RU>ALEM
CiBOT (Pierre-Martial), l'un des plus distingués parmi les missionnaires français de la Chine, naquit à Limoges en 1727, entra fort jeune dans l'ordre des jésuites , et partit en 1758 pour les missions de la Chine. 11 arriva en 1760 à Péking, et y resta jusqu'à sa mort, arrivée en 1780. C'est à lui et au P. Amiot , son collègue , que l'on doit la plus grande partie des documents qui sont parvenus en Europe, à la fin du sieMe dernier , sur le céleste empire. Les recherches de ces deux savants sont répandues dans les quinze volumes des Mémoires sur les Chinois^ et forment la partie la plus importante de ce recueil.
CiGÉBi ( Pierre-Luc-Charles ) , né à Saint-Cloud en 1782 , fut élève de l'arehitecte Bellangé, puis étudia, dans les ateliers de rO[)éra , la peinture de décorations, et devint bientôt un de nos plus habiles décorateurs. Cicéri a fait taire à son art d'immenses progrès.
Le nombre des ouvrages qu'il a exécutés pour différents théâtres s'élève à près de 400, Nous n'entreprendrons point de les mentionner ici ; mais nous devons citer ses décorations de la res' taie, é''Armide^ de la Lampe merveilleuse y àt la Muette de Portidj de Moïse y de Robert le Diable y etc. Il fut chargé, en 1810, «par le roi de Westphalie, d'exécuter les décorations du grand théâtre de Cassel , et c'est à lui que fut confiée la direction des fêtes du sacre de Charles X.
CiGÉBON, lieutenant-colonel de la garde, commandant le bataillon des vélites de Turin, résista, avec 450 hommes , pendant huit jours , en octobre 1813 , dans la ville de Vurtzen, aux assauts de plus de 8,000 Russes , qui ne purent jamais parvenir à l'entamer. Après leur avoir fait éprouver des pertes considérables, il effectua sa retraite au travers des bataillons ennemis, fit sauter le pont de Vurtzen, et arriva heureusementau quartier général.
CiMBBEs (Voyez Rimbis.) CiMETiÈBE. ^Chez les Gaulois et chez les Romains, les inhumations avaient lieu dans des champs hors des villes, et de préférence le long des grands chemins ; et quoique leurs tombeaux fussent assez généralement réu^ nis dans le voisinage des endroits habités , ils ne formaient point , à proprement parler, de cimetières. C'esl a l'introduction du christianisme dao4 les Gaules qu'est dû l'établissement de ces champs de repos. En effet, c| fut seulement lorsque l'on eut instituf l'usage de prier pour les morts danf les lieux mêmes où ils reposaient, l'on imagina de les inhumer tous d un même local , afin que chacun recueillir sa part des grâces que :
saient descendre du ciel les prii' que l'on disait pour tous. Telle 1 origine des cimetières chrétiens , qi l'on établit cependant hors des vill selon l'ancienne coutume.
Jusqu'à l'empereur Léon II , qui gna en Orient de 473 à 474, ou, se d'autres , jusqu'au pape du même n
3ui occupa la chaire de Saint-Pi( e 682 à 684 , il fut défendu d'inhu dans les églises. Mais cette prohi tion ayant alors été levée pour églises isolées au milieu des cham[ celles des villes réclamèrent bientôt' obtinrent le même privilège. Le di de reposer dans un lieu consacré d'abord exclusivement réservé évéques,- aux abbés et aux princii dignitaires du clergé. Mais tout ce appartenait au clergé flit ensuite mis à y avoir part , et bientôt les ques eux-mêmes réclamèrent le voi honneur ; mais le clergé eut soin ne l'accorder qu'avec parcimonie, de n'y admettre que les fondateurs les bienfaiteurs des églises. A t'é| du régime féodal, quand les devenus indépendants, secouéreat^ joug de l'autorité royale , et en
Ï>èrent les droits , ils s'attribue 'envi, pour eux et leurs familles privilège d'être inhumée dans leségf et les monastères, et le clergé se vaitfort heureux quand ils ne poi pas plus loin encore leur exi(
CIM
riM
Toutefois , la classe noble fut la seule entre les diverses classes de laïques qui jouit du droit ^e reposer dans fes^lises, et toutes les autres en furent privées. Bientôt , pour satisfaire celleci, le clergé imagina une prérogative oui devint une distinction aussi : ce fut 06 leur assigner , dans le voisinage de relise, un terrain particulier quMI bénit, et qui dès lors fut regardé comme la récompense d'une mort dirétienne. Bientôt même on attacha aux inhunaations , dans cette terre bénite, une si grande importance, qu'en exclure un décédé était la peine la plus terrible qui pût être infligée à sa mémoire, et ceJle dont on frappait les excomoiuniés morts sans s'être réconciliés avec rÉglise.
