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Rccrptiou dr Hoimparlr pur le Direeluire
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FRANCK MILITAI RK.
H«tlA|l«rl<' À l.rflllPII .
FRANCK MII.1TAIRF-.
4HHiu*r*tutï du H jiùJIct. — proc'amalipn 4? fiottaparU:.— Cependant les liai uis poli ligues étaient arrivées A Pans au plus haut point d'exaspération. Bonaparte pç se souciait pas de jouer un n)le actif dans li journée qui se préparait. Au lieu d’aller lui-méun- A Pari» , comine fe directoire le lui avait demandé , il compLail y envoy er Augrrcau ; l'anniversaire du H juillet fuunul d'ailleurs A sou année J o cation de manifester scs sentiments républicains Bonaparte avait choisi fièllÇ jptjrnéc mémorable pour d uincr une fête A se» soldait. JJuo pyramide, décorée de trophées, et portant le nom de tous les soldats et offi iers morts pendant la campagne d'Italie, fut élevée A M.lan. Autour de celte pyrani-de ou célébra la fétu , qui fut niagmiiquc. Bonaparte y assista avec tout son étal- major, et il adressa A se* soldats une proclamation .significative et menaçante pour ceux qui , dans l'intérieur, complotaient la ruine de la République. «Soldats . leur dit-il , c’est aujourd’hui f anniversaire du 14 juillet. Vous voyez dryapt yuyx h» soins do nos compagnons d’armes morts au champ d'houncur. pour U liberté delà patrie, fis vous ont donné l'exemple; vous vous dm# tout enjuus A Ja République; vous vau» devey tout entiers au bonheur de trente millions de Français; vous vous devez tout entiers A la gloire de a* nom, qui » reçu nu nouvel é< Jal par vu» victoires. - Soldats ! je sais que vous êtes profondément affectés di s malheur» qui menacent la patrie Mais la pairie ne peut courir dedauger» réel»; les mêmes hommes qui Tout fait triompher de l'Europe coalisée août IA. (les montagnes nous séparent de la France -, vous les franchiriez avec la rapidité de l’a g!e, s'il le fallait, pour maintenir la constitution , dfeudre la liberté, et protéger les Républicains. -S- Hd.it»! le Gouvernement veMIcsurlp dépôt des lois qui lui est confié. Les royaliste» , dés l'instant qu’ils se montreront , auront vécu Soyez sans inquiétude, et jurons par les mAnes des héros qui sont mort# A <^4r 4* iw>u» pour la liberté, jurous sur uqs drapeaux , guerre implacable aux ennemi* de la République, et de la constitution de l'an ui.»
Çe serment lut prêté avec d’unanimes acclamations. Les généraux et les offi utrs se réunirent dans uu banquet ou forent portés les toasts les [dus énergiques. Le jfégtoJ êu r bef donna Tni mple , et jty vaut la voi? , dit : ^ Aux braves Slengrl , la/uirpe t JJuùois, mur U au champ d honneur! puissent leurs niA lies veiller autour de poil*, cl pou* garantir de» embûche» de au* euneiuisl* Üe» louais furent smuessi veulent porté» A la constitution de Fan iii . au Directoire, au conseil des Anciens» Français assassinés dans Vérone, A la rééniigraium drt éni>gr«f , A l'union d« s Rrpubi caiu» français, A tu destruction du club de Otichy. (On sonna le pas de charge A ce dernier toast).
adresses de l'armée d' Halte.— Om fêtes semblables
Il publia la Icare «|uà eoulenait • eilr p»ir.ur tl'HSÜ , du Tlm r* . un bMmr dirigé contre a qui «a* ferait à l'an» à l'égard di« noO'c*. Il étui eiurnié tifiawtou j u,i d un»' manié* i* Kidirrvie il.iu* U po lit mur , de doooer un a»«a. de te duiwr roui taire au hinrlourv , cl surtout d.' tr «UH.u-hor ur le i-tuiap «tu parti M ioruint ; car il af eo- Uil de rester indépendant, de n'approuuT, de ne SOTir aucune facUM, da lea mépr ucr , de Ica duuimcr toute».*
eurent heu, avec b inôme appareil, dans toutes les ville» où se trouvaient le» division» de J 'armée. Ensuite, et son» doute par l'inHumce du général eu chef, un rédigea dau» chaque divistou des adresse» plus significative» encore que la proclamation du général eu chef. Olui-e-i avait du moins gardé dans son langage une certaine dignité, b * divisions Masséna. Joul>ert, Au gercau, se sigualrreul par leur violence. Celte d'Augereau surtout déliassa toute» les bornes. «O! conspira* leur», disait-elle . tremble/ ! del'Ad'ge et du Rhin A la beiue, il u'y a qu'uu pas. Tremblez ! vos iniquité» sont comptées, et le prix eu est au bout deoos baïonuettes le
O* adresses, couvertes de millier» de signatures , furent envoyée» au général en chef. IJ le» trausui t au gouvernement, avec sa proclamation, pour qu'elles lussent inipr lU'tn et publiées. C'était le seul appui réel qu'il voulut en i£ moment donner au Dm noire. — Augereau , peu de jours après, partit pour Paru.
