‹ France (volume 5)Chapitre 33 sur 114 · ÇI^E · texte numérisé non relu

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tonte la population romaine, pour traiter avec les barbares ; ils passaient leur vie à correspondre, à négocier, à voyager, seuls actifs et capables de se faire entendre dans les intérêts , soit de rÉglise, soit du pays. C'était à eux aussi que recouraient les barbares pour rédiger leurs propres lois , conduire les affaires importantes, donner enfin à leur domination quelque ombre de régularité. Une bande de guerriers venait-elle assiéger une ville ou dévaster une contrée, l'évêque paraissait seul sur les remparts , revêtu des ornements pontificaux , et, après avoir étonné les barbares par son tranquille courage, il traitait avec eux de leur retraite. Une querelle s'élevait-elle entre le roi et ses leudes, les évêques^ servaient de médiateurs. De jour en jour, leur activité s'ouvrait quelque carrière nouvelle, et leur pouvoir recevait quelque nouvelle sanction.

« Quand la richesse des églises cessa d'être exposée au pillage continuel que leur avaient fait essuyer les premières violences de l'invasion , les barbares eux-niêmçs recherchèrent avîde^ ment Tépiscopat. Ainsi , après que les évêques eurent pris place narmi les feudes, ceux-ci vinrent à leur tour prendre place parmi les évêques , et laoïalgame des deux peuples s'opéra de la sorte dans les Jeux classes supérieures , qui , plus tard , devaient former l'aristocratie du régime féodal.

« Si l'élection des évêques était restée entre les mains des fidèles, ou seulement entre les mains du clergé luiraéme, cet amalgame eût rencontré plus d'obstacles, et probablement bien peu de barbares seraient arrivés à l'épiscopat Mais à peine convertis , les rois barbares s'eftbrcèrent d^fenvahir le droit de nommer aux évéchés. Tantôt ils se prévalaient , pour se l'attri- Quer, des donations qu'ils avaient faites aux églises , ou de la né(;essité imposée aux évêques élus d'obtenir la confirmation royale ; tantôt l'ambition des candidats venait seconder la leur.

Celui qui n'espérait pas obtenir les suffrages du clergé et du peuple d'une ville épiscopate, s'adressait au roi, eu

recevait une nomination souvent achetée, et la force soutenait ebsutte ce qu'avait fait l'intrigue ou la faveur.

Sous Pépin et Charlemagne , qui ménagèrent avec le plus grand soin le clergé , non-seulement pour s'en faire un appui , mais parce que seul il pou« vait les aidef à établir quelque ordre dans leurs États, le droit d'élection fut solennellement reconnu. Cependant la pratique contraire prévalut souvent sous ces deux règnes ; Pépin déclare , dans un capitulaire , « qu'après avoir pris le conseil des grands , il a nommé dans les cités des évdqueff légitimes ; » et i( sufQt de Rre quelques-unes des dironiques qui racontent la vie de Charlemagne , pour se convaincre qu'il regardait les évéchés comme des bénéfices dont il pouvait disposer à son gré. »

La corruption du clergé devait être une conséquence inévitable d'un td état de choses. Les Gallo-Romains , devenus évêques et puissants , la pln-

1>art du temps par 1 intrigue et la violence , se servirent , à là manière des barbares , d'un pouvoir qu'ils avaient obtenu par les moyens qui convenaient aux baroares ; quant à ceux-ci, ils conservèrent leur narbarie sur leur siège épiscopal. Les traditions ne tardèrent pas à se perdre, et la science, la vertu, qui ne brillaient plus dans les premiers rangs du clergé , cessèrent de se montrer dans \es rangs inférieurs, où d'ailleurs l'émulation ne se faisait plus sentir. Les anciens foyers d'où la vertu ecclésiastique s'était jusque-là répandue dans toute la Gaule , les monastères de Lerins, de Saint-Victor, etc., avaient perdu tonte leur influence. La mission du clergé séculier semblait finie, et avec elle celle du christianisme en Occident, si une réforme austère n'était venue retremper les esprits.

Cette réforme , ce fut le clergé régulier , ce furent les moines qui l'opérèrent. Nous avons vu, au quatrième siècle , les monastères de la Provence fournir au clergé gaulois les hommes qui devaient en former la partie érudite et savante., ceux qui , par leurs

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vertus , deYaient lui concilier une si grande considération morale. Cette rois, ce fut des monastères de (Irlande et de rÉcosse que vint la réforme ; elle fut préchée par saint Golomban, missionnaire ardent et impétueux , qui fit prévaloir un instant dans la Gaule le spiritualisme enthousiaste de rÉglise d'Orient. Des grandes écoles de Luxeuil et de Bobbio , fondées par saint Golomban, sortirent les fondateurs d'une foule d'abbayes :

saint Gall , à qui la Suisse dut le fameux monastère de ce nom ; saints Magne et Théodore , premiers abbés de Kempten et Fuessen , près d'Augsbourg ; saint Attale de Ëobbio ; saint Romaried»Remi remont; saint Omer, saint Bertin , saint Amand , ces trois apôtres de la Flandre ; saint Waudrille, parent des Carlovingiens, fondateur de la grande école de Fontenelle , en Normandie , qui doit être à son tour la métropole de tant d'autres.