Voilà comment les cimetières se trouvèrent transportés au milieu des Mitations. Il n'en fut pas cependant jk même pour tous. Il en est que les ailles allèrent chercher en s'agrandisit et en les enveloppant dans leur iote : tels furent a Paris celui des cents , et un grand nombre d'ausitués d'abord à une grande dis- , et qui , par la suite des temps , trouvèrent au centre de la capi-
Les cimetières , quelque part qu'ils înt placés, furent pendant longis des lieux de superstition et de uche. De prétendus sorciers s'y idâient , et y allumaient des cierges dant le jour , dans la persuasion les âmes des défunts dont les tes y reposaient , évoquées par cet I, viendraient leur révéler les futures et cachées ; et des femde mauvaise vie s'y assemblaient ant la nuit , sous prétexte de se ter à la prière. Ces deux pratiques ent défendues par les canons 34 et du concile d'Elvire ; la première , e qu'il ne faut pas inquiéter les des saints , cereos per diem in eterio non incendi , quia inquie- ^i spiriius sanctorum non sunt; seconde, parce que les femmes que ^votion semblait y réunir s'y lilîent ouvertement à la débauche, eo [|«od suh obtentu orafionîs latenter
scelera committunt. Jusqu'au règne de Philippe-Auguste , le cimetière des Iimocents à Paris fut le théâtre de désordres tellement scandaleux, que ce prince , pour satisfaire à la pudeur publique, ordonna qu'il fût entouré de murailles.
Depuis cette époque, il ne s'est point passé de siècle qu il ne soit émané de l'autorité civile ou du pouvoir ecclésiastique quelques prescriptions ayant pour but de maintenir le respect que l'on doit aux lieux consacrés Ïiar la cendre des morts. Pour ne parer que de celles qui ont été publiées dans des temps presque modernes, nous dirons que deux conciles tenus à Bourges , l'un en 1523 et l'autrie en 1584, ainsi qu'un autre, assemblé à Bordeaux en 1624 , défendirent de tenir dans les cimetières des assemblées profanes , telles que foires et marchés. Par un arrêt du .parlement de Dijon , du 3 mars 1560 , il fut défendu au seigneur de Martigny-le-Comte de permettre à ses vassaux de danser dans le cimetière de cette paroisse. Mêmes défenses furent faites en 1614 par un arrêt du grand conseil. Le parlement de Rennes défendit en 1622 , sous peine de punitions corporelles , d'entrer, tant dans les églises que dans les cimetières, avec armes et bâtons, et d'y commettre des indécences.
L'inconvénient d'avoir, dans l'enceinte d'une capitale qui prenait de l'accroissement tous les jours, des cimetières qui devenaient autant de foyers d'infection , se fit sentir à la longue. On pensa donc à les transporter hors de la ville, et Charles IX conclut l'idée de les remplacer tous par un immense champ de repos qu'on aurait établi au bois de Boutonne. Là , chaque famille se serait fait élever sous 1 ombrage un asile où ses membres se devaient tous retrouver un jour , et au bout d'un siècle, cette réunion de monuments funéraires aurait, selon ce prince , transformé la forêt en un lieu de promenade fort agréable. Cette idée ne fut point mise à exécution, et c'est seulement beaucoup plus tard que l'on a pris une mesure que réclamait
T. V. 12' lÂvraisan. (Dicx. encygl., btc)