‹ France (volume 3)Chapitre 96 sur 105 · NGE. €AB · texte numérisé non relu

NGE. €AB

Cabotage. — On appelle ainsi la navigation qui se fait le long des côtes, pour aller d'un port à un autre, dans le même pays. Le mot cabotage parait vénir de ca6o, qui veut dire cap en espagnol , étymologie d'autant plus naturelle que les navires caboteurs ont besoin de doubler un grand nombre de caps pour arriver à leur destination ; les caps jouant un grand rdio dans ce genre de navlgatioiit lui ont naturellement donné leur nom. *

Bien différent de la navigation intérieure qui s'effectue sur les rivières ou sur les fleu vesf et de la grande navi« gation qui a les mers du monde entier pour théâtre, le cabotage n'en rend pas moins au commerce des services d'une très-grande importance. C'est un voyage île circumnavigation que des Huiliers de navires de toutes let grandeurs opèrent sans relftolie autour de nos provinces maritimes, pour distribuer à chaque port la part qui lui revient dans le mouvement général du commerce» Il produit en outre d*aEoeUeot8 marins, toujours aux prises avec la mer, toujours infatigables pour lutter contre les vents, les écueils et les dangers de tout genre; aussi les caboteurs ofirent^ls è Ui ma» ri ne militaire une pépinière abondanti oij elle recrute son personnel de matelots. I.a marine marchande n'en fournit de meilleurs que pour les manœuvres hautes.

A Tépoque de son projet dé cente en Angletetfo, liapoléoa a em* ployé avec beaucoup de succès un genre de tactique , emprunté pour ainsi dire au cabotage , et qui a déjoué tontes les tentatives de la flotte anglaise , même commandée par Nelson. Une multitude de petites embarcations, sortant de toutes les embouchures des rivières de la France et de la Hollande, et longeant les cotes, vinrent, en dépit des elforts de r^nemi, seioindre a laDottillede Boulogne , qui lutta avec une rare audace contre les plus gros vaisseaux. Dans tous les engagements , les marins caboteurs mmitràrent autant d'Mpév|eiieaquad0cpaag6. OataHaB»

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Odlement aussi des hommes plus déterminés, lorsqu'il s'agit d'armer des ' corsaires pour courir sus à ia marine marchande de rennemi.

La Convention, qui avait si bien le sentiment de tout ce qui est sérieusement utile, s'est occupée du cabotage atec un intérêt tout particulier. L'acte de navigation décrété par elle, le SI septembre 1793, sur le rapport du comité de salut public , interdisait le cabotage français à tout navire étranger, et ne le permettait ou'aux navires nationaux, oont les ofliciers et les trois quarts de Féquipage devaient être Français. La faculté d'accorder aux biîtiments neutres l'autorisation de faire le cabotage était réservée au gouvernement. Cette exclusion des étrangers , contraire à nos principes habituels de sociabilité , était nécessaire au rétablissement de notre puissance maritime : on pouvait d'ailleurs y voir une mesure de représailles, puisque rAngleterre a?ait oâendu le cabotaf^e de ses cotes aux autres nations des le règne d'Élisabeth, et peutêtre auparavant.

Le 7 avril 1814, le comte d'Artois, alors lieutenant général, abolit quelgues formalités imponte au cabotage nrançais, mais conserva aux navires nationaux le privilège de ce genre de . navigation , qui est demeuré soumis, pour les dispositions principales , aux règlements énoncés dans Kacte de navigation de 1793. Le 6 septembre 181 7, un arrêté ministériel du duc de Richelieu accorda aux navires espagnols la focnlté de participer au cabotage sur les côtes de France.

La configuration particulière de la France, dont les côtes méditerranéennes sont séparées des côtes qu'elle possède sur l'Océan par la pénmsule espagnole, a donné naissance à deux espèces de cabotage : le grand et le petit. On désigne sous le nom de petit cabotage le commerce que fait un bâtiment qui transporte des marchandises d*un port de TOcéan dans an autre port de TOcéan, ou d'un port de la Méditerranée dans un autre port de la Méditerranée, Le grand cabotage

exécute ses opérations en allant d'un port de rOcéan dans un port de la Méditerranée, et réciproquement, mais en côtoyant toujours le rivage.

Le nombre des navires ^ui font le cabotage en France est très-considérable. Pour bien déterminer l'importance de ce genre de commerce, il suffira de dire que sur un chiffre moyen de quatre-vingt mille navires qui prennent annuellement part au mouvement de la navigation, soixante-quatre mille font le cabotage; c'est la proportion des quatre cinquièmes. En Angleterre , le cabotage occupe quatre fois plus de navires que chez nous. Pendant l'année 1832, le cabotage anglais a employé dix millions de tonneaux, tandis que le n6tre n'en a emuloyé que deux millions cinq cent mille; nous avons donc encore de grands progrès à faire. De 1820 à 1830, notre commerce de cabotage avait presque doublé : il a con^ tinue à s'accrottre jusqu^en 1888 ; mais, î partir de cette époque, il a fléchi. Avant la révolution de 1789, Nantes et Bordeaux étaient deux points très fréquentés par les caboteurs. Aujourd'hui, ils vont de préférence à Marseille, et au Havre, qui rei^oivent plus de marchandises, et qui sont aussi les deux premiers ports pour la grande navigation.

