CAP
Toutefois , Jprsqu on eut imaginé de fournir matière à un commerce avec
mêler le cm avec dfi lait , on la voit l'étranger. Cependant raceroisftemcnt
0hcore» sous IMnfluénce de son an- prodigieux qu*a pris ia consommatioÂ
cienne prévention, rerommander, en du cnfé, la pprte de Saint-Domingue ,
1680 , a sa fille d'en user ainsi , pour qui, en 1789, en fournissait annueile-
teinpérer le danger qu'offrait 1 infu- men soixante à quatre-vingts millions
slon toute t>ure. Dix ans après , elle de livres ; enfin , la défeveur où est
lui écrivait de sa terre des Rochers , tombée cette culture à la Martinique
eii Ëi-etagne : « Nous avons ici de bon et à la Guadeloupe , nui ensemble en
« lait et ae bonnes vaches. Nous som- expédiaient seize à aix-sept millions
« mes en fantaisie de faire bien écré- de livres, sont cause que la France est
a mer de ce bon lait, et de le mêler aujourd'bui tributaire de l'étranger
f avec du sucre iet c^u bon café. Ma pour une très-grande partie des carés
«chère enfant , c'est une très-Jolie dont elle a besoin; chose fâcheuse,
« chose, et dont Je recevrai uoegrande sans doute, mais à laquelle il n*y il
« consolation ce carême. » guère de remède.
Dans les premiers temps, tout le Cafés publics. — Ce fut trois ans café qui se consommait en France ar- après l'ambassade de Soliman -Aga rivait du Levant à Marseille en très* que s'ouvrit à Paris le premier café petite quantité; aussi était-il fort cher. ^ public. Cet établissement fut formé, Le P. Labat {f'oijage aux Antilles) *en 1672, à la foire Snint-Germnin, dit que la livre se vendit alors jusqu'à par un Arménien nommé Pascal. Quarante écus. De fortes importations Après la foire, cet homme transporta nrent rapidement baisser ce prix , et sa boutique dans la rue de Bussy. trois ans après, la tasse de café tout D'autres Levantins suivirent cet exemfait ne se vendait que deux sous. Mais, pie, et il y eut même de ces étrangers comme il était à craindre que la cou- qui, au lieu d'attendre le consommasonmiation, croissant en Europe, n'a- teur a leur comptoir,^llèrent le chermenât bientôt un renchérissement, on cher dans les rues. Ceints d'une serchercha si l'on ne pourrait pas se pro- viette blanche, portant devant eux un curer ailleurs qu'en Orient cette pré- éventaire en fer-blnnc , où se troucieuse denrée. Les Hollandais furent vaient tous les ustensiles nécessaires les premiers en Europe qui e&savèrent à la confection du café; tenant, de la ^e cultiver le café dans leurs coionies, main droite, un petit réchaud avec la d*oâ ils envoyèrent de jeunes plants à cafetière, et de la gauche une fontaine Amsterdam, en 1690. En 1713, pleine d'eau, ils parcouraient la ville, M.Ressons, lieutenant ^('néral d'ar- annonçant à grands cris leur niàrtiilerie, en donna au jardin du roi un chandise. Mais , quoiqu'ils ne vendispied venu de Hollande. Enfin, en 1720, sent leur cale que deux sous la tasse, un autre pied, élevé dans les serres de ce qui, pour une nouveauté , était un çe jardin, fut transporté aux Antilles prix fort modique, ils ne réussirent par le capitaine Declieux, qui, pendant point, parce que le café , quoique fort la traversée , où Ton souffrit de la recherché des personnes de bonne
cafeyer sa faible ration d'eau. De ce dans les goûts des bourgeois et du
piedf sont venus tous ceux qu'on cul- peuple.
tiva ensuite à ('avenue, à la Martini- Les cafetiers en boutique ne rcussi-
que, à la Guadeloupe, à St-Doiningue, rent pas davantage; mais ce fut leur
et dans les îles adjacentes. On de- faute, car ils n avaient que de vraies
manda aussi du café à TAfrique , et tavernes où l'on fumait et où Ton bu-
111e de France , l'Ile Bourbon , ainsi vait de la bière , deux choses alors de
que les côtes maritimes, en produisi- mauvais ton. Deux garons, employés
rent une quantité assez grande pour par les Annf'niens, Grégoire et Pro-
faife face aux besoins de la jPrance cope, instruits par leur exemple, éta-
soif, partagea chaq
blirent des cafés plus convenables dans la rue des Fossés Saint- Germain des Prés, vis-à-vis l.i Comédie Française.
Procope surtout sut comprendre les besoins de son siècle. Il embellit avec soin son local ; on n'y l'uma point, on n'y but point de bière, mais, avec du café, on y trouva du cbocolat , des glaces, des liqueurs ; on put y faire la conversation, y lire le Journal de Paris^ la Gazette de France. Aussi obtint-il un grand succès. Vers la (in du siècle s'ouvrirent le café du bas du pont Saint-Michel^ fréquenté par les militaires et les recruteurs , et celui du quai de VÈcole , aujourd'hui le çafé Manouri , oii se réunissaient alors les beaux esprits.
Procope , sans s'en douter , opéra toute une révolution dans les mœurs de notre nation. Il arracha les hommes de la meilleure société de ces cabarets , où ils allaient par goût et par ton s'enivrer noblement. Les savant:», les artistes, les gens de lettres, les beaux esprits , ayant un centre de réunion, purent se voir, se connaître et se lier. Plusieurs de ces établissements sont cités dans les anecdotes littéraires du dix-huitième siècle , et entre autres celui de Procope, où l'on montre la place qu'avait adoptée J. J.
Rousseau, et dont Lamotte, Piron et Voltaire devinrent les habitués. C'est dans un'café tenu par une femme appelée du Laurent, que s'assemblaient Saurin, Dancbet, Boindin, J. B. Rousseau. C'est même de la que partirent ces couplets qui furent cause de la disgrâce du célèbre lyrique. Alors les femmes n'osaient entrer dans les cafés, mais, selon l'auteur du Dictionnaire de commerce, (jui écrivait en 1741, les plus qualifiées d'entre elles faisaient souvent arrêter leurs carosses devant ces établissements, et de- ' mandaient du café qu'on leur passait par la portière , dans des soucoupes d'argent.
Bientôt les cafetiers imaginèrent d'introduire chez eux des jeux propres à y appeler et à y retenir le public. Ainsi, le Café de la régence , ouvert dès 1718, acquit, pour ses échecs,
une sorte de réputation , née de la force des joueurs qui s'y réunissaient habituellement. Cependant, les cafés étaient à peu près délaissés, ou fréquentés au plus par les désœuvrés et par les gens qui n'étaient admis nulle part , lorsque la révolution éclata.
Comme les cafetiers s'empressèrent alors de se procurer les feuilles quotidiennes et les nombreuses brochures que l'on publiait à cette occasion, on revint chez eux pour les lire. Ces lectures donnèrent heu , entre des habitués, à des discussions qui transformaient les cafés en autant de clubs politiques d'où partirent (juelquefois des motions tres-hardies et quelquefois des mouvements de haute importance. Pour soîj influence comme lieu de réunion , le café Foi , au Palais- Royal, tiendra sa place dans l'histoire des dix dernières années du dix-huitième siècle. Sous l'empire et son régime sévère , le goiU des cafés se soutint, et on continua de les fréquenter, mais sans y parler politique, car cela eût été alors assez périlleux. Quelques chansonniers essayèrent alors de ressusciter, au café de Momus, les réunions littéraires d'autrefois, mais ils échouèrent. Aujourd'hui les cafés, à Paris du moins, n'ont plus guère de physionomie littéraire ni politique.
Les estaminets , les cabinets de lecture, les clubs, les casino et le nombre toujours croissant des salons, ont puissannnent contribué à leur enlever ce double caractère.
Caffarelli du Falga (Louis-]\Iarie-Joseph-!\Iaximilien), général de division du génie,associé de l'Institut, nauit en 1756, dans la Haute-Garoiuie, une famille noble, italienne d'origine. Resté de bonne heure à la téte d'une famille dont il était le protecteur naturel, il renonça, en faveur de ses neuf frères, au bénéfice de la coutume, qui lui accordait la moitié de la fortune patrimoniale. Officier du génie à l'armée du Rhin , il fut destitué pour avoir refusé de reconnaître les décrets de l'Asseujblée législative qui prononçaient la déchéance do Louis XVI; cependant il ne quitta pas
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la France et fiil arrêté en 1793. Après une détention de quatorze mois, il fut employé au comité militaire, puis envoyé à l'armée du Bhin , où il se distingua par son Imbileté et par son courage. Atteint, près de Marceau, d*iin boulet à la jambe gauche , il ^souffrit l'amputation , et Popération était à peine achevée ou'il rédigea et envoya au général en chef des conseils sur les moyens de contenir rennemi, Aynnt suivi IVxpédition d'Égypteavec le titre de commandant du génie, il contribua à la prise d'Alexandrie et à tous les exploits de nos braves pendant cette belle campagne. Au siéijje de Saint-Jean d'Acre, il visitait les tranchées , quand il eut le coude fracassé par une balle; en revenant au camp, on le vit, malgré sa douleur, s'arrêter devant un mrtrier pour dire : « Voilà « de quoi faire de bonnes plates-for- « mes; c'est la quatrième tois que je « ie dis. >» On fut encore forcé de lui couper le bras ; mais il mourut le 37 avril 1799, des suites deTamputation.
L'ordre du jour s*exprimait ainsi , le lendemain de sa mort : « Il emporte « au tombeau les regrets universels; « l'armée perd un de ses braves chefs, « ritgypte un de ses législateurs, la « France un de ses meilleurs citoyens, « les sciences un iionime qui y rem- « plissait un rôle célèbre. » Les sol* dats ravalent surnommé le général Jambe de bois, et disaient de lui en riant guHl pùuvait être tranquille^ qu'U avait un pied en France.
Plusieurs frères du général Caffarelli ont dignement soutenu la gloire de son nom.
Auguste, comte Caffabslu, né en 1766, au château du Falga , avait pris, dès sa première jeunesse, du service dans les troupes sardes; mais, en 1791-, il revint sous les drapeaux de la France à l'époque même où presque toute la noblesse militaire les abandonnait. Il lit partie de l'armée de Koussillon, où il se distingua. A son retour de l'expédition d'Égypte , Napoléon le choisit pour son aide de camp. Il devint général de brigade à la suite de la campagne d'Italie et de
la bataille de Marengo, et fut envoyé à Rome, en 1804, vers Pie VII, lorsquMl fellut engager le souverain pontife à venir sacrer à Paris Tempereor des Français. Le comte Caffarelli s'étant habilement acquitté de cette mission , fut nommé général de division et gouverneur des Tuileries. Il obtint, le 8 février 1806, en récompense de sa belle conduite à Austerlitz , le grand cordon de l'ordre de la Légion d'honneur. Le mois suivant, l'empereur rappela au ministère de la guerre du royaume d'Italie, qu'il garda jusqu'en 18*10. Il fut ensuite employé en Espane, y fit échouer une tentative de déarqûement faite par les Anglais à Luredo; battit les généraux Mina, Mendizabal , Renoviles et le Marquesito , s'empara de Bilbao, et contribua à faire lever le siège de Burgos, où les Anglais avaient infructueusement sacrifié plus de trois mille hommes. Ramené en France par les événements de 1814, il accompagna jusqu'à Vienne l'impéra* trice Marie-Louise et le jeune roi de Rome , que l'empereur ne devait plus revoir. Au mois de janvier 1815, il avait à peine reçu le commandement de la 13^ division militaire, que Napoléon débarquait à Cannes. Chargé, vers la fin des cent jours , du commandement de la r' division militaire, puis envoyé à Metz, il suivit Tannée française derrière la Loire, et fut licencié, comme tous ses compagnons d'armes. Il a été nommé «pair de France en 18.31.
Ch.-A., baron deCAFFARELLi, néen 1758, était chanoine de Tout quand la révolution éclata. Il abandonna, sous le consulat, les fonctions ecclésiastiaues, et fut successivement préfet de l'Ardèclie, du C;ilvados et de l'Aube. En 1814, Napoléon le destitua pour n'être pas rentré à Troyes avec l'armée française. Il est mort au Falga en 1826.
L.-M.-J. Caffarelli, néenl7G0, servit dans la marine, et lit honorablement la guerre de Tindépendauce américaine. Entré dans l'armée de terre, puis conseiller d'État après le 18 brumaire, et préfet maritime à Brest en lëOO, il fut, en 1814, chargé d'une
GAr
mission dans le Midi, el fut créé pair pendant les cent jours.
J.-B.-M. Caffabellt , né en 1763, fut nommé, en 1802, évéque de Saint- Brieux , et mourut dans cette ville en
Gaffé (Piemt) , né à Sanmur vers 1778, ancien cliiriirgieu-major desarmées, fut inipliqjié dans la malheureuse tentative du général Berton, et traduit avec lui devant la cour d'assises de Poitiers. Gondaroné à la peine capitale, et apprenant le rejet de son pourvoi, Caffé s'ouvrit l'artère crurale, et l'inlortuné Berton monta seul sur l'écbafaud , le 5 novembre iS22.
Gaffiaux (Dom Ph. Jos.), bénédictin de la congrégation de Saint- Waur, naquit à Valenciennes en 1712, et mourut subitement à l'abbaye de Saint-Germain des Prés, en 1777. On a de lui : Trésor généalogique ^ ou Extrait des Uires anciens qui concert tient les maisons et familles de FrancCy Paris, 1777, : le de!ixième volume n'a jKis j)aru; Essai sur l'histoire de la musique, resté manuscrit, et qui se trouve à la bibliothèque royale, où il fait partie du fonds de Corbîe, n*» 16: c'est un excellent ouvrage. On lui attribue Défense du beau sexe, Amsterdam, 1753, in- 12, quatre parties. GafOaux était historiographe de Picardie.
Caffieri (Philippe) , sculpteur, né à Rome en 1634. Ce fut Mazarin qui le lit venir en France en 1660. Coibert lui confia des travaux importants pour les maisons royales. Plus tard , il fut nomnié sculpteur, ingénieur et dessinateur des vaisseaux du roi , et inspecteur de la marine à Dunkerque. 11 OHMimt en 1716.
De ses quatre fils, deux furent sculp* leurs comme leur père : François- Charles, nommé, en 1695, sculpteur des vaisseaux du roi à Brest; et Jacques ^ né à Paris en 1678, mort en 17&5. Ce dernier, teolpteor et fondeur, travailla beaucoup pour les maisons royales, et laissa plusieurs bustes en bronze, entre autres celui du baron de Bezenval.
\ /ma^acques, fils de Jacques, né à
Paris en 1724, fat élève de J. B. Lemoyne, et obtint, en 1748, le grand
Î>rix de sculpture sur le sujet d'>Î6raïam qui renvoie sa serxmnte Âgar.
Reçu à l'Académie en 17o9, il fut nommé professeur en 1773. Nous citerons parmi ses ouvrages une minte Trinité exécutée à Téglise de Saint- Louis des Français à Rome; une Fes' taie qui entreiiènt le feu sacré (1757); r Innocence; la vestale Tarpeia{i7(i7).
Deux ans après, il exposa un groupe en marbre représentant le Pacte de famille. 11 nous paraît curieux de décrire ce monument, ^ppelé à consacrer le souvenir d'un événement de notre histoire, à une époque où Tart était peu employé à ce noble usage. Nous transcrivons la description qu'en donne le livret de l'exposition de 1769: «Le génie de la France inspire au roi le dessein d'unir par un lien solide les différentes branches de la maison de Bourbon, et lui présente le Pacte de famille. Le roi exprime par son geste qu'il adopte une entreprise si intéressante et si glorieuse. Un autre génie est assis aux pieds du monarque, tenant d'une main une corne d'abondance et de l'autre l'olive et le laurier, pour montrer que ralliarico de ces augustes princes va pit)curer aux différentes nations souVnfses à leur empire les fruits de la paix et de h concorde. » Ce «groupe lut commandé par le duc de Choiheu!. En 1771 , Caflieri fit une Naïade et la statue de VAir pour la feçade de rhdtel des Monnaies, dn côté de la rue Guén^^ud. En 1778, il exposa un grouj)e représentant f Amitié surprise par V Amour. 11 fit ensuite pour les Invalides les statues de sainte Sylvie, de' sainte Alype et de saint Satyre. Il exécuta, en 1770, une statue de Pierre Corneille; en 1785, celle de Thomas Corneille^ et en 1787, celle de Molière. L'âge ne ralentissait pas son activité. Il exposa, en 1791 , plusieurs morceaox, parmi lesquels une Ùda poursvivie par Jupiter, une Naïade et plusieurs bustes Les ouvrages de Caffieri sont lâchement dessinés, mais expressifs: son Molière observe bien cea ridicules qu'il* doit tradaire ïïvpg
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tant de vérité sur la scène. Mais ce qui a ren<lu GalQeri célèbre, c*est sd Délie coiloction des bustes des hommes
célcbros de son temps. Ces bustes, qui sont d'une ressemblance parfaite, se trouvent, pour la plupart, dans les foyers des théâtres de Paris , à la bibliothèque Saiote-Geneviève C^) et à Versailles- Cet habile sculpteur est mort à Paris, le 21 juin 1792. Caustique, misanthrope et jaloux, il ne mettait jamais que des fèves noires dans les scratins, à PAcadéniie. Lorsqu'on n*erl irouvait qu'une seule, on la nommait eD plaisantant la part do Cafficri. On peut citer Foucou et Petitot parmi les élève.s qu'il a formés.
