if9 P14NGE. i^9 ' élSS
Sur la foi et |a discipline. le 5 août, et il publia deux déei'eU doiu
1583. Concile d'Embrun. le secoud fut confirmé par un bref du pi^p^,
1584. Concile de Bourges. en date du 20 septembre. Cependant les af- 1686. Concile à'jiix. faires ecclésiastiques ne furent déûnilive-
1586. Concile de Cambrai, ment réglées que par le concordat du aS
sur la discipline ecclésiastique et les mœurs, janvier i8 13 (*).
^. ConaiM ée Touiousa, qd volt mt cc t^Wcau qu'îl 0 été
«9i,coDeaed^«i»o«. convoqué, en France, un très-grand
«ir la ««»FWM- nombre de conciles et d'autres assem-
ir-cS:otdt1IX:«. ^^^^ pour délibérer sur les matières
I6I0. Concile de crw**. rcligieuscs. L'ordrc chronologique,
I6I2. Concile de Parti L. suivânt Icqucl îl a été drcssé , nous ^
Tenu par les suffragants de l'archevêque forcés de confondre les concilès génér
de Sens, contre le traité de la puissance ec- raux av?C les COncileS nationaux et
clésiastique d'Edmond Richer. avec les conciles provinciaux, quoique
1812. Concile d'^ix, CCS troîs espèccs d'asscmblécs soient
sur le même sujet. loin d'avoir la même iniportance. Les
I6Î4. Concile de Bordtaas. concilcs géuérau^ OU oecuménioues
1635. Concile de Narbonne. întéresscnt ct engagent toute la cnré-
1668. condie f^'ignom. ^jg ^^ j^g c^ncilcs natlouaux oDt sur-
1 671. Concile de JvoivoiiJitf. a^ * u* *. i»* aa^^^a^^^^ ..^i:*-:
1682. A..embWe générale du clergé de France. ^OUt pOUr objCt j indépendance polltl-
I^ libertés de l'Église gallicane 7 foreat proclamées qUC Ct ladminiStratlOn mOrale OU
de nouveau dans quatre articles derenua célèbres. p^yg • leS COUCilcS prOVinCÎaUX UC S'OC*
1704. Cendlede r«ifo« (Tolonense). CUpCUt guèrC qUB (|eS dlffiCUltéS qUÎ
On y fit quelques décrets synodaux. entravent l'essor de la religion ou la
i727.Condied'^mft/»., Hiarchc du clcrgé dans telle ou telle
sur quelques maueres ecclésiastiques. \oç;à\iXé, A part ces différences , les
A t.ii J « '^*l' I A* uns et les autres sont également né-
^i^Si'ar rï^&Sr '^^^'^ «" développemint de rinsti-
Celte aasembiée n'est pas reconnue par TÉ- * (*) Nous avons suivi pour tout ce qui est
^se. postérieur au concile de Trente , l'excellente
Ï7W. chronologie des conciles publiée par M. L.
Depuis l'assemblée de 1797 jusqu'à celle de lyfaslatrie. de X 801, les prélats constitutionnels tinrent Nous croyons devoir ajouter, pour la
Soixante synodes , et huit conciles métropo- commodité du lecteur, à celte notice des
litains dans les villes de ^eja/i^(7n,^o//r^e^, conciles français , ou tenus en France, là
Houeti, Lyon, Reims, Rennes, Aix et liste chronologique des yingt conciles œcu-
Carcassonne, méniques , ou généraux.
.,, ^ '?^'* Jérusalem 5o
Assemblée de Paris , tenue par les prélats Nicée 3a5
constitutionnels dans Téglise métropolitaine, Constaotinopie. d^i
Kiie n'est point reconnae p» l'ÉjW __ ^^^^:\\:::::::::::::::. fi
ÏWÏ« Gonstantinople 55î
Concile national tenu k Paris. lî avait été Gonstantinople. 680
convoqué dès le *a5 avril ; il fut ouvert le 9 Co*^anti ' '{ se'
jain« Six cardinaux, neuf archevêques, iJuran."."^^ .*.'!..'!!!.** !.'****.* naf
quatre-vingts évèques et neuf prâtres nom- Latran.!'. .!!.!!.!.!!.!..!!!.!! 1139
jBés àdesévéchés, maisnonpas enoore ca« Utran 1179
noniquement institués, y assistèrent. Il fut }^*'*° "j5
présidé par le cardinal Fesch. Mais le cou- 5;^°° "fj
cilc ayant aecline sa compétence sur les Vienne. .«■ i3ii
questions qui lui furent posées , Napoléon-^ Constance 1414
dont il ne remplissait pas le but , en pro- ^^ '^Si
nonça la dissolution le 10 juiUet. Il fut de ii^!!; ! ! '. ! i .' i i .* .* i .' .* .' ! i i .* i i i îs!»
nouveau convoqué en assemblée générale Trente.*..,.*..,*..*... ',,.,'.....*.' Z544
L'UNIVERS
coir
tution chrétienne ; on peat les considérer comme les ressorts de son gouvernement.
Les conciles nationaux étant ceux qui rentrent plus spécialement dans notre sujet, nous ne saurions nous dispenser d*en rapporter au moins les principaux caractères. Quoiqu'ils aient tous un but commun, Ta souveraineté et la prospérité du pays , cependant ils se présentent avec des traits distinctifs sous chacune des trois races qui ont successivement gouverné la France.
