‹ France (volume 2)Chapitre 11 sur 45 · COMTE DE POIX · texte numérisé non relu

COMTE DE POIX

Fondé en ton , réuni à la Navarre en 1471* Capitale Orthrz.

Le pays de Foix est borné au nord et à 1 est par le Languedoc; au sud, par le Roussillon et les Pyrénées; à rouest, par le pays de Cbmminges.

£n 1002, le comte de Carcassonne, Roger I", donna la terre de Foix à son second fils Bernard. Les nouveaux comtes se trouvaient vassaux des comtes de Toulouse ; mais ils portèrent leur hommage, en 1149, aux comtes de Barcelone. Ce fut Roger II, 1070- 1125, qui' fonda la ville de Pamiers.

Raymond-Roger, 1188-1223, fut le plus fidèle allié du comte de Toulouse contre les Montfort , durant la croisade des Albigeois. Roger-Bernard III, le

{ilus turbulent des princes gascons et anguedociens, fut tour à tour prison* nier du roi de France et du roi d'Aragon, ennemi du comte d'Urgel et du comte d'Armagnac, contre lequel il se battit, en présence du roi, à Toulouse, en combat singulier, pour la vicomte de Béarn.

Mais le plus fastueux et le plus célèbre des comtes de Foix fut Gaston III, surnommé Phœbus. Froissard , qu'il accueillit dans son château d'Orthez, en 1388, fait une description de ses grands biens et largesses, qui donne une idée de la manière de vivre des seigneurs féodaux. « Le comte Gaston dont je parle, en ce temps que je fus- devers lui, avoit environ cinquante-neuf ans d'aage. Et vous dis que

Tai en mon temps vu moult de dieraliers, rois, princes et autres; mais je n'en vis oncques nul qui fust de si beaux membres, de si belle forme, ni de si belle taille et viaire bel, sanguin et riant, les yeux vairs et amoureux là où il lui plaisoit son regard à asseoir. De toutes choses il étoit si très parfait, que on ne le pourroit trop louer. Il aimoit ce aue il devoit aimer, et hayoit ce qu'il aevoit haïr. Sage chevalier étoit et de haute emprise et plein de bon conseil, et n'avoit eu oncques nul marmouset d'encoste lui. Il fut prud'homme en régner. Il disoit , en son retrait planté d'oraisons, tous les jours une nocturne du psautier, heures de Notre-Danje, du Saint-Esprit, de la Croix et Vigilles des morts, et tous les jours faisoit donner cinq francs en petite monnoie , pour l'amour de Dieu , et l'aumosne à sa porte à toutes gens. Il fut large et courtois en don , et trop bien savoit prendre où il appartenoit et remettre où il afféroit. Les chiens sur toutes bestes il aimoit, et aux champs , été ou hiver, aux chasses volontiers étoit; d'armes et d'amour volontiers se déduisoit. Oncques fol outrage ni folle largesse n'aima, et vouloit savoir tous les mois que le sien devenoit. Il prenoit en son pays , pour sa recette recevoir et ses^gens servir et administrer, douze hommes notables , et de deux mois en deux mois étoit de deux servi en sa dite recette , et au chef des deux mois ils se changeôient, et deux autres en Toffice retournoient. Il faisoit du plus especial homme auquel il se confioit le plus son contrerooleur, et à celui tous les autres comptoient et rendoient leurs comptes de leurs recettes ; et cil contrerooleur comptoit au comte de Foix par rôoles ou par livres escripts, et ses comptes laissoit par devers -le dit comte. Il avoit certains coffres en sa chambre où aucune fois et non pas toudis il faisoit prendre de l'argent pour donner à un seigneur chevalier ou escuyer quand ils venoient par devers lui ; car oncques nul sans son don ne se départit de lui ; et toujours multiplioit son trésor, pour les aventures et les fortunes attendre que

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LTJNIVEES,

il Ueutoit. II. étoit connoissable et ac- Gointable à toutes gens ; doucement et amoureusement à eux parloit. Il étoit bref en ses conseils et en ses réponses. U avoit quatre clercs secrétaires pour escripre et rescripre lettres; et bien convenoit que ces quatre lui fussent prests, quand il issoit hors de son retrait; ni ne les nommoit ni Jean, ni Gautier, ni Guillaume; mais quand les lettres que on lui bailloit lues il avoit, .ou pour escripre aucune chose leur commandoît,Mau-me-sert chacun d'eux il appeloit.

« En cel état que je vous dis le comte de Foix vivoit. Et quand de sa chambre à mie nuit venoit pour souper en la salle, devant lui avoit douze torches allumées , que douze varlets portoient; et iceiles douze torches étoient tenues devant sa table , qui donnoient grand clarté en la salle; laquelle salie étoit pleine de chevaliers et de escuyers, et toujours étoient à foison tables dressées pour souper qui souper vouloit.

