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tait son plus ferme espoir; mais Théodoric était celui des rois barbares de la Gaule qui , ayant le plus de moyens et de chances de s'agrandir aux dépens de l'empire , répugnait le plus à le secourir dans cette crise. Il voyait avec autant de souci que de colère les Huns, ces vieux ennemis de sa race , prêts à passer la Loire et à fondre sur lui ; mais il voulait les attendre sur ses frontières , et se flattait de les écarter par ses propres forces. Il y avait, dans ce parti , un côté hasardeux qu'Avitus mit aisément à découvert; et sur ses remontrances , Théodoric se décida franchement à mettre ses moyens en commun avec ceux d'Aétius (*).
Tandis qu*Avitus assurait ainsi les secours des Visigolhs à la cause romaine, d'autres' négociateurs y gagnaient de même les Bretons armoricains, la partie des Burgondes stationnée entre le Rhin et les Vosges, les Franks des bords de la Meuse, la peuplade de Saxons dès lors établie sur les côtes de l'Armorique, et d'autres populations moins connues; diverses milices qui avaient autrefois combattu dans les armées romaines , mais qui , depuis , avaient posé les armes et vieilli dans d'autres fatigues que celles des camps (**).
Aétius mit une incroyable célérité à réunir toutes ces forces, levées à de grandes distances les unes des autres, et marcha à leur tête à la délivrance d'Orléans. Attila ne Jugea pas à propos de l'attendre; il battit en retraite, et se retira dans la direction de l'est. L'armée romaine le suivit (***). Le roi des Huns ne cherchait, pour accepter la bataille que lui offrait Aétius , qu'une position oii il piU déployer librement son immense cavalerie ; mais il recula assez longtemps pour se donner un air d'hésitation et d'inquiétude, de mauvais augure pour l'issue de l'expédition. Il ne s'arrêta
(*) Sidon. Apollinar. Avil. Panegyr., v, 336, sqq. Epist. vu, i3.
(**) Jornand., de Reb. Get.,xxxvr. Sidon. Apoll. loc. cit.
(***) Jornand., xxxviu
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'qu*à une cinquantaine de lieues d'Orléans, aux environs de Cliâlons, dans une vaste plaine traversée par la Marne. Là aussi , s'arrêta l'armée romaine; et Ton se prépara, de part et d'autre , à une bataille.
Jamais, pent-étre, deux aussi énormes niasses de combattants ne s'étaient trouvées en présence. Il y avait , sur cet immense champ de bataille, des champions , des détachements des peuples de toutes les races de l'Europe.
Quelques-uns de ces peuples se trouvaient en entier dans l'un des deux camps ; d'autres s'étaientpchrtagés entre les deux ; de chaque coté , il y avait des Franks et des Burgondes -, les Goths faisaient une partie considérable de chaque armée, enfin, dans l'un et l'autre camp, il j avait des peuplades ou des bandes appartenant à des nations inconnues. L'iiistoire ne dit rien des BeUonotes, des Nevrions qui combattaient pour Attila C); elle se tait de même sur les Ibrions et sur les Riparioles qui avaient répondu à l'appel d'Aétius (*•).
Attila se plaça au centre de son armée , à la tête des Huns ; à sa droite , il plaça les Ostrogoths et les Gépides; et forma son aile gauche des autres peuples barbares qui servaient sous lui comme sujets. Aétius se plaça à l'aile gaucne de son armée, composée de Romains et d'une partie des barbares auxiliaires; Théodoric forma l'aile droite avec ses Visigoths; et au centre, les Aiains , sus|Scts d'intelligence avec Attila, furent placés de manière que leurs mouvements pussent être aisément observés , et leurs mauvais desseins prévenus (***).
L'action s'engagea par un combat entre un détachement de Huns et un corps de Visigoths, commandé par Thorismund , fils de Théodoric. Ces deux corps se disputèrent vivement la possession d'une émînence qui dominait le diamp de bataille, et formait
(•) Sidon. Apoliinar. Pane^. Avili.
