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monde à la «mrngBoràtit d^rnine
perdu l'oare de Corse, U hngmid dê Vile d'Elbe. Mais le 10 mars, à sept heures du soir , et presque sous les yeux du comte d'Artois, Napoléon entra fiaiis un des fiiubourgs de Lyon, celui de la Guillotière. Les princes furent obligés de sortir de la seconde ville de France et ne furent suivis
aue d'un seul garde national ù cheval, ont Napoléon récompensa le dévouement en lui donnant la croix d'honneur. A Paris, le 11, un officier de la maison du roi parut sur le balcon des Tuileries, et annonça que le duc d'Orléans, à la téte de vingt mille hommes de . lagardenationaledelLyoD,avaitattaqué et complètement battu Bonaparte dans la direction de Bourgoing. Le lendemain, le retour du con)ted'Artois prouva le degré de confiance que méritaient les nouvelles répandues par la cour.
Maître de Lyon , l'empereur commença à reprendre ses anciennes habitudes: le 13 mars, il rendit plusieurs décrets d'une grande sévérité contre les fauteurs de Taixcien régime, en preseriTant le séquestre et la confiscation de leurs nlens. Il en signa d*aiitrps, q!ii , mieux inspirés , annulaient les actes contre-révolutionnaires du gouvernement royal, et remettaient en vigueur les lois de TAssemblée constituante portant abolition de Tancienne noblesse et des ordres de chevalerie. Enfin, par un dernier décret, il prononça la dissolution de la chambre des pairs et de la chambre des députés , et convoqua extraordinairement tous les collèges électoraux de l'empire à Paris , pour y former une assemblée de champ de mai , et s'y occuper de la révision des constitutions impériales.
A mesure que la fortune de Napoléon grandissait , celle des Bourbons allait en déclinant. A la revue que le comte d'Artois passa de la garde parisienne, il demanda aux trente mille hommes qui la composaient ceux qui voulaient marcher à l'ennemi : deux cents hommes à peine répondirent à son appel. La cour ne lut pas plus heureuse avec les voloutaires royaux
dd deraient Mn partie de tamée du duc de Berri ; pas un ne se présenta. On crut tout réparer en nommant le maréchal Ney au commandement de Tarmée de l'Est. On avait aussi fondé de grandes espérances sur Touverture du parlement, qui eut lieu le 15; Louis XVIII et le comte d'Artois prêtèrent serment de fidélité à la charte devant l'assemblée , et se donnèrent une accolade fraternelle. Cette scène eoncertée d'avance avait pour but de contnhbalancer l'impression fâcheuse qne venait de produire la déjection du maréchal Ney.
La effet, le 13 mars, le maréchal ?rey, arrivé à Lons-lfr-SanInier, s'était déclaré pour Napoléon dans une proclamation commençant par ces mots :
'< La cause des Bourbons est à jamais perdue I » Le même jour j Napoléon avait quitté Ljon et était arrivé à Mâcon; le 14, il coucha à Ghâlons, et le 15 à Avallon. Les habitants de la Bourgogne l'accueillirent avec le même enthousiasme que ceux du Dauphiné; partout les populations accouraient en masse à sa rencontre.
liC 17, il fit son entrée à Auxerre, où le maréchal Ney vint le rejoindre le 18 ; l'empereur embrassa le brave des braves , qui n'avait fait que céder aux voeux de son armée et aux désirs de l'immense majorité de la nation , en mettant l'épée de ses soldats et la sienne au service du grand homme qui se présentait comme un libérateur, et qui avait pris rengagement de doter la France des institutions qui lui manquaient. C'est à Auxerre aussi que Napoléon apprit la nouvelle de l'invasion malencontreuse de Murât en Italie. Quelques années plus tard^ .
il dit à Sainte-Hélène, en parlant de cette nouvelle folie de son beau -frère: n Deux fois en proie aux plus étrnn- « ges vertiges, le roi de Naples fut deux « fois la cause de nos malheurs; en « iai4,ensedéclarantoontre la France, « et en 1815, en se déclarant contre « l'Autriche.» Le 19, Napoléon pnrtit d' Auxerre , et il arriva à Fontainebleau , à quatre heures du matin.
Pendant la nuit L.ouis XVIII , suivi
4i 9i4qQi8f4iifi ée aefl aneiéns oom* paf noDS d'exil , avait quitté furtivement le château des Tuiferies et s'était dirigé vars la frontière belge. Son da- Mrl ne resiemblait guère à l'arrivée de l'enipereor : Tun s'avançait d'une manière triomphale, l'autre cherchait à se dérober dans sa fuite ; le droit divin s'en allait une seconde fois , ex-
elsé par la eoureraineté du peuple.
