‹ France (volume 3)Chapitre 55 sur 105 · BOU L'UNIVERS. BOC · texte numérisé non relu

BOU L'UNIVERS. BOC

patient de recouvrer ses États, était à la tête de l'armée des alliés. Il eut recours à une ruse de guerre pour engager le combat avec avantage, et fondit sur les Bourguignons à Timptoviste. L'attaque fot si brusque et si vive qu'il passa sur les premiers rangs ennemis et pénétra dans le camp du duc de Bourgogne. La déroute causée par la terreur qu'il y ré* pandit fiit presque aussi soudaine qu*à Granson. Ùne partie de l'armée vaincue se noya dans le lac. Le duc de Bourî^ogne ne put sauver ni bagage, ni artillerie , et s'enfuit , accompagné seulement de quelques cavaliers. Les vainqueurs profitèrent de Tétat de pénurie où se trouvait leur ennemi pour attaquer la Lorraine ; c'était un témoignage de reconnaissance pour le général à qui ils devaient leur dernière victoire. La place de Nancy tomba en leur pouvoir. Le duc de Bourgogne accourut, et y mit le siège (1477). Il s'y entêta avec une poignée d'hommes que les maladies mettaient pour la plupart hors de combat* Les enne^ mis prirent Toffeosive ; il les attendit de pied ferme avec son incorrigible obstination. Sa faible infanterie ne put résister aux Suisses , et s'enfuit. On chercha longtemps, après le combat, ce que le duc était devenu ; il n*était point au nombre des fuyard^, personne ne l'avait vu tomber dans la bataille; mais le page d'un seigneur italien assura qu il avait été tué, et indiqua le 'lieu où son corps devait être. On l*y trouva en effet, nu , couché sur le ventre, le visage attaché au\ glaçons du marais. Son corps portait trois blessures. Le duc de Lorraine le fit transporter à JNancy ; on l'exposa sur un lit de parade, et René, prenant la main du mort, lui dit: «Voâme « ait Dieu, vous nous avez fait moult « de maux et de douleurs. »

Ainsi devait périr cet bomme violent et aveugle par l'orgueiL, tout animé dès passions du moyen âge , et dont la valeur et l'ambition féodales ne pouvaient mettre un obstacle durable a la formation de la nationalité Iran* çaise.

BoiTBGOGTîE (Louis , duc de) , petitfils de Louis XIV et père de Louis XV, naquit à Versailles le 6 aoiU 1682, et mourut subitement le 18 février 1712, dans le cours de sa trentième année.

Il est peu de princes dont l'éduca* tion ait été l'objet d'autant de soins : à rfige de sept ans, Louis XIV lui donna pour gouverneur le vertueux ducdeBeattviuiers, et pour précepteur Fimmortel Fénelon, auquel tut adjoint l'abbé de Fleury, en qualité de sousprécepteur. Pour lui , Fénelon écrivit ses fnblfs, ses dialagues et son Télé- Iliaque i pour lui encore, la Fontaine ooniposa quelques-uns de ses derniers chefs-d'œuvre. Après lui avoir enseigné la religion, la morale, l'histoire et les belles-lettres, on ne négligea rien pour l'initier aux mystères de la politique. Dans ce but, l'archevêque de Cambrai , toujours animé du plus ardent patriotisme, conçut le plan d'une vaste enquête sur l'état de la France, et fit demander à tous les intendants du royaume des informations détaillé» sur les antiquités de chaque province, sur les anciens usages et les anciennes formes de gouvernement des pays réunis à la couronne (*).

Après son éloignement des affaires, Fénelon ne cessa pas d*avoir les yeux fixés sur son élève , auquel, de temps en temps, il parvint à adresser d'admirables lettres. Le marquis de Saint-Simon profita de l'intimité que le duc de Beauvilliers avait aidé à établir entre lui et le jeune prinee, pour Tentretenir souvent de ses plans de r^orme. Enfin, le grand roi, qui avait toujours tenu son fils en dehors de toute participation aux affaires de l'État, initia lui-même son petit-fils aux secrets du gouvernement, et donna aux ministres Tordre de travailler avec lui. U était difficile assurément de faire plus pour l'héritier de la couronne. Aussi, tous les partis pla(^aient-iis en lui les plus belles espérances, lorsqu'il mourut avant râge,^u même mal qui, six jours auparavant, avait enlevé rai«t

