SIS
rôle si important dans nos longues
Serres avee les Anglais. lïous avons à Tarticle Bandes militaires,
que ces troupes étaient ordinairement composées ue gens sans aveu et de serfs fugitifs de tous les pays. Le nom de Brabançons, qu'on leur donnait le
Î^lus souvent, semblerait indiquer que e plus grand nombre était originaire du Brabant. Quoi qu'il en soit, leur indiscipline était extrême, et quel aue fdt le parti qu'elles servissent, elies commettaient toujours d'affreux rava* ges dans les pays où ell» se trouvaient; amis ou ennemis, peu leur importait, pourvu qu'elles trouvassent de quoi piller; fléau d'autant plus terrible qu'il semblait devoir se reproduire indéfiniment. Elles donnaient sans cesse naissance à de nouvelles bandes, en poussant au désespoir les habitants des campagnes, et en les réduisant à n'avoir, comme elles , d'autre ressource que la guerre et le pjillage.
Aussi à peine la guerre éxtérieure, où les Brabançons avaient pu rendre quelques services, offrait-elleune courte trêve, que les princes étaient obligés de tourner contre ces brigands toutes les forces dont ils pouvaien^disposer, et de leur faire une guerre d'extermination. Tel fut le but de l'une des premières expéditions de Philippe-Auguste; il gagna sur eux, dans le Berri, une grande nataille, et eu tua, dit-on,
filus de sept mille. Mais la cause cjui PS avait produits se renouvela bientôt, et quelques années s'étaient à peine écoulées , que l'on en comptait déjà un grand nombre dans les armées de ce même prince» et dans celles de Jean sans Terre, roi d'Angleterre.
Les historiens contemporains nous ont conservé les noms de quelques chefe de Brabançons : l'un des plus célèbres fut ce LupîcQire, dont la bande ou route (rupta) formait la principale force du détachement amené par Jean sans Terre au secours du chûteau d' Andely, assiégé çar Philippe-Auguste.
Lorsque le roi d'Angleterre quitta quelque temps après la Normandie, ce lut à ce Lupicaire, et à un autre chef de Brabançons, nommé ^far^n Arcas,
qu'il confia la défense des possessions qu'il conservait encore dans cette pvi-
vince. . . ^
Le chef des Brabançons que Philippe-Auguste entretenait à la même
rque dans sou armée s'appelait Ca" ^ et il fiillait que ses bandes ibssent assez nombreuses^ puisque l'historien qui nous a transmis ces de^tails porte à la somme, très-élevée pour ce temps, de mille livres par jour la .solde qu'il recevait du roi, pour lui et pour sa troupe (*).
PendiBHit la captivité du roi Jean , les Brabançons se rassemblèrent pour piller, au nombre de seize mille, et se jetèrent dans le Lyonnais et le Beaujolais. Le connétable, Jacques de Bour< bon, marcha contre eux avec une armée. Il les atteignit près de Briguais, et leur livra bataille; mais ses efforts ne furent point heureux; il périt dans la mêlée, avec son fils, Pierre de Bourbon, et les Brabançons remportèrent une victoire complète. (Voye* Briguais (bataille de}).
On pense bien que ce succès ne contribua pas médiocrement à les encourager ; aussi leurs bandes ne tardèrentelles- point à se recruter ailleurs que parmi les serfs fugitifs et les roturiers (**). Bientôt même, s'il faut s'en rapporter à la chronique de du Gues* clin on y Compta des chevaliers en grand nombre. Voici les vers de cette chronique, oii il est question de ces brigands :
Mais ou no!)1e rnyniiiTie avoit corifiision'
D'une graiit roinpu^iiic et y «-sloit foison
Grns de maints ]>a}'s et de mainte nation ,
L'un Angloic, l'autre Escot, si aroit nMiotBraliMi
Hanaren et Normaiit j avotcnt à IbboQ.
l*ar li'pnvs alloicnt prendre !eur maiision
i;t prciiuiciit partout le« gens à rainçon.
Viiij;t cinq capitiiiiM trooTcr y pOKTOit
Chevaliers, écoyert y avoicnt» ce lUton»
(*) Ts'innerojtaque Rupta Cadoclt
Cm rex qiiotidiesoli pro •eqosMliiqm Libras mille dalMt.
Oaillaume le Breton.