(•*) Jornand. , xxxvi.
(•**) Ibid. , xxxviu. \
un excellent poste d'observation et de réserve. Cette éminence resta aux Visigoths, qui virent, dans ce premier succès, un présage de la victoire.
« Cependant Attila , s'ébranlant avec le centre de son armée, fondit sur le centre de son ennemi qu'il enfonça sans éprouver beaucoup de résistance, et prit en flanc la cavalerie des Visigoths, violemment ébranlée par ce cnoc.
«Ce fut, dit Jornandès, un terrible combat , obstiné , sanglant , tel que n'en vit jamais l'antiquité. S'il nous faut en crorre les vieillards, un petit ruisseau , gonflé par le sang des guerriers morts, devint un torrent. Ce fut là que le roi Théodoric, haranguant son armée, fut renversé de. cheval et termina sa vie. Les Visigoths se séparant alors des Alains , se précipitent sur les bataillons des Huns : ils eussent écrasé Attila , si celui - ci , qui avait déjà pris
f)rudemment la fuite , ne se fût enfermé ui et les siens danis le camp que défendaient ses ebarir ts. C'était un faible rempart; et cependant les voilà ces hommes qu'aucun mur ne pouvait arrêter, cherchant la vie derrière ce misérable retranchement. Thorismund , fils de Théodoric y qui avait aussi débusqué les ennemis, croyant se rendre dans son camp, se trouva éparé par les ténèbres au milieu des chariots des ennemis. Il tomba , après des prodiges de valeur, frappé à la téte. Aétius, par une erreur semblable, errait au milieu des ennemis : tremblant à la crainte de quelque malheur pour les Goths , il parvint enûn dans un camp ami , et
Eassa le reste de la nuit protégé par iS boucliers.
« T.e lendemain , les Goths virent les champs jonchés de cadavres ; et comme les Huns n'osaient sortir, ils pensèrent que la victoire était à eux : car ils savaient bien que ce n'était qu'abattu par une affreuse défaite qu'Attila avait quitté le combat. .
Grand jusque dans la défaite même, ce chef faisait entendre le son de ses trompettes et menaçait d'une nouvelle attaque. Semblable à un lion qui, pressé par les chasseurs, s'arrêta a l'entrée de sa caverne , ji'ose
L'UNIVERS
CHA FRAlfCE» CHA 417
8*élanc(»r, mais, par ses affreux ru« Attila n'avait sans doote^ pas' été
gissements , répand l'effroi tout alen- aussi complètement vaincu que paraît
tour, ie terrible roi des Huns troublait, le croire l^istorien des Goths. Cepen-
quoique enfermé dans son camp , le dant il commença sa retraite dès qu'il
repos de ses ennemis. Cependant les fut assuré ^e ses ennemis n'aVaient
Goths et les Romains s'assemblent, plus le projet de la troubles. Aétiusle
et se demandent comment ils achève- poursuivit encore quelques jours; puis,
ront la défaite d'Attila. Ils se décident quand il fut convaincu que sa retraite
enfin à le fatiguer par les lenteurs n était pas une feinte, il renvoya daus
d'un siège, et a rafmmer dans son leurs stations aoooutumées les divers
camp. Ce fut alors, dit-on, aue ce roi se auxiliaires, Gaulois, Francs, Germains^
fit dresser un immense bûcner, formé ou autres.
