‹ France (volume 5)Chapitre 2 sur 114 · I19|^GE · texte numérisé non relu

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gnifigiie^hent, et lui donna une biblio-' thèque et des reliques qui , daos la suite, devinrent pour cette maison une source de richesses* L'église, bâtie ?ers la fin du huitième siècle, étaàx comptée au nombre des plus belles du royaume. Détruite pendant les guerres de religion, elle est aujourd'hui en rui" Des; mais ces ruines offrent encore un aspeet imposant* Il s'est tenu dans cette ville, en 1028^ un concile contre les roanîchéensl Lorsque Gharronx Êiisaft partie du rO]^aunie d'Aquitaine, son nom franc était Carrof; c'est ce qu'attestent ces vers de Tfaéodalphe ^ CTêg[Qe d'OrléaiiSi cités paf de Va-

Est locas, hcme vocitstAt Carrof eo^oomint Oalli , Quo sahatoris sub nomine pœnitet «nUa.

La population de cette ville est aul^d'tmlâè 1,700 hab.

Chabroy (Sébastien), lieutenantcolonel de rétat-mafor dé la garde impériale, étant sous-offîcieiP des guides du générai Bonaparte à l'affaire de Gaza, tûa, dans on combat singulier, no cÏNf de mameluks qui venait défier le corps entier des guides rangés en bataille. 1\ monta le premier sur la brèche à l'assaut de Jaffa ; à la bataille âi Mont-Tbabor , il tua deux mameluks, enleva plusieurs chevaux, s'emr a de six dromadaires de course, et prisonniers tous tes Arabes qui ï%& montaient^ Au combat d' Aboukir , il fot dâ nombre àe& guides qui enlevènsf^t les redoutes turques. Pïommé feoiS-Hêiitténant , il traversa deux fois ^ ^ne des Turcs et des mameluks , pendant le siège du Gaire^ pour porter m dépêches aux généraux Yerdier et ^^oranteâu , et reprit un poste qui vensiit d'être* forcé par l'ennemi. A Tattagneda pont de Cabezon, en Espagne, le 14 juin 1808, Gharroy, devenu offi- <>er a'état-ma^r , chargea à la tête d'une compagnie de voltigeurs , et enleva qoatre pièces de canon sous lé wi de quatorze mHle ennemis. Un Bxris après la bataille de Kio-Secco , rt loorsuirit seul une pièce de canon, ^la ramena, ainsi qu'un officier et ||i|sieiir8 artîHeurs espagnols. Dans la joaraée ^ il lua de sa main six

grenadiers da régiment de Saragosse.

Il se distingua. également pendant les campagnes de 1811 et de 1812 en Espagne.

Ghabs, ancienne seigneurie du Yexin français, aujourd'hui du département de *Seine-e't-Oise , à 12 kifom.

de Pontoise , érigée en baronnie en

Ghabs DB guebbe. Outre leur redoutable cavalerie , -les Gaulois lançaient encore sur les champs de bataille de lourds chariots armés de faux ou de pointes acérées, et montés par un grand nombre d'archers. Geux-ci, lorsque tes rangs ennemis étaient rompus , sautaient en bas des chars et combattaient à pied , avec le javelot ou avec l'épée. Les Gaulois étaient si exercés à se servir de ces chars, qu'au dire de Gésar , ils pouvaient les faire descendre par des pentes rapides , y arrêter tout d'un coup les attelages ^ ou les diriger sur un autre point Les conducteurs se tenaient debout <sur le timon , et se plaçaient même sur le joug des chevaux 'pour diriger leurs mouvements. Les cnars de guerre servaient aussi bien à la défense qu'à l'attaque. Liés ensemble, ils formaient, avec les chariots de bagages, les seuls retranchements dont les Gaulois entourassent leurs camps.

Ghabte. Voyez Constitutions.

Ghabtb nobmandb ou Chàbtbb AUX IiïORMANDS. — On désigne sous ce nom les lettres patentes données

Sar Louis Hutin aux habitants de la [ormandie , pour la confirmation de leurs privilèges.

Ge prince leur accorda, en 1314, une première charte qui ne contenait que quatorze articles ; mais elle fut augmentée par de nouvelles lettres, en date du 15 juillet Ae l'année suivante. G'est à ces dernières lettres que s'applique plus particulièrement te nom de charte normande. Gette charte fut confirmée, en 1339, par Philippe de Valois; en 1380 , par Charles vl ; en 1458 , par Gharles VU ; en 1461 ^ )ar Louis XI; en 1485, par Char, es VÏII, et en 1579, par Henri III.

Kous croyons faire plaisir à nos lec

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L'UNIVERS

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teurs en leur donnant ici la traduction de la charte normande, l*un des plus curieux et des plus importants documents de l'histoire de l'ancien droit français.

« Art. 1^'. Le roi et ses successeurs « ne feront faire en Normandie d'autre « monnaie que celle de Paris et de « Tours; et les gros tournois seront « du poids et de la valeur qu'ils avaient « du temps de saint Louis.

ft 2. Le fouagc ou le monnayage « sera levé comme il est marqué dans « le registre des coutumes de INor- « mandie.

« 3. Les nobles et les habitants de « Normandie qui doivent au roi des « services à la guerre, seront libres « lorsqu'ils s'en seront acquittés.

« 4. Quand les seigneurs de fief au- « ront rendu leurs services, le roi ne « pourra rien exiger de leurs vassaux, « sauf le cas d'arrière-ban.

« 5. Lorsque le roi et ses succes- « seurs revendiqueront quelque héri- « tage, le procès sur la propriété sera « jugé , quoique les possesseurs oppo- «c sent la saisme ou la possession d an « et un jour.

« 6. S'il y a contestation sur la pos- « session d an et jour, la chose con- « tentieuse sera mise en la main du « roi , jusqu'à ce que la question sur « la possession ait été décidée.

« 7. Le roi ne lèvera, en Normandie, « que ses revenus ordinaires, et n'exi- « géra que les services qui lui sont « dus y a moins qu'il n'y ait quelque « urgente nécessité.

« 8. Aucun sergent royal de l'épée « ou autre ne pourra faire exercer son « office par des personnes de louage, « sous peine de perdre l'office.

a 9. On ne pourra prendre des vivres « ou autres denrées pour le roi sans « ses lettres scellées de Sion sceau ou A du maître de son hôtel; et quand il « y aura des lettres, les marchandises « seront appréciées et payées avant « d'être enlevées.

« 10. Le droit de tiers et danger ne « sera pas levé sur le mort-bois.

« 11. Si quelqu'un se prétend franc « du tiers et danger, parce que ses bois

c ont été plantés anciennement, il en « sera exempt en prouvant.

« 12. Les deniers levés pour faire « ou réparer les ponts y seront em- « ployès, etc.

« 13. Lorsque le roi sera chargé « des bâtiments ou de la reconstruc* c tion des ponts , les particuliers n'y « contribueront pas.

