COMTÉ DR BOURGES
Fondé 9vaAt 768 , réuni au domaioe de la couronna
en iioo.
Le Berry , borné par l'Orléanais au nord, le rîivernais à l'est, le Bourbonfiaîs au sud, et le Poitou à l'ouest, com-
prît comme comté unt bariie <|ti Bourbonnais et de la Tourame. Fondé dès les temps les plus anciens , ce comté exista sous les Visigoths et les Francs mérovinçiens. Lorsque Peptn attaqua Waïfre d^Aquitaine , il y avait un comte ée Bourges du nom de Chunibert, que Pépin, puis Charlemasne, remplacèrent par des officiers dévoués à leur maison. Le premier des nouveaux comtes dont le nom soit connu est Humbert, établi en 778, par Charlemagne, lorsqu'il érigea l'Aquitaine en royaume. Jusqu'en 927, ces comtes subsistèrent , se mêlant à toutes les
Suerres qui troublèrent la France penant le neuvième et la première partie du dixième siècle. Mais à cette époque le roi Raoul supprima le comté de Bourges , déclara que tous les seigneurs de cette province, le prince de Déols, le seigneur de Bourbon^ le vicomte de Bourges, qui conservait la propriété de la ville, etc. , relèveraient immédiatement de la couronne. Les vicomtes de Bourges subsistèrent jusqu'aux croisades. L'an 1100, le vicomte Arpin vendit Bourges à Philippe I*' pour soixante mille sous d'or.
€OMTi DU SAirCBtRX.
Fondé en iiSa , réuni au Oauphiaé d'Aorcryne
en 1419.
Cette seigneurie, d'abord peu ir^' portante, fut longtemps possédée par les évéques de Beauvais,. puis par les comtes de Champagne* Jga iU2^ u« cadet de cette dernière majisou rayaat reçue pour apanage, prit le titre de comte de Sancerre, parce qu'il était de race comtale. £n 1419, cette terre passa dans la maison des dauphins d'Auvergne; en 1466, dans celle des sires de Breuii,et, en 1640, dans celle de Condé.
BAIK^ITNIK , PVfS IiV<mi Dfi tOVRBOlT.
Fondée avant 921 . réifnie an ()emainç royal en i5a7. Capîule Hoolini.
Le Bourbonnais , borné au nord par !e Nivernais et le Berry, au sud par l'Auvergne, à l'est par la Bourgogne et le Forez , à î'ouest enfin par le Berry, compte vingt-sept lieues en longueur sur onze en largeur. Au dixième sïèete*,
ANNALES DE L'Bltremfi DE FRANCE.
k Bouftomiaifi était Vwm d6» trois {principale» baroonies du royaume. La première race de ces barons, qui sub* sista jusqu*en 1200, prétendait descendre d*un frère de Charles Martel du nom de Gliildebrand. L*uu d'eiu, Ar- (diambaud VU, fonda, en 1137, la Yîlle de Villefranche, ne se réservant pour lui et ses successeurs que le four banni , les étaux du marché, avec divers droits sur les marchandises qui s'y vendaient, et la connaissance des crimes d'adultère, de rapt et de vol. Béatrix de Bourbon ayant épousé , en 1 272 , Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis, et sixième fils de saint Louis, leur lils Louis, dit le Grand et le Boiteux, réunit, en 1318, le comté de Clermont à la baronnie de Bour* bon, qui fut érigée eu duché-pairie le 27 décembre 1327; il reçut aussi la charge de grand chambrier, qui fut héréditaire dans sa maison. En 1316, Louis se déclara liautement en faveur de Philippe le Long , et de Tapplicatiop (le la loi salique à la succession de la eouronne. Il suivit la ménie politique à la mort de ce prince, en se prononçant pour Cliarles le Bel, et plus tard pour Philippe de Valois , « qui perdit en lui rhoinme le plus sage de son royaume (1341).
Sou fils aîné, Pierre I*% mourut à Poitiers en couvrant le roi de son corps. Son fils Louis II demeura huit ans prisonnier en Angleterre, comme otaçe du roi Jean , « auquel pays , dit Christine de Pisan, si gracieusement se contint, que mesmes au roi Édoart, à ses enfans et à tous tant plaisoit, qu'il lui estûit abandonné d'aller esbattre et jouer partout où il lui plaisoit; et, à brief parler, tant y fit par son sens , courtoisie, peine et pourchnâ, que ' grand part de sa rançon, qui montoit moult grand finance, lui fut quittée. » A son retour, il institua, à rexemple d'Edouard et de Jean , un ordre de cne- Talerie, celui de TÉcu d'or. Après la cérémonie, son procureur lui ayant apporté le registre des informations Qn il avait faites sur les déprédations commises durant sa captivité par plusieurs de ses vassaux qui se trouvaient
«lors présests, Louis l«l ëtt : « A^cte-
vous aussi tenu registre des services qu'ils m'ont rendus?» et, en même temps, il jeta le livre dans un brcoier. Durant la minorité de Charles VI , Je duc de Bourbon, oncle maternel itai jeune roi , fut le seul (faï ne montra pas une odieuse avidité. £r 1890, il se mit à la tête des chevaliàrs anglais et français qui entreprirent uiie croisade au profit des Génois. « Grand beauté et grand plaisance fut à voir l'ordonnance du partement, comment ces bannières , ces pennons et ces estrannières, armoyés bien et richement des armes des seigneurs , ventiloient au vent et resplendissoient au soleil , et de ouïr ces trompettes et ces daironceaux retentir et bondir, et autres ménestrels faire mestierde pipes et de chalumelles et de naquaircs, tant que du son et de la voix qui en issoit(*).
