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dans le goût de cet amusement par Louis XIII, qui excellait à tirer de Farqiiebuse, et, au dire de madame de Motteville^ s'amusait à prendre des oiseaux pendant que ses armées prenaient des villes et gagnaient des batailles. Outre ses équipages différents pour le cerf, le chevreuil, le loup, le lièvre et le sanglier, ce prince avait cent cinquante chiens qui le suivaient partout dans ses voyages, de sorte que sur la route il n'y avait pas un buisson qui ne fût battu.
Louis XIV eut aussi de brillants équipages de chasse; il se faisait accompagner dans ses courses par les princesses de sa famille, les dames 4es plus qualifiées, et les seigneurs les plus éminents, qui se regardaient comme infiniment honorés par le choix que le grand roi daignait faire d'eux pour lui servir d'escorte. Louis XV chassa beaucoup moins; mais comme les exercices violents étaient nécessaires à Louis XVI, il se livra ft'équemment à celui de la chasse. Il était en forêt, entouré de ses veneurs et de sfes chiens, le 5 octobre 1789, lorsque les femrt^es de PaHs vinrent à Versailles lui demander du [)ain. Napoléon chassait peu et chassait mal. Les infirmités de Louis XVIII ne lui permettaient pas de prendre cet amusement; mais Charles X, mieux portant, s'y livra jusque dans sa vieillesse avec une prédilection qui lui fut reprochée plus d'une fois.
Nous avons dit que les Gaulois se faisaient aider dans leurs chasses par des chiens nés dans leur pays ou importés de rite de Bretagne, dont ils savaient très-bien apprécier les qualités.
Les plus renommes chez eux étaient les vertagi et les argutarH, pour leur vitesse, les segurii ou seguriani^ pour leur intelligence. Dans la suite, à to^e d'amener en France des chiens étrangers et d'en croiser les races, on obtint toutes les espèces que nous avons aujourd'hui ; on en eut pour le menu gibier, la grosse bête, la chasse à courre. Dans la chasse au vol même, on se faisait accompagner de lévriers pour prendre et saisir certains oiseaux que
le faucon parvenaitbien à abattre, mais qui étaient trop forts pour que celuici pût les lier et les saisir lui-même.
Pour exciter et guider les chiens, pour les remettre sur la voie quand ils l'avaient perdue, et les rallier avant la fin de la journée, on se servait de cors. Au surplus, les chiens et les oiseaux n'étaient pas les seuls animaux que Ton emplovat pour la chasse : on y dressa aussi des bêtes féroces, à Timitation de ce qui se pratique encore en Orient Dans l'une des cnasses que Louis XII donna, en 1510, à l'ambassadeur de l'empereur Maximilien, il n'y eut, suivant un auteur du temps, prinse que d'un Uèvre que piintm léopard: et dans une autre, cÉsux chevreuœ Jurentfmns par un léopard.
Avec le temps, la chasse fut trouvée trop fatigante à cause des grands espaces quil fallait parcourir. Alors on imagina d'enfermer dans des portions de fôréts, que l'on entoura de murailles et que Ton appela des parcs, des milliers d'animaux qu'on y nourrit, et qu'en grand appareil et avec grand bruit on allait, de temps en . temps, massacrer sans peine et sans danger. Toutefois, la chasse qui exigeait de grands mouvements et nécessitait de longues courses , fut toujours réputée la plus digne d'un véritable gentilhomme.
A toutes les époques de notre histoire et jusqu'à la révolution, la chasse fut une cause perpétuelle de ruine et de vexation pour le peuple, et même pour les hommes des classes élevées, ^ui prétendaient n'en point faire partie. Les veneurs du roi s'étaient arrogé, entre autres droits, celui de séjourner, quand ils étaient en chasse, trois jours dans les monastères, et de s'y faire nourrir eux, leurs valets, leurs chevaux et leurs chiens. Cet abus subsista jusqu'à Charles V, qui l'abolit Les ravages que commettaient les bêtes fauves dans les terres voisines des forêts étaient si déplorables et excitaient tant de réclamations, que Philippe le Bel et Charles le Bel, au ht de la mort, pour apaiser les cris de leurs consciences, léguèrent, par testament une certaine somme aux laboureur!
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voisins des forêts royales, en dédom" magement du tort que leur avaient causé les bétes rousses et noires.
Il s'en faut de beaucoup que tous DOS rois aient été aussi consciencieux : la ciiasse a donné lieu à une quantité presque innombrable de rè^ienients, d'arrets, d'ordonnances, toujours attenlatoires à la propriété du pauvre, comme s'il eût fallu absolument, pour oa'un noble s'arnusât, gue l'homme k travail fât dans la misère et dans les larmes. II y eut un temps où le laboureur ne pouvait, sous peine de galères, chasser de son champ, autrement qne par des cris, ranimai sauvage qui dévorait sa récolte. Henri IV, dont on vante encore aujourd'hui l'amour pour le peuple, décerna, en 1601, la pfine de mort contre le braconnier qui serait surpris chassant plusieurs fois la grande bête dans les forêts royales, punition que maintint son fils, mais dont fût révolté Louis XIV.
Aujourd'hui la chasse est libre njoyennant quelques conditions imposées par la loi, et qui sont basées sur. le respect dâ à la propriété et à la tranquillité publique. Les abus auxquels «le Mat donner lieu, et la violation flfô/brmalités légales, sont punis d'une amende, de la confiscation des armes, «t quelquefois de peines correction- Miles, suivant la gravité des cas.
Chasseloup- Laubàt ( le 'comte ), Bé à Saint-Sernin en 1754, entra au «rvice comme volontaire au commenjwientde la révolution, et se distingua dans les premières campagnes sur le wïin, ainsi qu'à l'affaire d'Àrlon, en 1794. Il était parvenu à cette époque *u grade de chef de bataillon dans le *J?8 du génie. Pendant la campagne «"talie de 1796, il fut chargé de dirige les sièges de Milan et de Mantoue, Jdc réparer les fortifications de Pestera, de Legnano et de Pizzighitone, ^il déploya dans l'exécution de ces Jravaux de tels talents, que Napoléon te nomma général de brigade, et peu « temps après général de division.
M 1801, le général Chasseloup dirigea, wus les ordres de Brune, le siège de Peschicra ; en 1^05, il eut, sous Mas-
séna, une grande part au succès du passage de l'Adiré. En 1806, il dirigea les travaux du siège de Dantzick. De retour en Italie (1810), il fit d'Alexandrie une des places les plus importantes de l'Europe. 11 se rendit encore fort utile pendant la campagne de Russie. Napoléon récompensa tous ces services en le nommant (1811) conseiller d'État (section de la guerre), (1813) grand-croix de Tordre de la Réunion, sénateur et comte d'empire.