Nul ne parloit à lui à sa table si il ne rap[)eloit. Il mangeoit par coutume fors volaille, et en especial les ailes et les cuisses tant seulement, et guère aussi ne buvoit. Il prenoit en toutes menéstrandie grand esbatement, car bien s'y connoissoit. Il faisoit devant lui ses clercs volontiers chanter chansons, rondeaux et virelais. U séoit à table environ deux heures, et aussi il véoit volontiers étranges entremets , et iceux vus, tantost les faisoit envoyer par les tables des chevaliers et des escuyers.

« Brièvement, et ce tout considéré et avisé, avant que je vinsse en sa cour, je avois esté en moult de cours de rois , de ducs, de princes, de comtes et de hautes dames; mais je n'en fus oncques en nulle qui mieux me plust, ni ^ui fust sur le fait d'armes plus réjouie comme celle du comte de Foix étoit. On véoit, en la salle ît es chambres et en la cour, chevaliers et escuyers d'honneur aller et marcher, et d'armes et d'amour les oyoit-on parier.

Toute honneur étoit là dedans trouvée.

Nouvelles de quel royaume ni de quel pays que ce fust là dedans on y appreuoit; car de tous pays, pour la vaiK

lance du seigneur, elles y appleuyoîent

et venoient C*). »

Malgré les éloges de Froissard,.ce Gaston avait commis de sa main plus d'un meurtre. Étant convenu de livrer au^uc d'Anjou le château de Lourdes , que le chevalier Arnaud de Béarn , son parent et son vassal , tenait pour le roi d'Angleterre, il le fit venir à Orthez, l'accueillit « jiement, le fit seoir à sa table, et lui montra tous les beaux semblants d'amour qu'il put; » puis ii lui demanda de lui remettre son château, a Quand le chevalier ouït celle parole, si fut tout ébahi, et pensa un petit pour savoir quelle chose il répondroit , car il véoit bien que le comte de Foix parloit acertes; toutefois, tout pensé et tout considéré, il dit : a Mon- « seigneur, voirement je vous dois foi ft et lignage, car je suis un povre che- «valier de votre sang et de votre « terre; mais le chastel de Lourdes « ne vous rendrai-je jà. Vous m'avez «mandé, si pouvez faire de moi ce « qu'il vous plaira. Je le tiens du roi « d'Angleterre qui m'y a mis et établi , « et à personne qui soit je ne le rendrai « fors à lui. » Quand le comte de Foix ouït celle réponse, si lui mua le sang en félonnie et en courroux, et dit, en tirant hors une dague : « Ho ! faux «traître, as-tu dit ce mot de non « faire .î^ Par cette teste, tu ne l'as pas <( dit pour néant ! » Adonc férit-il de sa 'dague sur le chevalier, par telle manière que il le navra moult vilainement en cinq lieux; ni il n'y avoit là baron ni chevalier qui osast aller au devant. Le chevalier disoit bien : « Ha I « monseigneur, vous ne faites pas gen- «tillesse, vous m'avez mandé et si « m'occiez. » Toutes voies point il n'arresta jusques à tant qu'il lui eust donné cinq coups d'une dague, et puis après commanda le comte qu'il fust mis dans la fosse, et il le fut; et là mourut, car il fut povrement curé de ses plaies (**). »

Six ans plus tard, 1383, le comte tua lui-même son fils unique. Ce jeune prince étant allé voir sa mère, retirée

(*) Froissard, livre iri, ch. i3.

(**) Froissard , liv. m , ch. lo.

près de son frèrç Charles le Mauvais, roi de Navarre, celui-ci, qui avait eu plus d*uQ démêlé avec le comte de Foix, donna au jeune homme une bourse renfermant une poudre qui devait rendre, disait-il, a sa mère tout Tamour du comte de Foix , quand celuici en aurait pris mêlée à ses aliments. Gaston revint à Orthez ; mais son pèrç ayant aperçu, un jour qu*il le servait à table, « les pendants de la boursette au gipon de sou fils, le sang lui mua. et dit : « Gaston , viens avant, je veuil « parler à toi en l'oreille. » L'enfès s'avança de la table. Le comte ouvrit lors son sein et desnoulla lors son gipon, et prit un coutel, et coupa les pendants de la boursette^ et lui demeura en la main, et puis dit à son fils : « Quelle chose est-ce en celle «i boursette? » L'enfes, qui fut tout surpris et ébahi, ne sonna mot, mais devint tout blanc de paour et tout éperdu, et commença fort à trembler, car il se se&tait forfait. Le comte de Foix ouvrit la bourse et prit de la poudre et en mit sur un tailloir de pain , et puis siffla un lévrier que il avoit de lez lui et lui donna à manger. Sitôt que le chien ot mangé le premier morsel, il tourna les pieds dessus et mourut.