Du temps de la race mérovingienne, ils sont particulièrement dominés par rintluence des évéques, ces représentants éclairés de TÉglise gauloise , qui , en s'appliquant à ménager une fusion entre le peuple conquérant et le peuple conquis , jetèrent les premières bases de la nationalité française. Mais à la fin , les évéques parurent renoncer à une si noble tâche pour se préoccuper exclusivement de leur intérêt personnel; dès lors ils ne formèrent plus qu'une caste aristocratique qu'entraînèrent dans leur chute les derniers mérovingiens, princes abâtardis et vraiment dignes du nom de rois fainéants.
Sous les GarlovingieAs , sous Charlemagne surtout, les conciles subirent Tascendant direct de Tempereur, en qui semblaient s'être concentrés le pouvoir spirituel et la puissance temporelle. Trop heureux de changer de maîtres, les papes , dont la grandeur naissait à peine, professaient pour l'autorité du nouvel empereur d'Occident le même respect qu'ils avaient professé aup^upavant pour l'autorité des empereurs de Constantinople; le temps n'était pajs venu encore où ils allaient , à leur tour, parler en maîtres. Ce aue les conciles perdirent alors en ihuépendàncè, ils le gagnèrent en pouvoir et en éclat. La plupart des peuples de l'Occident ayant été réunis en un seul faisceau par Gharlemagne, * la décision de s«s concile» devint une loi pour une grande partie derSurope.
C'étaient les conciles généraux de l'Occident plus encore que des conciles nationaux.
Sous les Capétiens nouveau diaa* gement. Depuis la mort de Charlemagne, la papauté avait eu le temps de prendre son essor, et elle avait si bien profité des circonstances, que la oatios française, se redressant cette fois avec une entière conscience de sa seaveraineté, avait besoin de toute son éDe^ gie pour ne pas retomber de DOUTeao sous le joug de la cour de Rome, oo
Î plutôt pour s'y soustraire. L'Églisega^ icane sut comprendre sa mission; elle prêta un appui intelligent aux rois, et tes conciles eurent alors un caractère vraiment national. Ils surent résister au pape quand la dignité de la France et Pihtéret général de la religion leur parurent en danger.
Pour compléter cet article , et k rendre aussi clair que possible, il ooos reste à dire sous quel point de vue la France et son clergé ont envisagé la conciles. L'Église gallicane , presfx toujours aussi jalouse de la grandon morale du christianisme que dé !¥ dépendance politique de la France, i constamment regardé les condiei comme une institution sacrée , sans laquelle l'unité de l'Église perd sa f» jesté et court le risque de dégéo^ en une dictature oppressive et iial' tante. Elle n'a reconnu le caract^ 4e l'infaillibilité, autant du moiis qu'elle est possible en ce monde, qu'aux décisions communes des cob* cites généraux et des papes. En cas lie scission, et notamment à l'époque di grand schisme d'Occident, où plusieon
{>ontifes se disputaient en même te^ a chaire apostolique, laFraoceaémii ro[)inion que les conciles généraia étaient supérieurs au pape. Voilàpoor* quoi, plus d'une fois, résistant aux disions du pape, elle en appela aa fiittf concile. Cette doctrine fut victoricast* ment défendue au concile général de Constance (1415) par l'illustre Gersoi} chancelier de l'éguse et de l'aniveiw^ de Paris. Un peu plus tard , en l^J»»
elle fut consacrée par la pragniati(|iK sanction de Charles VU , digne cooplémentde la pragmatique saoctioads saint Louis (1268), et qui érigea es iQi de l'État les décrets du concile de
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FRAT7CE«
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fiâie(14dl), confonnes à ceox du concile de Constance.
Le concordat de François I^, conclu en 1516, porta atteinte, il est vrai^ aux libertés de TÉgiise gallicane, et concéda bénévolement aux papes le don de Tinfaillibilité , qu'ils s'attribuaient eux-mêmes; mais la France protesta toujours en secret contre cette prétention exagérée, et le clergé luimême, malgré Tes tendances ultramontaines qui le dominèrent trop souvent depuis Tavénement du protestantisme, profita de la lutte engagée entre Louis jQy et la cour de Rome, pour revenir aux anciennes croyances de l'Église gallicane. En 1682, une assemblée générale du clergé de France ne craignit Îas de faire entendre la vérité au pape nnocent XI : par une nouvelle profession de foi en quatre articles, elle confirma les principes des pragmatiques sanctions de saint Louis et de Charles VIL Voici la substance de cette décision, devenue si célèbre sous le nom des quatre articles de 1682 :
« 1"* Le pouvoir temporel est indépendant du pouvoir spirituel ; 2° Le conr cUe général est supérieur au pape, ainsi que l'ont décidé les Pères de Constance ; 3"* Le jugement du pape^ même en matière de foi, n'est jpas infàilMley tant qu'il n'a pas V assentiment de V Église ; 4"* Les coutumes et les lois reçues dans l'Église gallicane doivent être maintenues. »
Qu'importe, après cela; si les revers arrachèrent à Louis XIV une rétractation secrète de ces vérités ? malgré oe désaveu forcé, elles continuèrent à régner dans les cœurs, alors même gpie les caprices de la fortune condamnaient leurs nombreux défenseurs au lilence. On en vit une nouvelle preuve rendant la révolution française : un les articles organiques du concordat, M>oclu entre Te pape Pie Vil et le >remier consul , était ainsi coiicu (*) : I Ceux qui seront choisis pour rensei- ( gnement dans les séminaires, souscri- [ ront la déclaration faite par le clergé
(^ Art. XXIV de la section m du tib« zi, ODcemaDt les ministres.