A côté de ces écoles , on vit des vierges savantes en ouvrir d'autres aux personnes de leur sexe. Sans parler de celles de Poitiers et d'Arles, de celle de Maubeuse, oii sainte Aldegonde écrivit ses révélations , sainte Gertrude , abbessede rîiveljle, avait été étudier en Irlande; sainte Bertille, abbesse de Chelles, était si célèbre , qu'une foule de disciples des deux sexes affluaient autour d'elle de toute la Gaule et de la Grande-Bretagne (*).

Mais ce n'était pas assez d'une réformation morale au clergé ; il fallait une réforme matérielle et complète de la société. La culture des terres conGée aux esclaves par les Gallo-Romains, regardée comme un métier déshonorant par les barbares , qui préféraient vivre de pillage ou du produit de leurs troupeaux, était presque partout abandonnée, depuis que les sources de l'esclavage avaient tari. Les serfs et les nouveaux colons étaient d'ailleurs peu piopres à des travaux auxquels ils n'étaient pas habitués, et qui les ravalaient

(*) Voyez Micbelet , Histoire de FraQce , t.I, p. 268.

à leurs propres yeux plus encore que la servituae elle-même. La réhabilitation du travail fut la tâche qu'entreprirent les disciples de saint Benoît. C'est à ces religieux surtout que l'on doit le renouvellement de Tapiculture et les premiers progrès de l'industrie en Europe, au moyen âge. Défrichements de terres, ouverture des chemins, assainissement des lieux humides et marécageux, construction des villages et des hameaux, arts, métiers, manufactures, ils nous ont tout donné, et nous leur devons encore un bienfait peut-être plus grand, la conservation d une partie des chefs-d'œuvre des littératures antiques (*).

Une seule partie du clergé fut réellement grande et noble au moyen âge :

ce fut le clergé régulier. Lui seul fit de belles choses ; lui seul étendit le domaine de l'Église et porta jusaue chez les barbares la connaissance cle la religion. Quant au clergé séculier, composé , à tous les degrés de sa hiérarchie, depuis révéque jusqu'au simple curé, de véritables seigneurs féodaux, il participa à la corruption générale, et fut peut-être la partie la plus méprisable et la plus oégradée de cette société de barbares. « On connaît , dit M. de Chateaubriand , l'épouvantable histoire du prêtre Anastase , enfermé vivant avec un cadavre , par la vengeance de l'évêque Caulin (Grégoirede Tours.) Dans les canons ajoutés au premier concile de Tours, sous Tépiscopat de saint Perpert , on lit : « li « nous a été rapporté que des prêtres, « ce qui est défendu {qvod nejas\ éta- « blissaient des auberges dans les égli- « ses, et que le lieu où l'on ne doit en- « tendre que des prières et les louan- « ges de Dieu , retentit du bruit des « restins, de paroles obscènes , de dé- « bats et de querelles* » En 1351, les prélats et les ordres mendiants exposèrent leurs mutuels grief^ à Avignon, devant Clément VIL Ce pape, favora-

(*) Voyez dans les AifirAi.xs , le chapitre intitulé : Influence de la puissance territO' riale du clergé au moyen âge, t. I, p. 148 et suiv.

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ble aux moines , apostropha ainsi les prélats: « Parlerez - vous d*humilité, « vous , si vains et si pompeux dans « vos montures et vos équipages ? Par- « lerez-vous de pauvreté, vous si avi- « des, que tous les bénéfices du monde « ne vous suffiraient pas ? Que dirai-

« je de votre chasteté? Vous hai's-

« sez les mendiants, vous leur fermez « vos portes, et vos maisons sont ou- « vertes aux êtres les plus infâmes « {lenonihus et truffatoribm), » La simonie était générale ; les prêtres violaient presque partout la règle du célibat; ils vivaient avec des femmes perdues, des concubines et des chambrières; en Biscaye, on ne voulait que des prêtres qui eussent des commères, c'est-à-dire, des femmes supposées légitimes (*). »

Cette fois encore , la réforme vint des monastères. En effet, et c*çst un fait remarquable, tous les réformateurs qui parurent, du dixième au quinzième siècle, appartenaient au clergé régulier. Il ne fallut rien moins que leurs efforts réunis, combinés avec la réaction excitée au quinzième et au seizième siècle par les doctrines novatrices de Luther et de Calvin, et par les guerres de religion dont elles furent la cause ou le prétexte , pour relever Tépîscopat de la dégradation morale où il était tombé, et le replacer dans Téchelle sociale au rang qu'il doit occuper dans la hiérarchie ecclésiastique.