I 30 man 1815 offre un des plus singuliers contrastes dont l'histoire ait donné l'exemple : à Fontainebleau, encore plein du souvenir de sa récente abdication, Hapnléon, victorieux eani coup férir t et n*ayanl plus qu'un pas à faire pour remonter sur le trône ; à Paris, Louis XVllI, forcé, après dix mois de règne, à reprendre la route 4e Texil » et à retourner sur la terra étrangère il avait déjà passé vingtcincf ans de sa vie. Napoléon partit de Fontainebleau à deux heures , après avoir ordonné un jour de repos aux grenadiers de l'île d'Elbe , qui , en moins de dix-sept jours , avaient parcouru avec lui une route de oeux cent vingt-sept lieues, mais qui ne se souiîiirenl a ce commandenieul qu'à regret. 11 arriva le soir à i^aiis, et entra ters les neuf heures aux Tuileries par l'arcade de Flore. La foule le porta dans les appartements que Louis XVIII avait quittés la nuit précédente; on se jeta sur lui avec tant d'enthousiasme qu*il Ait obligé de dire : « Messieurs , vous m*étoiu« fez ; » la joie fut telle qu'il y eut un monicut de vertige.
C'est au 20 mars que commencent Téritabiement les cent jours. !Napoléon ayant remis lui-même la couronne sur sa téte, il ne s'agissait plus que de savoir comment l'empereur entendait ouverner à l'avenir. Sa précipitation tait évidemment une faute ; mais on se montrait généralement assez disposé à la lui pardonner, pourvu qu'il (Consentît à ne plus militariser le pouvoir, à ne plus traiter la France entière comme une armée, et l'Europe comme on pa^ à conquérir. La division des partis et les dangers dont nous me^it le oongr^ de Vienne
faisaient comprendre à tous les hommes émineots et à la majorité de la nation ^ue Napoléon étant l'homme nécessaire , le moment eût été mal choisi pour roawbander le pouvoir avec lui. Une constitution appropriée au besoin de l'époque et librement consentie de part et d'autre , voilà tout ce qu'on exigeait en retour des nouveaux sacrifices qui allaient devenir nécessaires. A ces conditions, Carnot, le représentant du parti républicain , et Benjamin Constant, l'un des chefs les plus distingués de l'opinion libérale, mettaient leurs s^vieei à la disposition de l'empereur. Cependant, la rapidité avec laquelle il était redevenu souverain, la préférence , qu'à son insu peut-être , il avait témoignée pour rarmée, son.
ambition bien connue et qui ne paraissait pas avoir diminué , son penchant pour la guerre, le désir qu'on lui supposait naturellement de relever l'honneur de ses armes et sa gloire de grand capitaine , étaient autant de rootift qui tenaient en éveil la défiance générale. Ée parti royaliste et le parti d'Orléans se tenaient prêts à
t)roliter de la moindre faute, et à souever contre lui la classe bourgeoise qui soupirait après le repos encore bien plus qu'après la liberté. Les rois coalises, qui s'étaient ménagé des intelligences à Paris , lors de leur première invasion, soudoyaient de nombreux agents, cliargés de fomenter la discorde, et avaient des créatures jusaue dans le gouvernement. Desoncôté, l>n)j)ereur craignait que les exigences des républicains et Tamour-uropre offensé de la Fayette et de quelques autres chefg de l'école libérale ne missent des entraves sérieuses à la marche du gouvernement. Il avait éviJemment l'amour du bien ; mais i'auibition était toujours là pour lui faire oublier les conseils de la prudence ; sa santé était affaiblie par Page et par les suites du poisonqu'il avait prisa Fontainebleau, après les désastres et les trahisons de 1814 ; il ne se sentait plut la même' oonfiance en lui-même. Sollicité en aens contraire par la France qui voa^
CSV wBjomf
Iftit la paix et par les rois coalisés qi)i vouliîrat la guerre, son géoieHotlait
dans r indécision , préférant la guerre, mais pensant bien qu'on ne lui accorderait pas de bonne volonté les moyens de la conduire d'une manière digne de lui« et qu*U n*a¥ait plus la puissance 4e ae les procurer de vive force. Lui* même a fait plus tard Taveu des sentiments de défiance qui s'étaient emt parés de son âme.
Toutefois, lenouyeau r^es'onvrit sous des auspîoea fa vorableso Napoléon avait dit aux srrands personnages de sa suite : « Ce sont les gens désin- « teressés qui m'ont ramené à Paris j « ce sont les soos-lieateiiaiits, les aol- K dats qui ont tout fait ; c'est au peu- « pie, c'est à l'armée que je dois tout.» Aussitôt après l'arrivée du bataillon de l'île d'KIbe , qui reçut le nom de bataillon sacré, il passa en revue toutes les troupes de la capitale; pendant le défilé , la musique joua Tair de la révolution : yeilions au salut de l'em^ pire; et les acclamations du peuple se mêlèrent aux cris des soldats, lorsqu'ils jurèrent de suivre les aiglep partout où les intérêts de la patrie les appelleraient. Carnot fut appelé au ministère de l'intérieur , et Benjamin Constant au conseil d État. Ënlin , le 34 mars, la oensut« fui abolie, aioai que la direction de la librairie.