« de France en 1682, et publiée par un « éditde la même année ; ilsse soumet- « tront à y enseigner la doctrine qui y « est contenue ; et les évéques adresse- « ront une expédition en forme de cette « soumission au conseiller d'État char* « géde toutes les affaires concernant les « cultes (Voy. Concordat).» Les quatre articles, dit Talon, ne sont pas une innovation, ils ne font que confirmer une vérité constante , déterminée par tous les conciles , et notamment bar ceux de Constance et de Bâie. Enfin , guel plus bel éloge en faire que d'ajouter qu'ils avaient été rédigés en frande partie par Bossuet , qui en pulia une défense aussi profonde qu'éloquente! Personne, assurément, n'accusera révêque de Meaux d'avoir été l'ennemi du catholicisme.
L'Église française n'a pas professé une doctripe moins éclairée sur la composition des conciles' que sur rétendue de. leurs pouvoirs. On peut s'en convaincre par les passages qui suivent, empruntés à un prélat vénérable, à l'evéque Guillon , dont l'autorité en pareille matière est d'un grand poids (*). r. De qui se composent les conciles? Tïous répondons, avec tous les canonistes, que l'on y appelle d*abord tous ceux qui y ont voix délibérative par l'institution divine, tels que les évéques y et que tous sont tenus de s'3[ rendre , à moins qu'ils n'aient des raisons légitimes ; mais qtS Vofn doit y appeler aussi les prêtres et les autres clercs recommandables pour leur science^ leur sagesse et leur exr: périence. L'Église ne fait pas difficulté d'inviter aux conciles tous ceux qui peuvent y être de quelque utilité ou qui ont intérêt à y assister, et jusqu'aux hérétiques mêmes, pour entendre leurs raisons , leurs défenses, et tâcher de les faire rentrer dans son sein. A quel titre voyons-nous donc les simples prêtres , les diacres même , intervenir aans les conciles des premiers siècles , à commencer par celui de Jérusalem ? Le texte sacré ne laisse
(*) Encyclopédie des gens du monde, art GoxrciLss.
CON
L'UNIVËftS.
cmf
aucune équivoque : Les apôtres et les ptrétres s' assemblèrent pour examiner e^ résoudre l'af/airè , est-il dit au ehap, xjy du livre des Actes (vers. 6.) La décisioi\ synodale rapportée à Id suite s^exprime dans les mêities termes. La pratique constante de ces laeabx siècles était que les évêques nd délibérassent rien d'important que de
concert avec leur clergé Ce qui
Q'a point empêché le plus grand nombre des modernes théologiens de conclure que les évêques seuls ont voix délibérative dans les conciles, comme étant seuls juges et défîniteurs dans les matières de foi. . . . » Voilà quels sont les voeux de la plupart des membres de TËglise gallicane , et on voit que la lettre même des écritulres est eo leur faveur. Les apôtres et les prêtres y c'est-à-dire, les évêques et les mandataires du clergé, tds sont ceux qui doivent avoir séance 'dans les coneileis , présidés par le pontife romain. De cette manière , l'Église est complètement représentée avec son unité tigUfée par le pape , son aristocratie indiquée par les évêques, sa démocratie vivante dans le cœur de tous, mais manifestée surtout par la prédence des élus du clergé. tJn simple coup d'oeil, jeté sur le tableau historique qui précède, sufût pour montrer que, soit dans nos conciles nationaux, soit dans nos conciles provinciaux, les évêques ont toujours été assistés dans leurs déclarations par un grand nombre d'abbés ou de prêtres.
