C03CTK DE CHAI.'0NS-SV&-SAÔNE
Fondé vers 763, réuni ao daché de Bourgogne en X237.
Le Châlonnais, que laSaône traverse, comprenait aussi au moyen âge le Charollais.De 763 à 968, il y eut des comtes amovibles de Gbâlons , qui réunissaient ordinairement ce comté a d'autres qu'ils possédaient déjà, comme Maaassès , 886 , comte d' Auxois, de Beau ne et de Dijon. Lambert fut le premier qui posséda ce fief à titre héréditaire. Son fils Hugues ayant embrassé la vie religieuse. Te roi 'l'obligea de prendre l'administration du Châlonnais, malgré son titre d'évêque d'Auxerre. L'évéquecomte montra une activité et une numeur belliqueuse qui lui attira plus d'une mésaventure. Attaqué car le duode-Normandie Richard , il se vit enlever toutes ses places , et, s*il faut en croire le roman du Rou, il. aurait été contraint de se soumettre à la peine du harnescar (*).
Quant à Richard Tint le Qaens Hûe, Que selle à son col pendue.
Son dos offrir à cbevauchier ; Me se pot plus humilier.
C'en estoit coustume cil jour De qaere merci à son seignour.
En 1237, le comte Jean le Sage échangea le Châlonnais contre les sei- Eneariesde Salins, deBracon, de Villafans et d'Oman , qui lui furent cédées par le duc de Bourgogne.
0 Ce mol et ses différentes formes haromscara, harmucara, harnscar, harm' tcliar, etc., s'appliquait primitivement à toutes les peines; mais dans quelques documents elle s'entend surtout du fouet , et de l'obligation imposée à certains coupables de ,1a caste nobiliaire de porter un ckien'oa une selle. Voyez du Cange au mot Bamùscara ; Grimm , Deutche Redits Al' terthumer, p. 68 1 et 715-720, dont les dtations ont été reproduites par M. Micheiet, Origines du étroit français , p. 378- 38o. On trouvera un autre exemple de cette peiiie, Univers pittoresque, Allemagne, t.I, p. 3ox, et plus bas au comts dk vkndômi.
SBXGiriURIB DB SALTFS.
Fondée en 941 » réunie au comté de Bourgogne en 1267.
L*an 041 , Albéric , comte de Mâcou , ayant acquis du prévôt de Tabbaye de Saint-Maurice d'Agaune le château de Bracon, situé sur Tune des deux montagnes entre lesquelles se trouve la vi Ile de Salins , fonda cette seigneurie , ^ qui resta dans sa maison jusqu'en 1 175 ^ où elle passa dans la nouvelle maison des comtes de Mâcon. Marguerite, dernière héritière de cette seigneurie , épousa, en 1221, Josoerand, sire dé Brancion , qui fut tué à la bataille dé la Mansourah, en Egypte. «Il avoit été, dit Joinville, en trente-six batailles, desquelles, par plusieurs fois, il avoit emporté le [)rix d'armes, et de mon aage même, ajoute-t-il , j'en ai eu connoissance d'aucunes; car lui estant une fois en Tost du comte de Mascon , qui étoit son cousin , il s'en vint à moy et à ung mien frère, et, le jour du vendredy-saint, il nous dict : «Mes « neveux, venez moy aider à toute vostre «gent, et allons courir sus aux Alle- « mans,qui abattent et rompent le mous- « tier de Mascon. » Tantoust sur piedz fusmesprestz , et allasmes courir contre lesdits Allemans, et, à grands coups et pointes d'espées, les chassasmes du moustier, et plusieurs en fijrent tués et navrés; et quand ce fut faict, le bon preud'homme s'agenouilla devant Tautel , et cria à haute voix à Nostre-Seigneur qu'il luy plust avoir pitié de son aame, et qu'il le voulsist ester d'entre îes guerres des chrétiens, où il s'estoit trouvé tant de fois , et vu tant de gents mettre à mort, et qu'il luy donnast la grâce de mourir à son service contre les infidèles. »
Nous avons vu plus haut qu'en 1237, le comte Jean le Sage était devenu seigneur de Salins par suite d'un échange fait avec le duc de Bourgogne. A la mort de Jean (1267), ce fief fut réuni au comté de Bourgogne, dont les souverains ajoutèrent dès lors à leurs titres celui de sires de Salins.
i'tJHtVÉtlS»
GOMTi DK FSRRETTK.
Ponde tert iioS , réuoî aalandgntiat dl'AItack en i3»4 et à la France en 1648.
Ce domaine fut démembré, en i 103 , du comté deMontbéliard , pour formel^, sous lâ suzeraineté du duc d'Alsace, un comté particulier, composé d'abord des seigneuries de Ferrette, d'AlAirch et de Tnann , avec quelques villages situés en Suisse. Vers 1300, il fut augmenté des terres dç Fiorimond et de Bougemont ; en 1320 , de celle de Dêle , et, vers 1600, de celle de Belfort. La maison d'Autriche ayant acquis le comté de Ferrette, en 1824, par le mariage du landgrave d^Alsace Albert avec Jeanne de Ferrette , y réunit les Seigneuries de Landter et deMacevaux , et T'avpuerie de Cernai. En 1469, Sigismond engagea le comté de Ferrette, avec les autres domaines de sa maison en Alsace, à Charles le Téméraire. On a conservé le détail du souper que donna le duc d'Autriche aux envoyés de Giarles le Téméraire.