Sous la première restauration , il fut créé pair de France et grand cordon de la Légion d'honneur. Après la deuxième, il vota contre la condamnation du maréchal Ney, et jusqu'à sa mort il fit partie de la minorité libérale de la chambre des pairs. Napoléon à Sainte-Hélène a rendu un éclatant témoignage à sa probité et à ses talents. Il est mort à Paris le 6 octobre
Chasseneux (Barthélemi de), né à ïssy-l'Évêque, près d'Autun, en 1480, étudia le droit aux universités de Dôle et de Poitiers, et alla perfectionner ses études aux universités de Turin et de Pavie. Pendant le séjour qu'il fit dans ces deux villes, il fut chargé de diverses missions en Italie. Revenu en France en 1502, il fut d'abord avocat du roi à Autun, et se fit, dans l'exercice de ces fonctions, une réputation de science et de talent qui ne tarda pas à attirer l'attention sur lui. Il fut nommé conseiller du parlement de Paris en 1531, et l'année suivante, président du parlement de Provence. Accusé de malversation par l'avocat général Laugier, il fut complètement justifié de cette accusation en 1535, par une commission composée de quatre présidents tirés de quatre différents parlements.
François 1®' l'appela cette même année à son conseil pour y travailler à l'ordonnance d'Is-sur-Tiile, relative à la réformation de la justice. Il occupait encore, en 1540, la place de président au parlement d'Aix, lorsque fut rendu le fameux arrêt du 18 novembre, qui condamnait à mort par contumace , comme suspects d'hérésie vaudoise, quelques-uns des habitants
T. Y. 2* Uvraison. (Dict. encycl., etc.)
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L'UNIVERS
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des villages de Gabrières, de Mérindol et lieux circonvoisins, bannissait les autres, et ordonnait la destruction de leurs maisons. II. paraît que Chasseneux arrêta Texécution de cet arrêt; il est du moins certain qu'il demanda et obtint de François 1^' que les habitants de Mérindol fussent entendus, et que, tant qu'il vécut, Tarrét ne fut
f)ornt exécuté. C'était à son successeur, e baron d'Oppède, de sinistre mémoire, qu'était réservée cette triste exécution. Suivant de Thou, Gbasseneux aurait été amené à tenir cette conduite» qui lui ferait encore plus d'honneur, s'il n'avait suivi d'autres inspirations que celles de la justice et de l'humanité, par les remontrances d'un gentilhomme d'Arles, Renaud d'Alleins, qui invoqua en faveur des malheureux Yaudois un argument sans réplique, et appuyé sur une autorité que Chasseneux ne pouvait récuser..
Renaud d'Aiieins lui rappela qu'étant avocat à Autun, il avait été d'avis qu'on ne pouvait excommunier les rats avant de les avoir cités en justice et de les avoir entendus au moins par pro« cureur. Or les habitants de Mérindol, bien qu'hérétiques, pouvaient-ils être traités plus rigoureusement que ces animalcules ? Le fait a été révoqué en doute par Niceron. On trouve cependant quelque chose d'analogue dans un ouvrage de Chasseneux, intitulé Consilia, et imprimé à Lyon en 1S31.
Au premier de ces conseils^ il rap»porte que les habitants de Reaune, voyant leurs vignes dévastées par une espèce de hanneton, étaient venus à Autun présenter requête à l'official, pour qu'il sommât les hannetons d'éivacuer le territoire, bous peine d'excommunication. Chasseneux examine d'abord si les habitants de Beaune ont ce droit, et ensuite comment il faut procéder. La première formalité qu'il exige à peine de nullité, c'est qu'on fasse citer les hannetons au moins par procureur. L'embarras était de savoir comment se ferait la procuration ; mais l'auteur prouve par un grand nombre d'autorités, que, quan(f un procureur se présente pour défendre
quelau'unqui ne le désavoue pas, il est censé revêtu de pouvoirs légitimes. Il trace ensuite au long la forme de la requête, de la citation et de la sentence, et il rappelle à cette occasion plusieurs procédures de ce genre qu'il a vu faire à Autqn, à L^on, à Mâcon, contre des animaux nuisibles tels que les rats vt les limaçons.
Parmi les ouvrages de Chasseneux, il faut citer, outre ses ConsiUa dont nous avons parlé, un commentaire sur la coutume de Rourgogne , en latin.
C'est un des premiers ouvrages dans lesquels on ait essayé d'une manière systématique à éclairer le droit cou* tunoier à l'aide du droit romain. Ce commentaire a ité imprimé plusieurs fois; il a même eu 1 honneur d'être annoté par Dumoulin , qui , cependant^ ne faisait grand cas ni de l'ouvrage m de l'auteur.
Cha&sbs des saints. — Les châsseg où étaient enfermées les reliques dei saints étaient autrefois fort nombreuses en France. Jusqu'au milieu du sei»
zième siècle , il n'y avait presque pati d'église qui n'en possédât une, etqudr ^uefois plusieurs. Mais, à partir deoetti époque , le nombre de ces monuments a diminué. Les protestants en détruisirent beaucoup pendant les guerres de religion; et ce qui en restait éprouva le même sort lors de la révolution de 1789. Sous les deux premières races, on portait , à la tête des armées , avee les reliques qu'elles contenaient , les châsses, que l'on désignait alors par
J'expression de capa ou co^e^; et ht garde de ces pieux moQuments était confiée à des prêtres nommés capdr^ /am( chapelains), à qui Charlemagi ' avait accordé la permission de port les armes , et de combattre , s'il le fi
•lait, pour les défendre ( voyez Cha
DE SAINT MaBTIN et CHAPELAIN
Dans les causes où le serment é déféré , les châsses des saints étai placées au milieu de l'élise, et Tao sateur ou l'accusé venait y prêtt" serment que l'on exigeait d'eux. C'( ce que l'on appelaity'ttrore/jer «i»( La châsse la plus célèbre en Fra après la cliâsse ou chape de saint M
CPA
FEIUCE.
tio . et la seule dont nous donnerons b description , contenait les reliques de sainte Geneviève « patronne de Pa'- Hs, morle. à ee que Ton croit, en Â12. Cette (Misse était Tœuvre de saint fipi, trésorier dn roi Pagobert, et Mfp^e de Noyon. Kous ne savons si flils était recommandabie par le tra- Tâ;mais Tanecdote qui suit prouve
£!eil^ subsista longtemps /et qu'elle JtÂrt riche. En 1145, le pape Eufipeltl, réfugié en France, ayant ré* solo» de concert avec Suger, d'intro* duire une r^orme dans fabbaye de Ssjfite-Geneviève , dont la discipline était fort relâchée, les religieux, qui ne voulaient point au'on rétablît les iràeaaes règles, détachèrent de la cblssç de la sainte des ornements en ir pesaot quatorze marcs, dans le taeia de former une somme assez forte ppttr l'offrir au pape» et rengagea tei|oi}cer à son projet. Leur pré- «{^«è fut point accueilli ;, alors ils se ifillitltenti mais force leur fut de se |MM0tre et de subir la réforme. On "^ ce que devint ensuite cette oaaîs on sait qu'en 1242, un pommé Bonard , reçut l'ordre une nouvelle, à laquelle il 193 marcs d'argent et 7 marcs 4'or. 'Celle-ci , plus riche que dirait , suivant I>ulaure , des , barbares, une infinité de dé* tHÉ si keaiicoup d'or et de pierreries, fW sans doute y avaient été , de siècle faliàcle» ajoutés après coup. Elle était ppl^ortée par quatre statues de vierges Ml jpnoaes que nature. Au-dessus mltieBt uo bouquet et une couronne ledîaiiiaiits, présents de Marie de Mééek et de Marie-Elisabetb d'Orléans, aisie douairière d'Espagne.
