‹ France (volume 2)Chapitre 15 sur 45 · COMTE DE PONTHIEU · texte numérisé non relu

COMTE DE PONTHIEU

Fondé vers le septième siècle, réuni an domaine en i36g. Capitale Abbeville.i

Le Ponthieu comprenait d'abord, $ou$ les Carloviugiens, le Boulouais, dont il est séparé par la Cancbe ; le Yimeu, dont il est séparé par la gomuie; le Teruois, Guines, Ardrçs, Arques, etc. Dès le septième siècle, ce comté était héréditaire, mais on n'a pas I9 sui|;e de ses comteç. Sous le$ Carlovin* giens, le Px)nthieu forma un duché confié successivement à Angilhert , gendre dç Charlemagne, à !Nitbard, soa fils , historien de Louis le Débonnaire, enfin à iiodolphe, oncle n^aternel de C\iarles le Chauye. Avec flelgaud , 859 , que l'on fait descendre de Piithard, çoiiimence là suite encore un peu incertaine des comtes de Ponthieu. Son petit-fils, Helgaud II (878), fortifâ le

ANNALES DE L'HISTOIRE DE FRANGE

bfi^re de^Qatçp\>il, qui dcytat pomme le cl|^-Vç^ uu pointé. 1|^a iioo, le Pontliieu entr^ p^r mariage danç la malçon des comtes d^AIeqçon (Iç la race dç l^ontgomery. Une ancienne çjirpnigHe raconte de Jpcin P*", l'up dgs com|ç§ qe cettp nouvellç famille, le trait suivait, oui n'a peut-être pa^ tous les carâptères de r^utnen^cité. La fille du coyote, voyageant un joiir avec sqn épouj:, le seigneur (|e Don^i^art, ifut arrêtée par des voleur^, qui, aprèç les avoir dépouillés l'un et l'autre, entraînèrent celle-ci dans un bois , où elle eut à s,u\>ir leurs yioleppes. Informé de cette mésaventure, Jean, à quelque tenips de là, jnvita sa Qllp à une proqfienade sur la meri ft, quand ils furent à trqis lieues ^e )a c^te : a Dame de Domroart, ivii dit-il, il faut maintenant que yotre mort efface la vergogne que votre «laïb^^F ^Rportp à notre race, v et il la fait jçt^r a la mer enfermée dans un topneaù, puis il re* gagna le rivage. M^îs |e tQpneau surnagea, et, ayant é\é aperçq par réguipase d'un vaisspau ilamâna, fut tire a bord et ouvert. La comtesse était mourante; mais elle revinf ()ientôt à la vie, et fut ramenée à sou époux, qui pleurait déjà sa mprt.

Guillaume m (1191) ne laissa qu'une fille, qui épousa Simqn 4e Pammartiji, comted'Aumale \ mais ce sejgneur ayant

Ecis le parti du comte de Flapd re, Phippe- Auguste confisqua ses biens; la comtesse de Ponthieu fut même forcée d'abandonner à Louis VU! Saint-Riquier, Dourlans, la terre d'Avesnes et ses dépendances, qui furent réunis au bailliage d'Amiens. En 1279, l'héritièrp du Ponthieu porta ce comté dans la maison royale d'Angleterre ; mais€har|esy s'en saisit en 1869, et le déclara réuoi pour toujours à la couroone : néanmoins il fut donné à plusieprs reprises en apanage. . ^ * ,

J y. I^ord-ouest âfi la Frafrice, Fiefs dfis provinces de Nbrrriavdie, Mai' ne y Anjou et Bretagne,

DUCHÉ D^ HORXJLlfOIE.

Fondé en gxa , réuni à la couronne en xao4.

Nous avons vu plus haut comment

Charles le $in^)Ie donna une partie fie Fanciennô NeuStrië , qveç la suzeraineté sur la Bretagne , à RbH'çn , chef de pirates danois, sous la condition quMl se ferait baptiser , épouserait la fille du roi et rendrait hommage (*). Mais, comme up des aptes de cette cérénaonie consistait à baiser le pied 4ù roi , Roi Ion chargea 4^ remplir cette formalité un de ses officiers, qui (pva si haut le pied du monarqup qu^ille repversa à terre.

Charles était si faible , qu'il fut réduit à considérer cette insplenceicomme une maladresse. Les successeurs de Rollon gardèrent fidèlement la tradition de ce premier hommage et faillirent plus d'unp fois renverser leur suzerain de son trônp. En 929, tlolfon abdiqua en faveur de son fils Guillaume ï*% ditLongue- Epé^ , oui laissa , en 943 , sa couronne duc£(le a Richard sans peur. C'est ce même Richard qui fut enlevé par Loujs d'Ou^rempr » que (es Normands emprisonnèrent à leur toiir dans Rouen , jusqu'à ce que Hugues le Grand lé rachetât. Par là paix conclue pn 946 , la Normandie fut étepdue depuis l'Anjlelle jusqu'à TÈpte, et peut-être mém*e jusqu^à roise. Mais, durant les règnes de Louis IV et de Lothaire, la Normandie fut saps cesse n^enacée par les rois de France et quelques-uns de leurs grands vassaux, qui ambitionnaient une si riche dépouille. Richard II le Bon, Richard III, Robert P% surnommé le Magnifique et le Diable, enfin Guillaume le Bâtard, régnèrent pendant le onzième siècle, de 996 a 1Q8I.

Robert I" dut soa doublp surnom à sa libéralité pt à la vigueur avec I4quelle il conduisit toutes ses guerres:

il rétablit tour à tour Baudouin IV, comte de Flandre , et Henri roi de France , chassés , l'un par son propre fils , et l'autre par sa mère ; toutefois l'assistance qu'il prêta au second lai valut le Vexin français. Robert entre- ' prit dès l'an 1035 un pèlerinage à Jérusalem , qu'il fît en partie nu-pieds.

Mais à Rome , à Con^tantinople, il moùtra sa magnificence ordinaire : avaot

- (*) yo^ei page 45 » cqI. i.

L'UNIVERS

d'entrer dans la capitale du monde chrétien , il fit ferrer â*or sa mule , avec défense de ramasser les fers s'ils se détachaient, comme il avint L'empereur grec le reçut assis dans un lieu où aucun siège n'était préparé ; mais Robert et ses chevaliers ne tenant aucun compte du cérémonial byzantin , étendirent leurs manteaux à terre et s'assirent : c'était comme l'annonce de tout ce qu'allait faire, souffrir à la vanité grecque la fierté des hommes de rOccident. En traversant TAsie Mineure il tomba malade , et fiit obligé de se faire porter en litière par quatre Maures. Un Normand qu'il rencontra lui demanda quelles nouvelles il fallait mander au pays ? « Que tu m'as vu , répondit le auc, porter en paradis par quatre diables. » II mourut empoisonné à Nicée, en Bithynie, le 2 juillet 1035. Ce fut en 1066 que Guillaume le Bâtard conquit l'Angleterre. Dès lors ses successeurs à cette couronne possédèrent aussi le duché de Normandie jusqu'en 1204, où Philippe- Auguste fit condamner par les pairs Jean sans Terre, coupable du meurtre de son neveu Arthur, et confisqua la Normandie, qui ne fut toutefois définitivement réunie à la couronne que par l'édit de 1261.

COMTÉ D*ALBirÇOK.

Fondé Vers le commencement da onzième siècle, réuni au domaine en zarg. Donné à plusieurs reprises en apanage.

