‹ France (volume 3)Chapitre 52 sur 105 · CE. BOU · texte numérisé non relu

CE. BOU

le rôle de maîtres, ils faisaient ce qu'ils voyaient faire aux clients romains de leur noble hôte, et se réunissaient de ,

{;rand matin pour aller le saluer par es noms de pere ou d'oncle , titre de respect fort usité alors dans l'idiome des Germains. Ensuite, en nettoyant leurs armes ou en graissant leur longue chevelure, ils chantaient à tuetéte leurs chansons nationales, et avec une bonne humeur naïve, demandaient aux Romains comment ils trouvaient cela (*). »

«< C'est à moi, écrivait Sidonius à un «ami vivant en Italie, c'est à moi que «tu demandes un épithalame pour «Dioné deFescenna, a moi qui vis au « milieu des peuples à la longue che- «velure, qui ai à supporter l'idiome a germanique, qui suis contraint d'ap- « plaudir malgré moi aux chants d'un « bourguignon bien repu, dont la cbe- « velure est arrosée d'un beurre rance. « Veux-tu que je te dise ce qui brise « ma lyre? Thalie, fugitive devant les «instruments barbares, méprise les «vers de six pieds depuis qu'elle voit « des patrons qui ont sept pieds de « hapteur. Heureux tes yeux et tes « oreilles ! heureux , oui heureux ton « nez vers lequel ne s'exhale pas , dix «fois chaque matin, l'odeur infecte de « l'ail et de l'oignon ! heureux toi que « ne viennent pas saluer avant Tauro- « re , comme un aïeul ou comme un « père nourricier, ces géants si grands « et si nombreux, que la cuisine d'AI- «cinoûs aurait peine à les contenir!

« liais ma muse se tait ; elle s'arrête ' « après avoir badiné en quelques vers « de onze syllabes : je craindrais qu'on n ne vît ici une satire. »

Tel est le peuple qui , pendant un siècle , posséda les provinces orientales de la Gaule. L'étendue de son empire était, en 534, assez considérable (**).

A leur arrivée dans les Gaules, les Burgondes avaient adopté l'arianisnie.

(*) Thierry, Lettres sur l'histoire de France, i^ édit. , p. 99.

Voyez carte 4 de l'Atlas joiut aux AmrALU.

Cette croyance leur fut nuisible : ils eurent le sort de tous les peuples ariens, et disparurent promptement de la sédne historique.

Leur pays devint ensuite uœ province de l' empire des Franks.

Contran y 561.

ChUdehert II, 598.

Thierri 11^ 596, meurt eii 6i3.

Pendant l'époque où la Bourgogne fut soumise aux rois mérovingiens, elle fit jpartie du royaume d'Onéans , et suivit , en général, les destinées de Ta Neustrie. Pendant la durée de l'em-

fire carlovingien, la Bourgogne forma un des quarante duchés de cet empire ; oe oudié oompireDait un certaip nombre de comtés dont voici la liste aussi complète que. possible :

AngrutodoiMnaU.

AutissiodOMiai*.' Aralensif.

AT«itic«Dsis.

Betnensis.

Cabflonensis.

DÎTÎooeiidi. *

Forojiilipnsîs.

Genevensis.

Luçdonensis.

Massiliensis.

'Mauricien sis.

Nivfrnensis,

VasioQtqrà.

VtcfMMIMifl.

Vesontiénsîs.

Vivariensis,

Dans le démembrement de l'empire carlovingien, Tancienne Bourgogne se fractionna en deux parties : le royaunie de Bourgogne et le royaume de Provence. Celui-ci est quelquefois appelé royaume de Bourgogne cîsjurane, par opposition au premier, désigné sous le titre de Bourgogne transjurane.

mon SK vrovkhce, ou Bouaooain

CISJITRAirE. Z

!Le royaume de Bourgogne cisjurane, fondé par Lothaire en faveur de son ûls Charles , en 865 , comprenait la Provence proprement dite, le vivarais , le comté dtfzès, k duché

de Lyon, la Savoie et le Dauphiné; il avait Lyon pour capitale.

Charles, 855-863.

Ses fils Louis et Loihtdre, 863.

jBozorif 879.

Louis l'Àvetigle, 890.

Hugues y Raoul ^ Charles-Constan' Un, Éérenger, 929.

