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sînes, par Reynard, vioornte de Beaune, et leur établissement, protégé par Eudes, duc de Bourgogne, et par 1 évéque de Cbâlons, ne tarda pas a devenir célèbre. Robert donna à ses religieux la rèele de Saint-Benoît, et bientôt leur réputation de ferveur et d'austérité leur attira une foule de novices. Ce fut sous Âlbéric, second abbé de Cfteaux, que cette maison commença à avoir des statuts particuliers. Sous le troisième abbé, Etienne, la nouvelle abbaj^e, devenue trop nombreuse, fut obligée de détacher d'elle plusieurs colonies , et en moins de trois ans on vit s'élever les abbayes de la Ferté, de Pontîgny, de Clairvaux et de Morimond , que Ton nomma les quatre filles de Cîteaux ; et comme ces filles produisirent à leur tour un très-grand nombre de communautés , elles eurent le rang et la prérogative de maisons chefs d'ordre, bien qu'elles demeurassent toujours sous la direction de Tabbé de Cîteaux. L'abbaye de Morimond posséda seule jusqu'à 700 bénéfices, et eut sous sa dépendance les ordres militaires de Calatrava, d'Alcantara et de Montesa en Espagne, et ceux de Christ et d'Avis en Portugal.
Mais la plus illustre de toutes les communautés de l'ordre fut sans contredit celle de Clairvaux, fondée en 1115 par saint Bernard. Lenombredes moines de cette abbaye devint dans la suite si considérable, qu'ils formèrent la plus grande partie des établissements cisterciens, et que le nom de BemarcUru, qui leur avait été donné d'abord à eux seuls, passa plus tard à tous les autres.
Le relâchement s'introduisit, vers la fin du douzième siècle , dans l'ordre de Dteaux , qui était possesseur d'immenses richesses. Jean de la Barrière , abbé de Notre-Dame des Feuillants, près Toulouse, parvint, en 1577, après de longs efforts, à opérer une réforme parmi ses religieux. Cette réforme donna naissance à la congrégation des FeuiUarUs, qui s'étendirent ensuite en Italie sous le nom de Botiardins réformés. Toutefois, de toutes les réformes des cisterciens, la plus célèbre est
celle qui fut opérée ep 1664 par l'abbé de Rancé. (Voyez Bernard^ Rangé, Tbappe, Feuillants.)
De la maison de Cîteaux dépendaient près de 800 monastères d'hommes et environ autant de monastères de filles.
On a souvent appelé l'abbaye de Ctteaux le mausolée des ducs de BourgognCf et c'était avec raison , car tous les dacs de la première race, à l'exception de Robert P' et de Hugues I"% antérieurs à la fondation de l'abbaye, y ont été inhumés.
De Ctteaux-sont sortis, outre saint Bernard, le personnage le pluseélèbre de cet ordre, quatre papes et un grand nombre de cardinaux.
Il reste encore aujourd'hui de cette abbaye de magnifiques bâtiments , qui dépendent de la commune de Gilly-lez- Cîteaux.
CiTOLE , ancien instrument à cordes, .
qu'un passage du roman de la Rose dis* tiogue formellement de la harpe :
Dieu merci . bien foi^ier say si TOUS de oien qae plus dier ay Mes deux martelets et lu'esdurpe Que ma eitote ne ma harpe.
Les sons devaient en être bien douxi puisque Guillaume Guiart, qui florii sait en 1248, en parle en ces tei dans ses vers :
Qae le roy de France à celle erre Enveloppa si de paroles >
Plus douces que sons de citoles.
Ciudad-Real (combat de). — duc de rinfantado ayant rallié troupes après avoir été battu à U< 4B'était porté dans la Manche pour vrîr et garder les défilés de la Si< Morena , qui conduisent en AndaU Il avait pris sur la Guadiana , aux virons de Ciudad-Real , une forte sition protégée par 20 pièces de cai Le général Sébastian], qui avait ordre d'occuper la province de Manche, et de remplacer dans ' cantonnements les troupes du chai Victor, qui s'étaient portées vi le Portugal, ne voulut pas laisser général ennemi le temps d'au^m ses forces , qui s'élevaient déjà a ti hommes, et de prendre une al plus menaçante. En conséquenoe,
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s'avança sur lui , et Tattaqua le 27 mai 1809. Le général Milbaud, soutenu par une division polonaise , commença l'action en forçant le pont de la Guàdiaoa, sous la protection d'une batterie de 12 pièces. La rapidité et la fermeté de ce mouvement étonnèrent (Tabord les Espagnols; attaqués ensuite avec impétuosité , ils furent cul* butés et mis complètement en déroute.
