M €AN L'UN
Candeillefut plus heureux dans le choix qu'il fit de l'opéra de Castor et Pollux^ aont les paroles étaient de Gentil Bernard. Il y adapta une musique nouvelle, et ne conionra que trois morw ceaux de Rameau, VhxtTrUteêappréU^ le chœur du second acte, et celui des démons au quatrième acte. Cet opéra, joué le 14 juin 1791, eut un grand succès et fut joué cent trente fois jusqu'en 1799 ; il obtint encore vingt ro* présentations depuis sa reprise, le 28 décembre 1814, jusqu'en 1817. Candeille a donné aussi un opéra de circonstance : La Mort de Beaurepaire , • ou la Pairie reconnaissante,qm ne fut joué que trois fois on 1799. Il a composé quatorze opéras qui n'ont pas été représentés. Candeille rut l'un des professeurs de l'école de chant jusqu'au 15 mai 1805. Il est mort, le 24 mai 1827, à Clîantilly. « Dans tous ses ouvrages, dit M. Fétis, Candeille ne se montre pas un èomiNMiteur de génie; il n'jr a pas dt création véritable dans sa musique, mais on y trouve un sentiment juste de la scène, de la force dramatique, et de beaux effets de masses. Ces qo^Ui Ui sufBsent pour la! assurer un raii|g honorable parmi les musiciens français èu dix-huitième siècle. D'ailleurs, peu favorisé par la fortune dans ses travaux, il n'a pu faire connaître que la plus petite partie de ses ouTrages,parcè qu'il les a écrits sur des poèmes qui , après avoir été reçus , ont été refusés à une seconde lecture. »
Candel (affaire de). Le gros bourg de Candel, entre Lauterbourg et WeiS" sembourg, tombs, le 34 Aoât 179S, an pouvoir des Autrichiens. A leur approche, les habitants s'étaient enfuis dans les bois ; ils y furent poursuivis par les ennemis qui massacrèrent impitoyablement les femmes et les oniants* Six mille villageois des environs, soulevés par de telles horreurs, s'armèrent et parvinrent à chasser de Candel les Autrichiens, qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le terram.
Candide, prêtre de Péglise romaine, fut, en :>!)5 , (^nvoyé dans la Gaule par Grégoire le Grand, pour y administrer le i^atrimoino de Saint*
VËES. CAS
Pierre. Candide était chargé da remettre au roi Childebert des lettres du pape, avec de la limaille des chaînes de saint Pierre, qu'on recommandait au prince de porter à son cou, comme une précieuse relique. Candide employa les revenus du patrimoine de Saint- Pierre en œuvres de charité, et spécialement à instruire des Bretons idolâtres, qui devaient ensuite aller préchcr la christianisma en Angleterre.
Candie (siège de). Soimto mille Turcs assiégeaient Candie, en 1667, et seul de tous les princes chrétiens, Louis XIV avait donné son appui aux Vénitiens, qui auraient pu être sauvés si la générosité française eût trouvé des imitateurs. Le dtto da Navaille avait amené de Toulon un secours de sept mille hommes. Voulant signaler son entrée dans la ville par quelque action d'éclat, il fait décider une sortie qu'il exécute avec ses troupes, et qui d'abord obtient le plus brillant iiiOMS* Oo déi> truft les travaux des assiégeants ; on encloue leurs canons; on force leurs lignes; les Turcs, surpris, vont se noyer dans la mer oo se réfugier dans les montagnes. Les Français se regar« dent déjà comme les libérateurs de la ville quand, malheureusement, leur ardeur excessive leur ôte la victoire.
Un bastion ayant sauté par accident, ils croient aussitôt que toqt est miné sous leurs pieds, prennent l'épouvanta et fuient dans un désordre extrême.
Les Turcs fondent aussitôt sur les chrétiens et en font un horrible car* nage. Désespérant alors d§ sauver Candie, le duo de Navaille se rembar^ que aveebait mille Français, et Iforosini , commandant des' Vénitiens , abandonné de ses alliés, capitule en ^669.