ROIS DE LA B0UR60GITS TRAIfSJlTRÀirE,

Le royaume de Bourgogne transjurane étak composé de la Suisse Jusqu'à la Reuss, du Valais, du pays de Genève, du Gbablais et du Bugey. H se forma en 8SS, pendant Tanarchie qui suivit la déposition de Charles le Gros; il porta successivement les divers noms de Bourgogne-Supérieure, Gaule- Cisalpine, Bourgogne- Jurane ou Transjurane. fl n'eut que deux rois.

. Rodolphe 888 911.

nodofphe II, 912-933.

mois d'arui.

En 983 , Rodolphe II ayant fait la

-conquête du royaume de Provence , réunit cet État au sien, et fonda ainsi un nouveau royaume qui prit le nom de royaume d'Arles. Ce nouvel État comprenait les pays situés entre la Méditerranée, rltaiie, TAllema^ne et l'Aquitaine, sauf le comté de Vienne,

2 ue Constantin s'était réservé, et qui tait dans la mouvance de la France, Les rois d'Arles furent :

Rodolphe Ily 938-937.

Conrad le Pacifique, 937-993.

Rodiit^ /// le Fainéant , 993-

En 1033 , le royaume d'Arles fut réuni à Tempire d'Allemagne par Conrad le Salique, ç^ue Rodolphe in avait .nommé son héritier. Conrad et ses successeurs n'eurent en réalité que le titre de roi d'Arles; tout ce royaume s'était partagé en une foule de principautés héréditaires sons la simple mouvance de l*empin. Parmi c» vassaui nous citerons: •

l/ardMvéïliM d« Lyon.

— d'Embran.

— de B«s«09aD.

MOV

FAAJSCË.

Hou

L'éf^ae de BAlc. «

— de Bellai.

— il»- (ienève.

— • de Grenoble.

« de LiiiianM.

(If Pi ip.

— de Die.

Tous décorés des titres de princes et comtes d'empire.

Qoant aux fiefs , le comté de Bourgogne, le Dauphiné, )a Provence , le ■* Lyonnais, ils furent réunis à la France; la Savoie forma un État libre ; la Suisse , démemlnrée à TinlKni^ resta à TAllemagne.

Après avoir fait sommairement Thistoire des royaumes de Bourgogne, nous revenons à celle de la Bourj^Oiîne

{)roprement dite. Dans le partage de ^onpire entre les fils de lionis le Détanoaire, en 843, la partie de Tancien royaume de Bourgogne située à l'onest du Rhône et de la Saône, et formant le duché de Bourgogne, fut séparée du reste da royaume de Bourgogne , et resta attachée à la France. Ce dacftié fut Tun des fiefs les plus importants du royaume, et il fut successivement possédé par plusieurs dynasties.

ruMiKAB orirASTis dm ducs ds Bonmoooira.

Ducs bénéficiaires,

i" Rtclnrd le Joaticier* 877.

2° Raoul .921.

3" GUelberl, 91$. ^ 4* BagaM !• Hoir «CBofOM !• Onnid» 93t. CHlra» 9S6.

Ducs propriétairet,

Henri le Grand* 96$.^ Bdaaioa «m 4MaaiM, too».

Dues dê Ja frmik^ raee^

7° Henri II, 1016.

8** Robert dit le Vieax» io3s«

9* Ha^ues 1075.

roO Eudes I*', dit Rorol , 1078, II** Hugues II , dit le Pacifique» iiaa. 12° Eudes II , ii4s.

i3° Hugues m. ii6a.

x4' Eudes m, 1193.

15» Hugues IV. 12 18.

16° Aobert 11 , xa».

n* Hii^cs x3oS.

!§• Eudes IV, i3i5.

19* Philippe 1"» de Routtc, i35o.

Ducs de la seconde roce.

20° Philippe II le Hardi, z363. ai* Jean sina Vetir, i4o4*

aa» Philippe III le Botj , 1419.

%y Char le* le Téi&érair«| '4^7.

A la mort dé Charles le Téméraire, Louis XI réunit la Bourgogne à la

Cette province forma depuis ua gooremement militaire, auquel on ajouta la Bresse. Ce gouvernement était un pays d'états. Les états s'assemblaient à Dijon de trois en trois ans. Dans la division de la France en départements, la Bourgogne et la Bresse ont formé les quatre départements de la Côte-d'Or, de TTonne, de Saône-et-Loire et de l'Ain.