1,500 restèrent sur le champ de bataille; 4,000 furent faits prisonniers; 7 pièces de canon , 4 drapeaux et 25 caissons tombèrent au pouvoir des vainqueurs. Les fuyards prirent la direction d'Almagro ; le général Milbaud les atteignit le lendemain, et en fit un grand carnage. Le général espagnol Gallos fut tué, et Tennemi perdit encore dans cette retraite 5 canons, 70 voitures et un grand nombre de . prisonniers.
CiUDA.D-RoDfiiGO. — Cette ville du royanine de Léon , qui nous fut enlevée par les Portugais pendant notre désastreuse guerre d'Espagne en 1706 , et reprise l'année suivante par le marps de Bai , fut le'théâtre de quelques MMix faits d'armes pendant les guerres *è l'empire. Au mois de septembre i^, quelques semaines après la bataille d'Almonacid, le général Marchand battit, en avant de cette place, un corps d'armée espagnol commandé pr le duc d'el Parque. Au mois de juin de l'année suivante, le prince fEssIiog, ne pouvant faire sortir Wellington de son système de temporisait résolut d'investir Ciudad, que sa position et sa force rendaient une oeeilente place d'armes pour l'armée <kstinée à marcher en Portugal. Elle irait 5,000 hommes de garnison, «t Tavant-garde anglaise, postée entr^ , i'Aguéda et la Coa , semblait disposée àlasieeourir. Après six semaines d'es- ^aimiouches qui ne purent déterminer )q alliés à sortir de leur camp, Nej «pvrit enfin la tranchée. La place reiKta comme les villes espagnoles résistaient alors. Il fallut 25 jours de tra- 1^ poussés avec vigueur, ouvrir une Mcbe et livrer un assaut pour faire «déposer les armes à la garnison , qui se
rendit à discrétion (*), Au mois de septembre 1811, Wellington investit Ciudad. Le duc de Raguse, appelant à son aide le général Dorsenne, avec lequel il opéra sa jonction à Tamanès , lui en fit lever précipitamment le siège , et se mit à sa poursuite. Mais au commencement de la campagne de 1812, profitant de l'éloignement de Mont- Brun et de Dorsenne, le général anglais bloqua brusquement la ville où commandait le général Barrié. Il poussa les travaux avec vigueur, donna l'assaut au bout de 9 jours de tranchée, et s'empara de la place, où il laissa une forte garnison espagnole. Cette opération arrêta et paralysa complètement l'armée française, qui avait tenté l'invasion du Portugal.
Ci viLis. — Première tentative pour former un empire gaulois. — Quarantesept ans après la mort d'Hermann , les contrées voisines de l'embouchure du Rhin , et qui n'avaient pu se soustraire au joug ou à l'alliance onéreuse des Romains , voulurent profiter des guerres civiles qui suivirent la mort de Néron pour ressaisir leur indépendance. Civilis fut pour les Bataves, mais sur un plus petit théâtre, ce que le chef des Chérusques avait été pour les peuples du nord-ouest de la Germanie.
Pendant que les troupes de Vespasien et celles de Yitellius se livraient, au milieu de Rome, des combats acharnés, assiégeaient et brûlaient le Capitoie, larnouvelle de plus en plus accréditée d'un grand désastre en Germanie était reçue à Rome sans y répandre le deuil ; on parlait d'armées romaines battues , de camps des légions pris, des Gaules soulevées, comme de choses indifférentes. Apprenons de Tacite quelles furent les causes de ce vaste embrasement.
«c Les Bataves, dit l'historien, tant qu'ils demeurèrent au delà du Rhin, firent partie des Cattes. Chassés par une séaition domestique, ils occupèrent l'extrémité alors inhabitée des côtes de
(*) Tableau des guerres de la révolution, p. 393.
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la Gaule, et une île située entre les lagunes et bijgnée en face par rOcéan, des trois autres cptés par le Rhin.
Alliés des Rumainst , sans que la société du plus fort les écrase de s^ prépondérance, ils ne fournissent a 1 empire que des hofnnf)0s et des armes.
