‹ France (volume 3)Chapitre 78 sur 105 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

L'UNIVERS

l'abri du reproche comme son talent.

A la bataille de Minden (1759) , ayant reçu l'ordre d'attaquer en flanc l'ennemi , qui avait enfoncé le centre de Parmée française , il n'obéit pns , et coiiipromit le sort des troupes qu'il commandait. Pressé de rendre compte de sa désobéissance , il ne put Jamais s'expliquer. Cependant ce fut après ce revers qu*il devint maréchal de France. Il fut encore battu avec le • maréchal de Soubise, peu de temps a])rès j à Filinghausen , où l'armée française était plus forte d'un tiers que celle du duc de Brunswick. Broglie et Soubise s'accusèrent mutuelle* ment de ce clés:jstre; mais cette fois, le duc de Broglie fut exile dans ses terres. En 1704, il fut rappelé, et investi du commandement de la province des Trois - Évéchés ; puis, en 1789 , il fut chargé du commandement de l'armée que Louis XVI voulait réunir entre Versailles et Paris pour com-

5 rimer le mouvement révolutionnaire.

*out le monde , savait que c*étaitlui qui avait engagé Louis XVI à employer des mesures violentes ; aussi devint-il tellement odieux, qu'il ne put rester que quatre jours ministre de la ftuerre. Il s'enfuit de Paris, lidilit être ^orgé à Verdun ; Metz lui ferma ses portes, et il se réfugia à Luxembourg. De violentes accusations lurent alors portées contre lui à l'Assemblée nstionale , où son fils Victor essaya de le défendre; mais le maré'chal écrivit de Trêves une lettre dans laquelle il démentait son lils, et adressait à l'Assemblée des paroles insultantes. En 1792, il commanda l'armée des princes , leva en 1794 , pour le compte de l'Angleterre, un corps, qui fut licencié en 1796 , et passa , en 1797, au service de la Russie. Il est mort doyen des maréchaux de France , À Munster, en Westphalie, en 1804, à l'âge de quatre-vingt-six ans. On a îns6.ré une relation de ses camp:i2:nes d'Allemagne, tirée de ses propres papiers, dans les mémoires historiques sur la guerre de sept ans , par M. de Bourcet, Paris, 1792, 3 vol. in-8*.

• Cto*^-^«r0afoiS| comte SB Bao-

GLîE , frère du précédent , né le 20 août 1719, fit quelques campagnes de la guerre de sept ans , mais se distin* gua comme diplomate plutôt que comme militaire. En 1752, Il fut nommé ambassadeur de France auprès de l'électeur de Saxe, roi de Pologne.

De Varsovie, il correspondait directement avec Louis XV, ^ui lui accordait une confiance partioolièM et qui lui avait délégué les plus grands pouvoirs. Prévoyant déjà la catastrophe dont était menacée la nationalité polonaise, il mit en œuvre toutes les ressources de son habileté pour con^ jurer ce malheur. La maison de Saxe, menacée par les Russes, ne demandait qu'à s'appuyer sur la France; elle se montra donc très-sensible aux égards du comte de Broglie, dont Tinfluence devint très-grande à Varsovie.

Les faveurs et les emplois furent , à la recommandation de cet ambassadeur, donnés aux amis delà république. Toute la noblesse, tous les hom* mes de cœur et de talent se réunirent autour de lui. Trois ans lui avaient suffi pour apaiser les troubles intérieurs, rendre l'espoir aux patriotes , et créer un parti nombreux à la France ; mais le cabinet français ne faisant rien pour soutenir son ambassadeur, et semblant m^^me s'appliquer à détruire ce qu'il avait fait de bon , M. de BropUe perdit peu à peu son crédit, -ef finit par être rappelé. Cesl alors qu'il alla servir en Allemai^ne, dans le corps de réserve placé sous les ordres de son frère. Après plusieurs actions d'éclat, il obtint le grade de lieutenant général en 1760. Il se distingua surtout, en 1761 , par la défense dç Cassel. A la fin de la guerre , Louis XV lui confia la direction du ministère secret , qui était chargé de correspondre directement avec le roi , de lui proposer des plans, et de lui fournir des renseignements sur la situation de l'Europe. Dans cette position , d'autant plus difficile . que Louis XV avait moins de caractère, le eonate de Broglie , natareUe* ment entior, ne tarda pas à se brouiller avec le cooHil d^ miiu^trei > $ui^

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ordres desquels il opposait quelquefois des instructions entièrement contraires, et il finit par être envoyé en exil. Rappelé ensuite, il contribua puissamment à la disgrâce du due de Choiseul, sans doute par animosité personnelle plutôt que par dissentiment politique. Exilé de nouveau , quelque temps avant la mort de Louis Xv , il mourut en 1781 , dans i*oubli , apr^ avoir dirigé la correspondance secrète pendant diX'Se|]A années.

Un Polonais, M. Kurzweil, a édité récemment, sur Vétat de la république de Pologne, un manuscrit curieux qui paraît avoir été composé par Charles- François de Broglie, pendant son séjour en Pologne. Nul ouvrage , même en Polot^ne, dit l'éditeur , ne présente la bizarre organisation de la république polonaise avec la même clarté de méthode , alliée à l'observation attentive des détails les plus minutieux.

Maurice- J. Mad. deBroglie, évémiede G and, frère du maréchal Victor- François, naquit en 1766. Uémigraen Pologne pendant la révolution. A son fetouren France, en 1803, il fut nommé aumônier de l'empereur, et, en 1805, évéque d'Acqui en Piémont. A cette époque, il épuisa dans ses mandements les formules de la plus pompeuse adulation envers le vainqueur d*Austerlitz. Mais son langage et sa conduite changèrent étrangement, lorsqu'il fut devenu évéque de Gand. Alors on le vit refuser des mains de Temperoir la décoration de la Légion d*honneur, et manifester une opposition constante dans le concile national de 1811. Le lendemain de la dissolution de cette assemblée, le prélat fut enfermé à Vinoennes , puis exilé à Beaune, et enfin rél^é dans Ttle de Ste-MarguerîtCj sur les côtes de la Provence.

Apres la chute de Napoléon, M. de Broglie rentra dans son diocèse y auquel il avait été deux fois obligé de renoncer. Là encore, son zèle, peutêtre outré, pour la défense de la religion, ses luttes déplorables avec le pouvoir , *son refus de prières pour le roi Guillaume , lui attirèrent bien des traverses et des persécutions. Enfin, oon^

damné par contumace à la déportation, par la cour d'assises de Bruxelles , il se retira en France, et mourut à Paris en 1821.

' Ciiatfti^-ftcfor, prince dkBioglib,

fils du troisième maréchal de ce nom, fut député de la noblesse de Colmar et de Schelestadt aux états généraux de 1789. Loin de partager les erreurs paternelles, il approuva les principes de la révolution, se réunit au tiers état et vota presque toujours avec le côté gauche. Il avait, avant la révoîutiofl , déjà combattu pour la liberté dans la

guerre d'Amérique. Il émut TAssemlée par la manière dont il défendit la conduite de son père, mais sa piété filiale ne le mit pas à l'abri d'un démenti de la part du maréchal, qui crut s'honorer en avouant des faits que sou fils regardait comme déshonorants. F.n 1791, Claude-Victor de Broglie fut nommé maréchal de camp à l'armée du Rhin; mais son refus de prêter le serment exigé après le 10 aoiU, Teloigna des affaires. Destitué de son grade par les commissaires de l'Assemmée législative, il voulut cependant encore combattre l'étranger et demanda du service comme simple volontaire. Le 11 mars I7U3 , il vint à la téte de la section des Invalides haranguer la Convention; mais rien ne put faire oublier l'attachement excessif qu'il avait manifesté potir le roi. Obligé de prendre la fuite, il lut arrêté dans le département de la Sadne, traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté le 27 juin 1794.

A cil îlle- Char les- Léonce- Fîctor, d uc DE Broglie, fils du précédent , né en 1785, n'avait que neuf ans lorsqu'il perdit son père ; mais 11 eut le boniieur, par suite du mariage de sa mère, Sophie de Rosen , avec Î\I. Voyer d'Argenson, de trouver dans ce personnage le protecteur le plus dévoué. M. de Broglie dut sa fortune et son éducation à son beau-père , qui réussit à lui conserver la belle terre de Broglie, lui fit obtenir une mission en lllyrie, et le mit en rapport avec M. de iSarbotine, ambassadeur à YieDM. S^étant lié avec H. de TsHeyiwidt M. de Broglie An

LIJIIIVERSU

porté par ce nouveau patron à la chambre des pairs en 1814. Dans les cent jours , il fut nommé officier supérieur de la garde nationale parisienne, et

épousa la fille de madame de Staël.

Ce ne fut qu'après la seconde restauration qu'il prit le titre de duc, qui n'avait plus été porté depuis le maréchal. A cette époque commença véritablement pour lui la carrière politique, à laquelle il s'était préparé par des études const iencieuses.Son premier vote est un des traits qui honorent le plus son caractère. La veille du jour où eut lieu rinique condamnation du maréchal Ney à la chambre des pairs, M. de Rroglie, parvenu à sa trentième année, revendiqua son droit délibératif, et vota pour un acquittement pur et simple, après avoir fait de nobles ef« forts pour sauver la victime. Pendant toute la restauration, il se montra le constant adversaire des mesures réactionnaires , éleva souvent la voix en faveur de la liberté individuelle et de la liberté de la presse, et fut un des plus ardents défenseurs de Témancipation des noirs, qui ne cessa jamais de le préoccuper.

Avec de pareils principes, M. de Broglie, d'ailleurs afGlié à la société ^icfetoi, le ciel t'aidera, ne pouvait manquer de jouer un rôle important après la révolution de juillet. Il devint en effet président du conseil des ministres le 11 août 1830. Dès lors il cessa de mardier avec le parti libéral, et manifesta même des dispositions plus que stationnaires, qui le contraignirent à donner sa demission le 2 novembre suivant. Rappelé aux affaires le 11 octol)re 1882, il prit le portefeuille des affaires extérieures, et le garda jusqu'au 4 avril 1834. Sous son ministère, les chambres votèrent le traité relatif à Teuiprunt grec; il appuya aussi de son éloquence la demande des États-Unis qui réclamaient vingt-cinq millions»

11 prétendit à cette occasion «* qu'un traité peut bien entraîner la responiiabiiité des ministres signataires, mais qu'en droit public, il est devenu engagement national, et doit être exé-

m^w 4di 91% « refitt h sanotioft xla

chef de l'Ëtat. » La chambre n'ayant pas goâté ce genre d'aicument, M.

de Broglîe sortit alors du ministère^

pour la seconde fois.

Depuis 1836, M. de Broglie s*est tenu à l'écart de toute combinaison politique ; mais il n'a pas entièrement cessé de 8*oeeuper des affoires de rÉ« tat. n a gardé, |>endant la coalition, une position indépendante plutôt que neutre , puisqu'il s'est montré tout à fait contraire à la politique réactionnaire du ministère Molé. m. de Broglie est Tune des têtes influentes de Véco\% doctrinaire , dont les principes cependant paraissent lui inspirer de jour en jour une foi moins vive. Il a longtemps désiré, et peut-être désire-t-il encore, le gouvernement exclusif de la bourgeoisie, se constituant de plus en plus sous une forme aristocratique. Quelles cjue puissent être ses erreurs à cet égara, on ne peut lui refuser ni une éloquence grave et persuasive, ni plusieurs des qualités qui constituent rbomme politique.