de selles de chevaux, pour s'y précipi- Chalosse, Calossia, pays de l'an-
ter siles ennemis donnaient l'assaut : il cienne Gascogne, qui se divisait ea
eât craint , lui , mettre de tant de na- Chahsse propre, tunan et marstm»
tions , de se Toir entre les mains de A Tépoque romaine , cette contrée était
'ses ennemis. habitée par les Tarbelli et les Taru-*
«Cependant on s'étonnait de l'ab- sfl^e*. Depuis , elle a suivi , en général» sence du roi des Yisigoths. Apres de les destinées de la Gascogne, longues recherclies, on le trouva à la Ghaiotais. Voy. La Chalotaib. place qui convientauxbraves, parmi les Chalucet (A.-L.-B. de), nommé morts du premier rang , et on l'enleva évêque de Toulon en 1 684, et sacré seuau milieu de chants funèbres , à la vue lemeiit en 1692 , déploya un rare coudes ennemis. Alors on eût vu les rage lorsque l'armée des alliés . com- Goths, avec leurs cris et leurs mille mandée par Victor- Amédée. ouc de dialectes, observer les cérémonies fu- Savoie, vint, au mois d'août 1707, néraires au milieu de la fureur des mettre le siège devant cette ville. Les combats. On répandait des larmes, ennemis ne purent approcher de Tournais de ces larmes que le brave a cou- Ion, défendue par des hauteurs garnies tume de verser. Les G oths offrent , au de troupes et de canons ; mais la flotte bruit des armes , la dignité royale au <iui bloquait la place par mer la bom* valeureux Thorismund qui, couvert de barda, et treize bombes tombèrent gloire, rend les derniers devoirs aux sur le palais épiscopal, L'éVêque ne mânes de son père chéri. Puis , désolé voulut jamais s'éloigner ; il consacra de cette perte et emporté par sa fougue tous ses instants à entretenir Funioa guerrière, jaloux de venger sur les parmi les troupes, à relever le courestes des Huns la mort de son père, rage du peuple et des soldats, et venil consulte Aétius qui avait toute l'ex- dit tout ce qu'il possédait pour les périence que donne la vieillesse. Mais nourrir. Aussi, l'année suivante, une celui-ci , craignant sans doute de voir inscription fut-elle placée à l'hôtel de l'empire romain écrasé par les Goths, ville pour immortaliser le zèle du pré* si les Huns étaient anéantis, lui con- lat et la reconnaissance du peuple, seille de retourner dans ses Etats; et, Chalucet, mort en 1712, a laissé quelen effet, ce prince retourna dans la ques ouvrages de controverse, et d'ex- Gaule. Dans ce combat fameux, et où cellentes Ordonnances synodales ^ serenoontrèrentdes peuples si vaillants* Toulon, 1704, in-13. il y eut des deux cotés, dit-on, cent Chalus-Chabbol, petite et ansoixante-deux mille morts, sans comp- cienne ville du Limousin, auj. dép. ter encore quatre-vingt-dix mille Gé- de la Haute- Vienne, à 24 kil. de pides et Francs, qui , avant l'action gé- Saint - Yrieix. Une tradition fort rénérale , se renéontrèrent pendant la pandue dans la province attribue la nuit et se tuèrent mutuellement (*). » fondation de cette ville , nommée
en latin Castra Lncii^ à Liicim Car
(*) Jomandes, de Reb. Getic, xxxvnr. préolus, procousul d'Aquitaine, sous
T. IT. 27* Livraison. (Dicx. skcygl.» vie.) 27
418 CHA L'UNIVERS. €rtA
Auguste. Si l'on interroge sur ce « ami , dit Richard étonné , je te parpoint un paysan liniousio, il ré- « donner sois libre. » Sur-le-champ il pondra c|ae ce gouverneur romain , lui fit 6ter ses fers , et ordonna qu*o» qui devait, du reste, son flirnom à lui donnât de Targent. Quelques inason goût, tant soit peu populaire, t.mts après, il expirn. Quant à Gour-
Eour les chevriéres des montagnes, lit don, il fut repris, écorché vif, et
âtir, à l'endroit où existe aujourd'hui pendu , comme ravaientdéjà élé tous
Cbalua, un château fortifié de tours et les défenseurs du château de Gha-
de remparts , a i nsi qu*un vaste palais; lus (11 99.)