Dès le huitième siècle, Alençon était le chef- lieu d'une centaine ou canton comprenant cent lieux. Vers 940, on trouve un Yves de Creil possesseur de Bélesme et du Sonnois. Le fils de cet Yves, Guillaume, en 997, devint comte du Perche, et plus tard d'Alençon, qui lui fut donné, ainsi que le pays de Domfront , par le duc de Normandie Richard II. Mais les nouveaux comtes entrèrent bientôt en guerre avec les ducs de Normandie et les comtes d'Aniou. Robert F' (1028), fils de Guillaume, fut fait prisonnier par Herbert, comte du Maine; et ses troupes ayant fait pendra un chevalier et deux de ses fils qui étaient tombés entre

leurs mains, trois autres fils du chevalier entrèrent dans la prison de Robert et le tuèrent à coups de hache. Son successeur , Guillaume Talvas , étrangla sa femme, et fut chassé en 1048 , par son fils Arnoul, qui périt lui-même assassiné par un de ses parents. Son oncl<^Yves , évéque de Séez , puis sa sœur Mabiie, ^use de Roger de Montgommery, lui succédèrent. Mabiie, cruelle comme toute sa race, fit périr nombre de personnes par le poison. Le fils de Mabiie^ Robert II de Bélesme , marcha sur . ses traces : la perfidie, la violence, le meurtre, tout servait son ambition; voulant s'emparer du château de Gilbert de l'Aigle, il le fît assassiner : plus tard il se conduisit avec tant de cruauté dans le comté de Shrewesbury, que le roi d'Angleterre lui avait donné, au'il fut cité à la cour du roi , pour y répondre sur quarante-cinq chefs d'accusation.

Au lieu de comparaître, il s'enferma dans ses châteaux, et soutint' plusieurs , sièges contre l'armée royale. La défaite , à Tinchebrai , de Robert Court- Heuse qu'il soutenait contre son frère le roi d'Angleterre, ruina enfin sa puissance ; et Louis* le Gros , dont il avait embrassé le parti, l'ayant envoyé en 1112 comme ambassadeur à Henri I"", cefui-ci le retint prisonnier, contre le droit des gens , le reste de sa \'\é. « Vous avez connu , dit un contemporain, Robert de Bélesme, ce prince de Normandie qui était pour ses prisonniers un Pluton, une Mégère, un Cerbère. Il ne se souciait pas de leur rançon , mais préférait les faire mourir dans les tourments , condamnant les uns, hommes ou femmes, à être ehipalés, infligeant à d'autres d'autres tortures, et faisant quelquefois lui-même le métier de bourreau , comme le jour oii il arracha les yeux avec ses oncles à son filleul (*). » Cette race homicide s'éteignit en 1219, et Philippe-Auguste put alors réunir à son domaine le comté d'Alençon, dont les derniers possesseurs l'avaient au reste servi contre Jean sans Terre.

(*) Henri Huotingtoo.

to$

En 1368, les comtés d'AIençon et da Perche furent donnés'en apanage au cinquième fils de saint Louis, et, en 1293 , à un frère de Philippe IV, qui fonda la ligne de ducs et pairs cl'Alençon de la maison royale, laquelle s'éteignit dans la personne detharles IV, mort, en 1525, de la honte qu'il ressentit, d'avoir fui à la bataille de Pavie. C'est le père de ce prince, René d'Alençon , que Louis XI fit. enfermer dans nne cage de fer d'un pas et demi de long, d'où il n'était tiré qu'un instant tous les huit jours, et à travers les barreaux de laquelle on lui donnait à manger au bout d'une fourche. Le duché d'Alençon devint ensuite l'apanage d'un frère de Charles IX; plus tard, de Gaston , frère de Louis XIII ; plus tard encore, celui du comte de Provence (Louis XVIII).

€0VTi DU ps&cai.

Fondé n oeaTidme sidcle , réuni «a domaine en iaa6.

Dès le temps de Louis le Débonnaire, il existait des comtes du Perche ; mais ce ne fut qu'en 1028 que Warin, second fils de Guillaume I*', comte d'Alençon , commença la race des seigneurs héréditaires de Domfront , de Nogent et de Mortagne, qui prirent plus tard le nom de comtes du Perche.

Warin ne manqua pas à son origine; aussi Guillaume de Jumiége, qui le .

représente comme un méchant homme, dit^l qu'il ftit étouffé par le diable, pour avoir tué en trahison un brave chevalier qui croyait être son intime ami. Son fils Geoffroi, qui s'intitulait Ticomte de Châteaudun, malmena si bien l'évéque de Chartres et ses ouailles, que les Chartrains le poignardèrent, en 1040 i au milieu de ses che- Taliers. Son suocesseut, Rotrou I*", continuant à dévaster les terres de l'évéque deCbartrés , celui-ci lança contre le comte une excommunication qui, au dire d'Orderic Vital, le rendit fou jusqu'à la fin de ses jours. La race des conjies du Perche s'étant éteinte en 1226, leur domaine fut réuni à la couronne, et plus tard donné en apanage ivec le comté d'Alençon.

OOMTi, FtriS D1TC9B d'aUXAU.

Fondé rers 1070 , maintenn josqa'au dix-hniti^me

•iècle.

Thibaut m, comte de Blois, s'étpnt emparé de l'héritage d'Etienne II, comte de Champagne , au détriment de son neveu Eudeâ, celui-ci se retira auprès de Guillaume le Bâtard, qui lui donna le comté d'Holderness en Angleterre. Sur le continent, Eudes obtint de l'arclievéque de Rouen la ville d'Aumale, située sur la Bresle, dans la haute Normandie, et que Guillaume érigea en comté. Sa postérité mâle le conserva jusqu'en 1180; mais le titre de comte d' Albemarie , nom latin de la viÔe d' Aum^e{ Jlba-Marla)^ fut porté dans la suite par plusieurs seisneurs anglais, notamment par le célèore Monk. De 1200 à 1253, le;comté d'Aumale fut possédé par les comtes deDammartin, et , de 1 252 à 1 343 , par des cadets de la maison de Castille, qui furent, du chef de leur mère, héritière des comtes de Dammartin etépouse de Ferdinand III, roi de Castille, comtes d'Aumale, barons de Montgomery et de Noyelles, seigneurs d'Épernon, etc. En 1343, Blanche de Castille porta le comté d'Aumale et la baronniede Montgomery à Jean d'Harcourt, vicomte de Châtelleraut. En 1476, René II, duc de Lorraine, hérita de son aïeule, épouse d'un comte de Vaudemont, Marie d'Harcourt, des comtés d'Aumale, d'Harcourt et de Mortain, qui restèrent dès lors dans la maison de Lorraine. Le comté d'Aumale, érigé en duché-pairie en 1547, fut alors possédé, de 1508 à 1550, par Claude P**, qui seul peut-être, parmi les princes ses contemporains , regarda la guerre comme une science, et l'étudia non-seulement sur les champs de bataille, mais dans son cabinet. Les mesures qu'il prit pour mettre Paris en sûreté et rassurer ses habitants, après la prise de Château-Thierry par les Impériaux, en 1544, fondèrent la popularité de sa maison dans cette jurande ville. C'est en sa faveur que Guise en Picardie fut érigé en duché, et les terres de Mayenne, de Sablé et de Ferté-Bernard, en marquisat de Mayenne* En

1638, te 4ucbé 4'Auinale pasaa à une branche cadette dé la maison ^e Ssivoie, et, en 1675, à Louis- Auguste de Bovirbop* fluc du MaiPQi pp^m t^itimé de Fraace.

Ç^MTÉ D*£U.

