M URA L'UN
l^ântes; rétablissement des pompes Éur bateau des bains Yigier, et ia distributîon des eaux do eanâl de TOurcq à la fôntaine des Innocents, qui , jusqu'alors, était restée à sec. C'est d'après ses dessins, et sous sa direction, qu'ont été faites la plupart des nouvelles fontaines dans Paris. Il a aussi trouvé le moyen de préserver la ville de Nemours d'une grande parlie des inondations qui l'affligeaient , au moindre débordement de la rivière de Loin.
Le Couvoir artificiel, au moyen duquel on peut faire éclore des milliers d*œufs en toute saison, est une de ses plus ingénieuses découvertes. Fjifin, ce fut lui qui rédigea le premier pr^et du Conservatoire des arts et métiers* ^
Bbangabd. Avant Tinvention de ces voitures moelleuses et rapides qui transportent si commodément un homme opulent d'un lieu dans un autre; avant même celle de ces coches pesants en usage du temps de Henri lY, les nobles , (|uî n'avaient que peu de chemin à faire, et ne voulaient pas, conrnie nos premiers rois, s'étendre sur une butte de j>ailie dans un cbar à bœufs, se faisaient porter sur un brancard, ou, si Ton veut, une civière; *et ce siuî^ulier privilège leur appartenait excltisi veinent. Eu M IG, Perrette Bureau , femme de Jean Legras, s'étant vu contester son titre de gentilfemme, demanda et obtint de le prouver par enquête. Il résulta de cette information que, lors de son mariage, Perrette Bureau avait été porlr^e à l'église sur un brancard , avec un fagot d'epines ettle genièvre, ainsi que , dès les temps les plus reculés , on était en usage dele faire pour les gentilshommes et les femmes d'extraction noble, à l'exclusion des roturiers, qui n'étaient portés, ni le jour de leurs noces, ni le lendemain, sur un brancard, avec lé fagot susdit d'épines et de genièvi-e. Ce fait avant été démontré, la défenderessefut déclarée noble, et maintenue dans les privilèges qu'on lui contesUit.
' Brancas, baronnieen Provence, à liente-deux kilomètres nord d'Aix,
VERS. taA
érigée eu duché, SOUS le uom de Aiil* lars, en 1627.
' Bb ANC AS ( famille de ). — Cette fà-
mille est originaire de Naples , oij elle s'appelait Tirancaccio, et où elle subsiste encore. Basile de lirancas fut le premier de son nom qui s'établit en France, sous le règne de Cbafles VII. Il avait vivement soutenu les intérêts dé la maison d'Anjou; et, lorsque cette malheureuse maison fut obligée de quitter l'Italie, il la suivit en Provence , où ses services furent récompensés par le don de plusieurs fiefs considérables, tels que la baronnie d'Oyse , le nîarquisat de Villars et le comté de Lauraguais.
Les Brancas français se divisèrent ' en deux branches vers le milieu du seizième siècle. L*aînée prenait alter-^ nativement les noms de Forcalquier- Brancas et de Céreste, avec le titre de duc et de grand d'Espagne ; à la cadette appartenaient les noms de Lauraguais et de Villars.
Les membres les plus distingués de cette famille furent :
Jndré , connu sons le nom d'amiral de Villars, qui se jeta dans le parti de la ligue et des Espagnols, et songea, suivant le présîdentHénadIt , à se faire de la Normandie une seigneurie indépendante. Il se maintint dans Rouen, longtemps après l'abjuration de Henri IV, et ne se soumit, comme toué les grands chefe catholiques, qu'en faisant ses conditions. Sully, qui mit tout en œuvre pour reconquérir au parti de Henri IV un officier aussi brave que l'amiral , regardait ce succès comme un de ses plus glorieux services. « L'a- «mirai de Villars, dit-il dans ses Méc moires , étoit la droiture et la bra- «voure même; mais ses premiers « mouvemens, étoient d'une violence «extrême. » Àndré fut pris au siège de Doullens par les 'Espagnols, qui vé massacrèrent de sang-froid pour 86 venger de sa défection.