et même, si l'on en croit encore une CHALUSSET.Lechdteau de Chalussel
opinion accréditée par plusieurs siè- appartenait, au 13* siècle, à cette
des ,^ et appuyée par les récits des vicomtesse Marguerite, qui possédait
chroniqueurs , ce fiit le proconsul Lu- aussi la redoutable forteresse d*Aixe ,
oiua qui cacha dans de profonds sou- sur la rive droite de la Vienne « à huit
terrams cet inestimable trésor dont la kilomètres de Limoges, et qui eut avec
IX)nquéte tenta la cupidité de Richard les bourgeois de celte ville de si fré-
Cœur de Liou. (Voyez Cualus [siège quentes Querelles. Celle-ci le vendit,
de]. } en 1373 , a Gérard de Maumont. Sous
Qialiif, qui avait le titre de baron- Charles Y, les Anglais en furent diasnie, appartenait anciennement aux sés par les liabilants de Limoges, avec vicomtes de Limoges. Henri , roi de l'aide du célèbre ( onnétable de SaniSavarre, la donna à Charlotte d'Al- cerre. Kn 1674, J. de Maumont, seibrat^ sa.sœur, pour sa part de la suc* gneur de Saint-Tic, s'en empara , et cession d*Alain d'Albret et de Fran- en releva les fortiûcations, prétençoise- de Bretagne, leurs parents dant , dit le 1'. Bonaventure , le tenir communs. Charlotte épousa César Hor- pour ceux de la religion réformée. En gia, duc de Vateutinois; et leur UUe, même tenips, il se mit à piller les vil- Louise BoTf^ti , porta le comté de lages voisins et à rançonner, paysans Cbalus à Philippe de Bourbon-fiusseli et voyageurs. Les bourgeois de la ville dont la postérité en jouissait encore s'étant rassemblés marchèrent contre dans le siècle dernier. lui , et le forcèrent à s'enfermer dans
CH4LIIS (siège de). — Le bruit s'é- ses murs. Trois jours après, ils se réu-
tait répandu que Guidomar, vicomte de Dirent à ceux de Saint-Léonard , de So*
Limoges, avait trouvé dans la terre un lignac, d*Eymoutlers , etc. Le fort
trésor d'un prix inestimable; Richard fut investi, et se rendit au bout de
Coeur de Lion le reclama, comme comte cinq jours. Les coalises résolurent
de Poitou. Soupçonnant que ce trésor alors , pour assurer la paix de la con-
était caché à dhalus, il vint en per» trée , de démolir cette redoutable for-
aonne investir ce petit château (t luo). teresse, de manière à en rendre le ré*
Au moment 011 il reconnaissait la place, tablissement impossible,
un archer, nommé Gourdon, lui dé- Cii a lvignac, bourg de l'Auvergne,
cocha une flèche qui le blessa dange- auj. dep. du Cantal, à 6kil. de Mauriac,
reusement. Son intempérance aggrava On remarque près de ce bourg les rui-
le mal , et ravantoraux monarque ne nés de fantique château de Miremont ,
vécut plus que onze jours. Avant sa célèbre par les sièges qu'il soutint
mort, Richard fit amener devant lui le contre les Anglais, en 1183, 1196,
soldat qui l'avait frappé. « Que t'ai-je 13^7 et 1369. A cette dernière époque,
« fait, misérable, lui ait-Il , pour que ta Robert Knol s*en empara par surprise,
« aies voulu me tuer » — « Ce que tu et y laissa le fameux Mandonet Bada-
« m'as fait? répondit froidement Gour- fol , qui ravagea longtemps le pays,
« don : tu as tué mon père, ma mere et en fut chassé en 1 374 , s'en empara de
«mes deux frères. Mon bonheur est nouveau quelque temps après, et le
« complet , je les ai vengés. Faia-moi rendit enfin par composition. Uade*
« mounr, je brave ta.ooiere.» — aMon leine de Saint-Mectaire , veuve de Gui
CHA
4e Saipt^Snipéry, s*y illustra,
les guerres religieuses du seizième siècle, par le courage avec lequel elle rej^ussa les attaques du barou de Montai . . €baxabaiibb, anoieqiM seigneum de Champagne , auj. dép. de la Haute* Marne, érigée en comté en 1685.