Mais là s'arrêta cette réminiscence des beaux jours du consulat. Dans l'audience solennelle qui eut lieu le 26, napoléon ne répondit que va|(ueqiieQt aux adresses qui lui furent présentées, et dont l'une contenait ces belles paroles : a L'empereur , en remontant « sur son trône , revient en vertu du « principe de la souveraineté du peu- « pie. » Le service d'bonneur de 1 empereur et de l'impératrice et tout le cérémonial de cour fut rétabli sur Taocien pied. La conversation qu'il avait eue aveo Benjamin Constant pronve que l'empereur eédait au torrent populaire, mais qu'il n'était pas convaincu. Voiri quelques passages de cette conversation curieuse , telle que la rapporte Benjamin Constant luimême. «La natiOB, lui dit Tempo- « Nor, s'est reposée douze ans de toute
^ agitation pplitiaufi» e( 4epyi? Mne « année elle se ire^ÔI^ de ta guerre ;ee
« doqble repos Ii^i â rendu un besoin « d'activité. Klle veut ou croit vouloir « une tribune et des assemblées; elle « ne les a pas toujours voulues. Elle « s'est jetée i mes pieds quand Je suis « arrive au goarernement ; vous devez « vous en souvenir, vous qui essnyâtes « deTopposilioii. Le izoùt des constitu- « tiens, des débats, ^es barangues, na- « ratt revffiif . f . . Cepmidant, ce nw « que la minorité qui le veut, ne vous « y trompez pas. Le peuple, ou, si vous « l'aimez mieux, la multitude ne veut n que moi. Pi e l'avez- vous pas vue cette n multitude se pressant sur mes pas, se « précipitant du haut des montagnes^ « m'appelant , me cherchant , me sa- « luantPAmareutréede Cannes ici, je « n'ai pas conquis, j'ai administré. ..
f( Je ne suis pas seulement , comme on « Ta dit, l'empereur des soldats, je suis « aussi celui des paysans, des plébéiens, « de la France. . . Aussi , malgré tout p le passé, vous voyez le peuple revenir <f à nioi : il y a sympatbje entre nous. • . ^ Je n'ai qu*à faire un signe * ou plutôt « détourner les yeux, les nobles seront « massacrés dans toutes les provinces.
« Ils ont si bien manœuvré depuis six f( mois!,.' Mais je ne veux pas être « le roi d*une jacquerie. S*il y 9 des « moyens de gouverner par une cons- « titution , à la bonne heure... J'ai « voulu Tempire du monde; et pour o me Tassurtir, un pouvoir sans borne f m'était nécessaire. Pour gouverner < la France seule . il se peut qu'une a constitution vaille mieux... Voyez a donc ce qui vous semble possible. Apu uorte^-moi yos idées. Des élections « libres? des discussions publiques.' « des ministres responsables ? la 11 béret té ? je veux tout cela. . . La liberté de « la presse surtout , Tétouffer est ab- « surde; je suis convaincu sur cet ar- « ticle. . . Je suis l'homme du peuule; « si le peuple veut réellement la lioera té, je la lui dois; j'ai reconnu sa a souveraineté , il faut que je prête l'ott reille à volontés, même a ses Cii- « prioes. Je n'ai jamais voulu Toppri* « qier pour n^on nlalsir; J'avais de « grands desseins; le sort en a décidé,
CEN rUNIVERS. CEH
« je «e suis plus un conquérant; je ne « puis plus l'être. Jesaisceq^ui est possible et ce qui ne Test pas ; je n'ai plus « qu'uae mission : relever la France et « lui donner un gouvernement qui lui « convienne. . . Je ne liais point la li- « bertë; je l'ai écartée lorsqu'elle obs- « truait ma route; mais je la com- « prends ; J*ai été nourri dans ses pen- « sées. . . Aussi bien , Touvrage des « quinze années est détruit ; il ne peut « se recommencer. Il faudrait vingt ans « et deux millions d'hommes à sacri- « fier. . .D'aflleurs , je désire la paix , « et Je ne l'obtiendrai qu*à force oe vie- « toires. Jene veux pas vous donner de « fausses espérances; je laisse dire qu'il « y a des négociations, il n'y en a point. « Je prévois une lutte difficile, une lon- « gue guerre. Pour la soutenir, il faut « que la nation m'appuie; en récom- « pense elle exigera de la liberté : elle « en aura... La situation est neuve. Je
• ne demande pas mieux que d*étre
• éclairé. Je vieillis; Voù n'est plus à « quarante-cinq ans ce qu'on était à « trente. Le repos d'un roi consti- « tutionnel peut me convenir. . . Il « conviendra plus sûrement encore à « mon fils. »
Le 33 , Louis XVin avait quitté Lille pour se rendre à Gand. Il ne restait plus en France que le duc et la duchesse d'Angoulême. La duchesse essaya vainement de se maintenir dans Bordeaux; le maréchal Clausel la contraignit d'en sortir sans tirer un coup de fusil. Elle se retira à Pouillac, d'oïj on la laissa mettre à la voile pour TAngleterre, le 2 avril. « C'est « le seul homme de la famille, dit Na- « poléon ; tout ce qui s'est passé à Bor- « deaux est extraordinaire ; je ne sais ce « qui doit étonner le plus de la noble « audace de madame a*Angouléme on « de la magnanimité de mes soldats.»