Pages be feb. — Plusieurs de nos rois ont mis en usage Finfâme traitement infligé par Alexandre à Ânaximène, par Timour-T.png à Bajazet rt par les yVnglais à Jeanne d'Arc. Lonis XI plus qu'aucun autre se vengea de ses ennemis par cet odieux raffinement pe cruauté qui ravalait l'homme au-des« sousdelabéte. La Baluecoueha, comme on le sait, quatorze ans à Loches dans une de ces cages n couvertes de pattes % de fer par le dehors et par le dedans , % avec terribles fermures de quelque » huit pieds de large, de la hauteur «d'un homme et un pied plus (**).»
Comines lui-même, qui les a si bien décrites , en tàta sous \t successeur de Louis lÛ, et y fîit laissé huit mois.
Louis XII ayant fait prisonnier Louis Sforza, diic de Milan, TenJerma aussi dans une cage de fer, où ce duc mourut après dix ans d'un supplice continu {***). A Tabbaye du mont Saint* Michel, il y eut toujours, dit-on, unè cage de ^r destinée aux prisonniers d*Etat.
Cagli ABi (attaque de). — Au mois de janvier 1793, l'amiral Truguet, chargé
Lies galeries de cette bibliothèque reufmcat m tMidèhi de oue deo» bustes, n Mémelnt de Ph.de Comines, Uv. II,
(***)().a ^uéaniQoins contesté rauihenticiié 4e ce fiUt el pr^endu que sa prisoo u*était qit*piicchaii|l]ire ténébrease où 11 dut rester
longteraps saas livres, sans papier, ni encre. Yojfez Cari anti, Ludovici S/ortiœ captmtas.
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par le gouvernement républicain de faire une descente dans la Sardaigne , paraît distant Cagliari, capitale de cette île, avec vingt-deux bâtiments dè guerre. La ville est sommée de se rendre; mais le parlementaire ayant été renversé d'un coup de fusil , Truquât , furieux , ordonna , le 97, de eommencer le bombardement. Lés Sardes répistent vifroureusement, et nous font éprouver de grandes pertes. Cependant Truguet veut tenter la descente; mais le desordre se met dans ses troupes , composées de nouvelles reorues, et Trngnet retourne à Toulon. Il y prend d'autres troupes et d'autres vaisseaux, et, dès le 3 février, il reparaît devant Cagliari. Nouvelle tentative de des* eente , nouvel échec. Trois jours après , une horrible tempête Tient assaillir la flotte. Un vaisseau de quatre- vincjts canons sombre sous voiles; d'antres bâtiments échouent et sont pris. £uiin Tamiral est forcé d'abandonner une entreprise trop légèrement conçue. li lève l'ancre le 21 janvier, et £|it voile vers Toulon.
^ Càgliostbo. — La célébrité qu'obtint chez nous ce mystérieux étranger, célébrité qu'il dut en grande partie à son implication dans Taffaire du coèlier, lui assigne naturellement une place dans notre recueil. Ce fut le 19 septembre 1780 qu'il lit sa première apparition en France, et c'est à Stras* bouri^ que commence pour nous son histoire. La Jiorde, dans ses Lettres sur ta Suisse, nous a conservé le souvenir de l'étonnante sensation produite par cet homme sur des populations entières. « On ne savait, dit-il, qui il était, d'où il était, où il allait; » mais tout le pays retentissait du bruit de ses cures merveilleuses et de ses nombreuses largesses. Cet empirique grand seigneur, qui se oarait du titre de comte et donnait a un ton d'oracle des prescriptions médicales, ne captivait pas seulement la multitude avec le pompeux étalage de grandes phrases et de grands sentiments, il parvenait encore à en hnposer à des hommes placés dans une sphère ordinairement a Tabri de ces sortes de lascinatious.
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On ne comprend pas par quel charme il pouvait dominer ainsi les esprits.
« On croyait s'enrichir en se dépouillant pour lui, » lisons-nous dans les Mémoires de Tabhé Geori^el. Un prince du monde et de l'Kglise, le cardinal Louis de Roiian, cvcque de Strasbourj^, grand aumônier de France, céda des premiers à Tentraînement général. Il se lit traiter d'un astlime par riionmie du miracle, et bientôt s'établit entre le prélat et son Ksculape une intimité (jui ne s'explique que par • une incroyable faiblesse d'esprit cliez le premieV, (jui, du reste, à ce qu'il naraît, avait toute sa vie couru après les secrets de la chimie et <le la botani(jue. Il semblait avoir abjuré entre les mains de Cagliostro jusqu'aux plus modestes préroi^atives du sens commun. L'avertissait-on du scandale des oriiies de son protégé au palais épiscopal : « Je le sais, répondait-il, et je « lui ai n)ème donné le droit d'abuser « s'il le jui^'e à propos. » En toute rencontre , le prince se déclarait son champion, et, si (juelque voix indiscrète perçait à travers le concert de louanges de là multitude, il employait le peu de crédit qui lui restait près des ministres à solliciter leur protection pour le noble étranger. Celui-ci pourtant finit par penser qu'il était temps pour lui de quitter Strasbourg. Un moment, nous le perdons de vue, soit, connue on l'a dit, qu'il ait été se cacher en Suisse, soit, comme il le prétend luimême, qu'il ail di) se rendre à JNaples. V.w 1783, nous le retrouvons à Bordeaux. Ce n'est qu'à grand' peine qu'on l'a décidé à reprendre la médecine; mais à peine la-t-il fait, que la foule est telle cliez lui , qu'il lui faut requérir l'intervention des troupes pour y maintenir l'ordre. La médisance n'en réandait pas moins qu'en réglant avec apothicaire chargé du débit de ses drogues, le docteur se dédommageait du (lésinléressen)ent de ses consultalions. Après onze mois passés à Bordeaux, Cagliostro prend la route de Lyon, ne fait dans cette ville qu'un court séjour, et arrive à Paris le 30 janvier i785. Il descend au palais du
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cardinal, mais se fait bientôt disposer un hôtel rue Saint-Claude au Marais.
Il est, dès son arrivée, assailli des invitations de la cour et de la ville. 11 a la prudence de se dérober à un éclat qui pourrait cette fois être trop vif, et va même jusqu'à résister aux instances du comte d Artois et du duc de Chartres. Une maison pourtant partageait avec celle du cardinal l'honneur de recevoir un hôte aussi illustre : c'était celle de la comtesse de la Motte, de cette petite-fille d'un bâtard de Henri II, qui, de la misère la plus profonde, était parvenue à une position apparente de fortune que n'expliquaient sunisamment ni les profusions du grand aumônier ni la prétendue faveur de la reine. Ces deux personnages exploitaient-ils de concert ou séparément M. de Rohan? C'est ce qu'il serait difficile de décider. Quoi qu'il en soit, tandis que Cagliostro, qui avait à peu près quitté la science des simples pour l'art des évocations, le ravissait dans les extases les moins simulées avec de misérables scènes de soi-disant magnétisme animal, la dame de la Motte, de son côté, par l'emploi de charmes d'une nature aifférente, mais d'un égal pouvoir, achevait de maîtriser les facultés du prince. Quand elle vint dire au prélat que c'était lui que la reine avait choisi pour négocier l'acquisition d'un collier de diamants de seize cent mille livres , Cagliostro fut consulté. Il déclara la négociation digne du prince, et lui prédit un plein succès. Les cartes avaient été mal tirées, et l'astrologue suivit à la Bastille son crédule disciple. Arrêté ainsi que sa femme le 22 aodt, il subit le 30 janvier suivant son premier interrogatoire. Un mois après, il lança dans le public, avec l'assistance de Thilorier, son conseil, un mémoire justificatif, où l'on trouve un récit de sa vie qui semble un chapitre des contes arabes. Il prétend ne connaître ni le lieu ni les auteurs de sa naissance. Il se rappelle cependant avoir passé sa première enfance à Médine, où on lui donnait le nom d'Acharat. Après de longs voyages dans diverses parties de l'Asie et de l'Afrique, notamment en
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LTJiNIVERS.
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Égypte, il est arrivé à ^lalte, où il a pris, avec l'habit européen, le nom d'Alexandre de Cagliostro. Il a ensuite visité l'Italie , s*est marié à Rome, puis à parcouru le reste de l'Europe, faisant profiter la souffrance et l'infortune des trésors de la science qu'il avait acquise dans ses premières pérégrinations, et de ceux de sa bourse, que remplissaient, on ne sait à quel titre, les banquiers qu'il avait sur toutes les places. Cagliostro avoue avoir successivement cache sous divers noms sa brillante renommée; mais il repousse de toutes ses forces les bruits plus ou moins défavorables qui ont couru sur son compte, et les imputations qui l'ont conduit à la Bastille. La dame de la iViotte, a qui le cardiual déclarait avoir remis, pour le faire parvenir à la reine, le précieux bijou, accusait, au contraire, Caj^liostro de l'avoir reçu et de l'avoir dépecée pour en vendre les riches matériaux. Elle donnait la description d'effrayantes rémonies, au milieu des(]ueiies, en lui faisant jurer le plus inviolable secret, Cagliostro lui aurait fait remettre par le cardinai une boîte contenant une partie des pierres démontées, avec injonction pour son mari de les aller vendre à Londres. A ces charges présentées, il faut le dire, d'une manière assez ridicule, notre homme opposait ses dénégations, et terminait son mémoire sur ce ton passablement ridicule aussi: « K*interrogez pas, disait-il, « mais écoutez et aimez celui qui est « venu parmi vous faisant le bien, qui « se laissa attaquer avec patience et se «défendît avec modération.» Enfin, le 81 mai 1786, il y eut arrêt du parlement condamnant les époux la Motte comme seuls auteurs de l'escroquerie, et ordonnant, avec l'élargissement de Cagliostro, la suppression des mémoires où il était attaqué. Malheureusement pour notre héros, la police lui enjoignit en mûme temps de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et la France sous trois mois. A Londres, où il se retira, il jNiratt avoir fiiit sa principale occupation apparente de la tranc-ma^nnerie et de Torganisation
de loges d'un prétendu rite égyptien.
Cependant de gênantes révélations et surtout les attaques de Morand dan^ /e Cottrrier de vEurope lui laissaient peu de repos. Une Lettre au peuple?
anglais, dans laquelle Cagliostro dénonçait une nuée d'ennemis, trouva assez froids les juges auxquels il en appelait. Au bout de deux ans , il quitta 1 Anfjlelerre pour se rendre d'abord à Bâie, puis à Rome. C'est là que devait se terminer son aventureuse carrière.
Le gouvernement pontifical apprit que le Kanc-maçon Cagliostro osait faire de la propagande dans la ville sainte. * Le 27 décembre 1789, le nouveau missionnaire fiit mis au château de Saint- Ange, sous la prévention d'avoir rec^^i deux adeptes. L'instruction de l'affaire, confiée au saint-office, jeta une nouvelle mais douteuse lumière sur les premières années de l'accusé. On crut reconnaître en lui un certain Josf'ph Balsamo, né ù Palerme en 1743. et que divers tnéfatts avaient de bonne 'heure forcé à s'expatrier. Il reniait de toutes ses forces une telle origine.
Quant à son affiliation aux sociétés maçonniques, il la confessait avec une sorte d'ostentation de franchise qui ne l'empêcha pas d'être , sur ce terrible dief, condamné, lé 7 avril 1791 , à la peine de mort. Cet arrêt barbare fut pourtant adouci par le saint-père, et Cagliostro alla subir la détention perpétuelle au château de SainM^éon, oà il mourut en 1795.
On a fait passer sous le nom de cet homme bien des prophéties fabriquées avec plus ou moins d'adresse après l'événement, Cest ainsi qu'on lui a fait prédire plusieurs des circonstanees de la première révolution dans une Lettre au peuple français, écrit apocryphe que quelques biographes ont confondu avec la lettre à nos voisins d'outre-mer, dont nous avons parlé plus haut.
Cagnes, seigneurie de l'ancienne Provence, à huit kilomètres d'Antibes.
Ce lieu, qui fait aujourd'hui partie du département du Var, orésente une population de deux mille trois cent dix* neuf habitantSf
CAO FRANCE. CAU
Càgnàzzoli (N.)i chef de bataillon, défendit, le 4 juin 181 5, avec quelques soldats et vingt citoyens, commandés par le chef d'escadron Ropert , les rues de la ville de Redon contre cinq mille insurgés du Morbilum. Ces braves, forcés a la lin de céder au nombre, se réfugièrent dans une tour qu*ils avaient préparée d'avance pour leur servir de retraite. Là ils soutinrent un combat de douze heures, et repoussèrent les efforts des Vendéens, qui, après une perte de deux cents hommes, se retirèrent en désordre, abandonnant leur commandant, Desol de Grisolles, blessé pendant l'action.
Cagny, seigneurie de Tancien Beau- ▼aisis, à douze kilomètres de Beauvais , érigée en duché en 1695, et en pairie en 1708, en faveur du maréchal de Boufflers , dont Cagny prit alors le nom. (Voyez Bouffler's.)
Cagots. Il existe en France, dans plusieurs localités, des populations flétries et réprouvées, oue l'on désigne sous les divers noms ae cagofs, col/iberts, caqneU'Ty car/uins, cacoux, géêitmiiSy capotHy agoU, yajjoz, gahéies, chrétiensy ereUnSy etc. On ne sait rien sur l'origine de ces populations; on ne peut dire d'où elles sont venues. Les uns y voient des Sarrasins : pour d'autres, ce sont des Goths; quelquesuns en font des restes d'Albigeois.
Quoi qu'il en sdit de ces différentes opinions, il faut sans doute voir dans ces malheureux des débris, des restes de sectes ou de races vaincues; et aucune des traditions populaires qui les reg[ardent comme des uoths, des Sarrasins ou des Albigeois, ne peut être absolument taxée d'erreur.
Le nom deco//i6er/s est très-répandu dans le Maine, le Poitou, TAnjou et FAunis; dans la Bretagne, ce nom «est remplacé parceax dneaqueux, cacvas, cacouXj coquins. Les cahets sont assez nombreux en Guyenne; ciiez les Basques et les Béûrnais, dans la Gasmne et le Bigorre, cette race proscrite est appelée ca^oU, agots, agotas, capots, cajfosy cre/f/is; dans l'Auvergne , on les désigne sous le nom de VMLirons,
T. m. 55* LkO. (DiGT. BNCYCL. ,
Pendant tout le moyen âge, les cagots furent l'objet de'persœutlons de toute espèce; on alla jusqu'à les assimiler aux lépreux. Dès le dixième siècle, les cagots du Béarn formaient une coj'poration obligée de porter des vêtements particuliers, et dont la cassque rouge devait être marquée de la patte d^»ie ou de canard, flétrissure réservée aux Albigeois. Os malheureux étaient relégués loin des villes , et vivaient dans de^ lieux particuliers appelés eagote* ries. Séparés du reste des hoinmes, dans la vie civile, ils n'étaient u\vme pas admis dans la société religieuse :
quand on leur permettait d'assister à rofBce divin, on avaft soin de les relé* guer dans un coin de l'église. Toute profession leur était interdite; ils ne vivaient que du produit de quelf^ues terres qu'on leur laissait par chanté; ils étaient soumis à toutes sortes de corvées ; c'étaient eux qui coupaient le bois dans les forêts; il leur était dé* fendu de parler à d'antres hommes; il leur était interdit de marcher nupieds, de peur qu ils n'infectassent la terre. On punissait toute infraction cette dernière défense, en les perçant avec un fer rouge.
Ces effroyables rigueurs duraient encore au seizième siècle; la coutume de Béarn, réformée en 1561, les maintint presque toutes; c*e8t seulement depuis la révolution que la raison et la philosophie ont triomphé de ces préjugés et ont rendu à ces parias leurs titres d'hommes et de Français.
Cahagnes (Jacques), aocteur en médecine, né à Caen, en 1548, mort dans cette ville, en 1612, rédigea les statuts de la faculté de médecine de Caen, où il professa longtemps. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont le principal est Elogiorum civium cadomen»
sium eenturia prima, Caen, 16Û9« in-4'.