« C'étoit grand' plaisance, » dit-il encore plus loin,. dans son style pittoresque qui n'a rien de la naïveté qu'on prête si souvent à tort à notre vieille langue, « de voir ces rameurs voguer par mer à force de rames; car la mer, qui était belle coie et apaisée de tous ton rments, se fendoit et bruîssoit à Teifr* contre d'eux , et montroit par semblant qu'elle avoit grand désir que les chrétiens vinssent devant Auffrique. » Mais l'expédition ne put réussir; cependant le roi de Tunis s'engagea à rendre la liberté à tous les esclaves chrétiens, à payer les frais de la guerre , et à cesser de faire des courses sur la Méditerranée. Froissard semble accuser le duc de Bourbon de ce mauvais succès. « On eut faict autre chose, dit-il, si le sûre de Cûucy eût seulement empris le voyage souverainement et été capitaine de'tous les autres. Il avoit par especial tout le retour des gentils hommes, et bien sçavoit être et doucement entre eux et avecque eux, trop mieux, sai^s comparaison , que le duc de Boiwbon ne faisoit; car ce duc estoit haut de cœur, et de manière orgueilleuse^ ^t
8 résomptueuse, et point ne parloit si oucement ni si humblement aux ch/?-..
'*^ Froissard , Uv. iv, cb. xni.
rUNIVERS*
Valiiers et escuyen estranges me le sire de Coucy faisoit, et séoit leait duc de Bourbon, par usage le plus du jour, au dehors de son pavillon , jambes croisées, et convenoit parler a lui par procureur et lui faire grand révécence, et ne considéroit pas si bien l'état ni Taffaire des petits compagnons que le sire de Coucy faisoit. »
De retour en France, Louis de Bourbon acquit, en 1400, les seigneuries de Beaujolais et de Dombes et la baronniede Combraille; en 1402, les châtellenies de Trévoux, d'Amberieux et de Châtelar. En 1409, le duc de Bourgogne , contre lequel il s'était dé* claré après l'assassinat de Jean sans Peur, lit faire quelques ravages dans le Beaujolais; mais c'estoit, dit Monstrelet, un pauvre sacquement au regard du duc de Bourbon, Les pillards en effet s'enfuirent à son approche.
Son fils Jean, qui lui succéda, en 1410, dans le duché de Bourbon, les seigneuries de Combraille, de Beaujolais et de Dombes , et qui de sa mère eut encore le comté de Forez, se signala par son goût pour le faste et son culte pour les usages déjà dénaturés de l'ancienne chevalerie. Le 1*' janvier 1414, il publia le cartel suivant:
«Nous, Jean^ duc de Bourbonnais, « désirant eschiver oisiveté et explecter « notre personne, en avançant notre « honneur par le mestier des armes , y « acquérir bonne renommée , et la grâce ft de la très-belle dont nous sonunes «serviteur, avons naguères voué et « empris que nous, accompagnés de «seize aultres chevaliers, equiers de « nom et d'armes , porterons à la jambe « chascun un fer de prisonnier, qui « sera d'or pour les chevaliers , d'ar- «gent pour les équiers, par tous les « dimanches de deux ans entiers , coni- « mençant le dimanche prochain après «la date des présentes, au cas que « plus tost ne trouverons pareil nombre «de chevaliers et équiers de nom et « d'armes sans reproche , qui tous en- « sembleraent nous veuillent combattre «à pied jusqu'à outrance, par telles «conditions que ceux de notre part « qui seront outrés seront quittes coas-
« cun pour un brassèlet d'or aux chevd* « liers et un d'argent aux équiers, pour « donner là où bon leur semblera. »
Jean, fait prisonnier à la funeste bataille d'Azincourt , mourut captif en Angleterre, bien qu'il eût payé trois fois sa rançon , fixée à cent mille écus. Son fils Charles recueillit son riche héritage, accru encore du duchéd' Auvergne et du comté de Montpensier, qu'il tenait du chef de sa mère Afarie, seconde fille de Jean de France , duc de Berry, et du comté de Clermont en Beauvoisis , dont il rentra en possession après l'expulsion des Anglais. Ses deux fils, Jean II et Pierre II, lui succédèrent en 1456 et 1488. Pierre II, alors qu'il n'était encore que sire de Beaujeu, épousa Anne,fille af née de Louis XL Par le contrat de mariage, il avait été convenu que s'ils n^avaient pas d'enfants mâles tous leurs biens feraient retour à la couronne; mais Louis XII abolit cette condition en faveur de leur fille Suzanne , qui épousa Charles , chef de la branche de Bourbon-Montpensier, et fils de Gilbert de Bourbon , comte de Montpensier et dauphin d'Auvergne.
Charles , devenu ainsi duc de Bourbon , d'Auvergne et de Châtelleraut , comte de Clermont en Beauvaisis, de Montpensier, de Forez, de la Marche et de Gien , dauphin d'Auvergne , vicomte de Cariât et de Murât, seigneur de Beaujolais, de Combraille, de Mercœnr, d'Annonai , de la Roche-en-Regnier et de Bourbon-Lanci , se trouva le prince le plus opulent de l'Europe, après les têtes couronnées. Mais François I*"^, suivant les impressions d'une femme qui n'avait pas plus d'équité que d^ho7ineur, accabla le duc de vexations et le
Soussa à la révolte. Après la défection u connétable, le duché de Bourbon fut réuni à la couronne (1527).
§ II. Sud-est de la France. Fiefs de l'ancien royaume de Bourgogne et d'Arles restés français, entre la Méditerranée, les Alpes, le Rhône inférieur y la Loire y le Jura et les frontières de la Champagne et de la Lorraine (Provence, comtat Ve* neûssin, Dauphinéj Lymnais, Ni-
ANNALES DE L'fflSTOIRE DE FRANCS.
vertu^f Bourgogne et Franche' Comté).
EOTAVMS DK BOURGOGNE OU b'aRLES.
Fondé en 855.