George de Brancas, son frère puîné, qui lui survécut, obtint, en lftî6, brevet d*érectîon du marquisat de Vfl^ lars en duché-pairie. Il ne faut pasi confondre ce duché avec le duché de
inu fkktuk iik été
Yiilàrs, érigé en faveur du vainqueur Sa position était d'autant plus inté«
de Dmio« Les lettres patentes^ qui ressante, c|ue, toute jeune» elle n^avali
patent seulement de juillet 1652 , té- songé à faire usage de ses dispositioas
moignent des services que George de naturelles que pour soutenir sa fa- Brancas rendit à Louis XIII, parti- mille. Son père était un officier de caculièrement en Tannée 1625, où il valerie, que la révolte d^s nègres <^ équipa à ses dépens vingt-çinq vais* Saint-Domingue avait .tout a coi^ aeaax de guerre. privé de ressources. Créole comme Louis de BrancaSy marquis de Cé- madame Malibran, elle avait quelque reste , de la branche aînée , servit ho- chose de la sensibilité poétique de cette norablenient sur terre et sur mer, sous admirable actrice. Après avoir fait pen- Louis XIV et Louis XV, et fut em- dant plus de vingt ans les délices du ployé ilans plusieurs ambassadiM où il public , madame Branchu abandonna se distingua. Maréchal de France en le théâtre le 27 février 1826 ; elle avait 1740, il mourut en 1750, à Tâge de créé le rôle de Statira dans Olympie; soixante et dix-neuf ans. c'est par ce rôle qu'elle teripina sa car- La branche ainée s'est éteinte en rière drantatique. . .. . tÊm^iimitf^' personne d'un due de Beancion* terre seigneurie de Géreste; l'autre branche subsiste en* Bourgogne, a deux kilomètres oueft core. £oMisjLéo«, ducdeBrancns-Lau- de Tournus. ^ raguais, pair de France, auteur de Buancus. Après avoir traversé Je plusieurs ouvrages en vers et en prose, Rhdne à quatre journées de la mer, mourut en 1824 ; il a eu pour suoces- Annibal se dirigea vers le cours §1^eeur dans Ja pairie sotf neveu , le comte , périeur de ée fleuve, et arriva, a^i bout • et lactuellemeot duc de ce nom. de quatre jounires d» marche, dans un BaAKCHU ( Kose-Timoléone Caro- canton fertile et bien peuplé, que les Hne-Lavit ), cantatrice célèbre, nce à Jiabitants nommaient Vile (insula), Saint-Domingue le "À novembre 1782 , parce qu'il est fermé de tous cotes p^r débuta «a.1801 sur la scène du grand l*Isère , qui s'y jette dans le Rhéas^, opéra.. Elle était nièce du dernier gou* pMToe fleuve lui-même, et par les preverneur du cap de Bonne-Espérance, mièros chaînes des Alpes qui s'étendent et filleule du maréclial de Brissac. Sa d'un fliiive à l'autre. Deux frères, enconduite lui mérita l'estime générale; fauts du dernier chef, se disputaient sou talent et son affabilité la flrent air la souveraineté de ce canton. L'aînii, mer de mademoiselle Maillard^ qu'elle Braneus , avait été détrôné par sein remplaça ; de madame Dugazon qui, la frère, qui s'était fait un appui dè première, avait deviné son avenir; de toute la jeunesse du pays. Les deux (îarat, qui voulut être son maître de partis choisirent Annibal pour arbitre chant; de Méhul et de Sarreto, qui la de leur différend; il prononça en faprésentèrent vaiMment au tbéâtre Fa> veur de 3cancus , qui lui témoigna, sa vart ; d'Hoffman, qui ne voulait pas reeomiaissance eu mi fournissant des qu'une autre jouât sa Phèdre; de vivres, et tout ce qui était nécessaire Grétry, qui jusqu'au dernier moment à son armée p^ur le passage des Alla nomma sa fille. Xalma avait aussi pes(*). , beaucoup d^ffeelion pour eHe : llgod- Bbandq» bourg de la Corse , à dix tait tellement son jeu , qu'il fallut un kilomètres de Bftstia. C'était autrefoiB ordre du ministre de l'intérieur pour un fief appartenant, ainsi que ceux de l'empêcher de l'enlever à l'Opéra et Nonza et de Canari , à la famille de de l'introduire au Théâtre-Français. Gentilli, laquelle y possédait un châ- Enfîn elle était recherchée de Joseph^- teau fort, dont les ruines subsistent m^'-iMt elle IMiMt-souvent le saule encore. La population de Brando est eonpagnia, &. Napoléon lui-même
approuvait cette intimité. Peu d'actri- (*) Toyez Amédée ïliien;, SUtaîn dft
ces ont joui d'une aussi grande faveur. Gmh'u, u x , p, 975.
