‹ France (volume 3)Chapitre 58 sur 105 · ÉMU · texte numérisé non relu

ÉMU

èlller SP gt-ouper dans la rue mémè, La foule y devint bientôt immense, surtout lorsque Law eut imaginé de convertir toute la dette publique en actions de la dottipaghiè des IHdeâ; tôute là i^^iilatioh, cbiiit>taHt sûr des fcvpHli*; imaginaires, fee porta alors à la rue Quincan)poix. Les actions, dont la Valeiir primitive était de cinq cents livres, furent bient<)t poHées à dix ihflite iUrmy et flhirëht bàl* dépasser le cdurs de vingt mille livres. La ruë dù l'on en faisait le commerce fut appelf^e par le public le Missisxipi. Elle était encombrée par toutes les classes de la société oofifohdues etiseiilble et se repaissant des aiémes illusioifis. Toutes les habitations avaient été changées en pnreaux; les locataires avaient cédé leurs appartements, les marchands leuH boutiques; des maisons dont le loyer ne s*élevait pas auparavant à huit ceots livres, rapportaient cinquante et soixante mille livres. tJn savetier qui avait changé son échoppe en bureau, en y plaçant des tabourets, une table tt un écntoire, gagnait deux cents livres par jour«

I^es agioteurs s'entendaient comme d*adroîts fripons; ils spéculaient généralement sur la hausse constante, mais souvent aussi sur les variations qu'ils avaient l*art de produire. Ils se rangeaient I la file dans la rue, prêts à agir au premier signal. A peine une sonnette placée dans le bureau d'un nommé Papillon s'etait-elle lait entendre, qu*ils ofTiniènt tous à la fols des actions, vendaient et amenaient upe baisse; et à un signal contraire, ijs rachetaient au prix le plus bas ce qu'ils avaient vendu très-cher. Les variations étaient si rapides, que, recevant des actions pour aller les vendre, ils avaient le tempe de faire des profits énormes 60 les gardant un jour seulement (*).

Le gouvernement avait toujours chercfaé à empêcher ces réunions de

(*) Voy . Auguste Chevalier, article BouRSft, dans le Dictionnaire de laConveriatioil.T4^* tUMÏ au t. ZI f rsrlidè ^AiïQiji.

f^iïHts «t flè lpMllfé«N. (I Ht

regardait eôthiné des rasèlsfnbttmètiU tumultueux y faisant naître un** Infi^ nité d'abus , r?^' désordres et de fraU" des, et, quelques années auparavant, il Ifes avilt déH^âdbek sotis |iéliie de prison. Il fèconHUt alOfs IMItipoSaibilité d'empécner entièrement le rtial; mais il songea du moins à Tatténuer, ën affectant à ces réunions un lieu spécial, et en se donnant aiilsi te moveh de Sttrveiller les transactions î|di S^y d^ié- Iraient. C*est alors que fut établi la première bourse de Paris, daris une des salles du palais Mnzarin, dont la

Eartie supérieure était occupée par les Ureadx dé Ih Compagnie des IndeS; Lorsque après la chute dti Système de Lnw pt la ruine de la Compasnie des Indes, le palais Mazarin cnangea de destination, et reçut la bibliothèque rovale, la bourse fût transportée dans rédiflce occupé uar lë triteor. P«MSnt îa dévolution, elle fut trahî'féréê dails réalise des Petits-Pérps . et de là au Palais-Roynl , dans la galerie de Virginie, où elle se tint iusqu'en 1826, époque dQ fllt achevS lé palâls âciuël de la Bourse, dont H ^remlèrë |l{erfe avait été posée en 1808.

Nous avons raconté les tùrpitudes dont la rue Quincampdix fht le théâtre pendant la durée de l'espèce de (lèvre ëpidéhliqde «iftuSéé ))ar le systèhie ne Law; hous n'essayeront p^s de faire l'histoire des Intrigues de tout genre, et des vols non inoms honteux, mais

8 lus adroits, qu'ont vu commettre les iffShents lieux consacrés depùiâ cette époque aux réunions des négociant^.

Nous ne dirons rien de l'agiotagé effréné dont le nouveau {)aTais dé la Bourse est encore actuellement le théâtre. Jetons un voile sur les honteuses manœuvries de ces hommes aVIdes , qui ne voient dans le^ dangers de là patrie que dps occasions de spéculer ët de sVnrichir. jVous voudrions n'avoir à rapporter dans ce dictionnaire que des faits dont la nation n'eUt pas à i;Ougir.