Triomphant en France avec Riche- Heu et Mazarin , le clergé fut comblé d'honneurs sous Louis XIV, et déclaré le premier des ordres et des corps de rÉtat. Mais ces honneurs furent un écueil où il échoua de nouveau.

« Dans le dix-huitième sièclei, il sembla ployer sous le poids de sa grandeur. Sa prospérité précédente l'avait exposé à deux périls, celui de sa propre faiblesse et celui de la haine d'autrui,

double suite de la fortune On vît

alors des abbés petits-maîtres et un clergé de cour; et comme si on eût pensé désarmer ainsi la colère et le

(*) Éludes historiques, t. III, p. 420 et suiv.

mépris des philosophes, des prêtres se firent philosophes eux - mêmes , ne voyant pas que c'était amasser quelques mépris de plus , sans rien ôter à la colère (*). »

Tel était le clergé lorsque éclata la révolution, et lorsque les états généraux furent convoqués. Il fut représenté à cette assemblée, comme les deqx autres ordres de l'État , par des mandataires de son choix. De ces mandataires, ceux qui faisaient partie du haut clerçé appartenaient à l'aristocratie nobiliaire, dont ils partageaient les sympathies , et avec laquelle ils étaient intéressés au maintien de tous les privilèges. Ils firent dès l'abord cause commune avec elle et avec la cour. Il n'en fut pas de même des députés du bas clergé. Ceux-ci, lorsqu'on agita la question du vote par tête, furent les premiers à se réunir au tiers état, avec lequel ils votèrent toujours dans la suite, pour les mesures les plus libérales.

Nous ne reviendrons point ici sur la vente des biens ecclésiastiques , ni sur la résistance malentendue qu'une

• (*) LA-VRENTrÉ , artidcfGi.ER6K du Dictionnaire de la conversation. Voyez d'ailleurs pour plus de détails sur les mœurs du clergé français à cette époque , les articles Collets (petits), Collier (affaire du), Rouav et Dubois. N'oublions pas d'ajouter ici, pour affaiblir l'impressioD péuible que fera naître la lecture de ces articles , que, pendant que l'infâme Dubois déshonorait la pourpre par ses débauches, et que Rohan, après avoir ruiné des milliers de créanciers, volait, afin de pouvoir continuer sa vie de plaisir et de dissipation, les biens de l'hôpital des Quinzevingts, de vertueux ecclésiastiques, tels que le véuérable Lasalle , fondateur de la congrégation de la doctrine chrétienne, Bernard ou \t Pauvre prêtre, et une foule d'autres se consacraient entièrement au soulagement et à l'instruction du pauvre. Tandis que les abbés de cour traînaient leur inutilité dans les boudoirs de toutes les femmes perdues, de savants bénédiciins, tels que les Moutfaucon , les Bouquet, les Clément, les Brial , consacraient leurs veilles studieuses à répandre quelques lumières sur le^ époques les plus obscures de notre histoire.

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grande partie du clergé ne craignît pas d'opposer à cette mesure jugée nécessaire par tous les hommes impartiaux.

Nous avons donné à cet égard tous les détails nécessaires dans un article spécial. (Voyez Biens ecglésiasti-

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La suppression des ordres monastiques, dont la mission était depuis longtemps accomplie, et qui formaient une sorte d'anachronisme au milieu du dix-huitième siècle , était une conséquence nécessaire de la suppression des biens du clergé ; l'Assemblée constituante la décréta le 13 février 1790, en accordant une pension viagère à tous les individus qui avaient fait partie des anciennes congrégations. Elle voulut ensuite rendre la circonscription ecclésiastique conforme à la circonscription civile , et elle décréta , le 18 juillet suivant , qu'il y aurait un évéque par département, que les chapitres métropolitains étaient supprimés, et que les évéques et curés seraient nommés par les électeurs. « Le clergé oublia alors son caractère évangélique, et profita de cette occasion pour crier à l'hérésie et à la persécution. Il abandonna les rangs démocratiques, où ii avait montré a'ahord tant de sagesse et de dévouement, et passa dans ceux des privilégiés. Il confondit le salut de la religion avec celui de ses intérêts temporels, et se plaça dans cette politique contre-révolutionnaire où il est encore aujourd'hui, et qui semble faire de la religion de la liberté et de l'égalité , la religion de l'aristocratie et du despotisme. Les évéques , dit Ferrières , refusèrent de se prêter à aucun arrangement , et , par .leurs intrigues , fermèrent toute voie de conciliation , et sacrifièrent la reli- . gion à un fol entêtement et à un attachement condamnable à leurs richesses L'assemblée s'irrita de ces

résistances , et décréta que les ecclésiastiques seraient astreints au serment civique^ devant leur commune et dans leur église, et qu'ils y ajouteraient celui de maintenir la constitution civile du clergé ; le refus du serment entraînait la déchéance des titulaires et

leur remplacement par des ecclésiastiques assermentés ; enfin il fut ordonné de former la liste des prêtres qui auraient "prêté ou refusé le serment.