Les guerres de Germanie avaient longtemps exercé leur coulage; leur gloire s'accrut en Bretagne , où Ton Qt passer plusieurs de leurs cohortes, comin^ndées, selon Tusage de ce peuple-, par le3 plus nobles de la nation. Le pays entretenait en outre une cavalerie d^élite, qui excellait à nagef avec ses armei^ et ses chevaux , et qui traversait le Rliin s^ns rompre ses escadrons.
a Julius Paulus et Claudius Civilis, issus d'un sang royal « surpassaient en illustration tous les autres Bataves.
Paqlus , accusé faussemept de révolte, fut tué par Fontéius Gapito. Civilis fut chargé de chaînes et envoyé à JNeron ; absous par Galba, il courut un nouveau danger sousVitellius, dont Tarinée demandait sa mort. Telle fut la cause de ses ressentiments. Son espoir vint de nos malhejLirs. Civilis, plus rusé que le commun des barbares , e^ qui se comparait aux Annibal et aux Sertorius, par^e qu'il portait au visage laxnéme cicatrice, ne voulut. pas attirer sur lui les forces romaines par une rébellion déclarée. Il feignit d'être ami de Yespasien , et de prendra parti dans nos querelles. I| e§t yrai qu'4i^" topius Primus lui ^ypit ^rit de détourfier, par une fausse alarme, {es secours que mandait Vitellius , et de retenir no^ légions, en les naenaçant des Germains. Hordéonius F)apcu$ lui avait donné dp vive voix le même avis, par inclination pour Yespasien et par intérêt pour la république, dopt la ruine était inévitable si la guerre ^^ renouvelait et que tant 4^ millier^ d'hommes armés inondassent rita)ie.
« Quand sa révolte fut décidée, Civilis, tout en cachant des vues plus pf(h &ndes, et résolq d'acconinioder se^ plan^ à la Jfortune , commença de la sorte à remuer Tordre établi. Vitellius avait ordonné des levées parmi lesBatayes. Cette charge , 4éjà pesante en
elle-même, était aggravée par l'avarice et la débauche des agents du pouvoir; il^ enrôlaient des vieillards et des infirmes, pour en tirer une rançon et les renvoyer. Dans ce pavs , les eofasts sont généralement de haute taille; il$ enlevaient les plus beaux pour 4Hd{}mes plaisirs, Les esprits se soulevèrent, et des hommes ^postés pour souffler la révolte persuadèrent au peuple de se refuser aux levées. Civilis, sous prétexte de donner un festin , réunit dans un bois sacré les principaux de la motion , et les plus audacieux de la multitude. »
Quand la nuit et la joie eurent éphauffé les imaginations , il harangua ses cpnvives^ célébrant d'abord l'ao* cfenne gloire de la patrie, puis énumérant tout ce qu'elle avait à souffrir sous le jpug romain^ insultes, raptç, brigandages : « On ne nous traite plus, « comme autrefois, en alliés, s'écriait- <( il , mais en esclaves ! Tantôt c'est le « lieutenant qui arrive avec la ruiM « de sofi cortège et l'inspiafiof de «es « pommandements; tantôt ee sont lil « préfets et les centurions qui vien^; « nent se rassasier dp Qotre sang 4- « de nos dépouilles; et alors il fai^ w « nouvelles proies à de nou^eaiix ppr « prej^seurs : le briganda^ fps^^ « menccso^s mille noms diyers.V<)|||- « qu'^MJouri'liuî on q^ps éor^o m^ n (çore par le recrutement qui arraAta le (ils à.son père, le frère à «on ifèrêt <i et, pour ne pli|s se revoir, pour^ailt; « jamais l'occasion fut-elle au$si bA^ <! pour reconquérir notre liberté? Jl? ^ A mais les Romains furent-iU; moioii- «craindre? Leurs camps ^ t&mff' « ment que du butin et des vieillaidf». a Les Bataveg n'on|; qu'è lever Md^ « mept les yeux, et nç p^s sa fajr^ m- « ^ppuv^ritail du mm 4é quelguii Ir a gions imaginaires. ^^ po^séABM* <i nous pas une infanterie et iiR^ ^Ht « lerie exeellenties, et lé$ Ger^naioff jM « sont-ils pas nP9 frère§? Les G#iltoilt « d'ailleurs, conspirent pour dou9i #- « jusqu'aux Eomaina ipéimes» à fH <( cette guerre i^e déplaira pas. Yaiir a ans, piQM& nQm en larnas v^ néRU d auprès de Vesp^siaQ; ?<|iiiqiiMllt
« qai viendra nous demander compte? »
Ces paroles furent accueillies avec eQthoQsiasme. Çivilis lia tous les coo- Yive$ par ee que la religion contenait d'çf^agements terribles et de rites solennels. Aussitôt il fit proposer aux Ganinéfates de s'associer a Tentreprise-Ce peuple, qui habitait U partie septantriqpale de l'ile , avait tout des Bâtavejs, origine, langage, bravoure, exeepté le qpmbret Ses a|;ents allèrent i|ussi soiliqiter les auxiliaires des 'légions de Bretagne, ces cohortes batam envoyées d'Italie par Vitellius, et qui alors' se trouvaient à Mayence.