Foiidé «n OqQ, maintenu jusaa'aa dii-bmtièmf ••' ^ •"" ' iiècîe. ' '^"^^ ' ' •

La yUle d'Eu , npmaiée pour |a pr^ miêre fois par Frodoard, écrivain du neuvième siècle, e$t §ituée sur la riv^^ gauche de la Qrçslç , à ciuq liçue9 nordest de Dieppe et à une demie de Tréport. En 9â6, Eicliard II donna 1^ Qc5mté d*Ëu à Geoffroi, fils naturel de Richaid P?. Sa postérité le oosséda jusqu'en 15137, en y joignant *es seigneuries d'Arqués, de Driencourt, appelé depuis I^eufchd^l, et de Mortemer, que Philippe-Auguste acquit en 12ia. La maison de Brienne le tint ensuite jusqu'au supplice de Eaoul de Brienne, counétable de France (13â2).

A cette ^oque, il fut donné à la mai* son d'Artois , et passa par héritage dana celle dç Clèv.es (1491), puis dans celle de Lorraine (1633) ; enfin la grande çtermmile, ayant acheté pour deu$ millions cinq cent mille Uvres le comté d'£u, en fit don, en 16^2, au duc du Maine, bàtacd de Louis XIV.

COMTÉ d'sVIVEUX.

Fondé en ^8^, réuni en laoo au domaine, donné ^ plusieurs reprises en apanage, et maintenu jusqif aa dix-huitième ftiècle.

Ce fut ai4§^i un bâtard de Richard!", di4C de I^ormandie, qui C04)^meqga la r^cç des ço^ntes d'Éyr^u^, J'ap 98^.

Son pire 1^1 donna eh mômç tempç l'afçhpvêcpip de Rou^n. « Le cpmte-arcbeypq^e, dit Qrderic Vital, comblé de ricpegf^s, ce livra au^ affaires sécu)ipgs, ^t'ne s'ahstii^t [)oint , comqfi^ il cpny^noit à son caractère, des plaisifç de (a çf^jr; car il eut, en qualité de côipt^ , unç ^mme nomm^Q Barlèy^ qui Ini dôn^a trois ûlç , Richard , &aoii| et Guillaunie , çptre lesquels il partagea son comté d'Évreux et ses autres l^iens p^ltrimoniaux^ suivant l'usage du sjèdç, ^aiii (fans sa vieillesse, rêyçnu dfi ^siégarmeAts »ii fut SAJ^id'uK^gr.^

frayeur à la v^e de la multitude (les pécqéç gravçs florit îi é^R chargé.

Pour les expiçr, il fit d'abondantes aii-

Îiôn'es , çt ^htrep^it l'édifice rfé' ça càiédraiç, qu'il avança beaucoup, e( u î ' " ''^"* ' •• * "

dont 3 ïaiçsa l'achèvement à ses successeurs. » ' '

pn 1118, la poçt^ité mâle de l'archevéque-comte etapt «^teipte, Evreiix * passa dans la ipaison de IVfontfort, gui en hérita du droit des (emm^^Ç , et cedk ce comté, en ^200, à Çhilip^e-Aqguste; mai?, çn 1307, Philippe te Bel donna en apapag^ , à son frère Louis j le comté d*Evre\^y, avec les sçigpeuries d'Étampès , de Méulan , de Gien i d'Aubigni , etc. C'est le petit-uls de ce prince qui est si çélèb}^ dans notre oistoire sous lé pom de Chs^rles le Mauvais. Sa mpre Jeanne, fille unique de Louis le Hutin, devait périter aè Id Navarre, de la Chamipagne et de la Brie; mais elle ne put obtenir de cette riche succession que le royaume de Navarre, dont son époux, Philippe d'Évreux, se mit en possçissjoq malgré le roi PhjHppe YJ, ftt Qu'ils laifsèrenf à leur lils Charles ayec l§urs biens 9^ Normandie. lje$,a|liâpces ^p Ch«(r(^$ le ^Jauvais avec Édpu^rd III , 1^ trou-, hles qu'il suscita dans le royaume, aô^eqèrent la confiscatiop de ses dop^aines entre Loire et Seipe. Par up traité du 9 juin 1404, son (ils Charles liï céda au roi de Frapce le cqtpte d Çvreia avec les seigneuries d' Ayrapches, Pon^ Audemer, Passy, S^onancourti Beaq* mont-le-Roger, Breteuil, Orbeç, Carentan, Valogpeà, Mortel jp, Wqgentle*Roi, Mantes et Meulan. £p |5§9, Êvreux fut doupé au duc d'Alei^op, et, en 1651 , au duc de Bourbon.

COMTÉ, PUIS DUC^f DE Vf^TDO^E.

Fondé vers 980 , réuni au domaine en i^^i.

Le château de Vendôme, <^ont Grégoire de tours parle pour la preniièrç fois au sixième siècle, fut iplophé avec d'autres terres , par Foulques d'Anjou , à l'un 4e ses (ils, Bouchard, gui, zélé partisan de Hugues Capet, en reçut là ville de Melûn, la vicopUé de Paris et le comté de Cofî)çil. f u lft3'| , If QOii;

ANNALES DE L'HISÏOlftlÇ DE FRANCE.

terres de V&hpé dç Vendôme , Gepffroîjourdaio ' " " '

d en é**"'

veau coixité (ut usurpé par Gfoffroi

Martql, fils de Foulques ïferi^, comte

d'Apjou , au détriment de son neveu ,

Foulques l'Oison. Geoffroi , ayant ob- demander ^

tenu de $on père la ville de Saumur, accorda après qq'il fiut port^ isu^* sa

entra en guerre avec Ouillaume VI, tête et déposé sur le grqnd autel quatr^

duc d'Aquitaine, le battit et le retinf deniersetun couteau. 4 fjépf|Vpî'^ôur-

prisonuîer trois ans et demi, durait dàin, mo^t çn Palestine, succéda»,

lesquels il exerça Tautorité ducale d^q^ l'Aquitaine. U ne le relâcha, en 1038, qu'au prix d'une énorme rançon et d^ la cession des comtés de Saintes et da Bordeaux. Quelque temps liprès, s'étant brouillé avec sou père , celui-ci le poursuivit avec tant Je vigueur, que Geoiïroi fut contraint à venir lui de* mander pardon une selle de cheval suc le dos. « Tu es vaincu , tu es c|onc enfin vaincu, dit Foulques.»— «Qui,jelesuis pajT mon père, mais pour tout autre je suis invincible. » Cette réponse calma aussitôt le ressentiment du vieux Nerrà , flatté dans son orgueil de père et de chevalier.

£n 1046, Geoffroi, devenu comte d'Anjou , alla rendre visite à l'em-

neur Henri III, qu'il accompagna Ipme, et dont il reçut un petit vase contenant , disait-on , ttne larme d^ Jésus- Christ Le comte en fit présent àrabba3^edeVenddme(*).As6nretour, Gçoffroi fonda à Saintes un monastère de femmes, auquel il accorda, entre aatres diroits, la dîme de tous les cerâ et biches tués dans l'Ile d'Oleron , pour faiire de leurs peaux des couvertures de livres. La charte de fondation accorde aussi a l'abbaye le droit de faire prendre vivants chaque année, daniri une^forét voisine, un ceff et une biche, un sanglier et une laie, un chevreuil et un daim avec leurs femelles, enfin deux lièvres , le tout ad recrean* dam/ètnineam imbeeilUtatem,

£n 1085 , le comté de Vendôme , que Geofùroi Martel avait rendu à son neveu, passa par mariage dans la famille de Geof&oi de Preuilly, Viruietiteur de» tournais, dont le fils, Geoffroi- Jourdain, épousa riiéritière du Vendôpois.