« 14. Les nobles, dans leurs terres, « auront le varech et les choses quai- « ves.

« 15. De trois ans en trois ans^ le « roi enverra des commissaires pour « informer des excès de ses officiers.

« 16. Nul homme libre ne sera mis « à la question , à moins qu'il n'y ait « contre lui des présomptions violentes « de crime.

« 17. Aucun avocat ne pourra pren- « dre plus de 30 livres pour les grandes « causes , etc.

« 18. Les causes décidées à l'échi- « quier de Normandie ne seront pas « portées au parlement de Paris.

« 19. La prescription de quarante « années aura lieu , en Normandie, en « toutes matières.

« 20. Les héritages qui seront réu- « nis au domaine du roi , par défaut « de pavement, seront estimés par des « prud'nommes.

« 21. Les parents pourront faire le « retrait des héritages réunis au do- « maine du roi, faute de payement.

« 22. Ceux qui auront des domaines « du roi par don , échange ou autre « aliénation, ne pourront traduire les ft autres sujets du roi dans les justices « éloignées.

ce 23. Quand il s'agira d'exécution « de lettres passées sous le scel royal^ « les parties ne seront pas mises en « procès, à moins que l'une d'elles ne « prétende avoir payé.

<c 24. En matière de retrait , celui « qui ne possédera pas l'héritage ne « pourra être ajourne. »

Longtemps avant la révolution , on ne suivait plus les dispositions de cette charte : les rois de France y avaient dérogé par des lois postérieures. Néaamoins, son autonté était encore si considérable , que, quand il s'agissait

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de faire quelque règlement qui pouvait intéresser la province de Normandie^ et qui était contraire à cette charte , on avait soin d'y insérer la clause :

Nonobstant clameur de haro^ chartre normande y etc.

Charte-pabtie. Autrefois, comme aujourd'hui) on était dans Fusage, lorsque Ton dressait un contrat synallagmatique, de faire autant d'actes semblables qu'il y avait de parties contractantes. Ces actes se nommaient chartes paricles (charta* pariclœ, paricolsBy paHculœy Bientôt, par surcroît de précaution , l'on traça au milieu d'une feuille des caractères et des mots qu'on peut comparer aux souches des passe-ports ou des inscriptions de rente , et qui étaient ensuite coupés en li^ne droite, ondulée ou dentelée. De la \%% chartes-parties ond'idées j dentelées (ckartœ partîtes wuMatœy et indentatœ), Cyrographum est le mot que l'on trouve le plus fréquemment inscrit sur la souche des cnartes-parties, qui remontent à une haute antiquité. Ce mot était ordinairement accompagné de quelque épithète spécifiant la nature de l'acte; du nom des parties contractantes, ou bien encore , surtout au quatorzième siècle, de quelques lettres dé l'alphabet. Enfin on traçait aussi, soit des images, soit des formules de dévotion sur la ligne de la souche, qui se trouvait placée le plus souvent dans le haut ou sur le côte de la charte. Quand cette iij^^ne était au bas de l'acte, ce qui était plus rare , on plaçait quelqueiois le sceau dans le haut de la pièce. Les inscriptions étaient tantôt horizontales, tantôt perpendiculaires ; et elles se distinguent en général par la grandeur des traits ou des ornements qui les accompagnent, souvent aussi par la couleur de l'encre. Aux chartes-parties coupées en ligne droite , succédèrent les chartes dentelées et ondulées, qui, vers la fin du quatorzième siècle, ne portaient guère que par exception des mscriptions à la souche. Le savant Mabillon n'a pu découvrir en France de charte dentelée remontant au delà <le 1106; quant aux chartes-parties.

la plus ancienne chez nous est de l'année 1034, tandis qu'en Angleterre il en existe du neuvième siècle.

Châbtes. — Ce mot servait autre* fois à désigner toute espèce d'actes. On ne s'en sert aujourd'hui que pour dé« signer les titres anciens. Dans les huit ou neuf premiers siècles, on employait les noms de charttda ou chartaela de préférence à celui de charta, qu'au douzième et au treizième siècle on écrit souvent quarta^ quarttUa ou karta. Au huitième siècle, le mot charta seul a signifié Un passe- port ; mais en général il ne prend un sens détermine que par les adjectifs auxauels il est joint. Voici l'enumération aesjprincipales espèces de chartes :

CTiarta jurata ou sacramentaHs '<, acte de serment ou de fidélité , ou contenant une promesse quelconque , sous la foi du serment.

Chartae de mtmdeburde, chartes de niainboumie, c'est-à-dire de protection ou de tutelle, accordées aux églises et aux monastères par les rois , les seigneurs et les évéques. Ces chartes s'appelaient aussi quelquefois sauvetés, salvitates,

Chartœ apennes^ chartes apennes.

Quand , par accident, des titres de possession ou de privilèges venaient a se perdre , le magistrat ou gouverneur du lieu faisait expédier deux chartes dites apennes ^ qui étaient des espèces de procès- verbaux du désastre , auxquels on donnait encore le nom de chartas relationis. On faisait ordinairement deux expéditions de ces actes : on en affichait une en public , pour conserver les droits des tiers et appeler leurs réclamations , et l'on délivrait l'autre aux possesseurs des titres perdus. Les diplômes délivrés par les princes pour la confirmation ae ces chartes sont appelés, dès le neuvième siècle, /)&»cMLrtœ ou pantochartœ ; les pancartes de Charles le Chauve sont les premières qui entrent dans le détail des biens, terres ou privilèges dont on voulait faire confirmer la possession.

Chartes traditionis , transfusionis^ refusionis, offersionis , transfersio^ nis, perpetualis transactionis , stabi'

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L'UNIVBW.

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iUcUii , confirmaUoniê , désigoaient lies actes de donation , coipine charte confertoria , ehart'm eleemosynariœ, V- La charte de soumission, oharta obnoiciationis , était ufi acte par lequel on vendait soi et sa famille, quand on ne poairait) se procurer les aliments nécessaires à la vie, satisfaire un créancier on solder une amende.

Les mots charta tracUUotUsj çeS' sionis, largUionis et doncUionis, servaient à désigner les actes de vente.

IjQS. càartse benqficiarise , chartes hén^iairesy avaient pour (^jet ks concessions de bénéfices. ( Voyez Bb-

RBFIGSS. )

La charte prestaire f charta preS" iaria, était l'acte par lequel une église ou un monastère abandonnait à un particulier l'usufruit de quelques ter« res , sous certaines conditions.

La charte précaire, charte^ preca^ fia y précaire y était celui par lequel le particulier demandait pu acceptait cet usufruit. 'Ces deux sortes de chartes devinrent fréquentes dans les huitième et neuvième siècles. ( Voy. Pbé**

GAIBE. )

Il y a encore pour les charte^ un grand nombre de dénominations ; mais nous ne citerons plus que les suivah* tes : charta audienticàis , citation k un tribunal; charta cautionis , charte d'obligation ou de caution; charta pi' gnoratUmiSy charte d'engagement et de garantie ; charta hxreditaria , testament ; charta divisionis, charte de partage ; chartx rogatœ, actes qqe les témoins étaient priés de signer.