Parmi les Ganinéfates, il y avait un homme appelé Brinio , fils d'un chef qui avait longtemps bravé impunément la puissance des empereurs. Brinio était d'une bravoure éclatante ; mais il n'avait pour lui que sa fougue et sa brutale audace. De concert avec les Frises, peuple d'au delà du Rhin, il se jeta sur un camp de deux cohortes , Toisin de l'Océan. Les Romains ne S9
talent pas sur leurs gardes ; le camp pris et pillé, et les cohortes disperlies. Les commandants des différents firts, ne pouvant se défendre, y mirent lifeu et se retirèrent.
CiviliB , dissimulant encore , feigfiit IM grande colère contre Brinio , et MiQa aigrennent les commandants imnains a avoir abandonné les forts.
8 les exhorta à regagner chacun leqrs eitnpements , et à se reposer sur lui la sein de tout pacifier. « Ma cohorte, ? leur mandait'il , suffira pour étouf- * fer la rébelliop. » Le piège était vi* iible; les préfets romains sentirent
Se les cohorte^ éparses seraient plus nlement écrasées. P'ailleurs , il»
eommepcaient à «'apercevoir que Bri<> «io n'était que rinstrument, et Civilis rime véritable de tous, ces troubles.
U secret de ses desseins perçait peu è peu à travers les indiscrétions de la ist^ belliqueuse des Germains. GIvilis, ▼oyaqt le peu de suci!ès de son arti-
St eut recours à la force. Se mettant tête des Ganinéfates, des Frises et fcs Bataves, il marche contre les Ro* inalDs, leur débauche une cohorte de Toogrês , qui passe de {son coté , et ,
après les avoir égorgés presque sans résistance, consternes qu ils étaient de cette trahison imprévue , j| s'empara de la flotte qu'ils avaient sur le Rhiq.
Gette victoire , glorieuse pour le moment, fut encore utile pour la suite: elle donna ai|x Qpitav^s ^es armes et une flotte , et la nouvelle en fut pro* clamée avec éclat dans les Gaules et dans la Germanie, où Givilis fut ceiébré comme un libérateur.
La Batavie était donc affranchie; et Givilis , dévoilant ses grands desseins,tra vaillait à réunir dans une même indépendance les Gaules et la Germanie. Hordéonius , en fermant les yeux sur ses premières tentatives, en avait favorisé le succès; mais lorsque des courriers lui eurent annoncé coup sur coup que le camp était envahi, les cohortes détruites, le nom ropciain effacé de l'Ile, inquiet et irrité, il ordonna à Mummius Luperpus de marcher contre Givilis. -Lupercus commandait uncamp de deux légions; i) prit les légionnaire^ qu'il avait avec lui, les Ubiens, cantonnés près de là, la cavalerie trévire, qui se trouvait un peu plus loin, et j| passa le fleuve en diligence. Il avait joint à sa troupe une division de cavalerie batave, depuis longtemps ga^ gnée, mais qui feignait de rester fidèle, afin que sa défection ayant lieu SMr le cbaipp de bataille , ei)t plu^ d'impor* tance et d'édat.