Lorsque Lotbaire, (ils alué de Louis le Débonnaire , partagea , en 855 , ses États entre ses fils, Charles, le troisième, eut le Lyonnais, Genève, la Savoie, le Dauphiné et la Provence , avec le titre de roi de Provence, qu'il ne porta que huit années. La mort de ce prince, en 863, trompa les espérances des Bourguignons, qui, soumis à la domination des Francs depuis la conquête de leur pays par les fils de Clovis , avaient vu avec joie la formation d'un nouveau royaume de Bourgogne ; mais la faiblesse des héritiers de Charles de Provence favorisa leurs projets d'indépendance, et, en 879, à la mort de Louis le Bè^ue, les prélats de Bourgogne se réunirent et forcèrent Boson à prendre le titre de roi.
Boson , le fondateur du royaume de Bourgogne cisjurane , était beau-frère de Charles le Chauve, et avait été élevé par lui aux plus hautes dignités de l'État. Nommé successivement comte de Vienne, duc de Provence, duc d'Italie et archi-ministre du sacré palais, il avait obtenu la main d'Hermangarde, Gllede l'empereur Louis II. Encouragé par cette princesse, qui rougissait d'être la femme d'un simple comte, il aspira bientôt à porter une couronne, et dans une assemblée générale, tenue à Mantaille, il fut proclamé roi. On voit par l'acte de son élection l'étendue de son nouveau royaume : il comprenait la Franche-Comté, une partie de la Bourgogne, le Dauphiné, la Provence, une partie du Languedoc et la Savoie. Les deux rois de France, Louis et Carloman, essayèrent de réduire Boson au rang de vassal; ils le battirent plusieurs fois, et assiégèrent dans Vienne, sa capitale, la reine Hermangarde, qui s'y était renfermée, et qui ne la rendit qu'au bout de deux ans; mais ils ne purent achever la conquête du royaume de Bourgogne, et Boson en resta paisible possesseur jusqu'à sa mort (887). Son fils Louis: lui succéda,
sous la tutelle d'Hermangarde, et essaya de soutenir ses droits sur l'Italie, à titre de petit-fils de l'empereur Louis II; mais , fait prisonnier par Bérenger, son compétiteur, il n'obtint sa liberté qu'en renonçant, avec serment, à ses droits sur l'Italie. Plus heureux dans une seconde expédition , il battit Bérenger, et reçut la couronne impé* riale des mains du paj>e.
Mais dans une troisième expédition, entreprise quatre ans après, Bérenger le surprit dans Vérone, et ne le relâcha qu'après lui avoir fait crever les yeux. Louis régna cependant encore en Provence iusqu'en 930. Il confia , en mourant, la tutelle de son fils à Hugues, comte d'Arles et de Provence , qui déposséda son pupille, et passa les Alpes , en 926, pour s'emparer de la couronne d'Italie. Maître ae la Péninsule; il chercha à s'en assurer la tranquille possession, en cédant à son compétiteur Rodolphe, roi de la Bourgogne transjurane, ce qu'il possédait sur les bords du Rhône.
L'exemple de Boson avait été suivi de près (888) par le gouverneur de la Bourgogne transjurane , Rodolphe, qui , par les femmes, descendait de Charlemagne.
Sonroyaume,situéentrelemontJuraet les Alpes, comprenait la Suisse jusqu'à la Reuss, le Valais et une partie de la Savoie. La mort de Boson fournit à Rodolphe une occasion favorable de reculer ses frontières, et de s'emparer d'une partie du comté de Bourgogne; mais il eut à lutter contre Arnuif , roi de Germanie, qui s'arma deux fois inutilement contre Rodolphe (912).
Rodolphe II, fils du fondateur de ce royaume, lui succéda très-jeune encore.
Après une guerre malheureuse contre le duc de Souabe , Burkhard, qui se termina par le mariage de Rodolphe avec la fille du duc, Berthe la FUeme, Rodolphe, appelé par les Italiens contre Bérenger, passa les Alpes, et se fit proclamer roi à Pavie, après s'être emparé de presque toutes les villes de la Lombardie, à l^'exception de Vérone, où Bérenger s'était enfermé. Mais, trompé par les artifices de la marcfuise d'Ivree, qui mit sur le trône Hugues
UUNIVSRS.
de Provence, dont elle était la sœur, R\)(fôlphe retourna dans son royaume de Ëôurgogne transjurane, accru de Celui de Provence, que Hugues lui eéda , H d'une partie de la Suisse ailefnande , notamment de Mûri et d'Égli- «au , que Henri l'Oiseleur lui conféra.
Son fils Conrad le Pacifique, proclanné roi à Chavornay, en 937, vit les Hongrois pénétrer à travers la Rhétie jusque dans son royaume, tandis
Sue les Sarrasins, établis à Fraisnet et ans les Alpes, ravageaient la Provence et rançonnaient les voyageurs.
Pour se délivrer de ces barbares , il les fit combattre les uns contre les autres , et extermina les débris qui survécurent. Après cette victoire , le long règne de Conrad n'offre aucun événement remarquable, si ce n*est la fondation de l'hospice du Saint-Bernard par uil moine (Je la vallée d'Aoste.
A la mort de Conrad (993), les grands réunis à Lausanne proclamèrent son fils Rodolphe III. prince d'un caractère timide et efTéminé, qui passa son règne à enrichir les couvents , et légua ses États à l'empereur d'Allemagne Henri II. Ce prince en prit possession après une victoire remportée près du lac de Genève sur les Bourguignons; mais les trois filles que Conrad avait laissées avaient porté leurs prétentions dans plusieurs maisons qui s'efforcèrent de les faire valoir par les armes. Le résultat de ces longues guerres fot l'établissement, dans le royaume d'Arles, d'une nombreuse noblesse, qui, sous la suzeraineté purement nominale des empereurs allemands, conserva son indépendance, jusqu'à ce que les maisons de Franee, de Savoie, et les paysans de la Suisse fussent assez fortâ pour se partager tes dépouilles de l'ancien royaume d'Arles. C'est ainsi (|ue l'archevêque de Lyon usurpa le titre d'exarque; l'archevéqite de Besançon, et les évéques de Bâie, de Genève, de Lausanne et de Bellai , celui de princes d'empire; l'archevêque d'Embrun et l'évéque de Grenoble , celui de princes; enfin l'archevêque de Vienne, les évéques de Valence, de Gap et de Die, celui de comtes.
