‹ France (volume 4)Chapitre 48 sur 79 · CL., BTG · texte numérisé non relu

CL., BTG

CEN L'UNIVERS

sMl pouvait rétre encore en France.

Sans doute, nous devons faire la part des libéraux de içiô; mais ils n'ont lemé pour nous, en voNilant dsa droits pour eux-mêmes, qu*un désboooeur de quinze années. Ils ont ouvert nos villes à 1 étranger, ils ont livré nos flottes, nos arsenaux , nos places Ibrtes , et ont signé ces désastreux traités de 1816, qui pèsent encore de tout leur poids sur l'Europe démocratique. Croit-on, par exemple, qu'en présence de Bonaparte, réduit après la paix au rôle de roi constitutionnel, mais restant toujours le représentant des principes révolutionnaires déposés dans son code, qu*en présence de la France lorte, redoutée et toujours l'espoir des peuples, les rois de la sainte ahiauce auraient pu mentir comme ils Tont fiiit à leurs promesses, appesantir un joug odieuv sur leurs sujets, et réprimer partout, à Naples, dans le Piémont, en Espagne, dans r Allemagne, les tentatives d'émancmation populaire? C'est parce que lé ronce, devenue royaume de droit divin, a abandonné la cause des peuples, que la Pologne a été effacée du rang des nations et depuis a péri peut-être sans retour, que ritaiiegémit démembrée et asservie, qu'à i*Orient enfin grandit le colosse moscovite, qui ne trouve plus d'adversaires ni de rivaux, si ce n'est dans les marchands de Londres. La France de François P% de Richelieu, de Louis XIV*, de la Convention et de Bonaparte, est des^ œndne au second rang des nations.

Quand donc remontera-t-elle au premier pour y défendre encore, eonnne autrefois, contre la maison d'Autriche, les libertés de TAIIemagne et de l'Italie, et l'industrie, le commerce, o'est-à dire la richesse et le hien-être de tous les peuples du continent, contre l'avidité mercantile et l'égoïsme politique de la Grande-Bretagne !

Cbntbalisation. a un point de vue élevé, une nation doit être considérée comme un individu, dont la vie est soumise aux mêmes lois que le corps humain. Chez l'homme, le cœur est le centre de la circulation; dans Tétre multiple qpi*on appelle peuple, la ca--

pitale est aussi le foyer de la vie, elle est le cœur d'où partent et où viennent aboutir toutes les forces vitales. Sans unité, pas de peuple; sans la centralisation, pas d'unité. Aussi un État est-il d'autant plus puissant qu'il est mieux centralisé.

Il faut se garder toutefois de confondre la centralisation avec la eoneenira- H(M, qui n'en est que l'abus. La ooacentration de toutes les forces d'une nation dans une seule ville ou dans une seule main serait une monstruosité , dont les oonséq uences ne tarderaient pas àétre funestes à la villequi chercherait à tout absorber, aussi bien qu'aux provinces qu'elle aurait dépouillées. Ce serait comme si le cœur voulait garder tout le sang que lui apportent les. veines. L'antiquité nous en oflre un eiemple bien frappant : Rome a été victime de cette politique absorbante qui la portait a entasser dans son sein toutes les richesses de Taucien monde. Après s*étre avilie dans le luxe et dans la débauche, elles'est trouvée hors d'état de résister aux barbares, pour qui ses trésors étaient une tentation irrésistible. Autant la centralisation est utile, autant la coucentratioit est dangereuse. Napoléon , qui avait trouvé en France la centralisation toute faite, en a outré les conséquences ; et c'est en grande partie a son système qu'il faut attribuer les abus qui ont soulevé tant de plaintes. Placé au milieu de cireonstances excetAfonnelles, condamné, par sa politique envahissante, à être toujours en guerre, il lui fallait sans cesse des ressources nouvelles. Ces ressources, ia centralisation administrative les plaçait sous sa main; mats, comme il attirait tout à Ini, hommes et argent, sans presque rien rendre aux provinces, il a tini ^ar épuiser la France, et nar être victime de réi)uisement universel. Les intérêts généraux, voilà ce qui est du domaine de la centralisation. Jamais de pareils intérêts né peuvent être représentés avec trop a'unité, et tout intérêt local qui se met en opposition avec llntérét comiuuli ne saurait être traité avec trop desé*

vérité. Mais lorsque les intérêts locaux M Obertihent pas à M tatksÉiir^ «tt dépens de la prospérité publique, pourquoi les gêner dans leur libre développement? Les entraves (ju'on leur oppose sont nuisibles à l'intérêt générai et à Taccroissenient même de Ta ceotealisttioar |ini est d'autant plus ton» qu'elle représente et qu'elle dirige un plus grand nombre de liroviDoes florissantes.

De tous les États existants , la Franoe est évidemment le mieux cen^ Misé; et c'est au bienfait de sa forte mté qu'elle doit d'avoir résisté à des secousses qui auraient anéanti toute autre nation. L'Europe entière conjuréecontre elle n'a pu étouffinrea gradde révolution ; et après les désastres de 1814 et de 1815, on l'a vue, malgré les sacriilces énormes que lui avait imposés la coalition, réparer avec une facilité qui tient du prodige , toutes les pertes qu'elle avait éprouvées, liait cette centralisation ne s'est pas formée sans peine; et l'on pourra se faire une idée de ce Qu'elle a coûté, si l'on se rappelle que 1 anarchie féodale a été le pomt de départ des efforts

Îue Ton a dû &ire pour y arriver. La 'rance en est en grande partie redevable aux rois de la troisième race. En ^grandissant leurs domaines, d abord SI petits, du duché de Fnoee, ea soumettant les uns après les autres tous les seigneurs féodaux qui aspiraient à l'indépendance, ils ont formé l'unité française. Il faut citer parmi ceux qui ont le plus puissamment travaillé à celte enivre, Louis le Gros, Philippe-Auguste, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XI et Louis XIV.

Labbé Su^er et le cardinal de Kichelieu méritent auss^ une mention fUrtieulièrei aprèis liOuis XI, RIebelieu fut le plus cruel adversalm des prétentions féodales de la noblesse; aussi le grand roi n'eut - il ensuite que peu de chose à faire, et as trouva4-ii bientôt asses fQrt pQur abuser du pouvoir monarchique, «la France , dit M. de Gérando , ramenée momentanément à 1 unité sous Cliarlemagne iç\é)^i ^'i^é gç^mfuique,

et pas encore l'unité française)^ livrée, aoiis ses fiiibles successeurs, k un com-

filet démembrement , fractionnée , par a féodalité, en éléments indépendants, ne possédait plus (à l'avènement des Capétiens) qu'uu faible lien d'unité, dans la suzeraineté de ses rois. Tous les efforts des princes de la troî«.

sième race , depuis Philippe - Auguste et saint Louis jusqu'à Richelieu et Louis XIV, tendirent à substituer Tunité de l'Liat à TagglonératioD, teadirent à la eentralisataon politique. Mais la centralisation o|)érée par Richelieu et Louis XIV était, pour ainsi dire, mécanique et violente; elle n'était obtenue que par le développement d'une aatcHTité absolue. Le succès fiit incomplet et peu durable. »

Les rois avaient vaincu les seigneurs féodaux; mais à leur tour, en leur qualité de nobles , ils mirent des obstacles au développement de l'unité française. Faisant iMlianee avec les dé* bris de la noblesse qu'ils ne craignaient plus, ils prétendirent éterniser la distinction des castes, et voulurent maintenir deux peuples dans l'État : l'un noble de raoe, et fait pour commander, Taultre roturier de naissance , et fait pour obéir. Mais le principe de l'unité morale trouva dans le tiers état un instrument énergique qui brisa la eoalition de la royauté et de b noblesse» et soutenue , excitée par la naàon entière, l'Assemblée constituante acba* va ce que la royauté avait laissé in-' complet. A l'unité du territoire et à la centralisation du pouvoir , double objet de la politique des rois de la troisième race , elle ajouta , en çrin* cipe du moins , l'unité de la nation ; tous les Français furent reconnue égaux devant la 'loi. Il n'y eut plus de noblesse, il n'y eut plus oe fran<^8ea provinciales; une seule et même or* ganisation et des règles uniformes fiv* troduisirent partout l'homogénéité.

Cependaiit la Constituante jugea prudent, par Qoe dérogation aux principes d'égaoté qu'elle avait proclamés diemême, de n'accorder la jouissance des droits politiques qu'à une partie de la çation. IX fajl^ut , j^ur être /^ecteur^

»% air LUioyERS.

payer a!^ moins cinquante francs d'impomtioii. Le peuple, qui avait aMé la bourgeoisie a renverser la caste nobiliaire, se trouva blessé d^une exclusion gui le privait des droits civiques; il protesta, et, après une lutte de

courte durée , il resta maître du diamp de bataille. Alors la Convention piMia la constitution de 1793, qui reconnaissait à tous les Français la qualité et les droits de citoyens, mais qui fut suspendue aussitôt que inromulguée, à cause des nécessités de la crise révolutionnaire. Nous n'avons pas à examiner ici la valeur des moyens d'application adoptés par la Convention, qui, un peu plus tard , remplaça la eonstitution de 1793 par celle de Tan m; œ qu'il importe de constater ici, €*e8t qu avec les principes de la Conirention , l'unité morale et politique était complète. La Convention voulut peut-être arriver au but avant le temps ; mais enfin die sut élargir les termes du problème.

• Jusqu'alors, l'unité politique, qui est une des faces les plus importantes de la centralisation, avait été en progrès ; mais elle ne tarda pas à déâioir« jNapoléon suspendit tous les pou* ▼oirs politiques de la nation pour les concentrer en lui-même ; il alla plus loin, il ressuscita,autant que cela était possible, l'ancienne distinction des castes , et fit de nouveau deux peuples dans l'État , en créant une nou- Telle noblesse héréditaire; enfin , ildé- Teloppa d'une manière monstrueuse la centralisation administrative, qui lui permettait d'attirer à lui seul toutes les forces de la France pour les lancer sur le reste de l'Europe. La restauration adopta les principes administratifs qu'elle avait trouvés établis ; cependant l'excès du mal devint bientôt tel, que le gouvernement tilt contraint, sous le ministère Martignac , à faire quelques sacrifices. Depuis la révolution de juillet, la loi départementale et la loi municipale ont rendu aux provinces et aux eomnrones, traitées comme des mineures par Napoléon , duelques-uns de ces droits qui sont nq^mGriptiiiles, parce j^u'ea assurant

aux villes et aux communes une cer* taine part d'Indépendance, ils leur permettent de travailler k augmenter leor

prospérité, et que, plus elles sont prospères, plus l'État est puissant.

Centbes. Ce mot est devenu, depuis l'introduction du régime parlementaire en France, d'un usage -jour* nalier, et il a pris, pour ainsi dire, une acception nouvelle. Il désigne cette portion des assemblées législatives

Îiui siège sur les bancs placés au mileu de l'enceinte, entre la droite et la gauche. A un point de vue purement matériel, les membres du centre représentent le parti de la modération par rapport aux deux autres côtés ,

Î|ui , toujours au même point de vue, igurent les extrêmes ; mais, dans l'ordre politique, les modérés du centre se montrent souvent peu dignes de ce nom; quelquefois même, ils deviennent furieux de modération , comme le leur disait un Jour le général la Fayette.

Cette habitude constante de prendre le milieu entre deux distances opposées n'est pas toujours le meilleur moyen de faire triompher la cause des principes , et souvent elle est beaucoup plusfavorable aux intérêts des individus qu'à ceux de la nation. C'est avec l'appoint des centres que presque tous les ministères, quel que soit l'esprit de leur politique, se forment une majorité dans les chambres; et un trop ^rand nombre de députés font un objet de spéculation de cette modération npparente. L'opinion publique les en punit ordinairement par des surnoms pNBu flatteurs. Au début de la révolution, on les appelait laptoêne, sous la Convention , on les nomma les crapauds du marais, en réponse aux plaisanteries qu'ils avaient osé faire sur la montag7ie. A l'époque de la restauration, ils méritèrent l*épithète de ventrus y pour la docilité avec laquelle ils échangeaient leur vote contre des truffes , docilité que Béraneer a si gaiement tournée en ridicule dans la chanson qgà a pour refi^n:

Quels diaert, quels dioen.

Depuis la révolution de juillet, ils s'appellent juste milieu, a cause de ce fyrtème peu élevé qui a pris pour de* m^i Chacun ^kzioif ckaàm ponKt

Mot

Ckntbones , peuples gaulois habitant toute la partie de la chaîne des Alpes à laquelle on donnait le nom ^ Alpes grecques , et dont le principal sommet est le petit Saint-Bernard.

Ils occupaient la Tarentaise. Les deux villes : Forum Claudii et Axima, que mentionne Ptolémée , ee Tetrouvent aujourd'hui dans le petit village d*Aisme et dans le petit endroit nommé Centron , situés tous deux dans la même vallée. Ces deux villes perdi- Tent plus tard leur supériorité sur les autres Ueux de ce district , puisque, dnns la notice de l'empire , c'est Darantasiaj ou Moustier en Tarentaise,

Îui en est désignée comme la capitale, ^u cdté du nord , ces peuples paraissent avoir étendu leurs limites jusqu'à Cluse, oii ils confinaient aux Nantuates. Strabon , Pline et Ptolémée les placent en Italie.

Cent-Suissbs (conmagniedes).— Quelques écrivains font remonter l'institution de cette compagnie à l'année 1443 ou 1444, époque à laquelle les cantons helvétiques contractèrent, pour la première fois, l'obligation de fournir à la France un nombre d'hommes déterminé , pour servir comme auxiliaires dans ses armées ; d'autres ne lui font prendre rang qu'à partir de 1469 ou de 1478 , SOUS le titre de cent gardes suisses, et le plus grand nombre datent son institution de l'année 1496.

Il paraît, en effet, que c'est dans cette dernière année que Charles VIII la réorganisa et Tadmit définitivement au nombre de ses gardes ordinaires , sous la dénomination de cent hom' mes de guerre suisses de la garde, La force de ce corps , ainsi que son ti^e rindique , était de cent hommes; son état-major comprenait un capitaine-colonel, quatre lieutenants, dont deux français ; deux enseignes , deux lieutenants aides-majors, huit exempts (depuis 1616 seulement}, quatre four-

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ri ers et six caporaux , ce qui portait son effectif à cent vingt- sept hommes.

Les cent gardes suisses, choisis

fiarmi les hommes de cette nation de a plus haute taille , étaient armés de hallebardes pour le service intérieur de la oour, et habillés à la Henri IV. En campagne, ils étaient armés du mousqueton et marchaient à la tête du régiment des gardes suisses. Ils

Sortaient , dans le premier cas , l'habit livrée • bleu , à parements de velours rouge;danslesecond, l'habit uniforme, à peu près semblable à celui du régiment des gardes. Leur baudrier était garni de franges rouges et blanches.

Le fond de leur drapeau était à quatre carrés bleus: Tornement du premier et du quatrième carré consistait en une L couronnée d'or, le sceptre et la main de justice passés en sautoir, noués d'un ruban rouge ; le second et le trof« sième portaient une mer d'argent, ombrée de vert , flottant contre un rocher d'or, battu par quatre vents ; une croix blanche séparait les quatre quartiers , avec cette devise : Ea esifidu» cia genUs* L*écharpe était blanche : la hampe se terminait par une fleur de lis d'or.

Dans les grandes cérémonies, les cent-suisses marchaient , tambour battant, sur deux files placées à droite et à gauche de la voiture du roi, et à partir des petites roues , où se trouvait la tête de la compagnie. Ils faisaient le service journalier dans l'intérieur : un garde était toujours placé à la porte de la chambre du roi.

Licenciée en 1792, la compagnie des cent Suisses fut rétablie en 1814 , sous le titre de Compagnie des cent gardes suisses ordinaires du corps au roi. Sa force fot alors fixée à cent trente-huit hommes. Réorganisée en 1815, elle fut portée à trois cent dix gardes , dont quarante-deux officiers ou ayant rang d'oflicier. Elle prît en 1817, la dénomination de Compa»

g me des gardes à pied ordinaires du corps du roi, et l'effectif en fut réduit.

Ce corps fut compris dans Fordon-

^74 cén Ii*UNm^. ciR

nance du 11 août 1830 et licencié avec h garde royale; depuis» il n'a point

été rétabli.

. Dans les derniers temps , les gardes suisse^ ; formés indinéremmcnt de Français et d'Ôelvétiens, avaient l'habit bleu de roi, collet et pas5;c-poil écadate , houXon^ jaunes j pnntalon blaiic en grande tenue, bleu de roi en tenue ordinaire , bonnet d'oUrsin aveç plaque aux armes de France. On leur «vait donné le fusil de dragon et lè Sabre-briquet.

CjsAACCHi ( Joseph) , né à Rome , «tudîa la sculpture sous Canova, et Ht de bonne heure espérer qu'il deviendrait un des plus grands sculpteurs de l'Europe. Les idées républicaines avaient été apportées en Italie, et mises en pratique par Tarmée française; Ceraochi les adopta avec enthousiasme, et contribua puissamment à l'organisation de la république romaine. Lorsque le gouvernement pontifical fut rétabli , il vint à Paris et rejeta

Îivec mépris la proposition oui lui fut àtte de modeler le buste de Napoléon , qu'il regardait comme un usurpateur. Il eut ensuite le malheur de s'associer à la conspiration d'Aréna et Topi no-Lebrun, fut arrêté à l'Opéra, le 10 octobre 1800 « et jeté en prison. Napoléon vint , dit-on, le voir dans son cachot pour lui offrir la vie s'il consentait à reconnaître son pouvoir. Ceracchi répondit à cette offre par des imprécations f et il fut mis à mort le .81 janvier 1801.

CÉRAMIQUE. — La céramique, ou, si l'on veut, l'art de fabriquer des poteries , et en général toute sorte d'objets en terre cuite , remonte à une assez haute antiquité ; mais elle n'a rien produit de bien remarquable en France avant le seizième siècle.

La poterie gauloise proprement dite était grossière ; ses produits étaient dépourvus d'élégance ; les sculptures en creux dont ils étaient ornés étaient d'un style barbare ; enfin, sous le rapport de l'art, ils méritent à peine de fixer rattentlon de Tbistorien. La statuette en terre cuite, d'origine gauloise, que possède le musée c&amique

de la manufacture de Sèfif^, ||>

plus de valeur.

Avec la domination romaine , Tart des potiers romains sMntroduisit dans les Gaules. ÙAe fiibrlcation meilleure,

des formes plus belles , sont en général les caractères des poteries galloromaines. Mais arrivèrent les grandes invasions de barbares, e]t la céramique, aussi bien que tous les autres arts , tomba daûs une déicddeiice complète ; c'est à peine sî le moyen âge parvint à conserver quelques traditions. Cependant, au seizième jiiècle, Bourdan possédait des fabriques renomnriées. Beau vais produisait des oteries vernissées en bleu dont Raclais parle dans son Pantagruel; et il parait qu'à cette époque on avait l'usage de décorer la taçade des maisons de cette ville de ' carreaux de faïence , dont l'ensemble offrait deis dessins d'entrelacs. M. Monteil mentionne, à l'année 1525, des painctrès et potiers de terre; mais avant Bernard de Palissy , nos poteries étaient peu remarquables. En effet, longtemps on se contenta de faire cuire l'argile, sans la recouvrir d'un vernis ; longtemps on se contenta aussi de l'argile plasti(]ue pour composer la pâte des poteries, et il a £illu des siècles pour que la science , se mettant au service de l'industrie, lui fit connaître toutes les ressources que le potier pouvait trouver dans la nature. IMais au quinzième siècle, la céramique française fit de grands progrès.

Avant de continuer l'histoire dé.

cet art nous croyons devoir indiquer en combien de branches ii se divise.

Ces brancbes sont au nombre de sept, et se classent ainsi , suivant la nature et le degré de finesse de leurs produits: 1" terres cuites (briques, tuiles, plastique) i 2" poterie commune; faïence commune ou italienne; A"" faïence fine puangiaise(terrede pipe,a|^lée improprement porcelaine opaque; 5° grèscérame (grès ou poterie de grès) ; 6" porcelaine dure ou chinoise ; V por^ cMiM Umdrem française (poreelaine Titreusci frittée).

1» Terres euUeg, IfouiaTona d^dit

ignai ce que nous avions pu reeueillîf

sur .la /abricalion des terres cuites dans l'ancienne Gaule : une statuette au musée de Sèvres , divers débris de carreaux, de briques, de tuj^aux, cou»

servés dans quelques collections, sont tout ce qui nous reste des produits de la poterie gauloise. Les terres cuites gallo-romaines sont plus nombreuses; ce sont des vases, des briques, des tuyaux , et .dîTera objets plastiques « comme des ifragments de statues , où le bon goût s'unit à l'élégance; mais on ne peut en dire autant de la céramique au moyeu âge : cette époque ne nous a laissé qilo des prodiuti asMi

grossiers.

Les fabriques de terres cuites produisaient en France , en 1826 , pour dix-sept millions cinq cent mille fr. de. briques , tiiiles , oarreaox , tuyaux et pots à fleurs.

La plastique en terre cuite, si perfectionnée chez les anciens, oubliée au moyen âge . et si grossièrement exécutée dans les derorars siècles, a subi depuis quelques annéet, comme toutes les autres mdustries , IMnfluenoe du goût et des arts ; on a vu aux expositions de 1834 et de 1839 des morceaux en terre cuite d'une exécution aasex remarquable. Nous citerons entre autres les pièces plin(ho(omique$ de MM. Virebent de Toulouse; ce sont des ornements en terre cuite , destinés à la construction et surtout à la décoration des bâtiments. Pour rendre ces monuments plus soli* /des et susceptibles d'une plus grande perfection, ces habiles fabricants ont imaginé de les composer de deux pâtes différentes. ' superposées , dont* Tune, plus grossière, sert comme de doublure à la pAte extérieure. On conçoitrimportancede ce procédé qui rend î9ciie et peu coûteuse la décoration des babitations. Gomme exemple, G0S messieurs ayaient exposé en 18S1I un tombeau, de grande dimension, et remarquable à beaucoup d'égards.

On a aussi essayé de donner aux planchers formés de carreaux . en terre cuite uU caractère artistique, c'est4«* dire , de former avec des carreaux de OQulMir tfc da fororai dlTevacs daa et-

pèoes de mosaioues. II serait à désirer

que ce çienre Je pprfectionnement se répandit et fît renaître un art qui avait pris un 'si grand dévelop|>ement aux treizième et quatorzième sièdes.

2* MeHe commune. — Ces poteries, composées d'argile ordinaire, de marne argileuse et de sable , et enduites d'un vernis coloré par le cuivre et le manganèse, sont les plus répandues à cause de leur peu de cherté. On conçoit tout rintéret oui s'attache à line fabrication qui interesse la masse ^ïénérale des citoyens. Nos poteries , toutefois, sont en général peu soignées, les formes en sont grossiè* les , et cependant ce serait un moyen excellent de répandre le goût du beau dans les masses. Les Espagnols n'ont point comme nous négligé le dessin et Téléganoe dans les formes de leurs vases; leurs alcarazas de Valence sont au contraire d'une perfection de stvie que nous devrions nous efforcer dMmiter.