C'est ainsi qu'il se vengeait de la famille qui avait mis sa tête à prix. Il ne se montra uas moins généreux envers te duc d^Angouléme , qui s'était jeté dans Toulouse, mais que les troupes impériales avaient bientôt forcé de capituler , et qui se trouvait prisonnier au Pont-Saint-£sprit. L*em-
f)ereur, n'écoutant pas les conseils de a prudence qui lui prescrivaient de
f garder ce prince en otage, loi accorda a faculté de se retirer sur la terre étrangère. Le succès lui avait rendu sa grandeur d'nme ordinaire ; déjà il était revenu sur les dispositions des décrets de Lyon qui avaient prononcé le séquestre des biens anciens et nouveaux des émigrés. Un traitement annuel de trois cent inille francs avait été alloué à la duchesse douairière d'Orléans, pour l'indemniser du séquestre mis sur ses biens; la duchesse ae Bôuriion, sa fille , avait également reçu une indemnité de cent cinquante mille livres de rente.
La coalition n'était j^as dans des dispositions aussi bienveillantes à son ^rd. La levée de boucliers de Murât avait empêché , l'Autriche de prêter l'oreille aux propositions pacifiques du gouvernement français , et les ministres de cette puissance avaient adhéré à la clause du traité du 35 mars 1815, par laquelle la coalition se reconstituait plus compacte que jamais, et s'engageait à ne déposer les armes qu'aprM avoir nUsNiWoléon hors <fé* tat de troubler à f avenir la paix de fFAirope, Aucun des rois coalisés ne daigna répondre à la lettre que l'empereur avait écrite le 4 avril. Cepenciant il y disait à diaeun d'eux, dans des termes pleins de modération en parlant de la France : < Jalouse de « son indépendance , le principe inva- « riable de sa politique sera le respect « le plus absolu pour l'indépendance « des autres nations. Si tels sont , « comme j'en ai l'heureuse confiance, « les sentiments personnels de Votre « Majesté, le calme général est assuré « pour longtemps, et la justice, assise « aux confins des États , suffit seule « |)Our en garder les frontières. » Les
fjuissances étrangères rejetèrent égaement toutes les démarches que fit faire l'empereur à Vienne auprès de MM. de Talleyrand et de Metternich.
Ce dernier s'entendait déjà à Paris, avec Fouché , ministre de la police, pour substituer une régence au gouvernement de l'empereur. Convamcu
de la trahison de Fouché par des
fireuves aulhenticjues , Napoléon vouut d'abord le faire fusiller ; mais on Yen dissuada, et il se borna à le surveiller de plus près. Faute d'avoir embrassé une politique Traiment nationale, il était réduit à user de ménagements envers un pareil homme. Les rois coalisés auraient été moins dédaigneux envers lui , ils se seraient hâtes de répondre à sa lettre, s'il avait franchement accepté le concours du peuple qui s'offrait bénévolement à fui. iMais, fidèle à son ancien système, il espérait triompher de tous les. obstacles avec le seul seeours de l'année.
C'était bien mal comprendre la situation de la France! Pour faire de
Srandes choses avec Tarmée, il fallait e nouveau revenir au régime du despotisme, ce qui était complètement impossible; tandis qu'en s appupnt sur la démocratie , qui était décidée aux plus grands efforts , on pouvait du même coup régénérer la France au dedans et la relever au dehors.
L'exemple de la Convention était là |K>ar lui rappeler ce que la démocratie avait pu faire alors même qu'il n'existait pas d'unité dans le pouvoir.
En rendant à l'armée son ancienne prépondéranee y il Garnissait use prétexte aax rois coalisés pour révoquer en doute ses intentions pacifiques , . et il s'aliénait à la fois la bourgeoisie, passionnée pour les idées libérales, et le» peuple, toujours imbu de principes démocratiqaes et de sentiments d'^Ilté.