Broïssta , ancienne seigneurie de Franche-Comté (aujourd'hui départe- Qiei^l du Jura), érigée en marquisat en 1691, en faveur de J.-Cl.-Jos. Frois* sard de Broissia. Un comté du même nom fut formé, en 1739, des deux seigneuries de rWe et de Noidans , en faveur d'un autre membre de la famille Froissard de Broissia.

Bbon C André-François , baron), marédial de camp, commandeur de la Légion d'honneur, né à Vienne (Isère), en i 7.58 , s'enrôla à dix-neuf ans, franchit tous les tirades inférieurs, et fut nommé adjudant en 1789. Il fit les campagnes de 1791, 1792 et 1793, se distingua dans toutes, et fut nommé capitaine dans la dernière. On cite de lui surtout une charge brillante qu'il exécuta, le 24 juillet 1793 , à la tête de cent dragons au 18* régiment, et dans laquelle il culbuta Tétat-major espagnol, mit en déroute un régmient de cavalerie, et fit prisonnier un régiment d infanterie, sans être arrêté un instant par ses blessures. Passé à Tannée d'Italie, il scf vit avec distinction dans les iminorteUes duni^oes de Tao IT

jM# ..FRAUCE. no 411

et de Tan y. Eotre autres actions d'éclat , il prit à Storo , sur les bonb dit lac d'Iséo , avec un escadron de cba^ seurs, huit pièces de c^non et deux bataillons autrichiens. Il déploya la même valeur en Égypte, où il "avait suivi le général Bonaparte; à Taffaire du 39 ventôse, il sontuit avec suocèSi contre les Anglais, la retraite de l'ia* fanterie et de l'artillerie, et eut un cheval blessé et un autre tué sous lui. De retour en France, Bron, devenu

Sénéral, fut de nouveau employé en talie. Il fit les campagnes de Prusse •n 1807, d'Autriche en 1809, et d'Espagne en 1810 et 1811. Il mérita et obtint le titre de baron à la bataille d'Albuféra. A l'affaire d'Arroyo-Molinos, qni eut lieu le S9 octobre 18U« il avait repoussé, à la téte de la com* pagnie d*élite du 20*" régiment de dragons, les hussards hanovriens, et facilité ainsi la retraite de l'infanterie du général Girard , attaquée par des forces très-supérieures, lorsqu'il fut culbuté , blesse, fait |)risonnier et conduit en Angleterre, oii il resta jusqu'en 1814. Kn 1815, il fut mis à la retraite, et cessa, depuis cetle époque, d'être en évidence.

Brongniart (Adolphe-Théodore), fils de M. Alexandre Brongniart, professeur au muséum d'histoire naturelle , l'un de nos plus savants botanistes, est auteur des ouvrages «rivants : EênU dune ekui^icaiion naturelle det tkampignorUf Paris, 1826; f^oyage autour du monde de la frégate la Coquille : Botanique ^phanérogamie; Prodrome dune histoire deê v^ifanm fs^tUesy 1898, 1 v. in^; Httioire des végétauxfossiles, oaJtocherches botamqueset géologiques sur les végetatix renfermés, dans les diverses couches du globe y 9 vol. in-4». M. Brongniart a en outre publié dans les M^oiies de TAcadémie des sciences , dans iBi Annales du muséum , et dans plusieurs autres recueils scientifiques, un prand nombre de mémoires extrêmement importants sur les différentes parties de rhistoire naturelle. U est , depuis 1834, membre de l'Institut (Académie det seienees).

Bbon&niabx (Alexandre), fils d'Alexandre^HiéodcHre, naquit à Paris, le 5 février 1770. Destiné à la carrière des arts, il se livra , par goût , à l'étude des

sciences naturelles, et s'y distingua bientôt.ISommé,en 1794, ingénieur des mines, il est parvenu récemment, par son rang d'ancienneté, au crade d'inné* nieur en chefde première classe. Appâé, en 1796, à la chaire d'histoire naturelle de l'école centrale des quatre nations, il devint, en 1800, directeur de la manufactqre de porcelaine de Sèvres ; fut élu, en 1815, membre de l'InstitiÀ (Académie des sciences); et succéda, en 1822, dans la chaire de minéralogie du muséum d'histoire naturelle, au célèbre Haiiy, qu'il remplaçait déjà depuis longtemps a la faculté <ses sde»* ^ ces. Les travaux de M. Brongniart ont puissamment contribué aux progrès qu'ont faits, dans ces derniers temps, les sciences physiques et naturelles.

Nous regrettons de ne pouvoir mea<tiônner ici tous ceux qu'il a publiés.

Les principaux sont : Traité élémentaire de minéralogie, avec des appU" cations aux arts, Paris, 1807, 2 volumes in-8°; Description géologique du environs de Paris, par MM. Cih vier et Brongniart, Pans,in-4o, 1822; Histoire naturelle des crustacés fossiles sous les rapports zoologiques et géologiques, savoir : les Triiobites, par M. Al. Brongniart; les Crustacés proprement dits, par M, Desmarest, Pans, in-4*', 1822; Mémoire sur les ' terrains de sédiment supérieur calcaire trappéen du Ficentin^ et sur quelques terrains d Italie, de France^ dJOeniagne , etc., qui pemeM ee rapporter à la même époque, Paris, in-4'', 1 823 ; Classification et caractères minéralogiques des roches homogènes et hétérogènes, Paris, in-8", 1827 ; Tableau des terrains qtd composent Véeoree du globe, on BseeA sur la structure de la parti» Cùmnm de la t^rre^ 1 volume in-8', avec tableaux. M. Brongniart à en outre publié, dans les Annales du muséum, dans le Journal des mènes, dans les ^niiolir de ^Industrie, dans celles des Scieneee noluratfËi et dans haancMui d'au*

WfS BRO L*UN

1res recueils, des mémoires du plus haut intérêt, parmi lesquels nous devons citer son MémiHre sur la pHn* tare sur verre etsur son infroductUm dans la vianufachire deporcetaine de Sèvres {Annales de l'industrie, 1828, tome II, pag. 8), et son article sur VArt des poteries (300 pages avec table et planches, dans le Dictionnaire technologique de Thomîne). Cet article, ou plutôt cet ouvrage, traite de toutes les parties de l'art céramique. Nous savons que M. Brougnlart prépare , sur cet iHrt, un ^rand ouvrage; espérons qu'il ne laissera ■pas trop longtemps attendre au pufclic une production que ses connaissances spéciales doivent rendre si importante.

Il nous reste maintenant à dire ce que, pendant une administration de quarante ans, I\î. Brongniart a fait pour la manufacture de Sèvres : il a rétabli dans son ancienne splendeur un établissement qui était en raine, et dont les produits actuels rivalisent avec ce que le vieux Sèvres et les manufactures étrangères peuvent offrir de plus beau.

(Voyez SiiVBES (manufacture de), et PoRCBLAiRB.) Il a , et c'est là un de ses plus beaux titres, fondé le musée céramique, présentant unn collection complète, aussi intéressante pour l'industrie que [)our la science, de tout ce qui a constitué l'art du potier dans tous les pavs, dans tous les temps et daus tous les genres. (Voyez Céba.- MTQUF.) T! a établi un atelier de peinture sur verre, et, ()ar la production d'un assez grand nombre d'admirables verrières, il a puissamment contribué à la renaissance d'un art qui depuis plus d'un siècle n'était plus cultivé chez nous. (Voy. Verre fpeinture sur). Enfin, en 183d, il a fait faire quel-

n essais de peinture sur émail, qui ent Tespoir de véa bientôt pros-

Î>érer de nouveau cet art si utile, dans e pays oij il a pris naissance. (Voyez Émail (peinture sur.)

BBOiXGNiAfiT ( Alexandre -Théodore ), arobiteete , naquit à Paris le 15 février 1739.

• là'inflattiiee des mœura du dix-bui*

tième siècle, en s'étendant sur l'architecture comme sur tous les arts, n'eut l^as néanmoins pour elle des conséquences aussi fâcheuses que pour les autres arts du dessin. Les monuments de ce temps, sans avoir le caractère de grandeur que présentent ceux du siède de Louis XIV, ont, sur ces der* niers,ravantaged'offrirplusdV.léganc8 et souvent même plus de pureté. Enfin, la magnificence qui , au dix-septième siècle , n'avait pu appartenir qu'au grand roi, ayant fait place au luxe qui s'étendait à plus de membres de la société , Tarchitecture prit un plus large développement , et si les monuments eurent moins de grandeur, on en construisit un plus grand nombre, et les arehitectes eurent des occasions pins fréquentes de déployer leurs talents.

D'ailleurs, dans la seconde moitié du dix -huitième siècle, on étudia avec beaucoup de zèle les monuments de Tantiquité grecque, et bien que ces monuments ne soient pas , comme on le pensait alors , les types absolus et exclusifs du beau , feur pureté dut exercer une heureuse influence sur les i^ées des artistes de cette époque. (Voyez SODFFLOT , BeULLBB,

etc.)

Théodore Brongniart avait été destiné par son père (*) à la carrière de la médecine; il acquit, dans une éducation conforme à ce dessein, un grand nombre de connaissances qui manquent à la plupart des architectes , et qui leur seraient cependant d'un grand secours. Il étudia ensuite rarchitecture à l'école deBouUée; et , sous la direction d*un aussi bon mattre , il put développer toutes les heureuses qualités de son esprit. Les premiers édifices qu'il construisit, prouvèrent la simphcité et la pureté de son goût. Parmi eux nous citerons : le petit palais du

(*) flumnadra, et non pas professeur de chimie au muséum , comme le disent toutes les biographies. C'est Aufolne-Louis Brongniart, frère d'Alexaudre-Théodore, qui a .été administrateur el ensuite proleisottr de chimie appliquée aux art^ au jardin dttroif OÙ il aélé remplacé par Vau^uelim

BBO fKÂ

duc d^Orléans à la Chaussée-d'Antin ; Y hôtel Monaco^ rue Saint-Dominique; V hôtel de Sainte- Foy , rue Basse-du- Rempart, aujourd'hui remanié, mais alors rUn des plus jolis morceaux d'architecture de la capitale ; les bairn^ antiques du baron ae Besrnval; le palais de mademoiselle de Condé, rue Monsieur, etc. £a 1781 , il fut chargé , de Gonstmire un eouvent' de capucins à la Chaussée-d'Antin , et remplace le cloître à arcades ogivales pnf un péristyle d'ordre dorique. Cette substitution de l'architecture grecque* à Tarchitecture gothique, contre laqadie noue nous sommes si souvent prononcés , se trouvait ici justifiée par la prétention des pères capucins, qui se vantaient d'avoir conservé le .costume des philosophes du Portique , et qui ^rent ainsi se proinener sous un portique semblable à celui d'Athènes. Cette même année, l'académie d'architecture admit Broneniart au nombre de ses membres. Il bâttt la salie du théâtre Louvois en 1791 {*). Lorsque Napoléon eut décidé la construction d'une bourse à Paris, Brongfiiart présenta son pion comme tous les autres architectes. On dit que Napoléon, frappé de la majesté de son projet , le fit appeler et lui dit : « M. Bronj!;niart, « voilà de belles lignes ! A l'exécution! « mettez les ouvriers! » « La première pensée de M. Brongniart, dit M. Artaud (**) , ne réunissait pas dans la même enceinte la bourse et le tribunal de commerce. Ce fut celui qui avait admiré de près les Pyramides, et qui ouvrit si majestueusement le mont Cenis et le Simplon, ce fut Napoléon q[ui corrigea de sa main le plan primitif; lïous l'avons en ce moment sous les yeux : de larges lignes noires, jetées brusquement, indiquent Pintention du maître qui n'a pas de temps à perdre, la force de sa volonté et son amour du grand et du sublime. » M. Broneniart refit son plan. Le monument tdqull

(*) Cette Mllè a été démolie en tSaf.