Parmi les applieationt de la poterie à la décoration, nous citerons remploi des carreaux d'argile vernis pour le pavage des chambres. Ce genre de décoration , imité des azulejos des Arabes , paraît avoir été assez commun au moyen âge. On formait ainsi des planchers représentant des échiquiers pour l'amusement des soldats (le i,'arde dans les ch.lteaux , ou bien des rosaces , des entr elacs , des animaux, des figures de blason, des chasses , etc. Les couleurs étaient vives , et obtenues parles oxjdes métalii(}nes dont le vernis était firme ; le dessin de ces compositions était facile et assez afréoble. Le musée céramique de Sèvres contient plusieurs carreaux de ce genre, et on peut lire des descriptions intéressantes de parquets semblables dans les Archives de la Normandie par Dubois, t. P**, p. 109, et dans les j4ntiquUés anglo-fiof" mandes de Ducarel. Cet usage subsista jusque vers le dix-septième siècle. Les principales fabriques de poteries sont maintenant à Paris, à Éperuay et à Magnao-Laval; elles produisaient en 1825 pour qaUao mitUons de mar«

S76 ci» L'UIiIV£RS.

GÉB

8^ Fۉence commune. La pflte de

cette espèce de faïence est composée d'argile , de marne argileuse «t de sable : mais l'argile a été lavée; l'enduit qui larecoum est un émail opaque ordinairement Btannifère.

On n*est pas d'accord sur Torigine de cette faïence. Suivant les uns, elle aurait été découverte en Provence\ dans le bourg de Fayence , d'où elle aurait tiré son nom ; d^autres la font venir de Faênza, ville de la Romagne; d'autres de Majorque; d'autres enfin en attribuent l'invention aux peuples de l'Orient , et plus spécialement aux Arabes, qui ranraient importée en Espagne, d'où elle se serait ensuite répandue dans toute l'Europe. Cette dernière opinion nous paraît la plus probable. On faisait en effet en Orient, a une époque très-recalée, des poteries assez semblables à nos faïences ; et les premières faïences connues en Europe sont évidemment d'origine orientale : ce sont les azuiejos. ou carreaux de felence émaldée de dlver- • ses couleurs (*) exécutés d'abord par les Arabes , qui donnèrent ainsi naissance aux faïenceries de Valence, puis à celles de Majorque, et enfin à celles de Faënza. Les faïences italiennes que Lucas délia Robbia sut décorer de si admirables peintures, et avec lesquelles il fit de si belles sculptures , furent d'abord appelées maiolica ou majolica, du nom de l'île de Majorque.

Ce fut pendant le règne de Henri II , que l'illustre Bernard dePalissy trouva les procédés des faïenciers itafiens , et produisit ses rustiques fîgulhies {**).

Cependant la France n'eut pas de faïenceries avant 1608. Le premier établissement de ce genre fut formé vers cette époque n Nevers rmaisen général , cette industrie a fait chez nous peu de progrès. Les principales fabriques de faïence sont maintenant à Paris, Sceaux , Kouen , Nevers , Lunéville, Saintes, Forges*lefr-£aux, Tours ,

(*) Yojez sur ce sujet dans l'Eucjclopédie nouTelle , Tait. Émail, par M. L. Dmsieox,

et le Magasin pittoresque, ann. 1839, art. Histoire de la manufacture de Sèvres»

(**) Yoy. Fausst (Beruai-d àe).

TJron, Longwy, Ntmes. Parmi les perfectionnements apportés dans ces derniers temps à la fabrication de la faïence , nous devons signaler l'emploi de l*adde borique pour durcir Témail.

4^ Faïence fine. On distingue deux espèces de faïence fine , ou anglaise : la faïence fine tendre ou terre de pipe, et la faïence fine dure ,* la pâte est formée d'argile plastic^ue lavée et de silex broyé fin ; l'enduit est vitreux , siliceux et plombifère. Pour obtenir la terre de pipe , on ajoute à cette pâte une certame quantité de craie. La poterie en terre de ,pipe est presque abandonnée; la fîaïence fine dure, ou porcelaine opaque {iron stone, poterie de fer des Anglais) , a remplacé cette fabrication , dont les proauils sont fort mauvais à tous égards. Les premien essais bien constatés de la fiibrieation en France des faïences fines anglaises, à pâte sonore et dense et à couverte dure , sont dus à M. Saint- Amans, et remontent à 1824. Aujourd'hui , les manufoctures de CMl, Montereau, Cboisy, Toulouse, Arboras, Bordeaux, Sarreguemines, Paris, Saint-Gaudens , donnent des produits ui ne sont en rien inférieurs à C£ux es ftibrîques anglaises. Les periectionnements obtenus sont dus à l'introduction de l'acide borique dans la composition du vernis , qui se trouve durci , et du kaolin dans la masse de la pâte. On doit aussi signaler une amélioration notable dans la forme des vases, dans le choix des ornements, et divers essais pour imprimer sur ces vases au moyen de la lithograpliie.

Poterie de grès. La pâte de cette poterie est composée d'argile plasti* que dégraissée par du sable , du silex ou du cmient de grès. L'enduit en est vitreux, salin ou plombifère. La cuisson demande une haute température.

On distingue aussi deux espèces de poteries de grès : les grès communt et les grès fins. La fabrication de ces derniers , qui est pratiquée depuis un temps immémorial par les Chinois et les Japonais, n'est connue en Europe que depuis le dix-huitième siècle, époque où P Aliemand Bœttcher en obtint en cbcrcbant à fabriquer de la poree*-

CÉft FRiJNGI^

tarf

laine. Wedgwôod naturaliii aiaiiiH

cette industrie en Angleterre; quant à la France , elle ae la possède ^ue depuis la restauration , époque ou nous avons vu qo'dle s'appropria aussi Tiiidustrie des fàièDoes fines dures* Gel deux fabrications ont en effet assez de rapports entre elles , et se font or* dinairement dans le même établissement.

Les poteries de giès commnes sont

plus anciennement connues en Europe.

L'Allemagne et l'Italie en produisaient dès le commencement du seizième siècle , dont la forme , les ornements eu relief et les peintures étaient sonvent d*as8ez bon goât. Les grès de Nurembergjouissaient même alors d'unesorte de célébrité. La France possédait aussi à la même époque,de8 fabriques semblables,entre autres eeUes de Bayeux {*), Les principales fabriques de poteries de grès existant aujourd'hui en France , sont , pour les grès communs , celles de Saveignies, Saint-Amand, le Montet, MartfahCamp, Sartpoterie, le Montet; pour les grès fins, celle de Sarregoe»

mines, où M. Utzschneider a porté la fcbrication à un degré supérieur, pour la qualité et le bon goût, enfin celle de • Paris et oelles de piasiears villes déjà indiquées.

6° et 7°. Porcelaine dure et tendre.l/d porcelaine n'est connue en Europe que depuis la découverte de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance.

C'est aux Portugais que nous sommes redevables de cette précieuse poterie , dont le nom vient d'un mot de leur langue , porcolana, vaisselle de terre.

Quoi qu'il en soit, la porcelaine fut bientôt universellement recherebée, surtout à cause de la propriété qu'elle a de supporter sans se casser une trèshaute température. Pendant longtemps, on se contenta d'aller la chercher à la Chine. Cependant, dès 1695, il y avait à SaintpCloudt Chantilly, Orléans, Villeroy, des manufactures où l'on fabriquait une imitation de la porcelaine chinoise, et qui, de fait, ne produisaient qu'un verre dur et trans»

(*) Voyez Pluqnety Sum kutat^m tur Bajeux, ch.

MdOtOOÉipMédojtto, sel, ahii», soude, gypse et sable , et fondant an feu. Cette imitation est connue sous Je nom de porcelaine tendre, frittée ou vitreuse. On en établit bientôt de nouvelles fabriques à Arm , Townay , St-Amand-Ies-Eaux , etc.

Piganiol citait, en 1718, les produits de ces manufactures comme fort remarquables. Suivant Félibien (*), les porcelaines de Saint-Gloud égalaiem

Sresque, en 1787, oeUes qui venaient e la Chine.

Un chimiste saxon, Bœttcher, essaya en 1 702 de doter sa ^trie de la fabrication de la poKdaine. Nous avoua dit qu'au lieu de faite de lapotedaine,

il fit des grès fins ; mais ses poteries imitaient la porcelaine chinoise. Toutefois, elles en différaient entièrement ^ leur pAte. Cependant Auguste n, électeur de Saxe, en établit une manih facture à Meissen et anoblit Bœitcher.

Mais un autre chimiste allemand , Tscbirnbauseo , découvrit en 1710 la composition de la Téritdl)le porcelaine, dont la pâte est, comme l'on sait, composée de kaolin. L'Allemagne étant riche en gisements de cette substance, plusieurs manufactures de porcelaine s'élevèrent rapidement.

En France , on continuait toujours à fabriquer de la porcelaine tendre; l'on en créa, en 1738, au château de Vincennes une fabrique, à rétablissement de laquelle le marquis de Fui vy consacra toute sa fortune. Mous ne voulons pas empiéter sur l'histoire de la manufacture de Sèvres, I une de nos gloires nationales ; cependant , nous devons dire ici que lafabriquede Vincennes fut en 1750 transportée à Sèvres, et qu'alors on y faisait encore de la porcelaine tendre. Mais bientôt le secret de la porcelaine dure fut apporté en France par un Strasbourgeois.

On fit alors venur du Palatinat le lutolin nécessaire, et Ton put faire à Sèvres de la porcelaine véritable. Enfin , en 1768, on trouva à Saint-Yrieix, près Limoges, une argile qu'un habile chimiste , Macquer (voyez ce nom) , re-

0 Histoiie du diooài» de Fans, tTU, p. 57.

m un LlUlflVERS. -èKR

conhut être do kaolin. Dda ton la ma* monda, nous voulons jpuilèr ita mttM

nufacture de Sèvres prit une activité céramique de Sèvres.

nouvelle ; et , depuis , les admirables L'ancienne manufacture de Sèvres

Sroduits de cette manuiàcture ont possédait une belle collection de vases roné i la pbtcMM finmçaistf ntié étrusques qui fut dispersée en 1798. inoomastible supériorité sur celles dé En 1806 , M. Brongniart s^occupa , toutes les autPBS ttitioiiS (fey«f fiiK moins de la refaire, ç|ue de rassemoler VHBS). des échantillons de tous les produit^ Nous ne traiterons pas ici de l*his- de Tart céramique dans l'antiquité et toire de la peinture sur porcelaine, dans les temps modernes. Dès 1824, 4>wisidérée soit comme prodoisant û9ê II atait iitWiltt son boi La éelleetion objets do ipxêt soit comme moyen au'il a fbmés oondprend la rédnioli de conserver Timage des chefs-d'œu- ne tout ce qui constitue l'art des povre de la peinture à l'huile ; ces détails teries de toutes sortes , de tous les trouveront mieux leur place daos Tar^ pays et de tous les temps. Ce musée Me que nOus consacrerons à la ma- sst ditisé en sept parties , dont dianufeoture de Sèvres. Cependant noos cnae est consacrée à unessction de Part devons dire qu'il y a tout lieu de se céramique. Un appendice est destiné à féliciter du bon goût que l'on remar- l'application des couleurs vitrifiables que aujourd'hui dans la décoration et pour la porcelaine. Les galeries de ce «Uns les formes des vases sn porce* musée oontimment des poteriss égyplaine. Lès formes de tanauvais goôt pas- tiennes , pbàfieieoMS , chinoises , Jasent de mode, et Ton revientà une imita- ponaises, grecques, romaines, étrustion mieux comprise des vases antiques ques, mexicaines, anciennes et moderet des vases de la renaissance ; et même «es ; enfin des produits de la céramique dans les objets les plus simples on re- de tous les peuples y sont offerts à l'écbonlie un d4»sitt pur et une certatno tnde do savant comme de riodustriel. âégance. La fabrication et l'applica- Gbbcbt, seigneurie de Tancien tion des couleurs vitrifiables ont fait Auxois , aujourd'hui du département aussi d'immenses progrès, que l'on de la Côte-d'Or, érigée en baronnie en doit attribuer aux progrès de la science 1673.

en (général , et surtout à rinteHigente Gbbbagnb (comté do) dans les Pv-

împulsion donnée par la manufacture rénées, appartenant en partie à la

de Sèvres, dont le savant directeur, France, et en partie à l'Espagne. On

M. Brongniart, a compris qu'une ma- pensequesonnomestdérivédeceluides

nufacture royale, pour être à la téte Cere/an^ anciens habitants du nord de

do l'ilidustrio, devait fiiîre tons les eo* TEspagne. Mont«Loois est la capitale

sâis, tooteé les expériences qui peu- de la Gerdagne française, qui occupe

vent en agrandir le domaine et répan- environ soixante kilomètres carrés. En

dre les découvertes utiles, tout en 1462, Juan II, roi d' Aragon , ayant

conservant les bonnes méthodes et besoin de secours contre les Catalans

les saines traditions. et les I9aTarrais révoltés , engagea à

Les principales manufactures de Louis XI pour deux cent mille éeus

porcelaine sont celles de Sèvres , Pa- les comtés de Cerdagne et de RoUs-

ris, Limoges, Villedieu (Indre), Con- sillon. Lorsqu'il les réclama plus tard ,

flans, Bayeux, Orchamps (Jura), Fon- on refusa de faire droit à ses récla-

tainebleau, etc. (*). mations. Cependant Charles VIII res-

Nous terminerons cetetposé rapide titua , lors do son expédition d'Italie,

de l'histoire de l'art céramique, et de ces deux comtés à l'Aragon; mais ils

son état actuel en France, par quelques furent rendus à la France en 1659,

mots sur ua établissement unique au par le traité des Pyrénées. (V oyez Catalogne.)

n Voyez le rapport nir r^podtion des Cbbdaoitb (comtcs de). — Le pro*

podnits de rindiutrlé en tSSg:^ ndior eomtede Gerdaguo dont l'histoire

1^ im^M ecl Salomon . qui viiiyt ve^s ipais on ne smt ^nim^ nue

liste non interrompue de ses successeurs avant l'année 988. A partir de cette époque , les comtes de Cerdagae lîiren^:

838, Guifred ou W'ifréd.

1025, Raymond y qui assista, en 1041, au concile de Tuluie, où Ton établit la paix et la trêve de i)ieu.

1068, Guittq,y>me'Rafnumd,

1095, GuiUaiânê^aurMn et Bêfnard-Guillaume. Le premier alla, en 1 102 , à h terre sainte avec Raymond, auquel il succedoi, en 1105, dans toutes ses terres d'Orient. Mais il ne conserva que tplrtoie et la forteresse d *Arebon; il mourut en 1109. Bernard son frère, qui était resté seul maître de la Cerdagne . étant mort en 1 U 1 , Raymond '^érenger III, comte de B9rcaloDej lui eiimdfi a titre |le j^us nroche parent» et fénnit la Gentaip»

a ses États.

Cbrs (Jean - Nicolas) , directeur du jardin botanique de Tlle de France, naquit dape cette fie en 17S7; Il fut envoyé en France pour y fiûre aee études; arriva à Brest comme un enfant trouvé , et demeura plusieurs années chez une femme du peuple. Enfin, h forée de reoheroiies , se^ pareqts pai^ vinrent à le découvrir, et le piaoèieot au collège de Vannes , qu'il quitta ensuite pour aller perfectionner ses études à Pans. Il s'était d'abord destiné au génie; mais la guerre ayant éclaté dane Vjnde en 1767, il fut nommé ofiloier de marine, fit deux campagnes sur Tescadre du comte d'Aché, et se fixa , en 1759, à rile de France, où son père, mort depuis sept ans, lui avait laissé des biene eoosidérablee. Lora*

Su'en 1766 , Poivre fut nommé intenant de rile de France, il trouva dans Ceré un habile collaborateur. Le successeur de Poivre ayant négligé ou détruit plusieura plantations d*arbrea ^ ^iceries , tout aurait péri , si Ceré , nommé, en 1775, directeur du jardin royal de Tlle de France, ne lui ^t opposé une vigoureuse résistance.

Slit a aea propres Ma de nom* renaee pépimèM de nMrandi«i«

depolvria^t 4»

neluers; et, après les avoir murapliés dans lés îles de France et de Bourbon , il en envoya des plants aux Antilles, à la Guj^une et à C^yeni^^, anrec des instrafetions sur la aMnieife de les cultiver;' œ fut ainsi que Cecé affranchit sa patrie du tribut qu'elle payait aux Hollandais pour les productions des Moluques et de Çc^lao.

Il ne négligeait pas non pins a*acol|mater à Vile de Franœ et d'v multiplier les plantes et les arbres de rAmérique, de Tlnde et de la Chine, les fruits et les légumes de l'Europe.

Le jardin botanique, dont la direction lui était confiée , passait pour une des merveilles du monde ; on y cultivait plus de six cents arbres ou arbustes de diverses contrées. Aussi Ceré pourvoyait-il les jardins d^Europe de toutes les produetiona des tit>pique8| la collection de plantes qu'il envoya, en 1782 , à l'empereur d'Allemagne, était la plus riche qui fût venue jusqu'alors des pays chauds. Ceré accueillait avec tMenveiUanea le» voyageurs, les nat»ralistes; facilitait lems reoberohee, et les aidait de tous ses moyens ; il était en correspondance suivie avec plusieurs savants \ il envoya à Buffon , à Daubenton , à Thonin, et à la Société d'agriculture de Paria» un grand nombre de mémoires. Cette société lui décerna, en 1788, une médaille d'or; elle fit imprimer , dans son recueil de 1789, un mémoire de lui, sur ddhÊTê 4$ âfiHneê MfiéÇB» d^ rte é tlk de Frfinç0. Piapoléon, par un décret daté d'Austerlitz , lui confirma le titre de directeur du jardin botanique de l'Ile de France , et lui accorda une pension de six cents fipanea» Ce savant modeste et bienfaisant est mort le 2 mai 1810, à aoiianta ot douze ans.

CÉBÉA. (combat de). Voyez àdi&x (campagne deT), 1. 1, p. lon.

. CiBiMOfriAL. Aucun document ne nous apprend qu'il y ait eu rien de semblable en France sôus la première race , à moins qu'il ne faille considérer flomnennoérémonial les présenta qna kagBuideétaieBitMMiaiyQeîr

M àtm Wjmàs. ' dm,

lorsqu'il présidait les assemblées na- rendre, et. une foule d'autres détails tionales, appelées champs de mars et qui annoncent que, dans ce tempschamps de mai. Msàs les Carlovin- la, l'étiquette était fort pointilleuse, ^iens, devenus plus puissants que ne Henri III, dont on a dit que son sul'avaient été leurs prédécesseurs , et prême bonheur était de faire le roi , et adoptant d'une manière plus large les qui s'y entendait fort bien , ajouta beauusages des Bomains, rétsUirent , dans coap au cérémonial, dont il possédait le but de rehausser leur dignité et de si bien la science, que c'était toujours l'environner de quelque prestiî^e , les lui que l'on consultait dans les cas épirègles instituées par les empereurs; neux , et que ses décisions, toujours et ils filèrent la manière dont on de- iustes , devinrent plus tard articles de vait se présenterderant eux; l'attitude lois dans le eéiémonial français. Il l'on devait garder quand on leur dressa un règlement pour ceux auxadressait la parole; la place qui devait quels il accordait l'entrée de sa chamleur être réservée dans les cérémonies bre et de son cabinet, et fixa les heures publiques ; les honneurs auxquels ils où il leur était permis de jouir de cette a?aient droit quand ils apparaissaient imor. H preserivit un ordre pour le au dehors, ou parcouraient leurs Ëtats; service de sa bouche, pour la proviles titres qu'on devait leur donner, etc. sion et l'emploi de ses officiers; il Ce fut principalement depuis Charle- fixa les termes que l'on devait emmagne que ce qu'on appela le céréuio- plover en lui adressant la parole; niai se eonstftua et devint, ane le annn, le 3 janvier iSSS , il créa on oftemps , une espèce de science qn*il ne licier qui fut chargé de veiller au lut plus permis d'ignorer. maintien de ces règlements, et reçut Quand les fiefs , ainsi que les béné- le titre de grand maUre des cérémO' fices , eurent été rendus héréditaires, nies.

et que i chaque seigneur fut devenu Louis XIV ajouta' beaucoup au cé-

maître chez lui, il s'établit une rémonial,etill'etenditàtantd*actions,

multitude de petites cours qui eu- qu'à la cour il n'était pas une chose rent aussi leur cérémonial , et dans qui ne se fît ou ne se dît d'une malesquelles on imita autant qu'on le nière particulière, à laquelle on ne put ce qui se fiiisait à la cour du roi. pouvait manquer sous peine de dis- De ces cours, le cérémonial descendit grâce. Les parlements , comme autredans les châteaux; de là, dans la classe fois les députés des communes aux bourgeoise; et il forma graduelle- états généraux , ne pouvaient présenment cet ensemble de règles auxquelles, ter au roi leurs doléances qu'à genoux ; pour l'extérieur, le maintien , le dis- de remontrances , il n'en fut jamais COUTS, l'habillement, on est tenu de question sous son règne. Quand il se conformer, quand on appartient ou s'habillait, sa chemise devait iMisser qu'on veut appartenir à la bonne com- par plusieurs mains avant de lui arripagnie. A la cour, et relativement aux ver; un grand seigneur lui passait la personnes royales, ce code â appelle manche droite de son habit; un autre, rétiquetle. la manche gauche; un troisième lui Le cérémonial était déjà fort com- présentait son chapeau ; un quatrième, pliqué au quinzième siècle. On trouve, sa canne. Quand il entrait dans sa a la suite aes Mémoires de Sainte- Pa- chambre à coucher pour se mettre au laye sur la chevalerie, un travail très- ht, il était d'étiquette qu'un grand du curieux de la vicomtesse de Fumes , royaume portât devant lui un nougeolr intitulé: les Honneurs de la cour, pour l'éclairer. Enfin , le cérémonial , dans lequel sont expliqués la manière qui le saisissait le matin pour ne le dont les personnes qualifiées devaient lâcher que le soir, était un tyran dont se conduire en de nombreuses circons- il était la première victime , mais dont tances; les priviiégesquîleurétaientréo son orgueil lai fMsait supporter sans acrvés ; les bonnouzs qu'on devait )mt BMumure lès perpéKnelles exigenoes.

Le cérémonial 'ré^t aussi le rang étalaient des ootlnmes coaverts d*or,

que les ambassadeurs français devaient et des chapeaux chargés de plumes, on

tenir à l'égard des autres ambassadeurs avait prescrit aux derniers de se revê-

dansles cours étrangères, et aussi les tir de l'hal)it noir et du manteau de

égards qu'on devait leur accorder. Sur même couleur, que portent , dans les

ce douluc point , Louis XIV se montra anciens opéras-comiques , les bailHs de

intraitable. On sait comment, en 1 661, village.