« Ces décrets furent présentés à la sanction du roi, qui en référa secrètement au pape. Celui-ci refusa son adhésion , et il fallut une émeute pour que Louis, se disant forcé, donnât sa Sanction. Les évêques furent indignés de cette faiblesse, et lui reprochèrent d'enrtpiéter sur le pouvoir spirituel.

Tous les ecclésiastiques de l'assemblée, à l'exception de soixante-trois curés , refusèrent le serment , et cet exemple fut suivi par les cinq sixièmes du clergé (27 décembre 1790.) On destitua les réfractaires, et on les remplaça par l'élection ; mais les destitués protestèrent, déclarèrent leurs successeurs intrus, et les excommunièrent avec tous ceux qui recevaient les sacrements de leurs mains. Le parti de la révolution perdit des sectateurs qui lui donnaient un puissant crédit par leur caractère moral ; le parti de 1 ancien régi me y gagna ce qui pouvait seul lui donner quelque force, une portion du peuple. Il y eut alors deux clergés, l'un rebelle, l'autre hérétique, et malheureusement le premier était généralement vertueux et croyant, le second scandaleux et impie.

Tous deux firent le plus grand mal à la révolution, les réfractaires en l'embarrassant d'une opposition inflexible qui finit par la guerre civile , les constitutionnels en la discréditant ( pour la plupart) par leurs mœurs et leurs doctrines. Ce fut l'incrédulité qui y gagna. Le peuple préféra sa foi nouvelle a sa foi ancienne, la révolution à la religion : voyant les prêtres engagés dans les rangs de ses adversaires , il s'habitua à regarder la religion comme ennemie de la révolution , et la traita comme telle. Les deux églises engendrèrent partout des discordes : si, à Paris, la multitude brûla un mannequin du pape , lequel venait d'excommunier les prêtres assermentés, si elle faisait des émeutes devant les maisons où officiaient les prêtres réfractaires, si elle les poursuivait de ses cris : à la lanterne! dans le Midi et dans

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rOuest il y eut des troubles encore plus graves causés par des prêtres non assermentés : Tevéque de Trégujer excita une insurrection par un mandement où il disait que les ministres de la religion étaient réduits à la condition de commis appointés par les bri' gands. A Montauban , les protestants furent massacrés par les catholiques ; Montpellier, j\îmes,Toulouse, Castres, furent ensanglantés par des meurtres et des combats (*). » « Les prêtres et surtout les évêques, dit Ferrières, employaient toutes les ressources du fanatisme pour soulever le peuple des cara]}agnes et des villes contre la constitution civile du clergé Leurs

écrits produisirent l'effet qu'ils en attendaient : des troubles éclatèrent de toutes parts. » Dans le Gévaudan , le Poitou , la Bretagne , les paysans se portèrent aux derniers excès contre tes prêtres constitutionnels, et les chassèrent des églises. La guerre civile devint imminente.

Le 29 novembre 1791 , l'assemblée législative décréta que les prêtres insermentés seraient privés de la pension qui leur avait été accordée; qu'ils ne pourraient plus exercer le culte, même dans des maisons particulières ; enfîn qu'ils étaient déclarés suspects de révolte , et mis sous la surveillance des autorités ; et le 27 mai 1792 , un nouveau décret autorisa les directoires des départements à prononcer contre eux la peine de la déportation-, sur la simple dénonciation de vingt citoyens.

L'année suivante éclata la guerre civile de la Vendée. ( Voyez ce mot. )

Les prêtres insermentés qui avaient, de concert avec la noblesse, excité cette guerre impie, furent dès lors considérés comme les ennemis les plus acharnés de la révolution , et le gouvernement ordonna contre eux les moyens de répression les plus sévères; toutefois, il faut le dire, cette sévérité, tempérée par Robespierre et par ses amis, devint quelquefois une atroce -cruauté dans les mains des proconsuls,

(*) LaVallée , Histoire des Français^ t. IV, p. 4o.

qui abusèrent si indignement de l'autorité que , dans les dangers extrêmes de la patrie, la Convention avait cru devoir leur confier. ( Voyez Ca&bisb, DuMONT (André ) , etc. )

Pendant ce temps -là, une grande partie du clergé assermenté se désho'»

norait en abjurant solennellement les croyances qu'il avait jusque-là professées. A l'instigation des hébertistes, révéque de Paris , Gobel , vint le 7 novembre 1793, avec douze de ses vicaires, déclarer à la Convention qu'il renonçait à ses fonctions de ministre du culte catholique, parce due, disaitil, il ne devait plus y avoir d autre culte public et national que celui de la liberté et de l'égalité. (Voyez ABJUBàTiON, 1. 1, p. 34.) Presque tous les prêtres de la Convention suivirent cet exemple; Grégoire fut le seul qui protesta énergiquement : « Catholique par convîc- « tion et par sentiment, s'écria-t-il9, « prêtre par choix . j'ai été désigné par « le peuple pour être évêque ; mais ce « n'est ni de lui ni de vous que je tiens « ma mission... On ne m'arrachera « pas une abdication. »

