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nement le duc de Berri essaya de s'interposer entre eux comme médiateur.
Il crut les avoir réconciliés en les amenant à communier ensemble; mais trois jours après cet acte solennel , où ils s'étaient juré amitié ci fraternité , le duc d'Orléans , revenant le soir d'une visite qu'il avait rendue à la reine (voir l'art. Obléans [maison d']), tomba au milieu d'une troupe d'hommes qui le ' massacrèrent. Aucun des assassins n'avait été reconnu, et on ne sut d'abord où trouver le coupable^ On €^ donna des recherches jusque dansl'hdtel du duc de Bourgoj^ne, qui, présent au conseil quand cette mesure fut prise, changea de couleur et laissa échapper l'aveu de son crime. Deux des princes l'engagèrent à fîiir; il s'élança a cheval presque seul et gagna les États de Flandre. Après son départ, le conseil prit la résolution de s'enga-
fer à reconnaître publiquement sa mte, et à donner quelque satisCaetion qui permit à la clémence royale d'intervenir. Mais le duc fît distribuer par tous ses États un manifeste où il se déclarait en effet l'auteur du meurtre, mais s'en pmant aux crimes du duc d'Orléans, qui faisaient de lui, disaitil, un monstre indigne de vivre et l'avaient obligé de se défaire de lui. Puis il reprit le chemin de Paris avec mille hommes d'armes. . U fut reçu par le peuple avec enthousiasme, nt entou* rer son hôtel de retranchements, et demanda! au roi une audience qu'on n'osa lui refuser. Il s'y rendit, suivi d'une foule immense, et proposa de donner une Justification publique de' tout ce qu'il avait fait. T.e dauphin et tous les princes, les docteurs de l'université et une foule immense assistèrent à cette cérémonie, où le docteur Jean Petit porta la parole pour le meurtrier, .et outragea la mémoire du duc d'Orléans selon toutes les règles de la dialectique.
Cette harangue fut écoutée avec ua grand silence et une patience dont l'orateur fût redevable à la terreur qu'inspirait le duc de Bourgogne. Personne n'interrompit et n'osa contredire, et le duc obtint du roi des fel-
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très d'abolition. Dès ce moment le goayeraement passa presque tout entier dans ses mains; il s'empara de l'éducation du dniiphin , et mit dans les
f>rincipaiix emplois des hommes qui ui étaient dévoués; mais les princes, effrayés de ses progrès et de son despotisme» s'entendirent secrètement, et formèrent une ligne contre lui. Le duc, informé à temps , fit entrer des troupes dans Paris, et força ses ennemis à signer un traité qui fut appelé Paix de Bicéire, La prmcipale clattse était ^ les princes s'éloigneraient de Paris avec leurs troupes. Le duc de Bourgos^ne s'éloigna de son côté, mais il continua d'intriguer de loin,etîbient6t les deux partis armèrent de nouveau , malgré les défenses réitérés da conseil. Le jeune due d'Orléans, chef du parti opposé au duc de Bourgofîne , et
3ui travaillait à venger son père , lui éclara de nouveau la guerre par un cartel , signé de hiî et de ses trots frères. Ce cartel commençait de la sorte : « Charles, duc d'Orléans et de Valois, « comte de Blois , Philippe et Jean « d'Orléans, comtes de Vertus et d'An- « gouléme , à toi Jean qui te dis duc « de Bourgogne, pour rhomidde bor- «rible par toi, p]ft>ditoirement, de « guet-apens , et par tes assassins or- « dinaires, commis en la personne de « notre très-redouté seigneur et père, « prince, duc d'Orléans, frère unique
« du roi »
LeducdeBourgogneavait réussi, par ses menées,à faire nommer un des siens, le comte de Saint-Pol , j^ouverneur de Paris. Celui-ci s'appliqua a gagner la populace, qu'il regardait comme un instrument propre à l'exécution de ses desseins, et il arma une milice en partie composée de bouchers. Les deux armées se mirent en campagne, et rava-
Sèrent la Picardie. Ënfm la cour, céant au parti le plus fort , se prononça pour le duc de Bourgogne , et déclara confisqués tous les biens de ceux qui prendraient fait et cause pour la faction opposée, connue sous le nom de faction d'Armagnac (Voyez Abmàgn4c).