à Toccasion d'une question de pré- Tant que dura la tourmente révoluséance soulevée à Londres, entre le tionnaire, la Convention nationale eut comte d'Estrades , son ambassadeur, autre chose à faire que de s'occuper et le baron de Batteville , ambassadeur d*étiquette. Quand on avait à célélver d'Espagne, il obtint de Ùl cour de Ma- une tete publique , on arrêtait un cédrid d'humbles excuses, et la déclara- rémonialpour lui donner de la splen* tion solennellement faite par le marquis deur et y maintenir le bon ordre. Cède la Fuentes , en présence de tout le tait , à proprement parler, une mesure corps diplomatique, que , partout , les de police dont il n'était plus question représentants ciii roi de France de-] le lendemain. Mais le Directoire et, valent avoir le pas sur ceux de Philip- après lui , le Consulat , établirent une pe III. On connaît également la ven- étiquette qui , à la vérité, fut d'abord

f;eance qu'il tira d'une insulte faite, peu gênante, parce qu'il ne fallait pas

'année suivante , au duc de Créqui , heurter les idées d'égalité qui étaient

son ambassadeur à Rome , par quel- encore pleines de vie. Ces idées-là firent

Ïiies soldats corses, et la pyramide qui, aussi d'abord reculer u n moment Napo* urant cinq ans, attesài Toutrage et, léon lui-même , qui disait, cependant, la réparation. ' au'il ne voulait pas qu'on vînt lui Pendant la régence , la familiarité , frapper sur l'épaule et lui manger née d'une communauté de corruption dans la main. Mais , après son couet de mauvaises mceurSfConfonditpre»» ronnement, il ressuscita les vieux que tous les rangs, et porta de graves usages de la monarchie; et, une fois atteintes au cérémonial. Louis XV, à l'ouvrage, il n'oublia rien ; son code, après sa majorité , le raviva dans les placé sous l'autorité d'un grand maître grandes occasions , mais l'oublia près- des cérémonies, d'un introducteur des que toujours dans ses petits apparte- ambassadeurs , et de plusieurs officiers ments. ▲ Tavénement de Louis XVI , à leurs ordres , fut aussi complet qu'il la jeune reine, accoutumée à la vie pouvait l'être, presque bourgeoise de la maison d'Au- Comme on le pense bien , la restautriche, et trouvant le cérémonial in* ration maintint tout ce qu'elle trouva supportable , le frappa presque de ri* établi sur ce point; elle y ajouta même, dieule , au grand scandale et désespoir et comme s'il eût nilu absolument que de madame de Noailles, qu'elle appe- le cérémonial monarchique fût, dans \diit mcuiame Étiquette. H^éanmo'ins, le tous les temps, une insuite faite au cérémonial fut maintenu d'une manière peuple, à l'ouverture de chaque seshumiliante pour la nation, en une sion législative, le roi invitait les

frave et solennelle ctroonstance. Lors pairs à s'asseoir, et permettait, par

e la première séance des derniers rorgane de son chancelier, aux oépu*

états généraux , le 5 mai 1789, tandis tés des départements d'en faire au-

que les députés du clergé et de la no- tant.

blesse avaient , pour se rendre au lieu Depuis la révolution de juillet , le

de l'assemblée, de larges portes, et cérémonial a subi beaucoup de nioîdi-

étaient à couvert , ceux du tiers état, fications, et on Ta dépouille de tout ce

les véritables représentants du peuple, qu'il avait d'humiliant et de servile. Il

n'avaient qu'un couloir étroit , ouvert serait trop long d'exposer ici en quoi

à la pluie qui tombait, ce jour-là, avec il consiste encore; nous nous borne*

abondance; tandis que les premiers rons à dire qu'il se réduit à des mar*

ques de déférence et à de$ pplitesses néoenaire» jutm eoneilier àTautorité la considération dont elle a besoin.

Les harangues ont toujours fait et elles font encore la partie principale du cérémonial. A la moindre circonstance, Icp roit font condamnés à robif las' df^ur» da tous les grands corps de rÉtat, et, quand ils voyaî?ent , la prose ou la poésie du maire et des principaux magistrats de toutes les villes qu'ils traversent. Cétait, de toutes les obligations du métier de roi, la- plus pénible pour Henri IV, qui attribuait, en riant, la blancheur précoce de sa barbe aux nombreuses harangues dont ii avait été assaiUi dans le cours de as vie.

CbbbHonies publiques. — L'histoire des cérémonies publiques est une partie importante de l'histoire générale d'un peuple. C'est en effet dansles grandes solennités ooe se manifestent les sentiments populaires, que se prennent les grandes résolutions et que s'accomplissent les principaux actes de la vie d'une nation. A ce titre, les cérémonies publiaues , religieoses oa politiques, méritent toute Tattention de l'historien ; mais les détails sont tout , dans un pareil sujet; ime histoire générale des cérémonies publiques serait Immense si elle était traitâ avec les développements nécessaires; réduite à de petites dimensions, elle offrirait peu d'intérêt. Il nous a paru plus convenable de traiter de chaque espèce de cérémonie publique dans an article spécial. Nous renvoyons donc nos lecteurs aux articles 'CouBONNE MENT, Champ de mars et de mai , Or-

VEBTUBE DES ETATS GÉPiBfiAUX ET DES CHAMBBES, FÉD^ATION, FO^ IliBAILLBS DBS B018 BT DBS GBAllDt

ciTOYEîvs, Messes du Saint -Esprit, Panthéon, Revues, Sacres, TiiiOMPiiES, et surtout a l'article FjItbs hàtiobales bt bublîques.

CftBBT, C^retem, CeriHchmj petite et très-ancienne ville duRoussiilon, àujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département des Pyrénées-Orientales, a 31 kil. de Perpignan. Située au îM des Pyrénées, à peu 4e éistiiiee

des frontières d'Espagne, Çéret est prindpalcnient connue dans rnistoiré pour avoir servi de rendez-vous aux commissaires qui, en 1660, fixèrent les limites des deux royaumes. Sa population est aujourd'hui de 3,2ôl hab.

Elle posMe un tribunal de première instance et un collège communal.

CÉBET (affaire du pont de). Le général Dugonunier, en réorganisant, avec une admirable activité, l'armée dès Pyrénées, qui était tombée dans le plus ^rand délabrement , ramenait la victoire sous nos drapeaux. Le 1**" mai 1794, les ouvrages du pont de Céret furent emportés. Le camp de Boulou, où les Espagnols s'étaient retranchés d'une manière formidable, ftit enlevé, et l'ennemi, en pleine déroute, laissant quinze cents prisonniers, cent quarante canons et d'immenses bagages, se hâta de battre en retraite pour secourir ses fh>ntières menacées. [Voy.

t. III, p. 506 et suiv., l'art. Bovlou (combat du camp de)].

CÉBÉTBius , ou plutôt Kerth- (*)« (^bef Gaulois, commandant l'aile gauche de fermée qui envahit la Macédoine, l'an 281 avant J. C, fut chargé par le Brenn d'entrer dans la Thrace et de la saccager, pour passer ensuite dans le nord du royaume de Ptdémée. Cette division j resta occupée à combattre on à piller, et s'y réunit, Tannée suivante» MI handCB de Léon a r et de Luthar.

Cebfroid. Cervus frUfidttë, ancien prieuré de Tordre des Mathurfaia , à 5 kil. de la Ferlé-Milon, dans f ancien Valois , aujourd'hui département de l'Aisne. C'était la maison chef^ltrdr^ et la résidence du général.

CÉBiONOLBS (bataille de). Ferdinand le Gatholi<)ue et Louis XII avaient entrepris la conquête du royaume de Naples. Mais après la victoire, ils s'étaient brouilles au sujet du partage.

La querelle fiit vidée a Cérigooles (28 avril ie08). Oonsalve de Cordooe mSX sous ses ordres une armée d'Esjpegnoi9 fui ▼enait d'être renforcée

(*) Certh célèbre : certhwiz gloire. Qwen's

WibhdiptiMni. ^

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Mtr ém mitti jLHemandt. Le due de Ifemours commandait l*acmée française, composée de cinq cents lances, quinze cents chevau-légers et quatre mille fantassins. La chaleur était déjà eioeMtfe dans l«8 plainwdalaPooille, et les vents soulevaleot à iihaque instant d'épais nuages de poussière. Les Espafçnols, arrives les premiers, se retranchèrent derrière un large fossé; Bar le bord de ce fossé, ils avaient construit un nmpart , et ils avaient placé des canons en batterie. Le duc de Nemours, qui commandait l'atln- (jue, fut tout à coup arrêté par ce fossé, dont il II avait pas soupçonné l'existenoe; et comme il le lonj^ealt pour chercher un passage , il fut atteint d'une balle qui le tua. Plusieurs généraux qui lui succédèrent dans le commandement eurent le même sort. En moins d*iiiie dmoi-heore, Tarmée fran*çaise perdit près de trois mlile liommes. Ses bagages tombèrent entre les mains du vainqueur, et Gonzalve de Cordoue demeura seul maître du royaume de iNaples, qui continua à ftire partie de la monarchie espagnole

Sendant tout le seizième et tout le ix-septième siècle.

CÉiusArvTES (Marc Duncan de), naquit a Saumur vers Tan 1600, d'un centîlbomme écossais qui s'y était établi. Après avoir été précepteur da' marquis de Fors , et l'avoir accompagné a la bataille de Thionvilie en 1639, et au siège d'Arras, où son élève fut tué, il alla chercher fortune auprès de la reine Christine, et Alt député en iFrance, comme ambassadeur de Suède, auprès du cardinal Mazarin. Mais sa conduite légère et imprudente le fit bientôt rappeler. Il erra ensuite de contrées ep eontrées, se rendif à Cons* tantinople, et alla enfin joindre le duc de Guise, qui s'était mis àlatéte de l'insurrection de Naples. Il déploya dans cette guerre la plus grande bravoure, età qne attaque générale de tous les postes espagnols, il reçut au talon une blessure dont il mouràt Quelques jours après, en 1648.

■ Cebise (affaire de). Le 1*' août 1795, une colonne de quinze cents Piémoa-

iCB. ' JCK» M

laii résolut dhÉta^n* edr plubiems

points la lijo^ne occupée par la division de gauche de l'armée d'Italie, aux ordres du général Serrurier. Favorisés par la nuit , la neige , et surtout un dpais brooillard , ils passèrent par le col de la Pierre-Étroite, s'appÉMwrent du poste de Cerise, défendu par quelques hommes, l'emportèrent, et poursuivirent leur marche vers les postes de San Martino et de Lantosea, quils atteignirent vers minuit. Aussitôt Sefw rurier iit battre la générale, et en cinq minutes les trois cents hommes qui composaient ce cantonnement furent réunis. Quoique accablés par le nom* tee, quâque pressés de toutes parts au point d'avoir à peine Tespaee né^ cessa ire pour charger leurs armes et les tirer, les républicains, par leur contenance inébranlable , finirent par lasser l'ennemi et psr le eontraindie à opérer sa retraite. Ralliés sur les hauteurs voi.^ines , les Piémontais songeaient à revenir à la charge, lorsque, vers six heures du matin, les Français les aperçurent. Ils demandent à grands eris cpi*6n les mène contre. eut ; Serrurier y consent; ils gravissent alors la mnntnî;ne au pas décharge, culbutent 1 ennemi, et le repoussent jusqu'à Cerise. Vainement voulut-il s'arrêter dans ce poste et ▼ feire quelque résistance, il fut eoibuté de nouveau et complètement mis en déroute , après avoir perdu un assez grand nombre de morts et de blessés, plusieurs centaines de prisonniers, et beaucoup de fbsils.

Cerisiers (le P.), jésuite, né à Nantes en 1603 , fut conseiller et aumônier de Louis XIV. 11 a laissé un ^rand nombre d'ouvrages historiques et ascétiques; mais on en fait , en général peu de cas. Vlnnocence recon^ nup , ou Fk de sainte Genetfiéve de Brahant, Paris, 1647, în-è', est la seule production de Cerisier^ qu'on lise encore aujourd'hui.

CÉBisoLss (bataille de). La bataille deCérisoles fut livrée le 14 avril entre le duc d'Enghien et le marquis delGuasto, générai! de Charles-Quint.

Ou comptait dans l'armée fran^se uu

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grand nombre déjeunes seigneurs avides de signaler leur valeur : Saint- André, Dampierre, Gaspard de Coiigny, les trois frères Banni vet , d*£scars , Rochefort. Le marquis del Guasto avait occupé les hauteurs qui dominaient le champ de bataille. Aussi le combat avait-il commeocé par des escarmouches entre les arquebusiers des deux armées, lorsque tout à coup les lansquenets impériaux, au nombre de neuf mille , descendirent de la colline pour attaquer les Suisses qui leur étaient oppcMiés. Les Suisses soutinrent ce redoutable clioc ; ils étaient seeondte par un corps de Gascons, et soutenus en outre par les jeunes seigneurs , oui ciierchaieut à se surpasser les uns les autres. En même temps le sire de Boutièies, à la téte de la gendarmerie française, cuihutait la cavalerie impériale, et la repoussait sur la colonne allemande. Les lansquenets, entauies de toutes parts, se débandèrent, et le marquis del Guasto fût entratnîé dans leur déroute. Cependant , à son aile gauche, ses vieilles bandes espagnoles n'avaient point perdu l'avantage; Tinfanterie italienne et provençale de Tarmée française avait fui devant elles, et tout l'effort du comte d'Enghien s'était porté dès lors de ce côté. Deux fois emporté par son impétueuse valeur, il avait traversé de part en part ces épais bataillons; mais dans ces deux cnar»

^es, rélite de sa cavalerie était tombée a ses côtés; les plis du terrain lui dérobant le reste de son armée, il la croyait tout entière en fuite, et ne songeait plus , avec la poignée de brayes qui l'entouraient , qu'à vendre chèrement sa vie , lorsque parut le corps de bataille , victorieux des lansquenets.

L'infanterie espagnole recula à ce coup, et le comte d^Eoghien se lança à sa poursuite. Le carnage fut éfiouvantable: les Suisses, qui avaient a exercer contre les Espagnols de sanglantes représailles, ne firent aucun uuartier.

XKi Bellay porte à douze mille nommes le nombre des morts de Tarmée ennemie. La victoire de Cerisoles facilita ,

2uelques mois plus tard, la conclusion e la paix de Crépy.

Cebway kn Dohmois, baronnie de l'ancien Dormois (aujourd'hui du département de la Marne), à 13 kil. de Sainte-Meneboold , érigée Bucoeasivement en comté et en marquisat.

Cernunnos , divinité gauloise , invoquée par les chasseurs , était représentée ayant de longues oreilles et deux cornes , dans chacune desquelles était passé un anneau. On a trouvé en 1701, dans l'église de Notre-Dame de Paris, un bas-relief qu'onsuppose être l'image de cette idole.

CÉBOPLASTiQUB. — L'origioe de la céroplastique ou de Tart de modeler en cire se perd dans la nuit des temps. Les Grecs et surtout les Romains la pratiquaient avec un grand succès; mais rhistoire de Tusage qu'ils en firent n'appartient pas à notre sujet; nous nous contenterons de renvoyer nos lecteurs à l'ouvrage de ^^ ichclhausen, intitulé les ^Applications de la céropla^tiçîteien alfemand); ils y trouveront tous les détails ou' ils pourront désirer sur cette partie de l'histoire de cet art.

Dans le moyen âge, la céroplastique eut le sort de tous les autres arts; elle fut négligée, et à peine conservée pour être appliquée aux cérémonies religieuses. On sait que les figures des saints étaient en cire. La céroplastique servait aussi aux opérations de la magie. On faisait de petites images de cire ressemblant, autant que possible, aux personnes que l'on naissait. On torturait ces images, on les perçait avec des aiguilles, on les faisait fonîlre au feu , et l'on se persuadait que l'original devait succomber aux mêmes tourments. Cette espèce de maléfice s'appelait envoûter. On le pratiqua jusqu'au dix-septième siècle, et l'on trouve daus l'histoire du seizième plusieurs &its qui prouvent combien Tusage en était alors fréquent.

Si la céroplastique n'avait eu que cette application, elle mériterait peu d'attirer notre attention; mais après avoir été an service des sorciers, elle passa à oduî de la science, et lui fut d*ua grand secours. Julio Zambo de Syracuse, habile anatomiste de la fin du dix-septième siècle, est le premier ar*

. CSE . fBAKCE^ iCBft M

•liste qui fit des préparations aaatomi-

3ues en cire. Ces préparations sont de éritabies chefs-d'œuvre. Dans le dixliuitième siècle, plusieurs Français rivalisèrent avee (es eéroplastistes ita* liens. Ainsi mademoiselle Biheron, morte en 1795» avait composé un cabinet extrêmement précieux , sur lequel •Yicq-d'Azyr lit, en 1777, un rapport trte-afantagei». Ce cabinet Ait acheté en grande partie par l'impératrice de Russie. Les préparations de Pinson sont encore conservées au musée d'hisjtoire naturelle. Bertrand s'occupa sur* tout de reproduire, sous la direction de Dessaoït, les faits pathologiques les plus remarquables; enfin Laumonier de Rouen et Sulzer de Strasbourg donnèrent, sous l'empire, à la céroplastique appliquée à ranatomie une p^fection qui depuis n'a pu être dépassée. Les collections les plus importantes de préparations en cire sont aujourd'hui le musée Dupuytren et le cabinet de Téoole de médecine à Paris. La céro- 'plastique a trouvé dans ces dernières années un concurrent redoutable dans l'art de la sculpture en carton-pierre, qui se prête mieux que la cire aux préparations qui exigent de la soljaité.

(Voyez Aratoxib, Auxoir, Gaaion-

PIEBBE.)

Cebutti (Antoine- Joseph- Joachim), né à Turin en 1738, élève des jésuites, et Jésuite lui-même, abjura plus tard les principes de son ordre, et devint

membre de l'Assemblée législative.

Ayant d'abord été nommé professeur à Lyon, il y défendit la société desjésuites avec beaucoup de zèle. En 1761 , il remporta un triple succès aux académies de Montauban , de Dijon et de Toulouse, sur ces trois propositions :

V Les vrais pUUsirs ne sont faits que pour la vertu, 1761 , iii-4*; T Moyens de s'opposer au duel, la ITaye, 1761, et Paris, 1791 , in-8°; Z"" Pourquoi les républiques modernes fleurissent-elles moins que Les républiques anciennes?

Ce dernier discours eut mène un honneur bien rare alors, celui d'être attribué à J.-J. Rousseau. Admis dans l'intimité de Stanislas de Pologne, duc de liOrraine, il publia , sous les yeux de ce

T. IT. 25* Livraison, (Dict. sngi

prince, typologie de t institut des Jésuites, 3 vol. in-12, 1762. Mais bientôt le procureur général lui intima l'ordre de venir abjurer les principes de la so- ^été qu'il avait défendue avec tant d'énergie, et Cerutti se soumit. Après avoir signé le serment prescrit, il demanda, dit-on, froidement : « Y a-t-il encore quelque chose à signer ? — Oui , répondit le magistrat, le Corm; mais .

je ne l'ai pas chez moi. Placé par Sta* nislas auprès du dauphin, son petitfils, Cerutti ne fut point exempt de la contagion de la cour; il se trouva pauvre avec plus de dix mille livres de rente; et il conçut pour une grande dame une passion'énergique et durable, qui, en altérant sa santé, paralysa pendant quinze années ses facultés morales. Retiré à Fleville, près de Nancy, chez la duchesse de Brancas, il reçut de cette dame les plus douces consolations.

La révolution était imminente; mais les idées de Cerutti avaient subi de grandes modifications. Il publia, en 1 788, sous le voile de l'anonyme, sonA/enwire pour le peuple françms , in-S".

I^ommé membre de l'administration deParis et député à l'assemblée législative, on le vit dans la FeuHle viUa^ geoîse, depuis continuée par Grouvelle et Ginguené, mettre à la portée des habitants de la campagne les doctrines de la morale et de la hberté.- Mirabeau avait beaucoup de considération pour lui; il l'admit du moins au nombre de ses collaborateurs, et ce fut Cerutti

Îui prononça son oraison funèbre, l'excès du travail contribua à sa mort, arrivée le 3 février 1792; et son nom fut donné à une rue de Paris ( la rue d'Artois, aujourd'hui rue Laffitte).

Ceaveaa (combat et prise de). — Le maréchal Macdonald, qui devait, de concert avec le général Sucbet , assiéger Tortose (septembre 1810) , n'ayant pas encore pu réunir le niatcriel nécessaire pour cette opération , se vit forcé, pour sûre subsister ses troupes , de les porter vers la petite ville de Cervera, et de les cantonner dans les plaines fertiles qui l'environnent. Le 5 , son avant-garde rencontra quelques déta-

CJB&

cheneiitft é» cavalerie espagnole. Les

chasseurs napolitains qui marchaient en tête de la colonne française les culbutent du premier choc; mais pendant qu'ils s'abandonnent avec une ardeur inconsidérée à leur poursuite , les dra* gons de San-Yago placés en embuscade fondent sur eux, les mettent en désordre et en font un grand carnage.

.Le duc de Tarente ordonne aussitôt an colonel Delort de se porter en avant avec son régiment de dragons.

La cavalerie espagnole, forte de six cents hommes, venait de sortir de son embuscade 2 et s'était rangée en bataille à droite et à gaucbe de la route; Delort déploie son régiment sur une ligne parallèle à celle des Espagnols et donne le signal de Tattaque; les escadrons ennemis abandonnent leur position et battent en retraite. Delort se lance à leur snite, et les culbute au moment on ils faisaient volte-face pour combattre. Mis dans une complète déroute, les Espagnols essayent de se rallier près de Cervera , mais ils sont de nouveau chargés et de nouveau culbutés. Pendant que le' chef d'escarlron Brejeant les disperse, Delort pénètre dans Cerv era, et poursuit un corps d'infanterie et de cavalerie, qui , abandonnant la ville, se retirait par la grande route. Ce corps fut sabré ou mis en déroute et forcé de se réfugier dans les montagnes. Le soir, Macdonald établit son quartier général à Cervera. L'ambulance et les munitions de Tennemi étaient tombées au pouvoir des Français. Presque tous les chasseurs napolitains qui , dans Téchauffourée du matin, avaient été pris par les dragons de San-Yago, furent arrachés de leurs mains et remis en liberté.

Cervolles (Arnautde), surnommé Vyirchiprétrey fameux clief de bandes du quatorzième siècle, était né dans le Périgord, de la noble famille du cardinal de Talleyrand, et quoique séculier, il possédait Parchiprêtrise de Vernia. Cervolles apparaît pour la j)remière fois à la bataille de Poitiers (1356). Blessé et fait prisonnier avec le roi Jean, i! fut racheté par ce prince et revint en France i*année suivante^

Les previnoek, à peine débarrassée»

par une trêve des ravages de l'Anglais , étaient alors la proie des terribles compagnies (voyez ce mot). Pendant que les Navarrais infestaient la Norfliandie, que Je Gallois Griffith pillait le pays entre*'Seine et Loire, Cervolles rassembla une troupe encore plus nombreuse, et se dirigea vers le midi. A la téle de deux mille cavaliers, il pasib le pont de Sorgue, et se rua avec Aireur sur la Provence, que gouvernait, pour la reine Jeanne (Je tapies, Philippe de Tarente. De là, il marcha sur Avignon. Jnnocent VI, tremblant de terreur, arma nuit et jour ses famitiertf, et écrivit au roi Jean, captif à Londres, pour le supplier de réprimer les sujets français et dauphinois qui ravageaient ses terres , et semblaient même montrer plus d'acharnement contre les personnes et les propriétés des ecclésiastiques que contre toutes les autres.

" Cependant , dit Froissard , quand cil archiprétre et ses gens eurent pillé et Tobé tout le pays , le pape et le collège, qui pas n'éloient assur, firent traiter devers l'archiprétre; et vint sur bonne composition en Avignon et la plus grand' partie de ses gens; et fut aussi revéremment reçu comme s'il edt été (ils au roi de France , et dina par plusieurs fois au palnis de-lez le pape et les cardinaux; et lui furent pardonnés tous ses péchés, et au partir, lui lit délivrer quarante mille écus pour départir à ses compagnons. Si s*espartirent ces genslà ; mais toujours tenoient-ils la route dudit archiprêtre. » Cervolles se jeta ensuite sur la Bourgogne; mais il irentra , en 1 S58 , dans la Provence , déjà épuisée depuis dix-sept mois par les brigandagiïs de la compagnie de la Rose, et s'empara de la ville d'Aix; car « ainsi etoit le royaume de France, de tous lez pillé et dérobé, ni on ne savoit de quelle part dtevanoiir que on ne fût rue sus(*).» En 1359, nous retrouvons notre chef de brigands au service du dauphin régent, et décoré du titre de lieutenamt général dans le Berri et le Nivernais. Après le traité

(*) Froisiard , t m, p. S?^.