Fondé en 9x6 , réani au domaine ei
t4ft.
Lorsque Hugues alla preadro possession du royaume d'Italie, en 926, il nomma comte de Provence Boson P', dont les possessions s'étendirent entre le Diois, le Graisivaudan, le Briançonnais, les Alpes, la Méditerranée et le Rhône. Dans la suite le Gapençois , l'Embrunois, le comtatVenaissin et le comté de Nice furent démembrés du comté de Provence, qui ne devint héréditaire qu'en 1048, et passa, en 1112, dans la maison de Barcelone.
Mais , en 1 125 , Raymond-Bérenger P' fut forcé, par le comte de Toulouse, de lui céder la moitié de la Provence, c'est-à-dire , la partie de cette province située entre l'Isère au nord , les Alpes à l'est, la Durance au sud , et le Rhône à l'ouest, comprenant une grande partie du diocèse d'Avignon , avec ceux de Vaison, Cavaillon, Carpentras, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux , Valence et Die. Ces diocèses formèrent le marr quisat de Provence. La ville d'Avignon , les châteaux du Pont de Gorgues, de Caumont, de Tor, et leurs dépendances, furent aussi partagés par moitié entre les deux princes ; maig il paraît que Raymond-Bérenger céda peu à peu ses droits , sur la moitié de ra ville d'Avignon , au comte de For calquier, qui s'intitula dès lors comte de cette ville.
La cour des comtes de Provence de la maison de Barcelone, surtout celle de Raymond-Bérenger IV, qui fonda Barcelonette, en 1230, devint le refuge des prêtres languedociens durant la funeste croisade des Albigeois.
Mais sa quatrième fille, Béatrix, qu'il institua son héritière, porta les coirités de Provence et de Forcalquier à Charles, comte du Maine et de FAnjou, frère de saint Louis, qui conquit, en 1266, le royaume de Naples. Ses successeurs au royaume de Raples, Charles II le Boiteux, Robert, et Jeanne, petite-fille de ce dernier, possédèrent aussi le comté de Provence; mais Jeanne vendit au pape^la ville et la sen gneurie d'Avignon au prix de ^uatre^
ATirNALES DE L'HISTOIRE DE FRANCE.
viofit QÔUe fiorios d'or. Déjà Philippe le i^Oiavait cédé à Grégoire IX toute la ferre de P^enaissin, que le saintslégé posséda jusqu'en 1791. Louis d'Anjou, frère de Charles V, que Jeanne avait nommé son héritier, ne put se mettre en possession du royaume de Naples, mais s'assura de la Provence, à l'exception des villes de Nice et de Barcelonette , qui passèrent sous la domination des comtes de Savoie. Leis successeurs dé Louis furent Louis H, Louis III et René dit le Bon, prince pacifique, qui peignait une perdrix quand on vint lui apprçndré la perte du royaume de Napl'es , et ne suspendit pas son travail en recevant cette nouvelle. N'ayant plus d'enfant, René légua la Provence à son neveu Charles, gui, à sa mort, institua Louis XI son éritier pour la Provence, le Maine ei l'Anjou (14S1).
GOXTK DB VOftCALQVISR.
établi ea io54 , xéoni aa oomté de Proveooe
en xio8.
Ce comté, nommé primitivement comtés de Sisteron, et renfermant tout ce qui est compris entre la Durancç, l'Isère et les Alpes , fut établi , en 1054 , par un comte de Provence, qui le démembra de son patrimoine eu faveur de deux de ses neveux. Ce comté subsista jusqu'au commencement du trei^ zième siècle, où il fut réuni au comté de Provence.
COMTÉ ET PRIHCiPAlJTi u'oRAVUK.
Fondé. vers io5o, réuni an domaine en 170s.
On trouve, dans la première moitié du onzième siècle, des comtes d'Orange qui restèrent lonetemps faibles , à cause des fréquents partages qu'ils firent de leur patrimoine. Ce ne fut qu'en 1308 que tout le comté se trouva réuni entre les mains de Bertrand dé Baux, qui porta le titre de prince, que Frédéric P*" avait accordé a ses ancêtres. En 1418, cette principauté fut portée par les femmes dans la maison de Châlons, qui servit fidèlement contre la France les ducs de Bourgoguc, puis Charles-Quint. En 1530, a la raort de Philibert de Châlons , qui avait lervi de lieutenant m c<Hinétable de
Bourbon durant le siège de Home, la principauté d'Orange passa dans la maison de Nassau , d'où elle sortit à la mort de Guillaume III d'Angleterre, pour être réunie au domaine de la maison de France (1702).
COMTi IT DAUPHUTK DB YIEirNOIS.
Fondé en io63 , réoni an domaine en 1349.
Lorsque le royaume d'Arles passa aux rois dç Germanie, les anciens sei* gueurs d'Albon, dans le diocèse de Vienne, étendirent |)eu à peu leurs domaines dans le Graisivaudan (district dont Grenoble est le chef-lieu). £a 1063 , Guigues II prit le titre de comte de Grenoble, et son petit-fîls, Guigues IV, celui de dauphin, sans doute parce qu'il portait un dauphin sur se$ armes dans les nombreux tournois ou il signala sa force et son adresse; enfin son successeur prit celui de comte de Vienne, en 1155, Sous Guigues VI, (1 128-1 137), le Dauphiné, alors sous la suzeraineté de l'empereur d'Allemagne, comme les comtés de Provence et de Forcalquier, s'accrut des comtés de Gap et d'Embrun; mais le dernier dauphin, Humbert II, se trouvant sans enfants et accablé de dettes, vendit ses biens à Philippe VI, qui l'engagea à se faire dominicain, et obtint du pape^ pour l'empêcher de rentrer dans 1§ siècle, q^u'on lui conférerait en un même jour tous les ordres sacrés : il le fît en outre sacrer patriarche latin de Constautinople, et le nomma évéqup de Paris en 1354. Dès lors, les iila aînés des rois de France portèrent les armes et le nom de dauphin.
coMf is BE Valbutikois et de Dfors.
