MOU
BOU
pour ne laisser aucun doute sur Tob- Boussu (Jacques), d'une ancienne
jet dont il parle. Le passage de la famille du Hainaut, a écrit une flis-
Bible de Guyot ayant été souvent cité taire de la vilie de Mons ancienne et
d'une manière inexacte , nous croyons moderne , contetiant tout ce qui s'y
devoir le donner ici tout entier. Après est passé depîus curieux depuis son
avoir dit que le pape devrait être pour origine^jusqu*en 1725. U moarat en
tous les fidèles , ce que la trémon- 1775.
BoussuET (François), né à Seurre en Bourgogne, en*1520, pratiqua la médecine avec distinction, et consacra une partie de ses loisir^ à Pétude des sciences naturelles. Assez mauvais poète, il aimait particulièrement à écrire en vers latins, même des ouvrages de médecine. A en croire l'abbé Papillon, Boussuet et Bossuet ne sont qu'un nom désignant la même famille. S*il en est ainsi , le plus grand titre . de gloire de François Boussuet est, sans contredit, le lien de parenté qui l'unissait aux ancêtres de Paigle de Meaux.
BouTABD (François ), né à Troyes en Champagne, en 1664,' gagna la protection de Bossuet par une ode latine qu'il lui adressa. Ce prélat Payant engagé à entrer dans les ordres", lui fit avoir Tabbaye de Bois-Groland, et, peu de temps après , Boutard fut reçu
taigne (l'étoile polaire), seule étoile immobile , est pour les navigateurs , le poète ajoute :
Un art font «ai mmiir ne pmt»
Par la Tcrta ae la marnièra }
Une pierre laide et brani^re Ou li fers volontiers se joint Ont, si esgardent le droit point:
Pals c'one aguile i ont tonchié Ft en un fcslu l'ont courhii; Vjï l'eue la inetent sans plus ; Kt li fpstu la tient desus.
Pois se tourne la pointe toote . Contre l'esloile
Quant la mer est obscure et bruae
Qoant ne voit csloile ne lone»
Haut font h l'aguile alumer
Pniin'obtMl garde d'esgarer,
Genire l'ettoiie va la pointe.
Le second auteur qui ait parlé de la boussole est Jacques de Vitry , qui dans le chapitre 8a' de son histoire de Jérusalem, écrite vers Tan 1225, s'exprime ainsi :
« Une aiguille de fer, après qu'elle (le TAcadémie des bielles-lettres. Il ne « a touché le diamant, se tourne vers laissait guère passer d'événement im-' a rétoile du nord , qui comme l'axe du portant sans le célébrer par une ode, « ciel reste immobile pendant que se et s'intitula poêle des Bourbons. Il < meuvent les autres étoiles. D*où composait avec facilité d*assei^ bons
s-nécessaire à tous vers latins, mais Tamitiéde Bossuet
« cette pierre est très-
« ceux qui naviguent sur mer. v
Ces deux passages sont très-précis ; mais ils ne nous apprennent rien sur l'époque ni sur les lieux où fut découverte la propriété de l'aiguille aiman'
contribua surtout à sa fortune. Horace était le modèle qu'il avait choisi; il croyait ressembler au poète latin , non - seulement par ' ses vers, mais encore par la taille, les traits du vi-
tée. Toutefois , il y a lieu de penser sage et toutes les manières. Ce ridi-
que, pendant les croisades, les Euro- cule égayait ses rivaux, et quelquefois
peens empruntèrent cette découverte aux Arabes qui , peut-être eux-mêmes, rêvaient reçue aes Chinois. On sait que, jusqu'au huitième siècle, ceuxci firent jusque sur les bords de la mer Rouge un commerce très-actif.
Quoi qu'il en soit, la fleur de lis qui, chez toutes les nations maritimes, désigne le nord sur le carton où est figu* rée la rose des vents , ne permet pas de douter que la boussole n'ait reçu des Français de notables perfectioonemœts.
Bossuet , son protecteur, en riait luimême. A part un nombre considérable d'odes de tous les genres , on a encore de lui deux traductions latines de deux ouvrages de Bossuet , l'une , de la Relation sur le qiiiétisme, l'autre, de y Histoire des variations* 11 mourut le 9 mars 1729.
BotrrABiG (Franç. de), savant professeur de droit français à l'université de Toulouse, naquit a Figeac en 1672, et mourut, en 1733, à Toulouse, où il
avait été capitoul et chef du consis- T. m. l^* IMraison, (Dicx. sncyglof, btc.) 19
Digitizod by Gû*..wtL
Bon
BOIT
toire. Il a laissé un grand nombre d*0Qvrages de jurisprudence que Ton a longtemps estimés.
BoiiTAULD (Michel), jésuite, né à Paris en 1607, mort à Pontoise en 1688, fit, de son temps, quelque bruit comme prédicateur et comme écrivain.
Il publia les C&xueils de la sagesse, ou Recueil des maximes de Salomon ks plus nécessaires à l'homme , Paris , 1G77, in-12, ouvrage (|ui obtint un grand succès, et fut attribué au surin- 'tendant Fouquet. On a encore de lui : le T%éak)gien dans les eowsersatUms avec les sages et les grands du monde j Paris, 1683, in-4«. Ce livre, qui est suivi d'une Histoire de l impératrice AdelaUy est un recueil de diverses réponses faites par le P. Cotton aux objections d^ quelques incrédules de la cour de Henri IV.
BouTAVANS , terre et seigneurie de la Franche-Comté, à quinze kilomètres sud d'Orgelet « érigée en marquisat en
BouTEiLLERS (grands). — La charge de ces officiers était, à peu peu de chose près, la n^éme que celle des grands écfaansons. lie nremier grand bouteil- 1er de France fut Herh&ri de Serons, qui vivait au commencement du onzième siècle. Il eut pour successeurs :
2° Hugues y qui vivait en 1060, Et Engenoul, en 1065 et 1067.
Cest en 1067 qu*il est fait, pour la première fois , mention d'un échanson de France. Depuis cette époque , les échansons de France exercèrent leur charge concurremment a vecles grands bouteillers. Les successeurs^ d'Engenoul furent :
4" Renaud, en 1067;
5*» Guy, en 1071 et 1074;
0° Hervé de Montmorency f en 1075 et 1079 •
. 7« ^d^4;^enl085; 8* LanceUn, en 1086; 9"* Payen d'Orléans, en 1106 et
10° Guy //, de Seniis, seigneur de Cbantilly, en 1108 et 1111;
11' ÔÛbert de Garkmde, ea 1114 et 1126;
12» Louis de Senlis, en 1180;
IS*" Guy de SenUs, dit le Loup, en 1181 et 114^; 14'* GuydeSenUs, en 1580; moit
en 1188;
15" Guy //', de Sentis, en 1188; mort en 1231 ;
16* Robert de Cmtrtenay, seigneur de Champignelles, en 1328; mort en
17" Étienne de Sancerre, seigneur de Saint-Crisson , en 1248;
18** Jean de Jirienne^ dit d* Acre, en 1S58; mort en 1296;
19° Guy de Chàtillon , comte de Saint-Pol, en 1296; mort eu 1317;
20" Henri IF, sire de SuUi , depuis 1317 jusqu'en 1334;
sr Miles FI y sire de Noyers, en 1336, 1346 et 1361;
22° Jean ///, de Chàlons, comte d'Auxerre, en 1350 et 1361;
23" Jean H , comte de Sarrebruck, en 1365 et 1381;
24" Enguerrand Fif, sire de Goucy, en 13S4 et 1889;
25" Jacques de Bourbon, seigneu^ de Préaux, en 1397 et 1417;
26" Guillaume IP\ de Melun, comte de Tancarville,.en 1403 et 1416;
37*' Pierre dèsMssars, en 1410; dé* capité en 1413;
28" fFaleran NI, de Luxembourg ^ comte de baint-Pol, en 1410, 1411 et 1415;
20" Jean , sire de Groî et de Renti ; en 1412; tué en 1415;
30° Robert de Bar, comte de Sois^ sons, en 1413; tué en 1415;
3r Jean Uy sired'Esiouteville, en 1415 et 1436;
32" /eaf»<<ei^ret(^^<ei; seigneur de Montagu, en 1418 et 1433;
33" Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir, en 1427 et 1444;
34" Louis P\s\tQ d'Estouteville, en 1443; mort avant 1463;
35" Antoine de Chàteataœ^f,bstw du Lau, en 1484, disgracié en 1468, et qui vivait encore en 1483.
Il paraît que ce fut le dernier grand bouteiller de France. Depuis lui , oo n*a pas de preuve que cette charge ait été exercée par un officier particulier.