« Quand le comte de Foix en vit la manière, si il fut courroucé, il y ot bien cause, et se leva de table et prit son coûte], et voult lancer après son fils, et l'eust là occis sans remède ; mais dievaliers et escuyers saillirent au devant et dirent : « Monseigneur, pour a Dieu merci ! ne vous hastez pas , «mais vous informez de la besogne «avant que vous fassiez à votre fils « nul mal. » Et le premier mot que le comte dit, ce fut en son gascon :

« O Gaston! traitour, pour toi et pour « accroistre Théritage qui te devoit re* « tourner, j'ai eu guerre et haine au « roi de France, au roi d'Angleterre, « au roi d'Espagne, au roi de Navarre « et au roi d' Arragon , et contre eux me « suis-je bien tenu et porté, et tu me « veux maintenant murdrir. Il te vient « de mauvaise nature. Sache que tu en % mourras à ce coup. » Lors saillit ou- -

tre la table, le coutel en la main, et le vouloit là occir. Mais chevaliers et escuyers se mirent h genoux en pleurant devant lui et lui dirent: «Ha!

« monseigneur, pour Dieu merci I « n*occiez pas Gaston ; vous n'avez plus «d'enfants; faites-le garder et infor- « mez-vous de la matière; espoir ne « savoit il que il oortoit, et n a nulle « coulpe à ce mesfait. — Or tost , dit le « comte , mettez-le en la tour, et soit « tellenient gardé que on m'en rende « compte. »

« Lors fut mis l'enfès en la tour de Ortais. Le comte fit adonc prendre grand foison de ceux qui servoient son fils, et tous ne les ot pas, car moult $'en partirent ; et encore en est l'é vesque de l'Escale, d'encoste Pau, hors du pays, oui en fut souspeconné, et aussi sont plusieurs autres; mais il en fit mourir jusques à quinze très horriblement; et la raison que il y met et mettoit étoit telle ,'que il ne pouvoit estfe Î[ue ils ne sceussent cTe ses secrets , et ui dussent avoir signifié et dit : « Mon- « seigneur, Gaston porte une bourse a « sa poitrine telle et telle. » Rien n'en firent, et pour ce moururent horriblement, dont ce fut ^itié, aucuns escuyers; car il n'y avoit en toute Gas* eogne si jolis, si beaux, si acesmés comme ils étoient; car toujours a été le comte de Foix servi de frisque mesnée.

« Trop toucha celle chose près au comte de Foix, et bien le montra, car il fit assembler un jour à Ortais tous les nobles, les prélats de Foix, de Berne, et tous les hommes notables de ces deux pays; et, quand ils furent venus, il leur démonstra ce pourquoi il les avoit mandés, et comment il avoit trouvé son fils en telle deffaute et si grand forfait que c'étoit son intention qu'il mourust, et que il avoit desservi mort. Tout le peuple répondit à celle parole d'une voix , et dit : « Monsei- « gneur, sauve soit votre grâce ! nous « ne voulons pas que Gaston muire; «c'est votre néritier, et plus -n'en « avez. »

« Quand le comte ouït son peuple qui prioit pour son fils, si se restreignit

L'UNIVERS

un petit, et se pourpensa que il le chastieroit par prison,, et le tiendroit en prison aeux ou trois mois , et puis l'en- Yoieroit en quelque voyage deux ou trois, ans demeurer, tant que il auroit oublié son mautalent, et que Tenfès, pour avoir plus d'aage, seroit en meilleure et plus vive connoissance.

Si donna à son peuple congé; mais ceux de la comté de Foix ne se vouloient partir d'Ortais, si le comte ne les asseuroit que Gaston ne môurroit point, tant amoient-ils Tenfès. Il leur ot en convenant; mais bien dit que il le tiendroit par aucun temps en prison pour le chastier. Sur celle convenance, se partirent toutes manières de gens , et demeura Gaston prisonnier à Ortais.

« Ces nouvelles s'épandirent en plusieurs lieux; et pour ce temps etoit pape Grégoire onzième en Avignon.

Si envoya tantost le cardinal d'Amiens en légation, pour venir en Berne et pour amoyenner ces besognes et apaiser le comte de Foix , et oster de son courroux et Tenfant hors de prison.

Mais le cardinal ordonna ses besognes si longuement, que il ne put venir que jusques à Béziers, quand les nouvelles lui vinrent là que u n'avoit que faire en Berne, car Gaston , le Gis au comte de Foix, étolt mort; et je vous dirai comment il mourut, puis(jue si avant je vous ai parlé de la matière.

<( Le comte de Foix le faisoit tenir en une chambre en la tour d'Ortais, où petit avoit de lumière, et fut là dix jours. Petit y but et mangea , combien que on lui apportoit tous les jours assez à boire et à manger ; mais , quand il avoit la viande, il la détournoit d'une part et n'en tenoit compte, et veulent aucuns dire que on trouva les viandes toutes entières que on lui avoit portées , ni rien ne les avoit amenries au jour de sa mort; et merveilles fut comment il put tant vivre. Par plusieurs raisons, le comte le faisoit là tenir, sans nulle garde qui fût en la chambre avecques lui, ni qui le conseiliast ni confortast, et fut l'enfès toujours en ses draps ainsi comme il y • entra ; et si se mérencolia grandement ,

car il n'avoit pas cela appris , et maudissoit l'heure aue il fut oncques né ni engendré pour être venu à telle fin.