Ainsi donc la France à toujouî*s attaché une grande importance à l'institution des conciles , et elle a plusieurs Ibis essayé de leur rendrp le caractère démocratique quMls avaient dans les premiers t^nips du christianisme. Elle a vu avec douleur la pai[)auté se priver depuis le milieu du seizième siècle de ^'assistance de ces grandes assemblées, qui sont, pour la monarchie pontificale et pour la chrétienté, ce qu'étaient, pour la monarchie française , les étatsgénéraux. Voilà bientôt trois siècles ^ue la cour de Rome a cessé de convoquer les conciles , bien qu'ils dussent être réunis au moins une fois tous les
dît ahs. Puisse eette, infractioii an lois constitutives de TÉgliae ne pas M être un jour aussi funeste qaà nos anciens monarques, ce règne du twD pfôisir, sous la sécurité duquel ils mlèrent , environ deux siècles , sans appeler tes états généraux, (kâce à Dieu , les conciles aujourd'hui , hûo d'être un écileil pour la pàpaaté, soDt au contraire une force nouveltefu doit Taider à remonter au rangéie?é d'où elle est déchue. Ils redeviendront, dès qu'elle le voudra, ce qu'ils ont toujours été, c'est-à-dire, iès turjs du corps dé PÈglUey suivant l'cipH* sion des Pères du eondle de €olog« en 1549. Depuis quand surtout la coor de Rome a-t-elle vu diminuet sa»
cesse et se réduire à presque riaii fempire qu'elle exerçait autrefois aj le monde? Depuis qu'il n'y a i)te« conciles : enseignement manireste^ bien fait pour dessiller les yeux (te plus aveugles. Si la destinée de b papauté avait été de se transformereD pouvoir temporel , la suspension (te conciles lui aurait été utue au ma»
titre que la suspension des états g^ iraux Favorisa le développement « l'absolutisme des rois; mais,comii« une pareille transformation serait «k apostasie, parce que sa puissance 01 une puissance morale avant tout, fl qui a profité pour un instant aw* térêts politiques des princes bcrtoB de César, a été constammeat pr^ ciable à la cause, exclusivement w* gieuse, dès pontifes successeuis* saint tierre. Du reste, le mal J loin d'être irréparable , et tons * biens matériels dont Rome a ^ * pouillée ne valent pas la pdne (p* les regrette. Il y aurait lie« à»J^ applaudir, au Contraire, si ranâ*; son génie âb feu sacré de l'Évan^i elle sait mettre à profit les rich*** immatérielles dont elle possède «**• le précieux dépôt. De toutes tes «•* qui cotltribuèrent à donner la vicfcJ^ aux apôtres, la pauvreté ne firt p>»" moins puissante.
Dans un siècle où les asseiwj* repréisentatîves soW devenus le rtfj* le plus actif du gouvcrùëfli^t ff^
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que, le rétablîssehient de§ (Conciles ëàt plus que jamais une nécessité pour FÉglise. Leur suppression provisoire est un rtialheur qui ne saurait daret îongtemps encore. N'est-ce pas le christianishie qui, par son exennple , a initié le^ nations à la majesté des assemblées délibératives? Le souvenir des anciens conciles, Isbuvenir impérissable dans la mémoire des hommes, n'a pas peu contribué au respect des peuples modernes pour l'établissement des teprésentations nationales. Gomment donc admettre que TÉglise, qui a conçu le modèle de cette institution sur une échelle si grandiose, reste seule privée de ces bienfaits ! Il y a là tine anomalie choquante qui doit i)ien-^ tôt disparaître. Le jour où elle n'existera plus , l'appui de la France sera de nouveau acquis à la grande cause du catholicisme; car aujourd'hui encore, elle répète les paroles prononcées, au quinzième siècle, par le chancelier (jcrson, paroles qui méritent d'autant plus d'être méditées qu'elles sont d'un des hommes les plus pieux qui aient jamais existé, de fauteur de Y Imitation de Jésus- Christ, «Il n'y a point eu jusqu'à présent , disait-il , et tl n^y aura point dans Ut suite de contagion plus funeste dans l'Église que l'absence des conciles généraux.»
Les conciles provinciaux ne lui paraissaient pas moins nécessaires , et s'il ne disait rien des conciles nationaux, c'est parce que, de son temps, ils n'étaient pas menacés de tomber en désuétude comme les autres.
CoNCiNi , plus connu sous le nom de maréchal d'Ancre, était fils d'un notaire de Florence. Il parvint à se faire recevoir en gualite de gentil homnne dans la maison que l'on formait à Marie de Médicis , avec laquelle il vint en France en 1600. La fameuse Léooora Dori, dite Galigaï, exerçait déjà un grand ascendant sur l'esprit de cette princesse. Concini s'attacha à lui plaire, et • elle finit par l'épouser. Ce fut le commencement de sa fortune.
Après la mort de fleuri IV, Marie de médicis , proclamée régente du royaume , le nt premier gentilhomme de la
tihambre, et lui donna les goavernements de Montdidier, de Roye, de Pérottiie, puis enfin le gouvernement le
Î^lus Important du ro^^aume, celui de a Normandie. Concini acheta alors le inarquisat d'Ancre, et bientôt après il fiit créé maréchal de France , quoiqu'il n'eût jamais paru siir aucun champ de bataille; puis on le nomma tninistre, quoiqu'il fût étranger et qu'il n'eût jamais étudié les lois du royéume qu'il était appelé à gouverner. Ces faveurs enflèrent le cœur de Concini; il devint fier et hautain. Les ministres de Henri IV furent disgraciés et remplacés par ses créatures; les pirittced du sang furent éloignés de la cdur. Concini leva à ses dépens un corps de sept mille hommes pour faire respecter son autorité. Il alla jusqu'à interdire à Louis iLin toute promenade hors de Paris, et il le séquestra aux Tuileries. Le jeune prince avait pouf compagnon de ses jeut un gentilhomme nommé de Luynes, qui lui suggéra lès moyens de secouer le joug de Concini.