A l'article Diplomàtiqub , nous traiterons des moyens généraux d^ teconnaître l'authenticité des chartes.

Chàbtieb (Alain) , né à Bayeux en 1386, fut rhomme le plus illustre de son temps. Dès sa jeunesse , il entendit joindre à son nom les épithètes d'excellent orateur, de noble poète, de renommé rhétoricien; et tout le monde connaît l'histoire du baiser que lui donna Marguerite d'Ecosse, femme du dauphin de France, depuis Louis XL Il n'avait guère que seize ans lorsqu'il conçul; le projet d'écrire l'histoire de

^on siècle, et que Charles yi, pour l'encourager dans ce travail , Je nofûnya clerc , notaire et secrétaire <}e sa m^i.son : place que lui conserva Charles yil. On ^oute même , ifiais il y ^ doute sur ce point, qu'il fut archidiacre de Paris et conseiller au parlement. On ignore l'époque de sa mort :

les uns 1^ placent en 1449 , d'autres en 14^7, d'autres enfin en 145$. Quelques-unes des pièces de poésie àe Chartier, le Dpbat du réveil -maûn^ la Belle dame sans merci y etc., se lisent encore avec plaisir. Chartier n'a pas l'élégance de Charles d'Orléans, la verve et l'énergie populaire de Villon ; mais on trouve dans ses vers ^n^ bonhomie et une naïveté qui , même pour nous, offrent un charme inexprimable.

Qiartier a rendu d'incontestables servic^ç à )a langue française : poète, prosateur, érndit autant qu'on pouvait l'être de son temps , il a fixé quelque^ règles , cherché des combinaisons nou>> veiles des mètres poétiques, et surtout il a ^li l'honneur, nous n'osons pa^ dire d'ouvrir la route à Charles d'Or«léans et à Villon , mais au moins de la leur montrer. Ce n'est pas encore un poète français , mais c'est mieux déj| qu'un trouvère, c'est mieux qu'un de ces vieux fommtders dont Villon, selon Boileau^ sut, le premier, débrouiller l'art confus. Il forma, avec Charles d'Orléans , ce qu'on pourrait appeler la transition. La meilleure édition des oeuvres d'Alain Chartier est celle de Paris, 1617, in-4°.

Chàbtibb (G.), évêque de Paris, né à Bayeux, était parent d'Alain et de Jean Chartier. Il tnt élevé à la coiir de Charles VU, et nommé à l'évêch^ de Paris en 1447. Ce fut d'après soti avis que Louis XI forma un conseilX composé de deux membres de chacun \ : des trois ordres, pour aviser à la dimi- ^ nution des impôts. Plus tard , lors de i la guerre du bien public, Chartier montra peu d'intelligence politique en voulant taire ouvrir les portes de Paris aux princes lisués contre le rôi : avis qui eût causé la perte du royaume s'il eût été suivi. Au reste, Louis XI ne le lui pardonna pas. Api^s sa mort,

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arrivée en 1472, ce prince éerivlt au prévôt des marchands pour lui exposer ses griefs contre te prélat , et ii exigea que ses motifs de plaintes fusseot consignés dans l^épitaphede Chartier, qui , du reste , était un homme feoommandable pour ses vertus privées.

Chibtieh (Jean), frère d'Alain, entra dans Tabbaye de Saint-Denis , y devint chantre et historiographe de France. Son frère le fit connaître à Charles YII , qui le chargea de débrouiller le chaos des vieilles chronî- 3ues que Ton gardait dans les archives e cette abbaye. Le zèle avec lequel il s'acquitta de cette pénible tâche le fit apprécier de Charles VII, qui l'attacha à sa personne et le rendit témoin de tousses actes publics, afin qu'il les racontât et les transmît à la postérité. Le roi le feisait entretenir à s^g frais, tenait à sa disposition des gens pour le servir, et des chevaux pour le transporter partout où il voulait. Jean Cbartier vit tout le règne de Charles VII et en écrivit l'histoire. Dans ses travaux à l'abbaye de' Saint-Denis , il avait achevé la collection des Grandes chroniques de France y vaste compilation qui accrédita tant de fables , et qui répandit des idées si fausses sur les origines de notre histoire: Les deux ouvrages de Jean Chartier,* V Histoire de Cmrles Fil et les Grandes chroniques, furent imprimés sous Louis XI en 1476, à Pans, 3 vol. in-fol. Le second de ces ouvrages fut In première histoire de France publiée par la voie de l'impression; il a été réimprimé dans la collection des historiens de France, et enfin, de nos jours, M. Paulin Paris en a donné une nouvelle édition jusqu'au règne de Charles Y inclusivement, avec une dissertation sur les sources de ces chroniques et une notice sur les manuscrits dont il a fait usage, Paris, 1836, in-fol. On peut consulter sur ces chroniques la critique et l'analyse qu'en a faite M. Augustin Thierry, dans sa cinquième lettre sur l'histoire de France , et dans le tome xv du Recueil de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, un

mémoire de la Gurne Sainte-Palaye.

L'histoire de Charles VII a été réimprimée seule par D^nys Godefroi, Pairis, 1661, avec d'autres pièces d'écrivains contemporains. En tête de cette histoire, qui n'est qu'une chronique, Jean Chartier place un petit prologue où il annonce l'intention d'&rire les faits de ce règne , le plus véritablementy que je pqurray, dit-il, sans porter faveur ni haine à aucun. Le style de cet écrivain est naïf, mais n'a riea d'original; il renferme d'excellents renseignements, mais tout est présenté confusément , sans n^éthode, sans autre ordre que l'ordre chronologique.

Jean Chartier mourut vers H61 , peu de temps après Charles YII.

CHABTiBR(Kené) naquit à Vendante en 1572. Il montra dès sa plus tendre enfance une passion ardente pour l'étude, et cultiva en même temps la littérature , la philosophie , la tnéologie et la médecine. Apies être resté plusieurs années à Angers et à Bordeaux, où il perfectionna ses études médicales, ii vint à Paris, où ii fut reçu docteur, le 26 août 1608, et nommé professeur de pharmacie. En 1612, il fut nommé médecin des dames de France; en 161*3, médecin ordinaire du roi , et en 1617, professeur de chirurgie au collège royal. Il mourut, le 29 octobre 1654, d'une apoplexie^ qui le surprit à cheval, à l'â^e de quatre-vingt-deux ans. Si Chartier n'a rien publie d'original, ii s'est acquis une grande célébrité comme (éditeur ; et son plus grand titre est, sans contredit, l'édition complète des œuvres réunies d'Hippocrate et de Galien.