(*) Voyez Aug. TWxeYY), Récits dt-s ten^ mérovingiens^ 1. 1, p. 5o et suivantes.

mabla princesse Adélatle de Savoie , sa femme, et, vingt jours plus tard, emporta son fils aîné, le duc de Bretagne. Le duc d'Orléans, depuis régent de France, et la duchesse de Ber-

' ri , Tun et l'antre de mœurs dissolues, furent accusés par la rumeur publique de la mort de ces trois membres de la famille royale. Saint-Simon lui-même attribue le trépas de la duchesse de Bourgogne à une tabatière empoisonnée, qui lui avait été donnée par un duc dont il a cru devoir taire le nom. Mais, si étrange que paraisse encore aujourd'hui ce sinistre événement, si opportun gu il ait été pour Tambitieux duc d'Orléans , de pareils soupçons nfe doivent pas être accueillis sans les preuves les plus certaines.

Ce qu'aurait fait le duc de Bourgogne, s'il était monté sur le trône, personne ne saurait TafQrmer. Les lins, et c'est* le plus grand nombre, prétendent ^'il aurait réalisé des merveilles ; siiivant les autres, il n'eût été qu'un fort mauvais prince.

Cette diversité d'opinions, choquante en apparence , est néanmoins motivée par les changements brusques que son naturel n'a que trop souvent présentés. Né avec un caractère nftier et des passions d'une violence extrême, il s'amenda peu à peu , et, cédant aux nobles efforts de son entourage, il devint doux, affable, studieux, plein de piété , modeste et presque timide.

Tel il était, du moins, lorsqu'à dixhuit ans il sortit des mains de son illustre précepteur. Mais il y eut toujours une lutte Intérieure entre son naturel de prince et la seconde nature que l'éducation lui avait faite. Tant que Fénelon no le quitta pas , la seconde nature fut la plus forte ; Fénelon une fois parti, les passions innées, ▼ainementcombattues par des serupu-

, les religieux et par une dévotion monacale, cherchèrent à reprendre le dessus et ne réussirent malheureusement que trop.C'est ce dont il est facile de se convaincre par le portrait qu'a traeé, dans son style original et plein de verve, le marquis de Saint-Simon, un des personnages qui i'oot approché de plus

près et quflui ontporlé le jim d'itln*

chement : « Ce pnnce nacniit terrible, « et sa première jeunesse nt trembler : « dur et colère jusqu'aux derniers em- « portements et jusque contre les cho- «ses inanimées; impérieux avec fa- « reur, incapable de souffrir la molndfe « résistance, même des heures et des « éléments, sans entrer dans des fou- « gues à faire craindre que tout ne se « rompît dans son corps ; opiniâtre à « l^oès, passionné pour toute espèce «de volupté, et des fommes, et, ce « qui est rare à la fois, avec un autre « penchant tout aiissi fort. Il n'aimoit « pas moins le vin , la bonne chère, la « chasse avec fureur, la musique avec « ravissement, et le jeu encore, où il « ne pouvoit supporter d'être vaincu, « et où le danger avec lui étoit ex- « tréme ; enfin , livré à toutes les «passions et transporté de tous tes « plaisirs ; souvent fiiroucbe, naturft» « ement porté à la cruauté; barbare en « railleries et à prodm're les ridicules « aven une justesse qui assommoit. De o la hauteur des cieux , il ne regardoit « les hommes que eomme des atomai « avec qui il n'avoit aucune ressem*»

« hiance , qneis (ju'ils fussent. A peine « messieurs ses treres lui paroissoient- « ils intermédiaires entre lui et le « genre humain. L'esprit, la pénétra- « non brilloient en lui de toutes parts : « Jusque dans ses furies , ses réponses « étonnoient. Ses raisonnements ten- « doirnt toujours au juste et au pro- « fond, même dans ses emportements.»

Sàint-Simon parle des mirades qu*»vait opérés l'éaucation sur le due de Bouruoune; il dit que grâce aux soins de ses directeurs, puis Dieu aidant, quand le prince eut atteint sa dix-huitième année, l'œuvre fut accomplie, et de cet abtme sortit un prince affdiln, doux, humain, modéré, patient, modeste, pénitent, et, autant et quelquefois au delà de ce que son état pouvait comporter, humble et austère pour soi.

