‹ France (volume 3)Chapitre 54 sur 105 · NT · texte numérisé non relu

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auxquels le duc, tout en protestant, répondit de son côté.

Peu de temps aorès , In mort du roi CiMrle88arvint;Pmlippe prteflennent de foi et hommage à son successeur, et l'accompagna iors de son entrée à Paris. La ligue du bien public se forma ensuite; le duc de Bourgogne, alarmé par des avis secrets qu'on lui fit par?enir sur les desseins de Lom's XI a son éf^atd^ s'enfuit d'Hesdin où le roi devait se rendre pour l'entretenir.

Il mourut à Bruges, après le traité de Conflans, en 1467 ; sa mémoire resta dière aux peuples de ses vastes do- marnes, dont une administration paternelle accrut considérablement la prospérité. Il favorisa surtout le commerce de la Hollande. Son équité , sa modération, sa clémence, lui donnent un caractère à part parmi les princes de sa maison. Il eut pour héritier son fils Charles, comte de Chnrolais.

Charles^ comte de Cfiaroiais , duc* de Bourgogne , surnommé le Téméraire, fln ne Philippe le Bon et d'Isabdle de Portugal , naquit à Dijon , le 30 novembre 1433. Il fit ses premières armes fort jeune à la bataille de Rapelmonde, et s'y comporta avec cet impétueux courage qui devint plus tard son seul guide. Il tous à Louis XI, avec qui ne devait pas sympathiser un homme de cette nature , une haine implacable, qui lui fit prendre les armes contre lui , lors de la ligue dn bien public. Il entraîna dans cette guerre le duc Philippe son père, et marcha sur Paris à la tête de vingt mille hommes. Il établit son ca?np près ISIontIhéry, où il rencontra l'armée royale. Il ne s épargna pas dans le combat , et y courut de grands dangers. L'honneur de la jonmée lui resta.

Il se porta de là sur Etampes, ponr se joindre aux ducs de Berri et de Bretagne ; mais Louis XI , voyant le danger grandir , ne songea plus qu'à l'ëcarter quelque prix qu'il dût lui en coûter, et il parvint en effet à un arrangement dont l'avantage n'était pas pour lui. Le comte de Charolais s'était à peine mis en possession des domaines auxquels la paix de Conflans

lui donnait droit, qu'il marcha sur Liège , pour y apaiser la révolte que Louis XI y avait suscitée. Cette puissante commune, qui s'était li^ée avec le roi de France, avait fait irruption dans les comtés de Brabant et deT^amur. Le comte s'y porta avec son impétuosité ordinaire. Incapables de résister seuls, les Liégeois implorèrent l'intervention du vieux duc , et se soumirent aux dures conditions que le vainqueur leur imposa. Mais , le danger écarté , et sur la promesse d'un secours de Louis XI, ils reprirent les armes après la mort de Philippe le Bon.

Cnarles les défit encore, entra dans leur ville par la brèche , i'épuisa d'argent , en enleva les armes , et la fit démanteler. Des négociations suivies entre le roi et le duc amenèrent Teutrevue de Péronne, où Louis XI agit comme eût pu le faire Charles le Téméraire. Il sç mit à la merci de son ennemi, au moment même où deux envoyés secrets excitaient de nouveau en son' nom les Liégeois à la révolte. Cette nouvelle parvint au duc et le mit en fureur. Il s'emporta contre Louis , l'accusant de perfidie et de trahison. Pendant huit jours , le duc flotta incertain sur le sort qu'il ferait à son prisonnier. « Le premier jour « dItCommines, ce fut tout^roi et murmure par la ville. Le second jour, ledict duc fut un peu refroidy; il tint conseil la plupart du jour et partie de la nuict. Le roy faisoit parler à tous ceux qu'il pouvoit penser qui lui pourroient aider , et ne falloit pas h promettre , et ordonna distribuer quinze mille écus d'or ; mais celui qui en eut la charge en retint une partie , comme le roy soeot depuis. Le roy craignoit fort ceux qui autrefois l'avoient servi. A ce conseil dont j'ai parlé, y eut plusieurs opinions. La

J)lupart disoient que la sûreté qu'avoit e roi lui fût gardée, veu quMl accordoit assez la paix en la fbrme qu'elle avoit été couchée par escript. Autres vouloient sa prise rondement , sans cérémonie... Ceste nuit, qui fut la tierce, ledict duc ne se dépouilla onc-

ques, sentoioeiit se eoiidui par deux

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on trois fois sur son lit, et puis se pourmenoyt (car telle estoit sa façon quand il estoit troublé). Je couchay caste nuict eo sa chambre , et me pourmenajr avee loi plosiaun fois.