Traité de paix de Citntpo- Fu ratio. — Bientôt eurent lieu les événements du 18 frutlidor. La nouvelle en parvint promptement aux négociateurs ; elle influa heureusement sur les conférences d'Ldiue ; les diplomalcs opine biens perdirent l'espérance d'uue révolu*t on prochatue, favorable aux desseins de l'étranger, et se convainquirent de la néerssié de signer promptement uu traité défin lif. Dés lors le» négociât ion» marche rcul avec plus de rapidité. Cependant, par suite de prétentions nouvelles des envoyé» autrichien» , qui voulaient que Mantoue leur fût rendue eu échange de •Mayence, tout fut au moment d être rompu. — L'armée française, apres le» prél. mina ires de Léobeu , s'était retirée derrière la Piavc; elle reçut de Bonaparte l'ordre de repasser cette ri v. ère, ri d’occuper la rive droite de l'Jsonzo. De »on tôlé, Janine autrichienne repassa la Draw. Le» hostilité* étaient un m meules , et le» troupe» ep ma relie; ou conférait au bruit du tauir bour. — Lutin, le I li octobre , A Ldiuc, la d.scussion s'échauffa tellement , les paroles deviureut si vives , que Bonaparte , justement indigné de ce que le comte de Cobentyrl , négociateur autrichien , après lui avoir reproché de sacrifier A sou ambij’on 4e général et | sou désir de gloire les avantages que sa pairie pouvait obleuir de la paix, le menaçait d'appeler l’armée rUMC au secours de l'armée autrichienne, s'écria : «Eli bien! la treve est rompue , la guerre déclarée ; mais souvenez-vous , qu'avant la fin de l’automue. je briserai votre monarchie comme je brise celle porcelaine,» Et eu proférant ces parole», il jeta sur le parquet uu magn fi juc cabaret de porcelaine que Catherine II avait donné A M. de Cobenlzcl , et se relira. En montant ea voiture pour retourner A son quartier-général de Passeriano . il envoya un officier prévenir FArchiduc que les hostilités recommenceraient dam vingt -quatre heures. Les diplomate» autrichiens, effrayés de cette résolution , se bêlèrent d’accepter toutes les conditions imposées par la France ; et le lendemain , 17 octobre , fut conclu le traité de paix. Ouoique ce traité ait été signé A Passeriano, quartier-général de Bonaparte, on le data de Campo-Formio , village entre Udine et Pas» seriauo, et qui avait été déclaré neutre,
Lorsque le projet de ce traité fut communiqué au général en chef de l’armée d’Italie, celui-ci, à la lecture du premier article, qui était ainsi conçu : « L’empereur d’Allemagne reconnaît la République française » interrompit avec vivacité le lecteur, et s’écria : « Raye* cet article. La République française est comme le soleil, aveugle qui ne la voit pas! » Puis il ajouta d’un ton plus calme : <« Le peuple français est maître chez lui : il a fait une république, peut-être demain fera-t-il une aristocratie, après-demain une monarchie; c’est son droit imprescriptible : la forme de son gouvernement n’est qu’une affaire de loi intérieure. »
Les clauses principales des vingt-cinq articles patents du traité de paix confirmaient la cession de la Belgique et de la Lombardie, et assuraient à la France les limites du Rhin et des Alpes. Les états de Venise jusqu’à la rive gauche de l'Adige, avec la place de Vérone et un arrondissement déterminé, devenaient la possession de l'Autriche. Le Brescian et le Bergamasque étaient assurés à la République cisalpine. La France gardait les lies Ioniennes.