Fondés avant §5o. Capitales Valence et Die.
L'existence de ces comtés remonte à une époque reculée; mais Ton né connaît bien que les princes de la seconde maison qui posséda ces deux fiefs; ils descendaient d'une ligne bâtarde de la maison de Poitiers , et régnèrent de 1115, ou environ, jus-
Su'en 1420. Charles VII acheta de Louii e Saint-Vallier, en 1423, tous ses droits sur ces deux comtés, et le^ réunit au Dauphiné. Plus tard , te comté
L'UNIVERS
deValentinois fut érigé , par LouisXII , en duché, eu faveur de César Borgia, puis donné à Diane de Poitiers, et enfin à Honoré Grimaldi, prince de Monaco.
OOMTÉS DK LTONN Aïs RT DE FOEU.
Capitaieg Roanne et Montbrison.
Le Forez , long de vingt et une lieues et large de onze, est borné au nord par le Charolais et le Beaujolais ; au sud par le Yelay et le Yivarais ; à Test par le £vonnais; et à Touest par la rivière d'Anse, qui le sépare de l'Auvergne. Dès Fan 582, le Forez eut des comtes amovibles qui étendaient leur juridiction sur le Lvonnais et le Beaujolais; mais Cruillaume fitt nommé oomte de Lyon, en 870, par Charles le Chauve. Cette première race des comtes de Forez s'éteignit en 1109, et fut remplacée par une branche de la maison du dauphin du Viennois. Sous Guignes III éclatèrent de violents démêlés entre l'archevêque de Lyon, qui se prétendait vassal de l'empereur d'Allemagne et maître absolu dans sa ville (*) , et le comte de Forez , qui se disait vassal du roi de France, et voulait exercer dans Lyon une autorité prépondérante. Ces démêlés furent favorables à l'autorité royale, qui intervint entre les deux adversaires. En 1183, Philippe Auguste reçut de l'archevêque l'hommaee pour la partie de la ville située sur la rive droite de la Saône. En 1292 , Philippe le Bel établit un gardiateur de la ville , pour recevoir et juger en son nom les ap* pels des bourgeois; et, en 1298,' il voulut contraindre l'ardievêque à lui fBÙre hommage pour toutes ses villes, comme à son seul suzerain. Enfin , en 1313, l'archevêque fît l'abandon de tous ses droits en échange de [)lusîeurs terres que lui donna le roi de France.
Ainsi rentra sous l'obéissance royale
(*) Le roi de France Lothaire avait cédé Lyon au roi de Bourgogne Conrad en ^55 \ le royaume de Bourgogne ou d'Arles ayant passé, comme ou Ta vu plus haut , sous la suzeraineté des empereurs allemands , Lyon devint une ville d'^pire.
cette ville importante qui domine les passages des Alpes et les provinces du Rhône. Quant aux comtes de Forez , leur descendance masculine s'éteignit en 1373, et leur comté entra dans la maison de Bourbon. En 1531, François P*^ le réunit à son domaine. Plus tard , il fut donné comme douaire à la veuve de Charles IX; et, depuis elle, toutes les reines veuves l'ont successivement possédé. Ce fut en 1441 que Charles V de Bourbon accorda à la ville de Montbrison le titre de capitale du Forez, qu'avait jusqu'alors porté celle de Feurs.
Bi^ROHNIB DE BEAUJ0X.4I5.
Maiotenae jusqu'au dernier giicle.
Long de seize lieues et large de douze. Te Beaujolais est borné au nord par le Charolais et le Maçonnais; au sud par le Lyonnais et le Forez ; à l'est par fa Saône, qui le sépare de la principauté de Dombes ; et à l'ouest par le Forez , dont la Loire le sépare. Ce pays, dont la capitale fut dans la suite Villefranche , flt d'abord partie du royaume d'Arles et du comté de Lyon ou de Forez ; mais les comtes de cette maison^ le démembrèrent de bonne heure en faveur d'une ligne puînée, et le Beaujolais devint une des troi§ baronnies deFrance. «TVota , dit le grand coutumier dans l'édition de 1598 , qu'au royaume de France ne souloit avoir que trois baronnies ; c'est à savoir Bourbon , Coucy et Beaujeu. On y ajouta ensuite Craon et Sulli , ^uand Bourbon eut été érigé en duché. » — « Item vrai , dit Duchesne , qu'en ce royaume,ainsi qu'on dit communément, a quatre baronnies notables et princi-
gaïes , lesquelles sont Coucy , Craon , ulli et Beaujeu.» En 1400, la baronnie de Beaujeu passa dans la maison de Bourbon , puis dans la branche de Montpensier jusqu'à la grande Demmselle , qui céda par testament le Beaujolais à la famille d'Orléans.
SKXGHEUEIS DB BAESSE.
Fondée «Tant iioo, réunie au domaine en 1601. Capitale Baugé.