BouBGOGPiE ( première mnison royale de). Deux branches de la la- ' mille capétienne ont iKissédé tour à tour la Bourgogne à titre de duché.

La première maison de Bourgogne eut pour chef Robert le f ieux , deuxième lils du roi de France, Robert I*'. SpQ frère aîné, qui monta sur le trône de France sous le nom de Henri I", avait porté d'abord le titre de duc de Bourgogne. Robert , qui était l'objet des préférences de sa mère Constance , lut poussé par elle à la révolte contre son firère. Le bol de cette reine était de placer son fils de prédilection sur le trône, au mépris du droit qui y appelait l'aînc.

Robert réussit a soulever une partie des vassaux turbulents de la couronne^ et s'empara de quelques places dont l'activité de son frère ne le laissa pas maître longtemps. Il échoua dans son entreprise, et fut trop heureux de recevoir, en échange de ses prétentions à la couronne, le duché de Bour« gogne que lui abandonna le roi Henri»

non point à titre d'apanage, mais en toute propriété pour sa race, ainsi que le font observer les auteurs de Vy^tU de vérifier les dates, Robert était d'un caractère violent et farouche. Il tua, dans un aooès de colère, le seigneur de Semiir, son beau-père, avec

âui il s'était pris de querelle au milieu ' 'uu repas. Ce crime eut pour consé-

Sience un pèlerinage à* Rome et la ndation d'un prieuré, sur les portes duquel il Gt sculpter l'histoire de ce meurtre. Ce monument subsistait encore dans le siècle dernier.

Robert le Vieux abandonna le soin

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rUNIVERS.

BOU

de la justice et du gouvernement

de son duché à des mains faibles ou infidèles qui laissèrent tous les désordres s'y introduire. Il mourut l'an

Hugues P% petit-fils do précédent, avait perda son père en bas âge, dans une guerre faite au comte de Nevers.

Son aïeul , Robert, voulut disposer de son héritage en faveur d'un de ses oncles, mais le jeune dac revendiqua ses droits avec tant de noblesse et de fermeté, selon le récit d'Orderic Vital, que l'assemblée des vassaux réunie à Dijon le reconnut pour suzerain avec acclamation. Les chroniqueurs vantent son amour pour la justice, sa fermeté redoutable aux vassaux qui troublaient l'ordre et la paix de son gouvernement. Il mérita l'amour de tous les gens de bien, dit Orderic Vital, et se rendit terrible comme la foudre aux méchants qui ne connaissent point de loi. Son xele religieux le conduisit en Espagne combattre les infidèles, s'il faut en croire l'opinion de quelques historiens; d^autres révoquent en doute cette expédition qui leur semble inconcilîable avec les autres événements du rèffm de Hugues. La mort de sa femme , dont il n'avait point eu d'entnnts , le détacha complètement du monde où il avait toujours vécu dans les pratiques religieuses les plus ferventes. Il abandonna tout pour se retirer au monastère de Cluny. Il passa quinze ans dans sa nouvelle condition , devint aveugle dans les dernières années de sa vie, et mourut en 1099.

Eudes surnommé Borel , frère du précédent, lui succéda en 1078. Il donna des secours au roi de France contre ses vassaux les plus turbulents, et se mit en route pour TEspagne à la tête d'une armée grossie d'une multitude de seigneurs. Une nouvelle invasion des populations africaines dans la Péninsule avait déterminé cette expédition. Eudes ne trouva pas l'occasion de rendre de grands services à la cause de la cbrétienté, et revint dans ses États après avoir passé quelque temps à la cour de Léon , près de sa tante, la reine Constance. U se rendit

ensuite en Palestine, et y mourut en

1102. Les chroniqueurs lui donnent un caractère violent et brutal , et des habitudes de rapacité et de pillage qui s'exerçaient sur tous ceux qui passaient'dans ses États. Il laissa deux fils et deux filles.