(**) Biêêobt tClttUe, de l*Umvcn pittoreique.

NCE. BRO: 4it

l'avait conçu devait être un édifice périptère d'ordre ionique. Du coté de la place, au lieu des fenêtres du premiej; éta^e, que Ton Toit aujourd'hui, un bas* relief, dont le modèle avait été composé par Chaudet , devait représenter 1 his^ toire et les attributs du commerce (*). Plus tard on voulut placer le tribunal de commerce daus le même bâtiment, ce qui força Tarcbitecte à donner plus d'élévation ati monument* Brongniart fut donc obligé de faire un premier étage, et comiiie les bases des colonnes étaient déjà en place, il dut adopter un ordre qui eût plus de hauteur avee lesmémes distances pour l'entre-oolon* nement. L'édifice a été achevé sur ce dernier plan, et M. Labarre, qui l'a terminé, a suivi entièrement les dessins de Brongniart, sauf quelques changements dans les distributions intérieures. Le parc de Maupertuis es| aussi l'une des œuvres les plus remarquables de Brongniart : ce fut la dernière; il mourut le 6 juin 1813, sans avoir vu acliever le monument auquel il avait attaché son nom et sans avoir appartenu à l'Institut.

Brossard ( Sébastien de) , maître de musique de la cathédrale de Strasbourg, ensuite de celle de Meaux, et chanoine de cette église , mort en 1730, <1gé de plus de soixnnte-dix ans, a été un des plus savants musiciens de France sous le rapport de la théorie et de la pratique. Son Dictionnaire de musique, deuxième édition , 1705, 1 vol. in-S**, a fourni à celui de J. J. Rousseau un très-grand nombre d'articles. Brossard avait rassemblé une nombreuse bibliothèque de musique qu'il donna à Louis XIV.

Bbossb (Jean de ) , connu sous le nom de maréchal de Boussac , né vers 1375, fut un de ces vils et orgueilleux courtisans qui dominèrent si longtemps Tesprit du faible et in-

OM.Alextndre Brongniirt possède

corc le modèle en plâtre du premier projet de son père, et celui du bas-relief de Chaudet. On ne peut voir ces monuments laiu déplorar les modifiostioiis fritas eu forcaiier plan de rarebitecle.

414 BftO L'UNI

dolent Chutes VII. Ce fut loi qûf «

avec la reine Yolande de Sicile, pressa le connétalile de Richemont de tuer Je Camus de Beauiieu , favori du roi.

. Ce ftit hif qui dioisit les deux mear* triers. Dans la suite cependant il rendit au roi des services çius honorables. Il se signala en plusieurs occasions contre Tes Anglais , auxquels il fit jeter les sièges de Compiègae et de Lagny. Il mourut en 148S.

Brosse (Jacques de). -->0n ne oon* naît ni la date de In naissance de cet architecte , ni le nom de son maître.

Son premier ouvrage fut le palais du Luxembourg, constrait de 1615 à 1620. On a dit que Marie de Médicis avait fait examiner par les plus célèbres architectes italiens les plans de ce palais, qu'elle avait fait dresser sur le modèle du palais Pitti. Cependant le Luxembourg est très-inférieur au monument florentin; il n'a pas son aspect imposant; l'emploi malhabile de l'ordre toscan , dans un bâtiment aussi considérable, et Tabus des bossages Bitematifs loi donnent une lourdeur que ses petites proportions ne font que rendre plus évidente. Au reste, depuis 1839, on y a fait des additions qui rendent ces défauts plus sensibles encore, et font de ce monument un Téritabte monceeude pierres.Les autres inivrages de Jacifues de Brosse sont :

le portail de Saint-Gervais , qui sera une grande et belle œuvre lorsqu'on pourra le voir; le château de Monceaux près de Meaux ; la salle des Pas- Perdus (1622), au Palais de Justice; le temple protestant de Charenton (1623), détruit en lG85,et l'aqueduc d'Arcueil (1G24). Kous ne pouvons, pour l'appréciation des travaux de cet artiste, que renvoyer à ce que nous avons dit à Tarticle Beaux-ÂBT8, sur l'état de Tarchitecture de l'époque de Sully.

Bbosse (dom Louis-Gabriel), béaédietin de la congrégation de Salat- Manr, né à Auxerre, en 1619 , fut du

petit nombre des religieux de son ordre qui cultivèrent la poésie. Il mourut le l**^ août 1685 , à l'abbave de Saiot-Deois, où il avait rempli Toflice

£RS. BftO

dMnflrmier avec une humanité rare.

On a de lui , entre autres ouvrages :

Les Tombeaux et Mausolées des rois inhumés dans l'église Saint- Denys, depuU le roi Dagobert jusqu'à Lomé XlIIy avec un abrégé des choses le$ plus notables arrivées pendant leur règup , envers, Paris, 1656, in-8®, Dom Brosse avait composé une Vie des saints de Tordre de Saint-Benott, pour tous les Jours de Tannée ; mais sa modestie Tempécba de publier ce travail. Son manuscrit se trouvait à l'abbaye de Saint- Germain des Prés.

Bbossis (Chaviet de) naquit à Di* jon en 1709, et fut le camarade d'enfance de celui qui devait plus*tard immortaliser le nom de Buffon. De Brosses entra de bonne heure dans la magistrature; il s'y distingua par son zèle infatigable, surtout lorsqu'il exerça les pénibles fonctions de premier président au parlement de Bourgogne. Toutefois, ce n'était point assez Dour l'activité de son esprit ; de nomnreux et savants écrits attestent qu'il mettait à profit jusqu'aux molnares instants de loisir. Ses lettres sur rétat actuel de la ville d'Herctila' wwm,son premier ouvrage, furent en France le premier appel à la curiosité des Tovageurs , sur un sujet ex* ploité depuis par tant d'autres, dignes ou indignes. Il parut en 1750. Quelques années après, de Brosses donna une Histoire des navigations aux terres australes, dont les découvertes de Wallis, de Carteret , de Bougainville, et surtout du capitaine Cook , ont rendu sans valeur la partie systématique, mais qui ne mérite point l'oubli où elle est tombée, et qui contient d'intéressants détails. Les découvertes de nos contemporains dans le monde de l'histoire et de la philoî?ophie ont fait oublier aussi la dissertation sur le Cuite des dieux Jétiches, le Traité ée la formation mêcaniguê ém laiu gues y etc. ; mais les Lettres historU ques et critiques^ écrites en Italie, seront toujours lues avec plaisir, et le chef-d'œuvre du président de Brosses, Histoire du septième siècle de la ré'

MO

publique romaine . est un monument impérissabled^éroâftion, de patience, et surtout de sagacité. Salluste avait écrit cette histoire; mais il ne reste de son livre que des fragments. De Brosses conçut l'idée de réunir ces fragments épars, de les coordonner, d« combler toutes les lacunes, et pardessus tout, de donner la vie à cette singulière composition. 11 s'occupa de ce travail pendant quarante années, et parvint , à force d'études^ à force d*essais , par une sorte d'intuition du passé , à former un récit suivi où tous les fragments de Salluste et jusqu'aux momdres mots épars trouvent si naturellement leur place, qu'on ne saurait s'imaginer qu'ils aient elé placés ailleurs dans la nap* ration de l'historien latin. Telle est la prof(^nde connaissance que de Brosses avait acquise de l'histoire, qu'il semble avoir vécu avec ceux dont H parle , et être entré dans tous les secrets de la vie et du gouvernement politique du peuple romain. 11 mourut en 1777; l'année même où paraissait cet admirable ouvrage. L'histoire restaurée par de Brosses a été dignement appredée par la Harpe , et surtout par M. Villemain , dans la

partie récemment publiée du Cours de littérature du aix- huitième siècle.

Bbossettb (Claude) , seigneur de Varennes-Rappetour. né à Lyon eo 1671, mort dans la même ville en 1743, a écrit quelques ouvrages de 'droit et d'histoire , et nous a laissé des commentaires et de curieux renseignements sur Régnier et sur Boileaa. fl tenait duet lui une assemblée de gens de lettres et de savants, qui fut autorisée, en 1700 , à prendre le titre d'académie de Lvon , et qui le choisit pour son secrétaire perpétuel. L'avocat Aubert ayant donné, en 1741 , sa collection de livres à la ville de Lyon , à la condition qu'elle serait mise à la disposition du public, Brossette accepta la direction de cette bibliothèque , qu'il enrichît lui-même d'un

S and nombre de volumes. Ou a de

horique de la ville de lyon^ 1711,

Cest de Boileau luf-nime, aveo

lequel il entretint une longue correspondance , que Brossette tenait la plupart des particularités qu'il a données dans son édition des OEuvres de JBoUeaUy avec ée$ édaêrûbsemetiti hiitoriques , 1716, 2 vol. in-4°. Le voyant absorbé dans des recherches sur sa personne, Boileau lui dit un jour : « A l'air dont vous y allez, vous « saurez mieux votre Boileau que nioi- « même.» Brossette a égalementdonné une édition des Œuvres de Réqtder, avec des éclaircissements histori-

Îues y Londres , chez Voodman, et .yon , 1729 , in-4* et in-8*. Il avait fiut aussi un commentaire sur Molière. U est d'autant plus regrettabit que cet ouvrage ait été perdu , que la plupart des renseignements avaient été fournis à Brossette par De spréàux, par Baron , et d'autres personnes qui avaient vécu familièrement avee notre grand comique. Le recueil des Lettres de J. B. Rousseau sur dif* férents srijets de littérature) publié par Louis Racine, avait été préparé par Brossette. Il était né oommen»

tatéur , et poussait même jusgu'à l'excès l'amour du commentaire, ajoutant une importance extrême aux moindres détails; mais il savait bien son antiquité, et, malgré sa diffusion, c'est un auteur bon è consuitm* quelquefois^ Bbossieb (Marthe) , fîHe d un ti»»

serand , née en 1647, à Romorantin , en Sologne , atteinte , à Tâge de vingtdeux aus, d'une maladie extraordinaire, se fit exorciser comme possé* dée. A cette époque , où Ton était encore tenu de croire aux possédés, on prétendit que cette fille était de mauvaise foi , et qu'elle servait d'instrument à la ligue pour exciter des troubles. Le médecin I>uret , qui avait assuré qu'il y avait en 'die quelque chose de surnaturel , passa pour avoir été gagné. Ce qu'il y a de certain , c'est aue des capucins promenaient Marthe Brossler de ville en ville, disant qu'elle entendait parûd^ tement le fss^^ ^ latin i l'aspaii et