UO BRA L'Ul
de onze cent quatre-*Yingt-neuf liabi* taots.
Bbahbons. On trouve sou vent d*an-
cicns actes datés du premier jour, du second , etc., avant le dimanche des Brandons , ou simplement avant les Brandons. On appelait ainsi le premier dimanche du carême, parce que, ce jour-là, on était dans Tusage d'allumer sur les places publiques ou dans les campagnes , de grands feux autour des-
2uels la jeunesse se rassemblait pour anser. Malgré des nombreuses ordonnances des rois et malgré les efforts des évêques , cette coutume se conserva longtemps dans une foule de localités. Aujourd'hui même elle subsiste encore dans quelques pays, entre autres dans le département des Ardennes , où son cérémonial n*a rien perdu de son ancienne solennité.
Bràngb , terre et seigneurie de Bourgoffne , à deux myriamètres sud- CBl de Châlons, érigée en marquisat en 166S.
BRÀNLt: , sorte de danse autrefois fort h la mode, où plusieurs personnes dansaient en rond , en se tenant par la main, et en se donnant, suivant Furetièré, « un branle continuel et concerté avec des pas convenables, selon la différence dos airs qu'on jouoit alors, » — On dansait d'abord le branle simple , puis le branle gai y ^nsi appelé , parce qu*oo avait tonjours un pied en l'air , et l'on terminait le bal par le branle de sortie. — On distinguait un très-grand nombre d'espè(-es de branles, parmi lesquelles nous citerons : les branles de Bouri;ogne, de Hainaut, d'Avignon , d'É- COSSCf etc.; le branle des lavandières, où l'on frappait des mains ; celui des sabots ou des chevaux, où l'on battait du pied ; celui de la torche , où le danseur tenait un chandelier ou un flambeau ; puis les' branles gesticules; et enfin les branles à mener, où chacun menait le branle à son tour, et se mettait ensuite à la queue.
Le hramie de SabU-Elme était le nom d'une fête populaire autrefois célébrée à Marseille, la veille de saint Lazare, pour divertir les étrangers
VERS. BBA
qui s'y rendaient en foule ce jour-là.
On promenait par la ville, au son des instruments , de jeunes filles et de
jeunes garçons habilles en personnages mythologiques ou en costumes de diverses nations. Cette féte a été supprimée vers l'an 1700.
Bbanlb-bas. — Le hamac s'appelait anciennement branle, de Pitaiien branla. Cette dénomination ne s'est plus conservée que dans le commandement Braille-bas! qui équivaut ainsi à : Détendez les hamacs.
Le brmUe4HU de combat est rimposante et solennelle opération qui consiste à prendre, sur les navires de guerre,. les dispositions nécessaires pour le combat.
BBANNoyn ou BBAimoyicEs, peuple de la première Lyonnaise, fai* saient partie des Êduens; Charilocus (peut-être Semur en Aunois) était leur chef- lieu.
Brahtbs, baronnie dans le comtat Yenaissin , à trènte - huit kilomètres nord -est d'Avignouvérigée en marquisat en 1674.
Brantôme , ancienne ville du Périgord, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Dordogne, à deux myriamètres de Périgueux. Cette ville dut lon<^temps sa prospérité à son abbaye de bénédictins, fondée, dit-on, par Louis le Débonnaire ; elle doit toute sa célébrité à Tun des abbés commendataires de cette abbaye, Pierre de Bourdeilles , auouel elle donna son nom, et qui, sur la fin de ses jours, y composa une grande partie de ses ouvrages. (Voyez I article suivant.) Brantôme compte aujourd'hui 2,722 habitants.