CJMl

de Bréauigny (1800)* U miMiiilila l«6

bandes licenciées, et forma la compaanie blanche j ainsi appelée d'une croix blanche que ces nouveaux routiers portaient sur Tépaule. Arnaut, à leur téte, jolj^nant ses ravages à ceux 4a la peste, pilla les environs de Laii|ras, Lyon, Nevers, s'empara de plusieurs places, et força le comte de Nevers à négocier. Le traité, conclu au mois de février I36i, tut ratifié par le roi* Cette fois, Tarchiprétre parut venir à.

résipiscence; il resta fidèle à ses engagements; car il commandait Pavant-

Sardede Tarmée royale, oui fut battue Brignay, par les iaravmus, le % avril 1361 ; « et fut, dit Froissard, un bon chevalier, il vaillamment se combattit; mais il fut si entrepris et si mené par force d'armes , qu'il fut durement navré et blécé et retenu à prison , et plusieurs chevaliers et écuyers de sa route. » Mais il ne resta pas longtemps entre les mains des tardveous; car, en 1362, il épousa Jeanne* fille et héritière de Jean m, seigneur de Château-Villain. En 1983, on le re* trouve à la tête des aventuriers bretons, qui prêtaient leur secoues au comte de Vaudemont, contre Jean, duc de lArraine. Il ne se fit fiuite «to sae- Ga0er oette province et tout le pays Messin, qu'il lâcha enfin moyennant une forte rançon, pour se rejeter sur la Bourgogne et la Champagne. Il servit ensuite dans l'année deftiiiippe le Hardi, Bouvellenient créé duc de Bourgogne par le roi Jean, son père, puis dans celle que Charles V envoya en Normandie pour ravager les domaines du nAda Jlavam. X la bataille de Codieral, il commandait le a* corps des troupes royales composé des Bourguignons. Arnaut se mit quelque temps apre^» a la tete des seigneurs bourgui-

r os , et las uondttisit contra le eomte Monthéliard, qui avait envahi la Bourgogne. Il l'obligea à se retirer de l'autre coté du Rhin, entra dans son fomté* et y mit tout à feu et à sang. U prtta alflif au duc Philippe une somme da deux mille cinq cents livres en or (car au métier qu'il faisait il ne manquait da nelMsses) , ot 1» otal*

teau de Vesopes lui fut remis en gage^ Gui de Pontallier, maréchal de Bourgogne, et le bailli d'Autun se portant cautions. Chambellan de Charles V ei^ 1365, il s'offrit à conduire les çompa^ ffiliei à la croisade contre les Turcs, et, se dirigeant vers la Hongrie, \\ partit pour la Lorraine avec ses brigaodSt 11 traversa la Ciiampagne et le duché d[e Bar, pillant villes et villages , recruta en route une foule d*aventu<* rjers , et se trouva à la téte d'une armée formidable, lorsqu'il arriva devant Metz. Les Allemands, justement épou»

vantés , se fortiCèrent , et se mirent en devoir de l'arrêter au passage du Rhin* Alors, il ravagea l'Alsace. Mais les paysans de cette belliqueuse province prirent les armes et lui ûrent éprouver plusieurs échecs. Chassé, traqué de toutes parts, il ramena sa troupe en Ërance (1365), et y fat tué peu do temps après par un de ses serviteurs (*). (Voyez Bandes militaires, Bba- BANCONSi Bbionais (bataille de), Cum* PAeims Qirandes), GorcBmBAnx et

ROUTIBBS.)

Ckbvont (Jean-Baptiste) fut l'un des étrangers qui se sont le plus distingués par leur bravoure et leurs talents dans les armésa de la France, Né m 1768, à Soaria a» Sardaigne, il antm très-jeune au service, se retira, et y rentra en 1792, avec le grade de souslieutenant de cavalerie. Bientôt après, il fut lilitadfudant général, se distingua au siège de Toulon, reçut comme ré< compense le grade de général de brigade, et se rendit à l'armée d'Italie, où sa bravoure lui mérita les éloges de Dnmerbioii et de Masiéna. Ce fiit aurtout à l'attaque du pont de Lodi qu'il • se distingua : l'artillerie d es Autrichiens faisait d'épouvantables ravages dans nos rangs; nos soldats hésitaient à fÎNinchir le pont; Cervoni, Dupas, Lannes et Aogeréau, a*élancent a fai tête des colonnes, et entraînent à leur suite les troupes electrisées par cet acte de bravoure. Cervoni continua ensuite de combattre à l'armée de

(<) YliaRim. poDtif., p.

CBS LUMIVERS. CET

Rome, et fut chargé, après l'occupation de cette ville, d'annoiioer au pape que la métropole de la chrétienté n^était plus qu'une ville de l*empire français. Apres avoir institué le gouvernement provisoire, il fut nommé au cominaDdenient de différeotes divisf ons militaires; mais il renonça bientôt aux fonctions administratives, et rejoignit l'armée en qualité de chef d'étatmajor du maréchal Lannes. Toutefois , jl n'exerça pas longtemps ces importantes fonctions, et fut tué à la bataille d'Eckmùhl, le 23 avril 1809.

CÉSAïKE (saint) naquit à Châlonsur-Saône en 470, d'une famille noble et célèbre pour sa piété. Il montra dès ]*enfance de grandes dispositions pour la vie ecclésiastique, et attira sur lui Tattention de i'évéque de Châlon, saint Silvestre, qui le tonsura en 488. Gésaire alla ensuite achever son éducation dans le monastère de Lérins, et il s'y rendit célèbre par ses austérités et par son aptitude pour la prédication et pour renseignement. Mais * bientôt accablé de fatigues, et sentant sa santé dépérir de jour en jour, il fut forcé de se retirer à Arles pour se reposer et reprendre des forces. Il fut éhi éf éque de cette ville en 501 , au milieu des acclamations du peuple, et malgré ses répuc:nances. Pendant quarante et un ans qu'il occupa ce siège, il fut le plus distingué et le ^us influent des évéques de la Gaule méridionale. Il bfttit un hospice, fonda un monastère de filles, lit Heurir les études dans le clergé, rétablit la discipline ecclésiastique, et poursuivit avec vigueur l'arianisme des Ootbs et le semi-pélagianisme. Il p^résida et dirigea les principaux conciles de cette époque, les conciles d'Agde en 606; d'Arles en 524, de Carpentras en 637, d'Orange en 6S9. Comme ennemi de l'arianisme, saint Gésaire fut calomnié auprès des rois goths. Il fut exilé deux fois, en 505, par Alaric, roi des Wisi^oths, et en âl3, par Théodorie,- roi desOstrogoths. On rao* cusait d^étre partisan des Francs et des Bourguignons. Cependant il ne tarda pas a être cendu a son diocèseï

où il était adoré et qu'il gouverna jusqu'en 542, époque de sa mort. Il nous

reste de lui cent trente sermons traitant presque tous de morale religieuse.

Son éloquence est simple, douce, pleine d'images tirées de la vie commune, et faites pour IMntelligence du peuple auquel il s'adressait. M. Ampère , dans son Histoire littéraire delà France , et M. Guizot , dans son cours d'histoire moderne , en ont cité plusieurs fragments remarquables.

■ CbssABT (L.-A. de^ , ingénieur, né à Paris en 1719. Il embrassa d'abord la carrière militaire , et se distingua aux batailles de Fontenoi et de Rocoux ; mais le délabrement de sa santé . le força bientôt à changer d'état , et il entra à l'école des ponts et chaussées. 11 fut, en 1751, nommé ingénieur de la généralité de Tours; et, de concert avec l'ingénieur en chef, de Voglie, il construisit le beau pont de Saumur, ' dont les piles furent fondées par caissons, sans épuisement ni batardeaux; invention hardie que Cessart emplojra le premier en France, après l'avoir perfectionnée. Nommé, en Ï775, ingénieur en chef de la généralité de Koueu, il fut chargé, en 1781 , de la direction des travimx de Cherbourg , où Ton voulait construireun môle d'une lieue de largeur à une lieue au large (voy. Cherbourg). Mais une économie mesquine empêcha les beaux pians de l'ingénieur d'avoir tout le succès , qu'on devait en attendre. Cessart est mort en 180G; M. Dubois d'Arnen ville a publié ses manuscrits sous ce titre : Description des travcuix hydrauliques de L,'A, de Cessoft , owrage imprtmé sur les manuscrits de l'auteurfFwnBy 1806 et 1809, 2 vol. in-4\

Cette , ou plutôt Sète. — L'ancienne localité appelée Sitius mous, SetUun prowunkMfium , sinov ôpo^ par Strabon et J?to\émée, Sita, dans un diplôme de Louis le Débonnaire, de l'an 837, s'élevait à une petite distance de la ville moderne de Cette, sur un promontohre formant, à l'orient , la limite du territoire de Narbonne. Au sixième siècle , les Francs et les Visigoths s'en disputèrent plusieurs ibisiapoiuession.

La vflto niodenie m fiit bAlie qu'en iHM; el le port, sur la Méditerranée , fut seulement achevé en 1678. Une médaille frappée lors de sa fondation , en l'honneur de Louis XIV, portait cette légende : Tutim I» impoHi»oto ttUore porium struxtt. Ces paroles eussent été bien plus convenablement appliquées à la province du Languedoc , qui supporta une partie de la dépense, et paya aninidleDient une soniine^e quarante-cinq mille livres pour le creusage du port. Le roi , pour favoriser Taccroissement de la ptopulation de Cette , accorda des privilèges à ceux

3ul Tinrent ify étabinr. La juridiction e cette ville appartenait autrefois à révêque d'Af^de, qui en était prieur et seigneur. Elle est aujourd'hui chef-lieu le canton du département de l'Hérault.

Sa population est de f0,6t6 habitants.

Cbva (combat et prise de). — Trois . jours après la bataille de Montenote , Augereau partit, le 26 avril 1796, de Montezemo pour attaquer les redoutes qui défendaient rapproche du camp'de Céva , où se trouvaient huit mille Piémontais commandés par Colli. Les coionnes des généraux Bayraud et Joubert s'y battirent tout le jour, et se rendirent maltresses du plus grand nombre des redoutes. Enfin, les Piémontais , voyant leur camp tourné vers Castellino , évacuèrent pendant la nuit cette position. Le général Serrurier entra le lendemain matin dans Céva, et fit sur-le-champ l'investissement de la citadelle, qui conservait une garnison de sept à huit cents hommes , et qui, dix jours après , lui fut livrée en vertu d'un armistice signé à Chérasoo.

CÉvENNEs, en latin Cehenjiœ, en rec Kéixiievov 6po; , chaîne de montagnes u Languedoc, qui donnent leur nom à la oontrée environnante, et plus spécialement à l'ancien diocèse d Alais, et à une partie des diocèses d'Uzès et de Menoe. Leur longueur est d'environ vingt-trois myriamètres; elles s'étendent depuis le commencement des montagnes noires jusqu'à la source de l'Allier. Lors des guerres des Albigeois , les Cévennes , comme les vallées tiu Piémont , furent l'asile d'un grand

NCE. «S t«80

' nombre d'hérétiques, ani^els , pendant trois siècles, l'inquisition ne laissa pas un instant de repos. Ces malheureux ne furent pas non plus épargnés lors des massacres de la Saint- Barmélemy ; sous Louis Xm , de nombreuses scènes sanglantes se passèrent dans les villes cévenoles, entre les calvinistes et les catholiques; enfin sous Louis XIV, eut lieu, en 1652,1a prise d'armes, appelée guerre de fVaUty suscitée par le comte de Rieux , qui , de son autorité privée, avait résolu d'extirper entièrement l'hérésie dans le Vivarais : à partir de ce moment, et avant hi révocation de Tédit de Nantes, des persécutions commencèrent contre les protestants de ces contrées.

Ainsi , en 1681, on eut recours à ce que l'on nommait alors Les missions bottées de Louvois; ces missions consistaient en différents corps de troupes qu'on envoyait dans les provinces oii il y avait le plus de réformés, et qu'on logeait à discrétion chez les religionnaires, jusqu'à ce que ceux-d se fussent convertis. Puis vinrent IesZ>ra5ron7UMfe5,qui provoquèrent cette terrible guerre des Camisards que nous avons racontée ailleurs (voyez Ca.uisa.bds). Malgré le rétablissement •de la pan en 1711, les persécutions continuèrent; et un édit de 1724 multiplia les cas de galères pour les actes de protestantisme. L'intervalle de 1745 à 1750 fut encore marqué par de non»

velles dragonnades et de nombreuses arrestations dans le territoire d'Uzè.s ; maisce furent les dernières : des routes gueBasvilie, Viiiars etBerwick avaient laitpercerdaos lesCévennes facilitèrent les abords de ces montagnes ; tout en rendant impossibles les soulèvements des protestants, elles furent un bienfait pour le pays, et réparèrent un peu les souffrances qu'il avait â^rouvées pendant un demi-siècle. On peut consulter sur les guerres des Cévennes :

le Fanatisme renouvelé , 4 volumes in-12 , 1704 • 1706, par Louvreleuil; y Histoire des troubles des Cévennes, Paris, 8 volumes in-lS, 1760, par Court; 3*» Le vieux Cévenol, par Rabaud-Saint-Etienne , Paris, 1780.

C£Z£Li.i (Constance de) est une de

••û fiBZ

M béMfietlbaiintt rtoéontve ' iDiifreuif'iiiélétt à la màm soi k politique, aux époques les plus orageuses de notre histoire. Sortie d'une riche et ancienne famille de Montpellier, elle •avait épousé Barri da Saint-Amiei , . ai^piil Benri IV avait donné le §aitvernenient de Leucate en Languedoc.

C'était au temps de la ligue; Barri avait été chargé, en 1690, de communiquer de vive voix au duc de Montttorene^, gouyerneur du Languedoc , un projet que Henri IV n'avait pas voulu fui envoyer par écrit, de peur qu'il oe tombât entre les mains des eottemit* Il reiioontra un parti d^Espagnola qui le firent prisonnier, et se mirent aussitôt en marche vers le château de Leucate, assures (jue le gouverneur étant entre leurs mams, la place leur aérait immédiatement livrée. La noble Constance assemble alors la garnison et les habitants, elle leur fait jurer de se défendre jusqu'à la mort, et se met à leur tête une pique à la main. Son génénBux CKample anime les troupes, et •1m aiii^geants sont re'poussés partout où ils se présentent. Furieux d'une telle résistance, ils fout déclarer à Constance, que, si elle ne rend pas ia place, ils vontlaire pendre son mari. At> teadrie, mais non ébranlée, elle répond les yeux baignés de larmes : J'ai des biens consieSrables , je les ai ojjerts, et je les offre encore poui sa rançon; mMisje ne rachèterai pas par me Indigne lâcheté une vie dont il aurait honte de jouir. Les assiétieants eurent la barbarie d'exécuter leur menace. La garnison voulut user de représailles envers un ligueur qu'elle avait feit prisonnier ; Constance lui sauva la vie, se montrant ainsi aussi généreuse que vaillante. Henri IV, pénétré de tantde magnanimité, lui donna, en récompense, le brevet ae gouvernante de Leucate avec la survivance pour son fils.

Cbzio (combat de). Depuis un an le lieutenant général Suchet couvrait, avec une poignée de braves, les sommités des Alpes ; il protégeait nos départements méridionaux et défendait Je terrain pied 5 pied. Dix-huit nulle iULtricbienfi, conduits par Mêlas > atta-

CVA

quèrent, le 7 mai 1800« la eStttre le sa petite armée campée à San-Bartholo-

meo et Rezzo. Après un combat de cinq h«ures , ia brigade Cravey, qui avait repoussé trois fois l'ennemi à ta baïonnette, fut forcée sur les hauteurs de Césio, et le brave général Cravey succomba dans la mêlée. Nos faibles colonnes, coupées en plusieurs endroits, presque enveloppées , combattirent jusiju'à la nuit et parvinrent enfin à se retirer derrière la Taggia. Toutefois le général Suchet fut forcé d'évacuer Nice et de repasser le Var. Ces événements étaient afiligeants pour nos armes ; mais on todchait an moment où If apoléon, s'élançant du mont Saint-Bernard sur les plaines du Piémont, devait rappeler la victoire sous nos drapeaux, et délivrer nos frontières des insultes de nos ennemis.

CHABÂimAiSi ou SAtirc-QiTsifTm

DE Chabannats , petite ville de l'ancien Anpoumois, auj. du dép. de la Charente, à 16 kii. de Coiifolens. Cette ville a eu successivement les titres de baronnie , de comté , de principauté et de marquisat. Sa population est aujourd'hui de 1780 hab. C'est la patrie de Tancien ministre Dupont de l'Ëiitang.

Chabaniibb (ftmille de).— Cette noble et ancienne maison du Bourbonnais , déjà distinguée au neuvième siècle, a produit un assez grand nombre a*hommes remarquables. Sans remonter à une époque trop reculée, on peut citer Robert de Chabanivbs , mort à Azincourten 1415; /i7îpn77P,tuéaucombatde Crevanten 1423; Antoine, auteur de ia branche des comtes de Dammar- Un^ dont nous parlerons plus bas ; et Jttcquee grand maître de France en 1451, qui eut part à tous les faits d'armes de son temps, et mourut d'une blessure reçue à la bataille de Castillon , en 1453. L*un des fils de ce dernier, Gilbert i fîit la souche des marquis de Cwrton; Taîné , Geoffroi, seigneur de la Palice, chambellan du duc de Bourbon, eut pour (ils : Antoine, évéque du Puy, arrêté par ordre de François P% en 1598, comme eom* plice du connétable de Bourbon; /ean, seigneur de Yeodenesse, dont nous

«■A FRANGE^ 014

renvoyons la biograpliie après la stti« ?ante; et,«nrin , le fameux /ae^ues If, seigneur de la Palice. Jacques de la Palice versa son sang pour la France sous trois princes différents : Charles VIII , Louis XII et François Il ao* eompagnë Charles YIII en Italie, con* tribua à la conquête du royaume de Naples, et fut nommé lieutenant général de ce royaume , après la mort du comte d'Armagnac. Lorsque Louis Xn monta sur le trône, la Palice Faida à recouvrer le Milanais. Lorsqu'il était, enl502,commandantdelaplacedeRubos, il provoqua Gonzalve de Cordoue, qui jugea prudent de ne pas répondre à son défi ; oe qui fit dire à Mendoee : Heureux la FaRce! que PMtinand arec toute m pnis.mnrp^ qne Gonzalve avec foute son habileté j me paraissent petits auprès de toi! Mais l'année suivante j par nne fausse manœuvre de Nemours , que Gonzalve sut mettre à profit, la ville do Rubos fut dégarnie de troupes, et elle tomba nu pouvoir des Espagnols; la Palice , atteint à la téte d'un fer dé lance , fut &it prisonp nier. Comme la dtadelle tenait encore, Gonznlve le menaça de la mort, s'il ne donnait sur-le-cbamp à son lieutenant Tordre de rendre la citadelle. Conduit au pied des remparts , la Palice appelle son lieutenant : «iCormon, s*écrie-t-il, Gonzalve, que vous voyez,mcnace de m'ôler la vie, si vous ne vous rendez promptement. Mon ami. regardezmoi comme tm homme d^fà mort ; et si vous pouvez tenir jutqu'à Varrivée du duc de Nemours , faites votre devoir !n Cornion se défendit, la citadelle ne fut prise que d'assaut ; niais Goîisàlve n*exécuta pas sa menace ; il se borna à refuser toutes les offres qu'on lui fit pour la rançon du captif, qui ne fut en effet délivré que plus tard. T^ous n'en finirions pas , si nous voulions rapporter toutes les batailles où la PaUoesignala sa valeur etre^ut des blessures. L'empereur Maximilien lui donna de grandes marques d'estime au siège de Padoue ; il le regardait comme le meilleur des généraux français. En 161S , lorsque Nemours tomba sur le champ de bataille de Ravenne, toute

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l'année demande l'assaut « al la Palice

f)our général. Ravenne s'étaot rendue, a Pafice maîtrisa la fureur des troupes , et fit pendre le capitaine Jacquin , dont les soldats avaient commis des exeèi. Dans le mouvement île retraite qui suivit bientôt, il fit preuve d'une grande connaissance de la guerre. En 1513, après une expédition en Navarre, qui ne fut pas heureuse , il essuya un second échec à Guinegate , où Bayard , le duc de Longueville , Clermont d'Anjou et Bussy d'Amboise furent faits prisonniers; ce qui n'empêcba pas François V de le nommer maréchal de France en 1516, aussitôt après son avènement au trône. La Pah'ce fut un des héros de la bataille de Marignan , qui nous valut la conquête du Milanais. En 1521 , après une campagne de moindre importance dans les Pays-Bas ^ il retourna en Ita^ lie , où il assista à la malheureuse hantai Ile de la Bicoque, livrée par Lautrec, malgré ses représentations.

Bientôt après, il prit le commande* ment de l'armée qui battit les Espa»

gnols devant Fontarabie, et délivra cette place , qui était à la veille de succomber. En 1523, ce fut encore lui que François l*"" envoya combattre le connétable de Bourkion. L'année suivante, la Palice remporta, en Provence , de grands avantages contre cet illustre traître , qui prenait déjà le titre de comte de Provence. S'étant emparé d'Avignon , il contraignit le connétable à battre en retraite , l'atteignit au passaîîe du Var, tailla en pièces son arrière-garde, le rejeta en Italie, et le fit poursuivre jusque dans le comté de Nice. En 1535 , il se trouva à ki fatale journée de Pavie ; là encore, comme à la Bicôque, il fut d'avis de temporiser. Mais Bonnivet, Chabot, et quelques ieunes courtisans , firent encore prévaloir leur opinion sur celle des vieux capitaines; et François I*" résolut de livrer cette bataille, dont les résultats devaient être si funestes à la France. « La Palice, dit Brantôme, fit en ce jour d'aussi beaux combats que jamais il en avoit faits au plus beau de son âge.» Mais, entraîné

CÊÊÂ

ou

)âr la chute de son cheval, il fut lit prisonnier par un capitaine italien, nommé Castatdo. Un capitaine espagnol , qui survint , prétendit avoir sa part de la rançon, et, sur le refus de i'Itaiiea, il* tua le malheareax prisonnier d'un eou|> d'arquebuse à bout portant. Ainsi iinit la Palice , dont les talents militaires auraient encore pu être si utiles à la France , dans les terribles combats que Tambitlon de Charles- ' Quint lui préparait. Ainsi mourut ce guerrier, dont on a dit dans une sotte chanson , devenue populaire, à la honte de la nation française : Mon»

sieur de la PaUce est mort , il est mortiknuUadie, etc. . (Voy. Chants populaires). . Heureusement Brantôme a écrit sur lui une phrase qui peut faire oublier cette platitude:

« // ne pouvait mourir autrement, car qui a bon commencement a bonne fin. » Les Espagnols rappelaient el grand capitan de muchas guerras y victorias. Ce jugement d'un peuple ennemi, et peu frivole, pourrait à bon droit servir d'épitaphe à Jacques de la Palice.