Il serait à craindre, pour quelque temps du moins, que le perfectionnement des voies de communication et rétablissement des canaux et des chemins de fer ne fissent perdre de son importance au cabotage, qui est une si précieuse ressource pour la marine militaire. Heureusement Texemple de l'Angleterre est là pour montrer que le remède est à côté du mal; la multiplication des canaux et des chemins (le fer paraît y avoir augmenté plalôt que diminué les opérations du cabotage. Le long détour que nécessite le prolongement de la péninsule espagnole n'est pas non plus sans de graves inconvénients; et voilà pourquoi maintenant, pour éviter les retards, Ba\ onne expédie directement à Dunkerque par la voie de terre, et Marseille au Havre. Du reste ce détour forcé a aussi ses

avantages; il nous donne pour ainsi dire pied sur les cotes de r£s(>agne, à qaï nous accordons le droit de réciprocité. Mais sans renoncer aux avantages de cet échange, il ne serait pas très-difticile de rapprocher les deux mers, en améliorant le canal du Languedoc, et en réalisant enfin ce que Louis XIV avait si Rendement projeté. •

Cabberà^ nom d'un !K>t désert qui fait partie des îles Baléares, et qui est devenu célèbre dans nos annales militaires. Après la capitulation de Baylen , nos malheureox soldats, retenus prisonniers au mépris des traités, furent jetés sur ce sol aride. Tandis que, chez nous, les prisonniers espagnols, logés dans les casernes et recevant la ration des soldats, trouvaient encore à utiliser leur temps, et pouvaient, par leur travail, quand Us voulaient tra^ railler, se procurer une sorte d'aisance, entassés ()ar milliers à Cabrera , nianauant de tout, de vivres, d'eau et de vêtements, nos infortunés compatriotes moururent presque tous. L'unique source de l'île fournissait à chafjue homme un demi- verre d'eau par jour, et l'on était obligé d'attendre a la file pendant plusieurs heures pour obtenir cette faible ration ; une once de viande de mulet, par semaine et pour chaque homme, avec deux onces de pain ou quelques fèves de marais, étaient les seuls aliments que TEspa-

Se envojrét aux prisonniers : encore I convois, empêchés par la mer, tardaient-ils quelquefois pendant plusieurs semaines. Le nombre de ces malheureux , sans cesse renouvelé par les nouveaux prisonniers que le sort des armes fitisait tomber entre les mrins des ennemis, et cependant dii>»inuant sans cesse, était réduit à quelques centaines, lorsqu'en 1814, après six ans d*une captivité inouïe dans rhistoire militaire, ces nobléis victimes d'une infâme trahison purent enfin revoir le sol de la patrie. (Voyez Pontons.)

Cabaièbes, ancienne seigneurie du comtat Venaissin (aujourd'hui département de THérault), à douze kilomètres de CavailkHif oélèbre dans Thii*

iCE. CAG an

toire par Thorrible massacre que François V fit faire de ses habitants en 15^. Nous avons déjà dit, dans les Annales, que le 18 novembre 1540, le parlement d'Aix avait prononcé contre les Vaudois un arrêt en vertu duquel les hommes appartenant à cette i(tete devaient être brûlés, les femmes vendues et leurs maisons démolies.

Comme cet arrêt avait été rendu par défauts, on en suspendit l'exécution.

Mais après la paix de Crépy, François r*^ résolut de détruire rbérésie dans son royaume. Aoeablé de ce mal '

« Qui B*4pargBoit m covraniM m cnMt (^«a

et qui le retenait malade et en danger

de mort (**) , sollicité d'ailleurs par le cardinal de ïournon, qui lui remontrait que Dieu seul pouvait le sauver, et qu'il ne pouvait mieux lui prouver sa piété que par sa sévérité envers les hérétiques, il se décida à ordonner la destruction des Vaudois. En conséquence, il envoya, le 1'" janvier 1545, au parlement de Provence, l'ordre de mettre à exécution l'arrêt rendu contre ces malheureux, en lui recommandant « de faire en sorte que le pays de Pro- « vence fût entièrement dépeuplé et « nettoyé de tels séducteurs. » Ces ordres furent rigoureusement exécutés, le 18 avril suivant, par le baron d*Oppède. (V oy. les Annales, t. P% p. 389, et Vaudois.)

. (Cabriolet. Voyez Voitures.

Çabrol (Barth.), chirurgien, né à Gaillac (Languedoc), dans le seizième

siècle, fut chargé, par Henri IV, de professer l'anatomie à l'école de Montpellier. On a de lui un Jlphabet anatomiqttCy imprimé en dernier lieu à Lyon, en 1624, in-4*. Cet ouvrage a eu une grande vogue jusqu'à la fin du dix-septième siècle.