Bouz£iUJS& {Jean} , jurisconsulte
BOU FAi
du quatorzième ^i^le. Le^ nmU détails que l'on possède sur la personne de cet auteur sont donnés par sou testament qui porte la date du 16 sep- ^mbre 1403. lïous y lisons que Boutollier* était « conseiller du roy » , c*est-à-dire, membre du parlement de Paris, et qu'il appartenait à une famille noble, car cet acte contient la clause suivante : « Je veux et ordonne « que devant part lacquet mon fils ait « toutes nijBt armures et xx livres m- «risis pour un cheval , comme à noole «nomme doit appartenir. » La vie de Bouteillier ne fut probablement niar- (^uee par aucun événement important; 01, sans le livre jurisprudence qu'il (Bempbsa, aoB nom ne serait point pivenu jusqu'à nous. Cet ouvrage, intitulé : La Somme rurale ou le grand cousiumier gênerai de vrac tique ciuil ii canonique, est un aes monuments les plus curieux de notre ancien droit coutumier. Il a été réimprimé plusieurs fois (Bruges, 1479; Paris, 1603, 1611, 1612, 1621), et Charondas le Caron en ■ a doiuié un commentaire fort détaillé.. Lon^^tenips avant Bouteillier, le droit coutumier de la Franee, ou de certaines parties du royaume, avait été Tobjet de recherches intéressantes, mais incoii^plètes. Le l ieux cousiumier de NormemUe, les EsiabUtie' metUs de saint Louis, le Grand couivh mîer de Charles Fî, témoignent des efforts que les jurisconsultes du moyen âge ne cessaient de faire pour assujettir la coutume à des rpgles positives, et la rattacher au droit romaia <et au diroit canonique. Ge| tentatives ayant eu lieu à des époques où les notions de droit et les méthodes de raisonnement étaient peu avancées et peu répandues, n'ont obtenu presque aucun succès; et le drpit ÏDOUtumier n'en restait pas moins, au milieu du quatorzième siècle, exposé à ces incertitudes, à ces nombreuses variations qui , sans doute, étaient dans sa nature, mais ^ont une ,cr}tiquè prudente et éclairée aurait pu reitrtinimre l'autorité. Doué de connaissances étendues, d'un esprit positif, quoioue abondant, et d'une logique sévère 9 fiouteillier reprit l'œuvre de
NCE. BOU 2Ui
ses prédécesseurs, et init ilpns tout
leur jour les principes généraux 4c droit qui existaient au sein de la coutume et qui n'y avaient pas encore été aperçus. Ajoiitons que, sous le rapport historique, son liyre a un très*grand mérite, car on ne trouve nulle part ailleurs un tableau aussi exact et aussi étendu des lois civiles, criminelles et de procédure qui régissaient la Prance au milieu du quatorzième siècle. )1 ne £M|t donc pas 8*étonner que la Somme rurale ait conservé de I autorité auprès des jurisconsn Ites qui , .de nos jours, étudient les antiquités du droit français, et dont l'opinion s'accorde parfaitement ayec cplle qu*ex* primait Charondas le Caron, lorsque, dédiant sa nouvelle édition de la Somme au président Jeannin, en 1603, il disait : « Je vous rends tesmoienag^ « par ce livre de jte .Sioiiuiie ftfimi « quel je vous offre et dédie, T^ianl « revueu et illustré d'annotations , pour « l'auctorité qu'il auroit justement ac- « quise, tant pour la doctrine niesiee « qui 3'en peut recueillir, que poi^r les « marques de rantiquité Françoise mi'on « y peut observer en divers^ nqaiiieresi « non-seulement pour les coustumes «des pays et principalement de la
Gaule Belgique, aios aussi pour Icf « aneiena droicts et prérogatives de la « couronne de France. »
ÔouTEiiouE (Claude), savant anti?
quaire, né à Paris, mort dans cette ville vers 1780, a publie des Hecherches curieuses sur les monnaies de f)ranee, avec des obiervtUions, de^ preuves et des /lettres de monnaies p t. 1", 1666, in-fol. Ce volume devait être suivi de plusieurs autres, que l'auteur n eut pas le temps de publier.
BouTBYiu^B, fmu'rg ayec titre dé * duché; dans l'ancien Gatinais, à vingî kilomètres d'Angouléme, aiyo4l|nl'|l.Ul département de la Charente.
BouTEViLLE (François, comte de), gouverneur de Senlis, fils de Loui^ de Montmorency qui afait été vice-amir^ de France sous Henri IV, mourut suf l'échafaud en 1627, victime de sa fureur pour les duels. Bien d'autres duellistes célèbres l'avaient précédé,
M B017 vm:
et lui avaient pour ainsi dire donné Texemple de l'impunité dans ce genre
de crimes; bien d'autres le suivirent encore et l'imitèrent sans subir le même châtiment- Aussi, aux yeux de beaucoup de critiques indulgents, ne fut'il coupable que d^avoir attiré sur lui Tattention générale dans un moment où le sentiment public et le gouvernement s'étaient élevés avec force contre l'usage des cartels, et n'eut-ii d'autre tort que d*étre né un peu tro|) ' tard ou un peu trop tôt. Pour nous qui pensons que le devoir de tout homme qui se respecte est de ne jamais reculer aevant,le sacrifice de sa vie quand ce sacrifice est véritablement indispensable à 90Û honneur, nous ne nous en associons pas moins, ou plutôt, précisément pour cela, nous nous associons avec d'autant plus de force au blâme qui flétrit l'abus des combats singuliers.
Au commencement du dix-sentième siède, le duel était devenu , chez la noblesse française , quelque chose d'inconcevable, qui se commettait avec un sang- froid et une légèreté inouïs.
Ce n'était plus un préjugé chevaleresque auquel on ne cédait qu'avec autorisation supérieure; c'était une habitude sans conséquence, un passetemps comme un autre, une manière reçue de faire parler de soi, ou plutôt c'était moins que cela encore, c'était une mode. On sait avec quelle rigueur le cardinal de Richelieu et Louis XIII résolurent de détruire ce travers. Le comte de Bouteville, qui, en 162G, avait déjà tué le marquis Desportes et le comte de Thorigny, fut l'année suivante contraint de sortir du royaume et de se réfugier «à Bruxelles, pour s'être battu avec un nouvel adversaire, avec la Frette. Le marquis de Beuvron , parent du comte de Thorigny, l'une des premières victimes de Bouteville, vint trouver ce dernier à Bruxelles; mais la rencontre n'eut pas lieu . grâce à l'intervention de l'archiduchesse,
Î;ouvernante des Pays-Bas. Cependant 'affaire n'était qu'ajournée, car le marquis de Beuvron avait dit à Boute- Tille en l'embrassant : « /e ne serai Jamais cqntefU que je ne vous aie vu
Vépée à la main. » Sur ces entrefaites,
l'archiduchesse ayant prié Louis XIII de révoquer l'ordre qui bannissait de . France le comte de Bouteville, le roi s'y refusa. En apprenant cette nouvelle, Bouteville s'écria : « Puisqu'on m*a refusé une abolition,' Je me 6a^ trai dans Paris y et sur hs.fiace Royale. »
Quelques jours après, entre deux et trois heures de l'après-midi, six champions dégainaient l'épée à l'endroit désigné, ^étaient d*abord le comte de Bouteville et le marquis de Beuvron, puis le comte des Chapelles et le marquis de Bussy d'Amboise, puis enfin la Berthe et Buquet. Ainsi non-seulement le fou avait tenu parole, mais, pour plus de scandale, il ne se contentait même pas d'une partie carrée comme cela n'avait que trop souvent lieu alors, et il avait voulu qu'on arrivât sur le terrain trois contre trois. 11 aurait cru manquer h son honneur s'il n*eût pas appelé à la fête des Chapelles, son cousin, son ami, et son compagnon d'exil pour lui avoir toujours servi de second *, la Berthe lui paraissait avoir les mêmes titres à sa considération.
Quant au marquis de Beuvron, trop bien élevé, trop bon gentilhomme pour jamais rester en arrière, il ne lui fut pas difficile de se procurer deux seconds; il n'eut qu'un mot à dire à son écuyer Buquet et à Bussy, il fut compris à l'instant.
Dès lors, toutes les dispositions étant prises, commença une véritable parodie de combat des Horaces et des Curiaces, parodie qui n'eût étéque ridicule si elle n'avait eu des conséquences funestes. Nous n'essayerons pas de décrire cette lutte dont les acteurs déployèrent un courage digne d'une meilleure cause; qu'il suffise de dire qu'après s*étresuecessivement servisde répee et du poignard sans pouvoir s'atteindre, Bouteville et Beuvron se reconnurent d'égale force, et se disposèrent à aller séparer leurs seconds.
Il était trop tard , des Chapelles venait de porter un coup mortel à Bussy, , qu'ils trouvèrent expirant.
Averti de ce qui 8*étatt passé sur la
BOU FRANCE. BOT Mis
place Royale, le gouvernement donna des ordres pour qu'on se mit a la poursuite des coujpables , qui avaient pris la fuite; mais Bouteville et des Chapelles ne tardèrent pas à être arrêtés , à Vitry en Champagne, dans la ville même dont le pauvre Bussy d'Am- . boise était gouverneur. Vainement la comtesse de Bouteville , la princesse deCondé, les duchesses de Montmorency, d'Angoulême et de Ventadour supplièrent à fîenoux,et les larmes aux yeux, Louis XIII de leur faire grâce, Louis XIII resta inflexible, et la sentence rendue par le pariement fut maintenue. Le 21 juin 1627, Bouteville et des Chapelles furent remis aux mains de l'exécuteur. A ce moment extrême, Bouteville se montra tel qu'il avait toujours été, plein de courage , mais aussi frivole que brave. Quand on lui eut coupé les cheveux, prenant un air encore plus moqueur qu'auparavant, il passa négligemment les 'doigts dans ses belles moustaches.