Jean de Chajîannes, seigneur de Vendenesse. compagnon d'armes de , Bavard et oigne îrère du précédent, mérita, par sa bravoure, d'être surnommé le Petit-Lion. «Vandenesse, (lit Brantôme, étoit fort petit de corsage, mais très -grand de courage ; de sorte que , dans les vieux romans, on i'appeloit le Petit-Uo»,* A la journée d'Agnadel , il fit prisonnier le fameux général l'Alviane, et le

Krcsenta à Louis XII sur le champ de ataille. Il prit une grande part à la victoire de Marignan. Il fut roroé, en 1521, de rendre la ville de Como au général Pescaire , qui lui accorda une capitulation honorable. Mais la ville ayant été livrée au pillage, far une violation manifeste des conditions signées , Jean de Chabannes en fit demander raison au général ennemi , qui, après bien des tergiversations, prit l'engagement de se battre à la première suspension d'armes. La rencontre n'eut pas lieu, Vendenesse ayant

été tué peu de temps après, à la retraite de Rebec, en 1614. L'amiral

Bonuivet, qui commandait l'armée d'Italie , lui avait confié la garde de l'artillerie, en lui recommandant de bien la défendre. « Oui , dit-il , je vous « la garderai, je vous l'assure, tant que «je vivrai , ou j'y mourrai. x> Il soutenait , avec Bayard , tout l'effort des ennemis , lorsqu'ils tombèrent l'un et l'autre, mortellement blessés. Deux années auparavant, àlamaHienreasea^ faire de la Bicoque, Vendenesse s'était signalé par des prodiges de valeur.

Branche des seigneurs et marquis de

Curton,

Cette branche descend , comme nous l'avons dit, de GUbertde Cha£ài«n£s, qui fut grand sénécbal de Guyenne, gouverneur du Limousin, et mourut en 1493. Un de ses petits-fils, François, périt à la bataille de Pavie; l'autre, Joachim^ fut chevalier d'honneur de Catherine oe Médirîs , et mourut en 1669. Parmi ses fils, on trouve : Jean, tué à la bataille de Renti en 1553; François j souche des comtes de Saianesi Gabriel, souche des comtes de Pionzae^ François, comte de Rochefort, qui défit le comte de Randan à la bataille d'ïssoire, en 1590. Un des petits-fils de ce dernier, Gabriel, sei-

âneur de Chaumont, fut tué au siège e Bapaume; un autre, Christophe, fut père de Henri, qui se distingua à la bataille de Senet, et mourut en 1714. Jacques, fils de ce dernier, commanda, en 1719, la cavalerie de l'année du roi en Roussillon , servit en qualité de maréchal de camp en Allemagne, dans les campagnes de 173'1 et 1735, passa comme lieutenant général en Bohême, et mourut à Prague en

Branche des comtes de DammarUn*

Antoine de Gbabânhbs, comte de Dammartin , grand maître de France,

joua un rôle important sous les règnes de Charles VII et de Louis XI. D'ahord page du comte de Ventadour, puis du brave Lahire, il fit ses premieret armes contre les Anglais, au siège de Verneuil, et se signua au siège d'Or-

BHAIfCE. CBA m

l£fans, en H accompagna Jeanne d'Arc dans presque toutes ses expéditions, et sauva les deux places de Lagny et de Compiègne; mais il souilla ses exploits en se mettant à la tête des écorcneurs qui désolaient la France, et portaient partout le pillage et l'incendie. Après avoir ravagé, de concert avec eux , la Bourgogne , la Champagne et la Lorraine , €habannes les quitta en 1439 , et se maria avec Marguerite de Nanteuil, >qui lui apporta en dot le duché de Dammartin. Dès lors, il s'attaclia complètement au parti de Charles VII. Un jour que ce prince, dans un moment de gaieté, l'avait salué du titre de capitaine des écorcheurs, Chabannes lui répondit : « Je n'ai ja- • mais écorché que vos ennemis, et il « me semble que leur peau tous a fait « plus de profit qu*à moi.» Son amourpropre froissé le porta à engager le dauphin (depuis Louis XI) à se joindre aux mécontents dans la guerre de la p-aguerie; mais , à la paix, il rentra en faveur, et par un de ces retours qui furent communs dans sa vie, il se tourna contre le dauphin et révéla sa conspiration au roi. Charles VII ayant fait appeler son fils, celui-ci traita Chabannes d'imposteur. « Je sais , ré- « pondit Chabannes, le respect que je a dois au fils de mon maître; mais je m suis^prét à soutenir par les armes la « Tériie de ma déposition contre tous « ceux de la maison du dauphin qui se « présenteront. » Personne ne releva le défi. Lorsque le dauphin leva l'étendard de la révolte dans les environs de Valence, Chabannes , chargé de soumettre le Dauphiné et de s'emparer de la personne du prince rebelle, se rendit maître de la province, mais ne put empêcher Louis de s*évader, sous le pré* texte de faire un pèlerinage à Samt- Claude.

Charles VIT étant mort en 14G1 , le dauphin, devenu Louis XI, ne tarda pas à fiiire repentir Chabannes de sa conduite à son égard. La charge de grand maître de France lui fut enlevée et donnée à Antoine de Croix, et bien lui prit d'avoir cherché son salut dans la fuite. Cependant une foule de grands personnages ayant éle?é la voix en sa

fiiTeur, il vint tomber ans pifds <du

roi, le suppliant de le faire juger selon toute la rigueur des lois. Louis XI, toujours inflexible, lui ordonna de sortir du royaume, fit saisir ses biens, et voulut qu'on instruisît son procès.

Sommé de comparaître, il quitta l'Allemagne, où il s'était réfugié, et vint se constituer prisonnier à La Conciergerie , d'où on le transféra à la tour du Louvre. Mais après l'avoir fait déclarer criminel de lèse-majesté, Louis XI, préférant miséricorde à justice, commua la peine capitale en un bannissement perpétuel; puis il changea eneore d'idée, et, au lieu de l'envoyer à Rhodes, île qui avait été désignée pour son exil, il jugea plus prudent de le tenir renfermé a la Bastille. Les flBYOris du roi reçurent l'autorisation de se partager les biens du prisonnier.

Cependant, en 1465, Chabannes trouva le moyen de s'échapper de sa prison pour aller se joindre aux princes révoltés contre le roi. La même année , le traité de Conflans , qui mit un terme à la ligue du bien public^ permit à Chabannes de se faire restituer ses biens. Ce premier pas fait, il eut peu de peine à se réconcilier avee Louis XI, qui connaissait par expérience son audace et ses talents militaires. L'arrêt de sa condamnation fut cassé, et, en 1468, pendant la tenue des états généraux à Tours, le roi proclama son innocence par lettres patentes. Peu de temps après , Chabannes devint l'intime confident de Louis XI, qui lui accorda une faveur bien plus grande encore que celle dont il avait joui auprès de Charles VII. Ce fut à lui qu'il remit le commandement de rarmée lorsqu'il déclara la guerre au due de Bourgogne , et Cbabannes se montra digne de cette marque de confiance. Charles leTéméraire s'étantrendu maître de la personne de Louis XI, le força d'envoyer à Chabannes Tordre de licencier les troupes qu'il commandait ; mais celui-ci , comprenant à morveille l'arrière-pensée du roi , refusa d'exécuter cet ordre , et sauva le roi en restant sous les armes. Il reçut bientôt de Louis XI une lettro ainsi oonçoe ;

> Mouisiir lê ijnnid MâHrâ, nott Mil-,

•( vous m'avez bien montré que vous a m'aimez , et m'avez fait le plus grand « service que pouviez faire. « Lors de riostitution de l'ordre de Saint-Micliel , en 1469, Cbabanoes Ait un des premiers nommés. A l'époque de l'expédition contre le duc de Nemours, le sire d'Albret, les comtes de Foix et d'Armagnac, il eut ks pouvoirs les plus étendus, et il*eii fit usage que pout soumettre les rebelles et leur pardonner.En 1471 ,Chal)annes déploya autant d'audace que d'habileté contre Charles le Téméraire, qui avait repris les armés, et le eontraignit à sollidter une trêve. Mais soit jalousie , soit défiance, Louis XI se lassa de le voir toujours investi du commandement des troupes; ii cessa de l'employer, tout en lui coasenrant sa cliaiige de grand maltM, et il lui écrivit à cette ooeaston : « Je • n'oublierai jamais les grands services *» que vous m'avez faits, pour quelque « nomme qui en veuille parler. »

A partir de ce moment , la carrière publique de Cha bannes fut terminée.

Cependant, après la mort de LouisXI, Charles VIII le rappela de la retraite où il vivait, pour lui donner le gou- Ternement de l'Ile de France et de Paris. Il mourut à la fin de Tannée 1488.

La maison de Cbabannes a encore donné naissance à la branche des comtes de Saioîies, dont l'auteur fut, comme on l a vu plus haut, François, fils de Joacbim , seigneur de Curton, Un de ses fils, Jacqves, commença la branche des seigneurs du Ferger; un autre, nommé Joachim, la branche des seigneurs de Trussy rOrgueiUmx, La branche des seigneurs et comtes de Pionzac descend , comme nous l'avons dit, de Gabriel, vicomte de Savlgny, gentilhomme ordinaire de la chambre du rui, el deruier iils de/oaèMmf seigneur de Gurton. Son petitfils, Gilbert devint maréchal de camp en 1650, et fut tué au siège de Mouron. Gilbert II, fils de celui-ci , lut fait prisonnier à la bataille d'Hœclistaedt, en 1704, oùson Û!tAj'ttmf(dS''Af^ toine fut blessé. Il mourut maréchal de camp, en 1720.

A cette famille appartiennent en-

Don /. Jl. M. F. marquili de Cha- BANNES , pair de France et aide de

camp de Louis XVIII , et le marquis de Chabanpîes db la Palice , mort à Paris en 1833,etdevenucélèbrepourles bizarreries sansnombrequi signalèrent les dernières années de son existence.

Chabaud (Antoine), colonel directeur du génie, né à Nîmes en 1737, de parents protestaiits , lit les campagnes du Nord et de Hanovre, publia , vei^ 1776 , V Histoire des villes de Montmedy, Péronne, Saint-Quentin et Sedan. L'année suivante , il fut nommé major , et la croix de Saint-Louis lui fut décernée; mais il la refusa, parce qu'il fallait prêter un serment de catliolicité. Il fut envoyé, en 1783, à Constantinople pour fortifier celte ville et le détroit des Dardanelles , et pour donner des conseils aux Turcs sur toutes les parties de Tart de la guerre. A son retour en France, il embrassa avec ardeur la cause de la révolution, et fut élu, en 1790, président du comité militaire établi à Mmes. Il mourut à Cette, en 1791, au moment où il venait d'être nommé colonel directeur du génie.

Chabaud-Latouk (Ant. G. Franç., baron de), membre du Conseil des Cinq-Cents, du tribunat, du Corps législatif et de la chambre des députés, né à Paris en 1769, appartient, comme le précédent, à une famille protestante. Il prit du service eu 1788, comme lieutenant en second dans Tarme da génie, et passa, en 1789, dans le régiment de Roh in-infanterie. Partisan de la révolution, il devint, en 1791, commandant d'une légion de la ^arde nationale de Nîmes. Plus tard, il fut arrêté comme fédéraliste et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire; mais sa femuie, par un dévouement que madame de la V ailette a renouvelé depuis, le fit évader au moment même où Ton dressait Téchafaud. Il rentra en France après le 9 thermidor, et vécut tres-retiré jusqu'en 1797, où le département du Gard le nomma membre du Conseil des Cinq-Cents. Après le coup d'État du 18 brumaire, auquel il pnt part, il fit partie de la commission chargée de Ndiger la constitution dé

l'an VIII. Membre du tribunat, il se ^bonça poor rétabliMenwiiC de l'enl-

fkiié, comme il s*était prononcé pour e consulat. Cppendnnt il né tarda pas à tomber dans la disgrâce de l'empereur, sans qu'on sache précisément

g>af^i. En iS19, défimiment du ard le nouiMft au Gorpi législatif.

A la première restauration, il fut de la commission chargée de préparer plusieurs parties de la charte, et s'opposa à fêtàblliseliienit de la eeneore.

Au retour de-Napoléon, en 18t5, il M retira à Nîmes, et pendant les réactions qui suivirent la dernière chute du gouvernement impérial, il défendit avec courage la cause de ses coredgkmnaires. Il ne reparut à la chambre des députés qu'en 1817, époque où il fut réélu par le département du Gard.

Il vola contre les lois d'exception et eontre le nouveau système électoral.

Depuis, il né cessa die siéger daoa les ta.ii^s de l'opposition.

CrtvBEBT (Théodore), né à Villefraa:ne en 1758, fut employé en qualité de général de brigade dans les armées des Pyrénées - Orientales et dfS Alpes, et nommé député au Coilseil des Cinq-Onts par le départen^ent des iiouches-du-khône. Il servit ensuite dans l'armée du Danube, commanda Tavant-garde de la division du Saint-Gothard , et passa dans le royaume de Naples. Rentré en France, il vota contre le consulat à vie, et ce ne fut pas la seule cause qui lui (It encourir la disgrâce de Mapoléon. Employé à l'armée d'observation de la Gironde, sous les ordres du général Dupont, il commandait l'avant-garde à la malheureuse affaire deBaylen, où il eut deux chevaux ttlés sous lui, et fut choisi avec le général Marescot, par le conseil de itruerre, pour traiter de cette capitulation si honteusement célèbre, A son retour en France, il fut enfermé à r Abbaye , destitué, ainsi que bupont et Marescot, et envoyé en surveillance dans son département. Mais le nobir désir d'effacer un fScheux souvenir lui iit reprendre les armes quand de nouveaux dangers menacèrent la patrie en 1814. Opposé aux généraux

USL «A m

royalistes Oardanne et Loverdo , dans le département det Hàtites-Alpes, il

arrêta leurs progrès, et fut nommé lieutenant général par Napoléon. Il servit en cette qualité, sous les ordres du maréchal Suchet , pendant le reste de la campagne, et quitta l'armée des Alpes après son licenciement, pour se retirer dans les environs de Grenoble, où, depuis, il vécut dans la retraite.

Ghabeuil, petite ville du département de la nrdme, à it kit.oéyalence, construite, suivant Dan ville, sur remplacement de l'ancienne Cerebetfiaca , mentionnée dans les itinéraires romains , comme point intermédiaire entre Aoste el valence.

CTest dans lea environs de Chabeail que l'empereur Constance prépara vers l'an 355, contre les barbares, la fameuse expédition dont Julien eut le commandement , et pendant laquelle il fat élevé à l'empire. Cette ville avait autrefois le titre de principauté. Sa population est aujourd'hui de 4,500 hao., et elle possède un collège communal. C'est la patrie de M. de Montalivet, ministre de Tintérieur sous l'empire.

Chablis, petite ville de l'ancienne Champagne, auj. du dép. de l'Yonne, à 16 kil. d'Auxerre. C'est dans les environs de cette ville que se donna, en 841 , la bataille de Fontanet (aujourd'hui Fontenaille, suivant l'abbé Lebeuf;, entre l'empereur Lothaire et ses frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve. La population de Chablis est maintenant de 2,555 hab.

Chabot (famille de). —Cette célèbre maison du Poitou est connue depuis l'an 1040. Elle se divisait en plu« sieurs branches, savoir : l*" la branche des barons de Retz ; 2° celle des seigneurs de la Crève ; 3° celle des seigneurs de Jarnac : 4° celle des seigneurs de Saint- Aulaye , ducs de Rohan; 5* celte des ÉekpMufê de Brian y comtes Chamî; ff* enfin celle des marquis de Mirebean.'Ln famille de Chabot a joué un rôleassez important dans notre histoire; mais le plus célèbre de ses membres est Mlde GBABOt, connu anasi aoos

le nom d'amiral de Brion, comte de Qianii et de Boeançois. Il fut

élevé au château d'Amooise, a?ee François V\ Anne de Montmorency et d'autres grands seigneurs de la cour. Ln lô24, il se Jeta , avec deux cents lamses et trois mille fantassins italiens, dans la ville de Marseille, assiégée par les Impériaux , qu'il obligea bientôt à lever le siège. L'an- . uée suivante , ce fut en partie par ses conseils que se H?Fa la malheureuse bataille de Pavîe , et « il fit si bien, dit Brantôme , que le roi lui donna la charge d'amiral. » En 1529, il se rendit en Italie, chargé par Frana>is V de fiiire ratifier par Gharles- Quînt le traité de Cambrai. En 1686, on lui confia le commandement en chef de la guerre contre le duc de Savoie, et il s'empara en peu de temps de Cbambérj, de Montméiian, de Turin , et de presque tout le Piémont.

Malheureusement il se laissa influencer par le cardinal de Lorraine, et . commit la faute de ne pas poursuivre ses succès. A son retour en France, il se mêla aux intrigues de la cour , et, lorsqu'en 1541 François V résolut de faire rechercher juridiquement ceux qui s'étaient enrichis aux dépens de TÉtat, le faste de Chabot fournit à son ennemi * le comiétable de Montmorency, un prétexte pour lui nuire.

Il fut arrêté et enfermé au ciiàteau de Melun. Une commissiou établie pour le juger fîit présidée par le chancelier Poyet, vendu au connétable, et le 8 février 1540, Cliabot, comme convaincu de concussions , d'exactions^ de malversations et autres entreprises sur Tautorité royale, fut condamné à quinze mille livres d'amende, au bannissement, et à la confiscation de ses biens. Le jugement fut présenté à François 1' qui l'approuva, mais qui, touché par les pleurs de la duchesse d'Étampes , pardonna ensuite à Chabot, le déchargea de l'amende, et le rétablit dans tous ses emplois. Peu de temps après, le connétable fut disgracié , et par ordre du roi, Chabotet le cardinal de Bourbon se partagèrent les fonctions qull rem- ^.

plissait dans le ministère. Mais ce triomphe ne put ftf re oublier à Chabot la condamnation dont il avait été frappé; il mourut le juin 1543.

On conserve à la bibliothèque royale un manuscrit des Lettres écrites en 16S6 par f amiral de BrUm, 9 vol.

in-fol. C'est à Chabot que l'on doit l'idée de la colonie du Canada. Son tombeau , célèbre morceau de sculpture, transféré, pendant la révolution, au musée des Monumenls firan* ^s, est maintenant Tun des plus précieux monuments des galeries du Louvre.

Louis - Antoine • Auguste , duc de Chabot-Rohan, lieutenant généraJ, né en 1768 , entra au service en 1747,

assista au siège de Maëstricht , en 1748, et fut fait colonel l'année suivante. Il combattit à la bataille d'iiastembeck, à la prise de Menden , à la retraite de Hanovre , à l'affaire de Crevell, à celles de Corback , de >Varbourg, et à la journée de Clostercamps. Il fut nommé lieutenant général eu 1781 , se prononça , en 1789 , pour le parti de la révolution» et accepta le grade d*aide de camp national auprès du général la Fayette. Mais, lorsqu'il vit la démocratie prendre le dessus, il accourut au secours de Louis XVI, ne le auitta pas dans la journée du 10 août et le suivit à l'Assemblée. Ce retour subit le fit ranger au nombre des suspects , il fut incarcéré , et devint une des victimes de septembre.

Chabot (François ), né en 1759, à Saint - Gêniez ,*dans le Rouerc;ue , d'un cuisinier du collège de khodez, profita de la fiicilité que lui offrait la position de son père pour faire ses études, entra dans un couvent de cajjucins et reçut la prêtrise. Mais la lecture des livres pliilusophiqucs lui fit bientdt dédaigner les pratiques rdi-

fieuses auxquelles il s'était soumis ans la ferveur d'une piété exaltée.

Devenu partisan et enthousiaste de la révolution, il lut un des premiers à abandonner son monastère, à la suite des décrets de l'Assemblée constituante sur les ordres religieux « et de-

CHi FRANCE.

vint, peu de temps après, grand vicaire du savant et pieux abbé Grégoire, évêque constitutionnel de Blois. En septembre 1791, le département de Loiret-Cher l'envoya à l'Assemblée législative, où il siégea à l'extrême gauche. Il dénonça, avec Basire, le fameux comité autrichien : il attaqua d'abord Brissot, puis la Fayette, Dillon, llochambeau, et les ministres Duportail , Montmorin et Bertrand de î\Iolleville. Accusé par ces derniers de les avoir calomniés , il essuya, de la part du juge de paix Larivière, des poursuites que l'Assemblée arrêta, en prenant Chabot et Basire sous sa protection , et en décrétant d'accusation l'agent du pouvoir exécutif oui avait osé porter atteinte à leur inviolabilité. Aux approches du 10 août, Chabot aborda, l'un des premiers, la question de la déchéance du roi , et s'écria qu'il ne croyait pas que l'Assemblée , eti blanchissant et en savonnant le pouvoir exécutif, pût enchaîner la volonté du peuple, parce qu'il pouvait toujours changer les institutions à son gré.

Le 1.3, il proposa et obtint que Chalier ( voyez ce mot) fût rétabli dans ses fonctions d'officier municipal à Lyon ; fit destituer les administrateurs du département , nommer une commission populaire pour juger les conspirateurs des Tuileries, et abolir les droits féodaux sans indemnité. Deux jours après, il reprocha aux royalistes constitutionnels, qui formaient le côté droit de l'assemblée, d'avoir provoqué V insurrection du 10 août, en s'opposant au décret d'accusation contre la Fayette, et demanda que l'on mît à prix la tête de ce général , comme traître à la patrie. Le lendemain , il fit la motion d'armer tous les citoyens, afin de rendre plus prompte , plus facile et

f)lus sûre la vengeance publique contre es ennemis de la liberté , et se présenta avec empressement pour faire partie de la légion de tyrannicides , dont l'organisation avait été proposée par Jean Debry. Chargé, le 2 septembre, de protéger les prison- niers de l'Abbaye contre les exécuteurs des vengeances populaires, il revint dire à l'Assemblée qu'il était impos-

sible empêcher la justice du peuple; et que l'agitation était due au bruit répandu par quelques journalistes , de Vavénement projeté d'un prince étranger sur le trône de France.

Il resta néanmoins fidèle au souvenir d'une ancienne liaison , et sauva la vie à l'abbé Sicard, qui se trouvait au nombre des détenus. Réélu à la Convention par le département de Loir-et-Cher, après la session de l'Assemblée législative, il s'y fit remarquer, dès la seconde séance ( 21 septembre 1792), en combattant la proposition de Manuel , qui semnlait réclamer , pour le président de la nouvelle assemblée , un cérémonial peu conforme aux idées démocratiques.

Il fut pourtant accusé, sur une dénonciation du ministre Narbonne, d'avoir reçu de l'argent de la cour, et il fallut toute sa réputation de civisme pour étouffer cette affaire. A quelque temps de tà,il demanda l'abolition de la loi martiale,et défendit la princesse de Rohan- Rochefort, menacée d'un décret d'accusation, en la représentant comme aliénée. Il s'opposa , en décembre , au bannissement de tous les Bourbons, demandé par Buzot, et manifesta , en cette circonstance, une vive sollicitude pour Philippe d'Orléans. Il se prononça aussi contre la proposition de donner des conseils au roi, et dénonça Marat, comme ayant réclamé dans un des derniers numéros de V/imi du j9ew/>/e, l'établissementd'unedictature.