Givilis s'envîrpnna des enseignes romaines pour frappef les siens par le spectacle de leur ^lojre, et l'ennemi par le souvenir de sa défaite. J| r^nge^ derrière le corps de bataille sa mère , ses sœurs et toute la foule des femn^es et des eqfants , comme un encouragement a la victoire et up obstacle à la fuite. Le chant d^s guerriers et les hurlements des femmes retentirent sur toute la ligqe et donnèrent le si? gnal du cpmbat. Un second cri , piais plus faible , partit ^es légions enne'mies, et décela leur découragement; car leur aile gauche venait d'être misa^ à décoi^vert par la désertion de la cavalerie batave, qui s'était tournée aus* sitôt contre el|e. Toutefois, en ce péril extrême, le soldat légiounaire gar-r
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dait ses armes et son rang; mais les auxiliaires ubiens et trévires, se débandant avant le prenaier choc, se dispersèrent dans la campagne. Les Germains s'acharnèrent sur eux , et les lésions eurent le temps de repasser le Rhin, et de gagner un de leurs forts appelé Fêtera Castra , c'est-à-dire, le Vieux-Camp , poste important par sa position et par les travaux qu'Auguste y avait fait exécuter.
Cependant les cohortes bataves , renvoyées par Vitellius d'Italie à Mayence, avaient été de nouveau rappelées par l'empereur au delà des Alpes : elles étaient en pleine marche, lorsqu'un courrier de Civilis les atteignit. Le chef insurgé leur annonçait sa nouvelle victoire, et n'épargnait ni exhortations ni promesses pour les engager à embrasser la cause commune.
Elles se laissèrent persuader, et vinrent grossir les troupes victorieuses.
Par la jonction de ces deux vieilles cohortes, le chef batave se voyait une armée régulière; toutefois, encore irrésolu, et songeant à la puissance des Romains , il se borna à faire reconnaître Vespasien par tous ceux qui étaient avec lui , et envoya proposer le même serment aux deux légions qui, * repoussées à la première affaire, s'étaient retirées dans le Vieux-Camp. - Elles répondirent « que les Romains « ne prenaient pas conseil d'un traître « et d'un ennemi; que VitelliUs était « leur empereur, qu ils combattraient « pour lui jusqu'au dernier soupir; « qu'il convenait mal à un déserteur « batave de s'ériger en arbitre de l'em- « pire de Rome; qu'il n'avait à espé- « rer de son crime qu'un juste châti- « ment. » A cette réponse , Civilis , enflammé de courroux , entraîne aux armes toute la nation batave; lesBructères et les Tenctères s'y Joignirent aussitôt; et, avertie par de rapides messagers, la Germanie accourt au butin et à la gloire.
Pouf soutenir un choc si menaçant, les commandants des deux légions de Vetera en renforcèrent à la nâte les retranchements. Civilis occupait le centre de son armée avec l'élite des
Bataves. Il avait couvert les deux rivages du Rhin de bandes germaniques, tandis que sa cavalerie se déployait au loin et battait la plaine, et que sa flotte remontait le fleuve. Ici flottaient les enseignes romaines des vieilles cohortes bataves ; là les étendards germaniques et les simulacres d'animaux sauvages , tirés du fond des bois consacrés pour aller au combat. Ce mélange de drapeaux, présentant l'aspect d'une guerre à la fois étrangère et civile, frappa les assiégés de stupeur.
Les Bataves et les guerriers d'outre- Rhin prirent chacun un poste séparé, afin que leur vaillance, se déployant à part , resplendît d'un plus vif éclat.
Toutefois , l'armée barbare n'avait point, assez de machines de guerre pour faire une ouverture dans les murailles avant d'aller à l'assaut. Aussi, lorsqu'ils se présentèrent pour assaillir les remparts , reçus par une grêle de traits et de pierres, ils furent contraints de s'éloigner en frémissant; n'ignorant pas d'ailleurs que la place n'avait des vivres que pour peu de jours , ils se décidèrent à forcer les Romains par la famine.
D'un autre côté, la discorde affaiblissait la seule armée romaine qui pât dégager les légions de Vetera. Hordéonius, son chef, est massacré; Vo- ' culn , qui lui succède , subit le même sort , malgré son courage et sa fermeté. En même temps, les soldats qd la composent, dévoués à Vitellius, apprennent que Vespasien, au nom duquel Civilis prétend combattre, est maître de l'empire. Des présages sinistres accompagnent cette nouvelle: le Rhin, épuise par une sécheresse inouïe dans ces contrées , n'est ploi qu'un faible ruisseau, comme si les barrières de l'empire voulaient s'abaisser elles-mêmes devant les barbares.