Louis XIII consentit à tout pour plaite à son favori, plutôt que par naine pour le maréchal. Le 24 avril 1617, Concini traversait le pont du Louvre, accompagné de cinquante à soixante personnes, pour se rendre auprès du roi, lorsque le baron de Vitry, qui l'attendait avec des Suisses armés de ilisils, s'avança au-devant de lui, et lui dit, en portant sa main sur son bras droits A Le roi m'a ordonné de me saisir de « votre personne. » Concini , étonné ne cette brusque apostrophe, fit un ceste pour mettre la main sur la sarde de son épée, soit pour se défendre, soit pour se rendre prisonnier. Mais au même instant, le baron de Vitry fit signe à ceux qui le suivaient , et Concini tomba frappé de plusieurs balles qui l'iavaient blessé mortellement. Son cadavre, enterré sans pompe, fut exhumé par la populace oe Paris , traîné à travers les rues jusqu'au Pont-Neuf, et brûlé devant la statue de Henri IV. On dit qu'un misérable poussa la rage jusqu'à faire cUire son cœur sur des charbons , et qu'il le dévora devant le peuple. Ce qui justifiait jusqu'à un
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UUWIVERS.
coir
eertain point la haine publique, c'étaient les exactions dont Concini s'était rendu coupable. On trouva dans ses poches des valeurs en papier i>our 1,985,000 livres, et dans sa maison ^,200,000 liv. également en papier. Le parlement procâa contre sa mémoire , qui fut déclarée infâme. Sa femme Ga- Jigaî ne fut pas épargnée; condamnée comme sorcière, elle fut décapitée sur la place de Grève. (Voyez Galigaï.) CoNGOLiTÂN (*) , chef gaulois , commandait, conjointement avec Auéroëst, vers l'an 225 avant J. G., la confédération des divers peuples des Alpes connus sous la dénomination générale de Gésates, S'étant avancé avec une armée formidable au secours des nations celtic|ues établies en Italie et que les Romains voulaient asservir, Concolitan battit les légions dans une première journée, près de Fésules, et leur tua six mille hommes. Il avait juré fiolenneilement avec les autres chefs , et avait fait jurer à ses soldats : « qu'ils « ne détacheraient pas leurs baudriers « avant d'être montés au Capitole. • Aussi Rome, saisie de terreur, s'attendait-elle à voir bientôt paraître à ^es portes cet ennemi terrible qui marquait sa route par le pillage et la ruine. Le consul ifimilius accourut près de Fésules dans la nuit même qui suivit la défaite. Les confédérés, maîtres d'un riche butin, décampèrent aussitôt. Tandis qu'iEmilius les poursuivait et les harcelait à l'arrière-garde , le hasard voulut que le second consul, Attilius Régulus, vînt débarquer avec des troupes près de Télamone, marchant, sans le savoir, au-devant des Gaulois. Enfermés ainsi de toutes parts, ils combattirent avec leur bravoure et leur acharnement ordinaires ; mais la mauvaise qualité de leurs armes causa leur défaite. Quarante mille restèrent sur la place, et dix mille furent pris. Concontan, tombé lui-même au pouvoir des Romains, fut traîné devant le char du triomphateur; pour ne pas le faire manquer à son serment, on lui avait laissé son bau-
(*) Geann^oilU'-'tan , chef du pays des forêts.
drier. Il mourut ensuite dans les fers.
CoNCOBDiLT. — - On donne ce nom à toute transaction conclue entre le pape et un gouvernement qoelconqae, pour déterminer les droits, respectib de i'Êglise romaine et de l'État, dans ce qui concerne soit les doctrines religieuses, soit l'organisation da dergé.
Les conventions contractées par le souverain pontife sur des intérêts par^ ment politiques , tie reçoivent pas li même dénomination ; ils rentrent dam la classe des traités ordinaires, \m qu'alors la cour de Rome négociées qualité de puissance temporelle. Ub concordat est donc un acte diplomatique touchant à la fois au domaine r^ ligieux et au domaine politique; c'est un accord plus ou moins équitable entre les deux puissances rivales , stipfr lant l'une au nom du spirituel, l'autre au nom du temporel , et cherchant à renouer des relations d'amitié coopromises par des conflits d'autorité, oo suspendues par un divorce momentaoé.
Dans les premiers temps da christianisme , on nommait concordats hs conventions qui réglaient les différendi des évéques, des abbés, des supérieon de couvents, ou bien encore des mo* nastères, des communautés reii^ ses. Ce fut seulement vers le dooziènK siècle , quand la papauté eut acquit assez de force pour rivaliser avec iei rois et les empereurs, que les concordats devinrent des actes de la plm haute importance pour les peuples aussi bien que pour la cour de Rooie.
Les querelles incessantes de rempire d'Allemagne et du saint-siége donnèrent naissance à un assez grand noobre de transactions de cette nature.
La France , au contraire , qui , suitoA pendant la première partie du mo^ âge , vécut presque toujours en boa* intelligence avec la papauté, n'e^ alors ni à en demander,, ni à ei obtenir. Les libertés de l'Église gr licane, confirmées par la pragmatique sanction de saint Louis, en X^ et par celle de Charles Vil, en 14*
(voyez FfiÀGMiiTIQUE sanctioh)»
furent longtemps une garantie suffsante contre les envahissements m
GON
GOK
saint-siége. Aussi notre histoire ne présente-t-elle oue deux concordats qui méritent de fixer oarticulièrement ]*attention : Fun conclu , au commencement du seizième siècle ^ par Fran-.
cois V; l'autre conclu, au commencement du dix-neuvième siècle , par Pïapoléon, premier consul.