Cependant, sur une observation de révéque de Nantes qui l'assistait, il devint un peu moins léger et mourut avec fermeté, sans avoir permis qu'on lui bandât les yeux.
Il fut universellement regretté; la seule faute qu'on ne lui pardonna jamais , c'est qu'en 1624 il n'avait pas craint de donner rendez-vous à un de ses adversaires le Jour de Pâques; oh s'accorda même à voir dans cette im-
eiété la cause première de son maleur. Pourquoi Bouteville, au lieu de prodiguer sa vie pour des riens , n'at-il pas réservé pour les ennemis de la France cette fougue bcUiuueuse qui l*aurait rendu si redoutable sur le champ de bataille ? Néanmoins sa vaillance ne fut pas complètement perdue pour l'État, car il l'avait transmise avec son sang à un fils qui devint plus tard le célèbre maréchal de Luxembourg.
BOUTEVILLB-DUICETZ (Louls-CUÎ-
lain), né à Péronne en 1745, avait embrassé la carrière du barreau. Élu membre de l'Assemblée nationale en 1789, et devenu, peu de temps après, ruQ des secrétaires de cette assenibiée,
il appuya la suspension de Louis XVI, jusqu'à i'achèvedient de la constitution. De rcftour à Péronne après la dissolution de l'Assemblée nationale , il fbt élu président du tribunal civil de cette ville, et chercha le plus possible à s'effacer pendant la tourmente révolutionnaire. Les allures du Directoire convenaient mieux à son caraetère sans énergie, et il se fît noamier membre du Conseil des Anciens, qui appuya sa candidature comme secrétaire. Après le 18 brumaire, il entra au tribonat où il prit part au^ travaux de législation. Pendant les cent jours, il siégeait à la chambre des représentants. Il mourut le 7 avril 1821, principalement recomniandable comme jurisconsulte et comme magistrat.
BoonàxBS , terre et seigneurie da Dauphiné, érigée en marquisat en i680.
BouTiEREs (Guigues-Guiffrey de), né dans la vallée de Grésivaudan, patrie de Bayard , dont il fut le lieutenant et l'émule , se distingua au siège de Padoue, dans les guerres d'Italie et à la défense de Mezières. Il s'enferma, en 1524, dans Marseille, assié-
§ée par Charles-Quint et le connétable e Bourbon, qu'il repoussa après leur avoir fait éprouver de grandes pertes.
Il succéda ensuite à l'amiral d'Annebaud dans le commandement des troupes françaises en Piémont, et fut noamié gouverneur de Turin , qu'il sauva deux fois en 1^37 et 1543 ; mais ayant, pair négligence, laissé prendre la ville de Carignan, il tomba dans la disgrâce de François P"", qui nomma le duc d'Enghien*à sa place; ce qui n'empêcha pas Boutieres de contribuer au gain de la bataille de Gérisol- . les. La dernière expédition à laquelle il ait pris part est celle de l'île de Wight. On ignore la date de sa mort.
BouTiGNY (Roland le Vayer de), maître des requêtes et intendant de Soissons, mort en 1685, a laissé une IHssert4ition sur r autorité desrùUen matière de régale^ Paris, 1753, avec une suite en 1756; De Vaidorité du roi sur l'âge nécessaire à la profession reUgisute, 1669; Traité de la
m mu
BouTin (V iaoent-Yves), né eo lî7i, ou Loroux-BoUereau,près dit Hràteft, lit avec dittioetien , dans Tarme dû génie, les campagnes de Sambreet-IMeuse, du Rhin, d'Italie, de la firande armée, et gagna, sur le champ de bataille, le grade de colonel. Il fut, en outre, cnoiai par le gouveroA* meDt impérial pour plusieurs missions importantes. En 1807, il alla à Constantinople avec les chefs de bataillon Foyet Haxo. Acette époque, jalouse de )a prépondérance qu'exerçait la France en TargniCi TAngieterre déclara la
S narre a cette dernière puissaaee , et onna l'ordre à sa flotte de franchir en toute hâte le détroit des Dardanelles. La flotte anglaise, comniandéepar ramiral Daekwerth panit,en effet, devant Constantinople ; mais le général Horace Sébastiani, ambassadeur de France, déploya en cette circonstance une énergie digne des plus grands éloges , et qui , dissipant la consternation géoérale, Meommuniqua au peuple turc et ait sultan Sélim , et força les vais- .seaux anglais de battre en retraite pour éviter une destruction complète. Ils en furent nour une démonstration ridicule, et KS troupes qu'ils portaient en* tendirent, en se retirant, les sarcsa^ mes injurieux des Ottomans, bnttant des mains en Tlionneur de la France.
Boutin contribua puissamment à l'expulsion des Anglais : c'était lui que le général Sébastiantavail chargé des travaux de défense du sérail.
Quelque temps après , il accepta la mission périlleuse d'aller visiter les villes d'Alger et de Tunis, et d'en lever aeerètement les plans. I^e faridi le ilsftrfn, sur lequel il s'était embarqué « ayantété capturé, après une vigoureuse résistance, par la frégate anglaise la I otage , Boutin fut mené prisonnier à Malte. Il trouva moyen de s'en échapper et d*att^ndre la cdte afiricaine, où il Gt , au milieu de mille dangers , des études consciencieuses, qui devaient servir, non pas à jN'apoléon qui Pavait envoyé, mais au gouvernement de la restauration, lorsqu*»! 1880 en eut Véeola l'eipédition d'Alger.
. De retour en France, Boulin fit la
seconde guerre d'Autriche . en laoSi el, après atoir assisté à la bstaille de Wagram, il se remit de nouveau eo
voyage pour parcourir l'Égypte et la Syrie, contrées sur lesquelles Na« poléon conserva toujours des vues.
Pour Boutin, cette mission devait Itre la dernière: s'étant aventuré dan^ les montagnes de la Syrie, il fut assassiné au mois d'août 1813, près du village d'El-Blatta, entre Geblé et le Markbab, par des brigands instruits qu'il portait sur lut des médailles d'or et d'argent. La mort de cet officier distingué fut une véritable perte pour l'armée, pour le gouvernement, et même pour la science, car, à chaque nouvelle expédition, il rapportait une riehe colleetion de notes sur la géo* graphie et la statistique des pays quMI visitait. Heureusement aucun des matériaux qu'il avait réunis n'a été perdu; avant de s'engager dans l'intérieur de la Syrie, il avait eu la précaution de laisser en dépôt ses cartes et ses mé^' nuscrits entre les mains du vice-con< sul de France à Latakié, qui les fit parvenir à Paris , où ils sont maintenant. Us ont été d'une grande. utilité au gouvernement, lorsqu'en 1880 le dépôt général de la guerre publia ua Jpprcu historique^ statistique ettopoyraphique sur l'état ci' Alger y à fa» sage de C armée expéditionnaire d\4' JHque, Paris, in-8", avec un atlas de sept plans et douze vues.
Boutique. — Ce terme, qui teod actuellement à disparaître , au moins à Paris, du langage parlé , pour faire place aux noms plus nobles de ma gcuin, d'étude y d*ate^y de du* reau , dérive du grec èméfyi-n {ap(h thiki). Botica se trouve employé dans une charte de 1352. Le notaire, le peintre disaient jadis : nostre boutique. Des ordonnances royales , des arrêts du parlement , et des règie< ments de police défendaient à dos bons aïeux de travailler avec boutiques ouvertes les dimanches et jours de féte. Cette observance est , comme le mot boutique , complètement tom* bée endésnétude.
Bouioii (lMqaflB)i Jésoile, iMrt on
WOV . FRANGE. BOU 395
t6S8, est SiUteur (ïnne Relatioîi de l'é- tre ans; mais on exigeait en outre
iabllssement des Français dans l'ile quatre ans de compagnonnage. Le
de la Martinique, depuis l'an 1635, prix du brevet était de trente-si)^ ii-
Paris, 1640, Très , celui de la mattrise de trois
ÈouTOMNiBBS. — La corporation cents livres. L^apprenti qui épousait
des boutonniers se composait des ar- une fille de maître était exempt du
tisans qui fabriquaient les boutons en compagnonnage , dispensé de presen- *
métal , en verre ou en pierreries , les ter un cbef-d'œuvre, et ne payait que
épingles à chatons et les dés à coudre, cent livres pour la mattrise.