Chàrtbàtn, Camutensis ager, ou trâctus. Ce pays, dont Chartres était la capitale , faisait partie de la Beauce et du gouvernement général de l'Orléanais. Il était borné au N. par la Normandie et l'Ile de France ^ au S.

par le Dunois et l'Orléanais proprement dit, à l'E. par le Gâtinais, et à l'O. par le Perche. Il avait douze lieues de longueur sur dix de largeur.

Au temps de César, le pays chartrain faisait partie du territoire des Carnutes; sous Honorius, ii était

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compris dans la quatrième Lyonnaise.

Depuis, il suivit les destinées de Chartres, sa capitale.

CHÀfiTBAN (J. H. S.),;né à Carcassonne en 1779, entra au service à rage de quatorze ans , fit les campagnes de 1794 et 1795 dans TarniQ^ des Pyrénées-Orientales, passa à celle d'Italie, après la paix de Bâle, et se distingua en diverses rencontres. U servit ensuite sur le Rhin, à la grande armée, et fut fait colonel en 1813.

Vainqueur, le 28 juillet , de six mille Russes, qui essayèrent en vain de l'arrêter dans les gorges de Pina , il assista le 30 à la bataille de Gulm, se fit jour au milieu des colonnes ennemies, êur enleva cinquante -deux officiers supérieurs, dégagea son général de division, et une partie des troupes tombées en leur pouvoir. Nommé général de brigade pour ces deux beaux faits d'armes , il fut mis à la demisolde par les Bourbons. Au retour de Tempereur, Chartran fut chargé du commandement du département de l'Aude, et rencontra, en se rendant à sa destination, le baron Trouvé, avec lequel il eut une entrevue, dont le détail, publié dans une intention coupable, produisit plus tard l'effet (|u on en attendait. U fut mis, peu de jours après cette fatale rencontre, à la tête d une brigade de voltigeurs de la garde , combattit vaillamment à Fleurus et à Waterloo. Dans cette dernière bataille, it attaqua des hauteurs qui paraissaient inexpugnables. Repoussé trois fois, il revint trois fois à la charge, et emporta la position. Le général Chartran, oblige de faire sa retraite, l'exécuta en bon ordre, se rendit sous les murs de la capitale, passa la Loire, et revint à Paris après le licenciement. Envoyé d'abord en surveillance à Lille, puis arrêté, traduit devant une commission militaire, il fut condamné à mort et exécuté. U avait alors trentesix ans, comptait vingt-deux années de service, vingt-deux campagnes, et un grand nombre d'actions d'éclat.

Chàetbe. Ce mot avait ancienne* ment deux acceptions bien différentes.

Il était pris comme synonyme de

charte, dont il venait probablement par corruption , et servait à désigner un acte ou un titre ancien.

U signifiait en outre une prison, un lieu caché, et il avait probablement pour racine le mot latin carcer; l'on en fit chartrier, dans le sens de prisonnier, et il nous en est resté la locution, tenir en chartre privée, dans le sens de tenir en prison.

Le mot cAar^re servait encore à désigner une espèce de maladie d'enfant, appelée aujourd'hui carreau. D'où l'on disait venir en chartre, tomber en chartre.

Ghàbtbes, Autricum, Camutum civitas, est une des plus anciennes villes de la France. Avant la conquête des Romains, elle était la capitale des Garnutes ou Camuti (Voj[. ce mot) et le siège principal du druidisme, et elle acquit, sous la domination romaine, une assez grande importance. Placée plus tard sous la puissance' immédiate des rois francs, elle fut successivement prise par Thierry II, roi d'Orléans et de Bourgogne , et en 852 et 872 par les Normands , qui la brûlèrent et la détruisirent. Durant la longue lutte de la France et de l'Angleterre, elle tomba au pouvoir des Anglais, et ne fut reprise qu'en 1432. Attaquée sans succès par les protestants en 1^68, elle fut prise en 1591 par Henri IV^qui s'y fit sacrer trois ans après.

Vers la fin du onzième siècle, la ville de Chartres était défendue par une enceinte de fortifications dont quelques parties subsistent encore , entre autres une porte en pierre de taille flanquée de deux grosses tours.

La cathédrale de Chartres est un des plus beaux monuments que nous ait légués rarchitecture du moyen âge : une église construite sur son emplacement avait été incendiée trois fois, quand l'évêque Fulbert, lors du dernier incendie, arrivé en 1020, fit un appel à la générosité de tous les

{)rinces chrétiens, et du produit de eurs offrandes commença le nouvel édifice, qui, après sa construction, qui se prolongea pendant près de cent trente ans , fut dédié à la Vierge

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le 17 octobre 1260, par Pierre de Mainçy, soixante-seizième évêque de Chartres. — Le projet avait été d'abord de construire les deux clochers sur le même dessin , mais il n'y eut ii'acheyé que celui qui est appelé le clocher vieux, En 1838, par la uégli- Çeoce de quelques ouvriers, le feu prit a la toiture du bâtiment, et détruisit complètement la charpente. -^ Des fonds assez considérables ont été votés par les chambres pour réparer ce malheur.

On remarque encore à Chartres l'aneienne église de Saint-André, le cabinet d'histoire naturelle, la bibliothèque publique renfermant quarante mille volumes imprimés et nuit cents manuscrits, et où l'on conserve un verre ayant appartenu à Charlemagne, qui était anciennement déposé dans l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun.

Chartres était jadis la capitale du pys Chartrain et de la Beauce , avec le titre de duché-pairie; son diocèse comprenait huit cent dix paroisses :

elle était comprise dans le gouvernement général de l'Orléanais et dans le ressort du parlement de Paris. C'est aiyourd'hui le chef-lieu du départe- Bo&it d'Eure-et-Loir, et le siège d'un évéché ; elle possède des tribunaux de première instance et de commerce, .et une société d'agriculture et un collège communal. — Sa population actuelle est d'environ qumze mille habitants. . *

C'est la patrie d'un assez grand nombre d'hommes célèbres , parmi lesquels nous citerons : Guillaume de saintes, évéque d'Évreux ; Philippe Besportes , Mathurin Régnier, P. ISieoUe, André et Michel Félibien, Fleury, mort doyen de la coniédie française; J. Dussaulx, conventionnel et académicien; Pétion de Villeneuye, eonventionnet; le général Marceau, etc.

Chabtrbs (comtes de). Depuis la fin du neuvième siècle , Chartres eut des comtes héréditaires qui possédaient aussi les comtés de Blois et de Champagne (Voy. Blois et Champaeas). Plus tard, le comté de Chartres

appartint à la maison de Châtillon (Voy. ce mot). Philippe le Bel en fit ensuite l'acquisition pour le donner à son frère , le comte de Valois, et Philippe de Valois le réunit à la couronne. Ërigé en duché par François V en faveur de Renée de France', duchesse de Ferrare, il fut rachelé, en 1623, par Louis XIII , des mains du duc de Nemours , et devint ensuite apanage de la maison d'Orléans, où le tus aîné porta toujours le titre de duc de Chartres. Voy. Oeléans (maison d'.)