Hugues II le Pacifique, succéda à son pere en 1102.11 donna des secours au roi Louis le Gros contre le roi d'ilndeterre en 1109, et contre les Impmaux qui envahirent la Champagne en 1124. Il termina sa carrière en 1142, après un rèpjne de quarante ans, dont la tranquillité lui valut le surnom de PaciGque. Il avait épousé une fille du vicomte de Turenne; il en eut six fils, qui se vouèrent presque tous à l'Église. Une de ses filles , du nom de S^^bille , épousa Koger II , roi de Sicile.

Eftdesll, fils de Hugues II. Un historien moderne fait honneur à ce prince

d'une expédition en Portugal qui paraît extrêmement contestable. Les auteurs de ÏJrt de vérifier les dates font remarquer que la prise de Lisbonne , qui lui est attribuée Tan 1144, eut lieu en 1147, et que le prédicateur Amauld, témoin oculaire de l'expédition, ne fait aucune mention du duc de Bourj^ognc.

14 avait refusé de se reconnaître le vassal de Louis YIII; mais un jugement sanctionné par Adrien IV Tobligea à rendre hommage à ce prince. Il mourut en 1162, laissant de Marie, lille de Thibaut le Grand, comte de Champagne, Hugues, qui lui succéda.

Huffues ni. Ce prince partit vers 1171 pour la terre sainte; maïs il ne put atteindre le but de son voyage ; une tempête l'assaillit, et il fit vœu, s'il échappait au naufrage, de bâtir une église à la Yier^è. H ràlisa son vœu ; et telleestroriginedela Sainte-Chapelle de Dijon. Hugues HI trouva Toccasion d'ajouter à son duché des possessions importantes, en secondant le roi Louis le Jeune contre le comte de Chûlons.

U obtint en récompense une partie des terres de ce seigneur. U fit ensuite la guerre au comte de IVevers et au seigneur de Vergy, qui lui refusaient l'hommage. Il aida le jeun^ Henri , au

»otr

PRAKCE.

Court mantel, fils du roi d'Angleterre , Henri II, dans la rébellion contre son père. Il accorda, l'an 1187, une charte de commune à la ville de Dijon. Le maoTais succès de sa première campagne en terre sainte ne le détourna pas de prendre part à la croisade dont Philippe- Auguste et Richard d'Angleterre furent les chefs. Il s'y comporta vaillamment, et se signala surtout à la prise de Saint-Jean d'Acre. II commandait l'aile gauche à la bataille d'Ascalon; mais, après le départ de Philippe- Auguste, là basse jalousie qu'il portait à Richard, auquel cepenaant il avait été redevable de son salut à la bataille d'Ascalon, mit le désordre dans l'armée chrétienne, et lit manquer le but de l'expédition, la reprise ae Jérusalem. Joinviile porte de lui ce jugement : « Hagues fut moult bon « disvalier de sa main et ehe?alereux, ' " in.iîs il ne fut oncques tenu à saige, « ne à Dieu ne au monde. « Ce prince mourut en Asie eu 1193 , et laissa deuK fils, Eudes et Alexandre.

Eueles III, fils de Hugues m, servit avec zèle Philippe-Auguste dans la plupart de ses expéditions, et fut l'un des instruments les plus dévoués de la politique suivie par ce prince dans le but de dépouiller Jean sans Terre de ses États de France. H se croisa contre les Albigeois; et, comme pour prouver que le zèle religieux lui avait seul mis les armes à la main, il montra un grand désintéressement dans cette lutte, et refusa la part qui lui était offerte dans les dépouilles des excommuniés. Il commandait l'aile droite à la bataille de Bouvlnes, et faillit y périr. H avait eu son cheval tué sous lui, et ne 8'é« tait relevé qu'à grand' peine sous sa lourde armure. Il mourut en 1218, au moment où il se préparait à passer eu Égypte à la tête a*un corps de croisés.

Hugues IV succéda à son père en 1218, sous la tutelle de sa mère, Alix de Vergy, à qui Philippe-Auguste avait fait prendre l'engagement de ne point se remarier sans son consentement.

Le jeune duc partit pour la terre sainte

en 1238, et en revint en 1241 , sans y avoir rien fait d'important. Il s'y rendit de nouveau en 1249, et prit part à tous les revers du monarque dont il suivait la fortune. U tomba comme lui aux mains des infidèles, après le combat de la Massoure; il fut le com-

f)agnon de sa captivité , et recouvra la iberté avec lui. Un traité qu'il Qt avec l*empereur Baudouin II lui donna lo royaume de Thessalonique. II alla visiter le tombeau de saint Jacques, et mourut au retour, en 1272.