L'un des premiers soins de Bonaparte , dès qu'il fut arrivé au pouvoir, tut de rétablir en France le culte catholique. C'était une entreprise diiBcile; les prêtres réfractaires , revenus, pour la plupart, dei'exil, et protégés par le gouvernement, semblaient croire que la religion ki'était compatible qu'avec les Bourbons et l'ancien régime; ils avaient pris en haine le pouvoir nouveau, et pour se donner un air de martyrs , ils refusaient de prier dans les temples qu'on leur avait de nouveau ouverts. Le clergé constitutionnel s'était épuré pendant la tempête qui venait de s'apaiser ; les mauvais prêtres avaient apostasie pour se marier ; les autres , anciens Jansénistes , voulaient reformer une Lglise nationale , sans le concours du pape. Sous l'influence de Grégoire , évêque de Blois , ils essayèrent de se réorganiser et de mettre fm au schisme, dans deux conciles tenus, l'un en 1797, l'autre en 1801. Celui-ci comptait quarantecinq évêques et quatre-vingts prêtres

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députés par les diocèses, qui se rassemblèrent en grande pompe à Notre- Dame, et se montrèrent animés d'un esprit évangélique et conciliateur.

Leurs conférences publiques excitèrent un vif intérêt, et attirèrent une grande foule. Mais les réfractaires refusèrent de s'unir à eux ; et le gouvernement, qui n*aimait pas leurs principes démocratiques , rejeta leur plan de pacification, et recourut, pour mettre fin au schisme, àTautoritédu pape.

Pie VII , qui occupait alors la chaire pontificale, et qui plus d'une fois déjà avait témoigné de sa sympathie pour les doctrines démocratiques (voy. Catholicisme, t. IV, p. 296), s'empressa d'adhérer aux propositions du premier consul, et envoya à Paris le cardinal Gonsaivi , qui conclut avec Joseph Bonaparte un concordat , dont nous citerons les clauses les plus importantes. .

La religion catholique était reconnue comme la religion du gouvernement et de la majorité des Français ; son culte devait être public; il devait être créé dix archevêchés et cinquante évêchés , dont la circonscription serait déterminée par le pape et le premier consul. Tous les anciens sièges devaient être abolis; le consul devait nommer les nouveaux titulaires, qui recevraient ensuite du pape l'institution apostolique. Le gouvernement s'engageait à fournir un traitement convenable aux évêgues et aux curés. La propriété des anciens biens ecclésiastiques était déclarée incommutable entre les mains des acquéreurs; les lois qui avaient supprimé les ordres monastiques oii l'on se lie par des vœux perpétuels étaient confirmées ; les prêtres mariés étaient sécularisés, et le célibat des ecclésiastiques était reconnu comme loi fondamentale de TËglise.

Par suite de ce traite, le pape demanda aux évêques des deux partis leur démission. Deux constitutionnelis et trente-sept réfractaires la refusèrent. Les anciens sièges furent alors annulés par une bulle; soixante nouveaux sièges furent institués, et le premier codsul y pourvut en choisis-

sant pour les "remplir, douze, prélats constitutionnels , dix-sept prélats et trente et un prêtres réfractaires. Le concordat fut ensuite présenté au Tribunat et au Corps législatif, et adopté sans discussion, ainsi que les lois organiques sur le culte catholique et les cultes protestants; et le lendemain, les consuls allèrent à Notre-Dame avec toutes les autorités et les corps constitués assister à la messe et au Te Deum,

Le clergé réfractai re venait d'obtenir une éclatante victoire ; « il ne s'en montra point reconnaissant ; il justifia, par ses affections pour l'ancien régime, les craintes des révolutionnaires ; il continua à discréditer la religion par ses passions haineuses , son intolérance , ses querelles misérables.

Le gouvernement le supplia vainement d'exercer la charité évangélique en oubliant le passé: les sermons, les mandements devinrent des satires de la révolution ; les prêtres constitutionnels furent persécutés par les évêques, jusqu'à ce qu'ils eussent rétracté leurs opinions ; on leur refusa les places qui leur avaient été promises ; on déclara invalides les mariages qu'ils avaient bénits. Il fallut la main vigoureuse du premier consul pour arrêter ces scandales. « Je ne fais rien pour le clergé, « disait-il , qu'il ne me donne aussitôt « lieu de m'en repentir. » Et en effet, le clergé , qui trouva pour lui les flatteries les plus servilés , fut un des instruments les plusactifsdesa chute (*).»

Nous ne dirons rien ici de la part que prit le clergé aux réactions qui signalèrent les premiers temps de la restauration. Nous ne parlerons pas non plus de ses intrigues pour ramener complètement le gouvernement des Bourbons daiis les voies de l'ancien régime. Ces détails occupent une place trop importante dans l'histoire de cette désastreuse époque, pour que nous tentions de les en détacher et de les présenter ici sans raconter en même temps des faits avec lesquels ils se lient dans le système de la contre-

(*) La\al!ée , Histoire des Français, t. IV, p. 367.