Chartbes (monnaie de). Un de nos numismates les plus distingués, M. de la Saussàye, vient d'attribuer à Tasjet, roi des Carnutes, et allié de César, une curieuse pièce de billon, qui porte d'un côté pour légende le mot tascii- Tios, autour d'un Pégase, et de Tautre £Al^£00riS, autour .d'une tête* de .Baccbus ou d'Apollon, derrière la- .quelle on remarque un pampre. Cette belle monnaie , qui était restée longtemps parmi les pièces incertaines, est la seule médaille gauloise qu'on puisse, avec certitude, attribuer à la ville de Chartres. On a retrouvé , de nos jours, quelques triens mérovingiens frappés dans t;ette ville par le monétaire Blidomond , Blidohon- BUS, et n'offrant d'autre particularité remarquable qu'une extrême barbarie.

Mais , à partir du règne de Pépin , Chartres nous présente une suite de monuments numismatiquesplus nombreux et surtout plus intéressants.

Le premier de ces monuments est extrêmement curieux: c'est un denier qui annonce une sorte de transition entre le faire des artistes de la seconde race et celui de ceux de la première.

On y voit , au droit , un ange tenant deux croix, avec les lettres CARN dans le champ, et au revers, seulement les deux majuscules RF. Il nous reste également des deniers frappés à Chartres sous les règnes de Charlemagne, de Charles le Chauve et de Eudes.

Ceux de Charlemagne présentent entre eux les différences de style que l'on remarque dans la numismatique de. ce

Î)rince. Ce sont d'abord des pièces sur esquelles on lit en lettres mal for-

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L*U!tIVElt&

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Biëes le nom de la Tille, gabïtotàs, et

de l'autre le nom du roi J^,2 ea deux

lignes. Ensuite des pièces d*an type noiNns barbare, présentant au droit une croÎK à branches égales , avec la légende ga^notàé civiias entre grenetis , et au revers carlits rbx fb avec le monogramme dans le champ.

Les deniers de Charles II et d'Eudes nWfrent rien de particulier. On a prétendu qu'aucune espèce n'avait été frappée à Chartres, depuis cette époque, jusqu'à celle où les monnaies des barons commencèrent à avoir cours.

C'est une erreur. Il faut restituer à cette ville une pièce où l'on voit le mopogramme de Charles , avec la légende GBATiA DiBBX, et l'inscription

à deux Ï'Sû^42^vitaV ^^^^ ^^^^ ^* de Charles le Simple, et elle a été incontestablement nrappée à Chartres.

Depuis la. fin du dixième siècle jusqu'en 1819, époque où le roi de France racheta du comte de Chartres la monnaie de cette ville, le type de cette monnaie orésente , d'un côté , une croix, et ae l'autre une figure bizarre qui a beaucoup occupé les antiquaires.

On a essayé d'expliquer cette figure de différentes manières ; l'explication proposée par M. Lelewel est la seule qui soit admise aujourd'hui. Ce savant voit dans cette figure une tête humaine défigurée. Nous reviendrons sur cette opinion et sur la figure qui y a donné lieu, et qui se représente sur un grand nombre de monnaies du moyen âge, à l'article Typb monb- TAiBB. La monnaie de Chartres, dont il existe plusieurs échantillons , exemplaires ae types , de modules et de titres différents, fht d'abord anonyme.

Le côté de la tête chartraine était anépigraphe , et l'autre portait pour lé« gende gabtiscivitas. Mais le comte finit par placer son nom au commencement de la légende : b. gomcabtis ciYiTAs (Richard de Beaumond, 1235- 1255); I. gomcabtis giyitas (Jean, 1255-1279, ou Jeanne, 1279-1293).

Nous avons dit que le type chartrain représentait originairement une

tête. Lelewel a cru en retrouver Porlgina] dans ces triens bari^ares doDt noqs avons parlé plus haut. Nous aimerions mieux y voir 1-efBgie de la sainte Vierge,

D'après l'ordonnance de 131$, les deniers de Chartres devaient être à trois deniers dix grains argent le roi, et à la taille de 235 au marc, et les mailles de 2 deniers 21 grains de loi argent le roi ; quatqrze deniers chartràins ne valaient qu'un sou tournois.

Çhabtbes (sièges et prises de).

Chartres fut plusiefirs Ms prise et pli* iée, sous les rois de la premièfe race, et plus tard par les "Normands , notamment en 858.— Rollon (Roli) vint de nouveau l'investir en 911. Cette fois le roi Charles lui en fit lever le siège. Mais ce fut son dernier acte de vi* gueur contre les pirates du Nord : peu après il leur céda la Neustrie.

Depuis 1417 le duc de Bourgogne était mattre de Chartres , qui était,o^ eupée par des Bourguignons et par des Anglais. En 1482 Je bâtard d'Orléans forma le projet de surprendre cette ville et trouva le moyen de s'assarer des intelligences dans la place; en effet , il y avait partout un tort parti opposé aux Anglais. « Un bourgeois « nommé le Petit-Guillaume , qui faisait d'habitude le commerce de sel avec ses charrettes , d'Orléans à Blois et à Chartres, vint^ la veille du dimanche des Rameaux , se présenter , le matin de bonne heure , à là porte de la vilto* Il amenait avec lui plusieurs voitures chargées de tonneaux. Il était connu; on ne se défia de rien. Plusieurs portiers étaient gagnés; d'autres se mirent tout aussitôt à emporter des paniers d'aloses que le marchand leur avait promis. Une des charrettes s'a^ réta sur le pont^levis. C'étaient des hommes d'armes qui, vêtus de blouses, diaossés en guêtres et le fouet à la main , conduisaient les voitures.; d'autres étaient enfermés dans les tonneaux : ils sortirent de leur cachette et tombèrent sur les gardiens des portes. Une embuscade , commandée par le sire d'Illiers , n'était pas éloignée; elle arriva à leur aide. Un religieux

CHA

FRAUGE.

jacobin , nommé mattre Sarrazin , qui était du compïot , avait justement fixé n^are de son sermon au moment oà àe devait faire Pattaque, et avait choisi une égiise à l'autre bout de la vilte. La garnison et les bourgeois du parti anglais fiirent donc longtemps a se mettre en défense; toutefois oh commença à se battre dans les rues. L'évéqiie était nn Bourguignon nommé Jean de Fétigni ; il se mit vaillamment à la tête des défenseurs de la vHIe ; mais bientôt après il fut tué. Le bailli se sauva par-des3us les murs*, et le bâ^ tard d^Orléans étant arrivé à la tête dTane seconde 'embuscades, la ville iftit entièrement soumise, (/e fîit une mnde nouvelle pour les Parisiens.