4tt wm LURiVEas. ifta-

4*autre8 lansueB ; qu*elte lisait dans fttuea : «le démon n*y est pour rien,

l'intérieur oes consciences; qû*elle ïamaladie y est pour peu, Fimposture

f>énétrait les secrets des cœurs ; et , pour beaucoup. » Sur ce. le parlement ni laissant faire une l'oule de gyries, rendit , le 24 mai 1599, un arrêt qui de contorsions, et même de tours de condamnait IM.irtiie, ainsi que son force. Tout ce qui avait été béni ou père, ses frères et ses sœurs, à s'en eonsacréi on du moins tout ce qu'elle retourner à Romorantin et à B*en pi us croyait tel , redoi^ilalt ses convul- sortir, sous peine de punition corpo* siens; elle discernait les vraies et les relie. Vainement le docteur Duval défausses reliques; enlin elle sautait de clama en chaire contre la violation des temps à autre à quatre pieds au-des- privilèges de TÉglise sur les possédés, sus de tenct Marthe ^tobligeede reprendrela route Les doutes qu*iD8pirait sa sincë^ de son pavs. Cependant elle ne tarda pas rité la firent soumettre par l'évêque à s'en échapper, sous la conduite d un d'Angers et l'official d'Orléans à des abbé de Samt-iMartin , qui la mena à épreuves dont elle se tira avec peu Ciermont , où son frère était évêd*honneur. Ainsi on mit, à son insu, que. Un nouvel arrêt du parlement de rean. bénite dans sa boisson; et le força de battre en retraite avec son estomac, prenant Teau sainte pour sa protégée. Us se réfugièrent alors de l'eau ordinaire, la digéra sans la à Rome, où le cardinaf d'Ossat Ht moindre convulsion. Kn revanclie, elle enfermer Marthe dans une commufut prise d'une violente attaque de nautc de filles. Ce fut le terme de ses Bsm, pour avoir bu de Feau ordi» aventures. •

naire que, par supercherie, on avait Brotier (André-Charles), neveu de

versée dans un bénitier. Les capu- Gnbriel Brotier, né à Tannay en Ni»

cins , ses compères , s'en montrèrent vernais, en 1751, mort déporté à

vivement atfhgés; ils éprouvèrent un Cayenne, en 1798, fut -4 la fois pro-

sentiinent non moins désagréable , fond mathématicien , bon botaniste et

lorsque la pauvre fille, trompée par littérateur estimé. Il était, avant la

les apparences d'une reliure faite ex- révolution , professeur de mathémati*

près, prit une Énéide et une Gram- ques à l'F.cole militaire; il devint, en

maire de Despautère pour des livres 1791, principal rédacteur du Journal

d'exorcisme. Son erreur fut si corn- général de France^ dirigé par l'abbé

plète à cet égard , qu'elle poussa des rontenay. En 1796, il trempa dans la

eris furibonds en entendant pronon- conjuration royaliste de Lemattre, et

cer les mots : Jrma virumque cano, n'échappa que par miracle à une con-

et qu'elle tomba à la renverse, les damnation. Mais impliqué, l'année sui-

• yeux hors la tête, l'écume à la bou- vante,dansraffairedeLavilleheurnois,

che , pendant que l'offidal d*0rléana II fut titoluît devant une commission

lui lisait le vers suivant : Nexo, œui, mîHtaire et condamné à mort, peine

anoMf vuUf fexo, xuU , indegue tex- qui, cependant, fut commuée en une

tum. C'en était trop; on la chassa détention de cinq ans. Après la journée

d'Orléans, comme elle avait d'abord du 18 fructidor, il fut, avec ses com-

été chassée d'Angers. plices, déporté à Cayenne, où il suc-

Les capucins la menèrent alors à comba bientôt à une maladie causée

Paris; mais là, ils furent encore moins par le climat. Il a publié la nouvelle

heureux qu'ailleurs. Des médecins et édition du Théâtre des Grecs, !3 vol.

des théologiens, réuïiis au nombre de in-8°, Paris, 178o, dans laquelle il fit

douze à l'aubaye de Sainte-Geneviève, insérer sa traduction à' Aristophane.

en présence de l'archevêque de Paris, Il termina aussi, avec de Vau vil Mers,

étudièrent scrupuleusement l'état de la belle édition de Plutarque, traduit

l'énergumène , et prononcèrent cette par Aniyot , édition qui avait été com*

sentence , aussi curieuse que sage : mencée par Gabriel Brotier. JNihUadâ^nwnet muUaJicla, a morbo Baotisa (Gabriel) fut un des éru*

dits les plus féconds qu'ait produits la Cette ville, située vis-à-vis de Vile

todété des jésuites; mais la force et d*01eron, fut fondée en 1565, par Jaer

roriginalitémanquèrentà ses travaux, ques de Pons, et considéraDlement et il n'a laissé qu'un nom. Ses livres cngrandie dans le siècle suivant, par de ihcologie sont oublies; ses niénioircs Richelieu, qui la fit entourer de forliarcheolugiques ne sont plus comptés ilcations iaiportantes , et y fit consdans la science, sinon oomme un té- traire un hôpital , un arsenal et deg Dioignage de l*etat des connaissances magasins immenses. On j plaça un en France à une certaine époque; ses siège d'amirauté et un bureau des feréditions n'ont pas conservé leur re- mes. Mais l'insalubrité du climat fit nommée, et son Tacite lui-même, son transporter, en 1730, tous ces etablischef-d'œuvre sans contredit, a été sements à Marennes. De[)uis, Brpuage effacé par le grand travail d'Oberlin. a perdu une grande partie de son im- Touterois, c'est bien quelque chose portance. Sa population n'est plus d'avoir été le premier latiniste de son maintenant que de huit cents habitemps , et d'avoir préparé , dans plu- tants. Cette ville a do!)né son nom à un sieurs branches de l'érudition, quel- canal entrepris en 1782, dans le but

2ues-uns des progrès dont nous avons de dessédier les marais des environs de té les témoms. La vie de Brotier Kochefort, et rendu navigable en 1807. n'offre aucun incident remarquable. Bïiov âge kis ^ BroOrgîensis tractus. Il était né en 1723, à Tannay dans le petite contréede l'ancienne Saintonge, Nivernais; il entra fort jeune dans la tlémembréc du gouvernement militaire compagnie de 'Jésus , devint bibliotbé* de cette province, sous le ministère Caire du collège Louis le Grand , et du cardinal de Richelieu , pour être conserva cet emploi jusqu'à la de^truc- réunie à celui de l'Aunis. tion de l'ordre. Il passa le reste de sa Brouard (l'Hienne), né à Vire (Calvie dans la retraite, et mourut en 1789. vados), où il était avocat à l'époque Jusqu'à son dernier jour, il ne cessa de la révolution, entra, en i7dl, dans de s occuper de ses études favorites ; les volontaires nationaux, et fit les et son neveu a publié un certain nom- premières campagnes de l'armée du bre d'écrits posthumes où se retrouvent rîord , oii il fut créé chef de bataillon, toutes les qualités et tous les défauts Jeté dans les cachots en 1793, il n'en que la critique a remarqués dans les sortit que par l'intervention de la dédiffcrents ouvrages sortis de la plume putation entière de son département, du docte abbé : une édition des œuvres II rejoignit l'armée ^u Nord dès qu'il morales de la Rochefoucauld , avec des fut rendu à la liberté, passa, en 1797. observations, une traduction du ma- à celle d'Italie, et fut ensuite nomme nuel d'Épictète, précédée d'un discours chef d'état-major à Malte, où il se dissu r la vie et la uioruie de ce philoso- tingua par le courage qu'il déploya

()he , enfin une compilation qui porte contre les habitants révoltés et contre e titre de Paroks mémorables. les Anglais. Blessé d'un coup de feu Bbou ou Saint-Romain DE Bfiou, dans une sortie, il fut obligé de reancienne baronnie et capitale du Per- tourner en France. Mais le vaisseau clie Gouet, à douze kilomètres de qu'il montait fut attaqué par des forces Chàteaudun. La ville de Brou, qui est supérieures, et, après une vigoureuse maintenant Tun des chefs-lieux de résistance, Brouard, couvert de blescanton du département d'£ure^t-Loir, sures , fut conduit prisonnier en Anglepossède aujourd'hui une population de terre. Échangé bientôt après, il fut deux mille deux cent soixante-trois ba- chargé, en 1803, du commandement bitants. de l'Ile-Dieu, et obtint, en 1805, le Bbouage , i?roaa/um, petite et forte grade de général de brigade, avec le- ▼ille maritime de rancienne province quel il fit les campagnes de Prusse et de Saintonge (aujourdliui département de Pologne* Nommé baron de Tempire de la Charente-Inférieure). en récompense de ses long? services,

T. m. 37* liXf. (DiCT. BNGTCL, , SIC.) 27

418 9RQ LUNIVERS. JttO

et appelé en 1809 au commandement du département de la Loire -Inférieure,

Il fut promu, après le 20 mars 1815, au qrade de général de division, et nommé député par le collège électoral de Nantes, Mais il fut mis à la demisolde à la deuxième restauration , et ne fut confirmé dans son grade qu'après la révolution de 1880. Il est mort à Paris en 1833.

Brouette , espèce de voiture publique pour une personne, et qui différait «es chaises a porteur en ce qu'elle avait deux roues et un petit brancard dans lequel se mettait Vhomme'Cheval.

La brofiette, appelée aussi vinrtiîzrrtte, avait été inventée sur la fin du dix-septième siècle et était d'un usa^e assez fréquent avant la révolution, dont un des nienfaits a été deproscrire un moyen de transport aussi incommode pour le voituré que dégradant pour le voitureur. L'anecdote suivante prouvera combien la marche des brouettes était lente et pénible. Poisson fils, fomeux comédien-bouffon, en avait pris une au quartier du Marais pour se rendre à la comédie. Il faisait très-mauvais temps, et le pavé était glissant et crotté. Poisson voyant que l'heure avançait plus vite que sa voiture, et craignant les reproches du régisseur, deiuiinde au brouetteur pourquoi il ne marche pas mieux. « C'est, répond le malheureux, que Je n'ai pas de nousseur. » — a Tu es un firanc animal de ne pas me Ta voir dit plus tdt, s'écrie alors Poisson; il y a une heure que je serais arrivé. » Puis, sortant de la brouette, il se mit derrière à pousser de toutes ses forces. Il arrive ainsi à la porte de la comédie, assez vite , il est vrai , mais crotté et mouillé comme un barbet.

— Pour être juste, disons cp[)en(lant que maintes fois, en fiaerc, en oinnibus, nous nous sommes senti Tenvie de pousser par derrière.

Bbouiller (Claude), soldat à la lOH'demi-hrigade d'infanterie de ligne, né dans le dé[)artemenl de l'Ain, était en tirailleur au combat de Montefaccio, le 7 avril 1800; entouré par six Autrichiens, il leur résiste, en tue un, en fait deux prisonoiers, et met les trois

autres en fuite. Cette action lui valut un fusil d'honneur.

