilités par Cbarette.

24 js tx ti eu. Reprise de* hostilités par StoffleL 26 rirais*. Mort de Slofflct.

T. ir.

Page 1