Il D'y en avait peut-être aucune dont Boutrays ou Bouttebàis (Raoul),
les statuts fussent plus détaillés. (Test en latin Rodolphus Botherius , né k
une chose curieuse à voir que la mul- Châteaudun vers 1552, mort en 1630,
tiplicité des entraves imposées , dans a publié entre autres ouvrages : De
le registre des métiers d'Étienne Boi- rébus in Gallia et toto peiie orbe ges'
leau, à ces mallieureux artisans.» ttSy ab anno 1594 ad annum 1610»
Il leur était défendu , sous peine commentarioil^m Ubri XVI y Paris,
d'amende, d'avoir plus d'un apprenti, IfJiO, 2 vol. in-8° ; Uenrîci magni
dont ils devaient exiger au moins huit vita, Paris, 1611, in-8», et f/rbis gen-
années de travail, avec argent, ou dix tisqueCamutumhistoria^ Paris,1634,
ànnées sans argent. Ils ne pouvaient ln-6*.
exercer leur industrie les jjours des Boutboub ( Jules- Alexandre- Lé-
fétes fériées dans leur paroisse ; tout çer), colonel, partit comme volontaire
travail à la lumière leur était inter- a l'époque où les armées ennemies
dit, et ils devaient, sous peino d'à- .envahirent nos frontières, et fut
ineude, fermer leurs boutiques, lésier nommé , le 5 septembre 1791 , capi-
kurs more en ehamage, au premier taine du 1*' Irataillon de la Sartne.
crieur du sotr, et en quaNsme Au 1*' janvier suivant , il passa sous-
iost corne compJie estait snnée ou lieutenant dnns un régiment de ligne,
qu'il l'oioient soner. Enfin , les pré- et iiairna tous ses mitres grades sur le
cautions les plus minutieuses leur champ de bataiie. il succomba à l'âge
étaient prescrites dans la fabrication de quarante-cinq ans, des suites d'une
des objets quî faisaient la matière de blessure qu*il avait reçue à l'affaira
leur commerce, et deux jurés choisis de Caldiero. Sa mort prématurée a
par le prévôt de Paris étaient char- enlevé à la France un bon citoyen , et
gcs de faire exécuter toutes ces près- à l'armée un de ses meilleurs et de ses
criptions. plus braves ofûciers.
Les premiers statuts 'des boutqn* Boutboub ( Louis-Martial-Stanis-
niers sont de la fin du treizième siè- las) , frère du précédent , né à Ghar-
cle: ils furent renouvelés par des or- tt'es, le 11 mnrs 1757, fut envoyé, en
donnances royales, en 1558 et en 1792, à l.i (lonvention natioiiaip, oîi il
1G5:î. Dans la dernière, qui était en- siégea pendant toute la durée de cette
core en vigueur à l'époque de Paboli- assemblée. Il vota la mort du roi.
tion dès jurandes et des maîtrises. Pendant les cent jours, il signa Tacte
ces artisans étaient qualifiés de bou- additionnel ; i mais résolu de ne plus
tonniers y passementiers j crêpîniers, rentrer dnns la carrière politique, il
blondiniers , faiseurs de boutons , refusa l'une des sous-préfectures de la
olives et autres enjolivements pour Sartbe , qui lui fut offerte par Na-
gamUures éThahUs, meubles , équi- poléon. La loi de 1816 , qui proscri*
pages ^ ete On voit que, depuis vait les conventionnels dmâ voiautt,
rétablissement de leur corporation , allait le bannir de In France, lorsqu'il
leurs attributions s'étaient considé- mourut. IMais la haine de in restaura-
rablement augmentées. Au moment tion le poursuivitjusque dans la tombe,
de Tabolition de la communauté , et on lui refusa les cérémonies de la
rapprentissage avait été réduit à qua- religion.
BOU
L'UK1V£RS.
BOU
B0DT8*Bi]iB8. — Ce jeu d*esprit , qui consiste à remplir , avec plus ou
moins d'à-propos , des rimes choisies d'avance et souvent bizarres , doit son origine à un mauvais poëte du dix-septième siècle, nomme Dulot, qui en fut , à vrai dire , Vinventeur malgré lui. Plusieurs centaines de sonnets, disait-il en se lamentant, lui avaient été dérobés, et il les regrettait fort , quoiqu'ils ne fussent que des sonnets en olane; car, ajoutait*ilv lOQ habitude était de toujours commencer par les rimes. Ce procédé sembla si sinjzulier , que les beaux esprits du temps s'en emparèrent et en tirent un jeu littéraire. Sarrasin , auteur du même siècle , a écrit un poëme intitulé : Dulot vaincu ou la défaite des boufs-rimés. Les bouts-rimés étaient ejicore assez en vogue à la fin du dernier siècle , et partageaient , avec la charade, l'énigme et lelogognVhe, le privilège d'amuser les lecteurs du Mercure de France. Le marquis de Montesquieu leur devait même une partie de la grande célébrité dont il jouissait à la cour de Monsieur, frère de Louis XVI. On ne fait plus maintenant de bouts-rimés , et ceux même qui ont eu le plus de vogue, sont aujourd'hui ensevelis dans un oubli mérité.
BouYABD (Alexis) , né le 27 juin 1767, dans le haut Francigny, au pied
du mont Blanc, vint n Paris, en 1785, et se livra à l'étude des mathématiques et de l'astronomie. Il fut admis provisoirement à Tobservaloire , en 1798, et fîit nommé astronome adjoint, en 1795, époque de Torganisntion définitive de cet établissement. Il devint, en 1804 , membre titulaire du bureau des longitudes. £ntre autres travaux distingués, on lui doit le calcul des éléments paraboliques de huit comètes qu'il a découvertes. Il a travaillé au grand ouvrage de la Mécanique céleste du marquis de La-
{)lace, qui , connaissant son habileté, ui avait entièrement abandonné les recherches de détail et les calculs astronomiques. La publication de I^ouvelles Tables des planètes Jupiter et
Satume^ livrées p Timpression en 1808, lui valut une mention honorable au concours décennal. Il a donné, dans le volume de Tables astronomiques, publié en 1821, Paris, in-4'', par le bureau des longitudes, une seconde édition de ces tables, augmentée, ainsi qu'il l'avait promis , de celles &Uranus. La découverte d'Uranus date seulement de Tannée 1781 ; sa révolution est de quatre-vingt-quatre ans ; quand on en composa les premières tables, pour Pusage des astronomes , on n'avait que huit années d'observations : M. Bouvard a trèshabilement fait tourner à l'avantage de la science les obsertations plus nombreuses qui ont été faites depuis, et il a donné à son travail un haut degré de précision. M. Bouvard a enrichi de notes l'ouvrage de l'astronome arabe Ebn-Iounis , traduit par M. Caussin, et chaque année il donne, dans 1 Annuaire du bureau des longitudes, des tables du plus haut intérêt, telles que celles des plus grandes marées, etc. Ce savant fait partie de TAcadémie des sciences, depuis 1803.
BouYABD (Charles), né à Montoire, près de Vendôme, en 1572, embrassa la carrière médicale. Nommé professeur au Collège de "France , en 162.5, il fut ensuite chargé de la surintendance du Jardin des plantes. En 1628, il devint premier médecin du roi Louis XIIL S'il faut en croire la Houssaie, Bouvard traitait les maladies de ce prince avec une singulière vigueur : dans un an, il lui aurait fait prendre deux cents médecines, autant de lavements , et l^aurait fait saigner quarante-sept fois. Un pareil traitement n'était pas de nature à donner au roi l'éuergie dont il manquait ; et si le fait est vrai , on serait porté à croire que Richelieu ne tolérait ce régime débilitant que parce qu*il y trouvait son compte.