Dans le procès de Louis XVI , il vota pour la mort, sans appel et sans sursis. Intimement lié avec Merlin de Thionville, il le défendit, ainsi que Rewbell, lorsque ces deux députés furent accusés , après la prise de Mayence. Il appuya fortement lu pétition qui fut présentée, le 8 février 1793, à la Convention , par la société des jacobins, et qui tendait à faire annuler les poursuites dirigées contre les auteurs des massacres de septenî- ' bre. Chabot avait applaudi à la chute des girondins ; il proposa ensuite d'expulser du territoire de la république tous les aristocrates ; demanda une loi générale du maximum , et la taxe du pain à un sou la livre dans

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L'UNIVERS

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|0ul6 la Fnm. te f ie|iteiiibra , il

prononça un discours qui renfermait cette étrange phrase : « Que le ci- « toyen Jesus-Christ était le premier « sans-culotte do mondé,» etredamat le 18, une nouvelle loi sur les émigrés; tellement simple , qu'un enfant pilt envoyer un émigré àia guillotine. Jusqu'alors les passions ifougueuses de Chabot araient trouvé, dans son ardeur révolutionnaire, un aliment suffisant; et trop souvent elles l'avaient poussé beaucoup plus loin que n'auraient voulu les vrais et sages patriotes avec lesquels il 'siégeait à la Convention. Affeîctant de mépriser toutes les recherches du luxe, et de les regarder comme incompatibles avec la sévérité des mœurs républicaines , il avait conservé et même eiagéré l'excessive malpropreté qu'on reprochait aux capucins. Il avait la t^te crasseuse, le cou et la poitrine découverts, portait uue Jaauctte au lieu d'habit, un pantalon d*etoffe grossière, et des sabots pour toute chaussure. C'est sous ce costume qu'il allait siégera la Convention. Ce fut lui qui imagina de donner aux Jeunes gens proprement vêtus la dénomination de muscadfnsi ce Alt encore lui qui proposa de chasser du territoire de la république tous ceux qui n'avaient pas les mains calleuses, et de donner leurs pronrietésaux sans-culottes. Mais cette ardeur insensée devait bientôt faire place à une modération non moins coupable.Une vaste conspiration, soutenue et dirigée par les émigrés et par la coalition, s'était formée dans le but de foipenter la discorde parmi les révolutionnaires les plus ardents, de les gagner à force d'or, et d'étouffer la révolution par les mains des hommes les plus populaires. Le caractère passionné de Chabot offrait une prise facile à toutes les séductions; ce fut lui qu'on attaqua d'abord. Junius Frey, banquier autrichien, et l'un des princi-

t)aux â£;ents de l'émigration et de 'étranger, s'empara de lui , le ch:convint de toutes les manières , et pour se raltaclicr d'une manière indissoluble, lui offrit la main de sa sœur avec une dot de deux cent mille francs.

Chabot accepta , et dès lors ce

montagnard , autrefois si énergique et si ardent , devint l'instrument passif des desseins de son beaunrère. Enivré des douceurs d*un luxe nouveau pour lui, il ne songea plus qu'à ses plaisirs. Le premier acte par lequel il signala sa trahison fut son opposition à la loi contre les étraa- |6rs. Mais les efforts qu'il fit pour en empêcher l'adoption, de concert avec les députés gagnés comme lui , ne furent pas heureux ; il en conçut un mécontentement qui devint en peu de temps une haine violente, et il seieta plus avant encore dans la oontre-révojution.

Bientôt l'or de l'étranger ne suffit plus pour assouvir sa cupidité ; il s'asaocia avec Julien de Toulouse, Delaunay et Fabre d'Églantine , pour fabriquer un faux décret relatif à la Compagnie des Indes , au moyen duquel ils réalisèrent une somme considérable. On vit alors ces faussaires insulter à la misère du peuple |iar jeur insolente fortune, lis recevaient de l'argent du fournisseur d'Espagne

f)our faire accepter ses marches par a Convention nationale ; ils en recevaient également de tous les agioteurs pour protéger leurs honteuses

manœuvres.

Mais entln ces scandales éveillèrent l'attention du gouvernement, et Chabot, dans la crainte que la conspiration dans laquelle il trempait ne lût découverte , et (ju'elie ne le conduisît à l'échafaud, révéla tout ce qu'il en Suivait au comité de splut public. U prétendit n'être entré dans le complot que pour mieux en suivre les trames ; mais le comité ne se paya point de cette raison ; car, si telle eût été l'intention de Chabot , il aurait pu raire des révélations dès le commencement de ses relations avec les conjurés. Il dénonça également la falsification du décret relatif à la Conijiagnie des Indes; mais il ne nomma que deux de ses complices, Julien de Toulouse et Delaunay d'Angers. Il se tut à l'égard de Fabre d'F.glantine. U espérait , par ses aveux , mériter l'indulgence du comité et

FAANCE.

un mandat d*arrét rat lancé contre

lui et contre ses complices. Tous furent traduits devant le tribunal révolutionnaire, condamnés à mort, et exécutés le 6 avril 1794.

Chabot (L. Fr. J.)i lieutenant général, baron, etc., né à Niort en 1757, était sous-lieutenant en 1782, et capi- ^taine en 1792. £mplové la même année à Tarmée du Ifora, il se distingua contre les Autrichiens aux environs de Lille, puis au siège d'Anvers, h la bataille de Nerwinde et au passage de la Meuse, sous Rurcmonde. Envoyé, peu de temps après , dans la Vendée ^ il devint général de brigade, se signala à la prise de Chollet, au combat de Châtillon. et fut élevé au grade de gér néral de di\ision le 29 avril 1794; il prit alors le comntandement de la division du général Kléber, appelé à rarniée du Nord , passa ensuite à l'armée d'Italie , commanda la première division des troupes employées au blocus de Mantoue, et reçut la ca-

fitulation que souscrivit Wurmser.

.'année suivante, il commanda dans les îles Ioniennes, et dirigea la belle défense de Corfou, place qu'il ne rendit qua la dernière extrémité [voyez GoBvou (siège de}]. Envoyé ensuite à l'armée de rOuest, le général Chabot battit Bourmont, et le força à faire sa soumission. Il retourna , en 1802, à l'armée d'Italie, passa, en 1808, à Tannée de Catalogne , commanda la 9* division militaire, et rentra, en 1815, dans la classe des officiers généraux en retraite. Le générai Cbaoot est mort ^ 1^37.

CoAlIQt. 1,'Allieb (G. Ant.), né à ' MohtluçQ^v dans le Bourbonnais, en 1758, exerçait la profession d'avocat à l'époque de la révolution.

Entré à la Convention après le 9 thermidor, il en fut expulsé bientôt après comme royaliste. Il fat cependant appelé de nouveau dans les assem^ blees législatives , et siégea au Conseil des Cinq-Cents et à celui des Anciens. Devenu membre du tribunat, il y proposa de donner au premier consul un gage éclatant de la

reeomudumieé na$Umal0 , et oetio

motion fai adoptée. Lorsque, de ttnt»

eul pour dix ans , Napoléon se Ait

fait empereur héréditaire. Chabot de l'Allier fut encore de son avis, et l'empereur l'en récompensa en le nonimant commandant de la Légion d'honneur, conseiller à la cour de cassation et inspecteur des éeoles de droit. Chabot de l'Allier avait plus de mérite comme jurisconsulte que coinn)e homme politique: il prit une part active à la discussion do Gode civif, et publia plusieurs ouvrages de droit qui sont encore estimés. Il est mort en 1819, en possession des divers emplois ({ui lui avaient été conférés sous rempire.

Chabotièrb (affaire de la). Cha^ rette , lâchement abandonné par ceux mêmes dont il défendait la cause, était sur le point de succomber, et avec lui allait ffnir Tinsurrection de la Yendée. Traqué comme une béte fauve depuis plus de vingt jours, blessé de deux coups de feu dans une rencontre récente, il s'était enfoncé dans le taillis de la Cha» Jl>otière , près de Saint-Sulpiee (mark 1796), et fuyait, soiitenu par deux eol«> dats déterminés à partager son sort.

Les grenadiers du général Travot Vntr teignent, et font feu sur lui. Ses con>» pagnons se dispersent ou tombent à ses côtés. Il ne lui reste plus qu'un déserteur allemand , exécuteur ordinaire de ses ordres cruels. Cet homme se dévoue, se laisse prendre, et affirme qu'il est Gharette. Déjà le chef Ven* dcen se çlissait le long d*on ^sé, et allait échapper encore, quand un déserteur de Cassel , dans l'espoir d'obtenir ainsi saj^râce, le fait reconnaître. Aussitôt plusieurs grenadiers fondent sur lui; mais Cbaiioette ne veut se rendre qu'à Travot. Fait prisonnier par ce général , il lui offre sa ceinture , remplie de pièces d'or. « Gardez votre or, répond Travot, Je vous ai arrêté, je suis satisfait, » Oiaretle subit bientôt le sort ([ue Stofflet avait eu à Angers un mois auparavant, et l'Ouest tut pacifié.

CiiABBAN (Jos.), comte, lieutenant général, etc., né à Cavaillon, en 176i, rengagea comme ToloutiirB en l79a, pssM tuocdsifattiiiit pv tout ki

L'UNIVERS

GHA

grades, et fut nommé général de brigade après ia bataille de Roveredo; il reçut, avec son brevet, un saive d'honneur « sor la lame duqad étaient gravés ces mots : « A l'adjudant « général Chabran , avec le brevet de « général de brigade pour les batailles « de Lodi,Lonato, Roveredo et Treute, « le 10 vendémiaire an x. » Vérone Tenait de se révolter; Cliabran fut envoyé contre les insurgés, les battit et emporta la place. La modération dont il lit preuve dans cette cirooDStanoe difficile lui valut ensuite une mission plus déb'cate encore. U fut cbari^é de réprimer les troubles qui agitaient les départements des Boucnes-du-Khône et des Alpes, et y réussît par une conduite où il sut allier la fermeté et la longanimité.Après la bataille de Marengo, au gain de laquelle il avait contribué , Chabran prit le commandement du Piémont, et montra dans ce nouveau poste tous les talents d'un habile admmistrateur; il rétablit l'ordre dans ce pays, veilla à la sûreté des routes, et lit renaître la confiance. Une nouvelle coalition s'étant ensuite formée contre la France , Na- .poléon le chargea de la défense de nos côtes, de Nantes à la Gironde. Il l'appela ensuite au commandement de la 10*^ division militaire,et deux ans après à l'armée de Catalogne. La conduite , sage et ferme à la fois du général Chabran, SOii désintéressement, son cou« rage, lui concilièrent l'affection des habitants de Barcelone , dont il était gouverneur. Rentre en France, il prit sa retraite, et fut créé comte le 23 décembre 1814.

Chabrillant, seigneurie de l'ancien Dauphiné , auj. du dép. de la Drôme, à â kil. de Crest , érigée en marquisat en 1676.

Ghàbbit (Pierre), conseiller an con* seil souverain de Bouillon, et avocat au parlement de Paris, composa, vers ia lin du siècle dernier, uu traité intitulé De la monarchie française et de ses lois, Bouillon, 1783-84, 2 vol. in-8*. Ce livre fit beaucoup de bruit à cette époque, et l'Académie française décerna à l'auteur le prix fondé par M. de .Valbelle. pour l'ouvrage le plus utile.

Chabrit mourut jeune et pauvre, à Paris , en 1785. On assure qu'il s'empoisonna , désespéré de ne pouvoir payer, à son édiéance» une dette dont l'argent lui arriva le soir même de sa mort.

Ghabbol (maison de). Le premier membre connu de cette famille est QuUlaiume'Miehel Chabbol, avoeat du roi au présidial de Riom , né dans cette ville en 1714. Il reçut de Louis XV, en 1767, des lettres de noblesse, fut nommé conseiller d'État par Louis XYI le 21 mars 1780, et mourut à Riom le 22 février 1792. C'était un savant jurisconsulte. Son Commentaire sur la coutume d' Auvergne 'iomlù^imt réputation méritée.

Son fils était lieutenant criminel à la sénét^ussée de Riom, lorsqu'il fut nommé, en 1789, député de la noblesse de cette sénéchaussée aux états généraux. Il y vota constamment avec le côté droit , et signa les protestations . des 12 et 15 septembre 1791, contre les décrets de l'Assemblée nationale. lies deux suivants sont ses Gis.

Le comte André Jean Cbabbolde Cbouzol , pair de France et ministre de la marine sous la restauration, fut nommé auditeur au conseil d'État en 1805, et remplit, sous l'empire, différentes fonctions administratives. 11 se rendit, eu 1811, dans les provinces niyriemies, comme intendant général de» finances, emploi dans lequel il montra une grande activité. Les gouverneurs successifs de ces provinces, les généraux Bertrand et Junol, ainsi que Fouché, due d'Otninte, rendirent le meilleur témoignage de sa conduite et de son attachement à l'empereur; ce qui ne l'empêcha pas de se rallier un des premiers à la eause des Bourbons, qui le nommèrent conseiller d'État et préfet du département du Rhône. Lors du retour de Napoléon en 1815, M. Chabrol de Crouzol essaya vainement de défendre Lyon, il fut obligé de sortir par une porte, tandis que l'empereur entrait par l'autre, et il ne dut la vie et la liberté qu'à la générosité du vainqueur. Après la défaite de Waterloo , l'ex-préfet du J^ône alla se joindre à l'armée autri*

cha

diienne qui bloquait Lyon, et n*y ren-

tra qu'avec le secours des baïonnettes étrangères. Les excès qui furent commis à cette époque dans le département du Rhdne ne rappellent qae trop lés malheurs de 1793; M. Chabrol aura sans doute gémi plus d'une fois de n'avoir pu comprimer cette sanglante réaction. C'est sous son administration , et sous le commandement militaire du général Canuel , qu'éclata ce qu'on a appelé la conspiration du 22 octobre 181 G. Les victimes furent entassées dans les prisons, les têtes rou* lèrent sur l'échaifaud, etj*instrument de mort parcourut les communes, déjà affligées par des dévastations de tous genres. Louis XVIII mit euQn un terme à ces cruelles exécutions.

M. Chabrol de Crouzol cessa d*étre préfet, et M. Canuel fut révoqué.

M. Chabrol fut cependant maintenu sur la liste des conseillers d'État en service extraordinaire. En 1818, M.

Latné, ministre de Tintérieur, se le fit adjoindre comme sous-secrétaire d'État ; et M. de Clermont - Tonnerre lui donna , en 1821 , le portefeuille de la marine. On prétend que lorsqu'on lui présenta les ebeft de ses bureaux , il demanda à chacun d'eux s'il était au fait de son travail ; la réponse fut unanime et affirmative.

« C'est fort heureux , dit le ministre , « car moi, je n'y entms rien. »

Le comte CfUbert-Joseph^aspard Chabbol de Volvic fut, après sa sortie de l'école polytechnique, adjoint à la commission d'Egypte en qualité d'ingénieur, et coopéra au grand et bel ouvrage publié par cette commission* Après la révolution du 18 brumaire an VIII , il fut nommé sous-préfet, et en 180G, préfet du département de Montenote. Il se trouvait en congé à Paris, lorsque éclata, en 1812, la oons-

f «ration du général Mallet.L'empereur e nomma préfet du département de la Seine, à la place de Frochot, qui n'avait pas , suivant lui , montré assez de fernieté. Dans ce poste éminent, qu'il conserva sous la première restauration et auquel il futrappelé après les

T. IT. ae* Uo, ÇPlQS, BEIGTGI.M

cent jours , M. Chabrol a fait preuve d'un zèle éclairé et d'une haute capacité administrative. Paris lui doit la plus grande partie de ses embellissement. Rendu à la vie privée par la révolution de 1830, M. de Ghabrol a été dans ces dernières années appelé ù la députation par le d^artement du Puy de Dôme.

" Crabboud (Charles) , né à Vienne èn Dauphiné, en 1750, y exerçait la

profession d'avocat , lorsque cette province donna à la France le signal de la révolution. £lu membre des états généraux par les états de Romand , il prit bientôt un rang distingué à l'Assem* blée constituante, et défendit souvent à la tribune la cause de la révolution ; mais ce fut surtout dans les discussions sur l'organisation du pou* voir judiciaire qu'il fit remarquer la profondeur et l'étendue de ses vues.

Nonnné président le 9 avril 1791, il occupait le fauteuil lorsque Louis XVI vint se plaindre à TAssemblée d'avoir été empêché, par la populace parisienne, de se rendre à Saint-Cloud ; il fit au monarque cette réponse : Qu'une pénible inquiétude était iiisévarabie des progrès de la Hberté. L évasion du roi le jeta ensuite parmi les adversaires les plus violents du parti royaliste; il proposa de faire juger, par une haute cour, les complices de la fuite du monarque , s'opposa à ce que Ton reçût la déclaration de louis XVI et de la reine, se constitua le défenseur de quelques écrits où se trouvait exprimé le vceu d'abolir la royauté^ et réclama les mesures les plus sévoMS contre les émigrés. Il prit ensuite une grande part à la discussion sur le code militaire , en qualité de rapporteur de la commission gui avait été chargée de ce travail. Bientôt après , voyant augmenter chaque jour la puissance du parti républicam, il s'efforça de mettre des obstacles à son triomphe , ce qui lui fit perdre toute popularité , et finit même par lui être funeste. Décrété d'arrestation . il n'échappa qu'avec peine à Téenafaud.

Rendu à la liberté, il fut appelé au

tribunal de cassation , pù il siégea jusqu'en 17§7J A cette époque, il rentra dans là tîe privée , et reprit ses fonctions d*avocat consultant. Sous l'empire, il devint avocat à la cour de cassation, au conseil d'État et au conseil des prises. Peu de mois après le retour des Bourbons, il donna sa déitîission , et mourut en 1816.

Chahay (Louise), ouvrière en sculpture , fut chargée , le 5 octobre 1789 , de présenter au roi les réclamations des femmes venues de Paris à Versailles; elle avnit niors dix-sept ans, et était douée d'une beauté remarquable.

En apercevant Louis XVI, la jeune fille s'éranouit : lorsqu'elle eut repris ses sens , elle demanda à parler à la reine seule; et s'acquittant de sa mission, elle lui lit, d'un ton ferme, mielques reproches sur sa conduite depuis son entrée en France , et termina en l'exhortant à changer de manière d'aiîir. Quelques-unes de ses compagnes avant profère des menaces:

« Ne craignez rien , dft-elle, c'est an x conseil d'amies que nous sommes « venues vous donner; et pour vous « prouver que nous vous pardonnons a le passé , nous allons vous embrasm ser. » Louis XVI étant alors rentré, demanda ce dont il avait été question e i son absentée. '< Les affaires a des fenunes , lui repondit encore A Louise , ne sont pas celles des hom- « mes. Soyez toujours notre bon roi, « et ne vous laissez |>a8 prévenir con- « tre votre peuple qui vous aime plus « qne père et mere, et qui donnerait « sa vie pour votre service. » En se retirant, elle voulut baiser ia main de Louis XVI, qui Tembrassa en lui disant qu'elle en valait bien la peine. Louise Chabry retourna presque aussitôt à Paris, avec une partie des fémmes qâi l'avaient aceom]»gnée. Cette jeune fille, aux paroles si simples et en même temps si énergiques, est une de celles qu'on a pris à tâche de représenter comme des femmes perdues de débauche et d'iviesse*

CtfABBY (Maro)« peintre et 8Ciilp>

leur, naquit à Barbantane oi^ à Lyo^ èii 1660. La plupart de ses'^uvrages

Ont été détruits en 1793; mais on cité,'

parmi les plus remnrquables , la peinture et ia sculpture du maître-autel de l'églUe Saint-Antoine à Lyon; le bas-relief de LouU Xif à ckevai, au* dessus de rentrée de l'hôtel de ville; les groupes des jets d'eaux de la place Bellecour, etc. Louis XIV' le nomma Son sculpteur à Lyon. Quelque temps après, Cnabry fut appelé en Allemagne; mais il revint bientôt à Lyon, où il mourut en 1727. Son 'fils, Marc Chabby, fut aussi un sculpteur distingué: il fit, pour 1 église des Carmes déchaussés, les quatre évasi^ géfistes, saint Pierre et saint Pavl^ et quelques autres statues.

• CaACENAY ou CuASSEr^AY, barounie de l'ancienne Champagne, auj. du dép. de l'Aube, à 6 kri. de Bar-sur- Seine.

Chacoîs'iVE , genre de composition musicale et chorégraphique, fort en usage autrefois, et qui nous vint d'Italie, oùrona8npposé,d'après uneétymologie assez j eu probable qui fait dériver ciaccona de cieccone, qu'il fut inventé par un aveugle. Le motchaconne désignait à la fois on air de danse d'un caractère particulier, qui servait de final à un ballet, le pas qui se dansait sur cet air, et le ballet lui-même. L'air, dont le rliythme était fortement marqué, et où la modulation , sans quitter le ton primitif, passait alternativement d'un mode à l'autre, s'écrivait à deux ou h trois temps , et se jouait sur un mouvement modéré. Lulli, Rameau , Gluck , ont composé la musique de plusieurs chaconnes. Le pas tenait le milieu entre la danse haute et la danse dite terre-à-lerre. (ù'est à ce pas que le fameux Dupré dut ses plus grands succès. Le ballet' à diacrane qui ait eu le plus de vogue est celui do V(')iion de f /mour et des Arts, que i'loquet fît représenter en 1773.

CuAiLLv , seigneurie de l'ancieu Gâtinaiff français, auj. dudép.deSeioart-Marne, a 6kil.de M el un. Le seigneur de Clhaiily avait le droit d'entrer dans

régi i se collégiale de Meiun , Tépée

côté, l'aumusse sur le hrns, d'occuper la première pince parmi les chanoines, et d'entonner une antienne.

CiuiSB-t>iEU (la), Casa-Dei, petite et ancienne ville de la basse Auvergne (auj. dép. de la Ilaute-Loire), à 2 4 hil. de Brioude. La Chaise-Dieu doit son nom et son origine à une fameuse abbaye de bénédictins, fondée , vers le milieu du onzième siècle, par saint Robert l'Auvergnat, et dont l'établissement fut approuvé par le roi Henri et le pape Léon IX. Bientôt on y vît jusqu'à trois cents moines, et ce monastère' devint le plus fameux de l'Auvergne, et l'un des plus riches de France. Au nombre de ses abbés , dont les huit premiers furent canblirisé^, on remarque Pierre, ftls de Roger, devenu plus tard pape, sous le nom de Clément VI, et une foule d'autres noms illustres; des fils naturels de rois de }'>ance; les cardinaux de Richeliéa ^ dé Maitôrin , de Rohan ; des MaDciiii,des la Rochefoucauld > des d'Armagnac, etc.

Ce riche établissement subit , à diverses époques , de cruelles dévastations : Bracons, l*un des lieutenants da farouche baron des Adrets , 8*empàra de la ville, qui fut reprise peu de temps après par les catholiques. L'abbaye était alors défendue par des murs très -épais et par une vaste et forïe tour carrée. L'église abbatiale , dont la construction est due à Clément VI, est un de nos plus beaux monuments d'arcliitecture. Le chœur, au milieu ^uguel s'élève le tombeau de ce pontittv est entouré de peintures fort curieuses, allégorie terrible de l'égalité établie par la mort. Elles représentent cette fameuse danse macabre , si souvent reproduite par nos pères dans les cimetières , les palais , les marchés, les églises, etc., etc. La population de la Cbaise-Dieu est aujourd hui de i,88â hab.