Le Capitole,ce palladium sacré auqael sont attachées les destinées de Rome, vient d'être dévoré par un incendie; présage assuré , disaient les druides par toute la Gaule, que la souverainew du monde allait passer aux natiom transalpines. Enfin, la grande prophétesse des Germains avait prédit aox
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Bataves la défaite des légions. C'était ooe jeune fille du pays des Bructères, nommée Véléda ; invisible à tous les yeux, elle restait le jour enfermée dans une tour écartée, ne sortant que la naît pour courir les bois et les bruyères à la clarté des étoiles. Personne oe pouvait arriver jusqu'à elle ; un de ses parents était seul chargé ^e lui apporter les messages et de recevoir les oracles qu'elle rendait.
Bientôt Civilis put couper sa longue chevelure, qu'il avait laissée croître depuis le commencement de la guerre; son vœu était accompli , sa vengeance satisfaite : les Romains de Vetera étaient venus lui demander la vie. Réduits à ronger le bois et la raeioe des plantes , arrachant l'herbe qui pousse entre les pierres, il leur fallut envoyer a Civilis une députation suppliante. Civilis avait enGn jeté le masque : effaçant de ses étendards le nom de Vespasien , il y avait inscrit : Empire gaulois, II espérait qu'à ce oonj la Gaule tout entière vienarait se joindre à lui pour reconquérir son in- (iépendance. « Que les assiégés de Ve- «tera, dit-il aux députés, suivent le - «nouvel étendard, qu'ils prêtent ser- « ment à l'empire gaulois, et les Ger- « mains les recevront en frères. >» Il fallut consentir à tout. Les Romains .sortirent de la place; mais ils avaient trop longtemps rendu impuissants les .efforts de leurs ennemis pour avoir foi <laos leurs promesses. A cinq milles environ , les Germains s'élancèrent d'une embuscade, et tombèrent à l'improviste sur la colonne. Les plus intrépides furent tués sur la placé; beaucoup périrent en fuyant; le reste rebroussa chemin et se réfugia dans le camp; les Germains y mirent le feu, et tous ceux qui avafent survécu au combat furent la proie des flammes.
On dit que Civilis, ayant armé son fils, tout jeune encore, àe flèches et de javelots proportionnés à son âge, lui donna pour but les légionnaires prisonniers. D'autres furent envoyés à Véléda, peut-être pour d'horribles sacrifices. Civilis ne perdait aucune occasion de gagner la faveur de la pro-
phétesse ; il avait de vastes projets. On remarqua que ni lui, ni aucun de ses Bataves, n'avait prêté serment à l'empire gaulois. Il voulait rester libre, {)our dominer à la fois la Germanie et es Gaules. Mais déjà la fortune changeait : les Gaulois , oubliant qu'ils ne devaient chercher que leur indépendance nationale, voulaient faire un empereur. Sabinus , qui se disait descendant de César, venait d'être proclamé chez les Langrois. Les Rémois, les Séquanes , voyant que la cause de la Gaule devenait celle d'un homme, refusèrent de prendre les armes. En même temps, Vespasien, maître tranquille de l'empire^ envoyait une armée nombreuse avec un général expérimenté. Sabinus fut défait par les Gaulois eux-mêmes avant l'arrivée du général romain, et n'échappa qu'en se réfugiant dans un souterrain, où il vécut neuf années avec sa femme, la belle et vertueuse Éponine. Civilis, resté seul, marcha hardiment au-devant des Romains, surprit le camp de Céréalis , le força , mit en fuite la cavalerie , et aurait détruit Tarmée romaine, si Céréalis, absent au moment de l'attaque, n'était venu rétablir le combat. La fortune de la journée changea. Les Germains reculèrent, et Civilis, se voyant serré de tous côtés , fut contraint de se réfugier dans l'île des Bataves, après avoir soutenu, près de Vetera, deux batailles contre Céréalis.