« Nouvelles (c'est le titre de la pièce crai se trouve dans les manuscrits de Fontette) envoyées de la comté de Ferrette par ceux qui en ont été prendre possession pour monseigneur le due.
Cest l'assiette du souper de Tanne, faite à heure de quatre heures aprèsmidi, le 21 juin 1469. Premièrement, monseigneur le marquis de Baude iBade), M. de Vaudeville (rateviUe), monseigneur le maistre d'hôtel , mon^ seigneur le marquis de Rudelin [Ko- ^Aeun), M. le juge de Besançon, M. Jeail Carondellet , M. le procureur d'A mont » M. Jean Poinceot. Après l'assiette des dessus dicts , se vint seoir au plus près de mon dict seigneur lé marquis de $aude , monseigneur le due d'Autriche.
Sur le banc où estoient assis les dicts duc et marguis, et au plus prêt du dict duc fut mise une petite serviette, et sur quelle deux grosses coupes d'argent doré, couvertes, pesant huit M dix marcs , toutes pleines âe v^-n^.
* Mets du dict souper : wn pidtptein d'œufs ponchiés ipcfekès) et ecMfttéft {en coque) ^ mis au milieu de la table ^ui estoit carrée; après, un plat de
Tairons cuifs en l'eau; après, deé ehaffots frits , lesquels mon dîct seigneur a répandus sur la table; après, un grand ulat de raves cuites en 1 eau découpées Dien menu; après, un plat de petites troites \truites) coupées en deux et cuites en l'eau, et deux écuelles pleines de vinaigre pour toute la compagnie; après , un plat de soupe de cerises fortes; après, troites mises en sausse jaune ; après, des pois en cosse; après, des troites rosties , et semblablement des bugnets en façon de poires; après, fut apporté à laver à mon dict seigneur d'Autriche seul, et après à messieurs les marquis de Baude et de Rudelin; et, au regard des serviteurs, y a voit un escuyer ayant large couteau à desservir ; de chacun mets prenoit les trancheurs de pain, et devant chacun ensemble ce qui estoit demeuré dessus, et les jettoit en un panier à vendangier estant au milieu de la chambre , et après à son dict couteau prenoit nouveaux trancheurs esquels il faisoit prendre un tour sur le dict couteau.
«Le dict escuyer, quand monseigneur d'Autriche vouloit boire, le servoit d'une des dictes coupes sans faire créance; mais, tandis qu'il buvqit, il lui tenoit la couverte de fa dicte coupe dessous; et au regard de mon dict seigneur le marquis de Baude, quand il vouloit boire, un autre escuyer le servoit de l'autre des dictes coupes, ainsi que l'on avoit servi le dict duc d'Autriche, excepté que, en buvant, il ne tenoit pas la couverte dessous, mais la tenoit en sa main bien haute, ainsi que l'on tient la platine du calice en plusors grandes messes, depuis l'élévation du corpus Domini jusqu'à Pater nostery et est à sçavoir que la nappe dont estoit couverte la dicte table carrée et les serviettes estoient de simple toile sans ouvrage. Et si avoit dans la dicte chambre deux autres tables, en l'une desquelles estoient les chevaliers et les gentilshommes, et en l'autre eeux de moindre état , et sur tous les mets avott de la poudre (de safran) sur.les bcurds des pmts bien largement; et nota que au plustost que le plat estoit apporté sur la table, chacun y mettoit la main^
ANNALES DE L'atetÛfflUt DE FRANCE.
et aucunes fois Iç moindre estoît te premier. Et pareillement est à sçavoir que mon dict seigneur d'Autriche estoit sans chausses, ayant un pourpoint et collet de drap d'argent, et une longue dienn'se jusou'àux pieds , et dessus la robe d'esquelette (d'écarlate) qu'il avoit vestu à Arras, et mon dict seigneur de Baude estoit vêtu d'un manteau rouge et d'un petit chaperon découppé et sans cornette. *>
Par !e traité de Westphalie , le comté de Ferrette fut cédé, avec le landgraviat de la haute Alsace, à Louis XIV,
lui gratifia plus tard Mazarin du comté
le Ferrette.
I III. Nord-est de la France. Fiefs de Vancien royaume de Lorraine restés français y entre la Meuse et le Rhin {Lorraine et Alsace),
ROYAUME, PUXS DUesÉ DB LORRAINK.
Fondé en 843, réuni à U coaronne en 1766.
Lorsque te royaume de Lorraine fut formé, en 843, par le traité de Verdun , en faveur de l'empereur Lothaire.