Cahier de Geeville (B.-C), avocat au parlement de Paris , se montra, en 1780, partisan de toutes les réformes, devint procureur syndic adjoint de la commune de Pans, et fut chargé de £ûre, à I^ancy, une enquête
;tg.) ZS
^orriBsurrection qui avait désolé cette
ville. Il vit la cause du mai dans le peu de pntriotisme des officiers et fit mettre en liberté les soldats. Il fut porté au ministère de l'intérieur, en novembre 1791. Louis XVI, qu'on av^t mal disosé en sa faveur, lui dit, avec une rusque franchise : «Vous vous char- « gez là, monsieur, d'une tâche diffi- «t cile. » — a Sire, il n'y a rien d'imft possible à un ministre populaire, « auprès d'an roi patriote. » Louis XYI avait raison, et Cahier, qui se trouva en opposition, dans le ministère, avec Bertrand de Moileville , fut bientôt remplacé par le girondin Roland. C'est là que 8*est terminée sa carrière poli* tique.
Cahiebs des bailliages. Aux états généraux de 1355, on trouve établi, pour la première fois, l'usage des cahiers, qui alors étaient appelés cé»
dules^ et qui prirent le nom de ctihier^ de doléances^ aux états de 1363. £n réalité, ces caliiers étaient les mandats donnés aux députés; ils exprimaient les besoins et la volonté des électeurs. Ce n'est qu'en 1789 ou'ils furent appelés cahiers des baUliages. Ces catiiera étaient réunis par provinces et par ordres, et remis au roi après la tenue des états. Il est impossible d'entrer ici dans des détails OUI trouveront mieux leur place dans 1 article États géné- BAUX ; cependant , les cahiers des bailliages de 1789 ont une si grande importance dans l'histoire de notre régénération sociale, que nous croyons devoir en donner ici Vanalyse qu en a faite M. Tissot, dans son Histoire de la révolution française. Le lecteur y trouvera l'état réel des idées de la France à cette époque mémorable, et cet article servira à compléter ce que nous avons déjà dit, à ce sujets dans les Annales.
a On s'étonne quelquefois , u disait la noblesse dePonthieu, dansses cahiers, « du peu d'utilité des précédents états « généraux; qu'on lise les anciens ca- « hiers des bailliages, on y reconnaîtra « la cause du peu de fruit de ces assem- « blées nationales. Les véritables pria- 9 <âpes ^'étaient point alors (x>naus i les
« cabienr ne présentent, d*une époque à « l'autre , que des contradictions sut « l'ordre constitutionnel. D'ailleurs,
« chaque bailliaf^e s'isolant dans î'é* « tendue de son ressort, et ne s'occu- « pant que de ses intérêts particuliers, « négligeait d'embrasser du même « ooup d'oeil la France entière. L'ex- « périence du passé doit nous éclai- « rer. .Après deux cents ans d'in- « terruption , la nation est appelée à « se resseisir de ses droits natoretst « elle va régénérer et constituer irré* « vocablenient des lois fondamentales, « dignes de la France et de ce siècle « éclairé. »
Malgré l'inégalité de lumière et de civilisation, les provinces, dit M. Tissot , instruites à la liberté par d'an*ciennes traditions et par des leçons nouvelles, s'accordèrent dans leurs voeux pour la réforme de l'État, mais chac4]ne mêla ses doléances partieolières aux plaintes générales de la na» tion. Les cahiers des bailliages sont donc des documents trop précieux, ' pour que nous ne les mettions pas sous les yeux du public. Us contiens nent la révolution, l'expliquent , et la iustifient par les besoins qu'ils révèt lent.
Observatiom préUmmaires. '■ — t f Noi|s prescrivons à nos représen»
tants de se refuser invinciblement à tout ce qui pourrait offenser la dignité de citoyens libres qui viennent exercer les droits souverains de la nation. L'opinion publique paraît avoir reconnu la nécessité de la dâibératjoii par téte , pour corriger les inconvé« nientsde la distinction desordres, pour faire prédominer l'esprit public, pour rendre plus facile Tadoption des bonnes lois.' |1 leur est enjoint de ne eon« sentir à aucun subside, à aucun en)prunt , que la déclaration des droits de la nation ne soit passée en loi , et que les premières bases de la constitution ne soient convenues et fixées ( ' }.
«Us se souviendront que e'eet la nation entière qui fait les lois , et que c'est ellQ qui a, de sa piMfepfreautiuuUi»
(>) Tiers. Farii.
disposé ét h ooaronne en asfqjettf»*
liant le monarque à des devoiis (0 »
Déclaration des droits. — « Nos députés décinreront que, toute autorité réside dans la pation , que c'est ifelle qu^ëmanent tous les pouvoirs,
3ue c'est d^elle. qu'ils doivent dépenre, que tout est fait par eîle et pour elle , et a son bonheur pour objet ; qu'elle a le pouvoir de créer, de détruire et de changer tout ce qui est jrelatpf àœ but (>).
« La volonté générale fait la loi ; la force publique en assure l'exécution (3).
■ * Tout Français est libre de faire ce qui ne nuit à personne.
«Les lois seules peuvent priver tin citoyen de la liberté dç sa personne.
« Toute propriété est inviolable ; nol ne pourra en être privé, même à raison de l'intérêt public « qu'il n'en soit préalablement dédommagé ap
^lus haut prix (<).
« Nui ne peut être distrait de sa juridiction , et la eonfiscatioo des biens est abolie comme injuste, et tendant à punir les familles d un crime qui n'est que personnel (5).
« En conséquence de ces principes, les représentants demanderont expressément rabdltion de la servitude personnelle, sans aucune indemnité; de la servitude réelle , en indemnisant les propriétaires; de la milice forcée, de toutes commissions extraordinaires ; de la violation' de la foi publique dans les lettres confiées à la poste , et de tous privilèges exclusifs, si ce n'est pour les inventeurs , à qui ils seront accordés pour un temps déterminé (6). ^
« Ils demanderont que tout homme jouisse de la plus parfaite liberté de conscience, et qu'il ne puisse être ni troublé ni pupi, à moins ^qe sous
Tim. Homandie.
Tiers. Marsan.
3) Tiers. Paris.
4) Noblesse. Artois, lien. CbarmuMu Tkn. Paris.
préteite de religion II ne trouble luimême la' paû( ou la nécorité de î'ti-
tat ('). »
Constitution. — « Le gouvernement monarchique est le seul admissible en
« La couronne est héréditaire , dp mâle en mâle, dans la maison régnante, et suivant l'ordre de primogéniture , à l'exclusion des femelles et de leurs descendants.
« En cas de défiillance de la race royale , la nation rentre dans le droit d'élire son roi.
« Dans la monarchie française , la puissance législative appartient à la nation, conjointement avee le roi; an roi appartient la puissanee exécutive.
« Les états généraux s'assembleront tous les trois ans, à jour et lieu fixes, et les habitants des colonies y seront appelés comine les autres sujets français. Tous les ordres y délibéreront réunis, et y opineront par tête (5).
« Le roi ne pouvant jamais vouloir ni ordonner une chose injuste, les ministres seront responsables* à rAssemblée nationale, de toute înoractîon aux lois (4).
« La loi est l'expression de la volonté
générale de la nation , sanctionnée par I volonté du roi , ou l'expression de la volonté royale, approuvée et consentie par la volonté générale de la nation (S).
« Aucune loi ne sera établie à l'avenir qu'au sein des états généraux , et par. le eoncoura de l'autorité royale et le consentement de la nation. Les lois porteront dans. le préambule ces mots : « Les états libres et généraux de la France déclarent que la volonté générale est de »; et l'acte de promulgation se terminera par ces mots :
« Car tel est le résultat de la volonté générale, qui a reçu le sceau de no* tre autorité royale (fi). »
*) Tiers. BourboDiiais.
}) Tiers. Clermont-FensanJ.
(4) Noblesse. Ponthieu.
Tiers. Lyon, Nobkitt. DfMvdaii.
CAH L'UlSIVERS.
CAH
« A chaque renouvellement de règne, les députés aux derniers états généraux se rassembleront de droit et sans aucune oouvocation. La régence, dans tous les cas , ne pourra être conférée que par eux (').
« Si le nouveau roi est mineur, celui à qui la régence sera déférée prêtera pour lui le serment national ; mais ce serment sera renouvelé par le roi au moment de sa majorité (^).
« La responsabilité des ministres et de tous les dépositaires de pouvoirs sera établie par une loi constitutioonelle qui fixera d'une manière irrévo* cable le cas et le mode légal de cette responsabilité. Toutes prisons d'État seront supprimées C^) et interdites i^),
« Les lettres de cachet et tous or* dres qui attenteraient à la liberté individuelle sontà jamais proscrits (S).
« Considérant que la France a été de tout temps Tasile des rois et la protectrice des nations opprimées, que Tesclave lui-même devient libre en respirant l'air de ces heureux climats et retrouve sa liberté, la nation réclame contre l'attentat que la traite et la servitude des nègres portent à l'honneur français (^).
« La charte de la constitution sera gravée sur un monument public élevé a cet effet; la lecture en sera faite au roi à son avènement au trône, sera suivie de son serment, et la copie insérée dans le procès-verbal de la ores* tation de ce serment. Tous les dépositaires d'j pouvoir exécutif, soit civil, soit militaire , Içs magistrats des tribunaux supérieurs et inférieurs, les officiers de toutes les municipalités du royaume, avant d'entrer dans Texercice des fonctions qui leur sont confiées, jureront l'observation delà charte nationale.
« Chaque année, et au jour anniver-
(>) Tiers. Pftris.
» (a) Tiers. Pans , extra marOk
(3) Noblesse. Paris.
(4) Tiers. Rennes, liigorie.
(^) Unanimité des trois ordres dans le royaume.
(6) Tien. Chàtcau^Tiaeny.
saire de sa sanction, elle sera lue et publiée dans les églises, dans les tribunaux , dans les écoles , à la tête de chaque corps militaire et sur les vaisseaux ; et ce jour sera un jour de fête solennelle dans tous les pays de la domination française (•)• »
Finances. — « Nous commençons par déclarer formellement que, sans ramour dont nous sommes pénétrés pour la personne de Louis XVI, sans la considération respectueuse que nous portons à l'auguste sang des Bourbons, l'édifice monstrueux de la dette amoncelée par la cupidité et la profusion des ministres croulerait en entier, sans qu'il fût de notre devoir d'en prévenir la chute. Que cet aveu soit une leçon mémorable, et que les rois apprennent enfin que leurs sujets leur offriront toujours plus de ressources que les intrigues et les agiotages de leurs ministres (»).
« Pour parvenir à la libération de l'État, que les états généraux s'occupent d'abord de réduire les dépenses nationales, en portant l'économie la plus sévère r sur les grâces accordées par le souverain; 2« sur les frais des départements ; 3» sur les récompenses et sur les retraites (3).
. « Toute imposition distinctive quelconque, soit réelle ou personnelle, telle que taille, franc-fief, capitation, milice, corvée, logement de gens de guerre, et autres, sera supprimée et rempla- . cée , suivant le besoin , en impôts généraux, supportés également par les citoyens de toutes les classes.
« Tous les droits de contrôle, de centième denier, insinuation , tant laïques qu'ecclésiastiques , sur les successions et conventions , droits de trois ou quatre deniers pour livre sur les ventes mobilières, seront supprimés le plus . tôt possible.
« Les abus, exactions et vieilles recherches qui en résultent, seront réprimés dès à présent (4).
(•) Tiers. Paris.
(ï) Noblesse. P&igord.
(3) Tiers. Nivernoii.
(4) Tiers. Paris.
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CAH
« Qu'on remplace les anciens droits par un nouvel impôt qui soit assis d'âne manière confonne sar tout le aol, sans eioeption de biens nobles, ecclésiastiques ou autres (')•
« La nation seule a le droit de sUmposer (*).
« Qu'il sott porté une loi qui inflige la peine de haute trahison contre quiconque oserait faire ou proposer un emprunt , dans quelque forme ou dans quelque circonstance que ce soit; et qui déclare ledit emprunt nul, à moins qu'il n'ait été consenti et déterminé préalablement par les états généraux, et qu'il n'ait été pris des mesures certaines pour son remboursement (3).
î « Les députés demanderont que i'é-.
tat des pensions et traitements soit représenté aux états généraux, qui sup-
{)iieront Sa Majesté de considérer que 'état actuel du royaume ne lui permet pas de suivre sans ménagement la bonté de son cœur pour l'avenir , et que ses fidèles sujets espèrent que, sur l'examen qu'elle voudra bien taire des pensions et traitements ci-devant accordés, elle se décidera dans sa justice à supprimer ceux qui auraient été siirpris à sa religion , restreindre ceux
2ui seraient trop considérables, et conrmer ceux accordés ad mérite et à la valeur (4).
« Les domaines du roi seront aliénés pour rembourser les dettes les plus onéreuses de l'État (5).
ï « Le titre et la valeur numéraire des monnaies ne peuvent être changés que du consentement de la nation (^),
« On publiera chaque année les comptes de chaque département, ainsi que celui des finances, afin que le jugement et la censure de Topinion publique puissent en précéder et en éclairdr l'examen (?). »
/m|N^.— «Les impôts seront levés
(0 Unanimité dans le tkrs. (») Tiers. Sanmur.
(3) Tiers. Château-Thierry.
(4) Noblesse. Haut Ytrarais.
(5) Tiers. Marsan.
C^) Tiers. Yicomté de Puii.
(7) Tiers. Paris.
et répartis , dans tout le royaume, par l'autorité des états provinciaux , des assemblées de distrirft et des assemblées de paroisse ou de succursale,
et par les soins de leurs commissaires intermédiaires qui seront en activité. Les deniers seront verses de la caisse de succursale dans celle des receveurs établis dans Us districts qui seront fixés, et ces receveurs compteront au trésorier de la province , qui fera le versement au trésor public du royaume, et sera responsable des receveurs généraux, parce qu'ils seront sujets à sa domination. Tous les rôles d'impositions seront imprîniés, et en téte de chaque rôle se trouvera le tableau de la répartition sur les districts et paroisses ou saccuisales (0<
« Les lois fiscales devront être si claires et si précises que chaque citoyen
f)uisse connaître le taux v-éritable de 'impôt , les cas de contravention et les punitions y attachées (>).
« La répcirtition des impôts entre les généralités sera réglée par les états généraux ; celle entre les paroisses, par les états provinciaux; la répartition entre les individus , par les municipalités (3).
«Il ne sera fait par l'administrateur des finances aucune anticipation ni assignation, sans ehcourir le crime -de lèse-patrie, et les préteurs déclms de toute réclamation (4).
« Les états généraux s'occuperont d'accélérer la comptabihté et dVn assurer et simplifier les rèf^lcs ; que les états et les comptes des différents départements, ainsi que ceux de la caisse ou des caisses nationales, soient rendus publics par la voie de l'impression; que tout ordonnateur soit comptable aux états généraux, et qu'aucun acquit ne soit admis dans les comptes {^),
«Il faut examiner si, sans réduire brusquement les impôts, ce qui serait impraticable, on peut simplilier la re-
(') Tiei's. Rennes.
(*) Noblesse. lYraraine.
(3) Tiers. Lyon.
(4) Noblesse. Doiirdan.
Noblesse. Paris. .
CAU
L'UNIVERS
cette , et par là , la rendre plus productive de toute Féconomie des frais; et, en second lieu , jusqu'à ^uei point On peut, d'est-à-dire, on doit réduire les dépehses ; car le défldt ne peal étré que dans la différence rigoureusement calculée entre la recette la plus économique et la dépense la plus indispeusable (').
« Sa Majesté voudra bien ftire contiattfe aux états la vraie situation des finances de la dette publique et du déficit, pour que l'on puisse concerter les plans d'administration capables de libérer la natioti et 'de prérenir les abus {*),
« Les états généraux publieront un compte exnctet détaillé (fes dettes dont la nation va se charger ; ils détermineront la quotité de l'impôt qui sera affecté à la liquidation , et fixeront Fipoque consolànte oû la nàUon, enfin libérée, verta ^BMMuet les eonkiblê^ lions (3). »
Législation et justice» — » L'objet des lois 68l d'assurer la liberté et la
{ifvpriété. Leur perfection est d'étro lumaines et justes, claires et générales ; d'être assorties aux mœurs et au caractère national ; de prot^er également les citoyens de tOtttei ras classes et.de tous les ordres , et de frapper sans distinction de personne, sur quiconque viole l'ordre public ou les droite des mdividus (4).