Da reste, l'empereur, qui ne s'était jamais fait illusmn sur le résultat des négociations entamées, se préparait activement à la guerre. La France entière présentait uneactivité extraordinaire. Sept armées se formaient sous les anciens noms d'armées du Nord, de la Moselle, du Rhin, du Jura, des Alpes, des Pyrénées. Une armée de rés&rre se réunissait à Paris et à Laon; cent cinquante batteries étaient dressées ; quatre cents bouches à feu allaient être placées sur les hauteurs de Paris; dix mille soldats d'élite entrèrent dans les vieux cadres de la garde impériale; les braves marinsy immortaUsés à Lut-
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zen et à Bautzen , formèrent un corps
de dix-huit mille hommes; trente mine officiers, sous-ofliciers et soldats en retraite ou en réforme s'offrirent pour les garnisons des places fortes; les corps francs et les partisans s'enrégimentaient; enfin la garde nationale organisée présentait une masse de deux millions deux cent cinquante mille hommes ; et quinze cents compagnies de grenadiers et de chasseurs ae cette garae, formant cent quatre-vingt mille nommes, fureut mis à la disposition du ministre de la guerre. Paris seul fabriqua par jour jusqu'à trois mille fusils. On fortifiait toutes les villes, toutes les positions importantes jusque dans le centre du pays. L'nrmée, qui n'était d'abord que de (juatre-vingt mille hommes, en compta bientôt deux cent mille.
Les sept départements frontières du nord et ae Test avaient commencé à se lever en masse; toute la nation voulait les imiter. Mais l'empereur s'effraya de cet élan général, et, au lieu de le diriger, il rattacha à le eomorimer.
Les faubourgs de Paris , qui s étaient organisés en fédérations, virent leurs services refusés. Il en fut de même des fédérations de la Bretagne , de la Bourgogne, du Lyonnais, de l'Anjou, formées au bruit des chants populaires et cimentées par les serments les plus solennels. Tout ce qui n'était que militaire convenait à l'empereur; il ne négligeait aucune ressource matérielle; mais les forces vives de la nation lui faisaient peur ; il craignait ces fédérés qui seuls auraient pu le mettre à l'abri des intrigues devant lesquelles il allait succomber.
Mais la âiute la plus grande qu'il commit , celle qui fut la véritable cause de sa perte, ce fut la promulgation de Vacie additionnel aux constitutions de l'empire, qui parut le 22 avril. Au lieu de ntre nommer une nouvelle assemblée constituante par la réunion générale des électeurs du champ de mai, ainsi que l'avait promis ou laissé croire son décret du 13 mars, il se chargea lui-même de tout le travail. Il eut l'imprudence d*iniiter Louis XVIII, en
tM Cfek LUlOVERS.
donnant à la France une espèce de charte octroyée, aa Iféil de «itisiiiirt! aux Tceux de la nation , qui yoolait iittd • constitution sérieuse, librement consentie. Si encore il avait ainsi usurpé le rôle de législateur suprême pouf produire une œuvre parfaite, digne de son génie; mais loin d*avoir inventé une constitution modèle, il se montra înféfîeur à lui-même; lui qui s'était toujours prétendu le défenseur de l'égalité, il ne sut qu'imiter la restauration, et instituer comme elle une chambre héréditaire, pour contre-balancer rinfluence de la chambre élective. Aussi, bien que l'acte additionnel renfermât plusieurs dispositions Conformes aux besoine dè répoque, feeprit public en reçut une impres"»
sion désagréable. Les libéraux ne trouvèrent aucune garantie dans cet acte additionnel, qu'un uouvel acte additionnel pouvait remplacer d*un jUur à l'autre, lia bourgeoisie, déçue dans son attente, craignit le retour de l'ancien despotisme. Les républicains et le peuple ne furent pas plus satis* ftiits. « Quoi, diaaient^ilSf Mn de s'a- « percevoir que c'est le rétablissement « de la noblesse héréditaire qui a préci- « pité la tin de son premier règne , il ne « voit rien de mieux à faire, pour signa- « 1er son retour, que de constituer sur « des bases solideacette nouvelle ariaitfn cratie de naissance : les Bk)urbons ne « demandaient pas autre chose. » Tout le monde fut mécontent, peuple et bourgeoisie. L'empereur avait été d'autenl plua eoupabie^ qUe lea avia ne lui avaient pas manqué, un grand nombre de ses conseillers l'avaient supplié de ne pas tromper ainsi l'espoir de la ï rance. Camot s'était opposé de toutes aea fioiees à la puMioation d'us aete qui sanctionnait Tinstitution de la pairie héréditaire. Dans l'espoir de le détourner de son funeste dessein, il s'était servi des expressions même uui avaient été employéea aoua le emom pour justifier l'iostitution de la îAff^tm d'honneur. Il avait conjuré remporeur de ne pas confondre '< la gloire acquise avec la gloire héritée, » de distinguer
« les grandi hounsea iaa deaoaMUuita
des grands hommes. » Rien n'avait pu rébftinler: OU trouvera à l'article ActU ÂBoITlomnEt te ie^te de ce document
curieux et unê analyse raisonnée de ses principales dispositions; ici, nous avons dû nous borner à dire en peu de mots ce qu'il avait dé choquant pour la nation. Dès lois, Hapoléon ne dut plus compter que sur l'armée. C'étaiten effet son point d'appui de prédilection. «Le cabinet d'un roi doit être une tente et non un oratoire, « avait-il dit en faisant enlever les livres qui couvraient la table où travaillait Louis XVllL D y a dans ce peu de mots une condamnation de l'empire et de la restauration; les soldats dominaient à la cour impériale , comme les prêtres à la cour des Bourbons. Or, la France ne veut être dominée ni par les prétrea ni par les soldats.