Bbamome (Pierre de Bourdeilles, abbé commendataire de) naquit en Périgord vers iô27. Pendant la première partie de sa vie, Brantôme fit la guerre avec la bravoure d'un noble seigneur et l'esprit aventurier d'un Gascon. Après avoir servi sous François de Guise, il s'en alla en Espagne, nuis accompagna le roi de Portugal, Sébastien, dans une expédition en Barbarie, où il se distingua par des actions d'éclat qui lui valurent l'ordre d^ Porta-
BBA
FAilMGB. BEA
rl. A son retour en Frafice, il parut la cour avec avantage, et devint gentilhomme ordinaire de la chambre de Charles IX, et chambellan du duc d'Alençoii. Le roi Charles IX le prit en grande affection, et lui donna une pension, outre la charge dont nous venons de parler. Sous Henri III, il vit décliner son crédit, et le mécontentement qu'il en éprouva est sans doute le motif qui le décida à passer le reste de ses jours dans la retraite. Il alla se fixer à Brantôme , où il occupa son loisir h rassembler ses souvenirs, et l\ écrire pour la postérité ce qu'il avait vu aux armées et à la cour dans ce siècle agité où il y avait à voir tant de choses. 11 mourut en 1614. L'intérêt historique de ce qu'il raconte, et la naïveté qu'il met toujours dans son récit, jointe à une finesse gracieuse et à une imagination vive , ont placé ses écrits au premier rang parmi les monuments littéraires du seizième siède.
Comme historien , Brantôme a moins d'exactitude que de vérité. Courtisan etGaseon, il lui en coûte peu d'altérer les faits pour flatter ou se faire valoir : frivole à l'excès, il n'a pas non plus ce coupd'œil attentif etsâr'<]u'on doit exiger de l'historien. Mais témoin naïf, sinon impartial des événements, fidèle écho de toutes les idées et de tous les sentiments qui s'agitent autour de lui, il Aous révèle bien mieux que beaucoup de narrateurs scrupuleux le caractère et la physionomie de son époque. Avec son mdifférence en fait de morale , son eoût pour le plaisir, 80ti cynisme candide et malin, son esprit batailleur et aventureux, sa crédulité superstieuse, il est une exacte et vivante image du siècle dont il s'est fait l'historien. Laissez-le décorer Caitoine de Médicis du nom d'honnête femme, la déclarer plus belle que l'aurore, et faire remonter la famille de cette princesse jusqu'au Gaulois Medicus, contemporain de Brennus. Laissez - le dans son testament compter Qiarleniagne au nombre de ses propres aïeux, et avertir ses futurs descendants que s'il a été surpassé par d'autres à la cour e7i bienfaits, états et
T. lu. 31'' Livraison (Dicx. enc
grades, il né ta Jamais été en valeur ei en mérite : ces gasconnades ne
trompent personne. Mais si vous voulez connaître le singulier mélange de licence^ de foi religieuse,d'inquiétude, de bonhomie, de cruauté, de finesse, qui compose les mœurs de cette époque , lisez cet ingénu et inépuisable conteur, suivez-le dans les armées, dans lesconseils, dans les antichambres et dans les alcôves, où il ramasse une si abondante provision de prouesses héroïques, de coups d'épée, d'intrigues et de scandales. On a appelé Brantôme le valet decliarnbre de l'histoire, à cause des détails minutieux et intimes qu'il prodigue dans< ses confidences ; mais ces détails soiit précieux : ils répandent sur beaucoup de faits de vives lumières ; ils nous initient à tous ces usages et à toutes ces passions publiées , et nous font vivre dans l'époque, en quelque sorte. Cette habitude constante et involontaire de peindre par les détails, cette ignorance de l'art de résumer, cette absence complète de vues générales et profondes, ce cynisme sans bornes, ont permis de ran-
{>rocher Brantôme de Suétone; mais e premier joint à jl'elfronterie de ses récits licencieux une ingénuité que n'a jamais le second ; mais Brantôme, sans être plus attentif que fhistorien des Césars à la moralité des actions, est doué d'une sensibilité plus vive. L'étonnement h la vue de grandes catastrophes, la pitié pour de touchan-»
tes infortunes, l'admiration pour des traits d'héroïsme guerrier, ou pour de stoîques vertus se déployant au milieu des factions civiles, ces sentiments s'élèvent dans l'âme du frivole conteur, et communiquent à ses paroles si simples une émotion qui passe jusqu'à nous. En racontant le supplicede Marie Stuart, Brantôme, sans étude, sans art, sans faire presque aucune réflexion, est plus pathétique que Robertson. Un célèbre critique, comparant les deux morceaux, a fait ressortir tout l'avantage que donne au chroniqueur une émotion vraie. Quand il nous fait assister aux derniers moments de Bayard, sous le flegme ap-
'CL., BTC.) 21
L*UI^IVKB8.