Longue de sei^e lieues et large d'au-
taot, la Bresse est bornée au nord par le duché de Bourgogne et la Franche-Comté; au sud par le Rhône, qui la sépare du Dauphixié ; à l'est par le Bugey; à Fouest enfin par le Lyonnais et la Saône qui la sépare du Lyonnais. Quand la mort du dernier roi de Bourgogne eut livré son royaume à la plus complète anarchie , les seigneurs de la Bresse se partagèrent cette province, comme avaient fait ceux des autres parties de l'ancien royaume, et se déclarèrent indépendants sous la suzeraineté nominale de Tempire germanique. Les principaux d'entre eux furent les sires de Coligny , de Thoire, de Villars et ceux de Bausé, qui exercèrent sur toute la Bresse le droit de suzeraineté. Leurs possessions comprenaient les villes de Baugé, de Bourg, de Châtillon, de Saint - Tri vier, de Pont-de-Veyle, deCuiseri, deMirbel, et tout le pays appelé basse Bresse , et Bombes, depuis Cuiseri et Baugé jusqu'à Lyon. La ligne masculine des sires de Baugé s'étant éteinte en 1268, leur héritière porta une partie de la Bresse dans la maison de Savoie , qui aquit successivement les biens des autres maisons du pays. Mais , en 1601 , ie Bugey ( capitale Bellay , pays long de seize lieues sur sept de large , séparé par le Rhône du Dauphiné et de la Savoie ) ; le Val-Romei ( composé de dix-huit paroisses que l'on considère comme faisant partie du Bugey); le Gex ( vinçt-cinq paroisses du diocèse de Genève ) , furent cédés avec la Bresse, par le comte de Savoie, en échange du marquisat de Saluées.
COMTÉ. DK MACOH.
FmmU vers 8ao, réuni aa domaine en laSg.
Ce comté s*éteud, sur dix-huit lieues de long et quatorze de large, entre le Ghalonnais au nord , le Beaujolais au midi, le Charollais et le Brionnais à Touest; en6n la Saône à l'est, qui le sépare de la Bresse. Ce fut Louis le Débonnaire qui conféra à Warin, déjà comte d'Auvergne, les comtés de Maçon, d'Autun et de Châlons. Mais le comte de Mâcon ne devint héréditaire que vers 920 , au profit d' Alméric l**,
second fils d'un vicc^te de Narbonne.
En 995, cette terre passa dans la maison des comtes de Bourgogne , qui la possédèrent jusqu'en 1239. A cette époque, leur dernière héritière Alix venait le Maçonnais à saint Louis.
Depuis lors il eut diverses vicissrtu* des. En 1S59, il fut donné comme apanage à Jean , duc de Berry. Réuni au domaine en 1416 , à la mort du duc de Berry, il fut cédé par le traité d'Arras en 1435^ avec celui a'Auxerreet les seigneuries de Bar-sur-Seine , de Montdidier, de Roye et de Péronne, à Philippe le Bon , pour les tenir en pairie. A la mort de Charles le Téméraire , le Maçonnais fiit de nouveau réuni définitivement au domaine royal (1477).
DUCHK DE BOUEGOGlfK.
Établi en 877 , réoni i la eoaronoe en x477*
Ce duché comprenait le Dfjonnnis (Dijon, Beaune, Nuits, Auxonne, Saint- Jean-de-Losne ) ; l'Autunais (Autun, Montcenis , Sémur en Brionnais , Boui^ bon-Lanci); le Châlonnais (Semur en Auxois , Avalon , Arnay-le-Duc et Saulieu ) ; lé pays de la Montagne, dont la principale ville estChâtillon-sur-Seine.
Ricnard le Justicier, comte d'Autun, fut nommé au duché de Bourgogne par Charles le Chauve; mais il iren faTOrisa pas moins les prétentions d'une maison nouvelle à la couronne de France, et concourut à faire proclamer roi Eudes, comte de Paris. Son fils Raoul obtint même cette couronne; mais, en prenant le titre de roi , il abandonna son duché à son beau-frère Giselbert, comtedeDijon,deBeauneetdeCbâlons« Après plusieurs querelles entre divers compétiteurs, le duché resta à Hugues le Grand, dit aussi le Blanc et l'Abbé, comte de Paris et duc de France, qm' le laissa successivement à ses deux fils, Otton et Henri, dont le dernier commence la liste des ducs propriétaires.
A sa mort, le roi Robert, son neveu, se présenta comme son héritier, s'em* para de la Bourgogne après douze années de guerre, et la donna à son fils ' Henri, lequel la céda lui-même, à son avènement, à son frère Robort, ee
loas.
L'UNIVB^S.
Gfet par ce prince que commeacent les ducs de Bourgogne de la prelliière r^ce. L'un de ses netits-uls, Henri de Bourçogqe, tut la tige des' comtes et ensuite des rois de Portuga^k. Ces ducs capétiens de Bourgogne ïbrent: Robert P', et le Vieux (1032), chef de la race, qui, ayant tué, dans une qui^elle, son beau*père, seigneur de Semur, fonda en expiation de son crime le prieuré de Sémur, et fit sculp^
3jr sur la porte septentrionale de Té- ^ ise rhistoire de son parricide ; Hu* iues V (1075) , qui se retira dans rabbaye de Cluni malgré les remontrances de Grégoire VII; Eudes P', Bovel (lU78),qui conduisit en Espagne une armée française au secours d'Aïfonse VI; roi de Gastille et de Léon ; Hugues II le Pacifique (1102), qui régna quarante ans sans avoir été une seule fois obligé de combattre; Eudes II (1142), qiii lut contraint de venir plaider^ par-devant le parlement de Louis VII, contr^^Geoffroi, évêque de Langres; Hugues III, qui prit la croix en 1171, et bâtit la sainte chapelle de Dijoa pour accomplir un vœu qu'il avait fait durant une tempête. En 1 185, il voulut forcer le sire de Vergi, qui prétendait lie relever que de Dieu et de son épée, à lui rendre hommage; mais celui -ci s'étant avoué du roi Philippe Auguste, accourut avec une armée et força le duc à lever le siège. L'aniiée suivante, le roi reparut en Bourgogne sous prétexte de prendre la détense des églises opprimées, et força le duc à queluties réparations.