CàNPOLLB. VoyCB DSCANDOLLE.
Candobibb ou Capdoubibb (J.)«
maire de la Rochelle, qui chassa les Anjîlai-'? delà ritailelle, sous Charles V. Voici la relation de Froissart : « A ce a tempsavoiteo la villede iaHocheUe, « un maiemr durement aigu et soubtil a en toutes ses choies; et bon Pran* B çois de courage, si comme il le mou* « tra bien savoit la dit maicur, qui
FIUJ9CE
« s*appelIoit sire Jean Caudouner, que « cil Philippot qui étoit gardien du « chatel, u'étoit mie soucieux, ni per- « eevaotv sans nulle mauvaise maliee.
« Si le pria un jour au diner de-lez « lui, et aucuns Dourgeois de la ville. « Cil Philippot, qui n'y pensoit que a tout bien , lui accorda et y vint, tt Ainçois que on s*assit au dîner, sire « Jeao Gaudourier, qui étoit tout pour- « vu de son fiiit, et qui informé en « avoit les compagnons, dit à Philip- « pot : J'ai reçu (fepuis hier, de par « notre clier seigneur, le roi d'Aq- « gleterre, des nouvelles qui bon vous « toudient. — Et quelles sont-elles?
« répondît Philippot. Dit le maire :
« Je les vous montrerai, et ferai lire « en votre présence, car c'est bien « raison. Adonc aila-t-il en un coffre « et prit une lettre toute ouverte, an- « ciennement faite et scellée du grand « scel du roi Édouard d'Angleterre, « qui de rien ne toiichoit a son fait, o mais il l'y fit toucher par grand sens, « et dit à Philippot : Vêles ci. Lors lui « montra, auquel il a'apaisa aiaes» car ft moult bien le reconout; mais il ne « savoit lire, pourtant fut-il déçu. Sire « Jean Caudourierappela un clerc, que « il avoit tout pourvu et avisé de son « fait, et lui dit : — Lisez-nous cette it lettre. — Le clerc la prit et liait ce c que point n*étoit en la lettre : et « parloit, en lisant que le roi d'An- « jileterre commandoit au maieur la a Kocheile que ii lesist faire leur mon- « tre de tous hommes d*armes demeu- « rant en la Rochelle; et Ten rescripsit « le nombre par le porteur de ces « lettres, car il le vouioit savoir i et « aussi de ceux du châtel. »
philippot fut dupe de ce stratagème, et il fut convenu que le lendemain il amènerait les gens sur la place, devant le château, pour que le inaipur piU les passer en revue. Mais (landourier fit le soir même placer dans de vieilles maisons inhabitées, situées auprès du château, quatre cents hommes d*armes d*élite, et il leur comjnanda que « quand cils du châtel seo roient hors issus, ils se niettroient « entre le cliâtel et eux et les encior-
« roient. » Ce qui fut exécuté le lendemain, 8 septenibre 1372. «Quand les « soudoyers virent ce, si connurent « hien que ils étoient trahis et décuf • « Si furent bien ébahis et à bonnê « cause. Les Rochelois les firent là un « et un désarmer sur la place, et les « menèrent en prison en la ville en « divers lieux où plus n' étoient que « eux deux enserohie. Assez tôt après « ce, vint le maieur tout armé sur la « place et plus de mille hommes en sa « compagnie. Si se trait incontinent « devers le châtel , (jui en 1 heure lui « fut rendu. » Ensuite les Rocbelojs firent dire au duc de Berry de venir prendre possession de la ville au nom du roi de France. Le prince y envoya Bertrand du Guesclin. « Lorschevau- « cha tant le dit connétable, qu'il viqt « en la ville de la Rpcbelle, oà il fut « reçu à grande joie et ai prit la foi ^ R l'hommage des hommes delà ville ét « y séjourna trois jours. »'
Candstadt (affaire de). Le 21 juillet 1796, Moreau ordonna au aéiîéral Taponnierde s*emuarer de Candstadt, petite ville du duché de Wurtemberg.