parent de ses expressions, on sent un regret profond ae cette mort doulouféasfi pour la France, ei uoê ténératipn passionnée pour la Valeur et la dévotion du chevalier sans peur et sans reproche. Et quand il rencontre au milieu de l'agitation des partis, au milieu de toutes ces passion^ turbulentes, et sans frein, la figure calme et impassible du sage THopital, voyez (juel accent de respect et d'admiration dans les naïves paroles de cet homme si léser : « C'étoit, » dit-il, en pariant de Pincomparable magistrat, « <^éto)t un « autre censeur Caton celoy-là, et qui « savoit très-bien censurer et corriger « le monde corrompu. Il en avoit du « tout Tapparence avec sa grande barbe « blanche, son vis^j^e pasie, sa façon « grave, qu'on eù% dit à le voir gue « c'étoitun vrai portrait de saint Hie- « rosme. » Cette phrase offre d'ailleurs un échantillon remarquable de ce pittoresque d'expressions qui donne tant de charme a la lecture de firûitdme.
Les principaux ouvrages de cet auteur sont, outre ses mémoires, les f^ies des hommes îltusfres et gra?ids capitaines français, les Fies des grands capitaines étrangers^ les fief des dames illustres, celles des dames galantes. On a encore de lui desawecdotes touchant les duels, un commencement de traduction de la Pharsale, et deux ouvrages d'un genre singulier, dont Ton a pour titre : Rodo»
montade et jurements des Espagnols^ et l'autre : Dialogue entre le tombeau de madame d\4ubeterre et r auteur,
La première édition des œuvres de Brantôme ibt publiée à Le} de, Samblx (Eizevir), 1666^, 10 vol. in-13.
La plus complète est celle de la Have (Rouen), 1740-41, 15 vol. in-12. Brantôme était mort à Brantôme, le 5 juillet 1614. Son épitaphe, qu'il avait composée lui-même, est un curieux échn ntillon de 800 st^le et une peinture lidèle de son caractère. IVous croyons devoir la reproduire ici : « Passant, si « par cas, ta curiosité s'étend de sa* « voir qui dt sous cette tombe, c'est « le oorpt ae Pierre de Bouideilles, en
son vivant, chevalier, seigneur e^ baron de Richensont, extrait du cpté du père delà trè8-n<rf>le aotlduorace de Bourdeilles , renommée de l*empereur Charlemagne , comme les nistoires anciennes et vieux romans français, italiens, espagnols, titres vieux et antiques de la maison, le témoignent de père en fils jusqu'à jourd'hui; et du cdté de la mère îl fut sorti de cette grande et illustre race, issue de Vivonne et de Bretagne; il n'a dégénéré, grâce à Dieu, de ses prédécesseurs. Û Ait homme de bieb, d'honneur et de valeur comme eux, aventurier en plusieurs guerres et voyages étrangers et hazardeux. Il fit son premier apprentissage d'armes sous ce grand capitaine; monsieur François de Guise, et pour tel apprentissage, il ne désire antre jilojre et los : donc cela seul sul'lit. 11 apprit très-bien parlai de bonnes leçons, qu'il pratiqua avec beaucoup de réputation pour le m* vice des rois ses maîtres. Il eut sous eux charge de deux compagnies de gens de pied. 11 fut, en son vivant, chevalier de l'ordre du roi de France, et de plus chevalier de l'ordre de Portugal, qu'il alla quérir et recevoir là lui-même, du roi don Sébastiea qui l'en honora au retour de la conquête de la ville de Bélis, en Barbarie, où ce grand roi d'£spagne, don Philippe, avoit envoyé une armée de cent galères et douze mille hommes de pied. Il fut après gentilhomme ordinaire de la cliamhre des deux rois Charles IX et Henry III, et chambellan de monsieur d Alencoo, et outre lut pensionnaire de cleox mille livres par an dudit roiOiarles, dont en fut très-bien payé tant (ju'il vécut, car il l'aimoit fort, et leût fort avancé s'il eût vécu plus que ledit Henry. Bien qu'il les eût tous les deux très-bien servis, Thumeur du premier s'adonna plus à lui faire du bien et des grâces plus que l'autre. Aussi la fortune ainsi le vonloit.