fils dîné de Louis le Débonnaire, il comprit les pays situés entre le Bîrîil et l'Escaut, ceux qui s'étendaient d&f puis les sources de la Meuse jusqu'au confluent de la Saône et du Rhtn , enâii toutes les provinces à l'est de ce dernier fleuve î c'est-à-dire, les Pays-IJas, excepté la Flandre et l'Artois, la J^orraine, l'Alsace, la Franche-Comté\ le Valais , le pays de Vaud , la Bourgogne , le Lyonnais , le Dauphiné avec le Vivarals et l'Uzége, la Savoie et la Provence. En 855, Lothaire partagea ce royaume de Lorraine entre ses deux fils , Lothaire ÏI et Charles ; le premier eut la Lorraine moseilane et la basse Lorraine (notre ancienne province de Lorraine et les Pays-Bas), l'Alsace, Sion, Genève, Lausanne et le comté de Pépin (tout le pays situé entre les Alpes, l'Aar et le Jura). Mais Lothaire se dépouilla lui-même d'une partie de ses possessions. En 859, il céda à son frère Charles les diocèses de Belley et de Tarentaise, et, l'année suivante, donna à Louis II , son fils atné , les cantons deGenève , deLausanneetde Sion ,
ne gardant dms la Misè^ le t
de Pépin et lé cduv«ntdeS»nt-Bemanlt où vint se réunir la commune frantière ée^ trois royaumes dçs trois fils de Lothaire V^\ enfin il céda encore l'Atoaee à son oncle Louis le Genn«n^iié« Lorsque Clidrles mourut, en 868, le roi de Lorraine put se dédiommager txk partageant avec son frère , l'Mnpereur Louis, le royaume de Provence, et le Rhône servit dès lors de frontière méridionale à ses États. Mais son inoonduite amena sur lui des malheurs qui troublèrent toute sa vie. Ayant répudié sa femme Theutberge pour épousa Waldrade, Theutberge demanda jus* tice au pape Nicolas P', qui chargjea deux légats d'examiner cette affaire avec les évêques de Lorraine. Leur réponse fut favorable à Waldrade; mais te pape, rejetant leur sentence, déposa ses légats, excommunia les deux archevêques de Trêves et de Colc^ne, et, bientôt après, le roi lui-ménie et sa nouvelle épouse. C'était le premiev essai que faisait la papauté de sa puis* sance et de la faiblesse des rois : il réussit. Lothaire passa les monts, et vint a Home implorer son prdon.
' A sa mort, qui suivit oe près son Voyage à Rome, Charles le Chauve « roi de France, se mit en possession de la Lorraine (869); mais son frère aîné, Louis le Germanique, le for^ de la partager avec lui; et à sa mort, en 876, l'un d& ses trois fils; Louis k Jeune, joignit à la France orientale ou Franconie , et à la Saxe , que lui avait léguées son père, la Lorraine, accrue, en 879, de la partie de cette province
2ui avait été possédée par Ciiarles le ihauve. Ce ne fut qu'en 896 qu'Arnulf, devenu seul roi de Germanie, rétablit, en faveur dé son fils Zwentebald , le royaume de Lorraine , sous la suzeraineté des rois allemands, afin d'opposer une barrière aux incursions continuelles des Normands; maisZwei^ tebald mourut en 900(*), et la Lor»
(*) Quelques miracles opérés, dit-on, par une dent de ce prince qxii périt efi com* battant contre ses sujets révoltes de ses exac* tions , le firent placer par les bollandistca au nombre des sainis.
L'UNIVERS
raine, définitivement réunie à la couronne d'Allemagne, cessa d'exister comme royaume, mats eut des ducs
3 ni prétendirent au double honneur e descendre à la fois de Clovis et de Charlemagne. Les Guises, au seizième siècle, cherchèrent à exploiter cette croyance populaire pour renverser les Capétiens du trône de France.
En 911, les Lorrains se donnèrent à Charles le Simple , qui n'en devint pas plus puissant par cet accroissement cThéritagey car le duc Rainier, qu'il établit dans cette province, s'y con* duisit bientôt en prince indépendant.
Mais s'il échappa au joug de la France, ses successeurs subirent celui de i'Em-
Kire.En 953, l'empereur Otton donna j duché de Lorraine à son frère Brunon, déjà archevêque de Cologne, et qui partagea la Lorraine en deux duchés : celui de Lorraine supérieure ou mosellane, et la basse Lorraine ou Lothier, renfermant le Brabant, le Cambrésis , l'évêché de Liège et la Gueldre. Toutefois les territoires de Trêves, de Metz, Toul et Verdun , relevèrent directement de I empereur, ainsi que la plupartdes comtés des deux provmces. Frédéricl*", comte deBar, fut investi (959), par l'archiduc Brunon, de la Lorraine mosellane, que sa postérité posséda iusqn'en 1033. Gérard d'Alsace , arriereptit-fils d'Éberhard IV, qui était parent lui-même,' au huitième degré, de Gontran le Riche, comte en Argaw vers 950 , et lise de la maison d'Autriche , fut nomme duc de la haute Lorraine par Henri III , et commença la série, des ducs héréditaires, qui cessèrent presque entièrement de se regarder comme princes français. Cependant Ferri III souscrivit, comme arrière-vassal de la France , pour quelques fiefs mouvants de la Champagne, la lettre que trente et un barons de France adressèrent, en 1303, au collège des cardinaux, contre Boniface VIlI : il signa même immédiatement après les princes du sang; son fils Thibaut II fut fait prisonnier à la bataille de Courtrai, en voulant dégager le comte d'Artois,
aui fut tué à ses côtés; son petit- Is, Ferri IV le Luittewt, succomba à
la bataille de Cassel , 1328 , en combattant pour Philippe de Valois, et Raoul , successeur de Ferri IV, suivit Philippe de Valois à la guerre de Bretagne- (1341), et fut tué à Crécy, où il avait amené l'élite de sa noblesse. Sa femme , fille de Gui de Cliâtillon V\ comte de Blois , lui avait apporté en dot le comté deGuise,quideviutrapanagedes cadets de Lorraine. Jean P' (1346-1391), combattit encore pour la France à la bataille de Poitiers, où il fut fait prisonnier, à celle d'Aurai , où il éprouva le même sort (1364) , enfin à Rosebecque(1382) , où il eut la plus grande part à la victoire. Il voulut qu'à ses obsèques on conduisit en offrande à l'église trois chevaux, l'un en harnais de euerre, l'autre en harnais de joute , et le troi- -siènie en parement de tournoi, en signe que tout doit retourner à Dieu.