La cour de Rome , tout en restant intimement liée , sauf quelques rares exceptions , avec les rois de France , dont elle avait besoin pour faire contre-poids aux empereurs d'Allemagne, n'en chercha pas moins à obtenir la révocation des pragmatiques sanctions de saint Louis et de Charles VIL Ces deux lois constitutives, qui avaient consolidé les libertés de l'Eglise gallicane, gênaient doublement la politique pontificale , d'abord parce qu'elles maintenaient aux évêques le droit de se faire élire par les chapitres des églises cathédrales et métropolitaines, ensuite parce qu'elles s'opposaient à ce que le pape prélevât des «contributions sur les fidèles du royaume sans l'aveu du gouvernement français. De l'une et de l'autre il résultait que les rois de 'France, quoique rois trèschrétiens et fervents catholiques , jouissaient , dans l'exercice de leur autorité publique, d'une indépendance absolue , et ne relevaient aue de Dieu. La pragmatique de Charles YII , qui avait érigé en loi de l'État les décrets du concile de Bâle , allait même jusqu'à poser des limites, eu matière de toi , aux prétentions des successeurs de saint Pierre ; elle ne reconnaissait le caractère d'infaillibilité qu'aux décisions du pape qui avaient reçu l'approbation d'un concile général. On comprend donc combien la cour de Elome, non moins jalouse de son pouvoir temporel que de sa puissance sacerdotale, se croyait intéressée à combattre et à renverser ces principes, outenus par les légistes français oien »lus encore que par le clergé gallican ; •rincipes nationaux qui proclamaient 1 supériorité des conciles en même emps que l'indépendance des évêques, t qui mettaient un empêchement à la ortie des capitaux du royaume.
Jusqu'au commencement du seizième siècle , les papes firent de vains efforts pour parvenir à leur but. Après une concession de |)eu de durée, Louis XI lui-même s'était empressé de revenir aux errements de l'ancienne monarchie (voy. Pragmatique sanction).
Mais François P' ne craignit pas d'innover. Le 18 août 1516 il conclut avec le pa^e Léon X un concordat qui s'écartait a la fois des principes de la législation française et de ceux de la législation pontificale. Le pape et le roi s'y firent mutuellement aes concessions aux dépens de l'Église gallicane. Comme on l'a déjà vu, trois objets principaux étaient consacrés par la pragmatique sanctionde Charles VU:
1° la supériorité des conciles sur le pape, lequel était regardé comme tenu a assembler au moms une fois tous les dix ans un concile général ; 2^ le droit d'élection aux évechés et aux autres grands bénéfices , réservé aux églises et aux chapitres ; 3° la réforme d'un grand nombre d'abus et d'exactions auxquels la cour romaine avait assujetti tout le clergé, particulièrement des annates (*). De son côté , la papauté niait la supériorité des conciles , revendiquait l'infaillibilité pour les successeurs de saint Pierre, et élevait des prétentions fiscales sur les bénéfices ecclésiastiques. Pour trancher toute difficulté, le chancelier Duprat , négociateur du roi de France , offrit de renoncer à la convocation périodique des conciles , et de rendre ainsi au pape une suprématie contestée ; mais il exigea en retour que la nomination aux evéchés et aux autres bénéfices plus importants fât enlevée aux peuples et aux églises pour être abandonnée au roi. La (]uestion financière fut résolue par lui à peu près de la même façon : il consentit à laisser au pape les annates , c'est-à-dire , la première année de revenu de tout bénéfice ecclésiastique nouvellement conféré, à la condition, toutefois, que le pontife renoncerait à quelques-unes
(*) Yoyez Sismondi , Histoire des Français, t. XYI, p. 4a et suivantes.
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CON
L'UMVERS.
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des perceptions arbitraires qui causaient ie plus de mécontentement.
Telles fdrent les principales dispositîonB du concordat de 1S16, dont les bases avaient été convenues dès le mois de décembre , dans l'entrevue de François I*"^ et de Léon X, à Bologne. €'étaft un Véritable traité de partage, où Ton avait sacrifié les intérêts généraux du christianisme et ceux de rÉsIise gallicane à Tambition personnelle du inonarque français et du pontife romain. Il servit 'de prétexte à quelques autres arrangements particuliers: Adrien de Boissy, frère du frand mattre , fut nommé cardinal ; ^hiliberte de Savoie, sœur de la mère àe François P', mais de ringt-deux ans ()lus Jeune qu*elie , fut promise en mariage à Julien de Médicis , et dut lui apporter en dot le duché de Nehiours (*). De l'argent , des pensions , des bénéfices ecclésiastiques, furent distribués aux courtisans du pape et aux négociateurs.
On pense bien que la France ne dut pas voir d'un bon œil un pacte qui anéantissait toutes les libertés de l'Ëglise gallicane , qui enlevait au peuple la nomination des évéques , pour les placer sous la dépendance immédiate du roi ; qui fournissait aux papes les moyens de faire triompher leur doctrine sur l'infaillibilité , en les débarrassant du contrôle des conciles. Une seule disposition pouvait plaire à l'esprit public , c'était la renonciation du pape à ce système d'exactions qui avait causé tant de troubles ; mais la concession des annates enlevait une partie de sa valeur à cette sage disposition. De toutes parts on protesta contre l'exécution du concordat de 1516, et le parlement, après une lutte de deux ans , ne consentit à l'enregistrer qu'à son Corps défendant. Les plaintes , il faut en convenir , n'étaient pas toutes également justifiées ; ainsi l'élection des évéques donnait lieu à des intrigues et à des scandales qui appelaient une réforme quelconque. Le
(*) On sait que le pape Léon X appartenait à la famille des Médicis.
passage suivait de BraAtôme fera m combien le mal était grabd : « Lefù étoit , quand ils ne se pouvaient accorder en leurs élections, le plussoavent s'entre-battoient , se gourmoient à coups de poing , venoient aux braqueraars et s'entre-blessoient , voire s'entre-tuoient... Ils élisoient le plus souvent celui qui étoit le meilleur compagnon , qui aimoit le plus les
g , qui étoit le meilleur biberon ,
bref , qui étoit le plus débauché....