Les disputes de Bouvard avec la Faculté de Paris avaient assez mal disposé l'opinion publique à son égûd. On ra accusé de s'être servi de son pouvoir pour tenir la Faculté dans sa dépendance, et il parait
qu'une fois, entre aatres, il mit empê- à combattre des remèdes qu*il aurait diement à ce gu*on y soutînt une sans doute approuvés de sang-froid: thèse, contraire à son opinion, sur les l'inoculation, par exemple, dont il fut eaux de Forges qu'il av^it prescrites au l'adversaire par un sentiment d'hostiroi. Sa faveur à la cour ii*en fut pas Uté contre Tronchin. Cependant il était ébranlée; il y jouissait de grandes d*une.probité. scrupuleuse, et le trait prérof|;atives, et avait obtenu le droit suivant montre quil savait obliger, de siéger en robe de conseiller d'État. Appelé auprès d'un banquier qui souf- II mourut le 22 octobre 1658. frait d'une maladie dont l'origine pa- BouvA&T (Michel-Philippe) , méde- raissait inexplicable, Bouvart Gnit par eln, naquit à Chartres, le 11 janvier, deviner que c'était une affection pure- 1717. Reçu docteur à la faculté de ment morale, qui avait pour cause Reims , en 1730 , Bouvart retourna à première des embarras flnanciers. Un Chartres pour y pratiquer la méde- billet de trente mille francs, telle fut cine sous les auspices de son père, la seule ordonnance qu'il déposa sur la jusqu'en 1736 « époque où il s'éta- cheminée du malade, en disant: « Cette Uit à Paris. Deux ans après , U se fois, Je suis sdr d^avoir trouvé le refit recevoir docteur de la faculté de mède. » Il ne s'était pas trompé ; la cette ville , où il devint un des pre- santé du malade revint avec le rétamiers praticiens. En 1743, l'Acadé- blissement des affaires du banquier, mie des sciences l'admit au nombre Bou yens ( l'abbé de) , né , vers 1 750, de ses associés. La faculté de méde* à Bourg en Bresse , émigra en Alledne le proposa comme professeur des magne d'abord, puis en Angleterre, écoles, et en 1747, il ouvrit son cours par suite de son refus de prêter le serde physiologie par un discours latin ment que l'on exii^eait des ecclésiasqui fut fort applaudi. La même an- tiques à l'époqur de la révolution. Ce née, il remplaça Burette à la cliaire fut lui (]ui prononça, en 1804, l'oraide médecine dû Collège de France, pu son funèbre du duc d'Enghien, dans la il obtint les plus grands succès.^ chapelle de Sain^Patrice , à Londres, santé s'étant altérée , et se trouvant en présence des princes de la maison d'ailleurs chargé de trop de travail, il de Bourbon. Si nous avons cité ici le se démit, en 1756, de cette dernière nom de l'abbé de Bouvens, c'est moins place , et en même temps de celles de pour son éloquence qui n*était pas de médecin de l'hôpital de la Charité et premier ordre, que parce que cette des Enfants -Trouvés. Par les mêmes oraison funèbre est suivie d'une iVo^ie^ motifs, il fut empêché d'accepter la /^/sYorf^?/^ sur le duc d'Enghien, notice
{liace de premier médecin du roi , qui pleine de partialité, mais qui peut être ui fut offerte après la mort de Senac; utilement consultée, il n'en continua pas moins à jouir de Bouvebt, lieutenant, chargea à Testime du roi et des princes, qui le trois reprises à la téte de quatre cents consultèrent plusieurs fois. Il reçut, cavaliers, contre un carre de quinze en 1768 et 1769, des lettres de no- cents Autrichiens, au combat d'Arlon, tlesse et le cordon de Saint-Michel, en 1793. Il parvint à disperser les enfaveurs que, dit-on, il n'avait point nemis, le^ tailla en pièces; mais il sollicitées. II .mourut, après plusieurs reçut vingt-huit blessures. » La France années de souffrances, le 19 janvier les a comptées, » lui écrivit à ce sujet 1 787. On lui reprochaitun caractère dif- Vergniaux , pr^îdent de la Convention ficiie , une grande propension à la mo- nationale.
querie, et d'avoir abusé delasupériorité Bouvet (Claude-Pierre), né à Dôle
que sa réputation lui donnait sur ses en 1759, fîit' à vingt-sept ans nommé
conhrères, envers lesquels il affectait professeur à l'université de droit de Di-
un dédain insultant. Cette disposition jon. Lors du procès de Louis XVI , il
d'esprit l'engagea souvent dans d'in- s'offrit en otage, et demanda à être l'un
terminables controverses, et le porta ,des défenseurs de ce prince. Arrêté eu-
m ton L'UfllYERS. IM>U
suite comme suspect , il fut remis en liberté après le 9 thermidor. Il présida , pendant Van iv et Tan v , i'adipinistration centrale du département du Jura 9 et tut ensuite successivement maire de Dôle pendant dix ans, député de celte ville au Corps législatif, dont il fut vice- président, et procureur général de la cour impériale de Besançon. Nommé memora de la chambre des députés en 1814, il s'y fit remarquer par Tindépendance de ses opinions et l'impartialité de sa conduite. Il alla reprendre, pendant les cent jours, ses fonctions de procureur général , et les continua sous la seconde restauration, Jusqu'au 18 mars 1816 j époque où il tut envoyé à Limoges en la même qualité. Enfin, une ordonnance rojaie le rappela, en 1820, à Rançon , comme président honoraire de la cour royale.
Bouvet { Frantjois-Joseph , baron), vice-amiral, naquit, en 1753, à Lorient : fils d'un capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes, il s'embarqua , à douze ans , sur la flotte commandée f9r le bailli de Suffren, et fit avec ce grand amiral les campagnes de l'Inde. Kn 1782, il fut élevé au grade « d'enseigne de vaisseau, ç.t, en 1793, h celui de capitaine de frégate. Il se distingua dans les diverses eipéditions qui lui furent confiées, et se trouva aux fameux combats des 10, 11 et 12
Srairial an il. Lorsqu'en 1797, l'amiral lorard de Galles sortit de uos ports, à là tête de Tescadre destinée à opérer une descente en Irlande, Bouvet, devenu çontre-aiiiiral , avait le commandement d'une de ses divisions, et il fut chargé bientôt après, par suite cTun événement fortuit , du comman* dément en chef. Il ne négligea rien pour le succès de l'entreprise, inaîs la fortune lui futcontraire,et le Directoire le destitua; injustice d'autant plus douloureuse pour lui^ qu'il avait tout ftit dans cette circonstance pour soutenir l*honneur national. Bonaparte , devenu premier consul, lui rendit de l'activité", et le chargea de conduire à sa destination le général Richepanse, nommé gouverncttr de la Guadeloupe.
Il remplit ensuite successivement, durant plusieurs années , les fonctions de commandant de la marine à Brest et celles de préfet maritime. Destitué pendant les cent jours, il fut nomme, en 1816, vice-amiral; mais on le mit à la retraite dix-huit mois après.
Bouvet (Joachim), jésuite, né au Mans, fut l'un des premiers missionnaires envoyés en Clyne, par Louis Xiy, avec une mission scientifique.
Colbert, après avoir relevé l'industrie française, après l'avoir mise au niveau de tous les progrès que les arts avaient faits dans les autres contrées de l'Europe, avait conçu le projet de Tenrichir des procédés usités chez les peuples de l'Asie. A cet effet, il avait résolu d'envoyer à la Chine un certain nombre de missionnaires instruits, dont les relations devaient faire connaître à l'Europe ce pays, sur lequel on n'avait encore que det notions inexactes. I.a mort du grand ministre empêcha rexécniion de ce projet; mais Louvois, son successeur, le reprit ; et , le 3 mars, six missionnaires jésuites, les pères Fontanay, Tachard, Gerbilion , Lecomte , Visdelou et Bouvet , munis d'instructions détaih'ées du ministère et de l'Académie des sciences , et pourvus de tous les instrufâents nécessaires aux observations, s'embarquèrent à Brest pour la Chine, où ils abordèrent le 23 juillet 1687.
Appelés aussitôt à Pékin, ils eurent la lacuité de se disperser dans i'em-
£lre, excepté les pieres Gerbilion et louvet, que l'empereur retint auprès de lui, et qu'il prit pour maîtres de mathématiques. Ce furent ces deux missionnaires qui dirigèrent la constructioQ de l'église et de la résidence des jésuites à Pékin.
Le P. Bouvet revint en France, en 1G97 , et apporta au roi, de la part de l'empereur Kang-hi , quaranteneuf volumes chinois. La bibhothèque royale n*en possédait que quatre, lesquels avaient été trouvés parmi les manuscrits du cardinal Mazarin. Louis XIV remit au V. Bouvet, pour l'empereur, un recueil complet de ses estampes, magnifiquement relié; et peu
après, ce religieux, accompagné de dix nouveaux missionnaires , repartit pour la Chine, où il arriva en 1699. Il mourut à Pékin, en 178S, après avoir travaillé longtemps à la grande cai'fe de l'empire, levée par les iééiiites, d'après les ordres aeKang-hi.
Bouvet ( Pierre • François - HenriiStietine ) , né à Itle dfe Bourbon, la M novembre ITTil, est un des capitaines de vaisseau qui ont f:?it le plus d'honneur à la marine française; pendant la révolution et sous l'empire. Avant l'âge de douze ans, Bouvet s'embarqua sur les ▼aisseaux du roi comme ▼olootaini; il était aspirant en 179S, à bord de V/irétkuse, fréc;ate amirale dans la campagne de la Méditerranée, sous les ordres de l'amiral Truguet. Lors de la Âioeste campagne de Saint-Domingue, Bouvet montait le iMoutablè en qualité de lieutenant de vaisseau etd'adjuddnt du contre-amiral qui portait le même nom que lui. Il contribua, avec Ce générai, à la soumission de la Guadeloupe, qui s^était réfoltée contre le capitaine général nommé par le gbu»
vernement consulaire. Après plusieurs campagnes dans les mers du Sud, où il déploya une rare intrépidité, il fut diargé, parle capitaine général de l*tle de France, d'une croisière avee on petit bâtiment de l'espèce connue, à la côte de IMalabar, sous le noni de Patnar, et que le général Decaen avait surnommé X Entreprenant, Quoique cette eliibarcatiott ne (At armée qué d*Bn seul caÀtfti de huit et n*eât que quarante hommes d'équipage, le capitaine Bouvet parcourut sur son patnar une grande partie de la côte de Malabar, sut se dérober aux poursuis tes des bâtiments de guerre de l'en* nemi« et fit plusieurs prises sur son commerce. Il termina sa eroisière par un fait d'armes très - remarquanle.