Cette châsse de sainte Geneviève MA m grande vénération auprès des "" * * et c'était vers elle qu'ils tumaîèot les yeux dans toutes leurs lltenilés» Elle était, lors des calami-
t^liHi^es , exposée aux hommager fidèles 4 A promenée procession- •ellemeat dans les rues de la capitale. Ql précieux monument a été fondu IMant la révolution.
Li châsse i3nx fierté de saint Romain i
archevêque de Rouen , figurait autrefois dans une cérémonie fort remarquable qui avait \\m annuellement en cette ville. Le roi Dagobert , eti reconnaissance de ce ^ue ce saint prélat avait délivré la cite épiscopale d'un affreux dragon qui en ravageait les campagnes, avait accordé a son église métropolitaine le droit de délivrer tous les ans un prisonnier le jour de l'Ascension;, ce prisonnier levait la châsse de saint Romain , qu'il portait avec un ecclésiasti^e jusqu'à la cathédrale, après quoi on le mettait en liberté (*).
Ch ASSET (le comte Charles-Antoine) naquit à Villefraoche le 25 mai 1745* Avocat et maire à l'époque de la révo* lution, i( fut nommé membre de l'Assemblée constituante, fit décréter là suppression des dîmes, et fut envoyé avec le générai Gustine et Régnier en mission dans les départements du Haut et du Bas-Rhin et des Vosges* En 1792, il devint membre de la Con* vention nationale, vota, dans le procès de Louis XVI, la détention pendant la guerre et le bannissement après la paix, et ensuite se prononça contre le sursis. Après le 31 mai 1793, il sortit de France, devint aide-chir rurgien sur un vaisseau anglais, et aide-chirurgien à Toulon pendant l'ooeupation^ anglaise. En 1795, il rentra en France, où il venait, quoique absent , d'être nommé membre du Gon*i seil des Cinq-Cents. Il fit ensuite partie du Conseil des Anciens; et,à l'époque du 18 brumaire an vu (1799), il s'attacha au parti du général Bonaparte , ce qui lui valut son admission au sénat conservateur, le titre de commandant de la Légion d'honneur, la dignité de comte de l'empire , et celle de comte titulaire de la sénatorerie de Metz.
Après la seconde restauration , il fut Q(»npris, dans la loi du 12 janvier 1816; ail nombre des conventionnels dits votants; mais il obtint peu après Fautorisation de rentrer en France.
O Voyez VHittoireduprmiége deScint^ Romain, publiée par M. Floquet , membre correspondanl de i*Inslitut.
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L*UN1VERS
Ghasssubs a cheval. — L'institution des chasseurs à cheval est toute moderne. Au commencement du rèsne dé Louis XV, les compagnies francnes et les légions » corps mixtes auxquels on donnait aussi le nom de troupes légères , faisaient encore en partie le service qui devait plus tard être confié aux chasseurs à cheval. Les chasseurs de Fischer, dont la création ne remonte pas au delà de 1740 ou 1743 , furent les premiers qui parurent dans les armées françaises ; mais ce corps , originairement composé d*une seule compagnie dMnfantene de 100 hommes, n'était pas régulièrement constitué.
Quelques années après , on forma de cette compagnie une légion de 600 hommes , et Ton y adjoignit 200 cavaliers. Ce nouveau corps prit successivement la dénomination de dragonS' chasseurs et celle de volontaires.
L'ordonnance de 1776 attacha un escadron de chasseurs à cheval à chacun des 24 régiments de dragons existants à cette époque. Ces différents essais ayant fait sentir Futilité de corps réguliers de cavalerie légère, on renonça à ce mélange, et, en i779, on créa' 6 régiments de chasseurs , dans la composition desquels entrèrent ces 24 escadrons. Telle est l'origine des régiments de chasseurs à cheval. Les services importants que les chasseurs à cheval rendirent pendant la guerre d'Amérique leur assignèrent un rang distingué dans la cavalerie française, et en flrent bientôt élever le nombre.
On en comptait, en 1792, douze régiments , que l'on désignait par des noms de province : c'étaient les chasseurs di Alsace y des Trois - Évéchés y de Flandre, de Franche - Comté , de Hainaut, de LdnguedoCj de Picardie, de Guyenne f àe Lorraine ^ ôeBretagne^, de Normandie et de Champagne.
L'organisation du 10 brumaire an iv porta à vingt le nombre des régiments de chasseurs à cheval , et celle de l'an viii leur donna un effectif de 20,724 hommes.
Les régiments de chasseurs, portés à trente et un sous l'empire , furent réduits à vingt -quatre à la restaura-
tion. Ils prirent alors les noms des départements où ils furent levés. Ainsi il y eut les chasseurs des ÀrdenneSf de la Somme f de Y Orne, de la (M' rente, etc. Ils perdirent ces dénominations en 1819, et ne furent plus désignés que par leur numéro d'ancienneté. Depuis la révolution de juillet, on a^ réduit à quatorze, puis à douze , les dix-huit régiments qui existaient en 1830. Ces douze régiments se composent aujourd'hui de cinq escadrons chacun, et constituent une force réglementaire de 15,192 hommes < sur le pied de guerre, et de 11,976 sur le pied de paix.
L'institution des régiments de chasseurs à cheval , dont le service est le même que celui des hussards , n'a été i imitée que par quelques puissances de i l'Europe; et il est à remarquer que cej sont presque toutes des puissances du second ordre. Ainsi la Russie , TAo* :
triche, la Prusse, l'Angleterre, la Bavière , n'ont pas de régiments de chas* seurs, tandis qu'on en compte hait en Espagne , deux en Belgique , an en Suéde , un dans le royaume de Naples.