La fameuse assemblée du champ de mai. promise avec tant de pompe par led^ret du la mars, avait perdu aux yeux de ia nation une grande partie de son importance, dcjtuis la promulgation de l'acte additionnel. Cependant une grande fédération eut lieu, non pas le 26 mai, comme il avait d'abord étédit, mais le! '''^ juin, dans le Champ de Mars. L'empereur fit tous ses efforts pour lui donner un caractère national.
A la veille de partir pour la frontière, il voulut montrer à l'Europe coalisée quelles forces redoutables il laissait derrière lui. C'est dans ce sens qu'il fout interpréter les paroles qu'il adressa aux fédérés des faubourgs Saint-An* toiue et Saiut-Mareean dans la plaine du Champ de Mars.
« Soldats fédérés des faubourgs Saint- « Antoine et Saint-Marceau, je suis « venu seul , parce que je comptais sur « le peuple dea villes , les hcrinfanla dea « campagnea et les soldats de Parmée, *dont je connaissais l'attachement à « l'honneur national. Vous avez tous « justiûé ma conliance. J'acceptç votre «0ffire« le teua donnerai dea arnfea; éje voua donnerai voua guider « des officiers couverts d'honorables « blessures et aceontumés à voir fuir « Tennemi devant eux.
«SoUaii UàMÊy aTH eat dea hooK
GUI FlUl^CS. «nr
« mes dans les hautes classes de la so- « eiétê qui aient déshonoré le nom « français, Tamour de la patrie et le « sentiment de Thonneur national M « mml éoDserfés loat oitim dans It « peuple des ?îlles, les habitants deâ « campagnes et les soldats de Tarmée.
« Je suis content de vous voir. J'ai « confiaoce en vous. Vive la nation! a C'était une manière adroite de détruira la mauvaise impression qu'avait pr9* duite l'acte additionnel. En effet, l'en* thousiasme national reparut un instant; mais c^etaient des actes et noa fmades paroles qui poavaient entretenir aet enthousiasme rebaissant. Dans la même solennité, une députation des électeurs réunis à Paris présenta à l'empereur le résultat du dépouillement des voles bur Tacte additionnel. D'après • leur calcQl, treise millions de eitofena avaient accepté la nouvelle diarte; quatre mille l'avaient repoussée. L'empereur essaya de faire oublier à la nation la déception qu'elle venait d'éjHTOttver en répondant de beHea^parolea au Bfésident de la dépotatios s « Ifes- « sieurs , dit-il , empereur, consul , sol- « dart, je tiens tout du peuple. Dans la a prospérité, dans l'adversité, sur le « champ de bataille, au conseil, sur le «trdne, dans l'eilU la Fraiiee a été «Teèjet unique et constaoft d0 Inet « pensées et de mes actions.
« Vous allez retourner dans vos dé- « partements. Dites aux citoyens que les « dreoiastaiicei aoift grandea! ni*avee « de Tunioiif de Téoer^ie et de » per« « sévérance, nous sortirons victorieux « de cette lutte d'un grand peuple «contre ses oppresseurs; que les géà nérations à venir scruteront sévère^ • ment notre ««fidaite; qu'une AaFtkm « a tout perdu quand elle a perdu l'ino dépendance. Dites-leur que les rois « étrani^ers que j'ai élevés sur le trône ^ <r ou qui me doivent la conservation de « leur aoQttmne, oui tooa, an lempa «de ma proBaérite, ont brigué mon « alliance et la protection du peuple «français, dirigent aujourd'hui tous «( leurs coup contre ma personne. Si « je us vojrais que e^eet à la patrie qu'ils •a» VHàMf J» lÉétivais à lettr matok
« cette existence contre laquelle ils se « montrent si acharnés. Mais dites « aussi aux citoyens, que tant que les « firançais me conserveront les senti* « maiita d'amour dont ils ma doMient K tant de preuves, cette ra(^ dd m « ennemis sera impuissante*
« Français ! ma volonté est celle du « peuple, mes droits sont tous siens; « mon honnèur, ma ^ire, mon bon»
«heur, ne peuvent être autres que « l'honneur, la gloire at le benbaor de w la France. »
Malgré ces deux discours , la cérémonie du ^alnp de mai n'eut pas l'heureuse influeiice que fempeieur s'en était promise. La première émo* tion passée, les partis revinrent à leurs idées de deliLince; d'ailleurs, si Tinfpression avait été vive, il s'en fallait de beaucoup qu'elle edt été nmàime»
La bourgeoisie trouvait que l'empereur penchait trop ouverlemeut vers le peuple; le peuple l'accusait de compter trop exclusivement sur l'armée* Les întrlgams feignaient aussi d*avafr été trompée; Us «saieM ouvertement que l'empereur avait manqué à sa promesse d'abdiquer au champ de mai en faveur de son fils. C'était un bruit qu'ils s'efforçaient d'accréditer, et auquel plu* lieurs fsrtofos de découragement échap»