Ayant rencontré un paquebot anglais qui se rendait à BassorH, il l'attaqua; et bien que ce bâtiment fût arme de dix caronades, et ei1t à bord un détachement de troupes en outre de son équipage, montant à soixante-dix hommes, il parvint à s'en emparer. Ce brillant raseès tetentit dans la nmr dë
l'Inde, et les journaux anglais euxmêmes donnèrent de grands éloges à la valeur du capitaine Bouvet. Un0 Dsrtie du produit de cette campagne rut emidcqfie à construire uo bricl^ de douze canons de douze , qui remplaça le patnar, en conservant le nom de Y Entreprenant, Avec un bâtiment de cette nrce^ le capitaine Boatet put tenter davantage, et sa secoAde cioisière fut beaucoup plus fructueuse que la première. Indépendamment de l'objet principal de la course, la destruction du commerce anglais , le ca- IHtaine Bouvet avait été cbargé par le général Decaen d'une mission dont le But était à la fois politique et militaire. 11 s'agissait de sdVider les dispositions du gouvernement des Philippines jonvers la France, dispositions que fin»
vasion de l'Espagne par nos armées avait pu rendre hostiles. Le capitaine Bouvet alla, en conséquence, se présenter devant Manille, expédia un canot avec des dépêches pour le gouverneur espagnol, et s'avança avec son brick sôus pavillon parlementaire aaos la baie de Caveto. Cependant, au mépris du droit des gens, il fut canonné par une corvette anglaise et divers bâtiments espagnols et manillais; Dédaignant de riposter, et conservant SOU pavillon de parlementaire, lîouvet regagna le large. Toutefois il résolut de venger sur le commerce manillais l'insulte qu'il avait reçue, et il y réussit à un tel point que legoavemeiir espagnol se vit forcé o'obtempârCrll sa sommétion, et de lui renvoyer son canot avec l'équipage d'un autre bâtiment français qu'il avait retenu prisonnier, et traite ' èè la manière la plus inbumeine. Les prises riches et nombreuses quMl fit procurèrent au gouverneur de l'île de France les matériaux et l'argent nécessaires pour réparer une division de frégates que la pénurie des magasins de' la mariue impériale retenait dans line iliaction forcée. On put mime réai^ iner une frégate portugaise et une corvette anglaise, qu'avait capturées le capitaine Duperre, et qui, jointes à la fin^ate (a Mhm, tormereiit unè Bsoonde divisîoa quq l'im envoya ^
MW LUNIVERS. . BOU
croisière. Le commandement de la frégate portugaise, laMinej've,ï\it donné au capitaine Bouvet , qui sut tirer parti d'un équipage numériquement très^ faible, et d'îiiileurs composé d'hommes de toutes nations et de toutes couleurs, la plupart sans aucune ex{3érieuce de la mer. La division Duperré dont il faisait partie ayant douné âiasse à trois vaisseaux anglais de la compagoie des Indes, Bouvet les joignît Je premier, les attaqua seul, et les avait presque entièrement réduits, quand les autres bâtiments de la division le rallièrent.
C'est au retour de cette croisière, en aoilt 1810, qu'eut lieu le célèbre combat du Grand-Port, où deux frégates françaises combattirent quatre frégates . anglaises, dont trois furent détruites et la quatrième prise. La blessure que reçut le capitaine Duperré pendant l'action fit passer le commanidement au brave Botivet, qui consomma la destruction de la division anglaise. Sa conduite, dans cette affaire, lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Peu de jours après, il reprit la mer, montant la frégate même qui venait d'être capturée, et à laquelle on avait composé à la hâte un équipage. Avec cet armement improvisé, il réduisit en très>|jeu de temps une frégate anglaise montée par un capitaine habile, qui, avec son équipage, avait cent homnies d'élite de la garnison anglaise de Bourbon, et quantité de volontaires qui avaient voulu assister en amatoirs à la' prise de la frégate française. Leur attente fut cruellement ' trompée. Le spectacle horrible que présentait leur frégate ût dire à Tofficier que Bouvet avait envoyé à son bord, aussitôt qu'elle s'était rendue : « Commandant, ce que «« je viens de voir me fait saigner le « cœur; les hommes sont pilés comme « dans uu mortier. »
On dte une foule d'autres traits remarquables du capitaine Bouvet, que le retour des Bourbons condamna malgré lui au repos. Il avait pris part à treize combats, dont dix sous son pro-
Êre commandement, sans que jamais i fortune eût trahi son courage. De« puis sa retraite, qu'il prit à quarante-
cina ans, encore dans toute sa force, il s est retiré à Saint-Malo. Ou a de lui des Observations sur la marine^ Paris, 1831, in-S*'.
Bouvet de Cressé (Auguste- Jean- Baptiste) naquit à Provins en 1772 Après avoir servi quelques années dans Tarmée de terre , il s'enrôla au commencement de la révolution dans la marine, et devint chef de l'imprimerie de l'armée navale. II se distingua surtout au combat qui eut lieu le l'"'" juin 1794 entre la ilotte française sous les ordres de Villaret-Joyeuse et l'escadre anglaise commandée par l'amiral Howe. Voyant le vaisseau qui portait l'amiral français prêt à succomber sous les coups de cinq bâtiments ennemis, l'intrépide jeun« homme, quoique déjà blessé et le bras en écbarpe, conçoit Tespoir de le sauver ; il s'élance aux cris de : f^ive la république ! gravit avec mille efforts , et malgré cinq nouvelles blessures qu'il reçoit, jusqu'au pont du vaisseau , met le feu à une caronade de 36 et balaye le pont de la Reine- Charlotte y qu'ifforce, par cette action courageuse, à prendre la fuite à pleines voil§s. En quittant le service, M. Bouvet de Cressé se livra à l'enseignement et établit une maison d'é* ducation à Paris. Il a publié de nombreux ouvrages , parmi lesquelles nous citerons seulement son Histoire de la catastrophe de Saint-Domingue , Paris, in-8% 1824, et son Histoire de la marine^ Paris, 2 vol. in-S<», 1824.
Bouvet de Lozieb ( Athanase- Hyaciuthe) , né à Paris, en 176;), entra fort jeune encore au service , et suivit les princes dans leur émigration. Il fit avec eux les campagnes contre la'France , se retira en Angleterre , lorsque l'armée de Condé fut dissoute, et passa avec le grade d'adjudant général dans les bandes royales de la Vendée. Impliqué dans l'affaire du 8 nivôse , otj il figurait comme complice de Georges Cadoudal, il ne voulut pas suf>porter les débats du procès et chercha à s'ôter la vie. Il était près de rendre le dernier soupir, lors(^u'oa arriva à temps pour le soustrair/e à la corde dont il s'était enlacé. Rap-
BOIT
BOU
pelé à l'existence, mais encore tout troublé , il lit des aveux qui compromirent particulièrement Moreau , couDable selon lui d avoir attiré à Paris les conspirateurs, par la promesse d'une coopération qu*il ne leur avait pas prêtée. Il n'en tut pas moins condamné à mort; mais, à la prière de sa sœur, urésentée à JNapoléon par madame Murât , sa peine fut commuée en une détention de quatre ans , à rezpiration desquels il fut dé* porté.
En 1814, Louis XVIII, pour reconnaître son zèle, le nomma maréchal de camD , officier de la Légion d*hon* nenr, dievalier de Saint-Louis, puis 'commandant de l'île Bourbon. Dans ce dernier poste, lîouvet de Loxier lit un bon usage de la détermination de caractère qui lui était naturelle,non pas en adressant aux troupes de la colonie une proclamation insultante contre IS'apoléon qu'il ne voulut pas reconnaître , mais en refusant de laisser débaruuer les Anglais dans l'île. C'est à sa lermeté qui»n doit attribuer la eonservation de Tlle Bourbon à la France. Sous prétexte de faire respecter la souvernineté des Bourbons , les Anglais , se présentant en force, étaient venus lui ofirir du secours, il répondit qu'il n'en avait pas besoin, et il ne tint aucun compte des sommations de remettre rîle, que, sur son rèfus, lui lit le commandant de l'escadre anglaise.
Les dispositions niilitaircs de Bouvet de Lozier et Télan que son courage avait communiqué aux habitants imposèrent aux Anglais qui se décidèrent a la retraite.
Tombé un moment en défaveur, en 1818, Bouvet ne tarda pas à recevoir, comme une sorte de dédommagement, le titre de comte; mais, en 1825, il mourut à Fontainebleau s des suites d'un duel que fui-nirine avait provoque par jalousie pour une très-belle créole de Hle Bourbon, devenue sa femme. Scandalisé de ce fait, le clergé lui refusa la sépulture, et, par une particularité bizarre, l'homme qui , sous le consulat, avait sacrifié sa vie pour le rétablissement du trône et de Tau-
tel , fut enterré dans le dmetièce des
juifs.
Bouvier -Destouches ( Urbain- Mathurin-Marie ), né a Rennes , avait fait, en qualité de lieutenant en premier dans les grenadiers à cheval de
la vieille garde, la campagne de Russie. Il revint en France, après avoir été amputé des dix doigts, et fut nomméconseiller de préfecture de son département; mais, en 1814, Il n*eut pas plutôt entendu la voix de la' patrie qui faisait un appel à tous ses enfants en état de porter les armes, qu'oubliant qu'il était mutilé , il se rendit à Paris et obtint d*étre remis en activité. Un crochet de rer pour tenir la bride et les rênes de son cheval a remplacé son poignet gauche , et une courroie adaptée au poignet droit lui sert k tenir son sabre. Il arrive en cet état pendant la bataille de Craonne et se met en ligne ; mais à Tinstant mèmê il reroit deux blessures, est renversé de d'ieval , fait prisonnier par les Cosaquesetconduitau colonel russe Blenkendorf, qui le fait transférer à Laon, au quartier général de Bulow. Celuici, plein d'admiration pour son prisonnier, le lit mangera sa table, et ne laissa échapper aucune occasion de le eiter comme un modèle de courage et de patriotisme.