« Le jour de son tré|)as , ceux qui le servoient de manger lui apportèrent la viande et lui dirent: «t Gaston, vez-ci « de la viande pour vous. » Gaston n'en fit compte et dit : « Mettez-la là. » Cil qui le servoit de ce que je vous dis regarde , et voit en la prison toutes les viandes que les jours passés il avoit apportées. Adonc referma-t-il la chambre, et vint au comte de Foix, et lui dit : « Monseigneur, pour Dieu merci ! « prenez garde dessus votre fils, car il « f affame là en la prison où il gist , et « crois que il ne mangea oncques puis «qu'il y entra, car j'ai vu tous les « mets entiers tournés d'un lez dont « on l'a servi. » De celle parole le comte s'enfélonna, et, sans mot dire, il se partit de sa chambre, et s'en vint vers la prison où son fils étoit , et tenoit à la maie heure un petit long coutel dont il appareilloit ses ongles et nettoyoit. Il fit ouvrir l'huis de la prison et vint à son fils, et tenoit l'alumelle de son coutel par la pointe, et si près de la pointe que il n'en y avoit pas hors de ses doigts la longueur de l'épaisseur d'un gros tournois. Par mautalent , en boutant ce tant de pointe en la gorge de son fils , il l'asséna ne sais en quelle veine , et lui dit : « Ha , traitour ! pour- « quoi ne manges- tu point? « Et tantost s'en partit le comte sans plus rien dire ni faire , et rentra en sa chambre. L'enfès fut sang mué et effrayé de la venue de son père, avecques ce que il étoit foible de jeûner, et que il vit ou sentit la pointe du coutel cnii le toucha à la gorge, comme petit fat, mais ce fut en une veine, il se tourna d'autre part et là mourut (*). »

Ce Gaston Pbœbus, regardé, malgré tous ses méfaits , chose , du reste , alors fort commune, comme l'un des princes les plus accomplis de son temps, écrivit un ouvrage sur la chasse, dans lequel il assure que le bon chasseur va tout droit en paradis; « car la chasse sert, dit-il, à fuir les péchés mortels:

{*) Froissard, livre xii, ch. x3.

or qui fuit les sept [)échés mortels, selon notre foy, il doit estre saulve.

Doncques bon veneur aura en ce monde joye, iéesse et déduit, et après aura paradis encore. »

A la mort de Gaston Phœbus, 1391 , ses domaines tirent écliute à la couronne, en vertu d'une donation faite par Gaston ; mais le duc de Ber ry, oncle de Charles VI, les aliéna en faveur du vicomte de Castelbon , dont la sœur les porta dans la maison des captais de Buch. Ceux-ci , devenus comtes de Foix, quittèrent le parti des Anglais, qu'ils avaient jusqu'alors soutenus, et ce fut Gaston IV qui s'empara, avec l'aide de Dunois, en 1451, de Rayonne, la seule place qui restât aux Anglais dans la Guyenne. En récompense de ces services, Gaston obtint, en 1455, pour son fils aîné , la main de madame Madeleine, fille de Charles VII, et, en 1458, la dignité de pair. Sa faveur se soutint sous Louis XI, qui lui donna le Roussillon et la Cerdagne; enfin son mariage avec Léonore, fille de Jean, roi d'Aragon et de Navarre, donna la Navarre a la maison de Foix. Son petitfils, François Phœbus, réunit ainsi les comtés de Foix et de Rigorre, les vicomtes de Réarn et de Castelbon au royaume de Navarre.

COMTES DK XAGUILOITE, DS SUBSTAITTIOlT KT DB MZLGUSIL.

Les comtes de Ma^uelone(*) paraissent n'avoir subsiste que dans la seconde moitié du huitième siècle, et jusque vers 820. A cette époque, ils disparaissent de l'histoire , et l'on ne trouve plus à leur place que les comtes deSubstantion (ville ancienne ^ qui n'est plus aujourd'hui qu'un petit village à une lieue de Montpellier) , et de Melgueil (château à deux lieues de Montpellier), qui se maintinrent jusqu'en 1172. A cette époque, leur domaine fut

(*) Au sixième siècle, Maguelone était Tille épiscopale ; mais les Sarrasins s*en étant emparés , Charles-Martel ruina cette ville en 737. Rebâtie en io37 par l'évêque Arnaud, elle subsista jus(]u'en i53o, où Tévéché ayant été transféré à Montpellier, la ville lut peu à peu abandomiée.

réuni au comté de Toulouse. — La monnaie de Melgueil (sous Melgorien) avait autant de cours en Languedoc que celle de Morlas en Gascogne.