Chamavks, peuple germain, trans-
Elante , sous Constance Chlore , dans I Gaule belgique.
CH4MBBLLArf (grand), officier de la chambre à coucher du roi , dojit la charge était distincte de celle du grand chambrier. La distinction de ces offices est daireroeot étaWie dans une ordonnance de Philippe III , oii Ton désigne à la fois, comme témoins de l'acte, « mon- « sieur Herart, chambrier de France, et « monsieur Mathieu de Mailli, chamber- « lenc de Franœ. » « Le grand-chamm bellan de France, disent les estats de a l'hôtel des rois Philippe le Bel et Phi- « lippe le Long, doit gésir, quand la « reine n*y est pas , aux uieds du lit du « roi. . . Après la cure de Tâme , Ton « ne doit mie être si négligent de son a corps , que pour négligence ou aultre « mauvaise çarde, nuls périls advien- « nent, spéaaminant quand , pour une « personne, pourroient estre plusieurs «troubles, nous ordonnons , et de ce « spéciamnient chargeons nos cham- « bellanSf que nulle personne mécon- « nue, ne garçon de petit estât, n'en- «trent en nôstre garde-robbe, ne « mettent main , ne soient à nostre lict « faire, et qu'on y souffre mestre nuls n draps estranges. » Le grand chambellan avait la garde du lit et l'inspection de la garde- robe du roi; il faisait Toffice de maître d'hôtel, et même d'écuyer tranchant Outre le
grand chambellan, que les anciens ocuments désii^nent quelquefois par Jes noms de grandrchamberknc^ de maistre chambeHan,àeprem iercnambetian, il y avait encore des chambellans ordinaires, que l'on trouve mentionnés dans un acte dès Tannée 1278.
Las chambellans assistaient à Tbommage nue les vassaux faisaient au roi ; ifs interrogeaient et répondaient au nom de celui-ci; et, après llkommage, le manteau du vassal leur
appartenait; cette redevance s'appelait chambellage. Le jour du sacre du roi, le grand chambellan recevait les bottines royales , que Tabbé de Saint- . Denis lu| mettail en main , pour en âiausser te roi ; et à lui seul appartenait le droit de revêtir ce prince de la dalmatique de bleu ajLuré , par-dessus le manteau royal.
Les princes aveient aussi leurs chambellans qui jouissaient vis^à-vis d'eux des mêmes prérogatives que les grands chambellans de France.
La citation suivante, tirée d'un acte du mois de juillet 1410, complétera tout ce que nous avions à dire de ces officiers : « François de Montbe- « ron , vicomte d'Aunay et chambellan «de Poitou, etc.... Premièrement, « toutefois que je vicomte seray au- « dit pays de Poitou , devers ledit mon- « seigneur , il me doit faire délivrer « pour nioy, mes gens de chevaux que «j'aurav, et selon ce qu'il appartien- « dra. Item, quand Mit monseigneur « sera audit pays de Poitou , je dois « porter ou faire porter son seel de se- « cret, duquel seel doivent estre seel- « lées toutes les lettres des hommages, « et d'avoir les profits et émolumens «des lettres, qui en doivent estre « scellées , et tout ce qui de lui sera à « cause dudit chambellage. Itefu, quand • mondit seigneur viendra premiere- « ment à Poitiers^ que je dois de mon « droit avoir son lit garni de tous les «paremens, qui seront, esquels il «couchera la première nuit. Item, « quand madame la comtesse viendra «premièrement à Poitiers, je la dois « mener par le frein , de la porte par « où elle entrera à Poitiers, jusques à «la salle, et la dois descendre, et le « mantel ou chappe qu'elle aura vestu, « et le cheval sur lequel elle sera ve* « nue, soit destrier, coursier, palefroy, «ou autre monture quelconque, en « Testât, et aussi garni comme sera, « doit estre et sera mien. Et si ladite « madame venoit en litlèreouendiaire, «je la dois semblablement mener jus- « ques à ladite salle , et descendre, et « la litière ou chaire garnie comme «elle seroit, et les chevaux ^ ^
CHA
« ront et seront miens de mon droit.