Robert II était le troisième fils de Hugues IV, qui l'institua son successeur, et lui donna Tinvestiture du duché de Bourgogne. Chargé de diverses missions importantes sous Philippe le Hardi et Philippe le Bel, Robert si-

ânala plusieurs fois son zèle pour la éfense des droits de la couronne, et surpassa en richesses, en puissance et en crédit, tous les princes de sa race qui l'avaient précédé. Robert assista, I an 1 303 , à l'assemblée convoquée par Philippe le Bel, à l'effet de délib^r sur les prétentions des papes au gouvernement temporel des États, et y déploya un grand zèle pour la défense du droit des princes. Il mourut en

Hugues V succéda en 1905 à Robert II, son père, et régna sous la tutelle d'Agnès de France, sa mère. Il avait été fiancé à Catherine de Valois en 1302, et allait épouser Jeanne, fille de Philippe V, roi de France, lorsqu'il mourut en 1315.

Eudes IFj frère du précédent, lui succéda. Il prit en main , contre Philippe le Long, les intérêts de sa nièce, Jeanne, fille et unique héritière de liOuis le Hutin. Mais quand Philippe eut été proclamé roi par l'assemblée des grands, il fit sa paix avec lui, et épousa sa fille aînée. Il vendit à Philippe, prince de Tarente, son titre de roi de Thessalonique, et de prince d'Achaïe 'et de Morée, et hérita des comtés d'Artois et de Bourgogne, à la mort de la reine Jeanne, sa belle-mère. Eudes servit loyalement Philippede Valois, fit la guerre de Flandre, et se si-

T. m. 17* l4»rai9on, (Digt. bngycl., etc.)

IT

LUmVERS.

gnala à Cassel, où il fut blessé. En 1340, il conduisit en Flandre un renfort au roi Philippe , attaque par les Anglais et les Flamands. U défendit avec coiirafieSaint-Omer contre Robert d'Artois, lit une vigoureuse sortie, et chassa Tennemi, qu'il contraignit de S*6ofermer dans Cassel. Il mourut à Sens en 1850, après un règne long et brillant. L'aîné de ses fils, Phili[)pe, mourut d'une chute de cheval au siège d'Aiguillon, laissant un fils au bâceau , qui succéda à son aïeul.

Phi^3pel*^\ comte et duc de Bourgogne, surnommé de Rouvre, du lien de sa naissance, n'avait que dix-huit mois lorsqu'il succéda à Jeanne, son aïeule, dans les comtés d'Artois et de Bourgogne. Il eut pour tutrice Jeanne de Boulogne, sa mère. Cette princesse; ayant tlonné sa main au roi de France^ Jean le Bon , le jeune prince trouva un a|)pui dans le monarque, qui, de son côté, tira de la Bourgogne des secours de tout genre dans la guerre contre les Anglais. La Bourgogne secourut la France d'armes et d'argent, et s'exposa par là aux fureurs des Anglais, dont elle ne se débarrassa qu'an moyen d'une rançon de deux cent nulle moutons d*or, et en donnant des otages.

Après lo'désastre de Poitiers , où le Iroi tomba aux mains des Ariiilais, ces derniers portèrent le ravage dans la Bourgogne, et brillèrent Châtillon, Tonnerre, etc. Le ieune duc, déclaré maj^r à la mort de sa mère, prit en mam le gouvernement à l'âge de quinze ans. Il tenait d'elle le comté d'Auvergne. Il avait épousé depuis trois ans Marguerite, héritière de Louis, comte de Flandre, et se trouvait ainsi Tun des principaux souverains de l'Europe ( mais il mourut d'une chute, dit-on, un an après la déclaration de sa majorité, en 1361. En lui finit la première branche royale des ducs de Bourgogne.

Ce duché nit alors léuni, mais pour bien peu de temps, à la couronne.