Cfiartres n*est pas éloigné de Paris; ffétaît de là qu'arriyait la plus grande partie des fannes, et le pain allait être encore plus cher. Tout semblait dé* çsÀter fes bourgeois de cette dominatioa anglaise qui n'éprouvait plus que d» éehecs {*). »

— Les protestants assiégèrent Chartres sans succès en 1568; Henri lY la vntCD 1591^ après deux assauts intneeteax et grâce à Thabileté du comte dIetjMtillon. Ce capitaine inventa^ dit ftàimerï de Henri IV, un pont pour ideseeàdre à couvert dans le fossé et idonter à l'assaut. Aussitôt que cette ma<^ïne fut placée , les assiégés eapitaJèrent. En entrant dans la viile, le

BAt arrêté par une députation des îtants; le magistrat lui fit une loa- E' e et ennuyeuse harangue , où 11 éta- SSâit que 1a ville appartenait au roi par le droit divin et par le droit humain. Impatienté de cies longueurs , le téamafs s'écria : Ajmtez-y : et par le ébrcit canon. Puis, poussant son mval, il entra dans Chartf'es.

'CbÎabtbeuse (grande). Monastère e^èbre par la beauté sauvage des sites qo| l'entourent, par son ancienneté et par rétendue de ses constructions, sitôé dans le département de l'Isère , à t4 kilomètres de Grenoble. Le désert au milieu duqgel il s'élève fut

(^ De Barantc , Histoire des duc9 de B^ogne.

donné par saîil Hugues, évêque 4t eette ville, à saint Bruno , qui y fonda l'ordre des chartreux, en coostraisant de petits bâtiments épars , à un kilo* m^re de l'édifice actuellenoeot exiS'* tant. De nouvelles constructions, fiiîtes en 1133, furisnt, dans la suite, incendiées et rétablies à huit reprises différentes. Les bâtiments adioels dar tent de 1676. Les religieux qui habitaient la grande chartreuse furept dis^ perses en 1769; ils s'y sont réunis en partie dçpuis 1816. Ils sont aujourr d^hui au nombre de trente. (¥eyes l'article suivant. ) GfiàRTRBux. Célèbre ordre reli-

Sieux fondé par saint Bruno, à la fin u onzième sièele. Cet homme remar* -quable était né à Cologne , v^s l'an 1030. Il fut de bonne heure attaché par l'évêque saint Annoo à i'éeole de la collégiale de Saint-Cunibert. Après avoir étudié ensuite à l'école de Eetms, il fut fait suceessivemeot^ par l'archer vêque Gervais , écolâtre « puis chancelier de cet arcbeviché , dignité qui lui donnait la direction des &oles publi*ques de la viHe et l^inspection suif tous les établissements d'instruction publique du diocèse^ Lorsque l'usurpateur simoniaque du siège de Reims, MSr nasses , eut été cité au coneile d'Autun, en 1077, oiî Bruno fut un ^e ses accusateurs , et lorsqu'il eut été :déposé, en 1080, le chapitre de Reims voulut le remplacer par Bruno ; mais celui-ci avait deis lors résolu de se consacrer entièrement à Dieu ; il se retira à Saisse-Fontaine, dans le diocèse de Langres , et là , accompagné de deux amis, il se. livra avec une ferveur exemplaire aux exercioiss de la vie monastique, n quitta ensuite ce lieu et alla quelques années après , avec quatre compagnons, trouver saint Hugues, évéque de Grenoble , qui les conduisit, en 1084, dans le désert appelé Chartreuscy situé à 24 kilomètres d^ cette ville. Là , Bruno et ses compagnons , dont le nombre augmenta bientôt, formèrent un petit établissement qui prit en peu de temps de grands accroissements, et se rendit utile à la contrée environnante en créant des usinas

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LUNIVERS.

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H en exploitant des nines. En 1089, le pape Urbain II appela Bruno auprès de lui , et celui-ci , après avoir reHisé tous les honneurs dont on voulait le combler , alla , en 1094 , fonder une seconde chartreuse dans la solitude deUa Torre , au diocèse de Squiiiace , en Galabre ; il y mourut le 6 octobre 1101. Léon X autorisa \e& chartreux à célébrer un of^e propre en son honneur^ office qui fut étendu à toute TÉglise par Grégoire X, en 1623. Cinquante ans après la fondatjpn de la chartreuse de Grenoble , Pierre le Vénérable faisait le tableau suivant du genre de vie adopté par les disciples de Bruno : « Ils sont les plus pauvres de tous les moines ; la vue seule de leur extérieur effraye. Ils portent un rud»

cilice, affligent leur chair par des jeûnes presque continuels , et ne mangent que du pain de son en maladie comme en santé. Ils ne connaissent pas Tusaçe de la viande, et ne mangent du poisson que quand on leur en donne.

Les dimanches et les jeudis ils vivent d'œufs et de fromage : des herbes bouillies font leur nourriture les mardis et les samedis. Les autres jours de la semaine , ils vivent de pain et d'eau. Ils ne font par jour qu'un seul repas, excepté dans les octaves de Noël, de l'Epiphanie, de Pâques, de la Pentecôte et de quelques autres fêtes. La prière ,. la lecture et le travail des mains , oui consiste principalement à copier aes livres , sont leur occupation ordinaire. Ils récitent les

{>etites heures de l'office divin dans eurs cellules , lorsqu'ils entendent sonner la cloche, mais ils s'assemblent à l'église pour chanter vêpres et matines ; ils disent la messe les dimanches et fêtes. » Bruno n'avait pas donné de règle particulière à ses disciples ; ce fut seulement en 1228 que le cinquième général de l'ordre , Guignes , rédigea les usages et les coutumes qui s'étaient , de génération en génération , conservés depuis leur fondateur. iDes additions et des modifications y furent faites par plusieurs chapitres généraux , et ei^n il en résulta ce qu'on appelle la règle des Char-

treux , Imprimée en 1581 , réimprimée cent ans plus tard, et confirmée en 1682 par Innocent XI. Cet ordre, regardé comme le modèle de la vie contemplative, a eu cela de particulier, qu'irn'eut jamais besoin ae réforme.

11 a donné à l'Église six cardinaux, deux patriarches , quinze archevêques et quarante-neuf évêaues , et conservait encore-, au siècle dernier, plusieurs rites anciens dans la célébration de la messe. Au milieu du dixhuitième siècle il possédait , dans les différents États catholiques de l'Europe , cent soixante et douze maisons, divisées en seize provinces , dont chacune avait deux visiteurs. Au nombre de ces maisons figuraient quatre couvents de femmes, qui devaient être fort anciens, car, dans les statuts, rédigés en 1368 , il fut défendu de recevoir à l'avenir, ou d'incorporer à l'ordre de nouveaux couvents de filles.

Martin, onzième général de la société, donna pour devise à l'ordre un globe , surmonté d'une croix, avec ces mots :

« Stat crux, dum volvitur. or bis. »

Ce fut le pape Jules II oui ordonna que toutes les maisons de l'ordre obéiraient au prieur de la grande Chartreuse , c'est-à-dire de la Chartreuse de Grenoble. C'était dans le petit cloître du couvent des chartreux , à Paris , que se trouvaient les admirables peintures de le Sueur, représentant la vie de saint Bruno , peintures qui se trouvent actuellement au musée du Louvre. V. Chartbbuse (grande).