Hugues partit cependant pour la terre sainte avec Philippe Auguste, et ce fut à lui que le roi laissa le commandement dés troupes françaises qui demeurèrent en Palestine. Mais \û secrète jalousie du duc contre le roi d'Angleterre Richard fit échouer une expédition sur Jérusalem. Aussi, Joinvilie dit-il que Hugues fut motiU kon chevalier de sa main et chevaheureux; mais qu'il rie jfïit oncqves tenu à saigCy heàDieu^neau monde* £iideain, 1193, prit part à la croisade contre les Albigeois, et refusa d'ac-
cepter rbéritafe du yîcootfe de Gar-
cassonne , qui lut iàlors adjugé à; Sirnbii de Montfoi t. Quelque temps après , il accompagna Philippe Auguste a la bataille de Bouvines, où il eut un cheval tué sous lui.
Huçues IV (1218) entra dans l'association formée > en 1247, par Pierre Mauclerc, comte de Bretagne, contre les emniétements des ecclésiastiques sur la juridiction des seigneurs séculiers. Uacte de cette singulière association, faite sous le roi le plus pieux , est un des |>ius curieux monuments de notre histoire. « Nous Ktous, y est-il dit, assemblés pour a ceste fclesogne, nous avons eslu par a le commun assent et octroy de nous <i tous , le duc de Bourgoigne , le comte « Perrin de Brçtaigne , le comte d'An- « ^oulesme et le comte de Saint-Pol , « a ce que si aucuns de ceste commu- « nité avoit à faire envers la clergie , « tel ayde comme ces quatre devant a dits es^ardereint qu'à homme luy « dust faire, nous luy ferions. Et c'est « à sçavoir , que à ce défendre pour- « chasser et requérir, chacun de cest^ « communité mettra la centiesme part « par son serment de la vaillance d'un « an de la terre qu'il tiendra. Et cha- « cun riéhe homme de ceste compagnie « fera lever ces deniers chacun au à son « pouvoir à la purification Nostre-Dame, « et le délivrera où il sera niestier pour a ceste besogne par lettres pendantes <i de ces quatre avant nommez, ou de a deux de eux. Et si aucun de ceste « compagnie estoit- excommunié par « tort cognu par ces quatre , que la «clergie luy feist, îl ne laisseroit al- « 1er son droit ne sa querele pour l'ex- « commoniment, ne pour autre chose « qu'on luy fiice , si ce n'est pas t'ac- « oord de ces quatre ou de deux de «eux, ains poursuivroit sa droiture* « Et si les deux des quatre moure* « roient ou alloient hors de la terre , « les deux autres qui demeureroient^ « mettroient autres deux en lieu de «ces deux, qui auroient tel pouvoir « que est à devant divisé. Et si avenoit « que les trois et les quatre allasseol <r liora de la terrei ou mouriss^t, les
ANNALES D£ L'^l^f Qiafi DE FRANCE.
« douze et les dix de» riches de ce&te « cotiimunité esliront autres quatre , « qui auront ce mesme pouvoir que A les quatre devant dits. £t si ces qua* « tre ou aucuu de la communité par a le commanderaent de ces quatre rai- « seint aucune besoçne qui appartensist «à ceste communité, la communité « l'en délivreroit. •»
Hugues suivit saint Louis en Egypte et partagea sa captivité; il mourut, en 1272, au retour d un pèlerinage à Saint- Jacques de Compostelie.
Robert 11(1272) signala son zèle pour Pbili[)pe III et Philippe lY, dont il fut successivement le lieutenant dans le Lyormais et le comté de Rourgogne.
Son lils , Hugues V, 1303, lui succéda, encore mineur, et laissa le duché à son frère Eudes IV, qui hérita en 1330 des comtés de Bourgogne et d'Artois , et épousa \^ ûlie de Philippe le Long, avec cent mille livres de dot, comme compensation de l'abandon qu'il avait fait des droits de sa nièce Jeanne , fille de Louis le Hutin. Son fils, Philippe de Rouvre, 1350, ue régna que onze années. A sa mort, comme il ne laissait point d'enfants , le roi Jean , son beau-père , saisit le duché de Bourgogne; mais il ne resta réuni à la couronne que trois années , Jean l'ayant conféré, en 1363, à son fils Philippe lé Hardi , qui commença la seconde maison de Bourgogne, si puissante par ses riches domaines, et si fatale a la France sous Jean sans Peur etCharle»
le Téméraire.
Philippe le Hardi-(13G3-14Ô4) , Jeaa sans Peur (1404-1419), Philippe le Bon (1419-1467), et Charles le Téméraire (1467-1477), accrurent tellement leurs possessions, que le dernier d'entre eux tut considéré comme l'un des princes les plus puissants de l'Europe. Il possédait d'abord le duché et le comté de Bourgogne, la Flandre, l'Artois, le margraviat d'Anvers, la seigneurie de Malines, le comté de Namur, les duchés de Brabant et de Limbourg, une partie de la province de Frise, les comtés de Hainaut, Hollande et Seelande, le duché de Luxembourg; il y ajouta le
duché de Guerre et le oowM de Zut-i phen ; de sorte qu'il n'y av^it d^ps les Pays-Bas d'États indépenj^mts du duc de Bourgogne que la ville impé* raie de Cambrai « les év^ohés de Liége| de Cambray, de Tournay, et odui d'Utrecbt, le plus puissant, qui cooi* prenait les provinces d'IJtrîBcbt , d'Ôver-Ysseletde Oroninguê ; enfin la plue grande partie des Frisons était indépendante sous la protection de TEmpire. Charles avait encore le Brisgau.
et dans l'Alsace le Sundgau et le comté de Ferrette. De toutes ses |>ossessions, la Bourgogne, le Méconnais, l'Auxerrois , quelques autres dépendances , les comtés d'Artois et de Flandre^ étaient seuls des fiefs français.
Dès l^année 1224, Joscerand avait vendu la seigneurie de Salins, alore composée des fiefs d'Oman, de Villa'* fans, de Châtèauvillain et de Montri** vel, au duc de Bourgogne, qui l'échangea aontre le comté de Châlons, possédé par Jean le Sage. A la mort du nouveau seigneur de Salins, cette baromue fut réunie au comté de Bourgogne.