Sur le matin, se trouva en plus grande colère que jamais, en usant de menaces , et prêt à exécuter grand chose.

Toutetois , il se réduisit en sorte, que li le roi juroit la paix , et Tooloit al« 1er avec lui à Liège, il se contenteroit. « Louis XT , trop heureux d'échapper h ce prix, consentit à marcher contre ses amis. Les deux princes oouruMnt devant Liège un gprand dan* ger; cependant Charles prit la ville d'assaut et la livra au pillage.

Mais cet accord forc(; ne fut pas de longue durée. La guerre des deux foses, qui désolait alors TAngleterre, fut pour eux un prétexte de rupture.

Leducde Bourgogne, toujours prompt à l'attaque, commença le premier les hostilités. Cependant le roi était arrivé à son but, de ramener à lui les puis- ■ants feudatahres de la couronne. Une trêve d'un an fut conclue ; et le duc, à rejipiration de cette trêve, porta le fer et le feu dans la Picardie , s'y empara de plusieurs places, dont il lit massacrer tous les habitants ( voyez Nbsle ) ; mais il ne fut pas heureux devant BeaiiTais, où il essuya de grandes pertes (voyez Beauvais). Il se jeta alors sur la ^Normandie, et poussa jusqu'à Rouen (1472). Les négociations recommencèrent ensuite. Charles prit deux ans de repos , puis il résolut de frapper un coup plus décisif : il s'allia au roi d'Angleterre, Edouard IV, et tous deux préparèrent, mais sansrésnltatf une attaque formidable. L'ambittonde Charles était de faire ériger en royaume ses vastes États ; et , parmi ses projets grandioses et chimériques, était celui de s'emparer de toute la vallée du Rhin , depuis Bêle jusqu*à riimègue.

Ce projet inquiéta les Suisses , que Louis XI avaitattirésdans son alliance, «t leur lit conclure une ligue avec les ▼îUMdttBbin, Charles s'attira, par ses desseins imprudents et par sa politique malhabile I un nouvel ennemi dans le

jeune duc de Lorraine, René, qui osa lui déclarer la guerre, le tenant sans doute pour fort compromis par tant d'ennemis qu'il s'était faits. La France , TEmpire , la Lorraine et les Suisses étaient en armes contre lui. Il laissa échapper l'alliance de l'Angleterre, entreprit le siège de Nuits , qu'il poussa avec une vigueur qui lui valut le surnomde Terrmey puis U se rendit maître de Nancy et de toute la Lorraine ; après quoi il tourna ses efforts contre les Suisses. Il espérait , une fois maître de leurs montagnes , s'ouvrir un débouché dans le Mila* nais, qu'il convoitait. Il s'avança à la tête de seize mille hommes , et campa près de Lausanne. « Il alla ensuite , dit Commines , mettre le siège devant une place appelée Granson...; se rendirent à lui ceux de dedans à volonté, lesquels il fit tous mourir. Les Suisses s'étoient assemblés , non point en grand nombre ( car de leurs terres ne se tirent point les gens que ron pense, et encore moins lors que maintenant; car, depuis ce temps, la plupart ont laissé le labeur pour se faire gens de guerre ; et de leurs alliés eu avoieut peu avec eux ; car ils estoient contraints se bâter pour se»

courir la place)... Le duc de Bourgogne , contre l'opinion de ceux à qui il en demandoit , délibéra d'aller au-devant d'eux à l'entrée des montagnes.»

Les Suisses laissèrent l'ennemi s'en* gager sur ce champ de bataille dangereux , et fondirent sur lui comme un torrent , en faisant une terrible décharge. La peur fit reculer les premiers rangs, qui rompirent le gros de l'armée. La déroute fut complète et prompte ; il n'y eut pas d'autre combat. Le duc , desespéré , fit de vains efforts pour rallier ses troupes ; il fut entraîné lui-même et contramtdefuir.

Cette première atteinte portée à sa réputation militaire grossit la ligue de ses ennemis. Cependant il ne renonça pas à prendre une revanche.

Il parvint à mettre sur pied vingtcinq mille hommes, rentra sur les terres des Suisses , et vint assiâ^r ' Morat. Le duc René de Lorraine, ui-

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