Bou viER-DuMOLABD (le ctievalier), né en 1781 , à Sarreguemines , fut nommé successivement auditeur au conseil d'État, intendant de la Carintbie, de la Saxe, des pri ncipautés de Gobourg et de Schwartzbourg, et chargé de l'organisation des États vém'tiens.
Après s'être acquitté de cette dernière mission , il fut pourvu de la sous-préfecture deSarrebruck, obtint, en 1810, la préfecture du Finistère, et passa, ' en 1812 , au département de Lot-et- Garonne, où il était encore lorsque les événements de 1814 changèrent les destinées de la France. Nommé , pendant les cent jours, préfet de la Meurthe et membre de la chambre des représentants, il resta dans ce département pour y organiser la garde nationale , et ne vint siéger à la chambre qu'après que les Autrichiens se furent
iov
LOIHIVEaS.
«niHÉil dî Kancy. Quoi(|tte If. Boa- Tier-Dumolard n'eût ftiérité, en auciin ttmpt , ie reproche d'avoir fait éclater son attachenlent pour l'empereur par aucun acte arbitraire, son nom tut inscrit, à la seconde restauraiiop , par le goamiMiiieot sur la liste des exilés.
BouviNBS, village à dix kilomètres de Lille et à douze kilomètres de ïouroay , sur la rivière de la Marque, où fttt gagnée par Philippe- Aùgoke^ en 1314, une bataille célébré.
Une ligue formidable s'était formée contre la Fraoce, entre le roi d'Anfiieterre , Jean sans Terre , l'empereur d* Allemagne , Othon IVj. et Ferrand de Portugal , comte de Flandre. Tandis que Jean sans Terre opérait une diversion dans le Poitou , l'armée impériale , composée en grande partie de chevaliers, s'était avancée dans la Flandre; mais Philippe • Auguste n'avait point attendu Tonverture de la campagne pour se préparer à repousser l'invasion étrangère. L'hiver de 1213 avait été employé par lui en préparatifs; au prîiitemps il rassembla son «rmée à Pérdnne. La plus ^raisde partie de la noblesse avait é'utvi son fils envoyé sur ia Loire pour s'opposer aux tentatives des Anglais. Mais il était encore entouré d'un assez grand nombre de noMes) et tes milices des eoinmanës, sartoiit celles de Corbie, Amiens, Beauvais, Compiègne et Arras , qui s'étaient exercées aux armes, et qui lui montraient beaucoup d'attachement, s'étaient réunies sous ses étendards, au nombre de plnsieurs milliers. Son armée s'élevait , suivant les calculs de M. de Sismondi, à quinze ou vingt mille hommes.
« Il entra en campagne le 23 juillet*, jour de la féte de Mane-Madeleine ; il favanea sur les terres de Flandre , et, selon rexpression de son historien , il les ravagea royalement , les dévastant à droite et à gauche par des hicendies {*), M&is ^ après un mois de dévastations, Philippe -Auguste avait
(*) Guillaume le Breton , dans leiHiltO» ikku de France, t tLVII, p. ^.
rintentlon de ramener son Orm^ en France sans ardî* vu rennemi , qui
avait son quartier au château de Mortain, à six milles de Tournai. Le 27 août au matin, le roi se dirigeait de Tournai sur Lillé , lorsque le vicomte de Melun , et frère Garin , de l'hôpital de Saint -Jean, évéque élu de Senlis, qui s'étaient écartés pour reconnaître l'ennemi , avertirent Philippe qu'Othon s'était, de son coté, mis eu mouvement de Mortain, et que, d'après l'ordre où marchaient ses troupes , ils jugeaient que Tempereur se préparait à leur livrer bataille. Othon avait compté attaçjuer les Fran«^ais après que la moitié de leur armée aurait passé le pont de Bouvines , lequ^ traverse une petite rivière qui $é jette dans la Lys. Lorsque ses coureurs at* laquèrent l'arrière-garde des Français, le roi , fatigué du poids de ses armes et de la longueur' du chemin , se reposait à Tombre d'un frêne, à côté d*une église consacrée à saint Pierre. « A cette nouvelle, dit Guillaume le Breton, le roi entra dans l'église; et, ayant adressé une courte prière au Seigneur, il en ressortit, revêtit ses armes, et d*un visage joyeux, comme s*il était appelé à des noces, îl remonta sur son cneval ; au travers du champ on entendit ie cri : Jux armes, aux armes; les trompettes retentissaient; les escadrons, gui avaient déjà passé le pont, revenaient en arrière; on fil redemander aussi le drapeau de Saint- Denis, qui, dans les combats, doit
{précéder tous les autres ; mais, comme I tardait à revenir, on ne Tattendit
rs. Le roi partit à cheval , et se plaçà la première ligne, où une petite élévation le séparait des ennemis.
« Ceux-ci voyant , contre leur espérance , gue le roi était de retour'.
Frappés d'etonnement , tournèrent sur la droite et s'étendirent à l'occident, en occupant la partie la plus élevée de la plaine. Ils avaient le dos au nord et dans les yeux le soleil,
3ui, ce jour-là, était plus ardent qu0 e coutume. Le roi déploya son a^ mée vis-à-vis d'eux, occupant une longue ligne au midi de la piaine ,
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FIULNCE*
et ayant le soleil tories épaules. Les deux armées demeurèrent ainsi quelque peu de temps , offrant deux lignes à peu près de même longueur, et n'étant séparées que par un court espace »
« Autour du roi se trouvaient rangés les plus vaillants chevaliers de l'armée fr.incaise , Guillaume de Barres, Barthélémy de Roye^ le jeune Gaultier, Pierre de Mauvoisin, Gérard Scro* pha, Etienne de Longchamp, Guillaume de Mortemer, Jean de Rouvrai, Guillaume de Garlande, et le jeune comte de Bar. Derrière Philippe se plaça Guillaume le Breton , son cha* pelai n , à qui nous devons une relation tnès-curieuse de cette bataille ; le Breton, de concert avec un autre clerc, ne cessa de chanter des psaufiies pendant tout le combat , quoique sa voix, nous dit- il lui-même, fût souvent entrecoupée par les larmes et les san- ^ots.
« Les Français envoyèrent d'abord un corps de cent cinquante écuyers à cheval, pour escarmoucher avec les Flamand» : ces écuyers furent bientôt presoue tous démontés; mais, quand les cnevaliers vinrent à heurter contre les chevaliers, les forces furent plus égales : des deux parts, il était presque impossible de olesser ou l'homme oii le cneval, au travers d^une armure impénétrable; mais les Iances.se brisaient en éclats, et de grands coups de sabre, frappant sur les casques et les boucliers, en faisaient voler des étincelles. On entendait cependant, comme dans un tournoi, répéter de part et d'autre le cri : ChevaUen, souoenear vous de l'os dames.
« Dans ce conihat,on vit se distinguer par une brillante bravoure le comte Gaucher de Saint-Paul, dont les Français se défiaient, mais qui avait dit luimême à l'élu de Senlis, qu'il leur ferait voir qu'il était bon traître y le vicomte de Melun, qui, comme Samt-
(*) Gaili. le Qretôn , p. 95. La ligne des hançais, à ce que dit un pea plut loin le même auteur, avait miUe-^qiargBte pas de longueur.
ï^aul, fat une trouée au itillfea At» ennemis et revint par un autre endroit, après avoir traversé deux fois leur ligne ; le duc de Bourgogne, qui eut un cheval tué sous lui, et qui, ayant beaucoup d'embonpoint, aurait été fait prisonnier sans la prompte assistance de ses Bourguignons. « Enûn, après trois heures du combat le plus acharné, tout le poids de la guerre se tourna. contre le comte Ferrand.
Ce prince, percé de beaucoup de blessures , et renversé par terre, fut fait prisonnier avec beaucoup de ses chevaliers. Il avait presque perdu le soulfle par la longueur du combat, lorsqu'il se rendit a Hugues de Mareuil et à Jean, son firère.