Chasles (L.), député d'£ure-et- Loir à la Convention nationale, était chanoine de Chartres avant la révolution , dont il embrassa subitement les principes avec une grande ardeur. Il prit place parmi les montagnards ; mais il tomba bientôt dans les excès les plus révoltants, et lui^ ancien ministre de la religion catholique, il n'eut pas honte de se joindre à Hâbert pour lever l'étendard de l'athéisme, et rut envoyé en 1793 à l'armée du Nord en qualité de commissaire.- Rappelé à plusieurs reprises par la Convention, il s'excusa longtemps, prétextant une blessure qu'il avait reçue à Hondschoote, et

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reparut enfin dans rassemblée, où II eootinua de manifester ses anciens principes. Ayant été signalé, le 1*' arril 1795, comme l'un des diefs de la conspiration jacobine, il fut d'abord enfermé au château de Ham, puis amnistié par la loi du 4 brumaire an iy, et admis aux Invalides. Mais exilé ensuite, comme tous les ex-conventionnels, àTJDgt lieues de la capitale-, il vécut depuis obscur et oublié. Chasles est mort en 1826, laissant en manuscrits des Mémoires sur la révohUion,

Chasse. — César et Arrién rappor- I tent que les Gaulois aimaient la cnasse aTec passion , qu'ils s'y faisaient aider par aes chiens hardis et vigoureux, mes dans leur pays ou importes de TÎIe rde Bretagne, et que pour qu'elle leur [plût, il fallait qu'elle tût environnée de dangers et offrît une image de la guerre. Aussi la poursuite de Vurus, espèce de taureau sauvage de forte taille et d'une grande férocité, que nourrissaient leurs forêts, et dont l'espèce a disparu, était-elle l'exercice auquel ils se livraient le plus volontiers, cpiand i\s n'étaient pas entraînés au loin par une expédition militaire. Il parait que sous la domination des Romains cette passion fut réprimée par les édits impériaux; car lorsque les Francs, déterminés chasseurs, comme tous les f peuples d'origine germanique , arrivèrent dans la Gaule, la chasse n*y était : dIos guère au'un métier pratiqué par ■'les soldats aes frontières, d'après les \| ordres et pour le profit des pourvoyeurs 'de la table des empereurs. Quand la \ cour avait besoin de gibier, le maître ]; du sacré palais écrivait aux ducs qui recommandaient dans les provinces li- ^'mitrophes, et ceux-ci détachaient des ', troupes légères appelées indifféremjlment saaUtarii ou venatores, pour en abattre la quantité nécessaire.

Comme la chasse n'était point très en usage chez les Gailo-Romains, et qu'elle était, en quelque sorte, abandonnée aux soldats, lorsque les peuplades étrangères eurent pris pied dans b Gaule, les possesseurs du sol virent sans peine leurs vainqueurs se Tattriboer exclusivement, et la défendre au

bas clergé, aux diacres, aux prêtres, aux abbés, aux évêques; pronibition dont les deux dernières classes surent bien s'affranchir quand les membres qui les composaient furent devenus des seigneurs suzerains.

La chasse se divisait déjà en vénerie et en fauconnerie , et pour qu'elle fût productive, elle était soumise à des règlements très^sévères. On ne pouvait prendre ou mettre à mort des bêtes lauves qu'avec la permission du roi.

Un urus que Gontran, roi d'Orléans et de Bourgogne, trouva tué dans une de ses forêts, fut la cause du premier duel judiciaire dont il soit fait mention dans notre histoire. La loi : salique frappe d'une amende quiconque tuera ou volera le cerf <)ue les chiens d'un autre auront réduit. Celui qui volé un chien de chasse est condamné à payer quinze sous; si. le chien est dressé, 1 amende monte à quarante sous. Chez les Bourguignons, la punition était moins sévère, et ramende ne s'élevait qu'à sept sous, dont cinq revenaient au propriétaire de l'animal dérobé; mais aussi le larron était condamné à baiser le derrière du chien.

£n même temps, il était enjoint aux juges de faire garder avec le gibier les forêts où il se retirait, de nourrir les chiens qu'on leur recommandait, de tenir les fauconneries royales bien fournies de faucons et d'éperviers , et d'exiger avec soin les redevances qui devaient être payées en oiseaux de cette espèce. Dans chaque métairie du roi , il devait y avoir des oiseleurs et des gens qui sussent faire des filets pour toute espèce de chasse.

Au reste, si les premiers rois de France donnaient une attention si particulière à la chasse, c'est qu'elle était pour eux un revenu beaucoup plus qu'un divertissement. Ses produits, quels qu'ils fussent, étaient servis sur leur table et contribuaient à la nourriture des officiers de leur maison.

La chasse et les soins que réclamait la gardedu gibier avaient donné lieu à la création d'une administration si nombreuse, qu'elle équivalait à une armée. Il existait des veneurs et des

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laucontiiers patotms t|ui avaient à leur tête quatre gïaods veneurs et uo grand faoconmer^ qualifiés tous les cinq du titre de grands officiers de la couronne. Ils étaient presque toujours dispersés dans les provinces pour le service de la cour, et quand il leur avait été transmis des lettres du roi ou de la reine , ou que le sénéchal ou le bouteiller leur avaient fait connaître les Intentions de Tun ou de Tautre, ils «'assemblaient dans \eà maisons royales près desquelles ils se trouvaient, te*^ naient èofnseil sur les ordres qu'ils avaient reçus y et prenaient toutes les mesures cohveoabtes pour en assurer l'exécution.

C'était principalement dans l'aU*' tontine que l'on chassait, et les rois ne donnaient guère une fête qu'elle ne fût terminée par une grande chasse. Quand les fiefs furent devenus des sragneuries héréditaires entre les mains de ceux qui les possédaient d'une manière précaire, les possesseurs s'empressèrent de s'attribuer le droit exclusif de chasser dans leurs domaines. ï^ar suite de la mise en culture d'un grand nombre de terrains , les animaux domestiques s'étaient multipliés, et la chasse avait cessé d'être une nécessité de la vie; elle devint alors un amusement, mais un amusement noble, dont les gentilshommes se montrèrent d'autant plus jaloux , que la faculté de s'y livrer fut par eux mise au nombre des signes caractéristiques de leur noblesse.

Alors la chasse, qui n'avait été jusque-là qif une guerre faite sans principes à des animaux inoffensifs ou dangereux , devint un art qui eut ses règles, une science dans laquelle. tout homme de noble race dut se piquer d'exceller. Quand nos romanciers font l'éloge d'un chevalier accompli , ils le représeqtent toujours comme expert en fait d'armes, en dits d'araour et en déduits de chiens et d'oiseaux. Plus la chasse était périlleuse , plus on l'estimait. Il était beau d'attendre sans broncher un sanglier furieux qui s'élam^it tête basse, et de le terrasser au passage; il était plus beau encore d'alkr dans les Alpes et les Pyrénées

j^quer l'ours dans son repaire > et de le mettre à mort d'un coup d'épîeu.