péea è^ feiftperaor semblaient donnât ffuelque consistance. Les électeurs euxmêmes, qui s'étaient attendus à toute autre chose, manifestaient leur désap* peîntemetit. [Voyest CRiiKF bb kai (assemblée du) }. '
Espérant réchauffer l'esprit public, l'empereur conçut alors l'idée d'une grande féte de famille, qui eut lieu le 4 JfttittdanateMîii mémede sou palais. Dix Nffflle perSofilnea Affent résilies dans les galeries du Louvre, dont un côté était occupé par les dépiitations de l'armée, et l'autre par les représentants et les électeurs de l'empire. En présence de eette assemblée, Napolées remit sm aigles aux électeurs et aux régiments.r Enfin, le 7 juin, il fit lui-même l'ouverture des chambres, par un dist^ours dans lequel il leur demanda leur coa»
eouA « pour Mre trieiApher la oausa aadMe du paille. * 11 «rasfail i^avala
CEK L'UNIVERS. CEN
rien à redouter de la chambre des pairs qui était son ouvrage; mais celle des représentants, où figuraient la Fayette et Lanjuinais, et qui avait choisi ce dernîêr pour président, ne lui inspirait pas la même confiance. Aussi lorsque , quelques jours après, Lanjuinais vmt,
• à la tête cTune députation , déposer aux pieds du trône une adresse qui renfermait les vœux de rassemblée, Tempe* renr répondit en ces termes : « La «constitution est notre point de ral- «Hement; elle doit être notre étoile « polaire dans ces moments d'orage.
« Tonte discussion publique qui ten- « drait à diminuer directement ou in- « directement la confiance qu*on doit A avoir dans ses dispositions serait un « malheur pour TÉtat; nous nous trou- « verions au milieu des écnetls, sans « boussole et sans direction. N'imitons «pas le Bas-Empire, qui, pressé de « tout coté par les barbares , se rendit « la risée de la postérité, eu s'occupant « de discussions abstraites , au moment « où le bélier brisait les portes de la « ville. » Ainsi, même avec la toutepiiissance qu'il s'était arrogée, il n'avait pas pu se procurer une majorité dans la représentation nationale. Un autre passage de sa réponse montre que l'acte additionnel ne lui paraissait pas à lui-même une constitution définitive. « Premier représentant du peu- « pie, j'ai contracté l'obligation, que «je renouvelle, d'employer, dansdea «temps plus tranquilles, toutes les «prérogatives de la couronne, et le « peu d expérience que j'ai acquise, à « vous seconder dans l'amélioration de « nos constitutions. »
Le IS juin, il quitta la capitale pour marcher à la rencontre de l'ennemi.
En moins de trois mois, il avait levé une armée de quatre cent mille hommes , et s'était mis en état de faire tête à l'Europe conjurée. Gela tenait du prodige. Mais il laissait derrière lui «ne nation divisée, sans foi dans un vain simulacre de constitution, et à moitié convaincue que l'empereur redeviendrait aussi despote qu'autrefois,
' dès que la victoire aurait rendu à ses armes leur ancien prestige. D'un autre
côté, il était évident que le moindre échec ne manquerait pas de redoubler l'audace des agents de la coalition , et de cette tourbe de traîtres qui s*adiai^ naient à la perte du grand homme.
On peut voir aux articles Fleu- Bus, LiGîïY et Watebloo, les prodiges de courage dont les soldats français donnèrent une seconde fois le spectacle au monde. Malheureusement, la trahison l'emporta sur la valeur de l'armée aussi bien que sur le génie de son chef, et l'empereur revint à Paris après une horrible défaite. Dana ces graves droonstancesy son énergie sembla l'abandonner. Il pouvait encore se relever par un appel au peuple, qui ne se montra jamais plus décidé a verser son sang pour la patrie.
Il n'en fit rien. Le 20 juin, a neuf heures du soir, il rentra dans Paris, qu'il trouva consterné et en proie aux. plus vives agitations. Oubliant que ce n'est pas lorsque la patrie est en danger u'il convient de lier les mains au chef e l'État, la chambre des représentants, sur la motion de la Fayette, se constitua en permanence, et déclara traître à la patrie quiconque tenterait de la dissoudre. La chambre des nairs imita celle des représentants. Dès lors , l'empereur se trouva dans la nécessité de faire un coup d'État ou de consentir à cette abdication en faveur de son fils, dont l'intrigue avait toujours feit le but de ses efforts.