COMTE DB KEnPCHATlL.
Formé Tcn xo34, réuni au royaume dé PrnsM *n 17^3.
Ce comté, formé par un démembrement du royaume ae Bourgogne, releva d'aborcTde l'empereur ; mais l'hommage de cette terre fut attribué, ea 1288, à la maison de Châlons-Orange, par Rodolphe de Habsbourg, et les^ diverses branches de cette famille eu ont possédé jusqu'à ce jour la suzeraineté. Après être longtemps resté dans la maison française dés aucs de Longueville, ce comté entra dans celle de Prusse , qui en fut investie par le traité: d'Utrecbt, comme héritière des droits, de la maison de I^assau-Orange, et par elle de l'ancienne maison de Châlous.
COMTB DB MOITTBBLTAIID.
Rénn! à la France, le xo octobre 1793.
Ce domaine, placé au pied des Vosges, entre la Franche-Comté, la hautes Alsace et l'ancien territoire de Bâle^^ avait , en 1034 , des comtes qui , comme, ceux de Bar et de ï'errette, desceiH
L'UNIVERS
datent probablement d'Aldéric, duc d* Alsace. Ainsi que la plupart des provinces de l'ancien royaume de Bour- Î;ogne, le comté de Montbéliard resta ongtemps étranger à la France. En 1397, il, entra dans la maison de Wurtemberg, qui le posséda jusqu'au 10 octobre 1793, où un décret de la Gon* vention le réunit à la France.
COMTÉ DB BOURGOGITK, ST PLUS TARD FRJLNCBB-COMTB.
Fondé en gijî . administre par les rois de Franee de figS à iSai, réuni aux domaines de la se« conde maison de Bourgogne en i384, et à la conronne en 1678. Capitale Besançon.
Plusieurs systèmes, qu'il est difficile de concilier, existent sur Torigine de ce comté, qui comprenait Tancien pays des Séquanais. Quoi qu'il en soit, on sait que, vers 915, un fils puîné de Ricbard le Justicier, duc de Bourgogne, était comte de Bourgogne, et se reconnaissait vassal du roi de France.
Giselbert, son beau-frère, lui succéda en 952, puis Letalde P% Albéric I", Letaide II et Albéric H; mais ces premiers comtes ne possédaient qu'une partie de la province, qui paraît avoir été partagée entre cinq comtes : celui de varasque , dominant sur tout le pays d'Ajoie,clont Porentruy est la capitale ; celui de Montbéliard, possédant les bailliages de Beaune, d'Ornans et de Pontarlier, avec la partie de ceux de Salins et de Polîeni gui se trouve dans la montagne, PoTigni lui-même y étant compris; celui de Scodingue, possédant le reste des bailliages de Salins et de Poligni , ceux de Lons-le-Saulnier, d'Orgelet et d'Arbois, avec la terre de Saint-Claude; le comte d'Amous, dominant sur les bailliages de Dôle, de Quingey, et partie de ceux d'Arbois et de Gray; enfin celui de Port, étendant sa juridiction jusqu'aux portes de Besançon, et sur les terres de Lure, de Luxeu, de Yauvillers, le bailliase de Vesoul et une partie de celui de Gray.
Mais, à la fin du dixième siècle, Otte-Guillaume, fils d'Adelbert, roi de Lombard ie, se trouva véritablement comte de toute la Bourgogne supérieure, ainsi que son fils Renaud, qui
pensa que la fortune de sa maison avait été assez haut portée pour qu'il dédaignât de reconnaître un seigneur :
toutefois , ayant été battu par rarmée de l'empereur Henri III, néritier des anciens rois de Bourgogne, il se soumit à lui faire hommage. — Guillaume II, dit l'Allemand, qui régna vers 1100, eut une fin misérable, si Ton en croit Pierre le Vénérable, qui raconte gravement qu'en punition des vexations que Guillaume avait exercées contre lesmonastè* res, il arriva (]ue,le jour de la Pentecôte, comme il était assis au milieu de nombreux gentilshommes , dans son palais de Mâcon, un cavalier, que personne ne connaissait, entra subitement dans la cour, demanda à lui parler en secret, et l'ayant fait monter à cheval derrière lui, ('emporta à travers les airs. Son fils fut aussi assassiné plus tard dans une église, à Payerne. Renaud III (1 127-1148) , qui sintitulait très-noble consuly dominait depuis Bâle jusqu'à l'Isère, et possédait Vienne, Lyon et Besançon. La fille de Renaud épousa rem[)ereur Frédéric I*', et le fils qui naquit de ce mariage fut -investi par l'empereur du comté de Bourgogne, avec le titre de régent du royaume d'Arles. En 1295, Otton IV ou V, quatrième successeur du fils de, Frédéric, signa avec Philippe le Bel le traité de Vincennes, par lequel il promit de livrer incontinent tout le comté de Bourgogne au roi de France, comme légitime administrateur des biens de son fils , le comte de Poitiers , auquel il promettait sa fille Jeanne de Bour-
fogne. Dès lors, Philippe IV exerça ans le comté de Bourgogne tous les droits de la souveraineté; mais le comte de Poitiers étant monté sur le trône , sous le nom de Philippe V le Long, donna sa fille Jeanne, avec les comtés d'Artois et de Bourgogne, à Eudes, duc de Bourgogne. A la mort de Philippe de Rouvre, petit-fils d'Eudes, Marguerite de France, seconde fille de Philippe V le Long, hérita des comtés d'Artois et de Bourgogne, qui passèrent dans la maison de Flandre par son fils Louis de Maie, et plus tard dans celle de Bourgogne et d'Espagne,
ÀNÏfALES DE L'HISTOIRE DE FRANGE.
jus4u'en 1678, où Louis XIV conquît (a Franche-Comté, dont le traité de l^imègue lui assura la possession.