Ayant tx>pimis des exactions sur les

(*) La cathédrale de Sens prétendait aussi posséder du lait de la sainte Vierge,

grqndaui ^, „^ j.4fïepf|rpi-J^QUrîlesiine, succédai Up^, <3^offpii dit Grisf-Gonelle, spi fils, qui, commç lui , eut de$ démâi avee l'abbé de Vendôpie. ' Ççi prclal ayant affranchi un feiç(\ ^etuj-fi se promenait dans la yiile avec la çnartç qe manumission attachée svir sa fêté, afin que tous pussept voir qu'il était désormais un homme libre; m^i$ 1^ cointe la lui arracha, prétendant q^e cet aff('ancl)issement ne pouvait avoiç lipq sans sa permission. 'Touteloi^ Iç différend s^arrangea.

La postérité des comteç dfl V^Ur dôme de la maison d'ÀnJPU piPiÇsgqâ ce domaine, réuni au cotpté çle Castres en Languedoc, jusqu^epî H12, où ces fiefs furent portés (i^r mariagiç dans la maison de BoiirboQ; (i^aU (ç premier prince qui posséda cette te^re, Louis de Bourbon , n'e^t que dès yipi> situdeç durant sa longue vie. p'aboc4 son frère aîné le fi t prisonnier, et pe le r§7 lâtha qu'au bout dehuit mois.L^coipt^, durant sa captivité , avait fait yœii d'entreprendre un pèlerinage à I^oire-Danif de Chartres et à Saint-Denjs en France. Dès ^u'il fut libre, il se rendit à ces deyx églises nn-pieds, en c^bemise, portant un cierge de cinquante Uyres, et suivi de cent domestiques daa$ te même costume. Fait de nouveau pri* sonnier à la bataillç d'A^incourt, sa rançon fut fixée à trois cent mille livres (plus de deux millions), et camuse U ne put payer cette somme exorbitante »

il resta dans les fers. Au bout de qpelques années, ennuyé de sa prison, il eut recours à l'expédient qui lui avait si bien réussi, à ce qu'il croyait , durant sat)remière captivité; et, ^'adressants Jésus-Christ, ^iuîpromU et noua qu0 s'U luu plaisoU avoir pUié de Uiy, et de la jmnson oit U estoU U peust être délkiré sans mort y sans désàon»

neur de sa pçrsonney et sans pfrdir Uon de sa seigneurie et héritage, en

L'UNIVERS

f honneur et révérence delvy etde sa glorieuse sainte larme oui en r église de la Trinité de yendosme repose ^ ilferoitetaccompliroit devant ta présence d'icelle sainte larme, le vœu qui s'ensuit. Voici le précis de ce vœu, qu'il serait trop long de transcrire sur la charte où il est rapporté : l** le comte s'engage à venir, la première année après sa délivrance yprésenter^ le jour • au vendredi de Lazare (c'est celui

âui pxécède le dimanche des Rameaux) , ans l'église de la Trinité de Vendôme, son corps tout nudj avec un cierge du poids de trente-deux livres de cire y en mémoire et remontrance que qtuind Notre-Seigneur souffrit mort et passion y il avoit régne en son humanité en cest monde par l'espace de tretvtedeux ans: 2» il promit qu'à pareil Jour tous tes ans à perpétuité, il sera f(dt dans la même égase une processioîi solemnellCf dans laquelle on dé' livrera de ses prisons delà dicte ville de Fendôme le malfaiteur que les gens de son conseil, gouverneur et officiers de sa justice^ et aucuns des notables religieux de l abbaye de la Trinité, le chevecier, chantre, et autres du chapitre de son église collégiale de monsieur Saint-George de P^endosme, diront en leur conscience avoir fait et commis le plus piteux cas remissible; et que, dans le cas où il n'y en aurait pas de cette espèce dans tes prisons de Vendôme, on soudoiera un pauvre homme pour le représenter, lequel , nudpieds et en petits draps (en chemise), porterait à la procession un cierge de trente-deux livres, qui brûlerait ensuite devant la sainte larme jusqu'au jour de Pâques. Le comte Louis , après avoir fait ce vœu , recouvra la santé , et sortit de prison d'une manière c^u'il regarda comme miraculeuse. Ce miracle consistait en ce que les Anglais le voyant dangereusement malade , et craignant de perdre la moitié de sa rançon , l'élargirent en se faisant donner caution de la somme dont il était encore redevable. De retour en France, les affaires de l'État, où il fut employé, ne lui permirent d'acaomplir son vœa

qu'en 1428. Ce fut cette année qu'il fit expédier* le 21 avril , la charte qui contient tout ce que nous venons de rapporter (*).

Sous Charles de Bourbon , qui se signala aux batailles^ d'Agnadel et de Marignan, le comté de Vendôme fut érigé en duché-pairie. François I*' en partant pour la malheureuse campagne de Pavie, confia h Charles le gouvernement de rile-de-France et de la Picardie, malgré la défection de son cousin le connétable de Bourbon. Plusieurs seigneurs sollicitaient le nouveau duc de s'emparer de la régence au détriment de la reine mère, qu'on accusait de tous les malheurs de son fils; mais il répondit à ces offres brillantes : « Messieurs, je vais à Lyon recevoir « les ordres de madame la régente, qui « m'appelle , avec tous les grands du « royaume, pour travailler à la liberté du « roi et à votre salut. » Cependant François I*' parut oublier ses services : à la mort du duc d'Alençon, et plus tard, lors de la confiscation des biens du connétable de Bourbon, il ne reçut rien de ce double héritage , dont la plus grande partie devait lui revenir, soit comme époux de la sœur du dernier duc d' Alençon , soit comme aîné de la maison de Bourbon. Ce prince, septième descendant de Robert, comte de Clermont et sixième fils de saint Louis ^ eut sept fils, dont l'alné fut Antoine, roi de ISavarre, le second François, comte d'Enghien, célèbre par sa victoire de Cérisole et sa mort funeste (**), le troisième Charles , cardinal de Bourbon , nommé roi , sous le nom de Charles X, par les ligueurs, le quatrième Jean, comte de Soissohs, et le cinquième Louis, qui a donné origine aux princes de Condé. Antoine, néritier du duché de Vendôme, épousa, en

(*) Martenne, Anecd., 1. 1, col, 1774, cité dan& TArt de vérifier les dates, t. XII, p. 5o4. .

(**) Il futluéàlaRoche-Guyondekcfaute d'un coffre que les princes , en jouant , lui laissèrent tomber sur la tète, le a3 février i54ft

1548, Jeanne d'AIbret, qui lui apporta en dot ce qui subsistait encore do rovaume de Navarre, la principauté de B4m, le duché d'AIbret, les comtés de Foix, de Bigorre, d'Armagnac, de Rhodez, de Périgord , et la vicomte de Limoges. Antoine embrassa d'abord le calvinisme et voulut y convertir sa femme; « mais la reine de Navarre , dit Brantôme, qui étoit jeune, belle et très-honnêle princesse, et qui aimoit bien autant une danse qu'un sermon , ne se plaisoit point à cette nouveauté de religion. » Cependant elle céda à la lin, et se fit si bien huguenote, qu'elle ré{K)ndit un jour à Catherine de Médicis : « Si j'avais mon royaume et mon « fils à la main , je les jetterais tous les c deux au fond de la mer plutôt que « d'aller à la messe. » Cette Jeanne d'AIbret fut la mère de Henri IV. En 1598 , Henri IV, alors roi de France , donna le duché de Vendôme à son fils César, qu'il avait eu de Gabrieile d'Estrées.

C'est de ce prince que descendait le due de Vendôme, si célèbre durant la guerre de la succession d'Espagne.

Après sa mort, le 11 juin 1712, le Vendômois fut réuni de nouveau à la couronne.

COMTB l>*AirJOV.

Fondé Yen 85o, réoni aa domaine en x48i.