La plupdft des grattdés villes commerciales de la France ont maintenant, comtiie Paris, des bourses de cortimerce. Les boutses dé Lydn» M^-

LTNIVERS.

seille , le Havre et Bordeaux , sont celles où il se fait le plus d'affaires.

BouRSi£fi (LaurjBnt-François), docteur en Sorbonne, naquit en 1679, à Ëeouen, diocèse de Paris. Il se fit remarquer par une grande piété, mais eut a souffrir de cruelles persécutions

I)Our s'être opposé au formulaire d'Aexandre VII et à la constitution UnigenUus de Clément XI. U contribua puissamment à soulever la Sorbonne contre cette dernière bulle, fut un des plus fougueux appelants^ et écrivit le fameux mémoire des quatre évéques^ pour justifier la mesure de Tappel. Ses protestitions contre raccbn^modement de 1720 le firent exclure, par lettre de cachet, des assemblées de la faculté de théologie ; une autre lettre de cachet lui enleva ses appointements en Sorbonne, après qu'il se fat élevé contre le coiustle d*Embrun, tenu dans la ville de ce nom, l'an 1728. Kxilé à Girvet en 1735, il revint secrètement à Paris ; mais sa santé s'était altérée, et il mourut le 17 février 1749. Le curé de Saint-Nicolas du Chardonnet fut exilé à Senlis pour lui avoir donné la sépulture ecclésiastique.

Boursier avait travaillé très-activement à la réunion de TÉglise grecque et de PÉglise catholiqae. En 17 1 7, lorsque Pierre le Grand vint visiter, à la Sorbonne, le tombeau du cardinal de Richelieu, on profita de l'occasion pour lui faire sentir les avantages d'un 'rapprochement entre les deux cultes.

Boursier passa tonte une nuit à rédiger sur ce sujet un mémoire éloquent qui fut goûté du monarque. Le czar promit de s'occuper sérieusement de cette grande mesure ; mais, soit tiédeur oe sa part, soit mauvaise volonté du clergé russe, la négociation éprouva des lenteurs, et le mémoire de Boursier, d'ailleurs combattu plutôt qu'appuyé par le cardinal Dubois, n'aboutit a aucan résultat.

BouBsiEBs ET Bbaibbs.— La cor* ponition des boursiers et braiers est une de celles dont les statuts composent le registre des métiers d'Étienne ' Boileau. La profession de ces artisans avait pour objet la fabrication des

bourses et des braies ou hauts-dechausses en cuir. Les bourses se faisaient principalement en peaux de lièvre et de chevreau , ou ehevrotb^^ et les braies en peaux de vache « ean^ truie, cheval ou mouton.

Les bourses fabriquées par les boursiers étaient destinées aux hommes , les femmes en portaient de plus élégantes,, que ronap(»elait aumOntérei sarrazinoises. Cétaient de petits sacs, qu'elles attachaient à leur ceinture, et qui conteriaient la petite monnaie destinée aux aumdnes. Il y en avait de plusieurs espèces :

«J'ai les diverses mmmMm, «Btde soie et de cnrdounn, •I qm je vendrai encor dan , « Et n CD ai de pMm toile (*). •

Ces aumdnières« imitées probablement du costume oriental , à l'époque des croisades, étaient brodées et quelquefois richement ornées. Les ouvrières qui les faisaient formaient une corporation particulière et fort nombreuse, dont les statuts furent enre!:istrés, en 1299, parle garde de la prévoté de Paris (**).

Ceux de la corporation des boursiers forent renouvelés par Philippe de 'V^alois, qui, dans une ordonnance de l'année 1342, les qualifia de boursiers ^ caf/atiers ^ bonnetiers, cal^ çonniers, etc. . . Cette ordonnance fut confirmée successivement par Charles VI , Louis Xn , Charles IX et Louis XIV, dont les lettres patentes, datées de l'année 1656 , étaient encore en vigueur à l'époque de l'abolition des jurandes et des maîtrises. A cette époque, on avait ajouté de nombreuses attributions à celles que les statuts enregistrés par Étienne Boileau attrihuaient à la corporation des boursiers. Ou reconnaissait en effet à ces artisans le droit de faire et de vendre dés parapluies, des parasols, des culottes , des gibecières, des cartouches , des gibernes , et une foule d'autres objets semblables. Il fallait,

(*) Dit d'un mercier, rite par M. Depping, Livre dos niéiit is , p. 382.