« Item , je dois servir ladite dame de
« vin la première fois qu'elle sera à « table , et le hanapon , couppe ou au- « tre vaissel à quoy elle boyra sera « mien et de mon droit. Item , le lit « et les paremens de la chambre de la- « dite dame, en laquelle elle couchera « la première nuit^ ainsi garni comme « il seroit , seront miens et de mon « droit. Et est le devoir à la manière « de l'hommage tieux : car je dois faire « mon hommage , ledit monseigneur « estant à la messe , quand il voit à «Toffrande, et luy bailler un denier « d*or pour tout mon devoir, lequel * denier il doit offrir à la messe. »
Le prévôt de Paris prenait le titre de chambellan ordinaire du roi, parce qu'à toute heure il avait accès auprès du souverain.
Pour marque de leur dignité, les chambellans dans le dernier siècle portaient derrière l'écu de leurs armes deux clefs d'or passées en sautoir, et dont les anneaux étaient terminés par une couronne royale. Ils se distinguaient encore par un costume particulier et par une clef d'or attachée au haut des basques de l'habit.
Lorsque Napoléon rétablit la noblesse , il n'oublia pas d'attacher à sa maison Impériale un grand chambellan et des chambellans ordinaires. Sous la restauration , la maison royale lut remise sur l'ancien pied, et il y eut alors, outre le grand chambellan (le prince de Tallfvrand), quatre premiers gentilshommes (le la chambre , quatre maîtres de la garde-robe , et trentedeux gentilshommes honoraires de la chambre. Ces charges ont cessé d'exister à la révolution de 1830.
Chambéky (prise de). — Le roi de Sardaigne ayant, en 1792, accédé à la coalition, le général Montésquiou, commandant en chef l'armée du Midi, reçut l'ordre d'envahir la Savoie. Il réunit au fort Barreaux le peu de forces dont il pouvait disposer, etentra en campagne.
Les Piémontais avaient construit trois redoutes qui dominaient le seul débouché conduisant en Savoie ; ces redoutes allaient être terminées et garnies de ca-
nons. Deux colonnes , sons les ordres
du maréchal de camp Laroque , furent mises en mouvement pour tourner les positions ennemies. Aussitôt les Piémontais se mirent à fuir sans tirer un coup de fusil, et les troià redoutes furent occupées et détruites. Vaincus sans combat, les ennemis évacuèrent précipitamment les châteaux des Marches, de Bellegarde, d'Aspremont, de Notre-Dame, de Mians; et, par un mouvement rapide , le général Montesquiou, se portant sur le centre de Tarmée sarde , la coupa en deux corps, dont l'un se retira sur Annecy, et l'autre sur Montmélian , qui, le lendemain même, ouvrit ses portes ; bientôt tout fut au pouvoir des Français, depuis le lac de Genève jusqu'au bord de l'Isère ; et , le 25 septembre 1792, Montesquiou fit son entrée solennelle à Charhbéry. Cet événement fut le signal d'une irévolution qui réunit la Savoie à la France, et lit de Chambéry le chef-lieu du département du Mont-Blanc.