. {*"*) Aucun des noms de chefs que nous avons cités plus haut, Lupicaire, Arcat^ Cadocy ne ptMit être aUi tinié à HO noble*
(*"*) Citée par du Gange au mot CImh*
«14 BtLA L'UIOVERS* BfA
iis a^cc euît de Gervmiie? c*^st fie
|l«p.in:uecb.r...evin,,.eoyc,nechapo.; QU OH IgnOrC. QuOl qU il CD SOJt, il IJC
Tout piliar. lueurtrier. Iraileur et félon ^rda pOS U perdre ^OU Caractère dH-
^ti^imt «o b foutedont j« fiit miion. initif ; Car Oii ne voit pfks que , xmui^
Au reste , il est permis de croire ayant eux, il eût fait, ayec L^i ceipuûp
que de l'excès même du mal naquit un et le baudrier , les éperonfli et-ie- poi-
commencenient de guérîson , et que les gnard , partie des honneurs auxquels
Brabançons perdirent, au contact des un homme de noble race, ou élevé en
nobles et des chevaliers oui se mêlèrent dignité, avait droit , en raison d^ su
è eux , un peu de cette férocité qtii les naissance ou da ses fimctlons, et doàt
fendait si redoutables auparavant. Ces la pmatîon était uq fliâtinient. Hal-
nouveaux chefs, qui, à rexpéricnce du ,i;ré, ou peut-être à cause de cela, les
métier des armes, joignaient le près- Français, qui aimaient à se parer de
tige de la naissance, si puissant à cette bracelets , contmuèreut à le faire , et
époque , état>*itent d*ailleurs parmi eux tous en eurent la liberté. Dès le temf»
une sorte de discipline; aussi leur de Dagobert, saint Éloi en fabriquait
voyons-nous , dès cette époque , perdre de très-riches pour ce prince et les
insensiblement les dénominations ter- seigneurs de sa cour ; et le goût de
r\b\es (le Brabançons, Routier s y Cot- cet ornement ne faisant que croître
terauXf pour prendre les noms moins avec le temps , depuis les classés les
xedoutésdcgrandescompagnies, deban- pl us élevées Jusqu'aux plus mode8tç&,
^ies militaires et d*aventurieE8. (Voyez tout le monde se plut à en charger ses
Oes mots.) bras. En tcie d'un des plus beaux ma-
BRA.BANT, grenadier à pied , qui an- nuscrits français, antérieur à 869, et
térieurement avait été canonnier, ren- connu sous le nom de petite Bible de
contra , ()endant la bataille de Maren- Charles le Chauve ^ on voit ce roi asr
4(0; une pièce abandonnée et renversée, sis sur un trôna, la couronne en tétfl,
parvint seul à la relever, la chargea et et tenant le sceptre de la main droite,
8*en servit pour faire feu suri ennemi le poignet entouré d'un bracelet en or.
pendant près d'une demi-heure. Un sceau d'Alain Ferment , duc de
Bbâcelet. — Cet ornement* du Bretagne, mort en 1 J 20, le représente
,bras, dont Torigine se perd dans la à cheval, tenant las jrênes de la main
nuit des temps les plus reculés , fut gauche, de la droite agitant une épéa,
connu des natjons barbares, aussi bien et les deux bras ornes chacun d'un
que des Grecs et des Romains, et est bracelet. Un autre sceau, que l'on
arrivé, à travers les siècles, de géné- croit être celui de Geoffroy de Dinau^
ration en génération, jusqu'à nous, mort aussi en 1120L offire ce, seigneur
Au rapport de Strabon et dfe Polybe, également à cheval. Je bouclier au
les Gaulois portaient des bracelets en- bras gauche, la lance en arrêt, et le
richis de pierreries, tantôt au-dessus poignet droit, le seul que l'on puisse
du coude, et tantôt au poignet. Sui- voir, orné d'un bracelet, vaut un ancien commentaire manus- I^usieurs écrivains, qui se sont co-
crit de la Bible, cité par du Gange, les piés'les uns les autres, ont répété fue
bracelets étaient une décoration hono- c'est SOUS Charles VU que les fem*
rifique, que, chez les peuples du IVord, mes ont commencé en France à se pa*
les nom\iîes seuls avaient le droit de rer de bracelets. C'est une erreur de
porter, et qui n'était accordée qu'à la peu d'importance sans doute, mais
bravoure ou au grade militaire. Aussi, qui n*en est pas moins une. En vold
ceux qui Ta vaient obtenue la prenaient- la preuve. Blanche, fille de Louis IX»
ils avec fierté pour garant de leurs ^ née en 1210, morte à trois ans, et
serments, et juraient-ils parleur brace- * inhumée dans l'abbaye de Royaumont,
let conune ils juraient par leurs armes, fut, par un de ces anachronismes si
Les Francs adopterent-ils cet orne- fréquents au moyen âge, représentée
ment des Gaulois, ou l'apportèrent* en gravure sur le tombeau job ouîTft
FRAISGE.