Chasseurs à cheval de la gabdi IMPÉRIALE. — En 1798, le général Bo* naparte , commandant en chef l'armée d'Egypte , avait créé une compagnie de guides à cheval y qui lui servit de | garde pendant toute la durée de cette | expédition , et qu'il ramena^^n Franee vers la fin de 1799. Cette compagnie changea alors de dénomination , et prit, celle de chasseurs à cheval. Elle fit partie de la garde des consuls , orgs* nisée par arrêté du 7 frimaire an viiif et forma le noyau du régin^eot df chasseurs institué le 17 nivôse an x* Augmenté à différentes reprises, e»
régiment se composait, en 1813, d^ 2,600 officiers , sous -officiers et sol' dats. Ce régiment prit, en 1814, lil dénomination de corjps royal des chah seurs à cheval de France. RétabU sur son ancien pied le 8 avril 1815, li fut enfin définitivement licencié fli| septembre de la même année.
La garde royale compta aussi , dii^ son organisation, en septembre ISUji parmi les corps qui la composaient»
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iu rëç'ment de chasseurs à chevah Ce r^iment subsista jusqu'au 11 août
Chàsseubs a pied. —L'origine des chasseurs à pied est exactement ia même que ceile des chasseurs à cheval.
On établit, en 1760, dans chaque bataillon d'infanterie française, une compagnie de chasseurs, qui prit la gàume des compagnies de fusiliers.
Ces compagnies, licenciées à la paix de 1763, ayant été de nouveau recréées en 1775 , se firent bientôt remarquer par leur belle tenue et leur discipline, et Ton conçut l'idée d'en former des corps spéciaux. Cependant ce ne fut qu'en 1788, et après plusieurs essais, que l'on en organisa douze bataillons, 'pris de préférence parmi les soldats fiés dans les montagnes du midi de la France. Ces bataillons, portés à quatorze en 1793, formèrent, un an plus tard, les trente demi-brigades d'infanterie légère qui se distinguèrent penéaiDt les campagnes de la révolution et de l'empire. On en comptait, en ISISet 1814, trente -sept régiments, qiui formaient un effectif de 90,000 bommes; il y en a aujourd'hui vingt et «iifilont l'organisation est semblable àeeffedes régiments de ligne. Sur les luiit compagnies dont se compose le iMitailion , il y en a une de carabiniers^ six de chasseurs et une de voltigeurs.
L'ordonnance- constitutive du 25 février 1835, oui a subi fort peu de modifications aepuis , donne a ces vingt et un régiments un effectif de 59,535 hommes sur le pied de guerre , et de 39,275 sur lé pied de paix.
Chàsseubs a pied de la. gabde IMPÉRIALE. — Après la journée du 18 brumaire, le premier consul composa sa garde de celle du Directoire , et l'augmenta de quelques armes spédaies. L'arrêté du 7 frimaire an yiii y fit entrer une compagnie de chasseurs à pied , forte de 99 hommes , officiers compris. Cette compagnie forma le noyau des deux bataillons de chasseurs créés le 23 brumaire an x.
Ces deux bataillons, commandés par an dief de brigade , étaient composés de huit compagnies , et formaient un
effectif de 1,699 hommes, officiers compris. Le maréchal Soult en fut nommé colonel général.
Ce corps fut augmenté, le 10 thermidor an XII, d'un bataillon de vélites, et Ton en composa , en 1806 , deux régiments de 960 hommes, qui, en 1811, furent portés à 1,600 hommes ; enfin, en 1813, on créa un bataillon bis de chasseurs à pied.
Les deux régiments , réunis en un seul en 1814 , prirent le titre de corps royal des chasseurs à pied de France.
Un décret du 8 avril 1815 les rétablit .sur leur ancien pied , et en créa ua troisième. Ils furent tous licenciés en août et septembre de la même année.
Chasseurs d'Afrique. — Neuf mois après la conquête de la régence d'Alger, le 21 mars 1831 , le gouvernement créa, sous le nom de zouaves ^ deux bataillons et deux escadrons d'indigènes, pour le service de la nouvelle ftolonie. Ces derniers prirent, peu de temps après , la dénomination de chasseurs algériens , et enfin celle de chasseurs d Afrique, Ces deux escadrons furent successivement portés à trois régiments en 1832, et à quatre en 1839. La dernière ordonnance constitutive de ces quatre régiments fixe le complet des deux premiers à six escadrons de chasseurs français et à deux escadrons de spahis ou in^digènes; et celui des deux derniers à cinq escadrons de chasseurs français et un escadron de spahis. Dans 1 ordre de bataille, les escadrons de spahis prennent la gauche de leur régiment. Ces quatre corps, ainsi organisés, forment un effectif réglementaire de 5,530 hommes , dont 298 officiers.
Chassigner ( Jean -Baptiste ) naquit à Besançon à la fin du seizième siècle; il eut pour maître le savant Huet , et il puisa dans les leçons de ce guide éclairé un grand amour pour les lettres, auxquelles il consacra toute son existence. Ses poésies, qui sont en général empreintes de mélancolie , ont fait croire qu'il avait été malheureux; mais il nous dit quelque part qu'il était porté naturellement à une tristesse que les distractions mêmes des
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fêtes ne pouvaient dissiper. On lui doit , entre autres ouvrages , deux poëmes intitulés : Mépris ae la vie y et consoUiUons contre la morty Besançon, 1594 , in-12 ; et Paraphrases sur les cent cinquante psaumes de David, Lyon, 1613, in-12. Ces corn* positions ne sont pas sans quelque mérite littéraire. On peut sans douté V relever bien des longueurs et en blâmer queloues idées bizarres ; mais, en général , ('auteur fait preuve d'un esprit sage et d'un travail consciencieux.
Ses vers sont bien frappé^; la rime assez riche et constamment alternée ;' enfin, les enjambements sont rares.
On reconnaît dans Chasslgner un contemporain de Malherbe. Il vécut, à ce que l'on croit, jusqu'en 16^0.
Chastel (P.-L.-A), baron, né en 1774 , à Veigî , en Chablais , s'enrôla , en 1792 , dans la légion des Attobroges, prit part aux diverses actions qui eurent lieu dans les Alpes , sur la Durance , puis sous les murs de Toulon.
A la paix de Campo-Formio , Chaste], qui avait fait preuve de bravoure à 1 armée des Pyrénées-Orientales et en Italie, fut envoyé en Egypte. Ce fut dans une des excursions auxquelles nos généraux furent entraînés par la poursuite de Mourad-Bey , que Chastel découvrit le fameux zodiaque de Dendefah qui , plus tard , transporté en Èrance, y devint l'objet d'une si vive polémique. Revenu en Europe avec le grade de chef d'escadron , cligne prix de ses services, il assista aux journées d'Ulm , d'Austerlitz , fit les campagnes de Prusse et de Pologne, déploya dans toutes les rencontres une rare capacité , et un courage à toute épreuve, fut fait colonel, et appelé à l'armée d'Espagne. Créé général de brigade sur la demande du maréchal Soult, il se distingua à la bataille de Wogram , et il fut élevé au grade de lieutenant général en 1812. L'empereur, à qui le mérite militaire du oaron Chastel n'avait pu échapper, lui confia le commandement d'une division de cavalerie forte de quatre inille hoin- Tpes , à la tète de laquelle il poussa des reconnaissances lointaines , et se dis-
tingua dans plusieurs occasions, ndtamment à la bataille de la Moskowâj où les charges qu'il exécuta ébranlèrent le corps du général Doklorow, et à Goerlitz, en Saxe, où le co^pft d'armée de Murât , dont il disait psàrtie, eût à lutter contre 25,000 cavaliers , 40,000 bommejs d'infanterie ^t une artillerie nombreuse. La présenee de Tennemî sur le territoire français sembla doubler l'énergie de Chastel.