Brodis (affaires de). — Le général Brunei, instruit que les Piémontais, soutenus par une flotte espagnole, espéraient bientôt forcer les- Français à évacuer le comté de !Nice, choisit ce moment pour s'emparer des sommités des Alpes qu*lls occupaient encore. Le 8 juin 1793, ils furent attaqués à la fois sur cinq points différents, par les généraux Dumerbion, Mieksouski, Gardanne et Dietmann. Si la colonne dirigée par le général Serrurier eût pd se rendre maîtresse du col de Raus, les ennemis auraient été repoussés dans le Piémont. On prit dans cette journée beaucoup d'effets de campement, de pièces de canon; on fit deux cents prisonniers; le nombre des morts s*éfeva de part et d'autre à plus de six cents.

— Les Autrichiens, après la malheureuse campagne de 1799, s'étaient emparés de toute Tltalie; ils étaient maîtres de Gènes, et se préparaient à pénétrer en France par le Var, quand la marche de Parniée de réserve, dans le iMiiafiais , lit cesser tous leurs succès. Dès ce moment, menacé sur ses derrières. Mêlas rot obligé de retirer une partie des forces qui accablaient le général Suchet dans les Alpes.

Combattant à nombre égal , les Français recouvrèrent bientôt leur supériorité. La sixième division, après avoir enlevé aux Autrichiens quatre formidables redoutes au camp des Fourches, et fait plus de quatre cents prisoimiers, se porta à Saorgio et à Fonton , coupant ainsi à l'ennemi toute communication avec les trou* pes qui défendaient Brouis. Le général Solignac arriva sur ce point par Berolet, tandis que Brunet chassait les Autrichiens devant lui par la grande route, et que Maucune repoussait par Pinna les troupes qui cherchaient à se sauver du côté de Vintimille. La précision des manœuvres (ut telle que ces trois colonnes arrivèrent en metne temps, et enveloppèrent toute l'arnère-garde autrichienne. Les Français prirent 1q même iour, à Brcglio, sept canons et trois obusieni.

BBO

FRAPiCE.

liBO

Aboussàis (François-Joseph-Victor), né à Saint-Malo en 1772, servit d'abord pendant six ans dans la marine niilitirir«, en qualité de chirurgien, et Tînt ensuite étudier à Paris, où ii fut reçu docteur, et pratiqua jusqu'en 1803. Rentré alors au service dans Tarmée de terre, il fit successivement les campagnes de Uoliande» d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne. Il fut nom* ■lé, en 1814, médecin ordinaire et second professeur à rhôpitiil du Valde- Grâce, sur la présentation du baron Desgenettes, qu'il remplaça plus tard en qualité de premier professeur; il lut Bominé, en 1880 , professeur de patho- *'k)gie et de thérapeutique générales à la faculté de médecine de P;iris, et l'Académie des sciences morales et politiques l'admit au nombre de ses Membres, dès Tépoque de son rétablissement. Il fut nommé quelque temps après inspecteur général du service de santé des armées et commandeur de la Légion d'honneur. Il mourut à Paris, en 1838, après une courte maladie.

Les principaux ouvrages de Broussais sont : V Histoire des phk§masie$ chroniques, Paris, 1808, in-S», «ouvrage impérissnl)le, dit M. 'SW j.ncX {*) , qui perpétuera la gloire de Rroussais, aussi longtemps que la saine observatfoD et la vraie science seront en lionneur; « Traitédephysîologie appliquée à la pathologie , 1822, 2 vol. in-8'*; Catéchisme (le la médecine physiologique, ou Dialogue etUre un savant ii UM jeme médecin^ 1824, in-8*; C^mmentaireà des propositions de pathologie consignées dans l'examen des doctrines médicales, 182i), 2 vol.

iii-S"; . innalfs de la médecine physiologique, de 1822 à 1834, 26 vol, in-S"; De fiffiMUm et de la folle , 1829, in-8«.

Nous n'essayerons point d'apprécier ici les doctrines médicales et philosophiques de Broussais. Cette appréciation trouvera mieux sa place aux PHTOOtOGiB, Hbmcinb et

(*) Notice sur l.i vie et les travaux de

Broiissnis , lue à rAeadérnie des sciences luoraiia el polilit^ucs, le 27 jiiiu 1840.

Philosophie. Quant à présent, nous nous bornerons à citer un passage du jugement remarqualjle porté sur ce grand médecin par le plus éloquent de ées appréciateurs. «Entraîne par la

f partie la plus noble et la plus élevée de a science, il en avait négligé l'apjflicntion et dédaigné les prolits; il avait surtout exercé dans les camps, au milieu des ravages de la suerre et des épidénn'es, n'ayant eu de la pratique niéilirale que les dangers et l'héroïsme. Aussi le iiiedeein qui couvrait la Franee de ses disciples et remplissait l'Europe de son nom , après trente ans d'exercice et de gloire, est mort pauvre* Cette passion pour la vérité lui faisait cepenclant porter trop de fougue dans sa recherche, et le rendait moins difficile qu'rl ne l'aurait fallu sur ses preuves. Son esprit, qui était vif, pénétrant, ferme, créateur, n*avait pas des procédés assez vigoureux; il ne se posait pas toujours bien les problèmes, et il se contentait souvent de solutions imparfaites , parce qu'il observait bien, et qu'il concluait trop. Chercher et croire, affirmer et combattre , tels étaient ses besoins; il ne savait ni douter ni hésiter. De là venaient à la fois ses imperfections, son talent, sa puissance, ses succès; ii y puisait un style aux allures animées et libres, coloré, abondant, inégal, énergique; il y trouvait l'inspiration de ces livres qui intéressaient non-seulement par l'exposition des idées, mais par l'émotion des sentiments; car il y mettait à la fois ses systèmes et sa personne.

« M. Broussais a eu un génie inventif; il appartenait à cette génération vigoureuse et créatrice qui s'oeeupait un peu moins que la nôtre de ce qu'on avait pensé dans les siècles précédents, et qui découvrait un peu plus. Aussi le nom de iiroussais demeurera inscrit à cote des grands noms dans la science qiiii a cultivée, honorée et perfectionnée. »

Bboussibb (Jean-Baptiste, comte), né à Ville-sur Saulx en 1766, lîicrr à Bnr-le-Duc en 1814. Destiné à l'état eccksiastiqiu^ , il s'enrôla, en 1791, dans le troisième bataillon de la ÎMcur-

4iù ilHO UUKrV£KS. BRO

the ety fut nommé capitaîne. TI fit sps premières armes sous Beiirnonville dans les campagnes du îVord, et fiit grièvement blessé à l'affaire de Vavreii. Nommé chef de bataillon peu de temps après , il fut envoyé à Tarmée de Sambre-et-Meuse, et charge de la défense d'un poste important où il fut atteint d'une balle à la téte. Broussier passa, en 1797, à Tarmée d'Italie, se distingua à la pdse de Spezzia, pénétra un des premiers dans le fort de Chiusa, et fît prisonnier, de sa main, îe jiénérnl autrichien. Nommé chef de brigade à la suite de ses actions d'éclat , il fut employé à Tarmée deNaples, puis chargé de diriger une expédition dans les Apennins. Il attira dans une embuscade une troupe de douze mille paysans qui avaient fermé le delilé,'et en fit un grand carnage, dans le lieu même où les Samnites avaient fait passer les Romains sous les fourches caudines.

Pi'omu pour ce beau fait d'nrmes au grade de général de brigade qu'il reçut le même jour, il concourut en cette qualité à la conquête de Naples , détruisit entièrement l'armée du cardinal Ruffo, soumit toute la Fouille insurgée, et s'empara, après des assauts meurtriers, des villes de Trnniet d'Audi ia, qu'il fut obligé de réduire en cendres. En 1799 , le Directoire le fit traduire, pour crime de concussion, devant un conseil de iiuerre, avec Chatnpionnet, son gênerai enchef. Maisia révolution du 30 prairial an vu écarta les dangers qu'il courait, et il fut réintégré dans son grade. Il continua à servir avec beaucoup de distinction en Italie, ju^^qu'en 1803, époque où il fut nommé conunandant d'armes de la place de Paris.Élevé en 1805 au grade dégénérai de division, il retourna en Lombardie en 1809, y déploya encore autant de valeur que d'habifeté, et e ut une grande part a la victoire de Wagram, Il fit ensuite, avec non moins d'éclat, les campagnes de Russie et de Saxe; et aussitôt après les désastres de 1813, il vint s'enfermer à Strasbourg, dont l'empereur lui avait confié !e rommandement. Il allait prendre Taïuiee suivante celui du département de la Meuse,

lorsqu'il fut atteint d'une apoplexie foudroyante qui mit fin à sa car*

rière.

Bbolsson (Claude), avocat à Cas très et à Toulouse, et ministre protestant, naquit à filmes en 1047. Ce

fut chez lui que se tint , en 1683, l'assemblée des députés de toutes les églises réformées, où Ton décida de continuer les réunions, quand même on en viendrait à démolir les temples. Cette assemblée, dont on combattit les résolutions par des exécutions militaires et des massacres , posa les premiers fondements de ce qu'on nomma depuis les assemblées du désert Forcé de fuir comme un des plus ardents sectateurs du calvinisme, Brousson^se réfugia d'abord à Genève, ensuite à Lausanne, où il publia divers écrits en faveur de ses coreligionnaires. Il rentra ensuite secrètement dans le royaume , suivi de plusieurs ballots remplis de ses ouvrages, exerça quatre ans le ministère dans les *Cévennes , et passa , dans le cours de l'année 1693, en Hollande, où son dévouement fut récompensé par une

f)ension des États-Généraux. S'étant lasardé dans une troisième mission en France, il fut arrêté a Oleron , et transféré à Montpellier, où on lui lit son procès, comme convaincu d'intelligences avec les ennemis de l'État.

Condamné à être rompu vif, il fut exécuté le 4 novembre 1698. Les États de Hollande ajoutèrent, eu faveur de sa veuve, six cents florins de pension aux quatre cents qu'ils lui faisaient de son vivant. On a de Brousson un grand nombre de livres de controverse et de piété, tels que : VÈtat des réformés en France y 1684, la Haye; 1685 ; Lettres des protestanis de France à toius les autres protestants de l'Europe^ Berlin, 1688; Relations sommaires des îîierveiJles que Dieu fait dans les Cévemies, in-8°, 1694, etc., etc.