D'autres élisoient par pitié quelqiK pauvre hère de moine, qui en cachette les déroboit , ou faisoit bourse à part et faisoit mourir de faim ses régieux.... Les évesques élevés et panenus à ces grandes dignités, Dieaait quelles vies ils menoient... , uDevie toute dissolue après chiens, oyseaoïi festes , banquets , confréries , noces'*
dont ils en faisoient des séraifc
Ten dirois davantage, maisjenewfl pas scandaliser. »
Nous croyons rendre un service am lecteurs en citant ici le passage conscréa cet événement dans VEssaihiy torique sur la puissance tempom des papes, ouvrage savant publié 8«b l'empire par M. Daunou (*). «fi* vain Jules n avait excommunié lin»
XII , et l'avait menacé de transfe»
le titre de roi très-chrétien à ce w d'Angleterre , Henri VlII , qui de""* le mériter si mal ; en vain le cmqoiè* concile de Latran avait publié uoflf nitoire contre le parlement deW* et tous les fauteurs de la pragnutif sanction (de Charles Vit), en leur* joignant de venir à Rome pour y i* dre compte de leur conduite ; JuteB était mort sans avoir ébranlé Dg XII. Cet excellent prince mourut»
môme au moment où Léon X sefr posait à le tromper ; et la couronne* France appartint à François I*'t •jj Louis XII avait dit fort souvent ;•»
gros garçon gâtera tout. »
« En effet, François I*', dans une*
(*) Nous avons pris cette dtalion J*J troisième édition qui est de x8xi)P-.r et suiv. L'ouvrage parut pour la pf*** fois eh 1S09;
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ftevue avec Léon X, à Bologne, consent à faire un concordat , et charge son chancelier, Antoine Duprat, de le rédiger avec deux cardinaux nommés â cet? effet par le pape. Les principales dispositions de ce concordat sont celles qui portent qu'à Tavenir les chapitres des églises cathédrales et métropolitaines ne procéderont plus à l'élection des évéques ; que le roi , dans un délai de six mois, à compter du jour de la vacance , présentera au pape un docteur on liceacié , âgé de vingt-sept ans au moins, qui sera pourvu par le pape de l'évêché vacant; que si le présenté n'a pas les qualités requises, le roi sera tenu d'en proposer un autre dans trois mois , à compter du jour du refus ; que d'ailleurs le pape, sans présentation préalable de la part du roi , nommera aux évéchés et archevêchés qui viendront à vaquer en cour de Rome. Il faut noter qu'en accordant au. roi les nominations, le pape se réserve les annates (*).
a François V va lui-même au parlement pour y faire publier le concordat , et le chancelier Duprat expose les motifs qui l'ont dicté. On refuse d*enregistrer ; le roi s'irrite. Le parlement proteste entre les mains de l'évêque de Langres , que si l'enregistl*ement a lieu, ce sera par contrainte, et que l'on n'en jugera pas moins conformément à la pragmatique. On enregistre enfin , mais en écrivant sur le repli du concordat, qu'il a été lu et publié du^très-exprès commandement lu roi , réitéré plusieurs fois.
« L'évêché d'Alby vint à vaquer en [519; le chapitre nomma selon la pragmatique, et le roi selon le concertât. Le parlement de Paris , jugeant ntre les deux pourvus , prononça en aveur de celui qu'avait élu le chapitre 'Alby. En 1521 , un évéque de Conom, élu par le chapitre de cette ville, it également maintenu contre celui
(*) Voici y à ce sujet, la réflexion de fèzerai : « On ne vit jamais d'échange plus zarre ; le pape, qui est une puissance spituelle y pnt le temporel pour lui , et donna
spirituel à un prince temporel. »
que lé roi avait nomhaé. Toutes leâ causes de cette espèce furent jugées de même jusqu*après la prison de François 1*' , et auraient continué de l'être, si une déclaration du 6 septembre 1529 n'eût attribué au grand conseil la connaissance de tdus les procès relatifs aux évêchés, abbayes, et autres bénéfices dont la nomination avait été accordée au roi par le pape Léon X.