— Les coalisés ayant envahi la Savoie en 1(S14, entrèrent, le 20 janvier, dans le chef- lieu du département du Mont-Blanc, que le général Desaix avait évacué la veille, avec le peu de troupes qu'il avait pu réunûr.
Mais quand, un mois après, nous eûmes repris l'offensive, les Autrichiens, fuyant devant nos colonnes, se sauvèrent en désordre à Chambâry, et se rallièrent sur les hauteurs en arrière de la ville. Le 19 février, au matin , le iiénéral Marchand fit marcher une colonne de six cents hommes pour les prendre à dos, pendant que Desaix attaquait le pont de Reclus. Repoussé de toutes parts , l'ennemi continua de battre en retraite.
Chamslhy, ancienne baronnie de Lorraine, auj. du dép. de la Moselle.
Chambly , ancienne châtellenie du Reauvoisis, auj. chef-lieu de canton du dép. de l'Oise , à 25 kil. de Senlis. On y compte maintenant 1413 hab.
Chambon , Camhommi , petite ville de l'ancien pays de Gombrailles, en Auvergne , aujourd'hui du dép. de la Creuse, à 24 kil. de Boussac C'est à
CMA
GHA
Chambon, suivant quelques auteurs, qu'il faut placer la capitale des Camoiovicenses. Ce qu'il y a de certain, c*«st que cette ville présente de nombreux restes d'antiquités, dont quelques-unes sont attribuées avec raison à un peuple gaulois. C'était, au sixième siècle, une forteresse considérable. Les habitant^ de Limoges y transportèrent les reliques de sainte Valérie, pour les soustraire à la rapacité de Chilpéric, qui ravageait alçrs la province. Pendant la guerre de la Praguerie , Xaintrailles vint, ayec une armée de dix mille hommes , mettre le siège devant Chambon , et la prit d'assaut. La plupart des habitants furent tués; ceux qui échappèrent se réfugièrent dans la tour dite de l'Horloge, et payèrent cent marcs d'argent pour leur rançon.
C'est à Chambon que se trouve le tribunal de l'arrondissement de Boussac.
Chambon (Antoine-Benoît) , membre de la Convention nationale , était, en 1789, trésorier de France à Uzerche en Limousin. Partisan de la révo- , lution , il fut nommé député de la Corrèze à la Convention nationale; il se lia intimement avec les girondins, particulièrement avec Gensonné. Il vota la mort du roi , avec l'appel au peuple , et devint membre du comité de sûreté générale. Les sections de Paris , dont il avait encouru la disj^rflce, demandèrent vainement qu'il iilt expulsé de la Convention; l'Assemblée, loin de se rendre à leur désir, le choisit pour secrétaire. La proscription qui , plusieurs fois, l'avait menace , l'atteignit enfin à la suite du coup d'État du 31 mai 1793, contre lequel il s'était prononcé avec beaucoup d'énergie. Il fut déclaré traître à la patrie et mis hors la loi. Décou- • vert à Lubersae, prèsdeBrives, il fut tué dans unegranjïeoù il s'était caché.
Chambon de Moivtàux (Nicolas), médecin en chef delà Salpétrière, né à Brevannes, en Champagne , en 1748 , fut élu maire de Paris , le 8 décembre
1792, en remplacement de Pétiott , et exerça ces fonctions, jusqu'au 2 février
1793 , époque où il donna sa démission. Il est mort en 1826.
CHAMBOimAS, ancienne seigneurie du Languedoc , auj. dép. de l'Aidècfae,
à 33 kil. d*Uzès« érigée en marquisat
en 1G83.