* Quatorze articles secrets, plus importants en quelque sorte que le traité public, spécifiaient les limites de la République et les abandons de territoire qui devaient on résulter. L’Emprreur promettait de ne point soutenir l’Empire germanique, si la Diète se refusait aux cessions sur la rive gauche du Rbin; la libre navigation de ce fleuve et de la Meuse était promise ; la France consentait à ce que l’Autriche acquit le pays de Salzbourg, et reçrtt de la Bavière I lnnviertel et la ville de Wasserbourg sur l’Inn. L’Autriche cédait le Frickentbal à la Suisse, les fiefs impériaux à la Ligurie, et le Brisgaw au duc de Modène. Des indemnités étaient promises en Allemagne au Stathouder, et aux princes dépossédés sur la rive gauche du Rhin. En6n l’article 7 laissait entrevoir la possibilité de nouveaux partages, en stipulant que si l’une des puissances contractantes faisait des acquisitions en Allemagne, l’autre en ferait d’équi va tentes
1 Ce traité glorieux , qui termina ainsi une guerre mémorable, ne Put eu réalité qu'un armistice. ï-c* piuiODi qui avaient provoqué ta guerre commuèrent d'exercer leur empire dan* le* transaction» de* Etat* entre eux. La paix aurait été durable »i la jusliix et la modération euuenl élé «eut* consultée*.— La réanion de la Belgique i la France n’était qu’une Juite compensation de la perle de Saint -Do- Dingue et de* conquêtes faite* par les autre* puiasance* en Pologne ou dan* le* Deux-Indes.— L' Autriche fut amplement dédommagé de an sacrifier* par l'acquisition de* Étal* de Venue . du Salzbourg et de la (iallicif ; en un mot , le* grande* puissances européennes *e retrouvaient dan* un état relatif peu différent de celui de 17TO.— Quoique ce traité fût plu* avantageux A la République que le* préliminaires de Léoben, puisqu’il lui assurait Corfou et le* sept Ile* de l'Archipel Ionien , on ne manqua pa» de critiquer le* doubles avantages concédé* i l’Aul riche, llnnet l'Adriatique, *ou* prétexte qu’il* excédaient ceux de* préliminaires, et paraissaient des équivalents supérieur* A ce que l’Empereur pouvait prétendre après six campagnes malheureuse*.
Le Directoire devait trouver an**i que le général négociateur n’avait pas exactement suivi te* instruction*. Bonaparte avait prévu ce* critiques ; aussi s'était-il bâté d’écrire au ministre des relations «xiérkurc* :
• La paix a été signée hier avant minuit. J'ai fait partir , A deux heures, le général bcrlbier et le citoyen Monge, pour vous porter le traité en original
«1° Je ne doute pas quel* critique ne s’altarhe vivement A déprécier le traité que. je viens de signer. Tous ceux, cependant , qui connaissent ( Europe, et qui ont le tact des affaires, feront bien con-
Bonaparteà Rastadt.— Le traité signé à Campo-Formio ne réglait que les différents de la République avec
vaincus qu’il était impossible d’arriver i un meilleur traité, sans commencer par se battre et sans conquérir uue ou deux province* de la maison d’Autriche. Cela était-il possible ? Oui. Préférable? Noo. En effet , l’Empereur avait placé toutes scs troupes coolre Tannée d’Italie , et nous avons laissé toute la force de nos troupes sur le Rbin. Il aurait fallu trente joors de marche A l'armée d’Allemagne pour arriver sur la lisière de* États de ta maison d’Aulritbe , et pendant ce temps IA j aurais eu contre moi les trois quart* de scs forces. Je ne devais pas avoir les probabilités de le* vaincre; et , les cusaé-je vaincue*, j’aurai* perdu une grande partie des braves soldats qui ont A eux seuls vaincu 1a maison d’Autriche et changé le* destinées de l’Europe.
« 2* Vous avez 150,000 hommes sur le Rhin ; j’en ai 50,000 en Italie; l'Empereur, aucoptraire. a 150,000 homme* coolre moi , 40,000 en réserve , et au plus 40,000 au-delA du Rbin.
« 3~ Le refus de ratifier le traité dn roi de Sardaigne me privait de 10,000 hommes, et me donnait de* inquiétudes réelles sur mes derrières , qui s’arraiblissaient par les armements extraordinaires de Naples.