Cette attaque rapide et bien dirigée réussit parfaitement. Trois cents Autrichiens demeurèrent prisociniers de guerre. Culbutés de toutes parts , les impériaux oublièrent de couper le pont sur le Necker, et donnèrent a|n9i une libre entrée aux Français.
(]ange (N.), commissionnaire à la porte de ia prison de Saint-Lazare.
Touché en 1793 de la détresse de 1^ famille d*un détenu, il se rend cbejs sa femme, lui remet cinquante francs, jui dit que son mari , dans les fers , a reçu, d'un atni, une souu))e plus forte, et qu'il la partage avec elle. De retour à la maison d*arrét , il remet 9U prisonnier cinquante autres francs, qu*il suppose avoir été prêtés à sa femme par une de ses voisines. Peu de jours après, le détenu est rendu à la liberté; il vole aussitôt dans les bras de sa fanflUe; les deux époux s*interrogent réciproquement sur ce qui leur est arrivé; leurs explications rendent leur aventure plus confuse ; ils s'adressent à C4Pge, qui veut d'abord éluder leurs
CAN
L'UNIVERS
questions , mais qui, pressé viyement,
est enfin obligé d'avouer sa générosité. Ce beau trait fut communiqué à la Convention, et Cange, admis aux honneurs de la séance, reçut Taccoiade du pré* sident.
. Cantgou , nom de Tun des sommets les plus élevés des Pyrénées (deux mille sept cent quatre-vingt-cinq mètres) , et d'une abbaye de bénédictins , autrefois htlie sur le revers septentrional de la montagne. Ce monastère , aujourd'hui en ruine, fut fondé en 1001, en expiation d'un meurtre, par Guiffred, comte de Cerdagne , gui s'3^ retira avec sa femme, prit l'habit religieux après son veuvage , et le garda jusqu'à sa mort.
Cantsy, bourg de l'ancienne Normandie (département de la Manche), à seize kilomètres de Coutances. La seigneurie de Canisy fut érigée en marquisat, en 1619, en faveur de René de Carbonel , dont la famille, l'une des plus anciennes de la Normandie, possédait ce fief depuis le commencement du treizième siècle.
' Gânhbs, Ouirum de CawtUs , petite ville maritime de Tancienne Provence, aujourd'hui du département du Var, à seize kilomètres de Grasse. Cette ville occupe, suivant quelques auteurs, remplacement de l'ancienne Oxybia, détruite par les Sarrasins, qu i emmenèrent les habitants en esclavage. G^esl sur la plage voisine de Cannes que Napoléon débarqua à son retour de l'île d'Elbe, le i"mars 1815. Cette ville compte aujourd'hui trois mille neuf cent qnatre-vingt^uatorze habitants.
Canon. Sous les empereurs romains, on appelait de ce nom, dans la Gaule comme dans les provinces de l'empire , le rôle général des revenus, directs et réguliers^ de l'État, et aussi, par opposition aux demandes imprévues , nommées charges sordides , l'ensemble des contributions ordinaires, dont chaque branche se nommait tUre. Ces titres , que l'on distinguait du produit des domaines et de celui des amendes, confiscations et présents, étaient au nombre de trois : 1° l'impôt foncier qui s'établissait au moyen
da cens, et consistait dans le payement en argent ou en nature, d'une portion des denrées que recueillait chaque propriétaire , et qu'il était obligé de verser entre les mains des collecteurs des revenus publics; 2« la ca'pitation ou impôt personnel, qui s'acquittait en argent et quelquefois en denrées ; 3** la milice, c'est-à-dire, l'obligation imposéeaux propriétaires de fournir à TÊtat des défenseurs armés et équipés, ou de payer une somme pour en tenir lieu , quand les besoins du service n'exigeaient point leur présence sous le drapeau. Le canon était, quant à ce qui concernait l'impôt foncier, établi pour un laps de quinze années, qui s'appelait une indicam, et variait suivant les besoins du moment et ceux qu'il était possible de prévoir pour l'avenir. Quand on était surpris par une circonstance fortuite et pressante qui rendait insuffisantes les ressources ordinaires de ce titre, on recourait aux svperindictions et aux charges sordides. (Voy. ces mots.) Le canon des deux autres impositions , la capitation et la milice, se dressait sur les lieux mêmes, sous l'approbation