Gbaisbd'ob, nom d'une monnaie ^royale de France, ainsi nommée parce que le roi y était représenté assis sur aou trâne. Celte monnaie s'appelait

encore cadire , mol dont la signification a de l'analogie avec celle des précédents, royal dur, et enfin 7/10550,

Sarce que le roi y était figuré tenant e la main droite une masse d'armes.

la poids et le titre des chaises ont souvent varié. Les premières qui furent frappées par Philippe le Bel n'étaient qu'à vingt-deux carats de fin,, et pesaient cinq' deniers douze grains trébuchant. Sous Philippe de Valois, elles avaient augmenté tle titre et diminué de poids, puisqu'elles étaient d'or fin et ne pesaient que trois deniers séize grains. Les premières- que Charles VI fit faire étaient au même titre, et du poids de quatre deniers dix-huit grains ; mais il en frappa ensuite d'autres qui n'étaient qu'a vingtdeux carats on quart. 'Sous le r^^oé de Charles VII , époque où fious retrouvons cette monnaie pour la dernière fois , elle avait une valeur moindre encore, puisque le titre n'était que de seize carats et le poids de deux deniers vingt-neuf grams et demi. Les cidaises d'or de Philippe le Bel retrouvées de nos jours pèsent décent trente à cent trente-trois grains, et celles de fies successeurs à proportion. Elles var laient à cette époque vingt (ous parisis ou vingt-cinq sous tournois.

IVous l'avons dit tout à Pheure :

cest de leuf type, l'un des plus gracieux qu'aient inventés les monnaycurs français au moyen âge , que ces monnaies avaient emprunté leur nom.

INous en avons donné une idée suffisante, eu disant que le roi y était représenté assis sur un trône, et tenant en inain un sceptre ou une masse ; (e revers était ornéd'une croix cantonnée de couronnes royales et fieuronnée avec soin. Cette croix et le trône dont nous venons de parler étaient ciselés avec une grande richesse. Les légendes sont celles de presque toutes les monnaies d'or de la même époque : xps (Christus) yi.>cit ; xps begkat ; xps IKPBBÀT du côté de la croix ; philif-

PUS ou KABOLUS DEI GRATIA FKAPî-

coRUM REX du côté où sc trouve le trône ou la chaise. On remarque une

CIIA

grande différence de type entre les chaises de Charles VI et de Charles vn et celles de Philippe de Valois. Si le

revers y est à peu près le même, le droit est bien différent : dans les dernières, le roi tient d'une main une épée et de Tautre une masse surmontée du globe du monde ; sa chaise est un pliant terminé par deux Jêtes ; il a les pieds poses sur deux lions , et le tout est flanqué de deux écus de France nouveaux. Du reste , la légende est la même. Quelques seigneurs, tels que les ducs de Guyenne , imitèrent les chaises d'or ; nous parlerons ailleurs de ces imitations.

Chaises a pobteubs. Un chevalier d'industrie, qui se prétendait fils naturel du dup de Bellegarde , et prenait le titre de seigneur de Souscarrière , étant allé en Angleterre « pour se remplumer de quelque perte au jeu , » comme dit Tallemand des Réaux (*), et pour y attraper aussi les gens (car c'était ùu maître pipeur), en rapporta FinventUm âett chaisesy «dont il eut le don en commun avec madame de Cavoie, et cela leur valut beaucoup , » ajoute le malin auteur des IJistoriettes (**). Pour leur donner la Togue , SÎMiscarrière « n*allait plus autrement ; et durant un an on ne rencontrait plus que lui par les rues, afin qu'on vit que cette voiture était commode. » — L'exploitation de chaises fut longtemps, à ce qu'il paraît, l'objet d'un privilège fort redierché ; car nous en trouvons une concession exclusive , faite par lettres patentes , le 23 mai 1767 , à une demoiselle d*£stampes, plus tard vicomtesse de Bourdeihes. Cette concession porte défense à tons selliers et carrossiers d'en louer, et permission de faire arrêter les contrevenants les jours de dimanches et de fêtes. Les particuliers qui se faisaient porter par des bricoliers non inscrits sur les registres de la noble dame, encouraient la peine de la confiscation de la voiture et une amende de cinq cents livres.

(*) Historiettes , voL lYi p. 187.

(") Ibid.;, loi.

Les porteurs de chaises aux services desquels recouraient tous les gens du grand monde, et surtout les mé*

decms. formaient une corporation nombreuse que la révolution a dissoute.

CHALAT8, OU la Roche - Chcdais , Caiescum , ancienne seigneurie du Périgord , avec titre de principauté , à 48 kil. (le Barbesieux. C'est auj. l'un des chefs-lieux de canton du dep. de la Charente.

Chalamort , l'une des douze cbAtellenies qui composaient l'ancienne principauté de Dombes. C'est aujourd'hui l'un des tïhefs-lieux de canton du dép. de l*Ain. Sa pop. est de 1,450 habitants.

Chaland. — On désignait par ce nom , au treizième siècle , les petits bâtiments qui voguaient sur la seine et sur la Loire. I^es Parisiens appe- * laient aussi pain chaland celui qui leur arrivait par cette voie , et chalands ceux qui en achetaicht. De là , ce mot prit insensiblement la si^nifi-'' cation plus étendue quMl a aujourd'hui.

Chalant , ancienne seigneurie de Franche-Comté, érigée en comté vers l*an 1420.

Chalbos (François) , né à Cubîères (Lozère), générnrde division des armées de la république, était chef de brigade lorsqu'il arriva , le 23 mars 1798 , à Fonteiiay , où s'organisaient quelques bataillons oui composaient toute l'armée républicaine. Sincèrement dévoué à la patrie, réunissant la bravoure aux talents militaires , il remporta sur les Vendéens plusieurs avantages remarquables. Vamcu à la Châtaigneraie par des forces quatre fois supérieures en nombre (voyez Chataignebaie [combat de]), il se retira sur Fontenay , où il répara glorieusement sa défaite (voyez Fonte- PîAY). Cependant Chalbos, rentré dans la Châtaigneraie, était continuellement harcelé par les Vendéens *, il fbt fbreé de se replier surFontenay. Mal secondé par ses troupes , qui étaient composées en grande partie de levées en masse, il fut encore battu ; mais il

ou FRANCE. CHA 40S

reprit bientôt plusiean revandiei à

Châtillon et à CnoIIet, où les rebelles, disait Kléber , combattirent comme des tigres et les républicains comme des lioDS. A Château-Gonthier , la di- ▼îeion Gbalbos fîit mise en déroute par In faute du général en chef LédieOe, dontrimpéritie coilta la vie à un grand nombre de guerriers , entre autres à l'intrépide Bloss. Cet officier général , blessé à la tête, ne voulant pas, dtsai^ il , survivre à la honte d'une pareille journée, s*élança au-devant de l'ennemi , sur le pont qu'il venait de défendre comme un autre Horatius Co- ' dès. L*année républicaine, après cette défaite , ne voulut plus obéir à Lé* chelle ; elle demandait à grands cris

gu'on lui r^dît Dubayet, ou que Kiéer fût chargé du commanaerneot ; mais celui-ci refusa. « Vous avez ici, n dit-il en parlant de Clialbos, un gé- « néral divisionnaire qui, à l'expérience « de quarante ans de service , joint le « ton da commandement et les for- « mes nécessaires pour inspirer de la « confiance. Je souffrirais chaque fois « que je serais obligé de donner des « ordres à un tel homme. » On se rendit aux raisons du brave et modeste Kléber. Chalbos prit le commandement en chef par intérim , et le comité de salut public approuva ce remplacement. Ce brave général mourut commandant d^armes de la place de Mayence en 1803.

Chalgrtn (Jean-François-Thérèse) naquit à Paris en 1739, entra de bonne heure à l'école d'architecture, et y fut élève de Servandoni*d*abord , puis de Boullée. Ces maîtres, qui luttaient contre le goiU du temps, s'efForçaient de remettre en vigueur, dans toute leur antique pureté, les règles de Tarchitecture grecque. Le Jeune Cbalgrin fut un des premiers qui adoptèrent leurs idées; l'I remporta, en 175S, le grand prix d'architecture , et partit pour l'Italie. De retour à Paris, il obtint la protection du ministre Bertin,

SI encourageait les arts et protégeait I artistes, et le duc de la Vrillière le chargea de construire son grand hôtel de la rue Saint-Florentin. Ce fut à celte

époque qu'il composa un projet d*é- Çlise grecque que Ton conserve encore a l'école polytechnique. Abusé par une admiration exclusive et maladroite

t)our i'antiqiuité , il voulait simplifier e système des élises chrétiennes , et ramener leur arâlitecture à Tunité de plan et d'ordonnance et à la forme des temples antiques. C'était d'après ces idées que Servandoni avait élevé son portail de Saint*Sulpioe. Cbalgrin fîtt chargé , en 1777, d'achever ce monument ; il éleva, de 1769 h 1784, l'église de Saint-Philippe du Roule. L'Académie d'architecture l'admit, en 1770, au nombre de ses membres , et il devint bientôt après architecte de Monsieur (Louis XVlfl). Enfin, il fut chargé de la restauration du Luxembourg. Mais loin de se borner à restaurer, il voulut corriger l'oeuvre de Jacques de Brosse. Il supprima un avant-eorps, refit les façades, et détruisit l'admirable galerie de Rubens pour y pratiquer un escalier : il est vrai que cet escalier est un cbefd'ccuvre.

En 1809, Chalgrin fut chargé , de concert avec Raymond , d'élever l'arc de triomphe de l'Étoile. Cette bizarre décision produisit des résultats auxquels on devait s'attendre. « Les deux artistes , dit M. Quntremère de Quincy, ne lurent ou ne parurent d'accord que tant que dura rétablissement des massifs de la fondation. Leurs démêlés virent le jour dès que I édifice sortit de terre. Chacun des deux avait un projet différent: M.Raymond avait orné son are de colonnes engagées; M. Cbalgrin avait disposé dans le sien des colonnes isolées, c'est-à-dire, adossées.

Au lieu de décider entre les deux dispositions , on décida que l'arc serait sans colonnes. » Chalgrin, par la retraite de Raymond , resta seul char^ d'achever ce beau monument, qui, par les grandes idées qu'il rappelle, est le principal titre de gloire de l'arcbitecte qui en dirigea l'exécution , et qui est, après tout, l'un des plus grands architectes des temps moder* nés.

Chalgrin avait fait partie de TAcadé-

406 CHA litTNiVERS. CHA

mie (l'architecture ; il Ht aussi partie de l'Institut^ Académie des beaux-arts).

U forma peu d élèves , et mourut le 30 janvier ISU,

Chalieb (Joseph) naquit près de Suze en Piémont en 1747. Destiné d'abord par sa famille à 1,'etat ecclésiastique y il étudia la philosophie chez les dominicains , et puisa , à leur école , cette exaltation et cette énergie c|u'on le vit déployer plus tard. Déjà , à cette époque, il s'indignait des abus de l'état social où il vivait, de l'égoïsnie du grand nombre, et souhaitait une révolution radicale qu'il priait Dieu d'accomplir. Arrivé à Lyon fort jeune encore, il s'occupa d'études littéraires, de dessin, de commerce, et devint enfin Tassocié d'un sieur Muguet.

Il se mit alors à voyager pour augmenter ses connaissances , tout en servant les intérêts commerciaux de son protecteur. £u 177â, il visita Constan* linople et les échelles du levant, et ces voyages eurent une grande influence sur sa destinée ; il vit de près le despotisme et ses nlus terribles conséquences, et il attribua à cette cause tous les maux contre lesquels il s'élevait jadis au couvent. Dès lors il se passionna pour la liberté et réi:alité,et leur voua un culte absolu. « Partout, dit -il, • j'avais vu , observé et réfléchi sur le « despotisme, la tyrannie et les abus « de tout genre. Au l<evant, en Ita- « lie, à Naples, à Rome, à Florence, « a Gènes, à Palerme, à Cadix, à « Madrid, partout je voyais le peuple « opprimé, et lorsque je me rappe* u lais par la lecture les beaux jours « d'Athpr)es et de Rome, la compa- « raison était effroyable. » Les événements de 1789 lui firent abandonner la carrière du commerce, dans laquelle il avait toujours montré une sévère probité. Il se rendit à Paris, se lia avec Robespierre, et de retour à Lyon, il essaya de faire partager aux habitants de cette ville le patriotisme qui l'animait. Nommé notable de la ville et membre de tous les comités, il déploya partout une grande activité. L'organisation de la garde nationale, celle de la

police, le règlement des fin^n^^uff delà ville, tout lui est dû.

Lorsque la Convention se partagea en deux camps , la Gironde et la Montagne, Chnlier, fidèle à la cause démocratique, devint montagnard. Le plus grand nombre des habitants de Lyon avaient, au contraire, adopté les principes bourgeois et fédéralistes de la Gironde. «La liberté, leur disait-ij, « chacun la veut; mais l'égalité qui « donne des coliques, c'est autre « chose. » Alors commença à Lyon la lutte entre les démocrates, peu nombreux , dominant à la commune seulement et dans la société des jacobins, et la bourgeoisie dominant au conseil départemental et dans la. garde nationale. Le 228 janvier 1793, Cnaiier, avec trois cents hommes armés, vint jurer au pied de l'arbre de la liberté d'anéantir les aristocrates , les feuillants , les modérés, les égoïstes, les agioteurs, les accapareurs et les usuriers. (Me démonstration mît les partis en présence. Tout annonçait une crise violente. Lyon était devenu l'un des

{principaux foyers des intrigues royaistes. Sa proximité de la frontière, ses tendances égoïstes permettaient, avec raison, aux agents de Coblentz, de croire qu'on pourrait faire soulever cette ville contre la Montagne. Chaiier, les dubs et la commune avertis, firent arrêter, dans la nuit du 5 au 6 fevrieir 1793, un grand nombre de contre-ré,volutionnaires, et décidèrent, dit-on, qu'il fallait les faire guillotiner révolutionnairement.- Le maire, Mivière, s'opposa à ce projet, et rassembla la pnrde nationale. Le club lui ayant déclaré qu'il avait perdu sa confiance, Civière donna sa démission; mais il fut aussitôt réélo par les modérés.

C^lier et les patriotes, la commune et les clubs , prévoyant bien que ce succès allait donner de nouvelles forces aux royalistes et aux girondins, envoyèrent une adresse à. la Convention pour obtenir rétablissement d'un tribiitinl révolutionnaire, le désnrme* ment des suspects, et une levée de huit mille quatre cents hommes pour former une armée révolutionnaire. La

€HA WKi

Convention refusa, èt par ce refas

ranima l'audace des contre-révolutionnaires et leur donna les moyens d'attaquer la municipalité, c'est-a-dire, le

Sarti jacobin. Arriva enfin la journée u 29 mai (voir Lyon). Les jacobins furent vaincus; le champ de bataille resta aux girondins, et ceux-ci commencèrent une réaction terrible. Qialier et ses amis furent mis en jugement^ malgré Tordre de b Convention, qm reconnut enfin son erreur, et ils furent tous condamnés par un tribunal décidé d'avance à ne pas les acquittert Les motifs de la oondamoation étaient au nombre de douze. Le plus important était le complot tendant à niro mettre à mort les suspects, complot dont on voulait voir la récidive dans le projet d*établir un trilninal révolutionnaire. Chab*er fut guillotiné le juillet 1793 (*), et sa mort fut le signal du soulèvement des Lyonnais contre la Convention , soulèvement qui devait être si cruellement réprime. (Voyez Lyon et Fôuche.)

Chvltgny, CaUlnîncuSy ancienne seigneuriede Lorraine, auj, dép. de la Meurtbe, à 13 kii. de JNancy, érigée en comté en 1&62.

CHA.uaNY (famille de). — Cette famille comprend une suite de fondeurs célèbres, dont le premier est Jeaiiy né à ISancy en 1529, mort eu IGlâ, qui fondit là fameuse coulevrine de vingt-deux pieds dont le P. Daniel a conservé le dessin {M il. franc. , t. I, pl. 28). Son lils David ^ mort en 1631, commença le cheval de bronze qui devrait porter, la statue de Charles III, duc oe Lorraine. Son frère Antoine acheva ce cheval, et exécuta le modèle en terre de la statue du duc. Louis XIV s'empara du cheval, et le fit trans- |iorter à Dijon, où il servit à Tune de ses statue^ équestres. La statue du duc est aujourd'hui au musée de Nancy.

Antoine Chaligny fut nonimé commissairfi général des fontes de l'artillerie de France; et mourut avant 1666. Son fils

(*) Sfoyez sur Châtier une inlércssantc notice in>t'rée par M. (lésar Bertholon dâUÂ la Revue du Lvouuuis, août i835.

Pierre travailla avec lui à la statue d$ Charles UI, et lui succéda dans sa

charge.

CuALiN DE Vin A RIO (Raymond), médecin du quatorzième siècle, né à

Vinac, petit village du Languedoc ^ étudia la médecine à Montpellier, et, après y avoir exercé quelque temps, se rendit à Avignon, ou il fut témoin de cette peste meurlrière qui se manifesta pour la première fois en 1347, puis se renouvela en 1360, en 1375 et en 1382. Chalin a donné une description exacte de ce fléau dans un ouvrage estimé, mais dont le style se ressent de répoque à laquelle il fut écrit.

Challàivs (combat de). — En avril 1794, le bruit que les puissances coalisées devaient opérer un débarquement de troupds sur les oôjtes de la Vendée, pour faciliter la marche de leur armée sur Paris, pénétra dans les provinces de l'Ouest. Cette nouvelle augmenta Taideur des royalistes et fit doubler leurs ran^. Câiarette et StofTlet, longtemps désunis par une rivalité funeste à leur cause, sentirent le besoin d'agir de concert. Le 30 avril, avec leurs forces combinées, ils attaqué' rent Ghallans, petite ville du département de la Vendée, que le général Butruy occupait avec une garnison assez considérable. Au point du jour, l'avant-garde de Charette, commandée parGuérin, culbuta les avant^postes républicains et tes repoussa dans la place. Pendant ce temps-là , Stofflet attacpiait sur la gauche, et Charette lui-même s'avançait par la route de Machecoul pour couper la retraite aux patriotes.

Tout à coup, un nombreux détachement de cavalerie sort de Ciiallans, et fond sur Guéri n qui s'est trop engagé. Ce chef résiste d'abord avec succès; mais bientôt, secondés par une colonne dinfanterie, les cavaliers républicains renouvellent leur ch:irge, et mettent le désordre dans les rangs ennemis. Le raouvenient rétrograde de Guérin entraîne la colonne de Charette, qui se voit bientôt contraint de quitter le combat* Stofflet, trop faible i)our le continuer seul, prit également le parti de se retirer; mais les républicains le poursui-

CHA

virent, et lui enlevèrent un convoi de vivres , perte d^autant plus sensible que le |>ays était ravagé et n'offrait aucune

ressource. Il fallut que les soldats de Charette partageassent leur pain avec ceux de Stofflet.

CHALLE(Cbarles-Michel-Ange), peintre d'histoire, né à Paris en 1718, obtint, en 1741 , le grand prix de peinture sur le sujet de la Gmrison de Tobie; entra à l'Académie en 1753, et fut nommé professeur de perspective en 1758. Challe avait étuoié particulièrement l'architecture et la géométrie. Son goût pour la décoration le fit charger plusieurs fois de la direction des f<Stes publiques. Cet habile artiste mourut le 8 janvier 1778.

Challe (Simon), sculpteur, frère du précédent, né à Paris en 1719, obtint le grand prix de sculpture en 1743 , sur le sujet de Fjénge Jrappani de la

?B8te le royaume de David, n fut reqa l'Académie en 1756, pour une Naïade qu'il avait exposée en 1755. Il s'occupa, comme son frère, d'architecture, et exposa, en 1757, plusieurs dessins représentant des projets de jardins et de places publiques. Challe mourut en 1765, âgé de quarante-six ans.

Chalmel (J. L.)) né à Tours, vers le milieu du dernier siècle, se montra

partisan de la révolution et fut appelé, en 1792, aux fonctions de secrétaire général du département d'Indre-et- Loire. Venu à Paris après le 9 thermidor, il y fut nommé secrétaire général deTadministration de l'instruction publique , et porté, en 1798 , au Conseil des Cinq-Cents par les électeurs de Tours. Il y dénont^a l'élection du directeur Treilhard comme Inconstitutionnelle, signala les agents de policn comme provocateurs des applaudissements des tribunes, et reprocha au Directoire d'avoir établi une odieuse inquisition autour des représentants du peuple. Associé dès lors aux hommes les plus énergiques du parti républicain, il appuya fortement la motion de déclarer la patrie en danger, et se fit remarquer parmi les plus ardents défenseurs de la cons-

titution de Tan m , dans la fameuse séance du 18 brumaire à SBint-Clond.

Aussi Napoléon fit-il inscrire son nom sur la liste des soixante et un députés proscrits. Cependant Chalmel finit ensuite par le fléchir ; il devint souspréfet de l'arrondissement de Loches en 1815, et reparut à la même époque à la chambre des représentants. Lors de la seconde restauration, il se retira complètement des affaires publiques, et mourut à Tours en 1829.

Chalok-sur-Saôivk, CahîUonumy ancienne capitale du Châlonnais de Bourgogne, au jourd'hui l'un des chefslieux de sous-préfecture du département de Sadne-et-Loire.

L'origine de cette ville remonte à des temps fort reculés. César dit dans ses Commentaires qu'elle appartenait aux y£dui, et il raconte (*) gu'il y forma' des magasins de vivres. Auguste la visita ; mais le véritable bienfaiteur de Châ»

Ion , comme de toute la Bourgogne, fut l'empereur Probus, qui naturalisa sur les coteaux voisins la culture de la vigne. Constantin le Grand s*y arrêta avec ses légions, Iorsqu*en 312 il marcha contre l\Ia\ence. Cette ville a eu souvent à souffrir des ravages de la guerre. Pillée et brûlée par les Germains vers 264 , par Attila en 451, puis par le mérovingien Chranin , elle fut reconstruite par Childebert.

Contran, roi d'Orléans et de Bourgogne , choisit Châlon pour sa ca- Itale, et Brunehaut y résida. Les arrasins d'Abdérame y laissèrent, en 732, de tristes marques de leur passage. Trente ans après, Waifre , duc d'Aquitaine^ la ravagea. Charlemagne la rebâtit et y tint un condU en 818. Mais après la mort de ce prince« la barbarie ayant repris son empire, Lothaire saccagea Châlon , en 834 , v mit le feu, et y commit des actes de la plus révoltante cruauté. Ainsi, par ses ordres , la belle Gerberga , sœur du duc de Septimaîne , y fut arrachée de son couvent , traînée par les cheveux sur ie pont , enfermée dans un

(*) Guenre Ganles, liv. vu, di. 90,

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tonneau et jetée dans la Saône. Les Hongrois prirent Châlon en 937. Au quinzième siècle , elle fut la proie des ieareheurs; puis, les guerres civiles do quinzième et du seizième siècle v causèrent de nouveaux mallieurs. Chér Ion ayant embrassé le parti de la ligue, Mayenne s'y retira en 1588, et , lors de la trêve de 1595 , cette ville fut du nombre de celles qu'on lui accorda pour siireté. Avant la révolution , Châlon faisait déjà un commerce considérable. Mais son importance 8*est principalement accrue pendant les guerres de Pempîre à cause de sa position sur le canal du Centre.

Lorsque l'étranger envahit notre pays en 1814, ses habitants coopérèrent activement à la dé&nse du territoire ; ils rompirent deux arches du pont sur la Saône, et tinrent pendant deux jours en échec une division antricbienne. Pour les récompenser de cette belle conduite, Tempereur leur fit (Ion de quatre pièces d'artillerie, qui leur furent retirées sous la restauration, puis rendues après la révolution de juillet 1830.