« Il sera fait une révision exacte de toutes les lois et ordonnances rendueil sur quelque matière que ce soit, depuitt le temps des états de IGl l, pour, les unes, être consenties ou modifiées, et les autres abrogées , attendu que les Simples enregistrements des cours Éouveraines n^nt pu suppléer au consentement de la nation comme elles osaient le prétendre, et par conséquent leur imposer le caractère sacré de la loi (3.
« Les états généraux demanderont
(') Tiers. Autiin.
(') Tiers. Auxerre.
(3) Tiers. Dourdan.
4) Tiers. Paris.
^) KobleMe. Ansene. YamiiiddSi
que le jUgMUeftt fUt Jtttél Mit Ineti-
tué (').
R L'inamovibilité des juges sera confirmée par Une loi oonstitutionneiie , ^t <l établi « j>ir la mêin»
loi, que le couri dè la justice ne pourra
être suspendu en aucun cas , par l'autorité du gouvernement , à peine de responsabilité , ni par la délibération des tribunaut) â |ieiiM 4ê fsitàU tttre(*).
« Que nul ne puisse rendre la justice avant vingt-cinq ans accomplis, et que cbacun puisse être admis dans la ma" gistrature aM 0OÉ Mérite {}).
« Les eâofiéi pMées publiquément et les jugpmehti motif és^ les Juj||il seront obligés d'opiftef à liante et intelligible voix en matière civile , les portes ouvertes ^ en présence du peu-* pie et deé përtiei (4)»
R Les juges supérieurs ne pourront ni modifier ni interpréter la loi. Ils seront responsables à la nation dé l'exercice de leurs fonctions (*}.
« la proSefl|)tlon nbiDlM d« oom«
missions en rïiatiêfé criminelle (^«
n La législation , en établissant des peines contre le coupable qui aurâ violé la loi , doit aussi établir une ré* baration pour l'ittbMfiei ll^ttitimeBt àoéusée. Ain^i 4 tout MMUé décban^ des accusations intentées contre lui, pourra réclamer la publication et Taffiche du jugement , et de.s indemnités proportionnées au dommage qu'il aura loumtdani Mu honnéur, u santé, et sa fortmle. Cette indemnité son prise sur les biens des dénonciateurs ou accusateurs, et subsidiairement sur les fonds publics assignés pour cet ob* jet (7).
« Il sera fait Une loi pour soppri*
mer toute torture préalaole à l'exccU»tion , et tout supplice qui i()oute à la
(») Noblesse. Ponthieu. Tiers. Paris.
(*) Noblesse. Yicomté de Paris.
Q) Tiers. Hamo.
(4) Nobleue. Bat YivaraiS.
Clergé. Ponthieu.
(6) Noblesse. YicMté de Paris.
(7) liais. Buis.
FKÀI^CË.
CAH
perte de la Tîe des soaftrtDMS onieilei
ou prolongées (')•
« Un condamné ne pourra être exécuté qu'après que l'arrêt aura été signé par le roi (')•
« La sellette, la Cjtiestion préalable, el le bannissement sont supprimés (}),
« Seront abolis les tribunaux d'exception , tels que capitaineries, maîtrises des eaux et forets, etc. ; d'attributloQ, tels que conseils, requêtes de rhôtél, préfotés , etc. , parce que ces tribunaux ruinent les citoyens, entraînent presque toujours l'oppression du faible, et ne servent que 1 injustice. »
Commerce H dgHckUwre. — «La liberté étant Tânne da commerce , on doit d'autant phis s'occuper de la lui procuf'er , que c'est à lui que nous devons nos jouissances et les richesses qui donnent à un État la supériorité sur un autre (4).
«. Il y aura un code pour le commerce, simple, noble, protecteur de la bonne foi, et digne de la loyauté des négociants français (5).
« Tout dtoyen, de quelque ordre et de quàque classe qu'il soit, peut exercer llbrehîent telle profession , art , métier et commerce qu'il jugera à propos (^J.
«t Leë mettHses et Jurandes , qui étouffent l'émnlation et enchaînent m talents, seront supprimées (?).
« Il sera avisé aux moyens les plus sûrs de faire que les gens appelés agioteurs et négociateurs de papiers publics soient obligés d'ooYrir leur por* tefeuille, devenu un fléau du commerce et un répertoire de piéges tendus auX pères de famille («).
• Qu*il n'y ait qu'un poids , qat^UM mesure et qu'un aunage (*)•
(«) Tiers. Paris.
m Tiers. Étampes.
US Noblesse. Montargis. •
US Nobletse. Angoumou.
(5) Tiers. Lyon.
(6) Tiers. Paris, exlra muros.
(7) Tiers. Vannes. Rouen. Aix.
l») Mantes 61 Staulas.
(9) YiooBité de Pans. Tim Troyei, SûlteuL
a Les commerçants et mànufactn»
riers ne dérogeront point à la noblesse ; on distinguera , dans la distribution des grades et des honneurs , ceux qui auront suivi le conmeree de leurs pè* res, et les états généraux seront invi* tés à déclarer ennemis de la nation, et indignes du nom de négociants , les hommes assez vils pour le prostituer au Jeu de l'agiotage (*)•
« La marine roarcbanda sera hoDo» rée et proenrem Peniiée da la nariaa royale (»).
« L'agriculture est le premier deS arts et le principe de toutes les richesses (3).
« On demande la suppreesion com* plète des dîmes, et leur confersiOliail prestations pécimiaires (^).
a Qu'aucun bail à ferme ne puisse être résilié par les nouveaux acqué* reurs (*).
n La suppression des haras royaux et l'établissement, dans chaque arrondissement, d'un ou plusieurs étalons chez les laboureurs choisis par les as* semblées nrôirioeiales
a Que les colombiers soient fermés un mois avant les récoltes et lin mois après les semences (7).
« Que chacun puisse détruire les animaux qui favagant ses proprié« tés(»).
« TI y aura exemption de tous droits et contributions pour les marais desséchés et pour les bois nouvellement plantés, pendant vingt ans, et pour les terres défridiéei pendant quinte ans (9). ^
<T Qu'on réforme les abus des gardes-chasse et des gardes-bois, auxquels on ne devrait pas permettre de porter des armes à feu, et de ftiva oeodam»
(') Tiers. Lyon.
(>) Tiers. Lyon.
(3) Tiers. Paris, (■i) Unanimité.
Tiers. Paris.
(6) Tien. Paris.
(7) Unanimité des
(8) Idem. Idenu
(9) Tittt. Ftrii.
L'UNIVERS
ner les délinquants sur leur seul lé-
moignage (')•
« li faut solliciter une loi qui assure aux cultivateurs le fruit de la terre, en faisant détruire la trop grande quantité de gibier que les seigneurs se plaisent à multiplier sur leurs terres (').
«L'exportation des grains ne sera permise que sur l'avis des états provinciaux. Dans les temps de disette les grains ne seront vendus que dans les marchés. Il sera fait , dans les vil- les, des greniers d'approvisionnement, dont les grains seront renouvelés au moins tous les deux ans (^). »
jirmées* — « Le tirage au sort des soldats provinciaux , connus ci-devant sous le nom de milice , est un impôt cruel. Pour un objet auquel tout le monde a un égal intérêt , tout le monde doit coneourir ; car, nulle classe de cîtovens ne doit être défendue et protégée aux dépens d'une seule classe.
« Quand le service militaire sera bien constitué ; que la paye du soldat ne sera point absorbée par le luxe des grades supérieurs, qui est tel que la dépense des soldats de l'armée du roi n'est que de quarante-quatre millions et celle des officiers de quarante-six; quand cette disproportion aura cessé, ^ on aura des YOlontaires (4).
« Que les enrôlements forcés soient supprimés; qtie l'ordonnance militaire ui exige des preuves de noblesse pour tre oiiicier soit supprimée C^).
« Les ordres continueront d*étre adressés et parviendront aux troupes par le ministre de la guerre ; mais , dans aucun cas, elles ne pourront être employées contre les citoyens que sur la réquisition des états généraux , des états provinciaux ou des tribunaux (^).
« Le serment de l'armée sera fait à la nation et au roi (7).
« Aucun ofûcier de terre et de mer
(0 Tiers. Dourdsn. .
(») Tiers. Dowi.
(3) Tiers. Troyes,
(4) Tiers. Toiil.
(3) Tiers. Cbaronne.
(<>) Noblesse. PonUûeu.
(7) Noblesse. Aval en FhmcheOmilé.
ne pourra être destitué sans un jugement légal (•). »
lieligion^ mœurs et éducation pu^ blique.—* La religion catholique est la religion dominante en France ; elle n'y a été reçue que suivant la pureté de* ses maxmies primitives; cest le • fondement des libertés de l'Ëgiise gallicane (»).
« L*éducation publique sera réformée, ou plutôt, établie de manière à former des citoyens utiles de toutes les professions; on rédigera et on mettra au nombre des livres classiques ceux qui contiendront les principes élémentaires de la morale et de la constitution fondamentale du royaume; ils seront lus dans toutes les écoles et paroisses des campagnes; il sera établi dans les villes des maîtres de dessin, de géométrie pratique et de mathématiques pour les enrants du peuple. Les laboureurs, artistes et artisans qui excelleront dans leur art, qui perfectionneront les machines et ustensiles de l'agriculture et du commerce, recevront des distinctions et des récompenses publiques (^).
« Les loteries et Jeux de hasaid seront abolis (4).
« Le haut clergé sera tenu à la résidence , et le sort des curés et vicaires amélioré (S).
« Que les fêtes soient réduites ou remises au dimanche; que, conformément aux règlements, il soit sévèrement défendu de travailler publiquement et extérieurement le dimandie , si ce n'est dans le temps des récoltes et dans les nécessités publiques {^). »
Dans l'ensemble de ces demandes, ajoute M. Tissot, nous avons eu soin de placer celles de la noblesse et du clergé. Lorsque leurs vœux étaient raison- ' nables et justes , nous les avons même cités de préférence à ceux du tiers état. Mais il nous reste à faire voir
(') Noblene. Oriéans.
(') Tiers. Paris.
Riom en Auvergne^ h) Tiers. Marsaa.
. i^j Unanimité.
Tien, furis.
conibien ces deux ordres étaient loin de se trouver en harmonie complète avec les lumières, les besoins, les volontés de la nation. Ils voyaient avec peine disparaître un régime où^ pour obtenir soit une place , soit une abbaye, des preuves de noblesse valaient mieux que des preuves de capacité. Leur orgueil se révoltait contre tout ce qui pouvait tendre à détruire des privilèges honorîGques si insultants pour le peuple, et protestait d'avance contre des réformes attendues par toute la France. Le clergé, encore plus exigeant et plus hardi, voulait conserver, accroître même son influence dans rÈtat, et mettre son veto sur la liberté de la presse. Enfin, les cahiers rédigés par les nobles et les
firétres prouvent que, dès Torigine de a révolution , ils conçurent des espérances et formèrent des projets contraires à la révolution. Du reste, une partie des concessions, selon eux, n'étaient que temporaires, et devaient cesser dès gue TÉtat ne serait plus dans la position critique où de folles dépenses l'avaient réduit.
Prétentions de la noblesse. — «Le droit de posséder des liefs étant essentiellement réservé à la noblesse, la taxe de frano-fief, à laquelle est assujetti le non noble qui en possède, sera conservée , pour marquer la différence des deux ordres («).
« Le maintien de la propriété étant Tobjet direct de tons les gouvernements, et étant , en particulier, celui des lois fondamentales de la monarchie, on conservera aux seigneurs la propriété des justices inhérentes à la glèbe de leurs fiefs (et patrimoniales comme eux), ainsi que le droit de commettre des officiers pour les desservir en leur nom, et celui d'en recueillir les profits; on les maintiendra encore dans la jouissance pleine et entière de toutes les perceptions et droits utiles , fixes ou casuets , autorisés soit par les coutumes, soit par des titres authentiques, soit par une possession légale ; en conséqueuce , on proscrira
(0 Évrenx, page 3a. ....... ,
toute demande tendante à les dépouiller d'aucun desdits droits, même à eir faire le rachat sans leur consentement; ce qui est U autant plus nécessaire, c|ue ces droits sont le prix de l'inféodation ou de Tencensement des fonds qui y sont soumis, et qu'ils dérivent d*ua contrat synallagmati(|ue (').
« L'imposition que devront paver les nobles sera portée sur les r6les sous le nom de taille noble , afin de distinguer et conserver la ligne de démarcation si nécessaire dans une monarchie (>).
« La noblesse, considérant (]ue toute propriété est inviolable, déclare ne jamais consentir à l'extinction des droits qui jusqu'ici ont caractérisé l'ordre noble , et qu'elle tient de ses ancêtres; croyant avoir satisfait au vœu de la noblesse du royaume de contribuer à supporter avec égalité le fardeau des charges publiques, à l'exception seulement de la milice et du logement des gens de guerre, elle prescrit formellement h ses députés de s'opposer à tout ce qui pourrait porter attemte aux propriétés utiles et honorifiques de ses terres, et entend qu'ils ne puissent se prêter à aucune modification ou remboursement, de quelque nature que ce puisse être, lesquels ne pourront jamais s'effectuer que de son aveu et de son consentement libre et individuel (3).
* Que le roi soit supplié de vouloir bien maintenir la noblesse dans le droit . exclusif de porter l'épée comme la marque distinctive qui lui appartient; l'épée étant l'emblème du courage et des vertus, un gentilhomme ne peut manquer ni à run ni à l'autre , sans 88 rendre indigne de Tétre (4).
" Toutes les places de sous-lieutenant seront nommées par le roi sur la présentation des états provinciaux.
Elles demeureront réservées aux nobles, aux anoblis , aux enfonts des che- ▼aliers de Saint-Louis et des officiers
(ï) Lille, page ai.
(>) Limoges, fol. 33.
0 Mootargis , page 7.
(4) Bas-Mv-Sdoe, page^
€Jdi
L'UÎNIVEBS.
mdrM an lértidë ; (»ttè féservé est né*
"^saire , parce que , diaprés Tesprif
natlonâl , la profession des armes est essentiellement Tapauage de la no* blesse («).
<( La noblesse, déterminée, par les malheurs du temps, au sacrifice qu*elle fait de ses droits , se réserve d*y rentrer quand Tadministration sage et économique que les états généraux peuvent établir, aura ^uéri les plaies de l'État (*).
iiQuè SU Mijesté daigne accorder à la noblesse une distinction exclusive, et honorifique , comme croix , cordon ou écharpe; ^ue cette distinction soit iMlrtée Mlehient par iei f)Bttmies et nar leë fflies nobles , qiiels que soient leur père et leur époux, distinguant pourtant les uns des autres; que les femmes portent également les mar-
Edes grades militaires de leurs »y ofttil ^e ftftfs êesordrés doni mt décores (3).»
Prétentions du clergé, — « Le clergé regarde comme une loi fondamentale du royaume, aue la religion aposto- IMue et romaine, laseoie vérftable, mt la ^le reçue en France (4).
• La licence de la presse sera réprinflée ; en conséquence , conformément aux ordonnances concernant la librairie, aucun ouvrage ne pourra être débité OU imprimé dans le royaume , à moins que, au préalable, il n*ait été examine, et que l'impression ou la distribution n'en ait été permise (5).
« Il sera établi , surtout dans la capitale, un comité ecclésiastique chargé de veiller à Texécution de ces lois , et autorisé à dénoncer légalement ces sortes d'ouvrages. Sur cette dénonciation, le ministère public sera tenu d'en ûiire son rapport tfu triimnal qui 'doit en eonnattre
« C'était une loi toujours observée dans le royaume, que les protestants
Ponthieu, page 27.
Gieo , page z a.
(3) Alençon, arl. i3.
4^ ÉvTfux, fol. 4.
^ Vicomlû de Paris, page 99.
fi Mantet d Mettlan.
teent baptiser leurs enfa&tft datia lef
églises paroissiales; let députés insiS'* teront sur le rétablissement de oett6
loi (•).
« La chambre du clergé ne s'élève pas contre Tétat légal et civil accordé aux non catholiques par le dernier édit ; mais ses députés msisterontaree force sur la prohibition des marîaées mixtes , dont ils ont exposé les abu9 de la manière la plus lumineuse (>).
« Aucune personne ne sera admise à enseigner les premiers éléments, sans faire profession de la religion catho-»
lique; l'enseignement général des diocèses sera soumis à l'autorisation des éYéques , et l*enseignemént de chaque canton, à Plospection des curés, de peur que, dans le mélange flue va introduire la concession de I état civil donné aux protestants, il se glisse dea instituteurs non catholiques (3).
Les collèges d'exercices publicè et gratuits, comme aussi les établissements d'édncrition que formeront les particuliers, seront soumis à l'autorité ecciésiastiuue (^j.
«Les députes demanderont qu*il plaise au rot de multiplier les évéchés dans le royaume, et notamment d'en établir un "dans la ville de Provins (5).