du gouverneur de la province en premier ressort, et sauf la ratilication de l'empereur. Quand le canon général était ainsi établi, chaque gouverneur envoyait aux cités un extrait du rôle qui les concernait; celles-ci répartissaient cette portion sur les contribuables, dans la proportion de leurs facultés, et les décurions faisaient les recouvrements ; mais , lorsque les milices devaient être fournies en nature, c'était le comte militaire qui les faisait marcher. Quoique le prince pût disposer souverainement de tout ce qui provenait des différents titres, la gestion de ces contributions n'était pas confiée aux officiers char^s de la garde des revenus consacres aux dé-
f)enses de la maison impériale, sous a présidence du comte de l'épargne; elles étaient versées dans des magasins particuliera et des caisses spéciales, sous l'administration du comte des largesses et la surintendance du préfet du prétoire. La nature des contribution^
dont se composait le canon indique suffisamment qu'il n'y avait que les hommes libres et les propriétaires qui y lassent assujettis. Après la conquête delà Gaole par les tribus germaniques^ le mot canon changea d'acception. On appela alors ainsi des redevances annuelles, et même des loyers. On lit dans une charte de 1218^ tirée des archives de l'abbaye de Saint-Victoviie Marseille. queBifférents redevables dont il est fait mention n'ont à payer à l'église du monastère qu'une livre de poivre pour tout canon. Guillaume, évêque d'Apt, en inféodant à un certain Bertrand Revboud un chiteau avec toutes ses redevances 'et appartenances , se réserve le canon qui était d'une livre sterling, et y substitue un mouton vivant de la valeur de huit sous. Enfin, on lit dans la coutume de Loss : « Si un loeataire renonce à son stuit (à son bail) avant la Saint-André, il n*e$t obligé qu'aux canons arriérez; maïs s'il le fait après la Saint-André, il doit encore ce dernier canon. » Comme chose , le canon n'est plus en usage aujourd'hui, et commemot, il n'a plus
aue dans l'histoire ses signiflcatioos 'autrefois.
Canon (droit). Voy. Droit canon.
Canon. La première circonstance Ton voie d une manière certaine apparaître Tusage du canon est le siège de la ville espagnole de Baza par Ismaïl,roi de Grenade, en 1323. Les textes cités ou traduits par Casiri et J. Condé ne peuvent, à cet égard, laisser aucune espèce de doute. Cette arme passa en France quelques années après. C'est ce que prouve évidemment le passage suivant d'un compte de dépenses pour l'année 1338 : « Compte « Barthélémy du Drach, trésorier des « guerres de cette année : A Henri de « Franchema^ y pour avoir poudres et « autres choses nécessaires aux ca- « 7ions qui estoîent devant Puy-Guil- « launie. » ^Voy. du Cange au mot BoMBABDÀ.) Un acte latin de 1845| dont l'original existe encore à la bibliothèque du roi , parle aussi de canons en fer, et il est constant , malgré le silence de Froissart, que les
Anglais s'en servirent en 1346, à la bataille de Crécy ; les récits des chroniques de Saint-Denis, et de l'Italien Villani, mort en 1348, le prouvent d*nne manière irrécusable. Les gros canons de cette époque étaient des cylindres creux, munis d'espace en es-
f)*ace de pl usieu rs cercles de fer . K n 1 460, es canons les plus forts, fabriqués eo France, ne pesaient pas au delà de cent qninxe livres; mais dix ans plus tard, sous Louis XI, on fondit à Tours une pièce d'une grandeur démesurée ; elle était de cinq cents livres de balles, et portait, dit-on, de la Bastille à Cbarenton. Le fondeur, qui s'appelait Jean Mogué, fut tué du second coup d'épreuve. La fameuse coulevrine de Nancy, fondue en 1598, avait vingtdeux nieds de long. Jusqu'en 1732, le fonaeur détermina seul le calibre de la pièce; mais à cette époque, on établit une mesure fixe et uniforme.
nombre des calibres fut réduit en 1732 à cinq pour l'artillerie de l'armée de terre. Ces calibres étaient de vingtquatre et de seize pour la défense des places et deacdtes; de douze, de huit et de quatre pour les pièces de campagne.