Mais la peinture qui précède et qui s'applique évidemment à l'homme mt conhrme ce que nous avons déjà dit, et montre combien l'éloignement de l'archevêque de Cambrai avait été fir-

ses BOC L'UNIVERS. Bor

BeitA àwn royal élève. Il y a plus : indépendammeutde ses mémoires, Saint- Simon a laissé un Discours sur monseigneur le duc de Bourgogne, du 25 mai 1710, ctdresMé à M. le duc de Beauvilliers, quiVavaUdemandé; le prince avait alors vingt-neuf ans, et, comme toujours, l'écrivain avait de lui l'idée la plus favorable : cependant il résulte de la lecture de ce discours, que si le duc de Bourgogne était bien pénétré des principes de la religion et de la morale, il avait l'esprit rétréci par la dévotion; qu'il répétait sans cesse des refrains d'enfant, qu'il aimait à étouffer des mouches .dans Thuile, à faire fondre de la cire, à remplir de poudre des crapauds vivants pour jouir de l'explosion du malheureux animal; qu'il lui échappait au dehors tropdemouvemmtspeu dignes de tâge et du rana. Il aimait avec passion la duchesse de Bourgogne «qu'il avait épousée en 1697; mais, pour ce qui le concernait lui-même, il ne savait

Sas contenir les Jeunes dames du palais e la duchesse dans les bornes du respect qu'elles lui devaient, et dont nulle gaieté n' excuse qui en sœ^f ni qui l'enaure. L'arrangement de ses journées était tel , que sa vie s'écoulait dans son cabinet ou parmi une troupe de femmes, ehMecTautantplus surprenante^ dit Saint-Simon , qu*il n*y étoit pas porté par ses plaisirs. Voilà, certes, bien des ombres au tableau. La manière peu brillante dont le duc de Bourgogne s'acquitta de ses fonctions de généralissime de l'armée d'Alleroa« gne en 1701 , et de celle de Flandre en 1702, ne donne pas non plus une haute idée de sa capacité militaire. Il est vrai qu'il n'était réellement qu'en second sous les ordres du>duc de Vendôme; Il faut ajouter pour son excuse qu'il n'avait encore appris la guerre que dans • les livres, qu'il débuta au moment de nos revers , et qu'il se trouva en présence de terribles rivaux. Prto de Nimègue, il déploya du courage dans un combat de cavalerie, et en 1703 on lui fit honneur de la prise de Brisach, que les manœuvres de Villars avaient forcé de capituler. En réalité, il se distin-

guait dans les camps plutôt par sa piété que par ses conceptions stratégiques. Ayant été forcé un jour d'établir son quartier général dan^ un couvent de religieuses, il en eut de grands scrupules, et écrivit à ce sujet à Féne* t Ion qui le rassura. C'est ce qui explique comment un de ses menins osa lui dire : « Monseigneur, je ne sais si vous « aurez le royaume du ciel; mais pour « eekd de la terre , le prince Eugène et « MaSboroagh s'y prennent mietsx que « vous. « Ses démêlés avec le duc de Vendôme contribuèrent autant que sa dévotion aux revers de nos armées. Il faut convenir aussi que Louis XIV avait commis une grande faute en choisissant un pareil moment pour lui faire comtnencer son apprentissage, et en opposant à la coalition triomphante une armée avec deux chefs et par conséquent sans général.

Il est difficile, d'après tout ce qui précède, de s'expliquer l'engouement national dont le duc de Rourfio£;ne était l'objet. Ce qui peut le faire comprendre, c'est la nature des idées politiques dont il était ou passait pour être le partisan. Qu'il eûtun système bien arrété,cela est d'autant plus douteux, qu'il paraissait imbu lui-même de principes assez peu homogènes, et quil avait puisé ses inspirations, pour ainsi dire, à deux sources différentes. Ainsi Fénelon s'était attaché à lui inspirer avant tout l'amour du peuple et le sentiment de l'éçalité; tandis uue le marquis de Saln^Simon, renchérissant encore sur les préjugés aristocratiques du comta de Boulainvilliers , réveillait sa morgue de grand seifîneur, et voulait lui faire prêter les mains à une espèce de restauration de la féodalité et à une résurrection de la caste nobiliaire. Pour la politique aussi bien que pour le reste, il y avait anarchie dans son âme. Sa première pensée, en prenant les rênes de TÉtat, c'eût été de tirer Fénelon de son exil, et de lui donner la haute main dans les ai&ires publiques. C'est ce qu'il aurait pu faire de plus beau, et cette douce perspective devait beaucoup plaire à la France.