Charles T', fils aîné du duc Jean, se brouilla avec le parlement. Sur les plaintes des habitants de ]Neufchâteau , Charles avait été cité à comparaître, et, sur son refus, les officiers royaux vinrent apposer sur les portes de la ville les peunonceaux du roi ; le duc les arracha, les fit attacher à la queue de son cheval , et les traîna dans la poussière. Les troubles de la France et l'amitié du duc de Bourgogne empêchèrent qu'on punît cette offense; mais un jour ^ue le duc de Bourgogne le présentait a Charles VI, Jean Juvénal des Ursins, avocat du roi, éleva la voix, et demanda que le duc de Lorraine filt aussitôt livré au parlement. Il fallut que le duc, s'agenouillant devant le roi, fît amende honorable. Charles ne laissa pas d*enfants mâles, si ce n'est trois fils naturels qu'il avait eu d'Alix du Mai. a La pauvre malheureuse Alison, dit une vieille chronique, elle faisoitduduc ce qu'elle vouloit; mort il fut, incontinent elle fut prinse et mise sur une charette, par touz les quarts-forts de la ville fut menée; on lui jetloit de l'ordure au visage ; secrètement on la feit mourir. » La fille aînée du dernier duc avait épousé René I"' d'Anjou, duc de Bar, fils de Louis II , duc d'Anjou et roi de IVaples, qui eut pour successeurs son
fils Jean de Calabre et son petit-fils Nicolas, après lequel , en 1473 , le duché rentra dans la maison de Vaudemont, branche cadette de lavinaison de Lorraine, par le mariage d'Yolande d'Anjou avec Ferri II, comte de Vaudemont , lesquels eurent pour fils René II , Fadversaire de Charles le Téméraire.
Antoine, successeur de René (1508), combattit à Agnadel et à Marignan, où son frère, le duc de Guise, reçut vingt-deux blessures. En 1542, le (fuc Antoine conclut un traité avec l'empereur Ferdinand et le corps germanique , par le(]uel la Lorraine fut déclarée une principauté libre et indépendante. Ce même prince sut garder, entre Charles-Quint etFrançoisI*', une neutralité que n'observèrent point ses successeurs; ils se jetèrent dans le parti de r Espagne, puis de l'Autriche, et par là
Serdirent leurs duchés de Lorrame et e Bar, qu'ils furent obligés de céder à Stanislas Leczinski , et qui , après la mort de ce dernier, retournèrent à la France , le 5 février 1766 ; mais , en échange, le duc François -Etienne obtint le [grand- duché de Toscane, puis la main de Marie-Thérèse , et avec elle toutes les possessions de la maison d'Autriche.
COMTK DB TAUDBVOST. ^ Fondé vers X071 , réuni à U Lorraine en x473.
Vaudemont n'était originairement qu'un château fort bâti par les Romains ; c'est maintenant une ville située entre Toul et Nancy, à égale distance de ces deux cités. Un peu après Tan 1071 , Henri IV érigea en comté cette terre, avec Une partiédu Saintois, en faveur d'un second fils de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine. En 1351, ce comté passa dans la maison de Joinville; mais il rentra par mariage, en 1416, dans la branche cadette de la maison de Lorraine, qui fut investie de ce duché , en 1473 , dans la personne de René II, comte de Vaudemont, de Guise et d'Harcourt.
COMTi, I>UIS DUCHK SB BAK.
.Fondé Tcrs gSz, réuni i la Lorraine en i43i.
Le comté de Bar, situé entre la Lor- 7« Livraison. (Annales de l'bcust.
raine et la Champagne , fut possédé depuis l'an 951 par les ducs de la basse Lorraine; en 1093, il passa dans la maison des comtes de Mousson et de Montbéliard. Un cadet de cette famille fonda une nouvelle race des comtes de Bar, qui prétendirent uosséder leur fief en franc alleu jusque Henri III , qui fut contraint de rendre hommage au roi de France en 1301. En 1354, l'empereur Charles IV érigea en marquisat la seigneuriede Pont-à-Mousson, et l'année suivante le roi de France donua le titre de duc au comte de Bar. En 1415, ce duché, le marquisat de Pont- à -Mousson et la seigneurie de Casai , étant échus par héritage à Louis, cardinal-évéque de Châlons-sur-Marne, le nouveau duc céda ces domaines à son petit-neveu René d'Anjou, qui devint duc de Lorraine en 1431.
DUCBB D ALSACB.
Réuni à la France en i648.
Sous les Romains, l'Alsace appartenait à deux provinces différentes; la basse ou Nordgau à la première Germanie, la haute ou Sundgau à la Maxima Sequanorum, Ces deux parties formèrent deux comtés. Quant au nom d'Alsace , il vient sans doute de la rivière d'Ill ou d'El , qui, la traverse , (Elsass). Frédésaire, contemporain de Da^obert, est le premier qui se soit servi de ce nom. Jusqu'à Conrad I", l'Alsace resta partagée entre ses deux comtés; mais ce prince rétablit dans cette province la dignité ducale, qui subsista jusqu'à la mort de Conrad in, en 1268. Alors l'évéquede Strasbourg, l'abbé de Mourbadi, les seigneurs et les villes de la province, affectèrent l'indépendance en se déclarant vassaux immédiats de l'empereur, qui était trop faible pour rendre leur vassalité sérieuse. Cet état dura jusqu'à la paix de Westphalie ( 1648), où l'Alsace fut cédée à la France; mais les princes et les villes de cette province firent leur conditions, notamment Strasbourg,
Îiui se gouverna, jusqu'à la révolution rançaise, à peu près comme une république indépendante. De 1268 à 1648, et même depuis la réunion à la
DE Fbànce.) 7
L*«ftlVfekS.