Cacabellos (combat de). — Le général sir John INIoore était à Toro, le 21 décembre 1808, avec une armée anglaise de trente-cinq mille combat-

(*) Jean Lemairc , poêle du seizième siècle. Il est qiieslion de ce mal qui a tué cinq rois, Charles TIII, François Henri II, Charles IX et Loui» XV.

(**)ParadiB| !• iv, p« 141*

L'iniIV£llS.

Iiiits, «t se disposait à pousser sur Madrid, lorsqu'il apprit que eette ca*

pitale était tombée au pouvoir des

François; il sut en même temps que le maréchal Soull d'une part, l'empereur

en France eo 1803 , il mourut à Gliston en ISOfi*

Gagault (Jean-Baptiste) , né à Surgère, département de la Charente-Inférieure, en 17G9, s'engagea, en 1783,

en personne de l'autre, arrivaient sur connne sini[)le soldat. Il uassa par tous hiia mardieé foreéei. Dèilora, il nè ks gradée inférieurs t lut promu aa songea plus qu'à battre en retraite, grade de général de brigaoe à la ba*

Pressé par les deux divisions françaises, il se retira par Benavente et

. Astorga sur la Galice. Les Anglais, dans teur précipitation , abandonnaient

, leurs malades, coupaient les jarrets des chevaux qui ne pouvaient suivre,

taille de Wagram, et mourut à Torgau, par suite de deux amputations, au» moment où il venait d'être fait général de division.

Gachbkibb. — On donne en Franoe le nom de cachemire au duvet do la

et détruisaient la plus grande partie de chèvre du Thibet, qui sert à fabriquer leurs bagapes et de leurs munitions, ces châles somptueux que le commerce Au prix de ces sacrilices, sir John tire de l'Inde, et que, par extension, Moore espérait ne 1pé& être atteint par nous appelons aussi des cachemires, le maréchal Soult, à qui l'empereur Quoique ces riches produits de l'i avait laissé le soin de la poursuite.

Mais le 3 janvier 1809, les Français joignirent Tarrière-garde anglaise au défilé de Cacabellos, entre le village de ce nom et ce^yi de Piérros. Le corps ennemi était d'à peu près six mille hommes. Quoiqu'il ocrupAt unè position d'un accès fort difficile, Soult ne balança point à attaquer, et culbuta les Anglais, qui perdirent trois cents des tèurs tant tues que prisonniers. Quarante-huit heures après ce combat, sir John Moore, toujours fuyant, était arrivé à Lugo en Galice,' à plus de vingt-cinq lieues de Cmabeltos.

Cacault (François), ancien ambassadeur et membre du sénat, naquit à

Nantes en 1742. Nommé, en 1785, secrétaire d'ambassade à Naples , il fut rappelé en 1791 , et envoyé im-

dustrie asiatique aient été signalés depuis longtemps à riiurope, notamment par iUisioire philosophique de Kay nal , 06 n'est qoe depuis l'expédition française en Égypte qu'ils ont âit irruption chez nous, et sont devenus un objet d'engouement à cause de leur finesse, de leur légèreté, de la bizarrerie de leurs dessins et surtout de leur prix excessif. Gette dernière cause do fiaveur auprès des classes opulentes , en nuisant aux cachemires auprès des fortunes de second et troisième ordre qui les convoitaient sans pouvoir v atteindre, stimula les fabricants iran* çais, qui cherchèrent à les remplacer par des productions d'un prix moins élevé. On employa, dans les imitations que l'on en lit , le coton , la soie et la^ laine, seuJes matières que Ton eût

médiatement à Rome, comme chargé d'abord à sa disposition, et on fit des d'affaires du gouvernement français., ouvrages riches de finesse, de dessin

et de couleur, mais peu moelleux, et hors d'état de soutenir la comparaison avec ceux QUI avaient servi de modèles. Mais un fabricant ayant imaginé d*caiployer le duvet des chèvres de Kir^hiz, ôdi nous vient de Russie par la toîre oe Nijni -Novgorod, et qui, jusque-là, n'avait servi qu'a la chapellerie, obtint un succès complet, et le «acAemlr»

françaUi fut inventé.

Envisagés comme moyen de séduction auprès des fenmies, les cachemi- 1800, aiubassadeuf à iiome. iiappelé res furent uue fois frappés publique-

en remplacement de Basseville, qui venait d y être assassiné. (Voyez Bas- SBViLLË.) Il ne put parvenir à sa destination, et s'arrêta a Florence, oilk il parvint a détacher le grand -duc de la coalition. Il résidait à Gênes à l'époque du traité de Tolentino, qu'il signa avec le générai Bonaparte. Rappelé en France en 1798, il tut élu député au Conseil des iCinq-Cents; fît ensuite

f)artiedu nouveau Corps législatif après e 18 brumaire, et fut nommé, en

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