^ îa renfermait , avec la taille , la figure d'une femme de viimt ans , et un bracelet au bras droit, il est d'autiMit filiis impossible de se tromper sur cette dernière circonstance y ^»
b robe dont in princesse est véttie n'ayant point de manches , laisse le bras . de celle - ci entièrement nu.
Jeanne de Lisle, femme de, Villiers , dMvalieitt, morle en 1376 ^ ^ était re* présentée sur un tombeau, à Tabbaya du Val , vêtue d'une robe à manches , très-grandes et très-larges, .ouvertes pour iais^r passer les bras , ornés obacun^Viun traeelet au ooignet.
^ Si ks femipes ont été les dernières à se parer de cet ornement, elles sont aussi les dewiières qui Talent conserré , car depuis longtemps les hommek Be'ie portent plus. iLes' femmes elteS'inémes le prennent ou le quittent , suivant les inspirations de ce caprice d'un moment que l'on api)clle la mode. Quand les bracelets sont en faveur, on les fait en or, en velours, d»' tissu de* soie oa de cbeveiix; on lofe oorichit de perles, de pierres précieuses , <le camées, et de tout ce qjie l'imagination et le goût des fabricants croient lè plus propre à leur donner de réiéçance et du prix. En général , «ne pfl^re de bracelets ligure avec le peigne ou le diadème, les pendants d'oreilles, le collier, les bagues et la boude de ceinture , dans récria d'une léinme du monde, et complète cet en- Bemble qu^ l'on nomme une parure (voyez ce mot).
Brack (Fortuné), r;é à Paris en 1789, fit dans l'arme de la cavalerie une grande nartie des dernières campagnes do j'empire. Sous-lieutenant au septième de hussards, en 1807, il fut attaclic, en 1800, nn général Kd.
Colbert en qualité d'aide de camp, et reçut la décoration de la Légion d'honneur après la bataille de Wa^am. En 1813, il entra dans les lanciers rouges de la vieille gardecomme chef d'escadron. En 1814 et 1815 , il si<^nala sa
seurs à cheval , qui venait de perdre son colonel. C'est à ce brave officier que l'on doit la conservation de la Matmaison qu'il défendit contre lès entreprises des bandes ennemies, 4 l'époque où elles marchaient siir Paris* Il passa la Loire avec la garde impériale; et, après le licenciement de l^r-' mee, il fut mis, comme tant d'autres braves, en non activité. En 189S M. Brack fut chargé par la .duchesse de Leuchtenberg d'accompagner au Brésil la princesse Amélie, sa fille, qui allait devenir l'épouse de l'empereur don Pédro. Rentré au service en 1830, il fut nommé successivement colonel du 4* régiment de hussards et maréchal de camp. Il commande aujourd'hui l'école de cavalerie de Saumùr.
^ BlUCONiNOT (Henri ) , chimiste dis.tingué et corres|}ondant de rinstitiit, est né , le 29 mai 1781, à Commercy, département de la Meuse. Élève de MM. Herman et Eherman, anciens professeurs de l'école centralede Stras»
bourg, M. Braconnot, après avoir terminé ses études médicales à Paris, vint s'établir, en 1807, à Nancy, où il remplaça M. \ illeinet, en qu'alité de professeur d'histoire naturelle et de directeur du jardin des plantes. On lui doit un grand nombre de recberdhei chimiques du plus haut intérêt, et même quelques découvertes. Ses travaux ont beaucoup contribué à amener Fanalyse végétale au point de perfection qu'elle a atteint de nos Jours* Il a composé de nombreux mémoires, dont plusieurs font connaître des acides nouveaux, auxquels l'auteur donne les noms d'acide fungi/jue, bolélique, nancéique, eÛaglque, absijnthique tX, pectique. Vi a également écrit 'un mémoire sur une substance nouvelle, qu'il désigne sous le nom de c^a- ■iiourine.
BRA.CQ (Marie- Joseph), licencié en droit et en théologie, né à Valencien«
nés en 1743, quitta sa cure pour venir siéger a l'Assemblée constituante , oti
bravoure en Beljjique. A Waterloo, , l'avait appelé le suffrage des électeurs,
il eut deux chevaux tués sous lui , et II dut à la droiture de son caractère
le général Domon lui confia le com- et à son désintéressement d'être choH
mandement du 9* cégiment des chas- si, en 1789, par la chambre du cler^^
L'UNIVERS