Plusieurs de ses compagnons, non ég^aux à lui, le surpassèrent en bioifàits, états et grades» mais nooji*
MA
• mais en valeur et en mérite. A dieu, «passant, retire-toi, je ne t'en puis « dire plus, sinon que tu laisses jouir « de repos celoî q^aim son Tlvant o'eli « eatnt d'aise, ni de plaisir, ni de ooa- « lentement. Dieu soit loué pourtaiyt ■« du tout et de sa sainte grâce. »
Brabd ( C. Prosper ) , ingénieur de Técole des mines de Paris, a publie dbs 'écrits estimés smr la minéralode.
On lui doit une partie de la collection minéralogique du Muséuîn d'histoire naturelle. '
Baascassat ( J. )i peintre de paysage et d'animaux , né à Bordeaux le 30 août 1805, élève de Richard, remporta en 1825 le second grand prix de paysage historique sur le sujet de la Chasse de Méléagre; et de Rome, où il étaitallé terminer ses études, il env oya d l'exposition, en tS27, Mercure et jérgus, paysage historique, et trois vues d'Italie. Il exposa également, en 1831, quatre autres paysages i enfin , sept nouvelles productions vinrent encore, en 1833, consolider la réputation nais* sanfee dis M. Brascassat. Dès 1831, cet artiste avait exposé un paysage avec animaux (brebis); mais, en 1834, son Taureau se frottant contre un arbre et sou Repos d'animaux semblèrent décider sa Tocation; et depuis , Il parah s'être voué exclusivement au genre de peinture que certains maîtres fîninands ont si heureusement cultivé. En effet, on a encore admiré au salon de 1837 sa Lutte de taureaux, où l'on remarquait un dessin vrai, une connaissance parfaite du sujet , et un coloris chaud et naturel. Enfin , plusieurs autres tableaux représentant des repos, dei pâturages , des paysages avec afUnuiux^ des pares et des eht' des; exposés cette même année, en 1838 et en 1840, ont prouvé que le talent de M. Brascassat ne fait que s'accroître dans le genre qu'il a choisi.
Mais pourquoi M. Brascassat a-t-il abandoniiéle paysage historique.^ pour-' quoi a-t-îl quitté une route où il pouvait devenir l'émule du Poussin , pour entrer dans cette fausse voie où l'a sans doute entraîné ce sentiment de natu- Xttlisme que nous, avons déjà biâmé à
Tarticle Baryk? Car enfin, quel est 1(3 but de l'art? Est-ce l'imitation pure de la nature? Non certes. Et ici, pour compléter ce que nous avons di^at sur cette question, nous croyons dfljvoir citer un passage de HéffW (*).
« Si l'art avait pour but l'imitation de la nature, l'homme ferait une seconde fois, autant que ses moyens le lui permettent, ce qui existe déjà dans. la nature. Or, on peut dire d'ahord que cette répétition est inutile, puisque ce qui nous est offert en spectacle dans un tableau ou sur la scène, nous pouvons tout aussi bien le voir dans nos jardins ou dans im maisons; et noor seulement c'est un travail superflu, mais un jeu qui accuse à la fois Torgueil de l'homme et la vanité de ses efforts. L'art est limité dans ses moyen^ de représentation ; il ne produit qu0 des illusions imparfaites, aont un seul sens est dupe. A la place du réel , du vivant, il met le mensonge hypocrite de la réalité et de la vie. C'est dans ce sens que le mahométisme ne souffre pas les images. Un Turc, à qui Bruce présentait un poisson peint, après un moment de surprise , lui fît cette question : « Si ce poisson, au dernier jour, se lève contre toi et t'accuse en ces termes : Tu m'as donné un corps,, mais point d'âme vivante, que lui répondras-tu ? »
On rapporte plusieurs exemples d'une illusion parfaite produite par les représentations de l'art. Les raisins de Zeuxis ont été donnés par l'antiquiti^ comme le triomphe de fart, et depuis' comme le triomphe, du principe de' l'imitation.
« Mais au lieu de louer de tels ouvrages pour avoir trompé des animaux, ne devrait-on pas plutôt bl.lmer ceux qui croient élever ainsi bien haut la.
dignité de l'art, en lui donnant pour but suprême un effet d'une nature aussi inférieure?»
Le but de l'art n'est point, en effiK, de reproduire des scènes inutiles %t sans résultats, mais bien d'iostrune et
(*) Cours d'esthétique , 1. 1, p. 37, trad».