Brousson NET (Pierre-Marîe-Âu|?uste), fils d*un médecin de Montpellier, naquit dans celle ville en 1761. Destiné dès sa plus tendre enfance à l'étude des sciences médicales, il y lit des pro-

MO , FKAISCë. BE0 421

grès assez rapides pour qu'on lui con- enfiu sa radiation des listes d*ëinîgrés,

lerât le doctorat dès Vùj^e de dix-iuiit et il put revenir dans sa patrie, où,

ans , et que l'université le proposât pendant son absence , l'Institut l'avait

pour la survivance de la chaire de son admis parmi ses membres. Après

père ; cette demande fut. écartée à avoir été envoyé comme consul aux

cause de la jeunesse du candidat; mais . Canaries, il se disposait à aller remplir

Broussonnet qui, à cette occasion, les mêmes fonctions au cap de Bonne-

s'était rendu à Paris, profita du se- Espérance, lorsque le ministre Chaplai

jour qu'il fit dans cette capitale , lui accorda la chaire de botanique à

pour accroître ses connaissances. Il Montpellier. Il lut porté, eu 1805, au

se livra particulièrement à Thistoire Corps législatif, et mourut, en 1807,

naturelle, et le premier, il transporta d'une attaque d'apoplexie. Son nom a

dans la zoologie le système de nomen- été donné par l'Héritier au mûrier à

clature et de description imaginé par papier (juc les botanistes considèrent

Linné, jusqu'alors restreint à la bo- aujourd iiui connue un ^enre distinct

tan ique. A près avoir passé trois annéei {Broussanetia ). M. Cuvier a prononcé

.dans la Grande-Bretagne, où il fiit son éloge à l'Institut. On a de lui, sans

ac(;ueilli par Banks, l'illustre compa- compter de nombreux mémoires dans

gnon de Cook , et admis à la Société les recueils de l'Institut et de l'Acadé-

royale de Londres, il revint à Paris mie des sciences et de précieux ma-

et se lia avec Daubenton, qui le fit nuscrits, tels que la Flore des Cana-

sor'le*champ nommer son suppléant We« et la Relation de ses voyages:

au collège tfe France, et, en 1784, à 7^'ariœpositumescircàrespîrationemy

l'école vétérinaire. Plusieurs mémoires IMontpellier, 1 778 ; Ichihyologiœ decas

fort remarquables qu'il lut à l'Acadé- primcijl^onAt^s^M^^^ Année rurale,

mie des sciences lui en ouvrirent les Paris, 1787 et 1788; Elenchus planta^

portes. Quelque temps après, il con- rumiorUMonspeUensis, Montpellier,

tribua à Ta réorganisation de la société 1805.

d'agriculture, dont il fut nommé se- Bbouzil( combat de). — L'armée récrétaire , etcefut lui qui introduisit en puhlicaine venait d'incendier la Ven- France le premier troupeau de méri- dée; Charetle n'avait plus autour de nos, les prennères chèvres d'Angora lui qu'une poignée de soldats détermiet le mûrier à papier, arbre du Japon, nés, et se voyait poursuivi avec achardont avant lui on ne connaissait chez nement par les bleus. Il était au Vaincus que l'individu nuile. La révolu- de-iMornère , en 1793, et avait contîon vint interrompre ses travaux et centré ses forces dans la foret de Gratroubler son repos. En 1789, il fut la, lorsqu'il apprit que les républicains nommé membre du corps électoral de marchaient pour la cerner ; il courut Paris, puis de PAssemblée législative, alors attaquer une colonne qui traver- II quitta Paris lors de la formation de sait le village de Brouzii , et dont on la Convention nationale, et se retira lui avait faussement exagéré la faià IMontpeliier, où il fut arrêté comme blesse. C'étaient douze cents hommes, girondin ; mais il parvint a s'échapper commandes par le général Dufour, qui et à se réfugier en Espagne. Poursuivi se défendirent courageusement. Un à Madrid et à Lisbonne par les émi- bataillon embusqué dans un taillis fit grés royalistes, et ne sacnant plus où un feu terrible; Charette courut biense retirer, il erra pendant quelque tôt au poste le plus périlleux , et reçut temps dans les Algarves et dans rAncia« une balle près de l'épaule, sans pour lousie, puis il passa en Afrique, auprès cela cesser de donner ses ordres. Mais de renvoyé des États-Unis à la cour enfin , les Vendéens lâchèrent pied dede Maroc, qui le prit pour son méde- vaut la cavalerie républicaine qui sacin. Là encore, Broussonnet, se livrant brait tout ce qui résistait, et la déroute à ses études chéries, lorma des collée- fut générale, tious d'histoire naturelle. On obtint Bhuanx (Jacques) , iils de Libéral

422 BBV L'UNIVËRS.

Bruant, fîit reçu membre de l'Acadé- Pierre Bmani son neim, (*). » mie cTarchitectùre^ en 1699, et nommé Deux autres Bruant furent égaleprofesseur en 1728. Il avnit construit, ment architectes : l'un est Pierre en 1721 , l'hôtel de £elle-lle. il mou- Bruant, qui, comme on vient de le rut en 1732. voir, dessina les plans de l'ouvrage de Bbuant (Libéral) , l'un des archî« son oncle ; Tautre est le fils aîné de tectes les plus célèbres du siècle de Libéral, qui construisit la porte du Louis XIY, «partagea, dît M. Qua* bureau des marchands drapiers , à tromt re de Quincy, avec d'autres ar- Paris.

chitectos ses contemporains, laçons- Bruault (Jean-François) , fusilier

hosçi

cin la Salpétriere; comme avec le dans les rangs ennemis, renversa un

Jlurt, la conduite df' Tculisr (Ips Au- capitaine, ramena deux soldats prison-

ustiiis Je la place des Victoire^. .]\Iais niers, et fit une seconde charge où ,

e plus grand et sans comparaison Je moins heureux quedaus la première,

Ïilus beau monument de Libéral Bruant il succomba, ut l'hotel des Invalides, dont il donna Bruçe (Michel) , jeune Aillais qui, seul les pians et conduisit Pexécution, arrivé à Paris vers le commencement .5 la réserve de l'addition faite à son de 1815, et indigné des réactions par éf^lise par le dome, dont Jules Ilar- lesquelles les Bourbons signalaient douin Mansard fut rarehitecte. Or,, leur second retour, osa entreprendre dans ce grand ensemble de bâtiments, de sauver Lavalette. Celui-ci, évadé de 'on distinguera toujours la magnifique sa prison depuis quinze jours, se tenait cour de cet établissement, composée caché dans Paris. Bruce fît part de de deux ordres de grands portiques son projet a sir Robert Wilson et au élevés Tun au-dessus de l'autre, ou- capitaine Hutchinson , qui consenti- . vrage qui , par la pureté de son archi- rent à s*associer à sa noble et pérîltecture, la i^andeurdeses proportions. leuse entreprise (voyez la Valette). et le caractère m^me de sa constnic- Mais lorsque la Valette fut hors de tion, rappelle avec succès les firnnds- France, le général AVilson eut.rimcor/iVe de Tltalie, et ne leur cède peut- prudence d'écrire à un ami la part être que par le manque de voûte. L'œil qu'ils avaient eue à cette affaire ; saest blessé de voir que d*aussl nobles lettre fut interceptée ; ils furent tous galeries et d'une si belle exécution ne trois arrêtés, et condamnés, après soient couvertes que par de pauvres une courte instruction criminelle, à plafonds en bois. » trois mois d'emprisonnement.

C'est sur les dessins de Bruant que liRUCUER, ou Aubry Olivier, infurent construits, en 1657, l'église de venteur du monnayage au moulin , la Salpétrière, et en 1662, le château c'est-à-dire au balancier , s*associa de Richemont, en Angleterre. Cet ar- Bondel et ^.tienne Delaulne, graveurs tiste, qui avait le titre d'architeele du célèbres, qui firent les poinçons et les roi, fut uu des huit membres fonda- carrés, et lut créé, par lettres de 1553, teurs de l'Académie d'architecture. On maître et conducteur de la monnaie ignore le lieu et la date de sa naissance; au moulin. Nous avons déjà dit, à quant à sa mort, elle dut arriver vers l'article Briot, que ce procédé étant 1G97, puisqu'il fut remplacé l'année trop dispendieux, Henri III avait , en suivante par le Maistre, à l'Académie l.'iSo, rétabli le monnayasie au niard'ajclnteclure. lia laissé un ouvrage r*) cet ouvra-o, dit l'auieur de lartide intitulé : a fisiie des ponts de Seine, Bruant dAns la liiogruphie universelle, su Yonne y Armançon et autres ^ Jaite conservait, en manuscrit, dans la bibliocn 1 (384 , par le* sieur Bruant ^ archî- tlicque de M. Pelletier, qui a été fendue et tecte duroi, avec ksplam dessinéspar disperaée.

MO

teau. Ce fut seulement en 1645 que Louis XIV, sur les instances et aa* près les perfectionnements du cél^re Varin , rétablît le monnayage au htt* lancier (voyez Castatng).

Bbue (André) a puissamment contribué à la 'prospérité, de notre commerce dans le Sénégal, où il fut envoyé, en qualité de directeur et de commandant général pour la compagnie du Sénégal et d'Afrique, Les voyage? qu'il fit dans toute l'étendue dès possessions de la compagnie, lui avaient permis d'acquérir des renseignements exacts sUr leurs gouvernements et'sur les peuples qui les habitent. C'est près» gue entièrement sur ses Mémoires qu'a été- composée- la Nouvelle relation de ¥ Afrique occidentale , - publiée eà 1729 par le P. Labat, qui avait beau* coup voyagé dans le nouveau monde, mais n*ava!t jamais été en Afrique.

Parsuite des changements fréquents qui ^yaient.eu lieu dans Tadministration, le commerce du Sénégal était dans un fort mauvais état , lorsque la compagnie d'Afrique , établie le 23 janvier 1696, y envoya André Brue avec de grands pouvoirs. Cet administrateur avait tout le talent nécessaire pour relever cet établissement. U n*est personne oui ne connaisse Timportance de la colonie du Sénéijnl ; quant à son ancienneté , si elle ne remonte pas aussi haut que le croit le P. Labat , qui mentionne une compagnie de Noripands de Rouen et de Dieppe possé* dnnt , de temps immémorial , un comptoir dans la rivière de Sénéganibie , nous avons du moins la série des gouverneurs qui furent chargés des affaires d'une compagnie de négociants de ces deux villes , depuis 16S6 jusqu'en 1664. A cette époque , cette compagnie céda son commerce et vendit ses établissements à la compagnie des Indes oeddentales. Celle-ci , par ses fautes, «bligea le gouvernement à lui retirer son priviléiie, et elle fut remplacée successivement par trois autres compagnies. C'était par la dernière que André Brue avait élé envoyé au Sénégal , avec mission de régir MS établissements des deux rivières au Sé-

négal et de Gambie , qui étaient comprises dans la concession.

Le Sénégal fixa principalement l'at-* tention du nouveau directeur , qui visita tous les comptoirs, mit un terme à de grands abus qui s'étaient glissés dans l'administration, traita avec tous les princes dont le territoire était traversé par le fleuve , et gagna leur amitié par ses prévenances , et leur resp'ect par sa fermeté. Il essaya de pénétrer dans le lac Cayar, qui communique par un canal à la partie la plus septentrionale du cours du fleuve, et qui avoisine les for'ëts où Ton recueille la gomme ; mais des bancs couverts (le joncs impénétrables étaient un obstacle invincibleà la navigation. Dans le but de se rapprocher des pays d'où Ton tire de Tor, il remonta le Sénégal, et atteignit deux fois le rocher Fefout près duquel se trouve un village on passent les caravanes qui viennent deTen- Boktou (Tombouctou,, avec de l'or et des esclaves. Il construisit un fort sur la rive sud du fleuve , à peu de distance de ce village, et à sept ou huit lieues du confluent de la rivière de Falemé, qui prend sa source près de la rivière de Gambie. Son but était de procurer ainsi à la France la plus

f;rande partie des marchandises que es caravanes portaient aux Anglais établis sur cette dernière rivière. Il voulait surtout se rapprocher des mines du royaume de Bambouc , qu'il avait découvertes lui-même presque sur les bords de In rivière de Falomé; c'est ce qui le porta à faire construire le fort Saint-Pierre sur cette rivière, et à concevoir de nouvelles entreprises, <jue son rappel, motivé par le mauvais état des atiaires de la compagnie, ne lui permit pas de réaliser.