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révolution. Disons seulement que rattachement que Louis XYIII montra toujours pour la constitution qu'il avait jurée en montant sur le trône , lui valut de la part du clergé une haine mal dissimulée tant que vécut Tauteur de la charte, mais qui éclata aussitôt qu'il eut rendu le dernier soupir. Le clergé manqua «lors à toutes les convenances, en refusant de prendre part à un cérémonial qui exigeait sa présence auprès du cercueil du feu roi.

C'était peut - être un avertissement qu'il voulait donner à son successeur ; c'était du moins une manière de constater le pouvoir qu'il prétendait exercer sous le nouveau règne. Quoi qu'il en soit, Charles X alla au-devant de ses exigences, et ne fit rien que par ses conseils. Hâtons -nous de le dire, pour que Ton puisse juger de la moralité et de la sagesse de ses conseils , qne leur résultat fut la violation des serments prêtés par le roi à son avènement au trône et la déchéance de sa dynastie. ^

Depuis la révolution de juillet, le cierge français a perdu son influence politique. Espérons qu'il n'essayera pas de la reconquérir. Les temps ne sont plus oii il avait besoin de puissance pour protéger les peuples. Les peuples aujourd'hui savent se protéger eux-mêmes. Les rois non plus n'ont que faire de sa protection ; une double expérience a dû lui prouver combien est impuissante la protection qu'il ac- (X)rde aux ennemis de la cause démocratique. Que le clergé se souvienne donc enfin de ces paroles de son divin maître : Mon royaume n'est point de ce monde; qu'il vive au milieu du peuple pour le moraliser avec succès , et lui faire entendre de près la parole de Dieu ; qu'il s'associe à ses douleurs et à ses souffrances pour les soulager, et il dominera encore le monde de sa pauvreté et de son humilité. Un écrivain de génie le lui a dit dans ces derniers temps : « Descendez des villes , « quittez vos habits de soie et d'or «pour la bure et une croix de bois; « venez sous le chaume, comme le a géant Antée qui retrouvait sa force

« quand il touchait la terre, toucher « la terre de vos pieds et de vos mains, « à côté du pauvre ; le peuple alors « vous reconnaîtra. »

Le clergé possédait sous l'ancienne monarchie de grands privilèges. Nous avons dit qu'il formait le premier ordre du royaume, il précédait la noblesse; dans les états généraux et partout, il avait le pas sur les laïques. Les évêques, comtes ou ducs et pairs, avaient le droit de siéger au parlement.

Les ecclésiasp'ques étaient exempts des charges municipales, de la contrainte par corps pour dettes civiles, du logement des gens de guerre, de toute imposition pour la subsistance des troupes ou les fortifications des villes , de tailles personnelles pour leur patrimoine, aussi bien que pour les dîmes affectées à leurs bénéfices , de droits d'aides, de vingtièmes, de capitation , etc. ; mais ils payaient sous le titre de décimes, subventions, dons gratuits, etc. , des contributions dont ils faisaient eux-mêmes la répartition et le recouvrement , et dont le total s'élevait à environ douze millions.

Le clergé avait huit chambres supérieures ecclésiastiques , qui siégeaient à Paris, Tours, Lyon, Rouen, Toulouse, Bourges, Bordeaux et Aix. Les pourvois en cassation ; contre les arrêts rendus par ces chambres , étaient renvoyés à. rassemblée ordinaire du clergé , qui jugeait en dernier ressort.

Les grandes assemblées ordinaires du clergé se tenaient régulièrement tous les dix ans, depuis 1606. Lesjoetites assemblées ordinaires , nommées aussi assemblées de comptes , parce que l'on ne devait s'y occuper que des comptes , des décimes et du don gratuit , se tenaient tous les cinq ans , depuis 1625. Les assemblées extraordinaires étaient celles qui étaient convoquées pour délibérer sur des affaires imprévues et d*un grand intérêt. Telle fut celle qui se tint à Paris, en 1713 et en 1714. Ces assemblées, qui ne pouvaient durer que six mois, et où aevait assister un commissaire du roi, étaient composées des députés dçs seize

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provinces ecclésiastiques de Lyon, Rouen, Tours, Sens, Paris, Reims, Bourges^ Alby, Bordeaux, Auch, Narbonne, Toulouse, Vienne, Arles, Aix et Embrun. Les autres provinces ecolésiastiques n*y étaient pas représentées.