Une ordonnance de 1739 fixa la charge au tiers du poids du boulet ; et l'on adopta, en 176ô, un canon dit de troupes légères. Pendant les (tuerres de l'empire , on fit usage de pièces de six, destinées n remplacer celles de huit et de quatre; mais il y a longtemps qu'on ne s'en sert plus.
Aujourd'hui les calibres en service sont: ceux de vingt-quatre, de seize et de douze pour les sièges , et de huit pour l'artillerie de campagne. Dans les places , on emploie encore , outre ces calibres, les pièces de quatre, dont il n*est plus fait usage dans les batteries de campagne.
La longueur des pièces est ordinairement de dix-huit lois leur calibre.
La pièce de huit pèse cinq cent quatre - vingt - quatre kilogrammes ; sa charge de poudre , pour tirer a boulet, estde cent douze centigrammes; la plus grande distance à laquelle on doive tirer à boulet est de neui cent quatre-vingtquatorze mètres. La charge des piècaa
M vum
de campagne est contenue dans des gargousses en serge.
La charge ordinaire des pièces de Yingt-quatre es| de trois cent quatrevingt-onze centigramnies; leur portée sous i'angle de 46" est d'environ quatre mille cent quatre-vingt-dix-huit mètres.
La charge det» pièces de seize est de deq< cent soixante-neuf eentigrammes, el leur portée est de quatre mille cinquante-deux mètres à peu près; enfin, la charge des pièces de douze est de cent quatre- vingt - quinze centigrammes , et leur portée de trois mille six oept quarante-^tre mètres environ.
Les gargoui^ea des pièces de siège sont laites en papier. (YoyeiASMBt A FEU et Paixhaivs.)
Canon (P.), jurisconsulte de la lin du seizième siècle, a publié : Commm* taire sur les eousiumes de Lorraine, auquel sont rapportées plusieurs or»
donnances de Son .41 fesse et des ducs ses devanciers , Épinal , 1034, in-4°.
Il avait été auubli en 1626, par le due de Lorraine, Charles IV,
Son tils Claude-François. Cakoh, né à Mirecourt en 1638, fut envoyé, par le duc Léopold , comme ministre plénipotentiaire au congrès de Ryswick , où il déploya une grande habileté. Il mourut en 16(M. On lui attribue : la Médaille , ou Expression de la vie de Charles IF^ duc de Lorraine, par un de ses principaux officiers : ouvrage manuscrit conservé dans la bibliothèque de ISancy.