A Parmi les propriétés qui forment le patrimoine des ^lises de France, la dîme est celle que le souverain et la nation ont le plus solennellement assurée. L'établissement de ce droit remonte aux capitulaires de nos rois, qui ont affecté à la dîme tous les fruits de la terre et imposé aux cultitateurs l'obligation civile de la payer; ces lois» qui portent la double sanction du souverain et de la nation, au milieu de laauelle elles ont été prôclamées, auraient dû préserver de tonte entreprise une propriété aussi ancienne et appuyée sur une possession aussi reoomman* dable C^).
Rouen , art. 3.
Rouen , art. ft.
Montargis , page 8«
Lyon , page 2 5.
Provins et Montereau, page 37* Meaux, page a5.
CâH
FkAMdB;
CAH
« Le clergé entend conserver, comme un précieux dépôt (^ui lui a été transmit par cfuatorse siècles de possession •non ioterrompiie , les immunités , ràngs, séance, ordre et prééminence, gui n'ont jamais reçu la moindre altération , et qui ont été formellement reconnus par une déclaration de Henri lu de lê80 : laiuerentamef eesdroUi eofutUiÊ^mneUy ce serait se rendre coupable aux yeux de la reUgiùH et de la postérité (•)•
« Le clergé regarde comme une des |»las importantes lofs fondamentales de là monarchie la distinction et Tindé^ pendance respective des trois ordres , du clergé , de la noblesse , du tiers état , dont aucun ne peut être lié par les délibérations des oèox autres «le conseil* « tement des trois ordres étant essen* tiellement requis pour donner à un acte le caractère national. Il défend expressément à ses députés de consentir qu'il soit porté aucune atteinte à Tantique constitution qui est de ÛéïU bérer par ordre; il leur défend aussi qu'on introduise le mode d'opiner par tête, qui insensiblement produirait la confusion des rangs et des conditions , «t qui ftrait dépendre la durée des lois hê plus essentielles de la mobilité des opinions de la multitude (»)• Les dîmes seront regardées comme de droit intiolable et de fondation nationale : de sages loia préfiendront tous débàttf fur le mode de perception (3). Tous privilèges ou exemptions relativement aux dîmes seront supprimés (4). »
Le lecteur a pu voir, par ce qui précède, que te férorme, une réforme radicale, atteignant non-seulement le gouvernement, mais même les bases 3e l'état social au milieu duquel on vivait, était alors réclamée par les Toeui unanimes de la nation. Le clergé, la noblesse elle-même, étaient d'accord avec le tiers état pour demander l'abolition des privilèges. Si quelques exceptions se font remarquer dans les vœux
^vini et MOBlereau, page Sa, m Ticomté de firis, pigé a.
l^) Tulle, page 7.
(4) Tnjtt, page 17.
exprimés par ces deux derniers ordres dans quelques bailliages , les prétentions m dissidents fiaient tellement ridicules qu'elles sont une preuve de plus de l'impossibilité où tout le monde se trouvait arrivé, de soutenir un ordre de choses qui s'écroulait de lui-niénje.
D'Une autre part , si l'on parcourt l'histoire de noS assemblées législatives depuis cette époque Josqu^en 1804, on verra qu'il n est aucune mesure libérale, aooptée pendant cette période, qui n'ait été appelée, avant rouverture deë états généraux, pair les teeux des élteteurs, c'est-à-dire, par ceux de l'universalité de la nation, car on fit alors une application du système du suffrage universel. Enfin , si l'on comparé le résumé de ces vœux avec la législation qui noua f%lt aujourd hui , on verra combien ont été grands les pas que nous avons faits en arrière, et à quelle distance nous sommes encore de ce qui fut notre point de départ en lt89.
Cahors, Dlvona, Cadurct, Cadurcum, ancienne capitale du Çuercy, est aujourd'hui le chef-lieu du département du Lot, et le siège d'un évéché, d'une académie universitaire, et de tribunaux de premièré inatanoft et de com-
merce.
L'origine de Cahors est très-ancienne. Il est à peu près démontré qu'elleétait, avUntla conquête romaine, la capitale des Caditrtil. Quelques auteurs ont même cru y reconnaître ta ville qui , sous le nom d'IJxellodunum, eut à soutenir un long siège contre César ; mais M. Champotllon atné a facilement démontré que ce n'est point là qu'on peut trouver la ville qui, d'à» près les Commentaires, fut le dernier boulevard de la liberté des Gaules. Dans la description faite sous Théodosé et sous fionorius , elle est désignée sous le nom de CivitaS Cùdurcorum, et l'on doit admettre avec Scaliger et Vinet, contre l'opinion de Juste Lipse, qu'elle est la ville que Ptolémée appelle Bivomi. Les Rottiaina Tomerent d*un théâtre, de temples et d'un forum. On attribue à Agrippa la construction des belles
CiJI L'UNIVERS. CAB
routes dont on voit encore de nombreux vestiges dans le Quercy, et qui
semblent se diriger de Cahors vers le Limousin , le Rouergue et le bas Lancuedoc. Cahors dut beaucoup souffrir des invasions nombreuses des barbares qui eurent lieu dans le dnquième siècle. Les Gotbs s*y établirent, et y firent frapper monnaie, ainsi que Tattestent des médailles d'or où Ton voit une tête gothique , avec la légende : Caéurea. liiéodebert, fils de Cnilpéric, la saccagea, fit piller ses édifices sacrés, et détruisit ses remp.irts, que Tévéque saint Géry lit recouslruire en 675. Pépin la prit et la dévasta , en 763. Les Normands la ravagèrent en 824 , et pillèrent les monastères des environs. Henri II, roi d'Angleterre, s'en empara peu après son mariage avec Éléonore d'Aquitaine. Le honteux traité de Brétiguy la livra aux Anglais « ainsi que tout h» Quercy. Mais bientôt les habitants de Cahors, de Figeac, de Capdenac, et de soixante-dix autres villes ou châteaux forts, s'armèrent presque au même instant , et firent prisonnières leurs garni* sons. Les Anglais rassemblèrent aussitôtdes forces considérables, et vinrent, à la tête de trois mille hommes, assiéger Cahors; mais ils rencontrèrent une si vigoureuse résistance, qu'ils furent obligés deseretireraprèsavoir éprouvé des pertes considérables. Le massacre de la Saint -Barthélémy ne s'étendit pas sur cette ville, les religionnaires s'y trouvant assez forts pour empêcher Texécution des ordres envoyés par Catherine de Médicîs. Toutefois, Cahors refusa de reconnaître Henri TV, alors roi de Navarre, qui fut obligé d'en faire le siège , et ne put s'en rendre maître, en 1680, qu^après plusieurs jours de combats meurtriers.
Avant la révolution, cette ville était le chef-lieu d'une élection et d'un présidial ; elle possédait en outre une juridiction déjuges consuls.
Le pape Jean XXII y avait établi , en 1332, une université composée de quatre facultés. Celle de droit fut illustrée par le mérite de ses profesaeurs , parmi lesquels on ^eut citer
Cujas , qui ^ enseigna peu de temps , et alla ensuite à Bourees ; Françoig Roaldez, Dartis, Merllle, et Jean da
la Coste , en latin , Janus ou Joanneê a Costa. Cette université , en 1761 , fut réunie à celle de Toulouse.
L*évéque prenait le titre de oomte de Cahors , et faisait placer à cdté de l'autel , quand il officiait , une épée et des gantelets. Il recevait de l'un de ses vassaux , le vicomte de Cessac , le Jour oh il prenait possession de son évéché, un sinî;ulier hommage : ce vieomte était obligé d'aller I attendre , à la porte de la ville, tête nue , sans uKinteau , la jambe droite nue, et le pied droit chaussé d'une pantoufle seulement. Ainsi vêtu , il devait prendre et conduire par la bride, jusqu'au palais épiscopal , la mule sur laquelle était monté le prélat , qu'il était ensuite obligé de servir pendant tout le repas. Il recevait pour salaire la mule et le buffet de l'éveque, ou une somme de trois mille livres.
Parmi les monuments de Cahors , on ne peut guère citer que la cathédrale , dont quelques parties remontent, dit-on, au septième siècle. Mais cette ville possède des ruines romaines assez intéressantes, entre autres, un portique (|ue Ton croit avoir fait partie d'un ediQce consacré à des bains publics ; un théâtre de grande dimension, et un aqueduc qui allait chercher Teau à plus de 24 kilom. La bibliothèque de Cahors contient douze mille volumes. Cette ville est la patrie de Jacques d'Ossat, depuis pape , sous le nom de Clément XXII , de Clément Marot, de la Calprenède, etc.
Sa population est aujurd'hui de 12,050 habitants.
Cahobs (prise de). — Henri IV, encore roi de Navarre , résolut , en 1G80, de s'emparer de la ville de Cahors, défendue par trois mille arquebusiers et par son gouverneur Vézins. Le 5 mai , à minuit , par un orage furieux , il envoie des artificiers attacher des pétards à la première porte. Il en fallait ainsi forcer trois. Elles sont successivement brisées et occupées. £nûa les habitants et ieâ
GâH ' FRANGE. CAH un
soldats s'éveillent et courent aux armes , et pendant cinq jours , Vézins ibrce le roi de Navarre a faire le siège de chaque maison, de chaque rue. On reçoit des renforts de part et d'autre. Enfin les défenseurs vaincus s'échappent de la ville par-dessus les murs , tandis que les assaillants épuisés restent dans la ville pour piller, brâler et massacrer. Le brave Vézins avait péri dès le commencement de l'attaque.
Cahobs (monnaies de). — Dès l'époque mérovingienne , la* ville de Canors avait le droit de battre
monnaie. Nous possédons un grand nombre de tiers de sou d'or , et quelques deniers d'argent sortis des .ateliers de cette ville. Ces monnaies sont fort remarquables sous le rapport du type. Elles présentent le plus souvent , au revers , deux oiseaux buvant dans une coupe, ou bien un oiseau perché sur une branche, et becquetant une grappe de raisin. Cette empreinte, qu'on ne retrouve nulle part dans la numismatique mérovingienne, a ses analogues dans les sujets antiques. Estce une simple réminiscence, ou cette empreinte avait«elle une signification particulière? (Test une question que nous ne pouvons résoudre. Mais, quoi qu'il en soit, les triens, ainsi marqués, sont dus aux monétaires Chagnus et . .; et , d'après la beauté relative du travail, on serait tenté de les rapporter, ainsi qu'un autre triens de Corbolenus , à l'époque la plus florissante de l'art mérovingien, c'est-àdire an règne de Dagobert. Il n>n est iMis de même d'un oeiiier à la double légende catvrcafit , qui doit être rejeté à l'époque des rois fainéants.
Pious en dirons autant du denier qui est dû mmonélàxt^Francoulf, Fban- CVLFVS. Par une bizarrerie qu'on a souvent lieu de remarquer dans l'histoire de notre numismatique, on ne trouve aucun denier fabriqué à Cahors sous la seconde race. Suivant doni Vaissette, le droit de battre monnaie à Cahots aurait appartenu , dans Torigine, aux comtes de Toulouse, qui le cédèrent, en 1090, à l'évéque, le*
quel, depuis ïors , en conserva la possession. Cette propriété fut cependant l'occasion de sérieux démêlés entre ce prélat et les bourgeois , auxquels le droit de battre monnaie fut même quelquefois cédé, notamment en I2I2 et en 1224. Les principaux griefs des bourgeois contre leur évéque étaient que celui-ci altérait de temps en temps la monnaie. T.es chartes nous font connaître pour certaines époques la valeur de la monnaie de Cahors. Ainsi, elle avait été affaiblie par Géraud de Barase , dans le courant du treizième siècle; Févéque Barthélémy, son successeur, la porta au taux de trois deniers de fin , et à la taille de vingt et un sous quatre deniers par marc ; puis, cédant aux remontrances des bourgeois , il la remit à la loi de deux de* niers une obole et un grain , argent de Montpellier, et à la taille de vingttrois sous moins deux deniers par marc. Dans rordonuance royale rendue à Laçny en 1815, pour apprécier la monnaie des prélats et baroiis et en régler le cours , les deniers de Cahors sont évalues au titre de trois deniers seize grains, argent le roi, et a ia taille de vin^ et un sous dix deniers au marc de Paris. Il fallait alors vingt deniers de Cahors pour faire un sou "tournois.
Ces monnaies étaient d'ailleurs anonymes. Leur type fut d'abord , d^un côté , trois croisettes et un A , avec la légende cititas^ jet de l'autre, le nom catvrcis autour d'une croix grecque. La lettre A fut ensuite remplacée par une quatrième croisette; puis, l'une de ces croisettes se couronna d'une crosse , et le mot civiTAS fut remplacé par Eprscopvs.
La monnaie de Cahors disparaît après l'année 1315; nous ignorons a quelle époque elle cessa tout à fait d avoir cours.
Gahusàg (Louis -de), écuyer et se« crétaire des commandements du comte de Clermont, fut tout juste assez bon versilicateur pour composer d'agréables lilbii^tU dont Rameau fit b musique , sans compter quelques tr^fé* dies et quelques comédies médiocres, telles ^ue le Comte de iVarwick, £4*
iM Ciâl WMmMS. fiAl
neide , PJlgérimj Pharamond ^ et une Histoire de la danse ancienne et fRoifome. Ftiniii ms opérai oa eile surtout : fes P4ti$ de FHymmi et de VAmoury 1747; Zoroastre , 1749 ; Jnacréon , 1764, ete, Cahuspc est mort en 1759.
Caïg et Caïque. — Ces deux mots, doBt run dMve probablemeoide l'autre, dési|;nent cnacun une eB|»èee de petit bâtiment. A l'époque où il existait encore des galères dans la marine française , on appelait cdic Tesquif d*ana galdre. Cétaît ane embareanoo de vinit-cinq pieds de lonp , sii de - large, et deux pieds et demi de creux. Nous avons probablement tiré ce mot de l'italien caicco , qui signiiie une barque à doaie rames. Dans la flottillt de Beofogne, en 1805 , on vit figurer des Caïques , ou chaloupes à l'espagnole. Ces bateaux avaient les dimensions des chaloupes des vaisseaux de premier rang , et portaient un canon da 94 sur mant.
CaIfva (prise de). — L'armée d'0« rient se présenta, le 17 mars 1798 , devant le bourg fortifié de Caïffa. Ce bourg, situé au pied du mont Carmel, à etiiq Ueues d'Acre, ouvrit ses portes^ quoiqu'une escadre anglaise fût mouîl»
lée dans sa rade.
— Cinq jours après, les Anglais vinrent attaquer Caïffa , que détendait le chef d'eseadron Lambert. Ce brave efr iëler alla se mettre en embuscade au Heu où le débarquement devait nvoir lieu. Au moment où les ennemis touchent la terre, il se jette sur eux à la téte de ses braves, leur prend une cba« loupe et une pièce de 32 , leur nit dii* sept prisonniers, et force les autres à fotr précipitamment, après a?oiff eu eent nommes tués ou blessés.
Caignast ds Mailly, avocat, l'un des administrateurs du département de TAisiie au commencement de la révolution , fut poursuivi après le 9 thermidor , et se réfugia à Paris , où il fut Tun des rédacteqrs du journal intitulé l'v#ml de lu puMe. Il devînt easuite chef du bureau des émigrés , au ministère de la police. En thermidor anà vu, il parut au dub du Ma«
nége , où il défendit les anarchistes poursuivis par le Directoire , et proposa de substituer au serment de :
Haine à ta royauté et à femareAle , celui de : Haine à la royauté , et at' lâchement inviolable à la république une , indivisible et démocratique ; cette motion fut ensuite décrétée par le Corps législatif. Après le 1B brumaire, Caighart perdit son emploi, et suivit la carrière des tribunaui comme avocat. Il mourut à Paris en 1823.
M. Barbier {Dictionnaire des anony»
mes) lui attribue lès tomes Ift* et \V (édition iB-89) de VHUtoire de la Âé'* volution^ par deum amis de Ht berté.
Cailhava (Jean- François), auteur dramatique, naquit, le 11 avril 1731, à F^stendoui , près de Toulouse. So»
penchant pour le théâtre se manifesta de bonne heure par des essais que sa
})rovince applaudit. Il débuta par VAl" égres§e champêtre, pièce mêlée dp obants et de danses, qui avait pour objet de célébrer la eonvalesceooe de Louis XV, échappé au fer de Damîens.