. La guerre se rapprochant des frontières de la Germanie, de nombreux guerriers vinrent se joindre à Civilis, qui , profitant de la conQance téméraire de l'ennemi, faillit exterminer l'armée romaine. Les Bataves avaient remarqué que la garde se faisait avec négligence dans le camp placé sur les bords du W^haal ; ils choisirent* une nuit sombre, et, s'abandonnant au fil de l'eau, ils pénétrèrent, sans rencontrer d'obstacles, au milieu des retranchements. Céréalis était absent; il avait été passer la nuit ailleurs, dans les bras d'une femme ubienne, nommée Claudia Sacrata. Les Romains, surpris sous leurs tentes , périrent en grand nombre sous les coups desGer-
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mains; en métne temps leut flotte était surprise, etquana lejouf vint, lés Bataves s'en retournèrent triomphants, traînant à leur suite les bâti-> ments qu'ils avaient pris, et la trirème {)rétorienrte, qu'ils envoyèrent en présent à Véléda.
Ce fût le dernier suc(;ès de Civilis.
Prévoyant la victoire prochaine des Komainà , il entama avec leur chef de secrètes hégociations. Céréalis avait lui-même envoyé porter des paroles de paix à Véléda : il lui représenta que les Germains n'avaient retiré de leur alliance avec Civilis que le massacre ou la ftiite de leurs frères ; que s'ils continuaient , les torts et Tinsulte étant d'un côté ; de Faùtre seraient la vengeance et les dieux.
Ces paroles flrent effet sur Véléda.
Les Germains une fois ébranlés , les fiataves, réduits aux plus déplorables extrémités , le ftirent bientôt à leur tour. Civilis demanda lui-même une entrevue au général romain, chercha à excuser sa conduite , et , pour prix de son humiliation, obtint la permission de vivre tranquille' dans sa ftâtrie. Les Bataves rentrèrent dans eurs anciens rapports avec Rome, et restèrent libres de tout tribut.
Ainsi se termina cette guerre qui avait commencé d'une manière si mena(^ante pour Rome. Peut-être aurait- Il été donné à Civilis d'y jouer le rôle d'Hermann ; mais il ne sut point faire une alliance solide avec les tribus germaniques. Il préféra s'associer aux Gaulois, qui, rompus au joug de Rome, ne lui prêtèrent qu'une assistance partielle. Les Germains , qui d'ailleurs n'étalent point alors sérieusement menacés, ne virent point dans ce chef, combattant au nom d'un empire gaulois , un défenseur de l'Indépendance germanique. Ils ne lui envoyèrent que ceux de leurs guerriers qui, impatients de repos, saisissaient toute occasion de butiner et de combattre.
Civisme. — Ce mot , l'un de ceux dont notre langue s^est enrichie depuis 1789, sert à exprimer en un seul mot ce que Montesquieu appelait la vertu politique. « Cette vertu, dit
notre grand publicîste (*), est un renoncement à soi-même; on peut fô définir ran),(yurdes lois et de la patrie. Cet amour demandant une préiérence continuelle de rintérêt public au sien jjropre, donne toutes les vertus particulières: elles ne sont que cette préférence. Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties; dans elles seules, le gouvernement est confiée chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer. »
Pendant la révolution , on exigea de tout homme qui. voulait prendre part au maniement des affaires publiques, et Occuper une fonction quelconque, un certificat de civisme. Ce certificat, qui devait être délivré par un corps administratif légalement constitué, attestait qu'en foute circonstance , la personne à qui il était accordé avait remf)li tous les devoirs et satisfait à toutes es obligations que la loi imposait à chaque citoyen. Le certificat de civisme n'était donc que l'attestation d'un fait important à constater, surtout à cette époque ,'où les chefs du pouvoir exécutif, entourés de traîtres
3ui conspiraient la ruine de la France, evaient être à chaque instant exposés au danger de déposer dans des mains ennemies une partie de l'autorité qui leur avait été confiée.
Cependant, par une loi du 18 thermidor an m , les candidats aux fonctions publiques ont été dispensés de la nécessité de fournir un certificat de civisme. On a seulement remplacé celte utile formalité par l'obligation du serment, obligation illusoire pour les fripons , qui n a pu mettre un irem aux turpitudes du Directoire, aux scandales de 1814 et de 1815, et qui ne nous a pas empêchés de voir plus d une fois des hommes enrichis par la contrebande et aux dépens du trésor, appelés à diriger les finances de l'Ç^f** Civita-Castellana (bataille de).-- Le général Mack venait de s'emparer de Rome , et Championnet , ayant laissé une garnison au château Saint-
(*) Esprit des lois , liv. iv, ch. 5.