France, l'AlsSc^ gUt des latt'dvôgts, qui, au seizîêrné sîècre, furent presque toujours deâ archiducs d'Autriche.
§ IV. Nord èk là "France, Fiefs des provinces de Flandre y d'Artois et de Picardie,
COVré DB FLAXrDllI.
Foi^dé vers S6s.
Le nom de Flandre, employé pour la première fois au septième' sîeclé, par saint Ôuen, dans la vie de saint Eloi, ne désignait alors que le territoire de Bruges. En 85â, la Flandre ne comprenait pas encore le territoire de Courtrai. Le premier comte de Flandre dont l'existence soit authentique est Êaùdouih P' dit Bras de Fer, gendre de Charles le Chauve , qui érigea eh sa faveur la Flandre éh comté.
SMl faut en croire un auteur, qui se trompe sans doute sur l'antiquité de l'institution (|p'il ram)orte, le nouveau comte , « voulant affermir et donnçr du lustre à son État, y créa divers officiers héréditaires, a guise des rois jses voisins , dont le premier estoit l'évesque de Tournay; et, après luy, le prévost de Saint-Donat.de Bruges fut faict héréditaire. Il ordonna de plus douze pairs des premiers seigneurs de son pays , et les honora tous du titre de comtes, dont ceut qui avoient séance à droite du comte Baudouin estoient les comtes de Gand, d'Harlebeke, de Therrouentie, de Tournay, d'Hesdin et de Guise, et, à gauche, les comtes de Blangiis, de Bruges, d'Arras, de Boulogne, de Sain^Pol et deMessîïies(*), »
Son successeur, Baudouin le Chauve, fonda l'abbaye de Berg-Saint-Winoc, et, l'an 903 , entoura de murs les villes d' Ypres et de Bruges , et acheva le fort tfe Sâint-Omer commencé par Foulque, archevêque de Reims. Baudouin IV dît le Barbu, 9^9, acquit de l'empereur Henri III, en fief, Valendennes , le châtea'u de Gand, les îles de Walcheren , et toute la Zeelande en deçà de l'Escaut : c'est de là que naquit la lon-
(*) Fr. Vincbant , Annales da Hainaut ,
éùé (^u^rëtte ciés tlakiAàhdl et '(i& Bollandais. Ce fut Baudouin le BàrDù gui entoura Lille (*) de fossé§ êi dé murailles , ei qui fonda la prospérité de la Flandre en établissant des foires dans plusieurs de ses Villes. Ëai^douiri ae Lille (1036) obtint de ïïehi'ïlV. le pays situé entre la Dehdrie et rÉscàiit, c'est-à-dire le comté d'Alôst^ét le château de (Grand avec lés quatre districts. Pour mettre la Flandre à couvert, il fît crçuser le fôss'é neuf qui sépara l'Artois dé là Flandre. Son successeur sut si bien établir là paix par tout le pays, qu'une chroni^e dit : « Cil quehs Bad- Guins fu si doubtés, que liùs ne pôrtoit armes eh sa terré paî* paour d'auVtruis, ne son hûîs ne clébft par larrons. » Mais sa veuve Kicnilde excita une révolte par ses cruauté^. Philippe 1*', roi de France, ♦vint â son aidé, et assiégea Sâint-Omer, ville du comte de Boulogne, l'un dé ses ennemis ; mais li evesque de Paris y^àit une ancienne chronique (**), qui estoit freresrli comte fVistasse de BouUmgne, séjornoit lors à Esperleké, Il efivoya à Robert li î^rison, et'U manda que si il voUnt li dormer la for est d" Esperleké, ilferoit lé'roi lever dpu siège et râler en France. Robert li Frison H octroyavoiiloltfi^s, dônv fhanda Vevesque au roi privéement que U es* toit trais se il ne s*en aJmt. Ù roi-y qui cuida que il deist voir, se deva dau siège et s^en alla en France, Robert donna laforest devant dite à Veve^que, et V evesque la laissa au cpmte de Bouloingne après son déchi^, .
Cette expédition, où le roi de France montra une prudence peut-être excessive, avait été. précédée d'un combat où le fils de Richilde avait été tué.
Robert le Frison, son oncle et son compétiteur, lui succéda. Cependant le nouveau comt;e et son fils Robert lï , surnommé le Jérosolomitain, ne gar-
{*) L'origine de cette ville, nommée en latin Jsla, iHa et Insula^ à cause de sa situation dans un terrain marécageux, ne remonte guère au delà du neuvième siècle.
{**) Bibliotb. de Saint-Geritiain desPrés, n^ 39. Citée dans l'Art àe vérifier les dates.
ANNALES DÉ L*fllSTbIkE DE FRANCE.