8SXGir£URfS DK MONTPKTXIKR.

Fondée en 976 ; réunie an domaine en 1349.

Sous la suzeraineté des évéques de Maguelone se trouvait la ville de Montpellier, jadis sénarée en doix villages, entre lesquels s^étendait un petit bois. En 975, l'évêque Ricuin donna à Oui T*^ l'un de ces deux villages, et le comte de Melgueil y ajouta, en 986, im domaine considérable, qui embrassait la plus grande partie diiv territoire de Montpellier. Kn 1204 , cette seigneurie, qui s'était fort agrandie, passa à don Pèdre, roi d'Aragon, par le mariage de ce prince avec une fille de Guillaume vm. En 1293, Philippe le Bel acheta de l'évêque de Mot^tpellier les deux tiers de la ville, et, en 1349, don Ja^me III, roi de Majorque, vendit à Philippe VI , au prix de cent vingt mille écus d or, la seigneurie de Montpellier, dont le revenu était de trente*deux mille huit cents livres tournois , et celle de Lates, qui en valait quatre cent trente-cinq.

COMTE DK HOUSSILLOir.

Établi yen 8»0f réuni an domaine en 1659. Capitale Perpignan.

Le Roussillon, province de vingt lieues de long sur neuf de large, était borné à l'est par la Méditerranée; à l'ouest, par la Cerdagne; au nord , par le Languedoc; au sud, par les Pyrénées , qui la séparaient de la Catalogne; mais le comté proprement dit ne comprenait qu'une partie de la province de Roussillon, dont la capitale, Perpignan , ne se trouve pas nommée avant le dixième siècle. Au commencement du neuvième , le Roussillon avait déjà des comtes particuliers, qui ne devinrent héréditaires qu'au commencement du dixième. En 1172, ce domaine entra dans la maison d^Aragon, de même oue les comtés de Cerdagne et de Bezaiu , qui avaient été conférés, en 928 , par iin comte de Barcelone à son second fils. Loui^ XI profita des embarras de Jean II d'Aragon pour lui

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L'UNIVERS

acheter, en 1462, au prix de deux cent mille écus, les comtés de Roussillou et de Gerdagne; mais ce ne fut que par la paix des Pyrénées, en 1659, cjue le Roussillon fut définitivement réuni à la couronne.

comt£ se rorriBiis.

ÉlablI en 778, conquis en z2o5> réuni au domaine ea x4aa. Capitale Poitiers.

Lorsque Charlemagn^e rétablit le royaume d'Aquitaine en faveur de son fils Louis le Débonnaire, il divisa le pays en €[uiuze comtésr soimiis au duc d'Aquitame, qui fut en même temps comte de Toulouse. De 778 à 839, Poi* tiers eut des comtes particuliers, dont le ressort avait une étendue plus grande que la province nommée plus tard Poitou; mais, en 845, Charles le Chauve donna au comte Rainulf I""' le titre de duc d'Aquitaine, que portèrent aussi les comtes de Toulouse, en renfermant le Poitou, la Saintonge et l'Angoumois dans sa juridiction. Après l'usurpation de Hugues Capet, les comtes de Poitiers, toujours ducs d'Aquitaine, étendirent encore leur autorité sur le Limousin et l'Aunis; Guillaume III donna même asile aux fils de Charles de Lorraine , et les proclama rois. Tous les ans , il faisait un pèlerinage à Rome ou à Saint- Jacques de Compostelle en Galice. Honore de totis les princes de l'Europe, traité comme leur éeal, il justifiait cette estime universelle par sa 'modération , qui lui fît refuser la couronne d'Italie, et par son zèle pour là propagation des lumières. Son second fils, Eudes, qu'il avait eu d'une fille de Sanche-Guillaume, duc de Gascogne , hérita de son duché, qu'il réunit à celui d'Aquitaine à son avènement au comté de Poitou, en 1038. Ce fut surtout à la cour de Guillaume VU, duc d'Aquitaine et de Gascogne (1087- 1127) , que commença à se développer la littérature nommée provençale.