Il rassembla sous les murs de Paris tout ce qu*il put trouver de troupes disponibles dans les dépdts, et combattit avec sa valeur ordinaire; mais devant la trahison , et devant les forcer supérieures de nos ennemis, il lui fallut céder. Sa division et celle da g;é^. néral Bordesoulle faisant nartie do corps du duc de Ilaguse, wrentrepoussées jusqu'à la barrière de Ménilmontant. Ici nous ne rappelleroBS qu'un seul fait qui suffira pour Telogè ou baron Chastel. Le duc de Aagaae avait une si grande estime pour seâ caractère , et redoutait tellement l'as** cendant que pouvait exercer sur Faiimée cet officier général , incapable d|) transiger avec l'honneur, qu'il crat devoir, au moment où il traitait avec le prince de Schwartzemberg, non* seulement lui laisser ignorer ses né* gociations, mais lui retirer même le commandement de ses troupes. E& 1815, Chastel fit partie, dans 1er corps, de l'armée qui combattit ea Belgique avec un courage digne d'un autre sort : et si l'on eût alors suivi ses conseils, Wellington. n'eât pas été secouru, et les désastres du Mont- Saint- Jean se fussent changés pour la France en succès éclatants. Beniré dans la vie privée après les cent jours, il vivait itti seiq de l'étude et entouré d'une société choisie , lorsqu'en 1820, on ne sait par quelle basse manœuvre, il fut signalé comme étant à la tête d'un complot qui aurait eu pour but l'enlèvement du duc d'Angoulême à son passage dans les environs de Lo^sle-Saulnier. A cette qccasion, le baron Chastel dirigea une poursuite eu calomnie contre le Drapeau blanc, dotit Féditeur responsable fut côfidamiié
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esÊA
Bar jagement rendu sorappe) à Bourg, le 18 mai 1820. Xe lieutenant générai Cliastel , regardé à juste titre comme un des meilleurs ofGciers de cavalerie deTarmée française, et dont Napoléon faisait un cas tout particulier , avait été mis à la retraite, et s'était retiré ^ Ferney- Voltaire. Il mourut à Genève en 1836.
C8ASTBLA.BD , bourg avec titre de ebâfellenie , dans la principauté de* DomtJés , aujourd'hui département du Donbs.
Gh4Stblab]> ( Pierre de Boscosel de), gentilhomme dauphinois, petiteneveu, ou, suivant de Thou, petit-fîls de Bayard, né vers 1540, se fît d'abord connaître par plusieurs actions d'éclat.
Ses parents rayaient attaché à la puissante maison de Montmorency. Ayant eonçii une violente passion pour l'infortunée Marie Stuart, il l'accompagna une première fois en Ecosse , lors(|ue a[ffès la mort de François II elle quitta ee piaisanê p&ys de Franee. Chastelard, obligé de revenir à Paris, ne put supporter longtemps cet exil ; il passa de nouveau en Ecosse. La reine Tacéttûttît avec faveur ; mais son impru* denGeftit la cause de sa {)erte. Surpris dans la chambré de Marie Stuart , où U était parvenu à s'introduire secrètement, il fut livré aux tribunaux et condamné à perdre la tête. Avant de marcher au supt>lice ^ le malheureux , qui avait entendu sa sentence avec une noble fermeté , lut l'ode de Ronsard sur la mort; puis se tournant vers l'endroit où était la reine, il s'écria : Adieu, la plus belle et la plus cruelle princesse de ce monde I « Chastelard, < dit Brantôme , avait beaucoup d'es- « prit, et se servait d'une poésie douce « et gentille, aussi bien qu'aucun gen* « tilhomme de France. » II' ne nous reste de lui qu'une seule pièce de vers, conservée par le Laboureur dans les Mémoires de Castelnau.
Chat , machine de guerre au moyen de laquelle , après avoir comblé le fossé d'une ville, on prenait position au pied du rempart que des mineurs s'efforçaient alors de renverser, tandis que ia machine elle-même les proté-
geait contre les projectiles lancés par les assiégés. Cette machine n'était autre chose qu'une galerie mobile de sept pieds de hauteur, sur huit de largeur et seize de longueur, formée d'une charpente légère avec un double toit de planches et de claies. Ses flancs étaient défendus par un tissu d'osier, et le tout était revêtu de cuirs frais ou de couvertures de laine. Comme ces machines ne pouvaient atteindre leur but que quand elles étaient en grand nombre et travaillaient ensemble , on en Joignait ordinairement plusieurs de front ; on les remplissait d'hommes armés d'outils, et, mises en mouvement à force de bras , elles s'approchaient, avec la prudente circonspection de -«l'animal dont on leur avait donné le nom , de la muraille que l'on voulait saper.
Ces machines furent employées dans les sièges jusqu'à la fin du treizième siècle, et même [)lus tard. On lit dans le poëme de Philippe -Auguste, par Guillaume Guiart :
OeraBi Boves fa l'ost de Fr«nca Qui , contre les Flamans eonianoe.
Li mineur pas ne sounieillent, tJn ckat bon et fort appareillent , Tant enTreot dessous et tant cavént Qu'une f rant part du mur dcst^a▼ent.
On lit dans le même ouvrage , sous la date de 1205 , à l'occasion du siège et de la prise de Constantinople par les croisés :
Un chat font sus le pont atraire Dont piéça mention feismes»
Qui fust de la roche meismes ; Li mineur dessous se lancent, Le fort mur i miner commencent £t font le ekat si aombrer Que rien ne les peut encombrer*
Dans la Fie de saint Louis ^ par Joinville, il est aussi question de chats employés dans des sièges de villes ou de châteaux. Les perfectionnements qu'a reçus la science de la guerre , et surtout' la .découverte de la poudre, ont fait abandonner cette machine, ainsi que beaucoup d'autres dont on ne connaît que le nom aujourd'hui.
