BUD
compte rendu des dépenses et des recettes; à part les départements de ]a guerre el des affaires étrangères, les dépenses et les recettes devinrent plus régulières et plus constantes; la distinction établie entre le trésor et le ministère des finances vint, d'ailleurs, opposer un grand obstacle au renouveflement des abus et des dilapida* lions. Les ministres, pendant cette période , faisaient leurs demandes suivant les besoins prévus de leurs départements, et les fonds étaient vo- ■ tés par le Corps législatif; ce qui caractérise essentiellement un budget.
Mais l'état de la France vis-à-vis de l'Europe nécessitait le vote de 100 millions spéciaux, dont il n'était pas rendu compte vparce qu'ils étaient destinés aux éventualité de la guerre, et l'on n'avait encore qu'une apparence de budget , puisque toutes les dé|)enses n'étaient pas votées par la législature. D'un autre coté, toutes les ressources n'étaient pas versées dans les coffres de l'État, et une grande partie des contributions de guerre, articles secrets des traités d'ijilomatiques, fournissaient à fempereur des ressources qui n'entraient que dans son trésor privé. La fin malheureuse de ce règne laissa pour les budgets de 1812 et de 1813 un déficit de 300 millions. Après les désastres de 1814, lorsque la caisse d'amortissement eut été dépouillée des rentes qu'elle avait rachetées, l'arriéré devint encore plus sensible, et le baron Louis fut obligé de présenter aux chambres un budget, dont les dépenses prévues S'élevaient à 827 millions, avec un déficit de 807 millions dans les revenus.
Pour combler ce déficit, il proposa l'émission de bons rovaux, l'aliénation ,v.^.u, ^ a uauo d'une partie des forets de l'État , et par teraent réunis la création de rentes ô p. 100 à inscrire sur le grand-livre. *
Mais bientôt les cent jours vinrent changer les prévisions du ministre. Les dépenses énormes causées par le séjour des alliés en France, et les contributions de guerre dont il fallut payer le retour des Bourbons, grossirent considérablement le budget, qui s'é-
leva pour 1815 à 798,590,859 fr. ; pour 1816, à 89(i,707,205fr.; pour 1817 à 1,039,810,583 fr. , et pour 1818, à 1,154,649,360 fr. Depuis cette époque jusqu'en 1880, le budget s'est constamment élevé à peu près à la même somii]e, et le milliard en est devenu comme le cliitfre normal. La guerre d'Espagne, l'indemnité payée aux émigrés et aux chouans, les expéditions de Grèce et d'Alger, le mainttnrenten réalité a celaux;et,quoique tousiesansil fut présente aux chambres commeinférieur, les crédits supplémentaires et complémentaires l'y ramenaient toujours invariablement. Depuis 1830 le budget a constamment dépassé un mdliard, et, sans certains abus contre lesquels la presse s'élève avec raison, peuirétrele pays devrait-il s'en réjouir plutôt que s'en affliger, puisque cette augmentation est causée en grande partie par l'impulsion donnée aux travaux j)iibiiis, dépenses productives pour la plupart et d'une utilité incontestable.
Nous croyons devoir donner Ici «n
tableau des sommes totales de tous" nos budgets depuis 1815. Dans une première colonne, le lecteur trouvera les sommes au.xquelles devaient s'élever les dépenses et les recettes, suivant les prévisions des ministres, au moment dti vote des budgets. Une seconde colonne présente les résidtats des règlements définitifs des comptes.
Nous avons commencé ce tableau à 1815, parce que sous l'empire, le budget, dont il serait d'ailleurs, nous l'avons déjà dit, fort difficile de déterminer le chiffre exact, comprenait avec les dépenses et les recettes de la France actuelle» celles qui étaient effectuées dans toute l'étendue des dé*
1815. IMpwmes.
Recelles.
ISI6. Dépeniei.
Atcette*.
1817. DépeniM.
Reêttlfls.
DépenMs et Koettn présumées.
79l.3l7.fl<K>f.