Ç") Vo)cz le Livre des méliers d'Étienne Bodeau, p. 38a, éd. Depping, ibid.

Boo ï&auce.

pour être admis dans la communauté, avoir fait quatre ans d'apprentissage et cinq ans de compagnonnage. Le brevet coûtait soixante-cinq livres^ et

)a maîtrise six cents.

BouRSiEBS. — C'est le nom donné aux élèves entretenus gratuitement dans les établissements publics. Voy.

BOUBSES DBGOIXiGB.

BouBSONNB, terre et seigneurie

dans le Valois, avec titre de vicomté, à 9 kilomètres sud-est de Crécv.

BouBVALAis (Paul Poisson de)^ iils d'un paysan des environs de Rennes, après avoir été successivement laquais cnez le fermier général Thévenin, facteur chez un marchand de hois et huissier dans son village, devint un des financiers les plus riches de France. La protection de M. de Pontcliartrain, chancelier de France, lui fut d'un grand secours; mais il était doué aussi d'une merveilleuse aptitude aux affaires. C'est seulement en 1687, loraque son protecteur Teût déjà fait connaître, qu'il prit le nom de Bourvalais; jusque-là il s'était appelé Paul Poisson. En peu de temps il se lit, par son talent dans les opérations financières, une de ces fortunes qui passât toute croyance. II fut anobli, et le frère de Louis XIV ne dédaigna pas d'aller jouer et mnnger ciiez lui. Mais sa prospérité ne tarda pas à éveiller .l'envie, et, comme il paraissait avoir plus d'adresse que de probité, le tribo* nal érigé eni7l6 par le régent rechercha sa conduite. Les résultats de l'enquête amenèrent la saisie de tous ses biens, malgré les efforts qu'il ût pour en dissimuler une partie. Cependant, en 1718, il fut réintégré dans presque toutes ses possessions. Son iiinorance attira sur lui une foule d'épigrammes, on lui prêta tous les genres de ridicules, et il faut avouer qu*à part le rawiiement des capitaux et rart de jouir du fruit de ses bénéfices, il n'avait qu'un mérite fort ordinaire. C'était en tout point le parfait modèle du traitant.

BouBntfs (AmaMe de), abbé de Saûit-Martin de Cores, fut un des pre- BMen oieiiibres de l'Académie Iran*

çaise que nomma le cardinal de Richelieu. Ayant ensuite pris les ordres, il se distingua surtout dans la controverse, et eut la gloire de convertir plusieurs des ministres contre lesquels il avait disputé. Dans le nombre de ses plus éclatantes conversions, figurent le prince palatin Edouard et le comte de Schoroberg, depuis maiéchai de France. La perspective du cette dignité à laquelle le comte de Schombergseraitdirticilement parvenu s'il fût resté protestant, vint sans douteenaideàréloqaenoeda P. Bourzeïs. Colbert le mit à la téte de TAcadémie des inscriptions, et plaça en outre, sous sa direction, une autre assemblée, toute composée de théologiens, et qui tenait ses séances à la bioliothèque royale. Né en 1606, Bourzeïs mourut le 2 août 1672. Il avait d'abord incliné vers le parti des Jansénistes; mais il signa, en 1661, le formulaire qui fut approuvé par Alexandre Vu. Il a laissé un grand nombre de controverses et vingt et un sermons, dont le dernier est VOraUon funèbre de Loties XIII.

BOUSCA.L (Guvoo, Guérin de), auteur dramatique au dix^tième siècle, né en Languedoc. On ignore la date précise de sa naissance et de sa mort. Il était conseiller du roi, avocat au conseil , et eut pour clerc Loraz , auteur du Jonas. Lui-même a composé un assez jsrand nombre de pièces, mais qui paraissent n^avoir eu qu'an succès^ passager.

BousMABD (A. de), né, en 1747, dans le département de la Meuse, était capitaine du génie ën 1780- Quoiqu'il eût embrasse la cause populaire, au commencement de la révolution , sa conduite ultérieure lit voir qu'il n'était point animé d'une conviction sincèfe.

béputé, par la noblesse de Bar-le-Duc, au.x états généraux, il vota pour qu'au roi seul appartint le droit de faire la paix ou la guerre. Il rentra dans la carrière militaire, après la dissolution de l'assemblée, et il faisait partie de la garnison de Verdun en t79:t. Les armées ennemies avaient alors envahi notre territoire. Ce fut le monifliit

Mf mm LHJfiviiis. wm

qu'il fs^ifil Mur h ûiMm de U f}ause nationak. Il gigna 1» rtdditioii

de la place , passa aux ennemis , se fit naturaliser Prussien, devint mnjor gé»

uéral au service de Prusse, et fut tué, 6Q |8Q7, (l'Mn éclat d'obus au siège de IUnti|ii(t w ^mUuant oontra l«s frié^. On a d^ Bpusmard , qui avai^ coinnie ingénieur des talents incontestables , un hissai général de fortifica' lio/j ^ (i'atiiique, ou D^euse des pia".

l'm^re, a k partép é$ Imi k mmh,

4 vol. in-S".