Il se produisit ensuite à Paris, et fut assez bien accueilli du public, mais, s'annoA^t comme le KstauFtteur de la fcène antique, corn me un admirateur passionné de Molière, il dut s'attendre a tout le mauvais vouloir de Técoie qui répudiait les traditions du grand art, et mettait au-dessus de tout k papilior tage sentimental de Marivaui. £fi df* fet, si Préville, ce grand comédien, lui fit remporter les succès les plus brillants; d'un autre côté, il n'y eut pas d'entraves que Mole ne lui susci^ tât. Celui-rci, après , avoir retardé le représentation cfe VÉffoisme , pièce en cinq actes et en vers, contribua, ditr on , à la faire tomber par la négligence avec laquelle il s'acquitta du rôle qu'il y rempnmit. En guerre avee eertuni auteurs, Gailbava eut à lutter contre les critiques, surtout contre la Harpe qui le maltraitait fort dans le Mercure de France. Pour tirer vengeance des articles qui le déchiraient, Caiihava composa les JourtutHsêes mi§ied$^ eo»
médie représentée en 1783 et applau« die par le publie. lA Has pe ne k lui
en
paraonna jamais. En 1773, Gailhava avait d^à lait parattra un ouvrage en oaatre volumes sous ce titre : L\irt de Ja comédie , ou nétail rnisonné des diverses parties de la coinédie et de $es dijj'érents genres, auivi du Traité dêNmUmHm, €et ouvrage, plein d'excellents principes, prouve que Tauteur s'était familiarisé avec les bons modèles, et la lecture en est encore recommandée aujourd'hui à tous ceux qui travaillent pour le théâirt. En 1801, Gailhava publia des Études sur Moliéin y ou Observations sur le génie, 'les mœurs, fes ouvrages de cet auteur^ et sur la pianière de Jouer ses pièces. En géliérai, dans oe livre, Molière est dignement appréeié. CaiUiava mourut à Sceaux en 1813, et y fut enterré près de Florian. Il avait remplacé de Fon- , tanes à l'Institut, en 1797. Ses .principales comédies sont, avec VÉgoïs* m€, Orispin gomfimante: le Tuieim iiupé; la FUie mtpfiotiê^ Je Nouveau ' ènarié.
Caillabd (Abraham-Jacques ) , né au 1734, mort en 1776, fut réiève, Tami du célèbre Pothier, et l*un des avocats les plus renommés de la fin du cjix-huitième siècle. Doué d'une mémoire prodigieuse et de tous les talents de l'orateur, ayant une connaissance approfondie des lois, il paraissait dans aon eabinet, froid, taciturne, inhabile sur presque toutes les matières. Mais tout chanîîeait dès qu'il commençait à plaider. Personne n égalait sa vive inteliigence.des affaires, sa manière claire et nette de les présenter; aussi l*a|»* pelait-on un moule à affaires. On pré* tend que, quelquefois , il lui est arrivé de dicter en même temps à trois secrétaires à ia fois trois mémoires re^ latîfs à des causes différentes. Il lut au nombre des quaire meiuUanttf c'est-à-dire, des quatre avocats qui, poussés dit-on, par l'intérêt, ne réinsèrent pas de plaider devant le parlement Maupeou. Linguet, qui elait son ennemi particulier. Ta plusieurs fois attaqué dans ses ouvrages.
Caillabd (Antoine-Bernard), né h Aignay en Bourgogne, en 1737, de- - vint, eu 1769, secrétaire délégation
€ÂI MO
à Panne; il passa ensuite è Cassel, et suivit M. de Verac à Copenhague , en
1774; et à Pétersbourg, en 1780. Il était, avant la révolution, chargé d'affaires de France en Hollande; il fut envoyé, en 1792, à la diète de Ratisbonne, en qualité de ministre plénipotentiaire oe la républiaue , et pa^sa, deux ans cnprès, à Berlin, avec le même titre. Il rentra ensuite en France pour V diriger/les archives des relations eitérfeures, négooia avee la Bavière, en 1801, et sur la demande de M. de ïalleyrand , tint le portefeuille des affaires étrangères en l'absence de ce ministre. On lui doit un Mérfioire sur ia rêoobiiUm de HoOandey inséré dans le Tableau politique de tEurope de M. df Séfjur. Il est mort le 6 mai 1867.
Caille. Voy. La caille.
Càilliaud (Frédéric), savant voyageur, naquit à Nantes, en 1787. Après avoir parcouru la Hollande, ritallei la Sicile, une partie de la Grèce, les côtes de l'Asie Mineure et de la Turquie d'Europe , il partit de Constantinople en 1815, pour se rendre en £gypte , ()a ys qu*il étudia avee un soin tout particulier. H commença par visiter, avec Drovetti, toute la haute Egypte, et arriva jusqu'à la cataracte de Ouâdy-Halfah en Nubie. Il reçut ensuite de Méhémet-AII la mission de parcourir les déserts situés à l'o?
rient et à l'occident du fleuve, afin d'y découvrir des mines. Il partit de la hauteur d'Ëdfou, dans la haute Egypte, pour se rendre à la mer Rouge, cl trouva , dans le désert , un petit tenic pie égyptien , riche en peintures et en sculptures hiéroglyphiques; il décou* vrit aussi, à sept neures de la mer, d'immenses carrières ui^i avaient été andennément eiploitées pour la reeherebe dee émeraudes , et oà se trouvaient encore, dans des excavations creusées à quatre cents pieds dans la montasne, d antiques instrumentsd'ex-
SeitatTon, des lampes, dss leviers, » paniers et des cordages en feuilles de palmier. Non loin de ces carrières étaient les ruines d'une petite ville , dont les temples portaient des inscriptions grecques, et que M. Càilliaud
CAI
CAI
croit avoir été la résidence des princi-
Sanx mineurs. Continuant son voyage ans les déserts, il retrouva i*anciènne route de Coptos n Bérénice pour le commerce de i'Inde. Ces succès le déterminèrent, au mois de juin 1818, malgré la rigueur de la saison, à prendre le déserta £sné pour se rendre à la grande oasis. Il v vit les restes de sept temples de style gréco-égyptien , où se trouvent des voûtes en pierre de taille, les premières que Ton ait encore rencontrées en Égypte. L*un de ces temples , orné de colonnes et de sculptures peintes, est long de cent quatre-vingt-onze pieds, sans tenir compte de son triple portail. M. Cail* liaud copia différentes inscriptions grecques très-curieuses, entre autres deux décrets romains relatifs à l'administration de rÉgypte. De retour en Trance, il publia ses découvertes, et repartit pour TÉgypte, le 7 septembre 1819. Cette fois, il s'avança dans le désert de la Libye, et parvint à Vonsis de Syouah et au temple de Jupiter AmmoD , dpnt il détermina la latitude et dont il leva le plan. Il visita ensuite El-Ouâh; Falafire, que n*avait encoce exploré aucun voyageur européen ; Toasis de Dakel; et enfin , Khargh , chef-lieu de l'oasis de Thèbes. En 1821 , lorsque Méhémet-Ali chargea son fils Ismaêl-Pacha du soin de sou« Inettre les peuples lés plus reculés de la Nubie, M. Cailliaud fut le seul Européen qui obtint la faveur de faire partie de l'expédition. 11 dépassa de beaucoup les traces de l'ancienne civilisation , découvrit les ruines de Méroé, et pénétra jusqu'au dixième degré de latitude, où il ne trouva plus que des peuples idolâtres et féroces, dans un pays renda inaccessible par ses hautes montagnes et par les bois dont elles sont couvertes. Toutefois, iM. Caillaud put faire des observations astronomiques, noter la direction des routes, tenir compte des distances, prendre des vues, dessiner des monuments, lever des plans, copier des inscriptions ; et , comnoe il s'était préparé par des études spéciales à ce second voyage, les résultats qu'il en a tires
sont da plus haut intérêt pour la géographie, les arts et la connaissanoe
de l'antiquité. Personne n'avait encore été aussi loin. IM. Gau s'est arrêté sur le Nil à Ouâdi-Halfa, à la hauteur de la seconde cataracte ; Kobbe. dans le Darfour, à seize degrés de latitude nord, est le lieu le plus méridional oà le voyageur anglais Brown ait pti pénétrer, eu 1793, et Bruce ne s'est pas élevé au delà du treizième degré et dèml. Ce n'est que dans ces dernières années que Méhémet-Ali lui-même a pu, avec une expédition nombreuse, dépasser la limite que Cailliaud avait atteinte. De retour à Paris, en 1822, le savant voyageur a mis en ordre une collection de plus de cinq cents pièces, qui font partie du musée égyptien. Il a publié : Foyage à Méroé et au fleuve Blanc au delà de Fazoql dans le midi du royaume de Sennâr, a Syouaà et dans cinq autres oasis ^ fiUt pendant les années lSi9^ 1820, 1S31, tB23, imprimé aux frais du gouvernement (imprimerie royale), Paris, 1823 et années suivantes, 4 vol. in-fol. \ cet ouvrage lui a mérité le titre de eonU' nMotewr de Vexpédilion (PÊ^pte,
Caillié (René), célèbre voyageur, naquit en 1800, à Mauzé, département des Deux-Sèvres, de parents pauvres, qu'il perdit dans son enfance.
Bès son jeune âge , il se sentit an
Î;oût prononcé pour les expéditions ointames; l'Afrique intérieure surtout, avec ses pays inconnus, lui souriait comme le plus beau champ de découvertes. En 1816 , malgré les remontrances de son tuteur, il partit pour le Sénégal, avec M. Mollien, qui se disposait aussi à visiter le continent africain. Après un séjour de plusieurs années dans diverses parties do Sénégal, et un voyage chez lesBrafcnas, ce qui lui donna les moyens et le temps nécessaires pour s'acclimater et pour se familiariser avec la langue et le culte des J\laures, M. Caillié, en 1824, revint au Sénégal pour tenter fortune avec une petite pacotille dont un négociant lui avait fait l'avance, nourrissant toujours au fond du cœur le projet, de visiter l'Afrique centrale. Le
FRAIfCC.
Ml
gouverneur de nos colonies et celui des de deux boussoles de poche, d'un cospossessions anglaises le dissuadèrent tunne arabe et d*un Coran. La cara* ftinement de partir, il persévéra dans . Vane qu*il accompagnait traversa les son projet. < lï'ayaiit pa obtenir ifulle contrées habitées par les Nalous , les « part les secours nécessaires pour ef- Landamas, les Foulahs, les Mandin- « fectuer le voyage de Tombouctou , gues, et le Fonta-Dhialon , où Caillé « dit-il lui-même dans sa relation , je avait été devancé neuf ans auparavant « devais me décider à Tentrepren- par un autre Français , . le courageux « dro à met flrais.. . . • J'esaployai mes n. Mollien. Dix kilomètres plus loin, il « économies, qui s'élevaient à deux trouva le tombeau du major Peddieet « mille francs environ , à faire des de ses compagnons , morts victimes «achats de papier, verroteries, etc. <-^'une entreprise semblable à celle qu'il «Pendant mon séjour à Freetown, allait tenter. Ce ue fut que le U juin « dbef-lieu de la colonie' anglaise de que Caillié parvint sur les bords du
ubioKba, ou Niger, au viHoge de Couroussa, dans le pays d'Amona, à quinze ou seize myriamètres des montagnes où l'on place la source de ce fleuye, et à plus de seize au-des« sus de réndroit iusqu*où Muneo- Park l'avait remonté dans son premlet voyage. Le 17 juin , on arriva à Kankan, grande et jolie ville de six mille habitants, capitale du riche et fertile
« Bierra^Leotte , je me liai avec des « Mandingues et des Serracolets, ou « Sarakolais. Ces derniers, que/|uel- « ques voyageurs ont" regardés à tort « comme formant une nation, sont une « corporation de marchands vovageurs «qui parcourent l'Afrique. J'obtins « leur confiance, et j*en proGtai pour « les interroger sur les contrées que « j'avais l'intention de parcourir. Pour « eagner tout à ftit leur amitié , je « Mur donnai quelques bagatelles ; puis. * un jour, d*un air très-mystérieux , « je leur appi"is, sous le sceau du se- « cret, que j'étais né en Egypte, de à parents arabes, et que j'avais été « emmené en France dès mon plus m jeune âge, par des Français faisant « partie de Tarmée qui était allée en « Égypte; que, depuis, j'avais été con- « duit au Sén^al pour y faire les af- « foires Gomromtues de mon mettre»
« qui , satisfait de mes services, m'a* « vait affranchi. J'ajoutai : « Libre « maintenant d'aller où je veux, je dé- « sire retourner en Égypte pour y re- « trouver ma famille et reprendre la « religion nrasulmane. » D'abord les « Mandingues ne parurent pas ajout»
« foi à mon histoire, et surtout a mon « zèle religieux; mais ils n'en doutè- « rent plus en m'entendant réciter par « ecBur plusieurs passages du Coran , « et en me voyant le soir me joindre « à eux pour faire le Salem, Ils Uni- « rent par m'accorder toute confiance. » Le 19 avril 1827, il partit des bords du Kio-Lunez, situé à vingt myriamètres envitott au noiMielt de Sterre-Leone, aprèi avoir es le soiai de se nneir
Says du même nom. Après un séjour 'un mois dans cette ville, M. Caillié
partit, le 16 juillet, pour Tîncé, village de cinq à six cents habitants , où le scorbut le retint cinq mois dans d'horribles souffrances. Le 9 janvier 18S8, il se remit en route pour aller joindre une caravane qui se rendait à Yenné. Le 10 mars, îî arriva à Galia ou Congalia, misérable village où il revit le Niger qu'il traversa pour entrer à Yenné, grande ville située à la gauche du principal courant du fleuve»
dans une Ile formée par un bras secondaire, et au moins aussi imporportante que Tombouctou même. Elle contient beaucoup d'étrangers établis, Mandingues, Foulahs, Bambaras et Maures ; on y parle les langues propres à ces quatre tribus, et de plus un dialecte particulier appelé kissour, qui est la langue adoptée jusqu'à Tombouctou. La population est de huit à dix mille habitants, qui sont tous m»> hométans. Enfin, le 19 avril, Caillié atteignit la ville de Katra , qui , bien qu'éloignée du fleuve de quatre kil. enest considérée comme le port
viron ,
de Tomboaetott, situé encore à huit ftiienètMe eoftirOD plus loin du nijger
T. m. M* lioraitom, (Digt. brgtgmf*, siq.)
awNleiiori, IiiivIlliedeTmiibmtoiii è 'diflqae fMMl oraMra m voya»
AÙil eatrale tendemain, peut conteotr geifft d'étiré ensevelis. « Une de cet
dix ou douze mille habitants, tous « trombes, dit-il, plus considérable
commerçants, en y comprenant les « que les autres, traversa notre camp,
Maures établis. « En entrant dans cette ^ culbuta toutes nos tentes , et, nous
cité mystérieuse, dit M. Caillié, ob- « hiumt toiiraojwr comme des brine
«.jet des reehenta 4ei nations civili- « de pailla; aoni renvèraa pète-mât
« sées de TEurope , et qui depuis si « les uns sur les autres -, nous œ sa^
< longtemps était le but de tous mes » vions plus où nous étions; on ne
« désirs, je fus saisi d'un sentiment « distinguait rien à un pied de distan-
« inexprimable de satisfaction ; je n'a- « œ.. . La consternation était géné-
c vais jamais éprouvé qïm sensatiott « raie ; on n'eDleodail que te bwMrta^
« preiile, el ma joie était extrême*. « • tiona... An mîKeudea mugissementi
« Revenu de mon enthousiasme, je « du veat^ OB, distinguait par inter*
« trouvai que le spectacle que j'avais « valles les gémissements des cha«
« sous les yeux ne répondait pas à mon « meaux, aussi effrayés et bien plus à
.« attente; Je m*^étais fait de la granf> « plaindre que leurs maîtres, puisque
« deur et dfe ta ricbiesse de TonuSouor « depuis quatre jours ils a'avaient net
.«ton une tout autre idée : cette « inaoeé. Tout le tempère dora cette
ji ville n'offre, au premier aspect, « effravante tempête, nous restâmes
« qu'un amas de maisons en terre, « étendus sur le sol. « Le 17 septem-
« mal construites. . . Cependant il j bre, il arriva à Tanger, presque mou»
« a je ne sais guoi d'imposant à voir rant, «xtémié par la fatigue, la inisire
«iHie grande ville élevée au milieu «lia fièvre « aooneiUi f^énétansement
« des sables. » Il existe entre Yenné pnr M. Delaporte , y]ce- consul de
et Tombouctou un commerce si actif, .J^'rance, qui lui lit apporter des habits
que l'on rencontre souvent, sur la par- européens en place des haillons sales qui
tie du I^iger qui les sépare , des Ilot- le couvraient. Il eut enûn le bonheur
tilles de soixante à quatre-vingts de revoir la France le a oetebre 1839»
embarcations, portant jusqu'à quatre- ' Cest le premier Enropéen qui ait
vingts tonneaux , et toutes richement rapporté des notions complètes sur
chargées de divers produits. Quoique des contrées où il n'avait été devancé
Tune des plus grandes villes de l'Afri- que par Mungo-Park et le major Laiqg^
que centrale , elle n'a d'autres res>* qui , moins heureux que lui , n'ont ptt
sources que son commerce de sel. Elle revenir de cette terre funeste à tant de
est habitée par des nègres de la na* voyageurs. La Société de géographie
tion kissour^qui en font la principale s'empressa de lui envoyer un secours
population. de cmq cents francs, avec lequel il put
Après un séjour de quatorze jours revenir a Paris, et hientôt après elle
à Tombouctou • Caillié en partit le ^ lui accorda le prix de dix mille francs
mal pour se rendre à MarQ0« avec promis au premier voyageur qui serait
«ne caravane de huit cents chameaux, parvenu dans la ville de Tombouctou,
en passant par le Sahara. Il arriva en et en aurait rapporté des observations
six jours à £1-Aranan , ou il rencon- p«>sitives. Cailhé a publié son voyage
Ira une autre caravane de six cents sous ce titre : Journal d'un voyage à
chameaux ^ui se joignit à celle dont  J^mbouetou et. à Yenné, dam tA^
faisait partie. « D'un côté, dit-il, en /ri^tte centrofe, précédé d^observa^
9 voyait des chameaux chargés d'i voire, tions faites chez les Maures- Braknas y
a de gomme, de ballots de toute es- Ifs i\aUms et d'ai/tre.s peuples, pen*
% pèce;d un autre, on en apercevait daiU les atmées 1824 ^ lâ26, 1826,
« qui étaient cbar§és de nègres, bomt* f«27, iœ8 ; par René CÊMé) anâ
• mes, femmes et en&nts , qu'on al« du portraii de Vautetar^ d'une vué
« lait vendre dans les marchés de Ma- de Tombouctou et dune carte itiné •
« roe.» JDoitroml^dasableteaieni mk^ mveo deo remarouu 9éo§rm^
phiques par M, Jomard, membre de l Institut Paris, 1830 , 3 vol. in-8°.