CiiAMJBONNAs (le marquis de) , était neveu du maréchal de Biron, et avait
épousé une fille natureHedeM. de Saint- Florentin et de madame de Sabatier, dont il se sépara dnns la suite par un procèsquifitbeaucûupdebruit. Devenu maire de Sens, il nit chargé de présenter à l'Assemblée nationale le vœu formé par ses concitoyens pour qu'on élevât un monumeiit aux premiers législateurs de la France. Grand admirateur de la Fayette, il fit taire, en 1790, des copies nombreuses du portrait do ce général , et en envoya à tous les départements; il devint J en 1792, maréchal de camp de la garnison de Pa« ris, et fut nommé, la même. année , ministre des affaires étrangères. Bientôt un marché pour fournitures d'armes, passé entre lui et Beaumarchais, fut signalé comme frauduleux à l'Assemblée, et annulé par elle. Le 9 juillet^ il fut dénoncé par Brissot pour n'avoir pas donné connaissance de l'approche des troupes prussiennes, et pour s'être fait l'instrument des manœuvres de la cour. Il se justifia en assurant que lui-même n'avait pas été informé d'une manière certaine de l'approche des ennemis, et il donna le même jour sa démission avec tous ses collègues , qui déclarèrent ne pouvoir plus résister à Vanarchie. Sorti de France après la journée du 10 août, 'il se réfugia à Londres, où il se fit successivement horloger, orfèvre et bijoutier. Il y mourut en 1807, dans un état voisin de la misère.
Chambohd, magnifique château situé dans l'ancien Blésois (auj. dép. de Loir-et-Cher). C'était, en 1090, une maison de chasse et de plaisance des comtes de Blois; Louis XII la réunit au domaine de la couronne, et François P% à son retour d'Espagne, la lit démolir pour faire construire par le Primatice le château que l'on admire encore aujourd'hui. Pendant douze ans, dit-on , il y employa 1800 ouvriers , et dépensa, suivant les comptes du trésor royal, 444,570 livres, somme
aui représente plus de cinq millions e notre monnaie. Les finances étalent
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en trop maoyais état à sa mort, pour permettre à ses successeurs Henri II, Henri HI et Charles IX de terminer la construction de ce château. Ils y consacrèrent cependant encore 391,000 livres; cependaot Chambord est resté inachevé dans ceiv taines parties. Notre cadre ne nous permet pas de décrire toutes les merveilles architecturales de cet édifi* ce, Tun des plus beaux moiramenta de la renaissance. Nous devons nous
'borner à dire qu'il est digne du grand artiste qui en conçut le plan, du ci- $eau des Cousin , des Bontemps , des Goajoii et des Pilon , qui le décorèrent, et enfin des princes qui le firent élever. L'histoire de Chambord n'est d'ailleurs, pour ainsi dire , que l'histoire des galanteries de François 1"^ et de ses successeurs. Construit par le toi chevalier pour perpétuer la mémoire de ses premières maîtresses , la
. comtesse de Thoury et la châtelaine de Monttrault , il présente de toutes parts les F avec la salamandre entourée de flammes. Les caryatides reproduisent lestrailsde la duchesse d'Rtampes et de la comlesse de Châteaubriand. La tradition désigne les constructions mystérieuses qui favorisèrent les rendez-vous et souvent les Infidélités de Diane de Poitiers. François I"" pensait peut-être au beau Brissac, lorsqu'il traçait, à Taide d'un diamant, mu la vitre d*un, cabinet voisin de la chapelle, ces vers al connus ;
Souvint fcitiiiip varie.
Est bien fol qui s'y fie.
Ailleurs s'offrent aux regards les H, les B et Tes croissants , chiffres de Henri II et de Diane de Poitiers. Après Henri II , Charles IX y conduisit la jeune Orléanaise Marie Touchet. Henri III et ses mignons en firent le théâtre de leurs monstrueuses orgies. Louis XIII, après l'exil de mademoiselle de la Fayette, l'hnl)ita fort souvent. Les chiffres et emblèmes de mademoiselle de Manciui , de mademoiselle de la Vallière, de madame de Montespan et d*autres encore gravés sur les lambris, attestent les visites de T.ouis XIV, ([ui y donna des lêtes brillantes. Ce tut