BoDBGorTNE (deuxième maison royale de). Le roi Jean , à son retour d'Angleterre, en 1360, donna le duché de Bourgogne au quatrième de ses fils, PhUijptm k SanU, pour le récoo»»

penser de la bravoure dont il avait fait preuve à la bataille de Poitiers. Le ' ieune prince avait à peine quinze ans lorsqu il se trouva à cette funeste journée. 11 y combattit aux côtés de son |)ère, à qui il signalait les coups dont il était menacé. 11 alla partager sa captivité à Londres , où sa fierté et sco courage ne se démentirent point. On rapporte que, voyant dans un repas l'échanson servir le roi Édouard avant son pere, il lui appliqua un soufflet, l'avertissant ainsi de ne point servir le vassal avant le suzerain.

Tant que vécut son père, Philippe

f gouverna leduché deBour^ogne comme ieutenant général ; mais a la mort du roi Jean, il prit le titre de duc et celui de premier pair de France. A ce brillant apanage vinrent se joindre, en 1884, les ( ointés de Bourgogne, de Flandre, d'Artois, de Réthel et de devers, par la mort du comte de Flandre, dont il avait épousé la fille Marguerite. Charles y ratifia, en 1364 , la donation que le roi Jean avait -laite à son frère dti duché de Bourgogne, et le duc lui rendit hommage la même année. Cependant la guerre se ralluma entre l'Angleterre et la France, et Philippe Alt chargé de s'opposer au duc de Labcastre qui venait de descendre en Artois. Les ordres du roi lui prescrivirent une attitude d'observation et de prudence qui s'accordait peu avec Tirapétuosité de son caractère. Il s'y résina toutefois, et passa la campagne, it un historien , à solliciter vainement la permission de livrer bataille. Cependant il perdit à la lin patience et se retira. Charles V, en mourant, appela le duc de Bourgogne à partager l*autorité avec le duc de Berri, son frère, pendant la minorité de Charles VI, quoique la régence edt été attribuée au duc d'Anjou. Philippe eut bientôt mécontenté les courtisans, qui persuadèrent eu jeuneroide gouverner par lui-même.

La malade de Charles YI lui fournit bientôt une occasion de ressaisir le pouvoir de concert avec le duc de Berri.

Mais le duc d'Orléans, frère du roi, parvint à le leur enlever, et ta média» tioa de la raine put seule empiWier la

W&C FRAlfCB.

guerre civile d'éclater entre les Orléanais et les Bourguignons. Les couveutioos stipalées alon furent ftvoTables à Philippe, qui reprit les rênes tda gouvernement, ce qui alimenta cette haine mortelle qui régna entre les maisons de Bourgogne et d'Orléans.

Les États de Philippe,, devenus si ▼astes à la mort du dernier eomte de 'Flandre, dont sa femmi Mt Vhéritière, s'accrurent encore du comté de Charolais, qu'il acheta du comte d'Armagnac au prix de soixante mille francs d'or.

Le duc de Bour^o^ne visita VEb* pagne en 1375. C'était depuis longtemps un usage traditionnel des ducs de Bourgogne, de payer leur dette aux idées religieuses par un pèlerinage à SohitJacques en Galliee. Philippto le Hndi fiit reçu en Gastille, et comblé d'honneurs par le roi Henri de Transtaniarre. Il mourut à Hall eu 1404, âgé de soixante-sept ans , laissant pour successeur Jean sans Peur, son fils ainé. Il avait eu de son mariage aveo Marguerite de Flandre cinq fils et quatre filles, au nombre desquels nous mentionnerons Antoine, comte de Rétbel et duc de Brabant, Philippe , comte de Nevers, qui périrent l'un el Tautre à la bataille d'Azincourt.

Telle était la magnificence et la fastueuse prodigalité de Philippe, que, malgré les immenses revenus de ses riches provinces et les moyens violents dont il usait parfois pour les accroître il mourut accablé de dettes. On eut peine à faire les frais de ses funérailles, qui mirent son successeur dans la nécessite de recourir a un emprunt.

Les meubles de son palais furent saisis et vendus à l'enchère, et sa veuve se vit réduite à déposer sur le cercueil du défunt sa bourse, ses clefs et sa ceinture, en signe de renonciation à la communauté des biens.