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de concourir, comme un moyen puissant , à l'accomplissement des destinées du genre humain. Dans ce but , il doit créer , et l'imitation de la nature ne peut être pour lui qu'une V simple règle qui le guide dans la forme a donner aux objets qa*il représente. Or, si nous nous plaçons a ce point de vue élevé, le seul qui soit véritable, que deviendront pour nous les œuvres de M. Brascassat ? D'agréables passe-temps, et une source de legrets amers , occasionnés par cette
Sensée, que Tartiste qui a déployé tant e talent dans la peinture de ces jolis tableaux, s'il eût voulu continuer à se livrer à la grande peinture, aurait pu, au lieu de se &ire à toute force le Paul Potter de la France, devenir Ton des artistes les plus remarquables de notre grande école nationale.
Bbassàc, ancienne baronnie du Quercy.
Bbassag ( Jean de Galand , comte de ) , ambassadeur à Rome , sous le ministère du cardinal de Richelieu, a laissé deux recueils manuscrits intitulés : Lettres et dépêches de M. de Brassac , depuis le 20 octobre 1630 jusqu'au iJuiUet 1641, 2 vol. in-fol.
i Brassa&ds d'a.WIIBB. — On appelait ainsi, au moyen âge, des manches qui se joignaient à la cuirasse , lorsqu elles étaient en fer , et y tenaient à demeure, lorsqu'elles étaient de mailles. On a renoncé en France, depuis Henri III , à cette armure ; mais les Turcs s'en servent encore aujourd'hui.
fiBÀSSEUES. — C'était parmi les brasseurs que le peuple des grandes villes de la Flandre allait chercher ses chefs , quand il voulait , au moyen âge , résister aux exigences de ses tyrans féodaux. A Pans , le çrivilége de fournir des chefs aux émotions popolahres était réservé aux bouchers.
Les brasseurs ou cervoîsters n*y jouaient pas un si grand rôle. Obscure et peu nombreuse , leur communauté ne remontait pas au delà du treisième siècle; et, depuis cette époque jusqu'à nos jours, on ne trouve dans lemai annales aucun de ces événements
iTERS. JBA
dramatiques qui jettent quelquefola de l'intérêt sur l'histoire des grandes corporations du moyen âge.
Le premier titre qui constate l'existence de la communauté des brasseurs , est le feuillet du registre d'Etienne Boileau, où sont consignés leurs statuts. Ces statuts sont en petit nombre ; les prescriptions qu'on y trouve ont toutes pour but de prévenir , dans la fabrication et dans le débit de la bière , les fraudes qui pouvaient porter atteinte à la santé ou à la morale publique. Tel était Tobjet des deux articles suivants :
« Nus cervoisiers ne puet ne ne « doit faire cervoise, fors de yaue et « de grain , c'est k savoir, d'orge, de « mestuel et de dragée ; et se il y mé- <t lolt autre chose pour efforcier, c'est « à savoir , baye , piment et pois reî- « sine, et quiconque y nictroit aucune « de' ces choses , il Tamenderoit au « Toy de XX sous de Paris , toutes les « fois quMI en seroit reprîns , et si se- « roit touz li brasins qui seroit fsiz de « tex choses donez por Dieu.
« Nuz ne puet ne ne doit vendre « cervoise ailleurs que en Fostel ou en « la brasse ; quar cil qui sont regra- « tier (*) de cervoises vendre, ne kss « vervjent pas si bones ne si loiaus , « come cil qui les font en leur hos- « tieuz, et les vendent aigres et tour- « nées , quar Ils ne les scaventjpas « metse a point ; et cil qui ne les font « en leur hosticx , quand ils les en- « voient vendre en ij leus ou en iij « par la vile de Paris , ils ne sont pas M au vendre, ne leurs famés, ains les « font vendre par leurs garçonnès pe- « tiz, en rues foraines, et si vont en « tex leus et en tex tavernes li fol et « li foies faire leurs péchiez (**). »
Ces statuts furent renouvelés en 1489, en 1515 et en 1690. Ils furent confirmés en 1686 , sous le règne de Louis XIV, et Ton y ajouta, en 17U| quelques nouvelles prescriptions.
(*) Eevendeiirs.
(**) Livre dot nétim d*]éliauM BttlaWt éd. Deppiflf , p. 99 et 3o.