Jean serait en campagne avec une armée de 60,000 hommes , et fit le siège
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dellam', qui résista fortement. Les deux partis deintodèfent secours au roi d Angleterre , et le duc de Boum
gogne fut seul écouté (1411). Il recula cependant à l'approche du duc d'Orléans Ses partisans voulurent faire une sortie quand les Armagnacs s'approchèrent de Paris; mais ils donnèrent dans une embuscade, et se firent tailler en pièces. II y eut alors de part et d'autre de sanglantes représailles.
Mais l'absence du duc compromettait le succès de sa cause; sur les instan* ces de son parti , il revint avec une poignée de troupes, débris de sa puissante armée, dont il n'avait pu prévenir la désunion. Sa présence calma et rassura les esprits. Il fît d'heureuses sorties , et reprit bientôt J'afan»
tage. Il s'empara de la faible volonté du roi, le mena à Saint-Denis prendre Toriflamme, et l'entraîna jusqu'au siège de Bourges. Des maudies et les pertes essuyé^ de part et d'autre ralentirent 'l'ardeur des combattants , et un arrangement fut accepté. Le traité de Bourges mit fin à la guerre (1413); mais le duc de Bourgogne, aussi difiicile à contenter que ses rivaux, fomentait de nouveaux troublés dans Paris, où il était resté. Il essaya de s'emparer du roi. Il Talla trouver à l'hôtel Saint-Pol et lui proposa une partie de chasse au bois de Vincennes. Le prince y consentit; mais, averti» à temps, il rebroussa chemin. Le duc de Bourgogne ayant manqué son coup, s'enmit en Flandre. De là, il mit tout en œuvre pour se justifier; il écrivit au roi des lettres qui avaient pour but de préparer les voies à son retour; mais il reçut l'ordre de ne point reparaître sous les murs de Paris, sous peine d'être traité en rebelle. Il se remit doncen campagne et entra en Picardie. Soissons, Compiègne et Troyes lui ouvrirent leurs portes ; il se fit livrer Saint-Denis par trahison, puis il envoya un héraut à Paris, pour dire qu'il se rendait aux ordres de Paris et du dauphin , qu il venait les tirer de la captivité; mais on renvoya le héraut sans réponse. U se présenta un Jour à la porte Saint-
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flènofé, et y mta en bataille une hrare et demie; mais il ne se fit au-
iîun mouvement du côté des assiégés.
*X.e comte d'Armagnac leur nvnit fait '^défense de tirer une seule (leehe. Le duc de Bourgogne apprit alors qu'une «mkNinenoe venait d*étre rendue, qui le dëdaralt auteur âe tous les troubles du royaume , rebelle ét ennemi de l'État , et convoquait Tarrière-ban de f'rance pour marcher au plus tdt contre lui. Il reprit aussitôt le chemin de la Flandre. Son apologie du meurtre de Louis d'Orléans fut brûlée de la tnain du bourreau, et le peuple, en entendant la réfutation qui fut faite de cette pièce, en assemblée publique, prodigua au prinoe, dont il avait d*aliord fait un héros, les épithétes de traître et d'assassin. T,e duc s'approcha de nouveau de Paris ; mais il s'arrêta à Lagny, qu'il abandonna au pillaffe en se retirant. Le long et inutile sé |Our quMl y fit lui valut, de la part du peuple de Paris, le sobriquet de/^an de Lagny qui n'a hâte. Sa fille, veuve du jeune dauphin , lui fut renvoyée ; mais il réclama vainement sa dot. Ce fat alors quil refiisa des troupes pour repousser les Anglais , avec le^ quels il traitait en secret. La mort du second dauphin, qui appelait à In couronne le jeune Charles, comte de Ponthieu, dont l'esprit était tout asservi à d*Armagnac, lui ayant alors fait pertout espoir de réussir jpar la voie des négociations, il ne ménagea 4)lu8 rien, attaqua plusieurs places, s'en empara, et parvint eutin à enlever la reine qui était à Tours. Mais il échoua daos une attaque sur Paris. Quelques efforts tentés pour arrivera la paix furent sans résultat. Les propositions de Jean sans Peur étaient inacceptables. Enfin la trahison lui ouvrit une des portes de Paris. (Voir Ptoim lbGlbkc.) Il y retrouva sa popularité parmi les basses classes, que le comte d'Armagnac s'était aliénées. Il fut reçu en grande pompe. (Voir Ca^bochiens.)