Appelé de nouveau, en 1714, à la direction du Sénégal pour le compte de la nouvelle compagnie des Indes , i) donna cetfe fois ses principaux soins au commerce de la rivière de Gambie, et c'est à lui que l'on doit le rétablissement du comptoir d'Albreda, situé sur la rive droite, vis-a-vis de James-Fort. Il alla jusqu'à Cachéo | çfû appartient aux Portugais, contrac-

4U HMJ

IBEU

tant partout sur son passage des alliances avec les princes indigènes, et il plaça un nouveau comptoir à la pointe nora-est de l'Ile Bissao. Brue retourna ensuite en France, nprès avoir rendu notre commerce dans ces contrées plus ilorissant que jamais. Ln 1723^ il revint en Afrique , avec la (fualîte de commissaire de ta compagnie, sur une escadre qui , ayant échoAé dans une entreprise sur l'île d'Arguin, s'empara de Portendic. D'après le portrait

2u'en a tracé le P. Labat, André Brue tait plus qu'un administrateur distingué ; c'était un homme d*Etat, que la versatilité des différentes compagnies qu'il représenta a seule empêché de faire de plus grandes choses.

Bbub (Étienne-RoDfrt), né à Paris en 1786 , mort en 1830 , fut un des éographes les plus distingués de Europe. Il avait fait partie de l'expédition célèbre du capitaine liaudin.

A son retour à Paris, il appliqua à la « confection des cartes l'ingénieux procédé du dessin sur le cuivre même, qui nssure plus d'exactitude, et permet de donner aux contours plus de finesse et de netteté. Ce fut après le succès des premières cartes de ce genre qu'il conçut le plan d'un Jtias universel y destiné à reproduire sans cesse les progrès de la géographie par le remplacement successif des cartes , à mesure que de nouveaux documents viendraient en modifier le tracé. Cet j^tlaSyqai a été publié aux frais de l'auteur, se compose aujourd'hui de soixante-cinq cartes , et forme la réunion la plus complète et la plus satisfaisante que nous avons en France pour renseignement de la géographie.

On a également de lui un Jf/a.s classique de trente-six cartes. Brue vennit de terminer sa belle carte des États- Unis de l* Amérique du Nord, lorsque le délabrement de sa santé, naturellement délicate, le contraignit à interrompre ses travaux. Il s'occupait aussi à refaire, d'après de nouvelles découvertes, les deux Amériques, le Mexique, les JnUUes^ et d'autres cartes qui ont été terminées depuis sa mort. Parmi les travaux qu'il projetait, il ne faut pas

oublier une grande Carte d'Afrique , enrichie de toutes les nouvelles découvertes.

Son Atlas universel essuya , de la part du baron de Zach , des critiques sans fondement. Malte-Brun jugea aussi la Carte de la dispersion des peuples jusqu*à McKse avec une trop grande sévérité, ainsi que le prouva la réponse de Brué. Voici , au reste , comment s'exprime un juge compétent, M. Eyriès, sur l'Atlas universel de Brue :

« On remarque dans cet Atlas une grande supénbrité sur celui qui l'avait précédé, un emploi Judicieux de matériaux bien choisis, un dessin pur et net, une manière très-heureuse d'indiquer les reliefs de terrain. S'il n'est pas exempt de fautes dans l'orthographe des noms , en revanche , ou ne peut qu'applaudir ;i sa sngacité. Un voyageur, qui a récemment parcouru l'Amérique méridionale, a jugé que la physionomie du terrain est rendue plus fidèlement dans l'Atlas de. Brué (1 830) que sur la carte de plus grande dimension pour laquelle il s'était servi de documents qui lui avaient été fournis par divers observateurs. »

Bbubt (François-Xavier-Ignace) , naquit à Arbois (Jura) en 1727, d'une famille considérée. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il rut appelé, par le choix de ses concitoyens, aux fonctions de curé, le 20 juin I77i, et remplissait ce respectable ministèreavec un désintéres'sement et une charité exemplaires, lorsque le clergé réuni à Lonsle-Saulnier le nomma député à l'Assemblée constituante. La conduite de Bruet y fut celle d'un homme sage et d'un bon Français. II revint au milieu de ses paroissiens chéris ; et bientôt, proscrit, on le vit prendre tour à tour divers travestissements , pour continuer près d'eux ses fonctions de prêtre, de père des pauvres et d'ami des malheureux* La vie de Bruet, pendant cinquante années^lc fonctions pastorales, fut le modèle de toutes les vertus évangéliques. Ce saint vieillard mourut le 17 février 1821. Huit jours étaient à peine écou»

lés, qu'un missionuaire arriva à Ar-

FRAJNGE.

BRU

bois, revêtu du titre d'administrateiir,

pour desservir la paroisse. Le premier acte (le son autorité (24 février 1821) fut d'envoyer, aux trois véuerables sunpiéants du défunt, des lettres d'interuit! et, cliose inouïe! il fut mis en doute, pendant neuf mois, s'il était permis de prier le Dieu de miséricorde et d'offrir le sacn/ite

Êropitiatoire en faveur du vénérable iruet! Ke fallait -il pas lui faire expier le crime d'avoir siégé à rAssemolée constituante ?

Bbleys (David, Augustin de), théologien et auteur dramatique , naquit en 1640, à Aix , d'une famille de protestants appartenant à la noblesse. Le zèle qu'il montra de bonne heure pour la déiense de sa relipion le fit choisir par le consistoire de Montpellier pour répondre à l' exposition de la doctrine eathoHque de Bornât. Mais la lutte était trop inégale ; Bossuet le réfuta si bien qu il le convertit. Devenu catholique , Brueys se fit prêtre peu de temps après , et combattit son ancienne religion avec autant de zèle qu'il l'avait défendue d*abord. Mais malgré le nombre de ses écrits de controverse, qui ue forment pas moins de dix volumes , il serait oublié si , mêlant au sacré le profane , il n'avait pas fait jouer des comédies. Ce fut un ecclésiastique qui transporta sur notre scène VKunuque de Térence, en supprimant , il est vrai , les détails trop libres de cette pièce, et en substituant nnmuet au personnage qui lui donne son nom. Brueys n*imita per* sonne dans le Grondeur^ qui est- le meilleur de ses ouvrages : mais il eut un collaborateur qui avait aussi pris part à la composition du Muet, Paianrat, uni fut en même temps son ami.

Toutefois, ils ne s'entendirent pas toujours sur la part qui revenait à chacun dans k'S pièces qu'ils si{j;n;uent tous deux. Palaprat souffrait qu'on ie louât sur des passages qui étaient de son ami. Brueys écrivait au sujet du Grondeur : « Le premier |cte est en- « tièrenient de moi, et il est excellent; a le second a été gâte par quelques scè- « nés de force de Pulaprat, et il est mé-

«diocre; le troisième est entièrement « de lui, et il est détestable.» Brueys en parlant ainsi , ne se vantait pas, et la Harpe a raison d'applaudir au comique que répand dans les deux premiers actes le personnage de M.GHchard, dont l'esprit grondeur est naturellement peint. Brueys écrivit seul /'//focat patelin, où, quoi qu'en dise Voltaire, l'ouvrage des Clercs de la Basoche n'a pas été surpassé. Quelquefois même, en l'habillant d'un langage moderne et en le rapprochant de nos usages, Brueys raffad)lit; et il y a des scènes où la supériorité appartient à ce vieux monument de la gaieté française. Parmi les autres comédies de irueys , il n'y en a point à remarquer, si' ce n'est celle du Sot toujours sot, à cause du singulier débat annuel elle donna lieu. La troupe des Italiens allait la représenter, lors« qu'elle apprit que la même pièce, trouvée dans les papiers de Palaprat , mort à cette époque , se répétait aux Français. De là une contestation que termina le lieutenant civil en décidant que la pièce appartiendrait au théâtre où elle aurait ie mieux réussi. Les Italiens l'emportèrent. Brueys mourut en

Bbueys (François - Paul , comte de ). — L'amiral Brueys s'est fiiit , par sa bravoure et par sa mort glorieuse , une part distinguée dans l'histoire. Il était lieutenant de la marine royale lorsque la révolution éelata. Quoique noble, il n'émigra point, et en 1792, il eut le commandement d'un vaisseau qui fit partie de l'escadre conduite par l'amiral Tru-

Suet sur les côtes de Naples et de Saraigne. Forcé comme noble de quitter sa place, il ne tôt rappelé que sous le ministère de Truguet , qui , connaissant son courage, lui donna l'ordre d'aller croiser dans l'Adriatique. La paix était conclue lorsqu'il arriva ù Venise; il fit voile pour les tles Ioniennes , et fut obligé , pour y vivre pendant une Ionique station , d'avo(r recours à Ali-Paclia. La campaiine d'Egypte ayant été résolue, Brueys reçut lé commandement de la Hutte qui de*

BRU

•BRir

vait porter Taormée; H r^^ussit 5 tromper les Anglais qui voulaient lui disputer le pnssage, et arrivn heureusement dans la rade d'Aboukir.Aussitôt après le débarquement des troupes, il aurait dû , ou entrer dans le port d'Alexandrie, ou retourner sans perte de temps en France, à Malte ou a Corfou. Il n en fît rien, et s'embossa pour attendre les Anglais. Cette faute causa la perte de la flotte (*). Nelson jugea du premier coup d'œil quMI poufait séparer les vaisseaux français; il passa audacieusement entre le rivage et la flotte, et plaça ainsi l'avant-garde entre deux feux. Le combat fut terrible ; mais bientôt la victoire se décida pout- les Anglais. Dès lors Briieys ne chercha plus que la mort; atteint de deux blessures, il ne voulut pas descendre pour se faire panser : Un amiral français, dit-il , doit mourir sur son banc de quart. Bientôt après , un Ijoulet ennemi vint le frapper , et il

Napoléon fut accusé d'avoir, par les ordres quHl mit doDnétà Brue]rs,ameué la perle de la bataille et celle de l'amiral.