CHAtEAUBHiAND (Frauçois-Auguste, vicomte de) naquit en 1769 à Combourg, près dç Saint -Malo, d'une noble et ancienne famille, dont l'ori-*
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L'UNIVERS
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gine remonte à la fin du dixième siècle. Son enfance se passa en partie dans Tantique manoir de ses aïeux , sous les regards de la mère la plus aimante, dont la tendresse n'était que difficilement contenue par Taustère gravité du père; en partie dans un collège de province où, malgré la faiblesse de renseignement qu'on y recevait , il fit de fortes études. Les joies pures de la famille , les émotions nées de la solitude et du spectacle habituel d'une nature inculte et mélancolique, l'ardeur du travail , la passion naissante des beautés littéraires, l'enthousiasme des chefs-d'œuvre antiques, tels furent les sentiments qui remplirent cette enfance. En 1786 , le jeune de Chateaubriand , dont réducatron était achevée, fut pourvu d'un titre dans l'armée; il fut fait sous • lieutenant dans le régiment de Navarre, et cette j^rofession à laquelle il était naturellement appelé par sa naissance , convenait d'ailleurs à son humeur active et à ses goûts aventureux. Peu de temps après , le jeune officier fut présenté à Louis XYI; il le suivit dans une chasse, et obtint l'honneur, si envié alors , de monter dans les carrosses du roi. Mais les distinctions et les plaisirs de cour ne le séduisirent point : il rêvait les poétiques épreuves d'une vie agitée et les émotions de la gloire. Dans l'inaction où le condamnait la vie des garnisons, sentant son génie s'éveiller, il charmait son loisir en essayant sa plume. Il composait des vers; il traçait des plans; il s'informait des moyens à prendre pour arriver à la publicité. Tout à coup les premiers orages de la révolution éclatent : l'esprit d'insubordination pénétra dans le régiment de Navarre, et y produisit même une révolte qu'on réprima difficilement. Ces troubles civils, dont peut-être d'ailleurs il n'appréciait pas toute la gravité , ne lui parurent point une occasion d'exercer l/activité de son esprit et les nobles instincts de son âme. Il aimait la liberté, cependant, et un beau rôle s'offrait à un serviteur de la monarchie , dévoué à la fois aux intérêts na-
tionaux et à ses devoirs. Mais, ou il ne crut pas à une révolution , ou les discordes civiles lui causèrent de la tristesse et du dégoût, ou la passion de la poésie l'éloigna du foyer tumultueux des intérêts et des discussions politiques. En 1790, s'étant autorisé de l'insurrection de son régiment pour se dégager de ses devoirs militaires , il s'embarqua pour l'Amérique du Nord, impatient de satisfaire son avide désir de grands spectacles et d'impressions poétiques , heureux de s'élancer dans un espace immense et Inconnu, formant mille projets à la fois , se propo*. sant de découvrir par terre le passage nord-ouest de l'Amérique septentrion nale en retrouvant la nier polaire, d'étudier les mœurs du peuple naissaot formé par Washington , d'amasser les matériaux d'une épopée dont le sujet serait V homme de la nature. Ainsi, .
vingt années auparavant, un autre jeune ambitieux naviguait vers l'île de France avec le projet de servir la science par des découvertes , les lettres ()ar d'éloquents écrits , et même l'humanité par des institutions. Comme Bernar* din de Saint-Pierre, M. de Châteaabriand ne recueillit d'autre fruit deseîl voyages que d'avoir beaucoup vu, beaucoup senti : que de s'être trouvé en présence d'une nature éblouissante de richesse , fraîche et pure comnae aux premiers jours du monde; que d'avoir étudié les hommes dans les conditions les plus diverses de mœurs et de civilisation. Il revint sans avoir découvert le passage nohi-ouest; mais il avait «rré dans les savanes; il avait contemplé leur riche végétation et re* cueilli leurs murmures ; il s'était assis sous le wigwam de l'Indien et dans les fermes des planteurs anglais ; il avait été l'hôte de Washington : il revenait sans épopée sur V homme de la nature, mais avec un album riche de notes de toute espèce prises à côté du feu nocturne dans le désert, ou près des bords du Niagara , ou sur les eaux du Meschacébé. A peine avait-il remis le pied sur le sol natal qu'il lui fallut s'ea bannir. Le chemin qu'avait fait la ré'. volution était trop grand pour qu-il
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hésitât à se ranger du côté des roya* Jistes qui la combattaient. L'admirateur de Washington dut gémir de prendre les armes contre son pays; mais sa famille et ses amis lui donnaient Texempie, mais le dévouement an prince lui faisait illusion sur ses-
. devoirs de citoyen. Ici commence dans sa vie une longue période de souffrances qui conâ>aste douloureusement arec les pures jouissances de son exearsioa au nouveau monde. Blessé d'un éclat de bomibe au siège de Tbionville, atteint d*un mal contagieux, il ne se releva de son lit de douleur que pour se voir en proie à tous les embarras d'un absolu dénûment. Après avoirerré quelque temps en Allemagne,
r après des jours cruels où , sans amis , sans ressource , épuisé par une pénible convalescence , il se crut plus d'une fois sur le point de succomber à la détresse et au désespoir, il passa en Angleterre , et là se condamna , pour vivre , à d'obscurs travaux. Il faisait dfô traductions qu'un libraire lui achetait , et ses journées entières étaient employées à ce labeur qui ne lui rapportât qu'un modique salaire. La ooastaote faiblesse de sa santé venait ajouter à la tristesse d'une telle vie. Cependant Texilé ne manquait pas de consolations : il trouva sur la terre étrangère un ami qui compatit à ses souffirances et qui devina son génie , M. de Fontanes. Il avait aussi , pour se soutenir contre les amertumes de la destinée, la conscience de son talent, les pressentiments de sa gloire et l'enivrante émotion des premiers essais. Dans les heures de la nuit, où
* son loisir lui était rendu, il travaillait à on traité politique, VEsscU sur les révolutions, il commençait le Génie
çdu christianisme. Le premier de ses ouvrages parut à Londres en 1797, et
Lfut assez remarqué pour attirer sur proscrit l'attention de sa patrie.. On lut frappé de l'originalité d'idées et de la richesse de style que déployait le jeune écrivain dans ce livre d'ailleurs incohérent pour la composition et le plan, et dont la forme même porte encore des traces d'inexpérience. Le
18 brumaire, en rouvrant aux émigrés les portes de la France, termina rexil des deux amis. M. de Chateaubriand revint apportant avec lui Jtala^ René et le Génie du christianisme. La publication de ces ouvrages fut une révolution morale et littéraire. Insuffisant comme démonstration , le Génite du christianisme est une œuvre trop brillante , trop poétique , trop environnée de séductions enchanteresses et de grâces frivoles, pour qu'on puisse le regarder comme une apologie sérieuse delà religion chrétienne, un véritable traité religieux , un service important rendu au dogme catholique. Mais ce livre retrempait [es âmes fatiguées par tant de déchirements, dans des croyances élevées et consolantes, et les relevait par des espérances sublimes.