• 4V Les cime* des montagnes sont déjà couvertes de neige ; je ne pouvais pas avant uu moi* commencer le* opérations militaires, puisque, par une lettreque je reçois du général qui commande l’armée d’Allemagne, il m’instruit du mauvais état de son armée, et me fait part que l'armistice qui existait entre le* armée* n’est pu encore rompu. Il faut dix jours pour qu'un courrier se rende dUdine A l'armée d’ Allemagne annoncer la rupture. Le* hostilité* ne pouvaient donc . en réalité commencer que vingt-cinq jours après la rupture : alors nous nous trouvions dans la grande neige.
• 5* Il y aurait eu le parti d’attendre au mois d'avril , et de passer tout l’hiver A organiser le* armée* et à concerter un plan de campagne qui était, pour le dire entre nous, on ne peut plus mal combiné ; mau ce parti ne convenait pas A la situation intérieure de ta République , de no* li naines et de l'armée d'Allemagne.
■ 6* Nous avons la guerre avec l'Angleterre : cet ennemi est assri couudérahlc. -Si f Empereur répare set pertes dans quelques années de paix , la République cisalpine s’organisera de son côté , et l'occupation de Mayence et la destruction de l'Angleterre nous compenseront de reste et empêcheront bien ce priuoe de penser A se mesurer avec nous.
« 7* Jamais , depuis plusieurs siècles , ou n’a fait une paix plus brillante que utile que nous faisons. Nous acquérons la partie de U République de Venise la plus précieuse pour nous ; une autre partie du territoire de cette République est acquise A la Cisalpine , et le reste A l'Empereur.
« 8* L’Angleterre allait renouveler une autre coalition. La guerre, qui a été nationale et populaire lorsque l’ennemi était sur nos frontières, semble aujourd’hui étrangère au peuple et n’est devenue qu'une guerre de gouvernement : dan* l ordre naturel des chose* , nous aurions fini par y succomber.
• 9" Lorsque la Cisalpine a les frontières les plus militaires de l’Europe; que la France a Mayence et le Rhin; qu elle A dans le Levant Corfou, place extraordinairement bien fortlMe, et les autres lie* , que veut-on davantage? Diverger no* forces, pour que l'Angleterre continue d’enlever A nous , à l'Espagne, A la Hollande leurs ro lonies, et éloigner encore pour quelque temps le rétablissement de notre commerce et de notre marine.
• 10° Les Autrichiens sont loords et avares ; aucun peuple moins intrigant et moins dangereux pour nos affaire* maritimes qu’enx. L’Anglais , au contraire, est généreux , intrigant , entreprenant : il fout que notre gouvernement détruise la monarchie anglicane, ou il doit s'attendre lui même A être détruit par la corruption et l'intrigue de ce* actifs insulaires. Le moment actuel nous offre un beau jeu. Concentrons toute notre activité du cftté de la marine, et détruisons l'Angleterre ; cela fait , l'Europe est I no* pied*. ■
Néanmoins, malgré cette lettre et les raisonnements qu’elle renferme, le Directoire fot au moment de refuser sa ratification aa traité de Campo-Formio. Thiers, qui parait avoir pu consulter les mémoires inédits de I-arévHlière- lepeaut, raconte ainsi l'entrevue de ce directeur avec les envoyés de Bonaparte :
• Monge et Betihicr forent rendus A Parts en quelques jours. Ils y arrivèrent au milieu de la naît , et arrachèrent de ton lit le président du Directoire, Ijirévelltère-lirpcaax. Toti en apportant un traité de paix, les deux envoyé* étaient loin d'avoir la joie et ta confiance ordinaires dans ce* circonstance» : ils étaient embarrassé* comme des gens qui doivent eommenrer par un aveu pénible : il fallait dire , en effet , qu'on avait désobéi au gouvernement. Il* employèrent de grandes précautions oratoires pour annoncer la teneur
la maison d’Autriche; il avait été convenu qu’un congrès se réunirait à Rastadt afin d’y faire toutes les conventions relatives aux autres états de l’empire d’Allemagne. Bonaparte reçut du Directoire les pouvoirs nécessaires pour sc rendre à Rastadt et y traiter au nom de la France.