(tefeht pas hhfeuné au t-oî de France, et ce m. éh combâttâht 'poû)c Lbuis îfe Gros contre les Anglais que le dérniet
Êirit. Baudouin VÎI, fils du Jérosolomîin , ftit reconnu comté, en 1 1 1 1 , dans une assemblée que présidait Louis îe Gros, auquel il rendit hommage. Ce prince est célèbre par la sévérité avec taque^lie i] protégea les pauvres et; les marchands contre les brigandages des nobles. Une vieille femme étant venue Sfe plâindï-é d'un chevalier qui lui avait volé deux vaches, Baudouin monte à cheval , atteint le voleur, l'amène piedâ et poings liés dans Bruges , où il le fait jeter dans une chaudière pleine d'eau bouillante, et destinée pour un faut taonnayeUi". Dix autres gentilshommes avaient détroUssé des marchands qui allaient à ta foite de Torholt, près de Bruges ; le comte en étant informé , se met à leur poursuite avec ses gens, et, près de tombet sur eux, les onlige à se réfugier dans une maison isolée, où il les investit. Les parents de ces malheureux étantvenusdemander grâce pour eux : « Donnez-moi le loisir, dit- ^ il, de leur parler. » Il entre dans la maison , et adressant la parole aux coupables : « Que celui d'entre vous , leur « dit-il , qui veut avoir la vie sauve « pende aU plancher à l'instant ses ca- « maradès. » Un de la bande s'étant chargé d'e ce funeste ministère, le côtntè , après l'exécution des neuf, lui ordonne de monter sur un banc et de s'attacher lui-même au cou la corde )Ui avaît étranglé les autres. Cela ait, Baudouin renverse le banc, et laisse ce misérable suspendu à deux coudées de terre. Apres quoi étant ^orti , il dit aux parents : « Vous pou- « vez entrer présentement et les em- « mener; mais ayez soin de les aver- « tir de ne plus commettre désormais « de semblables désordres dans ma « terre; » et aussitôt il remonte à cheval el part.
Fidèle à son amitié poar Louis lè Gros, il le soutint avec zèle contre Henri ï*^ Celui-ci l'ayant menacé d'aller l'attaquer jusque dans Bruges, Baudouin répondit qu'il lui épargnerait la peine du voyage ; il vint en effet jus-
qu'à ftoUen , et enfonça sa hàdjè d^armes dans une des portée de la ville en signe de défl. ftenrî n'étant pas sorti, le comte alla assiéger le château d'ÊU; mais it yfhttued'un coup it lance au visage. Son successétit*, Charles le Bon, ayant été assassiné dat^s l'église de Bruges, Louis le Gros fit élire, par les états, Gulllanmiî Cliton. Mais sous tliilippe- Auguste comhiencèrent les démêlés de la tlàndre avec les rois de France. Phîlippfe ) d'Alsace, second Successeur de Guillaume Clitort, ayant épousé Isabelle, héritière deà comtés d'Amiens et de Vermandois, voulut les conserver à la mort de sa femme , bieh qu'elle ne lui eût point laissé d'enfant. Philippe- Auguste les revendiqua à titre de suzerain; knais, aidé des Flamands, aiori^ reconnaissants des efforts qu'il venait de faire pour favoriser leur commerce aux dépens de cielui des Hollanxlais, le comte refusa de les restituer, prit les armes, et reçut les secours des ducs de Bourgogne et des comtes Ûe Champagne et de Blois. Philippe It triompha néanmoins , et le contraignit à lui remettre les pays contestés. A sa mort, en 1191, le roi revendiqua encore l'Artois du chef de sa femme Isabelle, nièce du dernier comte, et le traité d'Arras adjugea au prince royal Louis Arras, Bapaumé, Aire, Saint- Onier, Hesdin, Lens, avec les hommages de Boulogne,Guines,Saint-Pol et Ardres. Ce traité fut l'origine de la longue mésintelligence des rois de France et des comtes de Flandre , qui cherchèrent toujours à ressaisir cette partie de leur héritaee.. Ce fut pour y parvenir que Ferrana , gendre et successeur de Baudouin IX , comte de Flandre et empereur de Constantinople,se ligua avec Jeau d'Angleterre et l'empereur Otton ; mais il fut pris à Bouvines, et enfermé dans la tour du Louvre. Nul ne porroit dire rie deviser la grantjùye que ceulx de Paris firent du roiPhelippe, leur seigneur, après cette victoire, lequel emmenait Ferrant avecque lut/ en une Utière que portaient deux chevaus pommeœs. Si crioit le peuple quand Ferrant passait, par manière
rUNiVERS.
degoheretmocquer, que deusferrans (chevaux arabes) portoient Ferrant, mais Ferrant estoit enferrez C)»
Marguerite II , seconde fille de Baudouin IX, succéda, en 1244, à sa sœur aînée et à Ferrand , qui n'avaient pas eu d'enfants; elle en avait elle-même plusieurs nés de deux mariages, l'un avec Bouchard d'Àvesnes, et l'autre avec Gui de Dampierre. La rivalité entre les enfants des deux lits amena une suite de guerres qui désolèrent longtemps la Flandre, donnée aux Dampierre, etleHainaut, adjugé aux d'Avesnes. Le calme était à peine rétabli , que la négociation d'un mariage entre la fille de Gui de Dampierre et un prince d'Angleterre fit éclater une nouvelle guerre entre la France et la Flandre, que Philippe le Bel envahit, en 1297, a la tête de soixante mille hommes. Battu à Fumes et menaoé par une nouvelle armée. Gui vint se livrer au roi , qui le retint prisonnier et déclara la Flandre réunie à son domaine; mais les Flamands abandonnés à eux-mêmes chassèrent les Français, dont ils tuèrent vingt mille à Courtrai , (1302). Battus à leur tour à Mons-en- Puelle, ils revinrent au nombre de soixante mille demander paix ou bataille. « IS'aurons-nous jamais fait, s'écria le roi; je crois qu'il pleut des Flamands ; » et il traita de la paix. Pendant plus d'un siècle , la Flandre vit à plusieurs reprises les armées françaises désoler son territoire; mais les ravages
?[u'elles y commirent lui furent moms unestes que ses querelles intestines, les rivalités de ses villes , de ses corporations , et ses guerres avec ses comtes, qui, depuisLouis P', arrière-petit-fils de Gui de Dampierre, et comte de Nevers et de Rethel du chef de son aïeule Yolande de Bourgogne (1322-1346), embrassèrent constamment le parti de la^France,^ contrairement aux mtérêts de leurs sujets , alliés naturels de l'Angleterre à cause de leur commerce.