Cependant le roi d^Angleterre, le belliqueux Henri V, voyantle parti <]u'il pouvait tirer de œs déchirements intérieurs, se porta haidimeiit au eceur du
royaume; il était déjà mattredelaNsimandie lorsque les deux factions, alar»
mcps, sonsèmit à né-gocier. Leurs chefs se rapprochèrent. Le dauphin et le duc se donnèrent rendez-vous près de Melun. Jean sans Peur se mit à genoux devant son jeune souverain. Le prinoe Tembrassa, et dit qu*il oubliait le passé. Ils se promirent de vivreen bonne mtelligence , et fixèrent à Montereau le lieu d'une nouvelle entrevue. Malgré les eraintes et les défiances qui pouvaient subsister de part etd'autm, ils s'y rendirent, et chacun d'eux sV vança sur le pont, escorté de dix personnes de son choix. Les princes étant entrés, on ferma les portes des Inrrières ou'on avait élevées. Ce qui yse passa alors est rapporté diverse»
ment par les chroniqueurs des deux partis. La seule chose certaine, c'est que le duc de Bourgogne fut massacré. Le dauphin, suivant ropinion de quelques historiens , était étranger à ce meurtre ; mais le projet en était conçu depuis longtemps autour de lui
f)ar d'anciens serviteurs du duc d Oréans, ^ui n'avaient cessé de chercher Toccasion de venger leur mattre.Gctte représaille terrible du meurtre de Louis d'Orléans frappa de stupeur la population, et fut regardée comme l'expiation du crime que le duc de Bourgogne avait conunis.
Jean san8Peur,^dontrambitton désordonnée fut pour la France une des causes décisives des calamités de ce temps, laissa un sou venir cher à sessuiets de Flandre et de Bourgogne. Soo humeur libérale, son courage et rasceadant de son caraetèro lui avaieat conquis la plus grande populari^ U mourut le il septembre 1419.