L'Anjou, situé entre le Maine, la Bretagne, le Poitou et la Touraine, forma , sous les rois de la seconde race , deux comtés que séparait la Mayenne, et qui avaient pour chef-lieu, l'un Châleauneuf, Tautre Angers. Le comté d'au delà de la Mayenne ou Marche- Angevine fiit donné, en 850, à Robert le Fort, puis à Eudes, son fils, qui lui succéda aussi dans le duché de France.

(2uant à l'autre comté, il fut inféodé à Ingelger, petit-fils d'un paysan qui vivaitde fruits sauvages et de la chasse , mais dont le fils avait fait fortune durant les troubles du règne de Charles le Chauve. En 878, Ingelger épousa l'héritière du comté de Gatinais. Son fils Foulques le Roux (888) joignit à ce domaine déjà étendu la Marche- Angevine, les seigneuries de Loches, de

Viilandri et de la Haie ; Geoffroi Grise-

GoDelle{958) , la ville deLoudun ; Foui' ques Nerra le Jérosolomitain (987) , la Saintonge, qu'il acheta ou obtint de Guillaume, duc d'Aquitaine; Geoffroi II (t040-1060), surnommé Martel à cause de son courage , la ville de Tours. Ainsi, au milieu du onzième siècle, les domaines des comtes d'Anjou s'étendaient de la Bretagne à la Champagne, sans compter la Saintonge qu'ils possédaient, et le Maine, où ils exercèrent souvent la même autorité que dans leurs propres terres. Aussi cette maison pouvait-elle lutter avec avantage contre ses ennemis , les comtes de Bre-/ tagnè et de Blois, et les ducs de Normandie et d'Aquitaine. Les premiers Capétiens qui leur confièrent la dignité ' de grand sénéchal , et s'unirent à leur famille par mariage, en tirèrent souvent, dans leur faiblesse, d'utiles secours contre leurs trop puissants voisins.

De ces comtes, .le plus illustre fut Foulques Nerra, qui fit deux ou trois fois le périlleux voyage de la terre sainte. A son dernier pèlerinage, il se fit traîner sur une claie par les rues de Jérusalem, nu, la corde au cou, fouetté par deux de ses valets , et criant de toutes ses forces : « Seigneur, ayez « pitié du traître et parjure Foulques. » Puis il entreprit ae revenir à pied, mais il ne put dépasser Metz. Foulques avait en effet bien des crimes à exjpier. Sa nièce Constance, épouse du roi Robert, s'étant plainte à lui de Hugues de Beauvais, favori de son époux: Foulques avait aussitôt envoyé douze chevaliers, avec ordre de poignarder le favori partout où ils le trouveraient.

De ses deux femmes , il avait fait brûler l'une, ou même, selon d'autres , l'avait lui-même poignardée après qu'elle s'était sauvée d'un précipice ou il l'avait fait jeter; et la seconde, il l'avait contrainte par ses mauvais traitements à se retirer en Palestine. C'est ce même comte qui bâtit Montrichard, Montbazon , Mirebeau et Château-Gonthier.

Telle était alors la rareté des livres, que sa bru fut obligée de donner deux cents moutons, cinq (juartiers de froment, et autant de seigle et de millet.

tn

Ii'UIflVERS.

^bn^ avfitir «il mattoscrit nnferiBfiiit cted hDiniliés. Son petit-fiis Foulques Je Rediih (1060) dut céder ie Gatinais au roi PhiKppé P% fet faire nommai au comte dis Blois pour le comté de Tours. Plus tard , Philippe lui enleva sa femme Biertrade; mais l'intérêt étouffa la cOr 1ère que ce rapt devait exbiter en lui contre ie iroi dé France. C'est à cb prince qu'Orderic Vital rapporte l'invention d'uile espèce de souliers, dont la poitutt était plus ou moins large, suivant la qualité de ceux qui les portaient: d'un pied et demi au moins pour les riches , et de deux ou trois pour les prince^. L« bec en était recourbé et ornfé de cornes, de griffes ou de quelque autre figure grotesque, On les ap- J^i^it des souliers à la poulaine. Cette chaussure que Foulques imagina, suivant plusieurs écrivains, pour couvrir la dirTormité de ses pieds, et qu'on remarque dans plusieurs vignettes des AnHehis manuscrits , dura , malgré les déclamations des prédicateurs, jusqu'au règne de Charles V.

S'en fils Foulques le Jeune, qui aciJUit le Maine par mariage, suivit penoant ^e^que temps le parti de Louis te Gros ; maïs il tut gagné à celui de Reuri F', roi d'Angleterre, parle matiagfe de sa filîte Mathilde avec l'héritier tfc ce prince. Ce marîâçe fotprématu- Hhient rompu par la mort funeste du jeune Guillaume, mais il prépara celui

?[) fils aîné de Foulques , GeotTroi T lahtagenet (1129-1161) avec la fille de Ôenri I*', Mathilde, veuve de l'empereur fienri V, laquelle en épousant Geoffroi .fit monter les comtes d'Anjou sur le trône d'Angleterre.

Après la confiscation de la Normandie , tlu Maine A de l'Anjou , faite , en 1204 , sW Teûh Sanà Terre par Philippe-Auguste, saint Louis donna le Maine et r Anjou, en 1246, à son frère Charles P'", cotrite de Provence et roi de pfâples. Au quatorzième siècle, ces deux provinces revinrent à la couronne ; mais le roi Jeun les donna de nouveau à •j^h sfecond fils Louis , qui commença la seconde maison d'Anjou , dont les cliefs furent Louis 1" (1356-1077), Louis ÏI (1377-1417) , Louis III (1417-1434) , et

René, duc de Bai^ et de Lorraipci fige d*Aujou,. comte de Provence et roi 4e naples. £n 1484» après la iport de René, F Anjou j^ut réuni au domaine royal.

CÔltTÉ JXO XAltTE.

fùtiAé ftoQ» itt pf edai^e race , Irëàni I TAlikjâlk en xzxo.

Le Maine, éprès avoir ett longtemps des ebihtes pàrtieulii?rs Sbus tes MerovihgienÉ et lés Carlovingieds , 6t partie souâ Charles le Chauve, aVete la Merfehe-Angevihè, du duché &è France, bbSsédé par Robert le Port. Oélttl-ei et ses successeurs y établirent de$ comtes qui administrèrent pour euk cette province, dont les comtes d'Anjou, et particulièrement Foulques Nérra, essayèrent bientôt de s^empârer;, plusieurs fois ils tinrent les comtes du Maine dans leurs pHsons, màlÀ sans iDser conson^mer r usurpation. Guillaume le Bâtard fut plus hardi : en 1063, il enleva le comte dU Maine avec sa femme, et les emrhena à Falaise, où peu après ils moururent l'un et l'autre de poison sans laisser d'enfant; puis il prit possession du Maine. Mais l'aversion des Manseaux , qui se soulevèrent plusieurs fois contre les Normands, l'ambition des comtes d'Anjou , furieux de se voir enlever une proie qu'ils convoitaient depuis si longtemps, enfin celle d'Hélie, seigneur de la Flèche et descendant des anciens comtes du pays, empêchèrent Guillaume et son fils de jouir paisiblement de leur usurpation.

En 1090, cet Hélie de la Flèdie parvint à se rendre maître du comté. A sa mort, le Maine fiit réuni à l'Anjou (1110) par le mariage de s^a fille avec Foulques le Jeune.

SZXGirEVRXB, PUIS COVTR DE LAVAL.

Fondée rers l'an looo» maintenue jiisipoi'aa dixhuitième siècle.