Le clergé se composait de quatre cent dix-huit mille deux cent six individus des deux sexes , savoir :

Archevêques tS

ÉTéqaes (j compris les éréqucft in partibus

et ceax de l'ile de Corse) xag

x6 maisons chefs d'ordre et de cong;rég«> tion, habitées par des religieux au nombre de • x,t2o

625 abbayes d'hommes en eommende.. . . 6,«oo

ii5 abbayes d'hommes en règle 1,200

253 abbayes de filles xo,i2o

€4 prienrcs de filles. . . é 2,56o

24 chapitres de chanoinesses^ 600

655 chapitres de chanoines • . . . . xi,853

Bas-chœur. i .3, 000

Bnfants de chœor 5,ooo

Prieurs on chapelains 27,000

Curés . 40iOOo

Vicaires , 5o,ooo

Commandeurs de l'ordre de Malte 178

Chevaliers. :....... 5oo

Adigleoses cheralières de Malte. 28

Religieux rentes, tels qne ceux de Cîteaux, les bénédiclins, les chanoines réguliers

de Saint- Augustin, les prémontrés, etc. 32,6oo Beligieux anciens mendiants, presque toos

rentes i3,5oo

Carmes, augnstius et jacobins réformés. . . 9,5oo Capucins, récollets et picpus réformés de

l'ordre de Saint-François, sans rerenus. 21.000

Minimes.... 2,5oo

Ermites sans rërenns 5oo

Religieuses de l'ordre de Saint -Angus tin. i5,ooo

Religieuses de Saint-Benoît. 8,000

Religieuses de Cîteaux 10,000

Religieuses de Fontevrault. • z,5oo

Religieuses de Saint-Dominique 4,ooo

Religieuses de Sainte-Clair i2,doo

Carmélites , 3oo

Ursulines.

9»ooo

Vîsitandinee 7,000

Religieuses qui TiTaieot d'aumânes 2,000

Ecclésiastiques mâles engagés dans les ordres, employés dans les collèges, les séminaires, léa missions» ou n'exerçant aucune fonction 100,000

Le revenu total du clergé s'élevait, non compris celui des hôpitaux, à 119,593,596 livres; ce qui aujourd'hui représenterait une somme beaucoup plus forte.

Le concordat de 1801 avait fixé le nombre des archevêchés à dix, et celui des évéchés à cinquante. Ces nombres ont été augmentes par un nouveau

concordat conclu en 1817, et aujourd'hui le clergé est composé ainsi qu'il suit :

Archevêques. .., »....•

Étéques

Vicaires générattic

Chanoines. • , , ,

Curés

Vicaires. ','...','./.

Desserrants. ....#..!!...,!.

Chapeiains.. .,,.,,....

Anmdniers ;

Prêtres habitués des paroisses

Directeurs et professeurs dans lès séminaires. ... , ,

Élères dans 86 séminaires et dans 120 écoles secondaires ecclésiastiques

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5j,ig8

On compte en outre 3,000 congrégations religieuses de femmes , dont 220 se consacrent à la vie contemplative, et 2,780 au soulagement des malades et à l'enseignement. Les frais da culte étaient évalués, dans le budget de 1840, à la somme de 35,744,859 fr.

Mais dans cette somme sont comprises les dépenses des cultes protestant et israélite. ( Voyez Catholicisme , Chbistianisme, Consistoikb, Cultes, etc.)

Clébembault, ancienne femille, dont le premier personnage connu fut Geoffroi Clérembauît, seigneur du Plessis. Son petit-ills, Macé Clérembault, seigneur du Plessis - Clérembault et de la Plesse, fut, en 1347, capitaine général pour le roi en Bretagne, Anjou et Maine. Le membre le plus distingué de cette famille fut :

Philippe de PaUuau , comte de Clérembauâ, maréchal de France , né en 1620. Il se trouva au siège de Landrecies en 1637, à la prise d'Arras en 1640, au siège de Perpignan sous les maréchaux de Schombere et de la Meilleraye, à ceux de Thionville, de Sierck et de Philisbourg, aux combats de Frlbourg, de Nordiingen (1645), à la prise de Courtrai, de Berg-Saint-VinoX, de Mardick, de Furnes, de Dunkerque en 1646, et à celle da château et du fort de Mont-Rond, dans leBerri, en 1651. Si l'on en croit le marquis de la Fare dans ses Mémoires, Richelieu lui accordait toute sa confiance.

Le marquis ClérembatUt , son fils

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PRAIICE.

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aîné, lieutenant général, périt à !a suite du funeste combat d'Hochstett en 1704, en trafersant le Danube à cheval. — L'abbé Juks de Clérembaulty son autre fils, deyint académicien et ne fut célèbre que par sa laideur* Comme il occupait le fauteuil de notre grand fabuliste, les plaisants disaient qu*on avait nomme Ésope à la place de la Fontaine.