Il eut donc une véritable influence morale sur la société; il exerça une action encore plus grande sur les lettres. Tant de formes diverses que notre littérature avait revêtues pendant deux siècles du développement le plus riche et le plus actif, n'avaient pas épuisé l'ordre entier des sentiments et des idées de l'humanité. Il restait tout un côté de l'âme à exploiter pour l'éloquence et la poésie. Jusque-là , les impressions qui naissent des beautés de la nature^ des richesses variées de la création, n'avaient occupé qu'une faible^ place dans notre littérature.
Fénelôn avait surtout étudié et senti les. charmes de la campagne dans Homère; ses plus illustres contemporains avaient détourné des champs leurs regards fascinés par la grandeur de la vie sociale et le luxe des cours. Les poètes du dix-huitième siècle^i'avaient fait dans leurs bergeries que la plus ridicule contrefaçon de la vie pastorale.
La nature attendait donc des peintres.
En outre, toutes ces nuances de sentiment ,- toutes ces idées délicates et fugitives , ingénieuses et fantastiques, qui naissent de la partie la plus brillante et la plus capricieuse de l'imagination , que la raison n'admet que par une sorte de tolérance , mais dans lesquelles on trouve tant de douceur à se oercer, à se perdre quelquefois , et
L'UWrVERS.
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qui ont f»oiir noug un eharme indé& nissabie de mystère et de rêverie, tout ûe\a était resté en dehors d'une poésie |»rofonde et tbuehante sans doute dans nos grands maîtres du dix-septième siècle, mais toujours éminemment raisonnable, et plus tard ironique et froide au dix-huitième siècle. M. de Chftt^ubriand était destiné à porter la main sur toutes ces cordes laissées muettes jusque-là. 1\ avait eu , il est vrai , dans cette tâche nouvelle; deux illustres prédécesseurs , Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre; mais elle était réservée surtout à son imagination brillante et rêveuse, à son talent ingénieux et poétique. D'ailleurs ces sentiments et ces idées ne devinrent dominants ^ dans ta société , que lorsque les anciennes barrières élevées par le luxe et l'étiquette entre l'homme et la nature furent tombées de toutes parts , et que la destruction des croyances , Vincertitude de l'avenir, les maux éprouvés par chacun dans les convulsions sociales, eurent disposé les âmes à la rêverie du doute , aux caprièes de l'imagination et à la mélancolie des souvenirs. Nous avons expliqué le succès du Génie du christianisme, d'/^taUiy de René^ œuvres "originales et durables , où des recherches de sentiment, des traits plus brillants que naturels , des hardiesses au-dessus de la prose , sont suffisamment rachetés par une éloquence émue et fière ,' par la peinture attendrissante des passions, par l'expression naïve et poétique des sensations les plus intimes du cœur, par la vérité imposante ou gracieuse de tous ces tableaux de la nature que dans son souvenir l'auteur avait rapportés de ses pèlerinages lointains.
L'admiration gagna le nouveau chef de rÉts^t lui-même : il est vrai que par ses tendances religieuses, ou du moins par cette prédication poétique qui semblait ramener au catholicisme , M.
de Chateaubriand devenait, sans le vouloir, l'un des auxiliaires de la politique du premier consul. En t803, il fut nommé secrétaire de légation à Rome, et, le 39 novembre de la même année, ministre de France près la ré*
publique du Valais. Il ne garda pat
longtemps 4set emploi. En apprenant^
au mois de mars 1804 , la nouvelle de
ia mort du duc d'Engfaien , il donna 8|
démission , et se remit tout entier ï
fies méditations et à ses travaux d'^*-
cri vain. Il avait conçu le plan d'i
épopée qui devait être la démonstr^
tion dramatique et vivante de ia thf
développée dans le Génie du christ
nîsme^ et foire victcH'ieusemeDt t
sortir la su(>ériorité poétique et moi
de la religion chrétienne , en l'oppi
sant, par un contraste perpétuel }i
tous lès enchantements du paganisi
à toutes les leçons de la sagesse aal
que. Il avait déjà formé le plan. '
Martyrs; mais il voulait voir les li<
qui devaient servir de théâtre
scènes de son épopée, et teindre
imagination de leurs aspects et de l<
couleurs. Il se résolut , dans ce '
à de nouveaux voyages. « Je voai
aussi , dit-il , accomplir le pèlerir
de Jérusalem. » Nous croyons ^
. parlant ainsi, M. de Chateaubriand
sincère \ mais , de son aveu , la vi
aux lieux saints n'était pour lui qt
but secondaire, et ne venait qu'à|
le besoin de recueillir des ima^"^
des éléments de description pour *'
ouvrage d'esprit. Par là se trahit
la différence qui existe entre ce pè)
de notre âge et les pèlerins d'autre!
par là on peut «issez voir que M;1
Chateaubriand, catholique consci
cieux sans doute , a été par-dessus
{)oëte, et ^ue l'imagination est ui le premier aliment de là foi. Il s'embarquer à Trieste ; il parcoorul Grèce , l'Asie Mineure , la Judée; il s'avança sur les côtes d'Afrif campa sur les ruines de Carthage, s'embarqua pour l'Espagne, où Ifvtt les ruines de l'Alhambra. Il revint^ France après une année entière pas dans cette excursion gigantesque hardie , où il rencontra plus d'un ril. Les Martyrs, dont bien des avaient été écrites d'avance sous le ^ de la Grèce ou au milieu des sal du désert, parurent en 1809. On combien de critiques furent soulê!
par ce livr^^ et à quelle longue
4fè
FIUUGB.