Laval, vrile dU baft Maine, 'postérieure au neuvième sîècle,devint , vers l'an 1000 , le chet-iieu d'une seigneurie , mais on ignore l'origine de ceux qui la possédèrent; on les voit suivre firéguemment TétêVidard des comtes d'Anjou , leurs suzerains , avec le vicomte de Tliouars, les seigneurs de Mîrebeaa,

ANNALES DE t'klSTOikÈ DE FRANCE. îii

de Çàrtli^nliiç ae SaWe, d'ÀmBoisé^ « frais et missions i'nnombjraDrès, nous ^x- . ji . *:.-:-- L ..».-„- j'- «àvohsfaict parler a aucuns noblesse

« îibs pays ae§ comtés â'J^hjôu .et diî

etc. En 121 à,. Emrae, hérjtière dès sires de Layal ,. épousa ÇLooeft d'Alençon, puis Mathieu de Jiontmçirency, connétable de Frappe. Le fils qui nà;

guit de cç mariage, et qui fonda là rariche de Lavàl-Môhtmorency, accompagna Charles d'Anjou à la conquête du royaume dé Nàples. Son successeur, Giîi VIII, fui de la croisade Q'AFrFque en 1270, et fit toutes les guerres dfe Philippe le 1^rd\, T^n prenant possession dé là terré de Laval , Gui Ia. réserva ijh douaire à sa bellèhlère par l'acte suivant : Madame dé Laval aura ïâ moitié de tous les fnèsnages, savoir, soixante écuelles d'argenty trente grandes et trente petites^ trois bots (f^argent à vin et deux a eau, aeiix plats d'argent à entremets, deux bassins d'argent à mains laver, et toutes les couronnes, chapeau^, anneau^ s yermaux, ceintures et attreims pour son corps; la moitié de toutes tes bêtes et harOjS, sept chevaux, savoir, cinq pour son char, un palefroi et un roussinpour André de lavai; et aura le dit André une épée de guerre âe trois qui sont. Et le sire jfe Laval aura l'autre moitié de tous les meshages, la coupe fleur etée et autres Joyaux; un écu d'or qui fut àkciennem£nt au seigneur de Laval ^ elle cheval qui fut acheté de Thibaut de Bar, avec foutes les armures et aftirements; deux épées de guerre et tous les autres chevaiix. Aura déplus la dite âàme son douaire dans toute la terre de Lavak

Les seigneurs de Laval possédaient alors, outre leur domaine patrimonial, la baronnie de Vitré et là vicomte ^ ^

de Rennes dont Gùi VIII avait hérité * puissance , puisqu'ils avaient dariô de sa mère ; aussi étaient-ils alors re- fa dépendance de feur terre de Laval

« Maine, comme Iç vicorpj^e de Bcau- « mont, le sîire de Matheielôn j Geof- « froi de Bêaûniont , et aucuns aultreç « lio^Wes y que pour ce iious veuillent « octroyer une composition, cle quatre « deniers ^oui: livre à estrè levéfe pour « iin an pour le faici dé là guerre , « liîrisy comme àultrefors nous fut 0C7 « trqyé, laquelle imposition ils nous « ont gracîeusehaènt octroyée , et dînsy «ont laîct les bonnes villes; sî voiis «prions chèrement et a çëftaque îa- « dicte iniposition vous veuililez gra- « cieugement èstre levée pour un ah « en vï)stre terre qùé vous avez èz dic- « tes comtés, et de ee vous veUiliè fail- « lir , et nous écrivez sur ce vostre A volonté. Et aussi tenéz-vôus ji'r'est '& et garni toutefois ôue nous lé ferons « sçavoir. Donné à la Suzê au Maine.

« le 18 juillet. » Ce même Gui X pHt parti pour Charles d^ Bloîs dahs les

f'uerres de Bretagne, et fut tué 5 la ataille de la Roche-beVien. Lorsque la dernière duchesse de Bretagne^ descendante dû comte de Montfort, Anne, éfouse de Charles VÏÏI et die Lôuié Xtt, vit à Vitré la statue de ce seîgnèui*. elle commanda qu'on lui crevât un œîl, parce qu'il avait été le ^luS cruel ennemi de sa lioaison.

En 1431 , sous Gui XIV, la terre de Laval fut érigée en comté par lettres patentes, ou le roi dottnàit au nouveau comte le titré dé cousin , eh lui accordant le rang et fës bonheurs dont jôuissaietit alors îes comtes d'Armagnaé, de Foix et de Soissohs, que les sires de Laval égalaient pi-esq»eii

gardés coirtnie de puissants barons, et l'on verra par la lettre suivante dans quels termes leS rois de France leur écrivaient : « Sire de Laval , di- « sait Philippe VI, en 1340, à Gui X, « nous sçavons et sommes certains que fc vous amfez l'honneur et profit de nous « et de nos besogries. Et pour ce que tpremîèfeiiïièht, pour la défensîon dé « nostre royaulme, nous convient faire

cent cinquante hommages , parmi leisqtiéls se trouvaient quati'e terres titrées, trente-six châtellenies, en tout cent douze paroisses. Aussi lè nouveau conàte fat-il obligé d'établir à Laval uiie chambre des côniptès pour Ses vastes domaines. Ati seizième siècle, il n'y avait que sept maisons, celles des ducs de Bourbon , de Vendôme, dePenthièvre, de Neveirs, dQ

L^UNIVERS

Bar, de Dunois et de Laval, qui eussent obtenu de privilège. La branche atnée et mâle des comtes de Laval s'éteignit en 1547 ; leurs domaines

f tassèrent alors dans la maison de Coigni. Le nouveau comte, neveu de i'amiral de Coligni , fut comte de Laval, de Montfort, de Quintin, d'Harcourt ; vicomte de Rennes et de Donges ; baron de Vitré et de la Roche-Bernard; sire de Rieux, de Rochefort, de l'Argouest, de Lillebonne, d'Aubigné , de Bécherel , etc. A la mort de son fils, tué en Hongrie en 1605, sa succession passa dans la maison de la Trémoille, qui possédait déjà le duché de Thouars , et carda I^aval jusqu'au dix-huitième sièele.

OOXCTB, PUIS DUCHÉ DE BRETA^GHS.

La Bretagne , longue d'environ soixante lieues , et large, entre Nantes et Saint-Malo, de quarante-cinq, ne fut jamais que très imparfaitement soumise par les rois des deux premières races. Nous avons vu plus haut (*) les efforts de Charles le Chauve pour éten« dre son autorité sur cette province; mais Alain III, dit le Grand , qui succéda, en 877, aux assassins de Salomon , se qualifia tantôt duc et tantôt roi de Bretagne. Depuis lui jusqu'en 1 171 , où Geoffroi II , fils de Henri II épousa Constance , héritière de Conan IV, la Bretagne fût comme un État à part , ayant ses princes indigènes , et occupée de ses aissensions mtestines. Mais dès qu'un membre de la famille royale d'Angleterre se fut assis sur le trône de saint Judicaël, la Bretagne se trouva nécessairement mêlée à toutes les querelles de ses voisins.