La cathédrale de Châlon est un édifice gothique de la fin du treizième siècle, bâti sur l'emplacement d'une autre église , fondée en 532. Châlon est une des TÎIIes de la France où il 8*e8tteno le plus de conciles ; les évêques français s'y sont réunis huit fois, savoir, en 579 , 644 , 813 , 886 , 894 , 1063, 1115 et 1129. Cette ville pos- •sède aujourd'hui des tribunaux de première instance et de commerce, une bourse de commerce, une société d'agriculture, un collège communal et une bibliothèque publique de dix mille volumes. Sa population est de 13,330 hab. C'est la patrie de saint Césaire, de Pontus de Thiard , du conventionnel Roberjot, du savant Denon et de Tuigénieur Gauthey, qui dirigea les travaux du canal du Centre.

Chalon ( comtes de ). — Les premiers comtes de Châlon -sur -Saône furent bénéficiaires ou amovibles -, quelques-uns furent en même temos comtes de Mâcon et d*une partie ou Ghaiolais.

r Jdalard, comte de Châlon , fut chargé, en 763 , par Pépin le Bref, de marcher contre Chilping, comte d'Auvergne, quMI vainquit sur les bords de la Ix)ire. Après la mort de Garloman, il se soumit à Charlemagne.

2" IVarin ou Guérin fut créé par Louis le Débonnaire, comte d'Auvergne, de Châlon et de Mâoon. Il mourut en 856.

3' Tliierry , son fils , lui succéda dans le comté de Châlon. Il fut un des principaux conseillers de Charles le Chauve, et assista avec ce prince , en 870 , au traité d'Aix - la - Cnapelle. Louis le Bègue le nomma, en 878, son grand chambrier , et lui donna , Tannée suivante, le comté d^Autun.

Thierry fut tué en 880 ou 881 , dans une bataille contre les Saxons révoU tés.

4" Bacul/e lui succéda, et fut remplacé, en 886 , par

5* Manassès, dit le F"ieux, qui fut comte de Châlon, d'Anxois, deBeaune et de Dijon ; prit part , en 888 , à la bataille gagnée par Richard , duc de Bourgogne, contre les Normands, près d*Argenteuil; à la prise de Sens, sur le comte Garnier, en 896; et à la célèbre victoire que Richard et Robert, marquis de France, remportèrent près de Chartres, en 910, contre une nouvelle armée de barbares. La valeur dont ilfit preuve dans ces différentes circonstances lui valut le surnom de Preux. 11 mourut vers Pan 919.

Giselbert, son 6l8, lui succéda dans les comtés de Châlon, de Beaune et d'Auxois. Il fut encore créé comte d'Autun, et devint, en 921 , duc de Bourgogne , açrès la mort de son beau - pere , Richard le Justieier. Il mourut en 956.

7" Robert de Ferviandoîs , comte de Troyes, son gendre, lui succéda dans le comté de Châlon , que sa fille Adélaïde porta en dot, en 968, à

8^'Lamoer/, fils de Robert, vicomte d'Autun, regardé par les auteurs de l'Art de vérifier les dates comme le

Ïremier comte héréditaire de Châlon.

1 mourut en 978.

9* et 10*. Sa veuve, Adâalde, se

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L'UNIVERS

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rëmaria avec Geoffroy Grisonelle, comte d'Anjou, qui devint ainsi comte de Chàlon. Mais ce seigneur étant mort eu 987 p Adélaïde abdiqua , et Hugues Capet força Hugues 7*', le seul fils qu'elle eût eu de son premier mari, et qui avait embrassé Tétnt ecclésiastique, à se charger de Padministration du Châloniiais. Uu^uei obéit , et, pendant sa longue administration, il prouva plus d'une fois qu'il savait également bien porter la cuirasse et la haire. Il mourut en 1039.

Il» Son neveu, Thibaut , fut après lui comte de Châlon , et mourut en 1065. Il eut pour successeur

12" Hugues II y qui , en mourant, 8D 1076, institua pour son héritière,

13* Jdélaïde, sa sœur aînée, veuve de Guillaume, seigneur de Thiero. Elle

mourut en 1083.

14" Gui de Thiern, son fils, Ceoffroi de Donzy, et Savaric de f 'eryi/, se disputèrent ensuite le comté de Châlon , qui resta enfin , en 1118 , au fils de Gui de Thiern,

15" Guillaume Z'"'', qui mourut vers 1168, avec une fort mauvaise réputation. Voici ce que rapporte de lui , diaprés les auteurs contemporains, le Miroir hUtorial : « En Bourgogne, GuilL'iuine, le comte de rii.'llon-sur- Siiùne, a l'aide de grand planté de Brabançons vint courir sus à l'abbaye de Cliihi. Le& religieux et plusieurs gens de la terre vindrent au devant tous désartnés portant les reliques au'ils avoient a\ec eulx , la croix et le Corpus Domini, pour lui prièr merci , et pour Thonneur de Dieu que il ne mesflt rien à l*église : mais l(! (lélovtil comte et ses gents les dépoiiillèi eut tous nuds et robèrent l'abbaye et pillèrent tout ce qiiMJs trouvèrent et en tuèrent bien cinq cents. Cest horrible faict sçut le roi ; il assembla son ost hastivenient , et vint sur le comte (jui ne l'osa attendre. Jjd roi print le mont Sain^-Vyicc^nt de Châlon, la moitié en donna au diic dé Bourj^ogne, et l'autre moitié au comte de ÎS'evers, pour ce qu'ils l'avoient servi en son

ost : tous les Brabançons qu'Q j

trouva fit pendre. »

10" Guillaume II , fils et héritier de Guillaume r**, alla, en 1168, à l'ahbaye de Veselay, faire sa soumission a rouis le Jeune, qui lui rendit les domaines (ju'il avait enlevés à son père. Il necompapna ensuite le roi à la croisade, en llOO^il en revint et mourut en 1203, ne laissant qu'une fille, qui lui succéda.

17" ^c«/r/.r mourut en 1227, laissant de son mariage avec Éliemie OU Eulcvc'iwH, un fils et une fille.

18" Jean dit le Sage avait été associé, du vivant de sa mère , au gout vernement du comté de Châlon. Il lui succéda , et échangea , en 1237 , ce comte, avec Hugues IV, duc de Bourgogne, contre les seigneuries de Salins, de Bracon, de Yillafans et d'Oman. Mais il conserva le titre de comte de Chàlon , qu'il transmit à ses desceudauts. (Voyez Si.Li?is [sires dej.)

Chalon-sur-Sàonb (monnaie de)*

— On connaît une monnaie gauloise d'argent , sur laquelle on lit c vballo, et qui représente au droit un bœuf, et , au revers , une téte juvénile diadémée.

On pense qu*elle a été frappée, pendant les premiers temps de la période romaine, à Chfdon-sur-Saône. Quoique cette ville soit devenue plus importante dans la suite, on cessa cependant d'y battre monnaie. Mais, aptrès la grande invasion des barbares, on y ré« tablit un atelier monétaire , qui fut un des plus actifs de la Gaule. Les triens qui en sout sortis sont eu etfet si variés et si nombreux ^ que nQua deyons renoncer à les nientionner tous. Noui citerons seulement les plus curieux; entre auUes le fameux tiers de sou d'or, à téte de face, du mpuétaire ma- ONOALDYS, et qu'on a cru longtemps, mais à tort, sur la simple autorité de Boutroue et de le Blanc, avoir été fr-ippe par Brunchaut. (^est le triens à tète de face le plus anciennenieut connu; depuis, on en a trouvé im assez grand nombre tant de Chflloo que d'autres localités. Les autres monnaies de cette ville, offrant

FRÂ5GÈ.

GHA

comme à l'ordinaire des profils, présentent, au. revers , une croix tantôt Bimple, tantdt . ansée ou chrismée, t(t généralement accostée des lettres CA , initiales de CabiUonum ou Cavi-

. kmum, qu'elles portent pour légende, en toutes lettres au droit : ca-

•BLO^NO, €AViLOifNO. Nous ne pouvons omettra içl une particularité importante que présente la monnaie de ChâloU) c'est la présence des noms de deux monétaires sur un même

• triens; cette Tille, à elle seule, nous offre deux exemples de cette particularité : CABILONNO FIT SVINTIO ET BOMFACIO. — CABILONO FIT DESBDB PAST. PISCVSËT DOHIVOLYS. Ou doît

encore remarquer la bizarrerie de cette dernière légende, qui ne peut s'expliquer fju'en admettant que l'évéque de Chalon avait obtenu le droit de battre monnaie.

On connaît âussi des deniers frappés à Cbâion, sous la première race.

Ces pièces portent, d'un côté, le mot TEVdebëbte , qui peut être tout aussi bien le nom d'un monétaire que celui d'un roi ; et, de l'autre cdte, la légende CA-BL-ON-NO, coupr'p ( Il quatre par une croix à longues branches.

. Sous la seconde race , l'atelier monétaire de Cbâion ne fonctionna plus avec une aussi grande activité. On connaît cependant des monnaies frappées dans cette ville au nom de Charlemagne, de Charles le Chauve, de Louis lY et de Lothaire. Celles de Cbarlemagne ont dd être fcappéesavant ion voyage en Italie; elles sont grossières et portent le nom du roi en deux lignes , avec celui d^ia ville en monogramme. Celles de Charles le Chauve sont, comme à l'ordinaire, marquées du monoiirnmme de ce prince , et n'offrent d'ailleurs rien de particulier. 11 n'en est pas de même des deniers frappés au nom d'Eudes , de Louis IV et du roi Lothaire. Dans cëuz du pre* mier, on voit les deux mots odorex , écrits circulairement dans le champ; sur les deniers de Louis, le mot lv- MVIÇY9 ne porte pas d'H , et la syllabe TA8 , du champ, y fiut suite à la

légende cavilonis civ. Quant à la monnaie de Lothaire , on y lit : gavi- I.0NCIV1T, et, entre grenetis, — K lotabivs bex , le champ est marqué d'un B. Cette empreinte est trèsremarquable, et elle servit de type à la monnaie châlonnaise pendant tout le moyen âge. Nous connaissons, en effet, des deniers du roi Robèrt, de Henri et de Philippe P*", marqués de \di même empreinte. Cependant, comme cette ville n'appartenait pas a ces princes, il est à peu près certain que ces monnaies ne furent pdint frappées à leur profit , mais au profit des comtes de Châlon. En effet, un de ces comtes, nommé Hugues, effaça le nom do roi , et le remplaça par la légende moneta hvgonis. Ce comte doit être Hugues H, qui mourut en 1075. Ce-

1)ejidant, nous devons le dire, tous es deniers ainsi marqués paraissent avoir été frappés à une époque plus récente. Cette circonstance ne doit point rependant nous arrêter, puisqu'on sait que, dans le moytn âge , les types des monnaies étaient quelquefois stationnaires. Il est probable que, depuis In fin du onzième siècle jusqu'en 1227 ou environ, les seules esf)eces qui eurent cours à Châlon portaient pour légende, d'un côté, MONBTA HTGOiris , entre grenetis , autour d'une croix à branches égales, cantonnée d'im fleuron au premier et au quatrième canton , et d^in annelet au deuxième et au troisième ; de l'autre, cÀBVLO cmxAs; et, dans le cliamp, nn b accosté de trois anneletà et d'une croisette. Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que l'on connatt plosièurs deniers marués de cetvpe, et offrant entre eut e grandes différences sous le rapport du style et de la fabrique. Les exemples analogues sont d'ailleurs assez communs ; on en trouve sur les monnaies de Nevers, d'Angers, do Mans, d'Angoulême, de Poitiers, et de beaucoup d'autres villes. Vers 1227, le type des monnaies de Giâlon changea; is tscAnte* Jean .effk^ du chamo le b, qui n'était proba-

CHA

L'UNIVERS

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blement que l'initiale de J^vrgundia, et frappa une monnaie qui porte pour légenae , d'un côté, iohanmes comes, autour d*une croix; et, de l'autre, CABiLLOCivis autour d'un temple. En 1237, il vendit sa monnaie avec son comté à Hugues IV, duc de Bourgogne ; et , depuia cette époque , on ne trouve aucune monnaie qu'on puisse attribuer à Châlon.

Chalon (petite guerre de). Lors d'un voyage que le roi d'Angleterre Ëdouard I*' fit en France , en rannée 1273 , il fut invité à un tournoi que le comte de Châlon-sur-Saône donnait en l'honneur des chevaliers revenant de la terre sainte. Le prince accepta et fit annoncer par toute la Boureo* gne que lui et tes chevaliers qui l'avaient suivi en Palestine tiendraient un pas d'armes contre tous venants.

Au lour fixé, quand il se présenta dans le champ dos, il avait mille Anglais sous ses ordres, et le comte de Châlon avait environ le double de soldats.

Ëdouard , dans les joutes contre les comtes et les barons, eut tous les honneurs du tournoi. Puis ensuite il y eut une mêlée affreuse entre les fantassins des deux nations. L'issue ne pouvait en être douteuse, car les Anlais seuls étaient exercés aux armes, ont l'usage en France était presque interdit par les seigneurs aux boureois et aux roturiers. « Les Anglais, it Mathieu de Westminster, s'abandonnant à leur colère tuèrent un grand nombre de Français; et comme c'étaient des gens de condition vile , on se souciait fort peu dè leur mort; car c'étaient des fantassins désarmés qui ne songeaient qu'à enlever du outin. » Ces quel- 9ues lignes du chroniqueur donnent a penser que le comte de Châlon et ses chevaliers n'étaient peut-être pas fâchés de se voir ainsi débarrasses de quelques milliers de ces bourgeois et de ces paysans , dont l'esprit d*indépendance et de liberté commençait déjà à leur inspirer de vives inquiétudes. Le lieu du combat tut couvert de morts, et ee sanglant tournoi fut dé-

si^né sous le nom de petite guerre de Châlon.

Chalonnais de Boubgogne , CabUlonensis nger on tractus. Ce petit pays , dont Châlon-sur-Saône était le chef-lieu, avait, en 1789, 52 kil. en tout sens; il était borné, à l'est, par la Franche^Homté ; au nord , par fa Bourgogne propre ; à l'ouest, par l'Autunois; et au sud, par le Mâconnais. Il est aujourd'hui compris dans le département de Saône-et-Loire.

Du temps de César, il était habité par les Ambarri et les Zediones, peuples qui faisaient partie de la confédération des Édueîis. Sous Honorius, il était compris dans la première Lyonnaise. De la domination romaine, il passa sous celle des Bourguignons , et fut ensuite conquis par les Francs. Vers l'an 850, le Chalonnais commença à être gouverné par des comtes |)articuliers et héréditaires, dont le dernier fijt Jean le Sage , tige de la maison des princes d'Orange, qui, comme nous ravons déjà vu (page 410, col. 2), échangea en 1237, son comté avec Hugues IV, duc de Bourgogne. Depuis cetecbange»

le Châlonnais suivit tes destinées du duché de Bourgogne.

Chalo?î>ais de Champagne, Cat(daunensis ager ou iractus, canton de l'ancienne province de Champagne, dont ChâlonS'Sur-Mame était le cneflieu. Borné, au nord, par le Rémois et le pays d'Argonne; au sud , par le Perthois et la Champagiie Pouilleuse ; à Test , par le duché ne Bar; et à Pouest , par la Champagne proprement dite, il avait environ 40 Kil. en tout sens.

Il était habité par les Catalauni, compris, du temns de César, dans le vaste territoire des Remi, mais dont aucun auteur ancien , avant Constantin , n'a fait mention , qtioique nous ayons des médailles antiq les frappées au nom de ce peuple (•}. Sous Honorius, le Chfilonnais faisait partie de la seconde Belgique. Il est maintenant compris dans le département de la Marne.

O Mioiuiet,I>eiGr.deiaiéd.,tI,pi>ii.

eux

Chalonnes , petite et ancienne ville de l'Anjou, auj. chef-lieu de canton du dép. de Maine-et-Loire , à 24 kil.

d'Ângera. Cbalonnes était autrefois défendue par un château fort, oui fut plusieurs fois assiégé pendant îe seizième siècle , et fut démoli sous le règne de Louis XIIL On compte maintenant à Chalonnes quatre mille neuf oent soixante-neuf habitants.

Chaloks-sur-Marne , Cafalauni, l'une des cités gauloises dont les historiens anciens ont parlé avec le plus d*éloges, est fréquemment mentionnée dans Vopiscus , Kiitrope et Ammien Marcellin. Ce dernier, qui suivait à la guerre des Gaules 1 empereur Julien, la nomme au nombre des belles Tilles de la seconde Belgique, même avant Reims , métropole de cette province ; et les anciennes notices des cités et provinces des Gaules lui donnent le troinème rang parmi les villes de la Gaule Belgique. Les Romains embellirent cette ville et la fortifièrent. Saint Memmie y prêcha le christianisme vers 250 , et en fut le premier évéaue. En 373, une bataille sanglante eut lieu sous ses murs, entre Aurclien et Tétricus. En 451 Attila v fut défait par Aetius [voy. Chalons (bataille de), p. 414 et suiv.j.En 963 , Herbert et Robert de Yermandois Ti^siégèrent et la brûlèrent avec le château qui en faisait la principale défense. Au dixième siècle, Châlons, qui avait depuis longtemps4e titre de comté, forma une espèce d'État libre sous le gouvernement de ses évéques , qui furent investis du titre de grands vassaux de la couronne, et qui gouvernèrent cette ville jusqu'en 1360, époque où le roi Jean réunit le comté 06 Ghfllona an domaine roval.

C*est dans cette ville que Charles VU, accompagné de Jeanne d'Arc, reçut, en 1429, les députés de Reims. Les Anglais tentèrent vainement de s'en emparer en 1430 et en 14S4. Sous la ligue, elle resta fidèle à Henri III, et garda la même fidélité à Henri IV. Le 10 juin 1591, le parlement de Châlons déclara scandaleux , calomnieux et plein d'impottnros le monitmre lancé contre le roi par Gr^ire XIV« et fit brûler ce

monitoîre sur la place publique par la main du bourreau.

Avant la révolution, Châlons était le siège d*une généralité, d*on bailliage présidial, aune élection, d'une grande maîtrise des eaux et forêts, etc. Son évéché, qui avait le titre de comtépairie, et datait du quatrième siècle, était suffragant de Reims. Aojour« d'hui , cette ville , dont la popul. est de 12,413 hab., possède encore un évêché; elle est le chef-lieu du département de la Marne , de la deuxième division militaire, et de la dixième conservation forestière. Elle possède des tribunaux de première instance et de commerce ; une chambre consultative des arts et métiers ; une société d'agriculture, sciences et arts; une école des arts et métiers ; un collège communal; un grand et un petit séminaire, et une bibliothèque publique de vingt mille volumes.

Ses principaux monuments sont : la cathédrale, reconstruite en partie sous le règne de Louis XIV ; l'église Notre- Dame , édifice du quatorzième siècle , où Ton remarque un pavéen mosaîaue , couvert d'inscriptions curieuses ; rhôtel de ville , construit en 1772, et dont le fronton est orné d'un beau bas -relief; entin, Thotel de la préfecture, ancien hôtel de l'intendance, constmît en 1764.

L'astronome la Cnille, le médecin Akakia, le traducteur Perrot d'Ablancourt, le lieutenant général Sainte- Suzanne, etc., sont nés è Cbâlons.

Chalors- SUfi - Marne ( monnaie de). — On attribue à la ville de Chûlons des monnaies gauloises qui portent pour légende les lettres cata et GATAL , €t dont on connaît déjà troit variétés; l'une présente , d'un coté, unetête casquée tournée à droite, et, de l'autre, un lion tourné à gauche, avec des symboles assez difticiles à expli-

3uer, Sur la seconde, on distingue , an roit, une téte de Mars tournée à gauche , et au revers, un aigle sur un foudre . et un vase ; enlin , la troisième représente, d'un coté , uu porc tourné vers la droite, et, de loutre, une massue, une téte de lacet et quel-

ques autres Cgures assez vagues.

Gonome on le pense bién^ ces mon* naies, qui sont de bronze, ne sont

attribuées à cette ville que d'une manière tout à fait conjecturale ; mais il n'en est pas de même d'un tiers de sou d'or mérovingien,qui représente un profil tourné à droite , avec l'a légende ca- TALA CIVE , et line croix à brnnches égales , autour de laquelle se trouve le nom d'un monétaire, lvciys moneta; ni de deux d^iers de Charles \e Chauve, marqués du monbgramm^e ce prince, et des légendes gratta di bex et ca-

TALAVNIS CIV; CATALAYNIS GATA

tour (civitas). Pendant le moyen âge, I monnaie de CbâIons-sur-Marne appartint à révéque ; et , pendant le treizième siècle, il en est souvent fait mention dans les chartes relatives au Verdunois, où il parait qu'elle avait cours à cette époque. Cependant ces actes, qui sont tous inédits, sont les seuls, à notre connaissance, où il en soit question. Duby ne nous fournit aucun texte qui soit relatif à cette monnaie; et il se çontefite dé donner le dessiij de deux pièces qu'il croit appartenir à dînions; mais l'une est évidemment une monnaie de Laon ; quant à 1 autre , elle appartient réellement à la ville de Ghâlons, et a été frappée sous l'administration de l'évêque Geoffroy de Grandpré. On y voit d'un coté, en légende, gaveridvs episcop, et, dans le champ , pax — ^ — ; de l'autre , ca- TAÏLATNicivii , et dsus le champ, une croix à branches égales , cantonnée d'un besant au deuxième et au troisième canton.

Chaloms (bataille de). — La bataille de Cbâlons un des événements les plus importants de notre histoire. Jamais une invasion aussi terrible que celle d'Attila n'avait menacé la Gaule.

D'un autre côté, ce pays venait de recevoir, par une suite d*autres invasions partielles y de nouvelles populations qui, fondues ensemble et avec les Gai lo- Koniains, devaient, plus tard , former la nationalité française. Il est curieux de voir ces populations si diverses réu* nies, pour la première fois, sous les m toea drapeaux pour combattre on

ennemi commun. Les efforts qu'elles firent alors pour dépendre le sol Qu'elles venaient de conquérir, durent le leur faire chérir davantage, et contribuèrent sans doute à les y fixer d'une manière immuable. M. Pauriel a recueilli dans les historiens originaux , et habilement groupé toutes les circonstances de ce grand événement; nous lui avons emprunté une grande partie de notre récit.

Non content d'avoir, pendant vingt ans, humilié ou ravage l'empire ro* main, Attila avait résolu de le conquérir. Ayant des griefs contre l'une et l'autre nioitié de cet empire, il envoya en même temps des ambassadeur^ à Constantinople et à Ravenne, porter ' des demandes dont le refus devait entraîner la guerre, et dont la concession équivalait a des droits de conquête (*). A Constantinople, il ^t réclamer d«| arrérages de tributs; à Ravenne, il demanda, à titre de fiancée, la princesse Honoria , avec la portion de l'empire d'Occident qui lui ^revenait pour sa dot.

Les demandes du roi des Puos furent rejetées avec la même fierté à Constantinople et à Ravenne (**), et il ne lui resta plus qu'à décider lequel des deux empires il allait attaquçf le premier. 11 se décida pour celui d'Occident, et résolut d*y pénétrer par la Gaule.

Il passa le Rhin sur un pont de bateaux (***), et prit sa marche de l'est

à l'ouest, à travers ce pays, en se dirigeant sur Orléans. Une peuplade d'Alains, au service de l'empire , était alors Stationnée sur les boras de la Loire; le chef de cette peuplade, Sangiban, était, à ce qu'il paraît, d'intelligence avec le roi des Iluns, et devait lui livrer les passages confiés à sa garde (****).

Des populations que les Huns ren-

contrèrent sur leur route, les unes furent égorgées dans leurs villes prises

(*) Exeerpta e Prisci histotia. vu.

(•*) Ibid.

(***) Sidon. Apollinar. Panegyric Avitî.

JomaiMif^ de Reb. Get.

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