LOUIS III
(879-882), ET €ÀBL01IÀN.
(879-884.) La mort prématurée de Louis le Bègue (879) laissa le royaume de France à ses deux fils Louis et Carloman. Menacés p3r les grands, qui ne songeaient qu'à affaiblir encore la royauté, par le duc Boson, qui se fît proclamj^r par les évêques de l'ancienne Bourgogne roi de Provence (879), par les Normands enfin, qui, las de pillage, songeaient a faire des établissements durables, les nouveaux rois ne voyaient que danger autour d'eux.
Une victoire remportée à Fontevrault, par les deux frères, sur les pirates du nord , une seconde gagnée à Saucourt par Louis III , les succès de Carloman sur Boson, qui perdit Mâcon, Lyon et Tienne, enfin la concorde des deux frères et leur alliance avec les Carlo^vingiens de Germanie, semblaient promettre un règne brillant; mais tous deux moururent, Louis en 882, et Carloman en 884; et les grands, oubliant les droits d'un fils posthume de Louis le Bègue, Charles le Simple, offrirent la couronne au seul fils de Louis le Germanique qui eût survécu à ses frères , et tout l'empire de Charlema^ne se trouva une dernière fois réuni dans les mains impuissantes de Charles le Gros (884).
CHÀBLES LE GJ^OS.
Charles le Gros, fils de Louis le Germanique , avait successivement réuni sous son sceptre, par la mort des Carlovingiens d'Allemagne et d'Italie , tous les royaumes démembrés de Pempire; il y avait joint encore la couronne impériale : mais des titres si pompeux, des États si vastes ne servirent qu'à mettre plus au Jour sa faiblesse et son incapacité. Il laissa les Normands piller et réduire en cendres toutes les villes des bords du Rhin, et, au lieu de combattre, donna la Frise occidentale et deux mille quatre cents livres pesant d'argent à l'un de leurs c^efs, Gotfried, qu'il aurait pu ao câbler. Cependant , de toute la dynastie dé France , il ne restait qu'un nls posthume de Louis le Bègue, Charles, depuis surnommé le Simple. Il fallait pourtant un chef; les grands crurent que Charles le Gros pourrait mieux qu'un enfant protéger la Finance contre les Normands. Toutefois , malgré ses six couronnes , Charles laissa assiéger Paris ; et cette ville eût été prise , si le comte Eudes , fils de Robert le Fort, l'évêqu^ Gozlin et l'abbé de Saint-Germain des Prés ne l'eussent courageusement défendue. Il s'approcha cepeTidant de la ville assiégée avec une armée; mais t au lieu de combattre , il acheta la retraite des Normands , et leur abandonna même la Bourgogne à pilier.
Les peuples à la in , lassés de ce dernier et mutile essai de la puissance impériale , la rejetèrent pour toujours.
Charles fût déposé à la diète de Tribur(887).
§ IV. Tentatives pour substituer une dynastie nouvelle à celle des Car' lovingiens.
(887-987.) La déposition de Charles le Gros amena le démembrement définitif de l'empire carlovingien. La Germanie, sous ArnulfdeCarinthie; l'Italie, sous Gui et Bérenger; la France^ sous Eudes , forment d'abord trois grandes divisions; puis , autour de ces masses
imposanlas, s'élèveat , .dans les morches de rancien empire, des royaumes secondaires : entre la France , PAIlemagne et Jïtaliç , le royaume de Bourgogne cisjurane et celui de Bourgogne transjurane, qui seront plus tard (930) réunis sous le nom de royaume d'Arles ; dans les Pyrénées et au sud de cette chaîne , la Navarre qui , démembrée à son tour, donnera naissance (1033) au royaume de Gastille et Léon , et, deux ans après, à celui d'Aragon.
L'Allemagne se borde de même, à rorient, d'une ceinture de royaumes, tels que la Hongrie , la Bohême et la Pologne. Ainsi dix rois se partageaient rhéritage du dernier chef des Francs.