Guillaume était bon troubadour et bon chevalier d'armes, dit une vieille chronique, et il courut longtemps le monde pour tromper les dames. Il reste de lui plusieurs pièces de ver». Malgré son zèle pour la croisade et sa dévotion ex-

térieure, Guillaume, avait deâ mœurs fort dissolues. Ayant appris que l'évéque de Poitiers voulait rexcommunier, n courut à l'église , saisit le prélat aux cheveux, et, le menaçant de son épée : «Tu m'absoudras, cria-t-il, ou tu mourras. » L'évéque demanda à réfléchir un instant , et en profita pour achever la formule d'excommunication, après quoi il présenta sa tête au duc, en lui disant de frapper. « Je ne t'aime pas assez , reprit Guillaume, pour f envoyer en paradis; » et il se contenta de l'exiler. La petite-fille de ce Guil- . laume est la célèbre Éléonore, qui , par son mariage avec Louis le Jeune, roi de France, et ensuite avec Henri, roi d'Angleterre, porta successivement dans ces deux maisons son riche héritage, composé du duché d'Aquitaine, qui comprenait les comtés particuliers de Poitou et de Limousin , avec l'autorité suzeraine sur l'Auvergne et le reste de l'ancienne province nommée par les Romains seconde Aquitaine; du duché de Gascogne ou ancienne Novempopulanie, avec les comtés particuliers de Bordeaux et d'Agen; enfin de la partie de la Touraine placée sur la rive gauche de la Loire. Philippe-Auguste ayant fait déclarer par la cour des pairs la confiscation dies possessions anglaises du continent, s'empara, en 1205, du Poitou, qui fut donné comme apanage à Alphonse , frère de saint Louis , puis à Philippe le Long, à Jean, duc de Berry , puis enfin , en 1 369 , au dauphin, nommé depuis Charles VII , qui le réunit à la couronne en 1427.

COMTÉ D'AirrKBOKB.

Fondé en 780 , réuni au domaine en 16x0. Cajpitale Clermoot.

Cette province, de trente Heues de long sur quarante de large, est bornée au nord par le Bourbonnais; au sud, par le Rouergue; à l'est, par le Forez et le Velay ; à l'ouest, par le Limousin, le Quercy et la Marche. Elle fit d'abord partie du royaume d'Aquitaine sous les rois et ducs mérovingiens, mais elle avait déjà des comtes particuliers qu'elle conserva sous les Carlovingiens.

Ce fut Guillaume le Pieux (886-918),

ANNALES DE L'HISTÔlRÉ DE FRANCE.

qui fut le premier comte héréditaire a'AuvergDe; il était aussi comte de Velay et marquis de Gothie ou de Septimanie, et Eudes le nomma duc d'Aquitaine. Son fils, Guillaume le Jeune, joignit à ces vastes possessions Bourges et le Berry ; mais, après la mort de son frère Alfred, quj lui succéda, le comté d'Auvergne et ses dépendances entrèrent dans la maison de Poitiers (928), puis dans celle de Toulouse (932); enfin un vicomte d'Auvergne commença, en 979, une nouvelle dynastie des comtes d'Auvergne.

Ce fbt à Clermont, capitale du comté d'Auvergne, que se tint le concile où fut décidée la première croisade. Lé comte Guillaume VII y prit part avec l'élite de la noblesse d Auvergne , Arnaud deBréorr, seigneur de Mardogne, Arnaud d'Apchon, Jean de Murât, Lonisf de Pondonas, Louis de Montmorin, Jacques de ïôurnemire , Léon de Dienne, le seigneur de Beaufort et le baron de la Tour.

De retour de la croisade , Guillaume youlut enlever à l'évéque de Clermont rautorité temporelle qu'il partageait avec le comte de cette v411e : il se saisit de la cathédrale et la fortifia comme Une forteresse; nrais l'èvêque ayant imploré l'assistance de Louis le Gros, ce prince accourut avec une armée, intimida le duc d'Aquitaine qur voulait prendre parti pour son vassal, et obligea le comte de faire un accommodement avec l'évêjue.

Au douzième siècle, l'Auvergne fut sur les frontières d'Aquitaine ce que le Vexin était sur celles de la Normandie, une cause de guerres perpétuelles entre les rois de France et les rois d'Angleterre, gui , à titre de dùcs-d' Aquitaine , exigeaient l'hommage des comtes d'Auvergne. Ces guerres furent peu favora-^ blés aux comtes, sur lesquels s'étendit peu à peu l'autorité royale. D'abord les évêques de Clermont leur enlevèrent toute là ville, dont ils restèrent en possession jusqu'en 1552; puis Philippe-Auguste les dépouilla de leur comté, dont la plus grande partie, donnée par saint Louis à son frère Alphonse de Mortiers, fut réunie, en

1271, au domaine, puis érigée, en 1360, en duché, en faveur de Jean , duc de Berry ; le reste, c'est-à-dire les châtellenies de Mirefleurs, de la Chypre, deBesse, de Clavières, de Montredon, d'Artonne et de Lezoux, avec la ville de Yic-le-Comte, qui en fut le cheflieu, et la terre de Combrailles, leur patrimoine, demeura aux anciens comtes. Le comté de Boulogne , dont Robert y hérita en 1277, releva quelque peu sa maison, qui, en 1350, donna une reine à la France, Jeanne, fille et héritière de Guillaume XIII , qui épousa le roi Jean. Philippe de Rouvre, qu'elle avait eu de son premier mari, Eudes de Bourgogne, reunit les comtés d'Auvergne et de Boulogne à ses États héréditaires, le comté et le duché de Bourgogne , et le comté d'Artois; mais, après la mort de ce jeune homme , son riche héritage fut partagé , et un oncle de Jeanne recouvra les comtés d'Auvergne et de Boulogne , qui , en 1422 , passèrent par les femmes , avec la baronnie de Montgascon, dans la maison de la Tour.