Le' fils de ce Geoffroi 11 fut l'infortuné Arthur, que son oncle Jean sans Terre jeta dans la Seine après l'avoir poignardé. Philippe Auguste profita de sa mort en faisant épouser (1213) à Alix, autre fille de Constance, Pierre, surnommé Mauclerc, fils de Robert 11^ comte de Dreux et arrière-petit-fils de Louis le Gros. Le nouveau duc fit hommage- lige au roi de France, et

(•) Page 4i , col. i.

reçut les hommages des Bretons avec cette clause : « sauf la*ifidélité due au roi de France, notre sire. » Ses successeurs furent Jean I" (1237), dit le Roux; Jean II (1286), que Philippe IV créa duo^ et pair de France en 1297 (*) ; Arthur II (1305), qui obtint que le clergé de Bretagne prendrait à la mort de tout père de famille non plus le tiers , mais le neuvième de ses meubles , et que, pour le repas de noces , les mariés payeraient au curé, non plus une somme arbitraire , mais seulement deux ou trois sous , selon leurs facultés ; enfin Jean III, le Bon (1312), qui donna en mariage sa nièce Jeanne à un neveu de Philippe VI, Charles deBlois , qu'il désigna pour son successeur. Mais, à la mort de Jean le Bon (1341), son frère i Jean de Montfort prétendit hériter du duché et commença une guerre qui désola la Bretagne pendant vingt-quatre ans. N'oublions pas toutefois que ce fut dans cette guerre que se forma cette chevalerie bretonne dont du Guesclin fut le chef, et qui contribua tant à délivrer la France des Anglais, sous Charles V. Jean IV, fils de Montfort, lui succéda en 1364, et le traité de Guéraude lui assura la Bretagne (1365). En souvenir des secours que la France avait prêtés à Charles de Blois, la maison ue Montfort ne cessa dès lors de prendre le parti de l'Angleterre. Jean IV faillit même perare son duché par ses intrigues continuelles avec les Anglais; mais la haine des Bretons pour la France le lui conserva. L'assassinat du connétable Clisson par Pierre de Craon, qui trouva asile en Bretagne, amena cette fatale expédition qui fut interrompue par la démence de Charles VI. Jean V (1399) montra plus d'attachement à la France, ainsi que ses fils François T' (1442) et Pierre II (1450). Le règne de ce dernier fut presque tout entier rempli par deux événements qui lui paru-

^ (*) C'est le premier exeinple de cette c tion qui changeait la mouvance de la Bretagne, la rendant fief direct de la oouroniie d'arrière- fief qu'elle avait été jusqu'alors.

ANNALES DE LUlISTOlRE DE FRANCE;

US

rent presque d'une égale importance :

la vengeance du meurtre de son frère Gilles, mis à mort par ordre du duc François, d'après les intrigues de quelques-uns de ses conseillers , et la conciliation d'un grave différend qui divisait depuis longtemps Tabbé de Sainte- Madelaine de Rennes et Tabbesse de Saint - George. Il s'agissait de savoir lequel des deux aurait le pas aux processions. L'affaire était allée jusqu'au pape, qui avait prononcé en faveur du premier ; mais l'abbesse avait tenu tête au bref du saint-père, et il fallut une sentence longuement délibérée du conseil ducal pour terminer cet important débat. Il fut décidé que Tabbé, avant de prendre le pas, l'offrirait par courtoisie à l'abbesse , laquelle le refuserait par humilité.

Arthur III , comte de Richement , connétable de France , et l'un de ceux qui contribuèrent le plus à rétablir Charles VII sur le trône de France, succéda à ses neveux en 1457; mais il mourut Tannée suivante^ et laissa sa couronne ducale à son neveu François II. Ce prince, le dernier des ducs de Bretagne, prit part à toutes les ligues formées contre Louis XI. Sa vie se passa dans les intrigues, les ambassades, les traités et dès guerres qui ruinèrent son pays. « Auparavant, dit Saint-Gelais, son pays estoit riche à merveilles , et n'eussiez sceu aller en maison de laboureur , ny autre sur le plat pavs que n'y eussiez trouvé de la vaisselle d'argent ; mais , depuis lesdites guerres commencées, leurs biens se diminuèrent fort. » Ces intrigues amenèrent encore à l'intérieur des troubles si violents , que le comte de Foix disait au duc : « Monseigneur, je vous « jure que j'aimerais mieux être prince « d'un million de sangliers que de tel «peuple que sont vos Bretons. » Sa fille Anne, épouse de Charles VIII et de Louis XII, porta la Bretagne dans la maison de France par le mariage de sa fille aînée Claude avec le duc d'AngNême, depuis François P'', lequel ^unit à jamais la Bretagne au domaine, en 1532.

V Uvrais(m, (Annales de l'hist.

COHTB, PUIS DUCai Ol PftHTHlÈVlIK.

£udon, second fils de Geoffroi, comte de Rennes et duc de Bretagne, eut, par le partage fait en 1008 avec son frère Alain , les diocèses de Saint- Brieuc et de Tréguier, avec une partie de ceux de Dol ettl'Aleth ou de Saint- Malo; en outre, il s'intitula, ainsi que ses descendants, jusqu'au treizième siècle, comte de Bretagne, et affecta une complète indépendance; mais Philippe-Auguste, samt Louis et Pierre Mauclerc, redoutant également La trop grande puissance des comtes de Penthièvre, les dépouillèrent successivement de presque toutes leurs possessions, dont héritèrent les ducs de Bretagne jusqu'à Jean III. Ce prince donna, en 1317, les comtés de Penthièvre et de Guingamp à Gui de Bretagne, son frère, dont la fille, Jeanne la Boiteuse, les porta à Charles de Blois, l'adversaire de Jean de Montfort , autre frère de Gui de Bretagne. Le fils de Charles de Blois, Jean, retenu en otage en Angleterre, de 1351 à 1387, ne sortit de captivité que quand Olivier de Clisson eut donné cent vingt mille livres pour sa rançon. En reconnaissance, Jean épousa sa fille, et recouvra peu de temps après le comté de Penthièvre. A la mort du duc de Bretagne, Olivier de Clisson ayant été chargé, avec le duc de Bourgogne, de la tutelle des fils qu'il laissait, sa fille entra un jour dans sa chambre en lui disant :

«Monseigneur mon père, or ne tien- « dra-t-il qu'à vous si mon mari ne re- « couvre son héritage. Nous avons de si « beaux enfants; monseigneur, je vous « supplie que vous m'y aidiez.» Clisson lui ayant demandé comment elle imaginait que cela pût se faire. « Il n'y a, « répondit-elle, qu'à faire mourir lesen- « fants du feu duc avant que le duc de a Bourgogne vienne en Bretagne. » — « Ah ! cruelle et perverse femme, lui ré- « pliqua son père, si tu vis longuement, « tu seras cause de détruire tes enfants « d'honneur et de biens. i^,£n même temps, il saisit un épieu dont il l'eût tuée, si die n'eût pns la fuite. Elle le fit avec 'tant de précipitation qu'elle

. DE Faangb.) s

L'UNIVERS

se rompit une. cuisse, dont elle demeura Doiteuse le reste de sa vie.

Les fils de Marguerite de Clisson partagèrent son ambition, et les efforts qu'ils firent pour se faire déclarer ducs ae Bretagne leur ût perdre leur héritage , qui , en 1 565 , fut érigé en ducbé-paîrie en faveur de Sébastien de Luxembourg, vicomte de Martigues, et descendant, par les femmes, des comtes de Pentbièvre. £n 1623, César de Vendôme en hérita du chef de sa ' femme , et il passa depuis aux princes de Conti, qui le vendirent au comte de Toulouse, dans la maison duquel ce duclié resta jusqu'à la révolution.

S VI. Centre de la France, Fiefs des provinces de Nivernais y Champagne, Orléanais et Ile-de-France.

COMTES D*AUXBIlllX, BB ITBTBllS BT DB TOirirBRlIB.

Le comté d'Auxerre, fondé ren 780, fut réuni aa domaine «n 1370, et démembré de nouveau en 1491.— -Celui deMerers, fondé vers 900, fut acheté parMazarin en i65g. — Celui de Tonnerre, établi vers 800 , se maintint jusqu'au dix - huitième siècle.