BpuswARD ou Bqussemabt ( NiçQ}(t« de), évéque da Verdun, né, eo l#1t, èXivry-le-FpaQ^ prèsit LÎMItt vy, 9t , imv oooséqutnt, dam le duebé

de Lorraine , appartenait directetnent à la France pyr son origine, puisqu'il de^^cendaitd une famille de l'Anjou, an? «iepoeipapt établie en liorrainn. Chart duc de Lorraine, qui avait une prandefionsidération pour lui, le désigna, en 1572, pour être un des réformateurs de la coutume de Saint-Mihiel.

Quatre ans plus tard, T^véchédçVerduq fl|«nt4«rtnu vacant parwiteda la mort de NiiNilaR Paauiwi « Ctaatiaa lU ehoiaii

Bqusseninri pour successeur du dernier f)relat. Cette nomination occa- ^(pqna des trouilles. Les qbanoines, ^t^nt Talteinte portée à leur droit il*éHiftion , m référèrent à T Empire* pe son côté , (Charles UI fit des ins? tances auprès du pape pour qu'il confirniiit sou choix. Grâce a Tintervention du roi de f rance, Henri lU, les bulles de rattfioatlon arrivèrent enfia de Rome, et le nodvel éyéque fut sacré le 15 juillet 1576. Il mourut à Verdun, le 10 avril 1584, généralement regrette. Il s'était occupé d'études liistoriques aur Ica principalea «aiaona de uur> faine , et un de ses oianuscrits a été consulté avec fruit par dom Calmet.

Bousquet-Deschamps ( Jacques- Lucien), ne à Marmande, département de Lot-ct-Garenne , en 1796, Alt un des lédacteuis du journal fJrktnrque^ ai peu aménagé par la censure. Lorsque ce journal cessa de paaailaa , Boua^uet con^t l'idée de pu-

blier dai iMwelnirea joiirnalièM9 demi^ÎBuiUe, parlant différents titres;

mais comme ces brochures remplaçaient en quelque sorte le journal supprimé, Tauteur, en butte à dessaisies et à des condamnations continuelles, fut obligé de a*éloigaer, et passa ea Espagne. Il a*établit à Madrid , où il rédigea un journal français intitulé :

VÉcho de l'Europe j et devint, en ^eme temps , Tun des collaborateurs du Om^UhtitiomU espaanoi* Il nassa ensuite à Barcelone ou il se fît mrir des habitants par sa bienfaisance et son humanité. Il s'y trouvait à l époque où la fièvre jaune y exerça tant de ravages, et montra, dans oette a^?

freuse cifconatanee, un bérotsaM H un dévoueoMHit au-dessus de iQUs les éloges. Bousquet Deschamps portait partout des secours et des consolations , méprisant tous les dangers et bravant tout ea quo oe Oéau ir dluMh rible et de repoussant. 11 accompagnait les médecins dans tous les lieux et les aidait à l'ouverture des cadavres. Ses ressources venant a manquer, il coa»

tractades dettes pour alimenter sa bien» ftlsance. Enfin, sa conduite fut si]sénér reuse que tous les médecins fran^ sollicitèrent la remise des condamnations personnelles prononcés contre lui et la permission de rentrer dans sa pa- 4rie. Quoiqu'il fÛX alors sur le point de eontrncter un riche mariage, et qu'il fût particulièrement honoré de l'estime du général Riégo , se confiant aux promesses du ministère, il rentra eu France; mais , à son arrivée,^ut était changé. Les nouveaux miniatres ne si crurent point obligés par les promesses de leurs prédécesseurs. On réduisit seulement a une anpée les trente-cinq ans de prispn auxquels il avait été con* damné» Atrétéet eoaduit à Ageo, il v aubit eetta peine, oui ne fiit pas me» diocrement aggravée par les traeaaiar

ries de la police.