On trouve dans cet ouvrage un vocabulaire de la langue mandingue, et un autre de la langue kissour parlée à Tombouctôu concurremment avec le maure. Les remarques de M. Jomard y occupent cent quarante-huit pages.
On y trouve aussi la relation de la mort du major Laing, sur laquelle il était parvenu en Europe tant de versions si différentes, qu^on ne savait à laquelle s'arrêter.
Càillet (Bénigne), né à Dijon vers 1644, futv pendant plusieurs années, professeur de rhétorique au collège de Navarre, à Paris, et mourut en 1714.
Il a laissé, en manuscrit, un asse2 grand nombre de pièces de théâtre , entre autres : Les saints Amants, tragédie chrétienne ; le Mariage de Bacchus, opéra en cinq actes ; les Vacances des écoliers, comédie en trois actes. Le recueil de ses œuvres existait en deux volumes in-S" dans la bibliothèque de la Vallière.
Caillet (Guill.), villageois, né à Mello, dans le Beauvaisis, fut le chef du mouvement populaire appelé ta Jacquerie, qui eut lieu pendant la captivité du roi Jean. Les insurgés avaient déjà brillé plus de deux cents châteaux lorsque Charles le Mauvais , roi de Navarre, invita leurs principaux chefs à venir près de lui, et Gt main basse sur eux pendant les pourparlers. Caillet que, suivant Froissara, ses soldats appelaient Jacques Bonhomme, fut saisi , et le roi de Navarre le fit couronner d'un trépied de fer rouge. Sa mort fut suivie de la ruine de son parti. (Voy. Jacquerie.)
Caillette , fou de Louis Xïl et de François I". Bien loin d'avoir été un bouffon renommé par ses piquantes saillies , cet homme nous est représenté parles auteurs contemporains, et entre autres parDespériers, comme une sorte d'idiot. Son nom est souvent pris pour synonyme de sot, par Érasme et Théodore de Bèze. On ne sait pas la date de la mort de Caillette, que la Ne/des/olz, imprimée en 1497, fait vivre en 1494.
CE. CAÏ 503
Cailleux ( M. F. ), marchand rubanier, né en 1761 , se fit affilier aux jacobins , devint bientôt après officier municipal, et fut chargé en cette qualité de veiller sur les prisonniers du Temple. Il fut ensuite envoyé dans le département de l'Eure, signala son zèle contre les fédéralistes , revint à Paris et fut nommé à l'administration de la police, où il siégea jusqu'après le 9 thermidor. A cette époque il fut emprisonné, puis relâche au bout de quelques mois; mais il s'associa à toutes les tentatives du parti montagnard , fut impliqué dans la conspiration du camp de Grenelle, et condamné à mort le 19 septembre 1796. Il était alors âgé de trente-cinq ans.
Caillot ( Joseph ), le puis célèbre acteur de la Comédie - Italienne et de rOpéra-Comique , naquit à Paris en 1732. Fils d'un orfèvre, qui fut arrêté pour dettes, il fut, à l'âge de cinq ans, recueilli par des porteurs d'eau, qui le nourrirent jusqu'à ce que son père fût sorti de prison. Celui-ci, ayant obtenu une place subalterne dans la maison du roi, le suivit en Flandre et y mena son fils, dont l'esprit, la gentillesse et la jolie figure interessaient tous les officiers généraux. Le duc de Villeroi le prit en affection, et le présenta à Louis XV. Comment f appelles -tuf lui dit ce prince. —Sire, je suis le pro' lecteur au duc de Filleroi, répondit l'enfant , en voulant dire tout le contraire. Le roi rit de cette naïveté, et attacha le petit Caillot au spectacle des petits appartements pour jouer les amours et lesjeunes patres. La voix de Caillot ayant mué, il perdit sa place, et après avoir joué en divers endroits l'opéra comique, il débuta, le 26 juillet 1760, à la Comédie-Italienne, et y fut reçu la même année. Une figure expressive, une taille avantageuse, ua débit gracieux et simple, un jeu plein d'enjouement et de vérité, une voix de basse-taille ronde et forte, mais ea même temps si étendue et si flexible^ qu'il ch;mtait sans effort la haute-contre, telles furent les qualités qui méritèrent à Caillot la faveur constante du public. « Caillot , dit le baron de
Càl
«Grimm, était sublimé saof «0brt ,
« et son talent^ qu'il gouvernait à son* « gré, était, sans qu'il s'en doutât, plus « rare peut-être que celui de Le Kain. R Ce futGarrick qui lui apprit qu'il se- « rait acteur quand il youaraît. » Ses succès dans le geore pathétique furent aussi étonnants que rapides, et il porta depuis dans plusieurs rôles cette profonde sensibilité dont il était pénétré. Il créa ceux du Sorcier, de Mciihurin, dans Rose et Colas; du Déserteur, du Huron, du Sylvain, etc.
Mais il était surtout inimitable dans les rôles de Lubhi^ dans Jnnette et Lubin, de Biaise, dans Lucile , et de Bichardy dans le Roi et le Fermier. Il Quitta le théâtre en 1772, et se retira ensuite à Saint-Germain en Laye. £n Î800, rinstitutde France l'adinit au nombre de ses correspondants pour lai classe des beaux-arts. Son iils, major (i*un régiment, périt à vingt-huit ans dans la campagne de Moscou, en-1813.
La douleur de cette perte causa aii vieillard une attaque de paralysie qui le força de revenir à Paris, où il mourut le 30 septembre 1810 dans sa Quatre-vingt-quatrième année.
' GàiLLY, terre et seigneurie de Tancienne Normandie, aujourd'hui département de la Seine-iijférieure, à 14 kilomètres de Rouen, érigée eu marjuifliat, en 1661.
Gàilly (Charles), né, en 1753, à Vire, département du Calvados , fut nommé, en 1796, après avoir rempli honorablement quelques fonctions administratives, commissaire du directoire près les tribunaux de Gaen. Destitué après le 18 fructidor an y, il fut nommé, l'année suivante, député du département du Calvados au Conseil des Anciens, dont il devint un des secrétaires quelques mois plus tard; il y & un rapport sur le notariat et appuya les aroits de la république sur les successions des émigrés. Cailly n'exerça plus ensuite que des fonctions judiciaires; le 24 avril 1800, ii lut appelé à la présidence de la cour de Caen. II y fut, sous l'empire, un des présidents de chambre, fonctions qu'il conserva sous le i^ouvernemeut royal
jusqu*en 1819i. H mourut en 1S31. Son
principal ouvrage est sa IHssertaHfm Sî(r le préjugé qui attribue aux Égyptiens l'honneur des premières decoU" vertes dans les sciences et les arts; elle avait été lue dans une séance pu* blique de l'académie' de Caen, et elfe a été imprimée en 1802, in-8*.
Cailly (Jacques de), né 5 Orléans, en 1604, a laissé un recueil de vers intitulé : Diverses petites poésies du chevaUerétAeeillyf Paris, t667,in-]3.
B'Aoeilly est Tana^amme du nom de Cailly, sous lequel il est moins connu. La plupart de ces pièces dénotent une grande facilité de versification , et quelques-unes sont encore sues de tout le monde : nous ne citerons que l'épigramme contre les étypiologistes:
jilfana Tient d'eqmu SMS doolt} Mût il fMt cooTcnir aussi Qa*«ii T«DUt dl jusqu'ici , U â K«a dMU^ mir te f»«it«.
Cailly est mort en 1673. Il se disait allié de la fieuniUe de la Pucelje d'Or^
léans.
Caire Cprises et combats du). Lors-
âue Bonaparte se fut rendu maître 'Alexandrie, il sentit que pour assurer sa position en Égypte, il lui importait d*^en occuper la capitale. Dès le lendemain de son entrée à Alexandrie, il se porta sur le Caire avec son artillerie de campagne et un |>etit corps de cavalerie jCette marche était aussi hardie que diflicile. On avait à braver un so« leil brûlant, une soif ardente, des sables dévorants et des attaques continuelles de la part des Arabes. Enfin, aprèsdeuxjoursdesouKrances inouïes, on découvre le Nil. Desaix repousse une avant-garde de huit cents Mameluks , et les troupes épuisées se reposent deux jours a Rhamanié, où elles sont rejointes par la flottille. L'armée remonte le Mil prête à livrer bataille aux ennemis partout où elle les rencontrera. Elle les trouve rangés sur son passage à Chobrâkit; Jes Mameluks culbutés aussitôt se hâtent de regagner le Caire, tandis que nos oo* tonnes continuent leur marche, sans cesser d'être harcelées jjar les Arabes, et mandant de viande et de
• €AI FAAnCE. Cài
tMhi. lie M JaiHet Bonaparte, informé que Mourad-Bey est retran-
dié au village d'Embabé, à la hauteur du Caire, s'empresse d'aller lui bvrer bataille. Il est vainqueur aux Pyramides (voyez ce mot). Aussitôt la ville •st énxstm fw Ibrahim» le pacha et les JaniasaiKi, et la populace se livre aux plus graves excès. Les scheiks et les ulémas consternés envoient au camp une députa tion pour demander ' proâetioii et protester de tear aoumis» iliNi. E&fin, le 3S, Bonaparte ùAt aon entrée au Caire avec un petit nombre de troupes, et bientôt cette grande ville, ou la tranquillité est rétablie, devient le centre du gouvernement et de l'adminislratiOD finniçaise ea Égypte.
— Ce calme ne devait pas durer longtemps ; vers la fln d'octobre, le bruit s*étaDt répandu que ta Porte allait dédarer la guerre aux Français, des ras* aemhiements se forment et ptùsieurs Français sont tués; le général Dnpny, commandant de la place, veut apaiser les mutins; sa faible escorte est culbutée et lui*m6me est massacré.
Tous les Français que les révoltés rencontrent sont égorgés. Bonaparte fait alors battre la générale et le combat s'engage dans les rues. Au bout de deux jours, les révoltés, renfermés dans une mosquée, implorent la géné« rosité des vainqueurs; Bonaparte, pardonne et, dès le 31 octobre^ Tordre est entièrement rétabli.
— Le général Kléber, chargé de l'administration de TÉgypte après Bonaparte, avait cru impossible de s'y maintenir, sans renforts et sans secours , contre les Anglais et les Turcs, et s'était prêté à des négociations dont les Anglais étaient bientôt venus entraver la marche. Pendant qu'il répondait par la victoire HHé* liopolls aux insolences de ces insulaires, Ibrahim-Bey, avec une nuée de troupes irrégulières, entra dans la Tille du Caire, et la souleva en aunon-
Îant la défiiifte dea Français (19 mars 800) ; la plupart des chrétiens furent égorgés. La garnison, réfugiée dans la «MaoeUe et dan& les forts, eut d'abord
beaooetap deneine à s'y défimdre; cependant elle était parvenue à s'y main^ tenir, lorsqu'au bout de deux jours on vit arriver le général Lagrange avec un renfort inespéré de quatre bataillons. Sa position devant alors inexpu*
tnaMe; et nn.noavaau renfort de cinq atatllons lai ayant été amené (juelques jours après par le général Priant, elle
f)ut reprendre l'oftensive. Cependant es insurgés déployaient dans leur ré* aistanœ une énergie extraordinaire* Enfin, le 26 mars, SLIéber arriva de* vant la place. Il noua aussitôt des intelligences avec ISIourad-Bey et forma le blocus. Après plusieurs tentatives partielles et des sommations réitérées, on résolirtf le 18 avril, de tetiter uat attaque générale. En e£fot, pendant cette journée, quatre cents maisons furent brûlées et huit cents Mameluks périrent ; mais les fanatiques assiégés ne furent pas encore réaaits. Leurs propositions de capitulation furent telles, que par deux lois Kléber fut obligé de les rejeter. Cependant une dernière attaque eut plus de résultat ; Nassif- Pacna proposa, le 20 avril, un projet de capitulation qui pu t. être accepte et gne KJéber signa le n/kne jour. L'échange des prisonniers eut lieu le 22 du même mois; le 24, la ville était complètement évacuée, et le 27 les Français y firent lenr entrée triomphante, au bruit de fartUlerie de Tarnée et des forts.
—Un an après, la situation n'était plus la même. Le général Menou, qui avait succédé à Kléber, avait donné le com« mandement du Caire an général Belliard, et H ne lui avait laissé que deui mille cinq cent cinquante-trois hommes de garnison. Cependant rarniée du grand vizir s'avançait vers Belbeys, et les Anglais marchaient vers le Gaira avec des troupes fort nombreasss. Il ne restait à Belliard d'autre ressource que de fortifier l'enceinte du Caire et de prendre une attitude imposante. Il concentra toutes ses troupes, éleva des retranchements, forma des magasins, fit arrêter quelques-uns des habitants les plus influents, pour s'en faire des
otages, qui lui {épondiaaent de la ûdé^
lité dei autrts; «nfin léi Françils maai- if Mi an rentrée des Fraoaris in UMn
trèrcnt «qu'ils étaient décidés à 8*ense- — Après la victoire de Montenotte,
Telir sous les ruines de la ville, ou à le 12 avril 1796, Bonaparte se hâta de
dicter les cooditions de leur retraite, s'emparer de Cairo, et sépara ainsi
Le 18 juin, la ville fii| entièrement ior l'armée des Piémontaûi de celle dee
wtie par lei armdii eomliniéett i Auiridtei.
restait a peine cent cinquante cou|m à ' CussB , mot du langage fioancl«p|
tirer par pièce, et on pouvait crain> par lequel on désigne des établisse-
dre que lâ population du Caire, ne re- ments publics ou privés où l'on dépose
cevant plus de vivres, ne se tournât des fonds destinés à subvenir à dif£é«
eontn tes Ftannit. La 39 juillet, il y imUa Umn ée la fartima ei do nH^
ant une aufianaion d'armes; le lende- dit puUioB. Talla ftil la eai$$f des em^
' main, une conférence entre trois offi- pruntSy ou caisse foyële , établie à
eiers français et trois autres des ar* l'Hôtel des fermes sous le rèfine de
mées comoinées; le 24, les Français Louis XIV, pour recevoir les déniera
dictèrent les articles de leur retraite; des particuliers qui voulaient prêter
ias artielaa toeal aoceptéa la 17 a|* leur ai|^at à imarêt Su éabanga dà
ratiflés le 18. Les eonditiooa daPéva* ces d«maBi« ks fermiers donnaieiil
enation furent honorables pour un des promesses, ou billets au porteur,
£iible corps de troupes miné par les qui avaient cours sur la place sous le
maladies, mais portant dans son cœur nom de promesses des gabelles* Ces
m iavinmit ommifla. Las Français promaases totnt oonvertîesi à la mort
•waiit donia Jam ponr i|iiillar la de Louis XIV« in MM# d'£i<U, e|
Caire et Boulac ; leurs munitions, ar^^ acquittés eo airtlat aoiM la fiignt éê
tillerie, bagages, furent transportés Liouis XV.