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Ange , était yetiu s'adosser aux tnôotagnes, dans une position admirable.
C'était un triangle formé par le Tibre, la Treia et une chaîne de collines qui longe la route de Florence. Après quelques jours d'indécision , Mack résolut de s'avancer avec 40,000 hommes contre la droite des Français , pour nettoyer la route de Florence, enlever Civita-Gastellana, et forcer le pont du Borgbetto. Divisée en cinq colonnes , Tarmée napolitaine chercha à envelop-
{ler Tarmée française d'un réseau que es manœuvres savantes de Championnet et la bravoure des chefs et des soldats parvinrent heureusement à rompre. Kellermann, commandant Tavant- §ardé placée en avant de JNépi , mit en éroUte , avec une poignée de braves, la première eolonne , forte de 8,000 hommes. La seconde, qui s'était portée sur Rignàno, fut arrêtée dans sa marche par la quinzième demi-brigade légère, aux ordres du chef de bataillon Lahute. Celui-ci s'étant d'abord replié sur le pont de Civita-Castellana, y soutint pendant plusieurs heures le choc de 8,000 ennemis , qu'il repoussa enfin après leur avoir lait éprouver une perte considérable. La troisième colonne fut culbutée en se portant de Fabrica sur Santa-Maria di Falori , et lâeha pied au premier choc. Maurice Mathieu défit la quatrième. £nflh la dernière colonne , au bruit de ces désastres , Se hâta de repasser le Tibre sans brûler une amorce. Mack, déconcerté par sa déroute . s'établit à Catalupo , fit passer le Tibre à une partie de ses troupes , et forma des dispositions pour attaquer le centre des positions françaises , où il croyait mieux réussir. (4 décembre 1798.)"
CtviTELLÀ-DEL-TRONTO (prîse de).
— En décembre 1798 , le général Duhesmé , qui commandait la gauche de Tairmée de Rome, envoya le général Monnier faire le siège de Civiteïla-del- Tronto. Cette forteresse , regardée avec raison comme le boulevard des Abruzzes , couronne le faîte d'une assez haute montagne. Les fortifications, bien revêtues et flanquées à chaque angle, ne sont dominées d'aucun point
et protègent la tlilé , qu'entoure d'ailleurs un torrent très-profond. La place fut investie le 7. Munie de douze pièces en bronze du plus gros calibre , elle ne manquait d'aucun des approvisionnements nécessaires pour soutenir un long siège; Néanmoins, la présence du général Monnier intimida à tel point la garnison napolitaine^ qu'après dix-huit heures d investissement, et quoique les Français n'eussent avec eux aucune pièce de siège , le commandant demanda de lui-même à parlementer, et se constitua prisonnier de guerre.
CiviiAC, ancienne seigneurie du Bazadois, aujourd'hui du département de la Gironde, érigée en marquisat en
CiZE, notH de l'Une des contrées dans lesquelles on divisait autrefois la basse ISavarre. La vallée de Cize, dont Saint-Jean-Pied-de-Port était la. capitale, forme aujourd'hui l'arrondissesement de cette ville , et fait partie du département des Basses-Pyrénées.
Clacy ( combats de ). — Napoléon avait résolu de tenter, le 9 mars 1814, une attaque sur la ville de Laon , occupée par les Prussiens et les Russes.
Il fit donc, là veille au soir et dans la nuit , marcher ses différents corps. A la pointe du jour , on aperçut la position des alliés : ils avaient 80,000 hommes en ligne, et leurs avant-posites étaient aux villages de Clacy, Semilly , Ardon et Athies. Les Français , à la faveur du brouillard qui cadiait leurs mouvements , s'emparèrent de Semilly et d'Ardon ; mais la possession de ces postes ne cessa de leur être disputée , et leur coûta beaucoup de monde. Vers quatre heures de l'après-midi , le général Charpentier, qui, avec sa division et celle du général Boyer de Rébeval , arrivait d'Êtouvclle , d'où il avait le matin expulsé les Russes , reçut ordre d'essayer, de concert avec les généraux Curial et Friant , un coup de main sur Clacy. Curial fil tourner la droite du village par 300 tirailleurs, et Charpentier l'attaqua de front et de flanc. La brigade Montmarie y entra par le chemin de. Mons , s'en empara