Un seul homme dans le conseil s'opposa à l'abdication, c'était Carnot, celui qui seul avait combattu aussi rétablissement de l'empire. Voyant son opinion méconnue, il ne put retenir ses larmes. L'empereur lui dit alors : « Je vous ai connu trop tard. » Ce n'était pas lui seulement que l'empereur avait ainsi méconnu, c'était toute cette France démocratique qu'il représentait, et qui sentait son attachôment pour Napoléon redoubler, à mesure que la haine des rois le poursuivait avec plus d'acharnement. Lorsqu'il eut abdiqué, à la condition que la oouronne passerait à son fils, les représentants, on plutôt les intrigants qui les menaient, remisèrent de reeoa-
CEN FRANCE. CEir ^
•nattre Napoléon II. II conoprit alors
qu'on avait retourné sa modération contre lui-même; mais il était trop tard , les chambres avaient nommé un gouvernement provisoire composé de cinq membres, parmi lesquels figurait rinfàme Fouché, qui l'avait trahi dès le commencement, et quMI avait eu rimprudence de laisser à la police, après avoir eu rinteotion de le Cure fusiller. Vainement II offrit ses services , non plus comme empereur, mais comme général, on le refusa. Relégué d'abord a rÉiysée, où il entendait les aocUmations du peuple qui demandait à courir sous ses ordres au-devant des^étrangers , il dut, le 25 juin,, se retirer à la Malmaison. Deux jours après , sur une marche imprudente de l'ennemi , qu'il pouvait prendre en défaut, il offre de nouveau de servir la patrie en qualité de soldat; nouveau refus. Fouché le fait garder à vue par le général Becker. Cependant les sympathies de l'armée et des masses étaient encore si prononcées pour lui, qu*il songea un moment à faire un nouveau 18 brumaire. La crainte seule d'allumer la guerre civile l'en empêcha. A partir de ce moment, il est complètement vaincu; repoussé comme sou* verain, repoussé comme général, le voilà condamné à sortir de cette France, où il venait de rentrer en triomphateur.
En elifet, le 29 juin, il quitte la Malmaison et part pour Rochefort, dans l'intention de passer aux États- Unis. Mais pour son départ comme
gmt son abdication, il était destiné à re victime de la plus noire perfidie.
Arrivé le 3 juillet à Rochefort , il s*embarque le 8, dans Tintention de se rendre aux Etats-Unis; mais les saufscouduits qu'on lui avait promis pour le décider au départ n'arrivent pas.
Le 14, il était encore à Itle d'Âix, .toujours dans Tattente, ne pouvant sans un sauf-conduit échapper à la croisière anglaise qui le cerne de toutes
1)arts. Abandonne, trahi, il accepte *ùtSre du capitaine Maitiand, qui se charge de le conduire en Angleterre.
Espérant trouver plus de ^âiérosité
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dans les Anglais que dans les ennemis qui le poursuivent avec tant d'acharnement en France, il écrit au prince régent d'Angleterre une lettre qui aurait enchatoe tout autre gouvernement que le gouvernement anglais. Vain espoir! jamais l'Angleterre n'a reculé devant un crime, lorsque ce crime était utile à ses desseins. Le 26 juillet, le BeUérophm arriva dans la rade de Plymouth, où le peuple anglais fit à Napoléon un accueil digne de son infortune, mais ne put empêcher le cabiuet de Saint-James de renvoyer mourir en exil à Salnte^Hélène. li CRI" pereur répondit à la perfidie du gouvernement anglais i)nr une admirable protestation, qui restera comme un monument impérissable pour éterniser la honte de r Angleterre. Le 7 août, Napoléon passa à bord du Northmaïf^ berlaîidf qui sortit le 11 du canal de la Manche, et mouilla le octobre dans la rade de Sainte-Hélène. En passant à la hauteur du cap Hogue, Napoléon put jeter une dernière fois let yeux sur la terre de France. « Adieu, « terre de braves! dit-il avec effusion, « adieu, chère France! quelques traî- » très de moins, et tu serais encore la « maîtresse du monde! »
Quelque blâmable que nous ait para à nous-méme la politique suivie par Napoléon pendant les cent jours , nous ne pouvons approuver la conduite tenue par la ^présentation française à cette époque orageuse. Sans doute, la génération d'a'lors avait raison de vouloir la liberté; mais elle a été cruellement punie de son zèle intempestif, et nous savons maintenant ce au*il en coûte de reoevoiir un maître d une main ennemie. La plus grande honte que puisse subir une nation n'est pas d'avoir été conquise, d'avoir vu sa capitale presque mise au pillage, ses provinces dévastées et toutes ses gloires insultées, c'est d'être forcée d'obéir à ceux qu'elle avait du^ rant vingt ans chassés devant ses armées victorieuses. Avec Napoléon, le despotisme était glorieux au moins et passager surtout; avec les Bourbons, il était honteux, et aurait été durabloi^