BoussÀC LB CHATEAU, petite ville du Berri , avec titre de baronnie , aajourd*hui chef*lieu d^arrondisaeÔMat du département de la Creuse, à vingt kilomètres ouest de Montluçou. Quel- %ufis auteuis lui donaeiu una oniise

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fRANŒ.

ibrt aqdenne, et la fbnt remonter Jus-

3u'à répôque romaine. La population e Boussnc est inaîntennnt de huit cent soixante-dix-neuf h;ibitants.

BoussANELLE (I.ouls de), capitaine de cavalerie , membre de l'académie dé Béliers, a publié entre autres livres , un Commentaire sur kt eamlerîe, Paris, 1758, in-12, ouvrage qui contient une liistoire militaire de la cavalerie française depuis Clovis jusqu à 1713.

BoussABD ( And ré- Joseph f baron), né à Binch, en Hainaut, !e 13 novembre 1758, servit d'abord dans les troupes aiitricliiennes ; mais les troubles de la Belgique le rappelèrent dans sa patrie, ou il servit, en qualité de eapttaine. Jusqu'en 1791. A eett^ époque, il passa sous nos drapeaux.

Wommé, en 1793, chef d'escadron au vingtième de dragons, il passa , avec cp. régiment, à Tarmée critalie, et sjp fit remarquer dans diverses reneontres. Nommé chef de brigade pour ses bons services, il suivit Napoléon en Égypte , et se signala dans toutes les rencontres où il en vint aux mains. Rentré en France avec le grade de général de brigade, il se qistingua dé nouveau pendant la campagne de Prusse. Mais c'est surtout en Espajîne

2 u'il donna des preuves d'une éclatante ravoure.Chargé, en 1810, par le général Meunier d'arrêter le général O'Donell qui cherchait à dégager Lérida qu*assiégeaient nos troupes, il le joignit, l'attaqua avec tant d'impétuosité que les colonnes ennemies débordi^s ne purent se mettre en ligne , et s'enfuirent dans le plus afÀreux désordre. Celte belle charge et le succès (Qu'elle décida valurent au général les éloges de toute l'armée. La tentative

Sue fit Bajssecourt sur le camp de Viaros ïournit une nouvelle occasion de gloire à Boussard ; il fondît sur les assaillants à la téte de quelques escadrons de cuirassiers, les enfonça et les noursuivit iusqu à Benicarios. 11 ne Alt pas moins heureux à la bataille de Sagonte; la cavalerie ennemie 8*était emparée de nos pièces , et faisait main basse sur les colonnes qui

les appuyaient ; Bommori aeoinrt av

bruit de ce désastre, s^ëlanda sur lai

Espagnols, les sabre, reprend nos canons, et enlève l'artillerie de ceux qui emmenaient la nôtre. Enhardi par ces succès, il ne compta t plus, et attaquait quel que fiât le nombre d'ennemis qu'il eât en téte. Cette confiance faillit lui devenir funeste; il rencontra vingt escadrons espagnols en bataille en avant de Torrente; il n'avait avec lui qu'une soixantaine df hussards) il n'hésite pas néanmoins à faire sonaar la charge ; il se précipite sur l'ennemi avec un abandon sans exemple; mais la disproportion était trop considérable; il est entouré , couvert de coups de sabre, et eût péri si le général Delort Ile fût accouru pour ledéga^er. Nommé général de division, mais epùisé, couvert de cicatrices, il vint à Bagnères dç Bigorre pour réparer ses forces, et y mourut le 11 août ItlS.

BoussABD (Oeoffroi) , né au Mans en 1439 , professa l'a théologie avec beaucoup de succès, et devint, en 1487, recteur de l'université, et chancelier de l'Église de Paris. En lâU, il ftit d^uté par l'université au eon»

die de Pise, transféré à Milan. Il mourut vers 1522, avec la réputation d'un des plus savants hommes de son temps. |l a publié queluues ouvrages, dans l'un desquels , intitoli dis ConO* nentia sacerçhiimj Paris, im, in«4^, il examine si le pape peut dispenser les prêtres du célibat, et se prononce poup l'aflirmative dans plusieurs cas. En 1497, il avait donne une é<litioD nou-? velle et beaucoup plus eorreote de VHistoîre ecclésiastique par RufiRn.