Le Boulonnais ayant été cédé au duc de Bourgogne par le traité d'Arras de 1435 , Louis XI , pour indemniser la maison de la Tour , lui donna le comté de Lauraguais en Languedoc;

{mis, lorsqu'il eut recouvré, en 1477, é Boulonnais, qui relevait de l'Artois , propriété de la maison de Bourgogne, il transporta l'hommage de ce comté à l'image de Notre-Dame, révérée à Boulogne. La Vierge fut donc déclarée suzeraine du comté*, et il se déclara son vassal par le relief d'un cœur d'or du poids de treize marcs, que ses successeurs payeraient à leur avènement au trône. Des lettres patentes enregistrées au parlement consacï:èrent cette singulière suzeraineté, qu'il reconnut lui-même solennellement, en prêtant hommage entre les mains de l'abbé de Notre-Dame. Cette coméd ie juridique avait un but sérieux ; en transportant à la Vierge la suzeraineté du Boulonnais, Louis l'enlevait au possesseur de l'Artois , Maxiniilien d'Autriche, qui aurait eu le droit dç^ l'exercer. - -

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L'UNIVERS

. A la mort de Jean III , dernier comte d'Auvergne de la maison de la Tour, Anne, sa fille aînée, déclara sa nièce, Catherine de Médicis, héritière de TAuvergne. Entrée ainsi dans la maison royale, l'Auvergne ne fut cependant réunie au domaine qu'à favénement de Louis XIII. En 1651 , la partie de cette province comprise sous le nom de comté d'Auvergne fut cédée au duc de Bouillon, avec les duchés d'Albret et de Château-Thierry et le comté d'Évreux,'en échange 'de Sedan et de Raucourt.

DAUPHiirc d'auverghc.

Fondé en iiS5, réuni an domaine eu 1693.

Guillaume Vni ayant été dépouillé par son oncle Guillaume le Vieux du comté d'Auvergr\p, en 1155, conserva une petite portion dft ce pays avec le Velay, c'est-à-dire la châtellenie de la vallée du Diable (Vodable), avec plusieurs terres dans la Limagne, telles que Ludesse, Issoire, le Cheylat, Torzel, Meillaud, Saint- Ilpize, Combronde, Langheac, Saint-Herem, Saligni , etc. , et prit dès lors le nom de dauphin d'Auvergne, à cause sans doute de ses armes, qui étaient un dauphin en champ d*or. Sa postérité subsista jusqu'en 1426. A cette époque, Jeanne, fille unique du dauphin Béraud III, lui succéda avec son époux, Louis de Bourbon, comte de Montpensier, par lequel le dauphiné d'Auvergne entra dans la maison de Bourbon. C'est le petit-fils de ce comte Louis qui fut le célèbre connétable de Bourbon. Après sa fuite, François P' fit confisquer tous ses biens, mais il en rendit à sa sœur et à son neveu , le prince de la Roche-sur- Yon , la plus grande partie. Par un édit enregistré le 25 juin 1561 , le prince de la Rochesur- Yon, déjà duc de Montpensier, fut mis en possession du comte de Forez , de la baron nie de Beaujolais, du Dauphiné d'Auvergne et de la seigneurie de Dombes. Son arrière-petite-fille, Marie de Bourbon, épousa Gaston, frère de Louis Xni, et lui donna la

Srincesse connue sous le nom de maemoiselie de Montpensier, et célèbre

par son amour pour le comte de LâUzun, qu'elle épousa en secret et dont elle n'eut point d'enfant. Elle mourut en 1693.

COMTÉ D*A.irGOVL£aiB.

Établi en 839, réuni au comté de la Marche en

iai8. Capitale Angonléme.

Le premier comte d'Angouléme que l'on connaisse est Turpion, qui fut établi comte par Louis le Déiwnnairc, en 839; mais cetie fut qu'en 866 que Wulgrin , parent de Charles le Chauve , fonda la maison des comtes héréditaires. Son petit-fils Guillaume , pour avoir, dans utie bataille contre les riormands, pourfendu le corps d'un roi de ces barbares , malgré la cuirasse dont celui-ci était revêtu, mérita le surnom de Taillefer, que portèrent ses descendants, et qu ils justifièrent par leur courage, leur force et leur esprit belliqueux. Leur postérité mâle s'élant éteinte en 1218, l'Angoumois passa par les femmes dans la maison des comte» de la Marche. Le comté d'Angouléme ayant été donné en apanage a Louis d'Orléans , frère de Charles VI , fut possédé par Louise de Savoie, femrtae de son petit-fils Charles d'Orléans et mère de François P'. Réuni au doniaine après la mort de cette princesse, il fut donné à Diane, fille naturelle de Henri II, puis, à la mort de celle-ci, à Charles de Valois, fils naturel de Charles IX et frère utérin de la célèbre duchesse de Verneuil. Sa petite -fille mourut sans postérité, en 1696.