Mais aurait-il longtemps résisté aux

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séductions du parti de la noblesse? Le Tieil homme se réveillant en lui n*aurait-il pas abandonné Tarcbevéque de Cambrai, qui lui-même n*aurait peutêtre jamais pu acquérir cette énergie

Êratique avec le secours de laquelle licbelieu a su régner tout en restant ministre? Ce sont là autant de problèmes. Ce qui est certain^ c'est que le prince héréditaire prononça quel-

3uefois de belles paroles et s'occupa 'utiles réformes. « Le pauvre peuple y dit^il un jour, doit être quelquefois consulté. » Il se proposait de convoquer les états généraux, et même de créer des états particuliers pour arriver aune assiette équitable de l'impôt; ces différents corps auraient été choisis par des électeurs des trois ordres, et auraient été eonvoqués à des époques périodiques. On assure que telle est la 8id)stance des projets que Louis XÏV trouva dans la cassette de son petitfiis et s'empressa de jeter au feu. instruit par les revers au grand roi, et, comme il arrive presque toujours, tombant d'un excès dans l'autre, il avait pour la paix une prédilection qui n'aurait pas été sans inconvénient, mais qui plaisait à un peuple épuisé par tant de sacrifices et surchargé d'impôts*

Nous avons essayé de montrer ce qu'il y avait de bien et de mal dans ce prince, dont Voltaire a fait un si pompeux éloge. Ce qui l'honore le plus, c'est son attachement profond pour l'archevêque de Cambrai, attachement qui ne s'est jamais démenti; c'est le respect dont il a toujours entouré la duchesse de Bourgogne, dont l'aimable douceur n'avait pas peu contribué à adoucir Tâpreté de son caractère; ce sont enfin ses efforts personnels pour triompher de ses passions, et les bonnes intentions avec lesquelles il parait avoir abordé l'étude de questions politiques.

BouBGOGNE (théâtre de l'hôtel de).

— Les confrères de la Passion, associés aux enfants de Sans-Souci , ayant dû quitter l'hôtel de Flandre, que FnnçoisP' fiûsait démolir, acbetèlenty yen 1548, une grande partie da

terrain de l'ancien hôtel des ducs de Bourgogne , dans la rae«Mauconseil , et y firent bâtir un théâtre. Leur nou-

vcau privilège, concédé par arrêt du 17 novembre 1548, leur interdisait la représentation des mystères sacrés, et leur enjoignait de se borner aui sujets proânes, licites et honnêtes.

Se voyant peu à peu abandonnée par le public, la confrérie, comme nous l'avons déjà dit à l'article Abt dba.- • MATiQUE (t. r% pdif*. 370), loua, en 1588 , la sallfs et sou privilège à une troupe récemment formée. Une autre compagnie en prit possession en 1598, et en fut déclarée seule propriétaire, par arrêt du conseil de 1G29. — Les principaux acteurs de ce théâtre , (]ui rat l'origine du Théâtre-Français , étaient, a cette dernière époque , Aobert Guérin , dit Lafleur ou Gros- Guillaume; If ligues Guérin ^ dit Fléchelle ou Gautier-Gartïnille; Boni/ace; Henri I^grandy dit Belleville ou Turlupin ; DeBlawrierSj dit Bruscambille, tous acteurs burlfsques ; Pierre Le» mesier y dit Bellerose , qui fut directeur de la troupe, et créa les principaux rôles des premières pièces dugrand Corneille ; Alison , qui jouait les servantes et les nourrices, dans un temps où les femmes ne montaient pas encore sur la scène ; Jodelety qui représenta le valet du Menteur ; enfin la Beaupré f la première * femme qui parut sur le théâtre, où elle créa, en 1634 , les rôles de soubrette dans la Galerie du palais y de Corneille. Après 1650 , on vit s'élever de nouveaux théâtres, qui, pour la comédie, rivalisèrent avec l'hôtel de Bourgogne : le théâtre du faubourg Saint-Germain , où débuta Molière, et qu'on nomma Villustre théâtre, puis successivement les théâtres du Petit-Bourbon et du Palais-Royal^ où la troupe de notre premier comique jouait alternativement avec les Italiens (voyez Thsatbe). Ce fut cependant toujours à l'hôtel de Bourgogne que jouèrent les meilleurs acteurs tragiques , et que furent représentées les meilleures tragédies. Ce tàt là que jouèrent #]I!e>rknr, Mam^ènt Mréiaierê, làSé*