La préface de son Interpretatio in septem psalmoa pœnitentiales attira sur lui quelques persécutions de ia

f>art de l'archevêque de Sens et dé 'évéque de Paris. Ges deux pré* lats prétendant quMI avait censuré le grand nombre de bénéfices qu'ils possédaient, le traduisirent devant le parlement; mais il se tira avec honneur 4« ' ce procès sèaBdaleux. |{ existe aussi de lui un maatiserlt en français : le Régime et gmvernèmeni pour les dames et femmes de ehaeim

BOV

état, qui veulent vivre dans le monde selon Dieu. On Femarquera la distinction qu'établit lui-même entre Ite dames et femmes^ le ministre d'un dieu mort pour ré^alité.£t cependant, d*après ses démêlés avec Tarchpvéqne de Sens et l'évéque de Paris , d'après ses opinions sur le célibat, ce prêtre paraît avoir été Tennemi plutôt que le partisan des privilèges. Si donc nous avons relevé le singulier litre de son manuscrit français, c'est qu^ ce titre était dans Tespnt du temps, et qu'il montre quel progrès ont accompli depuis les idées rdigieuses.

BoussAXD (J.-A.)t pilote-lamaneur de Dieppe, nférite, pour son humanité et son courage, une mention particulière. En 1778, un bfitiment battu par la tempête, devant la côte de Dieppe, allait être englouti sous le8flots.Boussard se jette à la mer, et parvient, à travers mille dangers et des fatigues inouïes, à sauver l'équipage, composé de quinze hommes; mais au moment où il atteint le rivage, ses forces étant epui- ' sécs, il s*i^anouit. On le rappelle à lui; tout à coup un cri quMI a entendu liri apprend qu'un malbenreux reste encore à sauver; il se précipite de nouveau , et arrache à la mort un infortuné matelot qui allait se noy«r. Ce beau trait lui mérita ratimiration générale. Le roi Louis XVI le fit dîner à sa table et lui accorda une pension sur sa cassette. Boussard mourut en

BoussBAU (Jacques), sculpteur, na-* quit en 1681, à Chavai;nes, en Poitou. Il étudia à récole de Nicolas Coustou,et acquit bientôt assez de réputation pour être admis à TAcadémie de peinture et de sculpture , oû il entra en novembre 1715. Son morceau de réception fut Ulysse bandant son arc. Ses principaux ouvrages sont le tombeau de M. d'Argenson , à la Madeleine de Trenel , les statues de saint Maurice et de saint Louis dans la chapelle de Noâiltes, à ^otre-Dame de Paris, et un bas-relief représentant le Christ qui donne les clefs à saint Pierre, dans la même église; enfin, le grand autel de la cathédrale de Rouen re-

résentant d'une manière allégorique ancienne loi accomplie par rétablissement de la nouvelle. Nommé premier sculpteur du roi d'Espagne, il se rendit dans ce pays, et y resta jusqu'à sa mort , arrivée en 1740. On voit à iMadrid de nombreux ouvrages de cet artiste. Bousseau est Tun des homines qui ont le plus contribué à répandre co Europe le goût et Fart français, et auquel revient ainsi une part de Tinfliience qu'obtinrent nos idées dans le mouvement de la civilisation européenne au dix-huitième siècle. (Voyez SCULPTirBB).

BoussiNGÂULT ( Jean-Baptiste-Jo« seph-Dieudonné) , fut l'un de ces jeunes savants qui partirent de Frmce, il y a une vingtaine d'années , pour la Colombie, et qui rendirent de grands services à ce pays, en même temps qu'à la science. M. Boussingault a fait à Antioquîa, département de Cundinamarca, l'importante découverte d'une mine de platine qui parait riche , et dont l'exploitation doit avoir d'immenses résultats pour le commerce et les arts chimiques. M. de Humboldt annonça cette découverte à l'Académie des sciences, dans une des séances de juillet 182G. On trouve dans les Annales de chimie et de physique un grand nombre de mémoires dus à la plume de M. Boussingault, et pleins d'intérêt. Ce savant fait partie de l'Académie des sciences depuis l'année 1839.

Boussole. — Au dire de quelques historiens, l'importation de la boussole en Europe devrait être attribuée au Vénitien Marc Paul , qui aurait rapporté de la Cbme, au treizième siècle, ce précieux instrument, connu des Chinois douze cents ans avant notre ère. Suivant d'autres, la découverte de la boussole serait due au Napolitain Flavio Gioja, qui vivait en 1300. Ces deux assertions sont également erronées; en etfet, il est fait mention de la boussole chez deux auteurs fran« çais , antérieurs à Marc Paul et à Flavio Gioja. Le premier est un poète du douzième siècle, Guyot de Provins ui , dans la Bible portant son nom , ésigne la boussole assez clairement

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