Philippe dit le Bon, lils de Jean sans Peur, comte de Charolais, hérita du duché de Bourgogne après le meurtre de son père. Obéissant aux sentiments de haine et de venseanee qui l'animaient contre le dauphin, il seconda de tous ses efforts les coa-
Suâtes de Henri V et ses prétentioM la couronne de France. Le traité de Troyes qu'il signa, portait que Henri V, la mort de Coarles Vif suMÉlt-
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rait à la couronne ; que Charles VI , Henri V et Philippe de Bourgogne ne feraient ni paix ni accord avec Charles, soi-disant dauphin , sinon de commun eontentement et de concert avec les trois états des royaumes de France et d'Angleterre. Il vint ensuite à Paris en compagnie des deux rois , vêtu de deuil et suivi de sa noblesse, puis ii êe rendit à I'h6te1 Saint-Pol qu'habi»
tait le roi de France, et loi demanda justice de Tas^sassinat de son père. Le roi la lui promit, acciipillnnt ses plaintes contre le dauphin , son fils, et ceux
Ju'on accusait du meurtre. Puis , le ue se mit en campagne et en?oya ellrir la bataille au dauphin. La mort de Henri V changea oientôt la situation des partis; le duc de Bourgogne , mécontent des Atiglais, ses aU riM, né tarda pas à reennnattre la faute où le déflir de la vengeance l'avait entraîné. Henri V, en mourant, avait surtout recommandé de retenir à tout prix le duc de Bourgogne; mais une insulte que ce dernier reçut du duc de Glocester, et à laquelle il répondit par un défi, contribua à rompre cette désastreuse alliance. Le dauphin , devenu roi par la mort de Charles VL mit tout en œuvre pour ramener à lui leduc, qui se trouvait à. peu près Tarbitre du sort de la France. Enfin , Philippe se rendit aux avances du roi , qui obtint une réc»nciIiation aux conditions suivantes : «Que le roi dirait ou ferait « dire en son nom, par des personnes « notables, an duc de Bourgogne, que «le meurtre du duc Jean, son père, « avait été fait injustement et par mau- « vais conseil; qiie cette action lui avait « toujours déplu et lui déplairait tou- « jours : et que s*il eût su ce desselUi « et mi*i1 efit eu Têge et la connaissance • qu^l avait précisément, il s*y fût op- « posé de tout son pouvoir. Qu'il priait « le duc de Bourgogne d'oublier cette « injure et de se reconcilier sincère- «ment avec toi.» Après ce traité »
daté d'Arras, le duc ue Bourgogne fit exposer au roi d'Angleterre les raisons qu'il avait eues de s'accommoder avec le roi de France, et l'engagea à suivre son exemple. Mais ses envoyés lurent
mal accueillis et faillirent être massa* crés par la populace de Londres. L*Angleterre, irritée de sa défection, ne travailla plus qu*à lui susciter des em« barrât. La guerre s'alluosa ; et le duo, après plusieurs combats, se mit en marche pour assiéger Calais. Sa flotte approcha pour seconder l'entreprise; mais les Gantois, qui formaient le prin* ci pal corps de son armée, seielirwttnti fatigués des lenteurs du siège. Apièl s'être rendu à Bruges pour apaiser une de ces séditions où se porta si souvent cette grande commune, il fit une nouvelle tentativp sur Calais et ne réussit pas ttiieui.
Jjç duc Philippe donna ensuite an roi, en plusieurs occasions, des preuves de son retour sincère et d'une fidé* lité qui l'honore. En effet, quand le dauphin , depuis Loute XI , parvint à entraîner dans sa révolte contre son père une partie des plus puissants vassaux de la couronne, le duc Philippe , sollicité de se joindre à lui, resta inébranlable. En vain le dauphin jeût-U supplier de lui envoyer quelques secoure et de lui accorder refuge dans ses Étatf en cas de besoin : le duc lui fit répondre qu'il y serait toujours bien venu , mais qu'il ne ferait rien pour le soutenir contre le roi ; qu'il inter« viendrait seulement entre eux comme médiateur, et s'efforcerait de les réconcilier. Il voulut aussi effacer les restes d'animosité qui subsistaient entre les maisons de Bourgogne et d'Orléans. Charles d'Orléans , fait prisonnier à Azincourt, n'avait pas recouvré la liberté; Philippe le Bon paya deux cent mille écus d'or pour sa rançon, et lui fit épouser sa nièce, mademoiselle de Glèves. Quand le dauphin se fut réfugié dans ses Étala»
il écrivit à Charles VII pour l'en prévenir, et ne voulut pas accueillir le rebelle avant d'avoir une réponse de son père (1456). Il reçut le prince à Lille, et s*efibrca de le ramener à des sentiments d^obéissance. Gepeb* dant quelques défiances de la part du roi, à qui on avait fait prendre de l'ombrage contre le duc de Bourgogne, amenèrent des préparatilÎB de guerre,
M4 lor L'UNIVERS.