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jari, teUe-mèie de Molière, et soilout la oâèbre Champmeslé. Ce fut là que

Ton représenta les premières pièces de Corneille, depuis le Cid jusqu'à la Mort de Pompée, et toutes les ir;ii»édies de Racine, depuis Andromuque jusqu'à Phèdre, Tandis que les comédiens de Monsieur quittaient, après la mort de Molière, le Palais-Royal pour la salle Guénégaud , où la troupe du Marais était venue se fondre avec eux, rhôtel de Bourgogne était en proie à i'anarciiie. Ses meilleurs acteurs l'a* bandonnèrent pour le théâtre de la rue (iuénégaud ; et ce fut dans cette dernière salle que se trouvèrent delinitivement réunis, en 1680, tous les comédiens français. Alors les comédiens italiens se séparèrent d*eu\ , et vinrent habiter seuls Tholel de Bourgoji^ne jusqu'en 1()97, époque où le roi lit fermer ce théâtre , narce qu'on y avait désigné, dit-on, maaamede Maintenon dans une |>ièoe intitulée : la Fattsse prude. Après une interruption de dix-neuf ans, une nouvelle troupe italienne s'y établit, et joignit à l'ancien répertoire, les comédies françaises de Marivaax , de Sainte-Foix , de Boissy, etè.; en 1763, on y entendit encore les opéras comiques de Philidor, de IMonsigny, de Grétry, etc., et après la suppression de la comédie italienne, en 1779, les drames de Mercier, des vaudevilles « de petites comédies de Florian, des opéras comiques de Marsollier, etc. Enlin, en 1783, cette antique salle fut démolie; et, à l'endioit même ou ïoa avait entendu tant de cheft-d'œuvre de poésie et de musique, fat élevée la halle aux cuirs.

BouRGOTN (Edmond) , prieur des jacobins de Paris, manifesta un grand fanatisme pendant les troubles de la ligue. 11 osa, dans ses sermons, prendre la définise de son confrère Jacques Clément, le meurtrier de Henri III, comparer cet assassin à Judith et le

Ëroclamer martyr. Ennemi furieux de [enri lY, il excita sans cesse le peuple contre ce prince. En 1589, à Iwaot d*on faubourg de Paris, il fut pris les armes à la main par les soldats du Jiéarnais. L'année suivantei le parle-

ment de la ville de Tours, où il avait été conduit, le condanma au supplice de la roue.

BouRGoiN (Étienne), tambour à la 56^ demi-brigade de ligne, s'avan^ témérairement au milieu des Suisses à Taffairede Villebœuf. Les ennemis voulurent, en lui oppuyant la baïonnette sur la gorge, le forcer à crier rire Berne. Il ne leur répondit que par des cris de vive la republique, répétés

I'u8qu*à ce que l*ennemi lui eût tranché a tête.

BouHGOiN (Thérèse), née à Paris, en nsi , tit ses débuts sur la scène du Theàtre-Français, en 1800. Sans être dépourvue d'un certain mérite, mademoiselle Bourgoin 8*est acquis du renom, moins par son talent que par l'éclat (le sa beauté et la facilitéde ses mœurs-

BouRGOiNG ( François ) , troisième général de la compagnie de TOratoire, fîit un des six premiers pré- , très oui s'associèrent au cardinal de Bérulle , lorsque , dans les premières années du dix- septième siècle, ce prélat fonda la congrégation de l'Oratoire, dans le but de rétablir la discipline ecclésiastique que les guerres civiles avaient beaucoup relâchée, comme aussi peut-être pour enlever à riniluence uitramontaine ce qu'elle avait d'excessif, «t rendre le retour des jésuites impossible. Fort de la protection de Kichelieu, le P. Bourgoing consacra tous ses efforts à la consolidation de la nouvelle communauté, dout il voulait faire une espèce de corps enseignant pour le clergé français. Ne reculant devant aucun obstacle, ne se bissant décourager par aucune tracasserie , il fut, dans cette voie , le di^ne continuateur du cardinal de Bérulle. Le principal objet de son ambition, c'était de donner à la congrégation de l'Oratoire une orjianisation stable et régulière.

A cet effet, il fit un. grand nombre de règlements, auxquels ou ajustement reproché quelque chose de trop minutieux , mais qui avaient tous en vuè le maintien du bon ordre. Bossuet, qui Testimait beaucoup^ prononça

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