En 1384, Philippe le Hardi, duc.de Bourgogne, hérita par mariage de la
(*) Chronique mauii^crite citée dans TArt de vérifier les dates , t. XIII , p. 320.
riche succession des comtes de Flan* dre, qui passa de la maison de Bourgogne dans celle d'Espagne. Ce ne fut qu^n 1680, par le traite de Nimègue, que Louis XIV rattacha à la France une partie de la Flandre.
coxTi d'artois.
Fondé en 863, réani au domaine en 13x4 1 donné en apanage en 1237, réuni à la Flandre en i38xp et à la France en lôSg.
L'Artois, borné au nord par la Flandre, à l'est par le Hainaut, au sud et à l'ouest par la Picardie, fut uni à la Flantlre, en 863, par Charles le Chauve, qui donna cette province en bénéfice à son gendre Baudouin Bras de Fer. Depuis lors, elle resta sous la domination des comtes de Flandre jusqu'en 1180. A cette époque, Philippe d'Alsace la donna à sa nièce Isabelle, qu'il maria à Philippe- Auguste; mais la veuve de Philippe d'Alsace revendiqua l'Artois comme son douaire , et Baudouin IX comme une dépendance de la Flandre. Le roi fut obligé, pour faire taire toutes ces réclamations , de céder au comte, en 1200, les villes d'Aire et de Saint-Qmer, qui lui furent toutefois rendues, en 1211, par le comte Ferrand. Par le testament de Louis VIII, l'Artois revenait à son second fils Robert; saint Louis érigea donc la terre d'Artois, terram yitrebasii, en comté, en y attachant les hommages de Boulogne, Guines et Saint-Pol. Ce premier comte d'Artois mourut à la bataille de la Mansourah, et le second, $on fils, à celle de Courtrai , victi^mes tous deux de leur courage imprudent. Robert II ne laissa qu'une fille, Mahaut, qui lui succéda dans son comté et sa pairie, siégeant elle-même parmi les pairs au parlement, et soutenant avec eux la couronne sur la tête de son gendre, Philippe le Long, le jour de son sacre.
Jeanne, fille de Mahaut et veuve du roi Philippe V, réftna sur l'Artois après sa mère, et le laissa à sa fille Jeanne, qui, par son mariage avec Eudes de Bourgogne, porta l'Artois dans cette dernière maison. A In mort de Philippe de Rouvre, Marguerite, seconde fille ae^
loi
Philippe V, succéda en Artois et dans le comté de Bourgogne à de Rouvre, son petit-neveu. Sa cruauté lui aliéna le cœur de ses sujets. En 1375, elle fit brûler la dame de Bours pour avoir fait pNoignarder « un escuyer en son moustier de sa parocke, en un dimanche à la messe, entre les bras dou prestre, auquel il alla se réfugier quand il vit ses ennemis et dessous la casule, et fut bleciés le dict prestre, et l'autel et aournements furent ensanglantés (*), »
Plus tard, ayant des contestations avec les habitants d'Arras , elle fit enlever presque tout le conseil municipal de la ville, fit dévaster par des troupes son territoire , et ne rendit les prisonniers, à l'exception de leur chef mort de froid dans ses prisons, que quand les habitants eurent fait leur soumission. Marguerite avait épousé Louis I*', comte de Flandre.
Leur fils, Louis II de Maie, réunit encore une fois l'Artois à la Flandre, que sa fille porta, par son mariage avec Philippe le Hardi , dans la maison de Bourgogne. Par le traité des Pyrénées , 1659, l'Artois revint à la France.
COMTÉ DE HZSDIir.
Ce comté, fondé vers l'an 1000, fut réuni à la Flandre vers le milieu du douzième siècle. Hesdin obtint alors le droit de commune, qu'une sédition lui fit perdre en 1179, et qui fut transporté a la ville d'Aire.
COMTE DE SAIlTT-POt.
De la Flandre relevait aussi le comté de Saint-Pol dans le Ternois, entre l'Artois et la Picardie. Vers l'an 1030, Saint-Pol n'était encore qu'une forteresse composée de deux châteaux très-élevés et séparés par un fossé large et profond, La postérité mâle de Roger , le premier comte de Saint-Pol dont l'histoire fasse mention, posséda ce fief jusqu'en 1205. Les plus renommés de ces comtes furent Hugues III, (1 130-1141), qui se signala d'abord par ses violences. En 1 1 31 , il assiégea la ville de Saint-Riquier, alors l'une des mieux fortifiées de la France, et l'emporta
(*) Jean de Guise,
d'assaut, grâce au feu grégeois dont il se servit. Un moine de l'abbaye qui officiait en fut , dit-on , atteint et brûlé vif au milieu des saints mystères. Sur les plaintes des églises de l'Artois, Louis VI prépara une expédition contre le comte de Saint-Pol; mais il s'amenda. Hugues IV, arrière-petit-fils du précédent , fut connétable de l'empire latin de Constantiuople, après la prise de cette ville par les Francs.