Jean sans Peur avait 36 ans lors* ^'il succéda à son père. Il devait à la valeur qu'il avait déployée dans sa première campagne, son surnom, assez semblable a ceux des princes de sa maison, qui rappellent, pour la plupart, des qualités guerrières. Si*'

gismond, roi de Hongrie, menacé par tes Turcs, avait fait un appel aux prin^ ces de la chrétieiité; rélile de la cher Valérie finnçaise avait répondu avec enthousiasme à cet appef; le duc de Bourgogne, Philippe, demanda pour son iils, connu alors sous le nom de comte de Mevers, le commandement de cette eipéditioii. Les croisés traversèrent l'Allemagne, scandalisant les peuples par leur faste et leurs débauches, préludant par des pillages et des dévastations dont les clirétiens étaient ▼iotinies, aux prouesses qu'ils, se nromettaient contre les infidèles. Arn^és sur le théâtre de la guerre, ils attaquèrent, contre l'avis prudent du roi de Hongrie, la puissante forteresse de Micopoiis, qui était tombée au pouvoir des Turcs. Bajazet accourut pour la secourir. Les chevaliers français engagèrent l'action par un acte de la plus révoltante barbarie; ils massacrèrent les prisonniers qu'ils avaient faits, pour s'éviter les emoarras qu'ils auraient pu leur causer pendant la bataille. La folle présomption qu'ils opposèrent aux avis de Sigismond sur la manière de combattre des Turcs et sur Tordre qu'il convenait d observer, rendit leur valeur inutile. L'iropétuo»

sité de leur premier choc rompit les lignes des Ottomans ; mais ils commirent l'imprudence de s'abandonner à la poursuite de 1 ennemi, et le désordre qui se mit dans leurs rangs donna au sultan une victoire complète. Le eomte de IVevers et ceux qui échappé^ rent au carnage mirent bas les armes.

Le sultan se les fit amener et les fit presque tous massacrer. Le comte de Nevers et ceux dont on espérait une forte rançon furent seuls épargnés.

La rançon de Jean de Bourgogne fut fixée, par le vainqueur, à deux cent mille écus d'or. Les historiens du temps rapportent qu'il allait subir le sort de la plupart <fe ses compagnons, quand un astrologue lui sauva la vie en disant à Bajazet qu'il lisait dans les . traits du prisorinier mi'il causerait de grands maux aux chrétiens. Peu de temps après sa délivrance, le comte de l^evers devint duc de Bourgogne, et

M BM7 L'UNI

justifia assez complètement cette douteuse prédiction. L'anarchie dans laquelle la France était plongée depuis la démence du roi, offrait a la turbulente ambition de Jean sans Peur J'occasion de s'immiscer dans ces désordres avec l'espérance d'en profiter.

Il se rendit à Paris, attiré par les en* Demis secrets du ducd*Orléans. Il s'était donné le temps de rassembler des troupes. Le duc d'Orléans avait pour lui les classes élégantes. Jean sans Peur troava tout pras pour formàr sa fiiction, les bourgeois qui voyaient avec jalousie le luxe et l'insolence des hautes classes, le bas peuple et l'université ou dominait l'esprit démocratique, et dont Taustérité condamnait avec amertume les moeuis relâchées 4e la cour.

A l'approche de Jean sans Peur, la reine et le duc d'Orléans s'enfuirent de Paris. Le premier soiu du duc fut de eouToquer les princes , les prélats qui se trouvaient dans la capitale, le recteur et les professeursde l'université. Il leur rendit compte de sa conduite, et protesta de l'intérêt qu'il prenait au lûen de l'État. U prit pour organe Jean de Nielle, qui eiposa longuement les mesures au moyen desquelles Je duc entendait remédier aux calamités publiques. La harangue de l'orateur bourguignon fut fort applaudie, et la guerre eivile devînt imminente.

Le duc d'Méans arma de son côté.

I-es deux adversaires s'attaquèrent d'abord par des manifestes injurieux.

Jean sans Peur s'empara d'Argenteuil et y attendit son ennemi. Mais le frère du roi ne put réunir assez de troupes. La plupart des princes étaient demeurés a Paris, sous l'iufluence du duc de Bourgogne, qui les avait contraints de plier. Des conférences s'ouvrirent et amenèrent'un arrangement. Les princes des deux partis s embrassèrent, et le duc de Bourgogne eut une part dans le gouvernement. Mais cet accommodement n'était pas de nature a durer longtemps. Chacun prétendant attirer tout le pouvoir à soi, les deux adversaires vivaient dans un état d'hostilité qui s'aggravait de plus en plus. Yai-

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