Tous les souverains de l’Allemagne avaient des représentants dans cette petite ville. Les réclamations des princes dépossédés sur la rive gauche du Rhin étaient nombreuses, et annonçaient de longues conférences. Bonaparte ne pouvait prendre grand intérêt à des démêlés aussi secondaires. Après avoir signé une convention militaire pour la remise de Mayence aux troupes de la République, conformément au traité de Campo-Formio, il déclara àTreilbard et à Bonnier, ses collègues, qu’il regardait sa mission comme finie, et partit. 11 arriva le 5 décembre à Paris.
Réception solennelle de Bonaparte par te Directoire — En Italie et en Suisse, de Milan à Rastadt, et de Rastadt à Paris, le voyage du jeune général avait été une marche triomphale. Les populations accourues de plusieurs lieues à la ronde s'étaient pressées sur les routes à son passage. Il avait traversé les villes au milieu des cris unanimes de vive Bonaparte/ vive le Pacificateur! A Paris , il fut accueilli avec un enthousiasme et une joie qui excitèrent la jalousie et les inquiétudes du Directoire. Cette admiration, cet enivrement populaires étaient alors partagés par les principaux corps de la République, les conseils législatifs, les cours de justice, la municipalité de Paris. — Dans les comités secrets des Conseils on agita la question de donner au vainqueur de l’Autriche, au libérateur de l’Italie, un de ces titres glorieux que Rome républicaine n’accorda qu’à ses plus illustres capitaines: on proposa de lui décerner le surnom d 'Italique. Les
du traité et exemer le général. Larévellière le* reçut avec tooi kt égard* que méritaient deux personnage» aussi distingué*. dont l’un tortoul était un taxant illustre ; mai* il ne s'expliqua pa* tur le traité, et répondit «implement que le Directoire en dériderai! . Il le présenta le lendemain matin au Directoire.— La nouvelle de la paix s'éUil déjà répandue dan* tout Paris ; U joie était au comble : ou ne connaituit pas le* conditions; mais quelle* qu'elle* fussent, ou était certain qu elles devaient être brillâmes. On exaltait Bonaparte et sa double gloire comme il Pavait prévu ; on était cntbousiasmé de trouver en lui le pacificateur et le guerrier...
« L'envahissement de la joie fut ti prompt, qu’il eôl été bien difficile au Directoire de la tromper, en rejetant le traité de Campo- Formio. Ce traité éUil la suite d'une désubétasance formelle : ainsi le Directoire ne manquait pas d'excellentes raisons pour refuser sa ratification ; et il eût été tort important de donner une leçon sévère au jeune audacieux qui avait enfreint des ordres précis. Mais comment tromper l'attente générale ? comment refuser une seconde fois la paix, après l’avoir refusée à Lille? On voulait donc justifier tous les reproches des victimes de Fruclidor. et mécontenter gravement l’opinion ? Il y avait un autre danger non moins grand à braver. En effet , en rejetant le traité , Bonaparte donnait ta démission , et de* revers allaient suivre inévitablement la reprise des hostilités en Italie. De quelle responsabilité ne se rhargeail oo pas, dans ce caslà ? D’ailleurs le traité avait d’immense* avantage* : il ouvrait un superbe avenir; il donnait, de plus que celui de Leoben , Mayence et Ma u loue ; enfin il laissait libres toutes les force* de la France pour en accabler l’Angleterre.
« Le Directoire approuva donc le traité : la joie n'en fut que plus viTe et plus profonde. Sur-le-champ, par un calcul habile , le Directoire songea à tourner tous les esprits contre l'Angleterre. Le héros d’Italie et scs invincibles compagnons durent voler d’un ennemi à
menées envieuses des directeurs empêchèrent qu’on ne donnât suite à cette proposition. Il en fut de même pour une motion qui voulait qu’on décernât au général Bonaparte une autre récompense plus conforme aux idées moins désintéressées des temps modernes, le château de Chambord et un grand hôtel à Paris.
Néanmoins, et malgré sa jalousie mal déguisée , le Directoire pensa qu’il ne pouvait pas éviter de donner au conquérant de la paix une marque publique de la satisfaction du gouvernement. — La cour du Luxembourg, palais des Directeurs, fut disposée et ornée avec magnificence, pour une audience solennelle. Bonaparte y fut conduit par le ministre de la guerre, Scherer, et par celui des relations extérieures, Ta ileyrand.
Le général était accompagné de Joubert , portant le drapeau de l’armée d’Italie, monument glorieux ou étaient rappelées toutes les grandes choses que cette armée avait faites ».