Avant de partir pour la croisade, il avait rendu d'utiles services à Philippe- Auguste, qui lui donna les terres de Pont-Saint-Maxence, de Verneuil et de Pontpoint. L'époux de sa fille. Gaucher, fils de Gui H de Châtillon-sur- Marne, commença, 1205, la seconde race des comtes de Saint-Pol. Il alla à la croisade contre les Albigeois, et, comme le duc de Bourgogne et le comte de Nevers , refusa la seigneurie de Carcassonne. Il servit à plusieurs reprises Philippe-Auguste, notamment à la bataille de Bouvines, « où il tant ferit et chapela et lui et les siens à destre et à senestre, qu'il tresperca tout outre la tourbe de ses ennemis, et puis se resery dedens d'autre part et les aciost comme ou milieu de la bataille (*). »
La nouvelle famille possédale comté de Saint - Pol , fré(|uemment réuni à d'autres terres, a la vicomte de Dourlens, aux seigneuries d'Encre, de Troissi, de Crécy, etc. , jusqu'en 1360, oii Mahaut , fille et héritière de Gui V, le porta dans la maison de Luxembourg , qui donna au quatorzième siècle une suite d'empereurs à l'Allemagne.
Waleran , fils et successeur du nouveau comte (1371), se trouva comte de Saint- Pol et de Ligni , châtelain de Lille et seigneur de Bouchain. Ces grands biens lui valurent une riche alliance, car, en en 1379, il épousa une sœur utmne de Richard II, roi d'Angleterre. Depuis, il fut connétable de France, et joua un grand rôle dans les querelles des Armasnacs et des Bourguignons.
La mort du connétable de Saint-Pol , décapité par ordre de Louis XI , auquel Charles le Téméraire l'avait livré,
(*) ÀBcieime version de Rigord.
L'UIHVEHS-
a^\fjia la ruif^f 4<^ cette puissante maisqn. i475. Cependant un édit de Char- \^s Yin rendit aux (feux petites filles çlu conqetabk les biens de leurs anc^treç.
^i'àfp^e, itfarie, qui avait eu nour sa flarj; les comtés dç Saint-Pol , de Soi^- ^ns, de Marie, la vjcpmté de Meau^* è\c., les porta dans la ipaisofi de Çourbon-Vendôme, d'où Iç côm^é de Sainttol paissa dans celiç ^ç Lohgv^evill^, .puis dans celle ae Melun, enfin dans celle dç Bohan-Soi^ise i où il resta jusqu'à la ^évolution fran.çaise.
COMTÉ DE 6VINES.
FoncU en 965 , réuni an domaine en 1 5o4.
Ce comté comprenait , outre Guines, ^rdres, tiardewic , Brédenarde, Tornéhen avec le port ^e'^Titzan. Du comté de Guines relevaient douze baronnies avec autant de pairies. Guines fut d'abord possédé par Tabbaye de Saint- Bertin , puis par les comtes de Flandre, qui donnèrent cette terre, vers 965 , à Sifrid le t)anois , en récompense des secours qu'ils en avaient reçus contre le comte de Ponthieu. La postérité de Sifrid posséda Guines jusqu'en 1293 , où Jeanne, fille aînée de Baudouin IV, porta c^ comté dans la maison 'de Briennè, qui possédait déjà le comtî d'Eu. Lorsque le connétable Raoul III, comte d'Eu et de (ïuines, eut été décapite, ep 1350, le roi Jean réunit ses biens au domaine; mais ce ne fut qu'en 1504 que Guines, plusieurs fois réuni et démembré , revint pour toujours à la couronne.
COMTÉ DC BOULOGirç.
Fondé au neuvième siècle, passé dans la maison d'Auvergne en 1260.
Ce pays, d'une étendue de douze lieues d$ long sur huit de large, fu( donné par un comte de Ponthieu à soa gendre Bernequin , neveu du comte de Flandre Baudouin le Chauve, yers 980 ; nqais ce ne fut qu'en 965 que I9 Boulonnais eut des comtes héréditaire$. Eustache II (1049-1095) se sigpala dans la conquête de l'Angleterre
f)ar les IKormands , et obtint de Gullaume le Bâtard de riches possessions en récompense de ses services. Dans le même temps, ses domaines s'accrois-
saient su^ le cpntinept du; comté de Lehs. Son petit-bis p^r les femmes, Etienne , devint roi d'Angleterre , mais sans pouvoir transmettra ce titre à son fils Eustache IV, auquel il céda ses comtés de Boulogne et de Mor^ain.
En 1224, Philippe Hurepel, comte de Mortain et de Ulermont en Beauvaisis et frère du roi Louis VHI, obtint par mariage le comté de Boulogne, Calais, qui jusqu'alors n'avait été qu'un bourg ouvert, fut fortifié par ce comte dont le prédécesseur avait rebâti la ville d'Ambleteuse.
Hurepel, s'il faut en croireuneancienne chronique , eut une fin trafique. Témoin, dans un tournoi qu'il disait célébrer, de la passion que sa femme témoigna, pendant les joutes, àFlorenf, comte de Hollande , le seigneur le (niçux fait et le plus adroit de tous les combattants, le comte de Boulogne, s'étant abouché avec le sire de îfe§le et quelques autres chevaliers français, attaqua, a leur tête, lecomtedeHolfande. Celui-ci, persuadé que les jeux continuaient, se laissa renfermer dans un coin de l'arène , où Philippe le perça de sa lance. Le comte de Cleves vengea sur-le-champ la mort de Florent, son frère d'armes, en tuant à son tour Tassasàin. Après lui, le comte de Boulogne passa dans la maison d'Auvergne , en 1260.