aux frais des puissances alliées, dans Parmi les principalescaisses fondée»
les ports français de la Méditerranée, depuis, on peut citer la Mis«#c2'ainofw
•t lea priaonnaN Itaranl raodna d« liSffiiiafil(ToyeaAHOBtiNiliWll(l
^rt et d'autre. Menou ne tarda pas h Dittb publiqijb); la êoUse d'at*
capituler sur les mêmes bases que Bel* compte ( voyez Cbédit fubuc), doni
liard. Ainsi, après trois ans d'occu» le mauvais succès, en 1784, fît donner
nation , l'Âgypte fut oompiétement à une forme decbapeau.^ que portaient
aracuée. iaa dames le nom de chapeaugn à kk
Gaibo (oonbat de). La génM IHi4 caisse eTeseempiêf ou chapeamm ami
marbfon mmba, lalO septembre 1794, fond,* enfin la caisse des dépôts et çot^
contre dix à douze mille Autrichiens signations, la caisse dePoissy, sur la*
postés entre Final et Acqui, les chassa Quelle nous allons donner ici quelaues
d'abord des villages qu'ils occupaient, détails, et les caisses d'margne dont
et les pouiauifit ttac ttnl d'aetivité , Mraa parleront lana lefelbmaauivaiil..
qu'il les atle%idt à Cairo au moment La caisse des dépôts et consigna-^
où ils étaient occupés de leur retraite. Uons est destinée à recevoir les dépôts
Quoique le jour fut très-avancé, pro- de deniers qui, dans certaines circons»
fitant de Tardeur de ses troupes, il les tances , doivent être consignés entre
attaqua sur tous les points, et en moins les mains d'un tiers. C'est elle qui re-
d*iuia heure al daoua, lia furent aliaa« le cantiiKUMmaot da l'étranger
aés des positions avantageuses qu'ils qai, voulant étM admis à plaider o»*
avaient prises. L'ennemi perdit près vant les tribunaux fran<jais, doit assu»
de mille nommes tués, blesses ou pri- rer le payement des frais du procès
sonniers, et ne s'échappa qu'a la fa- qu'il veut intenter; celui du prévenu
feur de la nuit; maia ^Nimarbion , ennialièraaorraelloonallaqui réelann^
manquant de Tandaee néeassaire pour provisoirement sa mise en liberté;
compléter son avantage, perdit Tocca- lui des différents fonctionnaires pu^
sion de s'emparer d'Acqui sur la Bor- blics qui doivent fournir, avant d'en-
mida, et cette faute leiarda da plua trai en fonetionai une gaMPtia 4a kaar
cAi mA
«Miott (vo^€z Cautionnembnt). Enfin, lorsqu'il y a contestatioo entre le débiteur qui veut se libérer et le créande» qui ûê yr&n pas reoevoirt lor»quTjl y a arrêt de deniers entre les mains du débiteur; lorsqu'une somme est en litige et ne peut être, avant la fin des débats, payée a aucune des parties, c'est à la caisse des dépôts et consigaa» tHNit que , dans ces diverses eiims* tances, ees deniers doivent être verBés.
Celte caisse est toute moderne, et il n'y avait pas même, avant la révolution, d'établissement qui pût en tenir lieu. Les tribunaux se oomaieiil aloci à prononcer, lorsque cela était jugé nécessaire , le séquestre des sommes litigieuses ou saisies, en nommant un gardien qui était investi par le jugement du droit de les conserver. Ce gnràlea était ordttiairemeiit un commissaire aux saisies réelles, ou le greffier du tribunal. Mais cet état de choses avait de graves inconvénients; l'Assemblée constituante voulut y remédier, et tfédda, m 1791, qae toutes lee ooDsisnations à Air» seraient désormais déposées aux greffes des tribunaux, c'est-à>dire, dans la caisse du gretïe, et non plus entre les mains des greffiers, des commissaires aux saisies uteUeft, 'des mufauirs, baillis ou otft' ders seigneuriaux. Un décret" ie It Convention décida, en 1793, que cet consignations seraient faites à Paris, à la trésorerie nationale, et, dans les départements, daoslet «issaite ttn wvears publics.
Ces attributions furent transport tées, en l'an viii, à la caisse d'amortissement, qui servit ainsi en même temps de caisse des dépôts et consignetions jusqu'en aa avril ISlt, épo« que où lee deiii établissemenis fnrail séparés par une loi. L'ordonnance du 22 mai suivant, qui organisa le service de la caisse des dépôts et consignations, lui donna toutes les attnbn* tiqns accordées «nparavant à la caisse d'amortissement, et qui étaient étrangères à l'action de cette caisse sur les fonds publics. En conséquence , c'est elle qui est spécialement cbargée de f ateiiriitritM te iéjpélt fdoôtai*
[CE. Cài M7
res ou judiciaires , ainsi que des services relatifs à la Légion d'bonneur, à la compagnie des canaux, aux fonds de retraite, ete.
daim de Poîssy.^ La néeessîté d*assurer et de régulariser le commerce de la boucberie , dans une ville aussi importante que Paris , se fit sentir de bonne heure. A une époque qu'on ne peut préciser , mais aseniéiiMnt fort reculée , on établit , sous le nom de vendeurs de bestail, des intermédiaires entre les marchands forains et les boucbers de la capitale. Les attributions et les privilèges de ces marchanda fiirent régies parle prévét Aubriot, dans une ordonnance du 22 novembre 1375. Ces vendeurs devaient fournir un cautionnement de soixante livres parisis , « faire bon le payement des marchands « dans les huit jours de la vente, » et pour l'acquit de cette obli^ gation , ils étaient contraignables par la saisie de leurs biens et l'eiiiprisonnemenl de leurs personnes. lis avaient . pour salaire six deniers par livre, sur le montant des ventes et achats opérés par leur intermédiaire , et nul d'entre eux ne pouvait être vendeur et marchand de bestiaux à la fois.
Le nombre de ces vendeurs était indéterminé. Charles YI, par lettres
Patentes du 7 novembre 1392 , le fixa douze , et érigea leurs fonctions ea titre d'offices , qu'il conféra aux officiers de sa maison. Cette institution aubsisia pendant dem siècles et demi, sans éprouver d'autres modifieationa que l'addition d'un vendeur aux douze créés en 1392. Ces jurés vendeurs n'exerçaient leur cbarge que sur les marchés à bestiaux qui se trouvaient à Paris. Mais la vente du ma bétail ayant été transportée au denors, il fut créé en 1605, dans toutes les villes du royaume, à titre d'offices, de nouveaux vendeurs, dont le cautionnement était de mille livres, et le salaire de six de* niers pour livre. Comme èem de F»t ris , ces officiers étaient responsables du prix des ventes, et tenus d'en faire l'avance aux marchands , sous peine de tous dépens et dommaffes-interéts* BnlMéy UlÉItfiiÉèMvtniii
CAt '
L'UNIVERS
noirreaux vendeurs , qui , joints aux de la même année , elle Ait. wÊÊÊÊi^-
treize existant alors, portèrent le nom- par arrêt du parlement. ïfte de ces intecmédiaires à vingt-six. La création , en janvier 1690 , de Bans la même année, parut un édit vendeurs, supprimés deux mois après, portant création de quarante offices n'interrompit que momentanément jetée vendeurs de bétail à pied fourché, opérations des grimbelins , qui , malpour exercer leurs fonctions dans les gré le frein que Pon essaya de mettre, foires et marchés qui se tenaient dans en 1699, à leur rapacité, continuéun rayon de vingt lieues autour de rent de rançonner si étrangement les Paris. Leur salaire était aussi de six bouchers , due Ton pensa à faire eeedeniers pour livre. Ces divers officiers ser le scandale, en rétablissant Tins* furent supprimés en 1655 ; mais un titution abolie. On s'en occupa donc édit de janvier 1690 en créa^ pour le en 1707, et on publia une ordonnance marché de Sceaux seulement, soixante, gui ne fut^ sauf de légères modiûcaavec attribution d'an sou pour livre tfons, qu'une seconde édition de cette. WQit le produit des ventes. Ceux-ci de 1690. Au lien des vendeurs d'aun'eurent qu'une courte existence. Une trefois , on créa , en titre d'offices , déclaration du roi, du H mars, même cent trésoriers , tant pour le marché, année 1690 , les déclara supprimés de Sceaux que pour celui de Poissy, comme leurs prédécesseurs, et con- qui existait de lait depuis longtemps ,
attribué, en un droit fiie exigible aux patentes du 18 décembre dé ta même
entrées à Paris. année. Ces trésoriers de la caisse de
Comme des intermédiaires entre les Poissy, dénomination qui fut adop-
marchands de bestiaux et les bouchers tée dès Je commencement, eurent les
étaient devenus nécessaires, quand, mêmes attributions, le mène salarre
en 1655 , on eut supprimé ceux qui et les mêmes privilèges que les offt*.
avaient été légalement institués, il ciers dont ils prenaient la place, inoc-
s'établit des banquiers auxquels on cupée depuis dix-sept ans. Gomme eux,
donna le nom bizarre de g'r/mA;é'/m5, ils furent tenus d»^ payer comptant
qui avançaient aux bouchers des fonds aux marchands forains le prix des bes^
à un taux modéré, mais ne leur ao* tiaux vendus aux bouchers et autres
cordaient que quelques jours de terme, particuliers solvables, moyennant le
et , quand ils étaient en retard , leur droit, payable par les marchands, d'un
faisaient payer des intérêts tellement sou pour livre sur le prix de tous les
usuraires, que plusieurs bouchers fu- animaux vendus, même auand ils.
rent ruinés , et que la viande renehé- - n'auraient pas fait Tavanee de ce prix*
rit. Le lieutenant générai de police Les bouchers devaient - rembourser
croyant remédier au mal , défendit , dans les huit jours les avances faites
Ear sentence du 18 janvier 1684, à ces pour leur compte par la caisse, à peine
anquiers et à tous autres , de se d'y être contraints par toutes voies,
trouver dans les marchés ou aux en- dues et raisonnables, même par corps,
virons, et de s'entremettre à fitire des La caisse était, de plus , autorisée à
avances aux marchands forains peur exercer toutes les actions judiciaires
les bouchers, à peine de confiscation, que ces débiteurs avaient le droit
au prolit de l'hôpital général, des som- d'exercer eux-mêmes contre ceux h
mes avancées , et de mille livres d'à- qui ils avaient fait des fournitures à
monde. Gomme il était impossible au crédit.
commerce de la boucherie de se pas- La caisse de Poimy , ainsi organiser de secours , à quelque prix qu'il sée , ne subsista que sept ans , et fîit les reçût, les marchands de bestiaux supprimée en 1714. Elle fut établie et et les bouchers qui ne pouvaient ache- mise en ferme , par arrêt du conseil te an comptant, se portèrent appe- du l** septembre 1733, puis supprimée lntideoetteae&teM; et,lel8août denmimneB 1776* & 1779» onla
vertit le sou pour livre qui leur était
CAI
reconstitua avec qudgues" modifications , savoir : le droit.de cinq pour cent, à elle attribué, fut réduit à trois et demi pour cent, à ia charge du vendeur «t de raèhelMir, chacun par moitié. Le tenue aceerdé à charpie boucher pour rembourser les avances faites a son acquit, fut étendu à quatre semaines. Le crédit de chaque emprunteur à la eaiste ne fut plus laissé a la discrétion de celle-ci , mais reafermé dans des limites posées pour chaque mois par le lieutenant général de police. Enfin, l'intérêt des avances fut fixé à six pour cent par an. La eaisse de Poissy , ainsi rwwwtî»ée, fut encore une fois supprimée ; mais cette fois elle le fut par in révolution, avec toutes nos anciennes institutions financières.
En 1803, le gonremement eonsu* Jaire voulant reorganiser à Paris le commerce de la boucherie, assujettit tous ceux qui Texerçaient à verser dans une caisse spéciale un fonds de garantie de mille fr., deux mille fr. et trois mille fr., suiYant^riniportanee du dél^it, et réunit 'afasi une somme de sept cent cinquante mille fr. , destinés à taire, au taux de 1/2 pour cent par roots , à ceux des bouchers çui en auvateat besoin, dea mncei do»l i»
diiffire ne devait pat dépasser celui de leur cautionnement. Comme on ne tarda pas à reconnaître que le capital de la caisse était insuffisant pour les exigences du service , on procéda, par déereu des 6 février 1811 et 16 mai 1818, i la réorganbatioB sur de plue larges bases, de ce moyen nécessaire de crédit. Le fonds se composa des cautionnements des bouchers , portés tous à trois mille fr. , et de sommes versées par ^ la caisse municipale. Le droit de trois etdemi pour cent, tant à Sceaux et à Poissy qu'aux marchés aux vaches grasses et à la halie aux veaux,
fut pareillement rétabli , à la charge des forains et au profit de la ville de Paris , ^ui dut pourvoir aux dépenses de la caisse. Chaque mois, le syndicat de la boucherie présentait au préfet de police le tableau des crédits néeet« saires pour le mpis suivant, et ce magistrat en arrêtait la quotité, laquelle, selon ce mode qui existe encore , ne peut être moinore mie le eantiounement de chaque boucher, à moins de déclarations contraires de sa part. Si Tun d'eux a épuisé son crédit, ou fait des achats qui le dépassent, il est tenu de verser à la caisse , soit la totalité, eeit i'eieédeftt de ee ^*elie auM à pe^er pour lui. Les avances aux marchés de Sceaux et de Poissy sont faites sur engagements, de vingt-cinq à trente jours, emportant contrainte par corps ; à la halle m veaux , sur bordereaux à huit Joui^' d'échéance.
L'intérêt est de cinq pour cent. Sur les réclamations longtemps infructueuses des herbagers et nourrisseurs, le droit de trois et demi j[)our cent, payable par eux pour bestiaux vendus a Soeeux et à Poissy, a été, par ordonnance royale du 22 décembre 1819, remplacé par un autre droit de trois pour cent, à la charge des bouchers, •or le mentant de leurt adiats ; mais la difllonllé d*établ i r œ montant amen a la suppression de ce nouveau droit, et son remplacement par une taxe fixe de dix fr. par bœuf, six fr. par vache, deux fr. quarante cent, par veau , et aoixante-dis cent, par mouton, indé»
pendante du droit d'octroi et de celui d'abat dans les abattoirs publics.
Telles sont l'histoire et l'organisation actuelle de la caisse de Poissy , qui , par des moyens aussi simples que rapides , mais dont le récit nous mènerait trop loin , assure le service de ia boucherie, si important dans une, ville aussi populeuse que Paris.
lif. 44l| Col. a , ligne 44, il abandonna lé service en 18 15, Visez: sous la restauration , le eenéral Rlaniac fut chargé du coinnuuul«me&t de la 17* dÎTiiioii militaire^ Il ^t mort en activité.
Pi^. 19, col >, Bgne 4g, garafaa, Stw : wA |afHa< Pag. «9, col. ft, dernière ligne , ÂMiM^ti ^ luez è •àÊKÊÊÈÊÊSL Pagé 87 ) col. a, ligne 17, supprima : ensuite.
9» , coL a » ligue 5 , tupprim»z : e'est l'époque la^plui aneieuns où l'on puiua ftift iniiMiiHwrferighio ^ rirtîlMk llf* fé» lol. a , ligue 45 , quinâèMH # ^MiliftBe.
fl|,.io8, col. I, Xi^n^ Hi Bomaavi (iteopot hm^)tUmiWmi9mpn
Tïcomtâ).
* dol. a , ligne a 3 , «youtês à Iflfin dé tarU l nommé UeutenanI général , eu s8a3, le généiai BOTimmainB vient «eulement d'être miiim vèAn^^xhén^
pag. xa0| col a, ligne 33, une croix tantôt eo^réOt ^SMf'iDcHis-'' l'ag. ia8, col. x, ligne z, 1780, lisez: 1778.
Ba^. xa8, coL a, ligne 44 , l'un des huitcploneU d'état-major employés» Usez : fût employé,
199^ col I , D|llÉ 4>i il «si bureau bSHorique au dépôt de la guerre et
a été promu au grade de maréchal de camp, lisez : il a élé chef de lasectiori historique au dépôt de la guerre, et a été admi:» à la retraite en 1840, avec le grade de colonel d*élat-roa|jor. H est aujourd'hui président de la 00m- ' mission scientifique iÉ Algérie. (VirM eoiBnBlssIoM aelÉiiHfiqiiii èa Monte \ et d'ALGÉnrs.)
' Pag. 180, col. I, ligne 38, elle fut décrétée, ajoute»: d'ajournauMnt Pag. x88, col. a, ligne 44» à 7 iuiom.^ Use»: à a8 kiiomètrea. •Mf, n*F7, Ml. t» NgM dliiw, fÊSÊm liwtai Iu«bs Mf. 473 » eol. X , ligne avant«4iniÉ«| HffrlmÊm 9
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