Talley rand , en présentant le général aux membres du Directoire, fit un discours dont nous citerons quelques fragments. Ce discours , d’un style barbare et ampoulé , n’offre d’intérêt que parce qu’il concerne un grand homme; il servira à montrer comment Bonaparte a été apprécié par ses contemporains à l’époque peut-être la plus glorieuse de sa carrière.
a Citoyens-directeurs. J’ai l’honneur de présenter au Directoire exécutif le citoyen Bonaparte, qui apporte la ratification du traité de paix conclu avec l’Empereur. — En nous apportant ce gage certain de la paix , il nous rappelle malgré lui les innombrables merveilles qui ont amené un si grand événement. Mais qu’il se rassure, je veux bien taire en ce jour tout ee qui fera l'honneur de l'histoire et l’admiration de la postérité; je veux même ajouter, pour satisfaire à ses vœux impatients, que cette gloire, qui jette sur la France entière un si grand éclat, appartient à la Ré-
l'aulre ; et le jour même oà l’on publiait le traité, un arrêté nomma Bonaparte général en chef de l’année d'Angleterre. »
Thwrt, dans ton Histoire de la Révolution , montre une partialité singulière pour le Directoire, gouvernement de corruption et d'intrigue»; il attribue à un calcul habile des directeurs ce mouvement m n Ire l'Angleterre , qui , connue on le voit art. 10 de U lettre de TaJIeyraod , était une inspiration de Bonaparte.
1 Dans un but facile à comprendre , Bonaparte avait lui-méme fait disposer ce drapeau pour l’offrir à la République au nom de t’armée d’Italie. Ce nourd oriflamme, chargé de broderie* et d'inscription* offrait un résumé de tes victoire* ; on y lisait en lettres d’or : < L’armée d’Italie a fait cent cinquante mille prisonniers ; elle a pris cent soixante-dix drapeaux , cinq cent cinquante pièces d’art il brie de siège , six cents pièces de campagne , cinq équipages de poot . neuf vaisseaux , douze frégates , douze corvettes , dix huit galères. — Armistice avec le* roi* de Sardaigne, de Naples, le Pape, les duc* de l’arme, de Modênc. - Préliminaires de Léoben.— Convention de Muatebello avec la République de Gènes.— Traité* de paix de Toleoliao , de Campo-Formio. — Donné la liberté aux peuple* de Bologne . de Ferrare , de Modéne, de Massa Carrara, de la Romagne , de la Lombardie, de Brrtda , de Bergame, de Mantoue, de Crémone, d’une partie du Vérooai», de Chiavcuna, de Bortuio et de la VaUdlne, aux peuples de Cènes, aux fiefs Impériaux, aux peuple* de* département* de Corcyre, de la mer Égée et d’Ithaque.— Envoyé à Pari* le* chefs d’ouvré de Michel- Auge, du Guerehin, du Titien, de Paul Yéronèee, du Cortège , de I Afbane , des Carracbe, de Raphaël , de Léonard de Vinci , etc. — Triomphé en dix huit batailles rangée* , Montenoite, Millésime» , Lodi. Borgbelto, Lonato, Castlgliooe, Roveredo, Bassauo, Saint- George*. Fontana, Niva , Caldicro, Arcole, Rivoli, U Favorite, k Tagliamenlo , TarwU, Neunurd. — Livré soixante-sept combat». *
FRASCR MILITAIRE.
volutfon. feins tilt *, en effet, le génie du vainqueur it rfeafte eût langui dans de vulgaire» honneurs. ÉHe» appartient au gouvernement qui, né comme lui éeettrt grande mutation qui a signalé la fin do Xvm* siècle, a su deviner Bonaparte et le tortiller de toute sa confiance. KHe appartient a ces valeureux soldais , dont fa Iberré a fart d’mv'mcibles héfôt; elle appartient enfin fl tons tes Français digne» de ce nom : car «fêtait aussi , tl'ett doutons point , pour conquérir leur amour et leur vertueuse estime qu’il sc sentait pressé ât vaincu*; et ces cris de joie des vrais patriotes A la uOffvelte dune vicfolre , reportés vers Bonaparte, de^ venaient les garants d'une victoire nouvelle. Ainsi tous les Français ont vaincu en Bonaparte' ainsi sa gfchr est la propriété de tous? ainsi il n'est aucun républicain qui ne puisse en revendiquer sa part. » te cfiseotrrs de Tatleyranrf et celui de Scherer, qui parla après lui, lurent écoutés avec impatience. Joubrrl jfranonça une conrfe harangue, cr se jeta ensuite avec abandon dans les bras de son général. Bonaparte était debout ; sa contenance simple et modeste contrastait avec sa grande réputation : tous les yeux étaient Blés sûr lui. If remit au président du Directoire la ratification donnfe par l'Empereur au traité de Campo- Formio, et d une voix ferme, avec un accent sonore qUr remplit h vaste cour du palais :
«Citoyens (dt-il),
«Le peuple français, pour être libre, avait les rois fl cou* b a lire.