« Le président Hénault rassemble tous les motifs allégués èh faveur Ad concordat , et qui peuvent se réduire aux deux suivants : l*' les rois, en fondant les bénéfices, et en recevant l'Église dans l'État, ont succédé au droit d'élire qu'exerçaient les premiers fidèles ; T la simonie , l'intrigue , l'ignorance , présidaient aux élections , et; donnaient aux diocèses d'indignes pasteurs. Mais, au fond, le^ nominations royales n'étaient point l'article qui excitait le plus les réclamations du parlement ; il se plaignait surtout des annates et de la bulle de Léon X contre la pragmatique; des atmates, que, depuis saint Louis jusqu'à Charles vit, tous les rois avaient prohibées, et ^e* d'anciens papes avaient déclarées abusives et simohiaqùes , quand elles étaient exigées par les empereurs ; de la bulle de Léon X , qui traitait de peste publique, de constitution impie, une pragmatique fondée sur les décrets des conciles généraux , chérie de la nation et promulguée pair les souverains. Cette bulle suspendait , excommuniait, menaçait de la t)erte des possessions temporelles, soit ecclésiastiques , soit même civiles , les prélats français et jusqu'aux seigneurs laïques qui redemanderaient ou regretteraient fa pragmatique sanction de Charles Vil.
Enfin l'on avait osé citet* , dans cette même bulle de Léon X, la bullé Unam sanctom de Boniface VIII , où le droit d'abattre les trônes^ de ravir et décerner les couronnes, est attribué au pon^ tife romain. Voilà ce qui provoquait la résistance du parlement ; et l'on doit convenir, ce semble, qu'elle n'était ni déraisonnable, ni contraire aux intérêts de la monarchie. S'il ne s'était agi que de substituer au droit de con-
IM
cas
L'UNIVERS
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flmier les élections , acquis depuis longtemps au monarque , celui de les faire lui-même, nous avons lieu de nenser que l'enregistrement eût souf* tert beaucoup moins de difficultés. »
Du reste, et M. Daunou en convient lui-même, Tarticle qui attribuait au roi Félection des évéques et des abbés n'eut pas les résultats qu'on s'en promettait. Cefte innovation avait été conçue dans le double but d'augmenty Taction centralisatrice, du pouvoir monarchique , et de mettre des bornes à l'influence de la cour de Rome sur le clergé français. Malheureusement les divisions religieuses que suscita bientôt Tavénement du protestantisme eurent un effet tout opposé : le clergé catholique rechercha l'appui du pape contre les envahissements de l'autorité royale ; et les attaques des calvi* nistes lui faisant ajouter encore plus de prix à cette alliance, il cessa peu à peu d'être gallican pour devenir ultramontain. On en vit la preuve à l'époque néfaste de la Saint'Barthélemy et pendant les fureurs de la ligue.
« Les dissensions qui déchiraient alors la . France , dit M. Daunou , avaient sans doute diverses causes , mais parmi lesquelles on n'a point assez remarqué Tabolitiou de la pragmatique et l'établissement du concordat. D'un côté, un si funeste changement dans la discipline, en aigrissant les esprits, les avait disposés à recevoir les nouvelles opinions dogmatiques réprouvées par la cour de Rome ; de l'autre, les maximes ultramontaines que le concordat avait introduites, que Catherine de. Médicis avait propagées , inspiraient des sentiments d'mtolérance à ceux qui restaient dans la communion du saint-siége : la pragmatique eût préservé la France et de l'hérésie et du zèle persécuteur. Sous l'empire du concordat , ces deux germes de discorde, fécondés l'un par l'autre, ont enveloppé de leurs horribles fruits les règnes de Charles IX et de Henri III. Les nouveaux intérêts que le concordat donnait au, clergé de France , le dévouèrent à la cour romaine et affaiblirent de plus en plus
les liens par lesquels il devait tenir i l'État. »
Il est très-{)robable que, si la pra^ matique sanction de Charles VII nV vait pas été révoquée , la France anrait beaucoup moins eu à souffrir da guerres de religion. Le clergé gallica . aurait même pu, au besoin, interTeoir comme puissance modératrice, entre la papauté et les protestants. Mais,!
l'époque où François P' fit son oofr cordât avec Léon X , qui pouvait pré* voir la tempête dont était menacée b chrétienté ? Et puis , si la peinturede Brantôme est aussi exacte Qu'origi* nale, les mœurs du clergé gallican ne lui auraient peut-être pas permis de jouer un aussi beau rôle. La réTOO* tion des pragmatiques n'en est pie moins un tait malheureux , parce qiiei à défaut du clergé, les légistes, appojéi sur ces deux lois et dirigés par le yo" tueux l'Hôpital, auraient pu jeter m peu de baume sur les plaies de b France. Les reproches adressés pei M. Daunou au concordat de 1516 ratent donc dans toute leur vigaeor; mais on regrette qu'il n'ait pasatta^ avec le même courage la dispositMi qui sacrifiait les conciles au pape. C^ tait cependant celle qui méritait le plus d'attention, nuisgu'elle portait* coup mortel à nnstitution mémedi christianisme , en permettant à la pi* pauté de réaliser le plus grand attea* tat qu'jelle ait jamais médité : la «f; pression des conciles généraux, 9| sont l'un des éléments essentiels s inviolables de notre société religieoi^ Cette disposition n'était pas plus tt* tionale que les autres , car la Fi** avait toujours défendu les oonciltf« dont l'autorité, réunie à celle du 0i possédait seule, à ses yeux, les cirsO' tères de l'infaillibilité humaine, lif cet oubli se conçoit jusqu'à un oee^ point : le livre de M. Daunoa tu* particulièrement de la puissance tg porelle des papes ; et puis il écRw sous le règne et un peu sous la diev d'un homme qui n'aimait pas plu*"
f;randes assemblées en matière dei** igion qu'en matière politique.
D'après ce qui précède , on 10^
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