L'Auxerrois comprenait, outre sa capitale, Briare, Mève, Cosne, Gien, Entrains, Varzi, et Pouilli. Dès le temps de Charlema-ine, on trouve un Ermenoldus, comte d'Auxerre; mais ce ne fut qu'au commencement du dixième siècle que ce comté devint héréditaire dans la famille des ducs de Bourgogne, qui possédèrent aussi leMivernais (entre le Gatinais et l'Auxerrois au nord, le duché de Bourgogne à • l'est , le Bourbonnais au sud , et le Berry à l'ouest) , où ils établirent, au commencement du dixième siècle, un comte particulier. En 987 , ces deux comtés furent réunis en faveur d'OUe-Guillaume, fils d'Adalbert, roi d'Italie, et beau-fils de Henri le Grand, duc de Bourgogne. Mais, en 992, il les laissa à son gendre Landri, dont la postérité les posséda jusqu'en 1181, en y joignant presque toujours, depuis Guillaume P' , le comté de Tonnerre. La descendance mâle de Landri s'étant éteinte en 1181 , Philippe- Auguste fit épouser la sœur et l'héritière du der-

nier comte à Pierre de Courtenai» qui céda au roi, en reconnaissance de l'alliance qu'il lui procurait, sa ville de Montargis ; de même que Hervé , baron de Donzi , lui abandonna la terre de Gien , lorsaue Philippe lui fit épouser Mahaut , fille de Pierre de Courtenai. Celui-ci eut de longues querelles avec l'évêque d'Auxerre, qui se vengea, comme faisaient alors les évoques, par une excommunication. Ce prélat avant refusé de donner la sépulture eoclésiastique au (ils d'un officier du comte, Courtenai fit enterrer le mort dans la chambre même où couchait l'évéque ; mais bientôt effrayé et redoutant l'effet des censures ecclésiastiques , il se soumit à déterrer de ses propres mains le cadavre, et à le porter, nu-pieds , sur ses épaules, durant la procession des Rameaux , jusau'au cimetière public. La dernière héritière des trois comtes, Mahaut, étant morte en 1226 sans laisser de fils , ses trois filles se partagèrent son héritage.

Yolande, l'aînée, épouse de Jean Tristan, fils de saint Louis, puis de Robert de Dampierre, comte de Flandre, porta dans cette dernière maison le comté de Nevers et les baronniefi 'de Donzi et de-Riceys, qui entrèrent 'ensuite dans celle de Bourgogne pa> le mariage de Philippe le Hardi ave<5 la fille de Louis III de Maie, comte de Flandre , de Nevers , de Rhétel , et baron de Donzi (1384). Après la mort de Charles le Téméraire et l'extinction de la branche cadette de la maison de Bourgogne qui possédait le comté de Nevers , ce domaine fut donné à Engilbertde Clèves (14^1), troisième fils de Jean T', duc de Clèves, et petitfils par sa mère d'un comte de !Nevers, de la maison de Bourgogne. Engilbert, naturalisé par Charles VIII, qui l'appelaitson cousin étranger, fut aussi comte d'Auxerre , de devers , d'Êtampes et de Réthel. En 1539, le comté de Nevers fut érigé en duchépairie en faveur de François de Clèves, qui se distingua dans^les dernières guerres de François I*"', et surtout dans celles de Ilenri'll. En 1561, Henriette de Clèves , dernière héritière du

ANNALES DE r^tOlRE DE FRANCE.

duché de Nevers et du comté de Ré- &el, épousa Louis de Gonzague, fils du duc de Mantoue , qui prit part à toutes les guerres civiles de France durant les règnes de Charles IX, de Henri III et de Henri lY. D'abord ligueur, il fut redouté des calvinistes, qui disaient : « Il nous faut craindre « monsieur de Nevers avec ses pas de « plomb et son compas à la main. » Cependant il fut un des premiers à reconnaître Henri IV, qui l'envoya , en 1693^, à la cour de Rome comme ambassadeur. Sa femme avait eu pour amant le comte de Cocohas, qui fut décapité h Paris durant les troubles. La tête de ce seigneur ayant été exposée sur une potence en place de Grève, la duchesse alla l'enlever elle-même durant la nuit, et, l'ayant fait embaumer, la garda longtemps dans un cabinet derrière son lit, à l'hôtel de Nesle. « Ce même cabinet, dit. M. de Sainte-Foix, fut longtemps arrosé des larines de sa petitefille Marie Louise de Gonzague de Clèves, dont l'amant Cinq-Mars eut, en 1642 , la même destinée que Coconns. Le Ùlsde Louis de Gonzague et de Henriette de Clèves, Charles II de Gonzague (1601), fit une ville de Tancienne maison roya le d'Archis,prè§ de Mézières sur la Meuse , et lui donna son nom (Charleville). pn 1621 , le duc de Nevers acheta le duché de Mayenne, et son fils Charles, déjà duc de Rhételals, devint en 1627 duc de Mantoue et de Montferrat; mais, en 1659, son petit-fils Charles III préférant le rôle de princ^ indépendant à celui de vassal de la couronne, vendit à Mazaria ses duchés de Nevers , de Rhétel , dp Mayenne , et sa baronnie de Donzi.

La secQnde fille de Maliaut , coçntesse de Nevers, d'Auxerre et de Topnerre, avait eu en 1262, pour sa part dans l'héritage de sa njère, le domaine de Tonnerre, qui formait un comté dès le commencement du neuvième siècle, avec les bqronnies d'Alluie et de Montmirail au Perche, et les terres (Je Griselles et de Cruzi; piais elle mourut sans laisser d'enfants, et ces biens passèrent à la postérité 4e son autre sœur Alix, qui avait eu le cppitéd'Auxer-

re avecJes terres de Saînt-Aignan et de Montjai. En 1359 , Edouard III , roî d'Angleterre, ayant été forcé de lever le siège de Reims, vint attaquer Tonnerre ; « là eut grand assaut et dur, et fut la ville prise par force et non le cliastel : mais les Anglois gagnèrent au corps de la ville plus de trois mille pièces de vin... Le roi d'Angleterre et son ost reposèrent aan§ Tonnerre cinq jours pour la cause des bons vins qu'ils avoient trouvés (*). »

La maison de Châlons, oui, depuis le mariage d'un fils de Jean de Châlons, sire de Salins, avec Alix, possédai^ le comté de Tonnerre (**) , s'éteignit dans les mâles en 1433. Ce domaine passa alors par mariage dans la famille des sireç de Husson, et, en t537, dans celle des vicomtes de Clermont en Viennois, premiers barons, connétables et grands maîtres du Dauphiné.

Le marquis de Louvois , ministre de Louis XïV, acheta, en 1684, lé comté de Tonnerre , qui se trouvait être dU dix-huitième siècle le plus ancien des comtés non réunis à la couronne.

SAROiriflB OB Dovzr.

Vers I020, réunie au comté de Nevers en za54.

Donzi, petite ville, chef-lieu d'iin district situe à trois lieues de Cosne et k neuf de Nevers, eut pour premier seigneur connu au commencement du onzième siècle, Geoffroi,fils de Geoffroi de Sémur et de Mathilde de Châlons. La descendance mâle de Geoffroi acquit successivement les seigneuries de Saint-Aignan, de Cliatel-Censoir, de Cosne, de Montjai. En 1221, Philippe-Auguste maria l'unique héritière de cette maison à Gui de Châtillon, ea se faisant céder par ce dernier, en considération de ce mariage , la terre de Pont-Saint-Maxence. Nous avons déjà eu plus d'une occasion de voir combien le droit qui, dans le système féodal, attribuait au suzerain la garde noble des héritières d'un fief, fut avantageux aux rois, qui en profitaieo|

(*) Froissart.

(*•) Jean IV, de Châlons, avait vendu au }(QÏ le comlé d'Auxerre en 1370.

L^tNlVEAS,

pour enrichir leurs partisans par de brillants mariages , ou se faire largement paver leur consentement. La petitelilfe de Gui de Châtillon, Maliaut , réunit la baronnie de Donzi aux comtés d*Auxerre, de Nevers et de Tonnerre.

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