« Pendant ce temps, les lésions des communes , qui étaient déjà parvenues presque jusqu'à leur quartier, arrivèrent de nouveau sur le chaipp de bataille avec rétendani de Saint-Denis , et vinrent immédiatement se ranger près du corps de bataille du roi , où elles voyaient l'étendard royal des fleurs de" lis, que portait cé jour-là Galon de Montigny, vaillant mais pauvre chevalier. Les milices de Corbie, Amiens , Beauvais, Compiègne et Arras , passèrent entre les escouades des chevaliers et vinrent se mettre en bataille devant le roi. Mais la clievalerie d'Otlion, com|)osée d'hommes très - belliqueux et très-audncleux , les chargeant incontinent, les repoussa, les mit en désordre et parvint presque jusqu'au roi. A cette vue , les dievaliers qui formaient le bataillon du roi s avaticèrent pour le cpuvrir, en fe laissant un peu derrière eux , et ils arrêtèrent Othon et les siens, qui, avec leur fureur teutonique , n en voulaient qu*aq roi seul. . Mais taodil qu'ils se portaient eni avant, et qu'avec une vertu admirable ils arrêtaient les Allemands , les fantassins ennemis entourèrent le roi , et avec leurs petites lances et leurs crocbets » ils l'entraînèrent à bas de son cheval, et ils l'y auraient tué, si la main divine et l'excellence de son armure ne l'avaient protégé. Ua
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petit nombre de chevaliers qui étaient restés avec lui , et surtout Galon de Montigny , qui , en agitant soa drapeau , appelait du secours , et Pierre Tristan , qui se j^aot à bas de son cheval , s'exposait aux coups pour le roi , repoussèrent ces fantassins ennemis , les tuèrent ou les mirent en fuite; tandis que le roi, se relevant de terre plus tdt qu'on ne s'y attendait, remonta sur son cheval avec une légèreté qu'on ne lui croyait point (*). »
« Si dans ce moment Philippe-Auguste courut un grand danger, Temperenr Othon ne tarda pas à se voir exposé h un péril non moins j^rave. En effet, les chevaliers français parvinrent jusqu'à lui. « Pierre dé Mauvoisin saisit même la bride de son cheval ; comme il ne pouvoit l'arraclyr à la foule qui Tentourait , Gérard Scropha le frappa à la poitrine du couteau qu'il tenait nu à la main ; il ne traversa point Tarmure prescjue impénétrable dont les chevaliers de nos jours sont couverts ; et comme il vQulait redoubler , le cheval d'Othon, en se cabrant , reçut le coup dans la tête : blessé mortellement à l'œil, il tourna sur lui-même et prit sa course du côté par où il était venu. L'empereur y nous montrant ainsi le dos, et nous laissant en proie son aigle et le char qui le portail , le roi dit aux siens : f'ous ne verrez fdm.'sa face eTaufaunthui, Cependant son cheval avait fait bien peu de chemin lorsqu'il tomba mort; mais on lui en présenta aussitôt un autre avec lequel il recommença à fuir. Il ne pouvait plus résister à la valeur de nos cbevalitirs ; en effet, Guillaume d^ Barres Tavait déjà deux fois tenu par le cou ; mais il se déroba à lui par la rapidité de son cheval et par l'épaisseur des rangs de ses soldats C**). »
«La bataille ne finit point par la fuite d'Othon ; le comte de Teklembourg, le comte de Dortmund et plusieurs vail-
(*) Guillaume le Breton , p. 97.
(**) Giiilbiiiiie<le Breton , p. 98.
lants chevaliers de Tempereur firent encore reculer les Français; mais ceuxci revenant sur eux en plus grand nombre , les firent prisonniers ; alors on commença à voir fuir le duc de Louvain, le duc de Limbourg, Hugues de Boves et leurs chevaliers , par cin- -quante ou cent à la fois. Renaud, comte de Boulogne, s'obstinait seul au combat. Il avait disposé en cercle un certain nombre de sergents d'armes à lui; c'était comme une forteresse hérissée de piques, d'où il faisait des sorties brillantes, et où il se retirait quand l'haleine lui manquait pour se battre; enfin il fut renversé de son cheval , blessé , et il allait être tué lorsqu'il se rendit h l'évêque élu de Senlis. Sept cents fantassins braban-
Sons qu'Othon avait placés au milieu le son front de bataille, y demeurèrent les derniers : après que tout avai^fui autour d'eux , ils opposaient encore aux Français comme un nuir inébranlable. Philippe les lit charger par Thomas de Saint-Valer^, avec cinquante chevaliers et deux mille fantassins : ils furent presque tous tués sans avoir abandormé la place. La nuit approchait; Philippe, qui craignait surtout de perdre quelqu'un de ses importants prisonniers , fit sonner le rappel aux trompettis; les Français qu*il rassemblait ainsi avaient à* peine poursuivi leurs ennemis pendant l'espace d'un mille {*). »
Ce réisit, emprunté presque tout entier par le savant auteur de l'Histoire des Français à un témoin oculaire, Guillaume" le Breton , chapelain de Philippe- Auguste , nous peint dans cette seule bataille toutes les guerres du moyen â^e. Il nous fiiit comprendre la supériorité des nobles sur les roturiers : les premiers étaient des hommes tout de fer, qui tunient et n'étaient point tués ; tandis que les satellites , les écuyers et les sergents d'armes ne se trouvaient presque au combat que pour faite de leurs corps un rempart a leurs maîtres, et pour
{*) Sismondi» But, des Français, t. YI^ p» 356 fli Miiv.
BOU
tomber sous les coups de leurs ennemis. On voit aussi, aans la description de ce combnt, que l'ordre nouveau du peuple avait fait des progrès vers son affranchissement, et avait acquis plus d*tniportance dans les armées. D'une part, on voit des satellites combattre h pied ; ce qui montre qu'on commençait à sentir les
iume de Bourgogne. <Senèf e, 16S9^
in-4**. Ces deux ouvrages sont peu exacts. Néanmoins Bouvot est cité avec assez d'estime par fiouthier et Papillon.
BouxwBiLLBB, petite ville du département du Bas-Rhin, à douze kilomètres de Snverne. Cette ville, dont la population est de trois mille sept cent cinquante-six habitants, et qui |K)Ssède on volt les légions des communes s*a* un collège communal , était autrefois vancer hardiment au fort de la bataille, plusconsidérable; elle était protégée par
avantages
d'une boime infanterie; d'autre part,
où elles devaient rencontrer des hommes presque invulnérables.Quinzecommunes françaises envoyèrent leurs soldats à cette grande bataille: ce furent <^iles de Noyon, Montdidier, MoatreuiL Soissons, Bruyères, Crespyen Laonnais, Crarideleu , Veley, Coroie, Compiègne, Roye, Amiens et Beauvais.
• La victoire de Bouvines , Tune des
une enceinte fortifiée , qui n'a été démolie que dans le dix-septième siècle.
Bouxw£iLLER (combat de). — Les succès du général Hoche ayant déterminé les Autrichiens à faire un mouvement rétrograde en novembre 1798, Pichegru , commandant l'armée du Rhin repliée sous Strasbourg , fut obligé de reprendre aussi i'oftensive.
Le 18 novembre, cette armée attaqua
phis brillantes qui eussent été rem- * Tennemi sur tous les points. Le gé portées par les Français, fut décisive, ncral Burci avait fait marcher, dès le Parmi les prisonniers se trouvaient matin, deux colonnes : la première cinq comtes , vingl - cinq chevaliers s'était dirigée sur Bouxweiller, où bannerets, et un srand nombre d*att* l'ennemi avait fortifié son camp par très d*une dignité inférieure.- Le roi deux redoutes; la seconde avait reabandonna plusieurs de ces captifs aux poussé d'Ing^ve^lIer un corps de cacommunes, pour que chacune pi\t s'en- vaîerie, qui avait été forcé de se reorgueillir de la oart qu'elle avait eue à plier encore sur Bouxweiller. Les la victoire, et s enrichir de la rançon Autrichiens abandonnèrent ce camp de quelque seigneur. Le retour de Phi- dès le 20, et prirent une position lippe à Paris eut tout Téclat d*un intermédiaire entre ce lieu et Ha-
triomphe; jamais le peuple français n'avait pris encore une part si vive aux succès de ses rois. Toutes les villes, tous les villages que traversait Philippe étaient décorés de tapis ou d'arcs de verdure ; la joie du peuple de Paris égala celle des habitants des provinces, et, ainsi qu'eux , il regarda la bataille de
guenau.
BouYs (Jean-Baptiste) , né à Arles au commencement du dix -septième siècle, a publié, sur sa ville natale, un ouvrage fort'curieux, intitulé la Royale couronne d'Arles, ou Histoire de Vancien royaume d'Arles, enrichie de l'histoire des empereurs romains^
Bouvines comme une des grandes épo- des rois goths H dù de France
ques de la gloire nationale (*). »
B^uvoT (Job), né à Châlons-sur- Saône en 1558, mort à Châlons en 1636 , étudia le droit sous le célèbre Cujas, et se fit un nom dans la jurisirudenoe. On a de lui : Recueil d^ar»
réii ntMdes du parlement de Bour»
gogne. Cologne (Genève), lG23et 1628, 2 vol. ia-4*; Commentaire sw la coU'
(*) SiflBOodi, ibid., p. 366.
gui ont résidé dans leur endos, Avii gnon, 1641,1644, in-4".
BouzEY, terre et seigneurie de Lorraine, à quarante-trois kilomètres sudouest de Nancy.
BoozONiB (Jean), jésuite, né à Bor« deaux vers 1646, cultiva avec succès la poésie latine. Il publia deux recueils de vers latins , quelques hymnes pour Je bréviaire des Augustins, des cantiques , des oraiioiis fiinèbres ; mais
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