Toici un fragment d'une lettre écrite par l'amiral Bruevs au général en chef de l'armée d'Égjple, peu de temps avant le désaitra, le i4 HMSMdoran vi (a juillet 179^)1 et qui semble justifier Napoléon:

« La position où je suis n'est ps tenable « par la qualité du fond qui est parsemé « de rodies, v\ jo ne peux pas y attendre « lenneini, qui, avec des forces égales, « détruirait toute l'armép , en la prenant vn « détail, si j'avais la maladresse de l'attendre « au mouillage. ..... -

m Je suis extrêmement cantrane par ce « défaut de mouillage , et moo chlgrin serait « au comble si cela devait éire une raison « de me séparer de vous , n'ayant d'autre « désir que de suivre votre sort en quehiue •t qualité que ce soit. Je vous prie d'èire « assuré que je serai toujours bien placé, « pourvu que je sois placé auprès de vous; « personne , j'ose vous l'assurer, ne vous u étant plus sincèrement attaché. Ce seuum ment fsl dû à l'homme qui a rendu d'aussi * grands services à la France, et vous y « avei ajouté par vos bontés celui de !• «connaissance.» Correspondance inédite , citée dans les Opinions de NapoUm, 1. 1| p. 17a,

expira au moment où son vaissea», rOrient , sautait avec une explosion terrible. (Voyez ÀBOUKia [bataille navale d'].)

Bbu&bs (prises de). — Le général la Bourdonnaye s'empara de Bruges, avec un faible détachement, dans le moment où Dumotiriez , victorieux à Jemmapes, poursuivait les Autrichiens vers la Meuse.

— La division da général IMoreau s'en empara avec non idOins de facîlité« le 29 juin 1794.

Bruguier (Jean), né à JNîmes, au commencement du dix-septième siècle , fat l'un des pasteurs de rÉclise réformée de cette ville. Avant même que l'édit de Nantes eiU été révoqué , il avait été défendu aux calvinistes de chanter les psaumes. Bruguier publia, pour prouver rinnocence de eettft pratique , un Discours sur le chant des psaumes , 1663 , in-12. Le livre fut condamné au feu , l'auteur suspendu de ses fonctions et exile de la province. Bruguier s'étant retiré à &enève, publia, en 1673, sa Réponse sommaire au Uore de M. Àmauld^ intitulé : Renvcrseynent de la morak deJ, C. par les calvinistes, Quevilly, 1673. Il a encore écrit un autre ouvrage sous ce titre : Idea toUtts phU.

losophîœ, 1676, ib-8*. Il mourut à Go« nève, en 1684.

Bruhier d'Ablattvcourt (J. J.), médecin , né à Beauvais , et mort à Paris, en 1756, a traduit ou édité im grand nombre d'ouvrages, mais a surtout mérité le souvenir de la postérité par ses divers ouvrages sur les signes (le la mort, et par la démonstration publique qu'il fit de la nécessité de différer les enterrements.

Bruix (Eustaohe). — La marine française a donné, sousTempire» de nombreux exemples de courage ; et si elle ne rendit pas tous les services qu'on pouvait en attendre, la faute doit en être imputée surtout à l'inhabileté pu à la mauvaise fortune de quelques ofit* ciers supérieurs. L'amiral Bruix fut im des marins les plus remarquables de cette glorieuse époque. Né à Saint-Domingue, en 17Ô9, il s'embarqua coiiime

mtoj FRANCE. nir 4fr

volontaire sur un vaisseau marchand.

Peux ans après il fut nommé garde

delà marine, lit sa première cahapagne sur la fréiiate le Fox , et sa seconde sur la Concorde. Il servit dans les diverses escadres qui vinrent au secours des États- Unis 1 et fîit fait ensuite enseigne de vaisseau. Nommé plus tard commandant du Pivert, il fut associé à M. de Puységur pour la confection des cartes ' destinées à retracer les côtes et les débouquements de Saint-Domingue. Nommé lieutenant de vaisseau et membre de l'Académie de marine, il fut envoyé, en 1791, dans la Manche avec le brick le Fanfaron ; en 1792 , aux îles du Vent , avec la frégate la Sémillante.

L'année suivante il monta à bord de Flndomptable; mais, renvoyé comme noblp, il ne fut employé dé nouveau que sous le ministère de Truiiuet , qui lui confia l'Éole, jusqu'au moment où il fut envoyé sur l*escadre de Tamiral FiUaret-Joyeusey en qualité de major général. Il fit partie de l'expédition d'Irlande, et fut nommécontre-amiral, puis ministre de la marine. INIasséna assiégé dans Çénes avait besoin de secours ; Bruix court à Brest, où notre flotte était bloquée par les Anglais, profite d'un coup ne vent qui disperse les vaisseaux ennemis , va en toute liâte ravitailler Gènes, rallie à son retour les Espagnols, et rentre avec eux dans le port de Brest. Ce coup de main était hardi; mais Bruix aurait pu rendre un bien plus grand service à la France s'il eilt été au secours de Napoléon , dont l'année faisait de si grandes choses en Egypte. Après cette expédition , Bruix rendit le portefeuille de la marine et prit le commandement de la flotte assemblée à l'île d'Aix , et qui devait faire voile pour l'Espagne. Mais Tennemi renforça la croisière, Tamiral tomba malade , et la paix d*Amiens viut empêcher la flotte de sortir. La guerre ayant de nouveau éclaté , Nanolcon conçut le projet d'une nouvelle descente en Angleterre, et confia à Bruix le commandement de la flottille aui devait transporter l'armée; mais les

forces de ce brave officier l'abandonnèrent , et il fut obliffé de revenir à Paris, où il mourut S peine âgé de

quarante-cînq ans. Ses restes avaient été déposés dans l'un des quartiers du cimetière de TEst , que l'on consacrait alors aux sépultures provisoires. Le ministre de la marine « M. Rosamel, lui a fait élever en 1838, un monument durable, avec une inscription qui retrace les services qu'il a rendus au pays.

Bkumaire (coup d'Etat du 18). — Tant qu'il ne s'agissait que de détruire, le patriotisme et le courage ont été des vertus suffisantes pour assurer le triomphe de la révolution; et, grâce à Dieu, ni l'un ni l'autre n'ont manqué aux hommes qui ont prêté le serment du jeu de paume, ou à ceux qui ont répondu aux menaces de TRurope absolutiste en redoublant de sévérité envers un roi que sa faiblesse et ses malheurs n'excuseront jamais d'avoir correspondu secrètem3nt avec l'étran»

ger et conspiré contre son peuple.

(Voye?: T.ottts XVT , Armoire db Fi-R, lÎRiiiNSWiCK Ouanifeste de),ÉMi- G R AT ION, CONDÉ (armée de) , Ven dée (guerre de la) et Chouaks). Mais quand la révolution eut fait table rase, et que le temps fut Tenu de se mettrp à l'œuvre pour élever un nouvel édillce sur les ruines de l'ancien, il fallut aux acteurs du grand drame des principes plus arrêtés et des idées mieux définies, un ensemble de croyances enfin que Tamour de la patrie lui-même, quelque puissant que soit un pareil lien sur une nation ^tnéreuse, ne pouvait qu'imparfaitemeiit remplacer. Ce n'était plus asse^ de savoir mourir pour ses opinions, il y avait urgence de mettre quelque chose à la place du passé; si I on voulait que la vieille organisation dispardt sans retour, il était nécessaire non-seulement de vaincre la coalition des rois et des nobles, mais encore de jeter les véritables bases de l'organisation de

l'avenir.

Bien des tentatives ont été faites dans ce but par les différentes classes de la société; mais aucune ne parvint à faire j^évafoir son qrstème; et, de-

BKlT

L'UNIVERS

BRU

puis les girondins jusqu'aux babouvistes , tous les partis tombèrent les mis après les autres. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher la cause de tant de chutes, il convient seulement de constater le résultat. Or, il est incontestable que Jusqu'à la fin du Directoire, le gouvernempnt révolutionnaire fut toujours plus heureux contre ses ennemis du deiiors que contre les obstacles intérieurs. Le problèine que la révolution avait à résoudre était double; elle devait orp;aniser la politique en inénie temps que la victoire. Une

Kareille tache dépassait peut-être les ornes de la puissance humaine. Aussi ' la Convention sut-elle mieux vaincre que fonder; et l'on ne saurait, sans une cruplle injustice, oublier ses victoires , pour ne tetur compte que de ce qu'elle n'a pas accompli.

La mort du roi, particulièrement, avait fait un ^rand vide. Emportée par les élans d'une juste indignation, la Convention avait détrôné et envoyé au supplice le chef de l'État; mais ne commit-elle pas une £aute grave, en ne choisissant pas à l'instant même un nouveau chef pour représenter l'unité nationale? ^''eût-elle pas agi avec plus de sagesse en remplaçant le représentant héréditaire de runité monarchique par un représentant électif de l'unité démocratique? IS'eut-etle pas tort de croire que, de la prescjue unanimité de ses siiffragc^N, allait sortir une homogénéité parfaite, qui lui permettrait d'agir comme un seul homme? Ce qui prouve qu'elle tentait l'impossible, ce sotit les sacrifices constants qu'elle dut accomplir [ our maintenir l'indivisibilité de la républiqjie.La plus douloureuse expérience ne put changer les illusions de la France à cet égard : elle s'entêta longtemps à ne voir que la résurrection de la tyrannie dans tout essai de réorganisation (lu pouvoirexécutif. I/horreur de 1 esclavage ne lui permettait de se soumettre aux bienfaits d'aucune direction , dès que cette direction paraissait vouloir se concentrer dans un seul homme. Qu*arriva-t-il? Sentant l'im-

Eossibilité de mouvoir tous ses memres avec assez de promptitude, l'asbem-

blée se partagea en plusieurs comités.

Ces coînités eux-mêmes, assemblées encore trop nombreuses quoique déjà très-restreinles, se divisèrent en une certaine quantité de fractions, subissant tantôt l'influence d'un chef, tantôt celle des municipalités. Dans les deux cas, on n'eut presque toujours qu'un gouvernement aux mille tètes, ou la perspective d'un dictateur tout prêt à s'imposer. Peu à peu, les trou* bles renaissant toujours, la force des choses diminua presque d'elle-même le nombre des chefs influents; et, après avoir traversé les plus violents orages , la Convention finit par créer le Directoire, c'est-à-dire, un pouvoir exécutif 5 cinq têtes, que le dix-huit brumaire réduisit d'abord à trois, pour revenir bientôt au point de départ, à l'unité, a la monarchie, en un mot.

Alors, apurés les excès de Tempereur, devant qui s'éclipsèrent insensiblement les grands corps de l'État, on fut réduit à recommencer l'œuvre de 8U sur de nouveaux frais, au prix d'un sang nouveau.

Avec quelques idées préconçues que Ton juge les événements, on ne peut

pas nier qu'il n'y ait eu quelque chose de fatal et d irrésistible dans cette décroissance progressive du nombre des chefs de la révolution. Il faudrait une grande ténacité d'esprit pour n'attribuer qu'aux mauvaises passions ce qui provenait au moins autant des conséquences d'une loi générale et jusqu'à ce Jour sans exception, puisque, soit dans l'antiquité, soit dans les temps modernes, aucune république n'a existé longtemps sans un chef pour en représenter l'unité. 11 n'y a que les aristocraties qui dérogent à cette loi, et eneore ne tardent-elles pas à passer à la dictature et à la monarchie , comme on peut en juger par l'exemple de la république romaine.

Si les considérations qui précèdent sont aussi justes que nous le croyons, le 18 brumaire est un événement peu difficile à comprendre. Les deux principales classes de la nation, la bourgeoisie et le peuple, avaient inutilement fait l'câsai du pouvoir. Après elles

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