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ir
Djp ara apparition doopa lieu; oa
i|it qu« malgré la coQ^anca qu*i( eut (^ son taieot, Tauteur perdit up liiUt courage, et eut ))e$oin d'être eoBSolé (^ rassuré p^tr l*amitié et le g^t de M. de Fontanes. Le jour du triûinpbe arriva bientôt cepenqant , et k^Mar^rs furent placéa « parmi nos monuments littéraires, à un rang gloii«il qu'ils conserveront, ]| n'en est pf moins vrai que beaucoup des ffil^ues essqyées alors par M. de OileaabriaQa étaient justes et le sont e. On eo fit de très-fondées sur choix du sujet : non qu'il faille avec iiieau interciire absolument au poète Ittjets chrétiens, ce qui serait pros- * jk Dante et Alilton; mais lors- B milieu d'un siècle peu croyant, ^ imagination plus poétique que re- 'Mise inet en jeu les mystères de la et fait agir les puissances célestes une œuvre en prose d'un caracindécis entre le roman et l'épopée, itnpoi^ible que ces objets div^nsi (Nent pas de leur sublime grane| de leur mystérieuse sainteté , IDâme ils ne paraissent pas rapeh<i\ profanés par les ingénieuse^ Wms qui les mettent en œu* i^ ouvrir aux imaginations le [w l'enfer des chrétiens, il faut ia foi du Dante et de Milton , il iiarier comme eux la langue des 1 et s'adresser à des âmes dis- 1 par le sentiment religieux , à le vol du génie, he Q\e\ et Tende U. de Cbâteaubriand , et toutes loèoes où il fait apparaître l'É- ' ou ses ministres, ne produisent ton sur personne et ne sont que Mes études de style. Qu'on lui ait i objecté avec beauçoMp de raison k paganisme n'était plus , à l'éqe Constantin , tel qu'il le rente, et qu'un Démodocus ,. parle langage de ISestor, était au 'ième siêâe de l'ère chrétienne personnage impossible; qu'on lui «ifKrocbé , non moins justement , *^rtrop multiplié les événements horizons de son poëme , et dépour soutenir l'intéréj , trop àç divers, il n^inapocte, car après
tout , U est peu d'onvrages ^*on Im avec plus de charme ; il n'est personne qui ne soit entraîné par la magie de oa langage si coloré , si souple , si harm(Nii6ux, par ces peintures fraîches et vivantes qui mettent sous qos yeux la ^ome des empereurs , les forêts de la Gaule , et les assemblées des catacombes et les retraites de la Tbébaïde, par cet accent de sensibilité qui prête tant d'intérêt au chaste amour de Cyroodooée et au délire de Veiléda. En IStl parut V Itinéraire de Paris à Jerusakmj qu| est peut-être l'ouvrage de M. de Chateaubriand où la forme e^t le plus constamment rigoureuse et pure f ot où le goût a le moins de taches à relever. Napoléon, qui avait durement traité le poète , et qui , en 1807, lui avait enlevé la propriété du Mercure à l'occasion de quelques articles sur le voyapeen Espagne de M. de Laborde, ou il avait cru voiir des allusions offensautes , sembla disposé à faire sa paix avec lui , et fit les premières avances en chargeant le ministre de l'intérie^, M. de Montalivet , de témoigner à l'Institut sa surprise de ce que k Génie du chrisUa' ni$me n'était pas même mentionné dans le rapport sur les prix décennaux. £n 1811, M. de Chateaubriand fut designé pour occuper à l'Institut le fauteuil vacant par la mort de Marie-Joseph Chenier ; mais des difficultés qui s'élevèrent au sujet du. discours qu'il devait prononcer le déterminèrent à ne pas accepter son élection. Il faut s^youer que l'Institut, dans son empressement à se rendre au désir exprimé par le maître, avait manqué de tact, et que ce n'était pas à M. de Chateaubriand à faire l'éloge d'un homme dont il était séparé par le dissentiment politique le plus complet et par une inimitié littéraire. La fermeté avec laquelle il se refusa dans cette circonstance à des concessions dont la faveur impériale eût été le prix , accrut encore les sympathies qu'il avait inspirées au public. Mais nientôt les Bourbons furent rstmenés de l'exil.
C'est à l'enthousiasme produit chez certains bommea par leur retour qu'il
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L'UNIVERS
CÛk
faut attribadr le violent pamphlet intitulé de Bonaparte et des Bourbons, où le plus grand homme des temps modernes est traité avec une sévérité portée souvent jusqu'à Toutrage. La seconde restauration lança M. de Chateaubriand dans la sphère de la politiaue active. Ici le pubticiste et Thomme d'État remplacent chez lui le littérateur et le poète*. Il serait fort long de raconter toutes les vicissitudes par lesquelles il passa dans cette vie nouvelle. Qull suffise de dire que ,' voué à un système mixte dans lequel les idées libérales se conciliaient avec les principes de Tantique monarchie et du droit divin , il dut se trouver en lutte avec le pouvoir de la restauration , et lorsque ce pouvoir tenta de restreindre les libertés fondamentales qu'il avait jurées , et lorsque , essayant , par moments, d'une marche tout opposée, il chercha , par des concessions plus grandes que ne le voulaient ses partisans , à se retremper dans la faveur populaire. C'est ce qui explique comment M. de ClfSteaubriand , tombé du ministère en 1816 pour n'avoir pas été assez libéral , en fut exclu en 1824 comme coupable de l'être trop; et pourquoi , rédacteur du journal royaliste/<? Conservateur, de 1816 à 1820, il fournit , dans les dernières années de la restauration , faupui de son éloquence à un organe ae l'opposition , au journal des. Débats. Ce n'est pas , du reste, que nous nous chargions d'expliquer tous les actes de la carrière politique de M. de Chateaubriand.
L'histoire impartiale de sa vie fera une part aux mouvements de la passion , a la susceptibilité d'un esprit noble , fier, et plein du juste sentiment de sa force , à ces contradictions enfin où il est si facile de tomber dans la lutte compliquée des partis , et dont si peu d'hommes politiques savent se garantir. En définitive , ce qu'il est impossible de nier, et ce qu'aucune opinion ne conteste aujourd'hui , c'est que dans l'ensemble de sa carrière politique, M. de Chateaubriand narut animé d'une généreuse sympathie pour la plupart des idées de liberté et d'amé-
lioration sociale dont la France mait Taccom plissement; c'est que toi en restant fidèle à son vieux urapeii il marcha dans les voies du pi pour le bien du pays. Il n'v a de c|ù'une voix pour reconnaître dans écrits et les discours nombreux ( lui inspirèrent les circonstances, lel lent de l'orateur et du publiciste.
piiïs haut degré de sagacité, de [ cision et d'éclat. Dans les dernier années de la restauration, M. de teaubriand , tout à fait séparé d'i cour qui le confondait avec ses eoi mis, ne cessait de signaler, par reproches suppliants ou ses meni^
f)rophétiques , le précipice vers lej a monarchie aveuglée s'avançai grands pas. Le jour de la catastï arriva , et M. de Chateaubriand vit^ famille des Bourbons repartir poori troisième et dernier exil. Ni le nir de ses propres disgrâces, ai sentiments de patriotisme ne pui le rendre infidèle au malheur : îl diqua ses fonctions de législateur, se retira de la scène politique où il été inévitablement placé entre défections. Ce refus et cette retri étaient une sage résolution dont le monde apprécia la convenance noblesse. En effet, le silence et le; pos étaient ce qui convenait le mi désormais à M. de Châteaubriai cette résolution , en lui perroettani concilier secrètement ses a£fe ' pour les personnes avec ses s] thies pour le pays , résolvait heui sèment les dimcultés de sa posif Pourquoi seulement ne s'est -< ' soutenue ? pourquoi , plus tard , av( nous vu M. de Chateaubriand roi ie silence pour protester coni France au nom des droits de princes déchus qu'il sait bien ne voir rentrer en grâce avec une nal dont ils ont à jamais perdu la " fiance? Pourquoi, dans la cl resque émotion de ses regrets été jusqu'à calomnier un moment < révolution qui s'accorde si bien ses généreux instincts, dont il a n^éme prégaré l'accomplissement^ à laquelle il avait applaudi lai-
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