Canon NiBBB ( la ). » Dans la matinée du 21 avril 1806, Bouragne, commandant de la frégate la Canonnière, rejoignant l'escadre française postée dans les parages du cap de Bonne- Espéranoe, renoontra, à ving^quatre iLilométres du cap Natal , un convtti anglais de onze voiles, escortées par deux gros vaisseaux de guerre. Maigre Tardeur belliqueuse de l'équipage, la partie était trop inégale. Il fallut manœuvrer pour eviler la rencontre des navfres ennemis, ou en attirer du moins un seul à la suite de la frégate. Le Tremendous , de 74 , se détacha en effet du convoi, et s'acharna à la pour- Wite de la Canonnière. Après s'être
ERS. fum
pendant quelque temps donné la chas»
se . sans se faire beaucoup de mal par leurs bordées, les deux bâtiments échangèrent un feu plus vif : ce fut alors une pluie de boulets et de mitraille, un tonnerre continuel de fusillade et d'artillerie. Le Tremendous souffrait cruellement de cette lutte acharnée. Pendant que Bonragne ob>servait les cfifets des volées de la frégate, son chapeau qui, dans le désordre du combrit , s'était retourné sur sa téte, est frappé d'un boulet, qui le rétablit dans sa position ordinaire. Le oapitainese mit à rirt, et setoumant du côté de son officier de manœuvre : h II paraît, dit-il, que ces gens-là trouvaient mon chapeau mal posé; ils ont voulu le remettre dans ta position carrée; merci ! » Cependant les bordées continuaient de part et d*autre leurs ravageât et Bouragne, debout près d*une caro-^ nade, observait avec une longue-vue' ce qui se passait à bord du Tremendous. Tout à coup la caronade est frap» péed'un boulet, dont les éclats renversent le commandant et tous les officiers qui Tentourent. On s'écrie :
Le capitaine est mortf On s'empresse autour de lui. Mais Bouragne en éuût quitte pour une contusion; il se relève tranquillement, et, braquant de nouveau sa lunette : » C'est singu»
lier, dit-il, elle n'est pas cassée.»
Sur ces entrefaites, le vaisseau ennemi avait été tellement desemparé qu'il ne pouvait presque plus manœuvrer. Nos marins demandaient à grands cris Pabordase, et le capitaine allait céder et donner l'ordre de gouverner sur l'Aniilais, quand on le vit s'éloigner pour reioiudre le convoi. La CawmniSére éfiit elle-même trop avariée pour le poursuivre; il fallut laisser échapper cette proie si ardemment convoitée. De la galerie, des sabords s'élançaient des imprécations et des poings menaçants. « Jamais , dit le capitaine dans' son rapport , on ne vit pareil enthousiasme, ou plutôt pareil délire. I.n disparition du Tremendous a riiurizon put seule mettre un tenue à cette exaltation. »
Quelque temps après , Bouragne di-
flonamagea amplement son équipage par le^ prises importantes qu'il fit dans Tocéan Indien. Il combattit un jour, e( captura, eu vue de 111e de FnincA, HOf frétfate aiiolaise. hm habitaots de cette Ile, qu'ilavait délivrés des croiseurs anglais, lui offrirent cent cinquante mille francs comme téjuoignage de leur recounaissance. Bouragne refusa av«e une noble indianation, disant que les services d*un officier français ne se payaient pas avec de l'argent : il acceptn seulement une épée d'honneur. Bouragne mourut capitaine de vaisseau ! C'était sous la
rwtaoratîoii.
G41I01»B ( bataille de ). — > Le 18 mars 1801 , le général Menou , qui, dans les premiers jours du mois, avait comnîis la faute énorme de laisser une année de quinze à seize mille Anglais 4éiiarquer sur la plage d'Aboukir, ét9it eftfin venu , pour réparer sa fo* lie s'il se pouvait, s'établir, avec toutes les troupes françaises alors disponibles, au pied des retranchements que les Anglais avaient élevés entre Rosette et Alexandrie, non loin des ruines de Taacienne Ganope. LMndigne succès* seur de Kléber sentant sa propre incapacité, consulta les généraux Reynier et Lanusse iîur la conduite qu'il avait à suivre. Cqux-ci loi conseillèrent d'air tiquer sans délai. Les dispositions foh r^nt faites en conséquence dans la journée du 20. Le 21, les Français prirent les armes entre trois et quatre heures t)u matin : les premiers engagements leur furent favorables ^ mais dans une manœuvre, dont le but était de tourner la droite des Anglais, deux corps de troupes françaises, par une funeste méprise, se chargèrent un moment sans se reconnaître. De la une confusion qui fit manquer la manœuvre, et dès lors échouer tout la plan des généraux Reynipr et Lanusse; aussi fut-ce en vain que les quatre divisions
?|ui formaient le centre de l'armée rançaise se précipitèrent successivement sur la ligne des Anglais : Tenne- ^ipi les repoussa Tune après l'autre.
Le sort de la bataille était pour ainsi dire décidé; mais Manou, qui n'avait