Henri lY, dans le temps qu'il n était que prince de Béarn, se livrait encore dans ses petits États à cet exercice périlleux.

Quant à la chasse de ruse, à l'emploi des trappes, des engins,. des filets, la noblesse la dédaignait comme jeux d« villains et communs paysans , ainsi

Sue s'exprime Gaston Phœbus , comte e Foix , aans ses Déckdts de la chasse, composés sur la fin du quatorzième siècle. Pour qu'un seigneur trouvât une chasse digne de lui , il fallait qu'il y courût risque de la vie, ou du moins qu'elle l'exposât à de grandes fatigues. Au moyen âge , la chasse était considérée non-seulement comme un amusement noble , mais encore comme une occupation pieuse , parce que , dit encore Gaston Phœbus , qui fut k plus intrépide chasseur de son temps, parce que eUe sert àfairefuvr tous les péchez mortels. Or, quifvyt Us septjpéchez mortels, selm notre foy, il doit être saulve, Donques, ion veneur aura en ce^monde joye^ léesse et déduit; et après y aura paradis encore.

Dans le cours de son ouvrage, le noble comte semble apporter quelque modification à ce raisonnement : il reconnaît que tous les chasseurs pourraient bien ne pas être placés, pour leurs exploits, au milieu du paradis; mais il compte (m'au moins ils seront logiez aux jauxbourgs et basses-cours , parce qu'ils auront évité l'oisiveté qui est ia cause de tout maU Dufouilloux, plus hardi, cite saint Hubert, qui était ve* neur ainsi qtie saint Eustache; dont il est à conjecturer, dit-rl , que les bons veneurs les ensuyvront en paradis avec la grâce de Dieu.

Une telle estime accordée à la chasse fit qu'on s'y livra avec fureur pendant tout le cours du moyen âge. Les femmes suivaient la chasse au vol et quelquefois la chasse à courre. Un gentilhomme jurait par son chien et par son oiseau , comme par une chose sacrée.

Rambaud, comte d'Orange, troubadour dii douzième siècle, disait à sa maîtresse dans une chanson amou-

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reoM : « Que jamais il ne me soit per* «mis de ebasser, que jamais je oe I puisse porter d'épervier sur le poiog , «si depuis riostant où .vous m'avez «donné votre .cceur^ j'ai songé à en «aimer une' autre que vous. » Quand un seigneur mourait dans ses terres, onplaéait un chien sous, les pieds « ou unoitéau sur le poing de son image, sculptée sur sa pierre funéraire.

Kdus avons dit que la chasse avait été interdite aux ecclésiastiques^ £n effets UQ concile d'Agée, en 506, un ooneiiede Mâcon, en 585, les^capitulairesde Gbatlemagne, un concile de Paris, eu 1212, un de Montpellier, en 1214, un de Pont-Audemer, en 1276 < lu synode provincial d' Auch , en 1 803 , etc.,' leur défendirent de se livrer à cet eiercice et d'avoir chez eux des chiens et des oiseaux dressés pour la chasse.

Mais, Gonune nous l'avons dit aussi ^ les abbés et les éVéques étant. devenus d«5 seigneurs tenaporelSi se montré* rent jaioux des privilèges attachés à ce titrct et ne tinrent aucun compte des prohibitions royales ou canoniques i lU eurent des meutes , des oiseaux , des Ycaeuts, et parurent dans les campagœs one arbalète à la main ou un âocoosur lei^oing. Dans le roman du PetUJthane&Sctiniréy on voitDamp^ abbé, suivre la dame des Belles-Cousioes à la chasse de la reine, et s'y BX)otrer aussi bon chasseur que hardi cavalier. Josqu'a^ix temps modernes, ^ gens d'église se sont livrés à un amosetnent qui leur était défendu et comtitnait un des privilèges de la noblesse. Pour ne citer qu'un seul exem-^ Île, le fameux Jean de Yatteville, qui m ta Franche-Comté à Louis XIV, svait dans son abbaye de Baume , où il termina sa vie aventureuse, un des Nos beaux éauipages de chasse de la PfOTînoe, et il s'en servait souvent.

. Ce n'étadt pas toujours cependant en Ration des règleànents que les^ ecelé" ^tiques se livraient au plaisir mon-* <l«nde la chasse, car les rois le leur jennettaient quelquefois. En 774* ^rleina^ne accorda au monastère de «ïBt-Dcms le droit de chasser le cerf, itcbemittl et les animaux carnassiers i

dont les peaux , avaient dit les moines , leur étaient nécessaires pour ooiivrir leurs livres. £n 778, il accorda le même privilège à l'abbaye de Saint- Bertin, qui avait besoin, non-seulement de couvertures pour ses livres, mais aussi d'aliments pour ses malades , ainsi que de ceintures et de mou fies pour ses moines.

Jusqu'à saint Louis, le droit de chasse, avait appartenu exclusivement à la noblesse. Ce prince fut le premier qui l'accorda aux ooorgeois dans quelques provinces. Charles Vl maintint ce privilège aux bourgeois qui vivaient noblement, mais interdit absolument la chasse aux roturiers, laboureurs et autres, à qui il fut enjoint de n'avoir chez eux ni chiens, ni furets, ni lacets.

Louis XI, qui ne chassait presque jamais et voyait avec regret la noblesse se ruiner en équipages de chasse^ lui défendit avec une telle sévérité cet amusement coûteux, qu'alors^ dit Seissel, auteur contemporain, « c'était « un cas plus graciable de tuer un « homme que de tuer un cerf ou un «' sanglier. » Cette défense fît pousser les hauts cris, et, à son sujet, les nobles firent entendre aux états de Tours, tenus en 1483, des plaintes si vives, que Chartes VIII lé révoqua peu après son ayénement à la couronne.

A toutes les époques, les rois de France ont eu des officiers et des équipages de chasse^ mais, jusqu'à François P', aucun d'eux n'avait, pour cet objet, porté aussi loin le luxe et la dépense. La partie de sa maison qui concernait les chasses coûtait des sommes immenses. Partout où il allait, il se faisait suivre par ses veneurs, ses chiens et ses oiseaux. Aussi Dufouilloux, auteur d'un Traité delà chassé, dédié à Charles tX, l'appelle-t-il le père de la vénerie^ ce qui certes ne vaut pas le titré de père des lettres.

Quant à Charles IX, il fut le Chasseur le plus habile, le plus instruit de son époque, et il nous reste de lui iiù Traité sur la chasse, dans lequel il fait preuve d'une éruaition qui convient beaucoup mieux à un lorestielr qu'à un roi. Il fut néandioins surpassé

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