COMTB DS PÉBIGOliD.

Fondé en 778 , réuni au domaine en 1399 , donné la même année en apanage , réuni définitivemen t eu 1689.

Le Périgord , borné au nord par l'Angoumois, à l'est par le Quercy et le Limousin, à l'ouest par la Saintonge, %i sud par l'Agenois, reçut un comte de Charlemagne, en 778. Une nouvelle dynastie, qui l'obtint en 866, le transmit,au milieu du dixième siècle, aux comtes de la Marche , du nom de Talleyrand, qui conservèrent le Périgord jusqu'en 1399, et méritèrent par leur esprit turbulent la réputation d'une des dynasties féodales les plus belli*

ai

queuses. Pendant plus de deux siècles , les nouveaux comtes de Périgord luttèrent contre la commune de Périgueax, sans pouvoir détruire les libertés de ces bourgeois, qui finirent par se mettre sous la protection royale, et amenèrent ainsi la ruine de leurs seigneurs. Archambaud YI ayant essayé d'enlever la fille d*un habitant de Périgueux, un arrêt du parlement le dépouilla de ses biens , qui furent donnés d'abord à Louis d'Orléans, dont le fils les vendit à Jean de Blois, comte de Pentbièvre. De cette maison, ils passèrent par les femmes dans celle d^ Albret, en 1470, puis tians celle de Navarre, et enfin dans la maison de France, à ravénement de Henri IV, 1S89. Une branche cadette des comtes de Périfiord donna naissance aux sei • gneurs de Grignols, devenus princes de Chalais et de Talleyrand, et desquels descendent les princes de Talleyrand encore aujourd'hui vivants.

COMTÉ DK !.▲ MARCHE.

Fondé Ter* 968, réuni an domaine en i3o8 » puis en i53i. Capitales Guéret et BeUac.

La Marche, c'est-à-dire la frontière du Poitou et du Berry, s'étend entre leBerry au nord, l'Auvergne à l'est, le Poitou et l'Angoumois à l'ouest, et le Limousin au sud. Primitivement , la Marche forma deux comtés, celui de haute Marche, capitale Guéret, et celui de basse Marche, capitale Bellac.

Le comte Boson le Vieux ayant épousé la fille d'un comte de Périgord , dont tous les fils moururent sans postérité j recueillit son héritage, et légua l'un de ses comtés à son fils aîné , l'autre au cadet. Ce furent ces comtes de la Marche qui furent la première cause des désastres de Jean sans Terre, Ce prince ayant enlevé Isabelle d'Angouléme, promise au fils de Hùsues' IX de la Marche, celui-ci souleva contre le roi d'Angleterre toute la uoblesse du Poitou , de l'Anjou et de la Normandie. Avec l'aide de tous ces seigneurs, Philippe- Auguste eut peu de peine à saisir presque toutes les possessions du roi anglais sur le continent. CependantHuguesX se repentit bientôt

d'avoir favorisé les progrès du roî de France, et se ligua tour atour avec Jean et les barons mécontents de la régence deBlanchede Castille ; mais saint I^ouis le força de se soumettre, Hugues XIII de Lusignan , comte de la Marche et d'Angouiéme, étant mort en 1303, sans laisser d'enfants , sou frère voulut se mettre en possession de son héritage; mais Philippe le Bel l'ayant fait condamner à douze mille livres d'amende, sous prétexte de trahison, le força de lui abandonner les deux corn tés, qui furent réunis au domaine en 1308.

Le comté de la Marche fut donné en apanage, en 1316, à Charles le Bel, ^ui devint roi en 1322, puis en 1341 , à Louis P', duc de Bourbon, qui le transmit à son troisième fils , Jacques, duquel descendent tous les i)rinc^ de la maison de. Bourbon qui existent aujourd'hui. Éléonore de Bourbon, héritière de la Marche, épousa Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac, qui mourut en 1460; et son fils Jacques III d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, fut décapité à Paris en 1477.

Louis XI confisqua les terres de ce prince , et donna le comté de la Marche à Pierre II de Bourbon , sire de Beaujeu , son gendre , qui mourut en 1503. La fille unique et l'héritière de Pierre II , Suzanne de Bourbon, morte en 1521 , épousa Charles de Bourbon, connétable de France , qui fut tué à Tescalade de Rome, le 6 mai 1527.

François l" confisqua les terres de Charles de Bou]J>on en châtiment du crime de félonie , dont ce grand feudataire s'était rendu coupable, et pour la Quatrième fois le comté de la Marche rut réuni à la couronne en 1531.

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