«Four obtenir une constitution fondée sur la raison, ilavaii dr-v-hoit siècle» do préjugés fl vaincre,
«La Constitution do l’a» m et vous, avez triomphé de loua ers obstacles,
«La religion, la féodalité, le royalisme, ont successivement, depot* vingt s*èole», gouverné l'Europe ; mais de la paix que vous venez de conclure date lere des gouvernements représentatifs.
«Vous êtes parvenus A organiser la grande nation dont le vaste territoire tfest circonscrit que parce que lu nature en a posé efle-ménur les limites.
«Voua avez fait plus. Les deux plus belles parties de l’Europe, jadis si célèbres par les arts , les sciences et
* La nefoiittion.
>L* gloire de Boaupcrfr.
les grands homme» «tant 4N»I filrrilt le bei^éa# , v»*trt avec le» plu* grandes espérance» lé génfu âé t* liberté sortir du tombeau de leurs ancêtre».
«O sont deux piédestaux sur lesquels le» destbfdN vont placer dm puissantes nstions.
«J'ai l’houncur de vous remettre fe tarifé Sîglf» I Campo-Formio, et ratifié pâé sa majesté l Empervir.
«La paix Assure la liberté, la prospérité et la gloftb de la République.
«Lorsque le bonheur du peuple fttaçttt ntffaf #«6# sur de me. Heures lois organiques, l'Europe éirtièeu dfe viendra libre. »
Barras, alors président du Directoire, répdfidit Hto* gaemrnt au général. — La première phrasé de #06 discours fut Mr seule remarquée; la vuict ?
«Citoyen généraf , la nature, avare «te se» prodige» , ne donne que de loin eh loto de» grands hotorMe# ê I* terre; mais elle dut être jsîôüse de marquer l’aurore de la fiberté par un de cm phénomène», et Ta rùrbfitoe révolution du peuple français, nouvelle dans fhFstota drs nation», «levait présenter Un génfr nouveau «fin# l'histoire des hommes célèbres. Lé péertiief <fe futur, citoyen général, vous ave* secoué lé JbugdfS frsraflèles, et, du même bras dont votf» atr» terrassé fei ennemis de la République, vous avez éWrté les rlValfcf que l'ami qu* lé vous présent lit.»
Des que Barras eut cessé de parier If tendit fes bm à Bonaparte, et lui donna Ce que Ton appelait encoré l’accolade fralemefie. L»s autres membir* da Directoire Imitèrent IVxcmple du présitfenf , et embrassèrent comme lui l'illusirr général.
Ainsi finit cette cérémonie, qui OVut «fécüat qtté par la présence et par les parole* de Bonaparte.- Qbetc|ues jour* après le» Conseils tégi si atifîr donnèrent unr fetc nu général, dars fa grande galerie du !Hus<V. — Üit dîner de 8R0 couverts et une harangue en pfrhf ato furent la seule récompense nationale que les membres du gouvernement crurent devoir offrir m» sauveur do la République I
A la même époque l’Institut l'appelait dans son sein » et se glorifiait de le compter parmi ses membre». Et la mumripatité de Piri», cédant â on vue u générafe* ment exprimé, prenait un arrêté pour donner fl \i
rue übautereine, où il demeurait, le son démodé A»
RESUME GHRONOKOGJOUE.
7Ï-ÎS «ai RérolUtion 3 Céticl.
If joui. Insullalioii do gouternement provisoire de Gènes sous le nntn tk République ligurienne.
» xtru.tr. Proctemeiiofi de la République cisalpine.
\4 — Anniversaire de |» Fédération, célébré & Milan. —Adresse* <fc Fariné,? au Directoire.
4 amaisi. Journée du 18 fructidor.
Oo souscrit cfez DEIXOT*, gditrar, place de
17 «mm r. Tnwté de r^mpo-lonnk).