GLéBïssEÀt; (Charles-Louis), peintre et architecte j membre de l'Académie de peinture et de sculpture, et de celles oe Londres, de Saint-Pétersbourg, etc., naquit à Paris, en 1722, et mourut à Auteuil, en 1820; il étudia son art en Italie, où il passa vingt années à dessiner les monuments romains, et construisit, à Metz, Thôtel du gouvernement. Appelé en Russie , il y devint le premier peintre de Catherine II et créa le musée de Saint- Pétersbourg. On a de cet artiste des dessins et des gouaches très-estimés :

Clérissea!! a publié : Antiquités de la France y monuments de Nîmes , 1778, în-fol. Dufourny et Legrand sont ses élèves. ^

Clebmoiît, bourg du Maine, aujourd'hui du département de la Sarthe, à 4 kilomètres de la Flèche, érigé en marquisat en 1576, en faveur de George P', seigneur de Clermoht et de Galerande, trisaïeul de Charles George de Clermont Galerande, né à Pans, en 1744, maréchal de camp à l'époque delà révolution, mêlé ensuite aux intrigues de Coblentz et du comité royaliste, chargé plus tard,

Î)ar Louis XVIII, de ses singulières ettres au premier consul , créé pair de France en 1814,. et mort à Paris en

Clebmont , ancienne seigneurie du Dauphiné , aujourd'hui du département de l'Isère, à 18 kilomètres de Grenoble, érigée en comté en 1547. C'était la première baronnie de la province.

Cette seigneurie avait donné son nom à une ramille illustre, de laquelle sont sortis un grand maître de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem , un maréchal de France et plusieurs évêques ou archevêques. Cette famille est

connue depuis Sibauty premier du nom, seigneur de Clermont, mentionné dans un acte de 1094.

Sibaut If, son fils, vivait encore en 1180. Comme il avait commandé les troupes qui servirent, en 1120, à chasser de Rome l'antipape Grégoire VIII , le pape Calixte II, pour lui témoigner sa reconnaissance, accorda à la maison de Clermont le privilège de porter pour armes deux clefs d'argent passées en sautoir, sur un champ de gueules, et pour cimier la tiare papale avec cette devise : Si omnes te negaverunt, ego te nunquam negabo.

Les personnages tes plus remarquables de ses descendante sont :

Aynard de Clermont ^ deuxième du nom, créé en 1340, par Humbert II, dauphin de Viennois, chef des guerres delphinales.

Antoine de Clermont, troisième du nom, en faveur de qui fut érigé, en 1547, le comté de Clermont, grand maître des eaux et forêts de France , et lieutenant général des armées du roi en Dauphiné, mort en 1569 des blessures qu il avait reçues à la bataille de Montcontour.

Henri de Clermont, créé duc et pair en 1571, tué en avril 1573.

François de Clermont, comte de Tonnerre, lieutenant général des armées du roi, mort en 1679.

François de Clermont- Tonnerre, son fils, évéque et comte de Noyon, pair de France, commandeur des ordres du roi, membre de l'Académie française , o»^ il fonda un prix de poésie; mort en 4701.

François de Clermont-Tonnerre , évéque et duc de Lan^res, neveu du précédent, fut charge de V Oraison funèbre de PhUippe de France , duc d'Orléans, frère de Bonis XIV, mort en 1724.

Gaspard, marquis de Clermont- Tonner^-e, né en 1688, mort en 1781, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, maréchal de France , duc et pair , se distingua à Tarmée de Bohême en 1741, au combat de Sahav, à la défense de l'Alsace, au siège de tribourg, à la bataille de Fontenoi , oà il comman-

xto

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L'UNIVERS

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dait la gauche de Tarmée française , à la prise de Tournai^ à celle de "Bruxelles, à Raucoux et a Laufeld. En qualité de doyen des maréchaux, il représenta le connétable ' au sacre de Louis XVI.

JtUeS' Charles- Henri de Clermont- Tonnerre y lieutenant général, duc et pair de France, commandant du Dauphiné, périt sur Téchafaud en 1794.

Stanislas , comte de Clermont-Tonnerre, né en 1747, était colonel au moment où éclata la révolution. Député de la noblesse aux états généraux, il fut nommé président de la minorité lors de la réunion de cette minorité aux députés du tiers état. Dans la nuit du 14 août 1789, il vota l'abolition de tous les privilèges ; quelque temps après il fit accorder le ciroit de cité aux protestants , aux juifs , aux comédiens. Le 22 février 1790, il proposa d'investir le roi de toute la puissance executive , afin qu'il pût réprimer les troubles des provinces. Après la session , il fonda , avec Malouet , une société politique en opposition avec les jacobins, et qui prit pour organe le journal des impartiaux. Cette Feuille, dont les principes étaient en opposition directe avec ceux qui dominaient à rassemblée législative, fut cause de l'arrestation du comte de Clermont-Tonnerre , après la fuite du roi, en 1790. Mis presque aussitôt après en liberté, il nit encore arrêté le 10 août et de nouveau relâché au bout de quelques instants. Mais , comme il retournait chez lui , un de ses anciens domestiques, qu'il rencontra , ameuta le peuple contre lui et le fit massacrer. Ses opinions politiques ont été recueillies et publiées en 1791, en trois volumes in-8".

Clebmont «EN Abgonne, petite ville de l'ancienne Champagne, aujour^ d'hui chef-lieu de canton du département de la Meuse, à 24 kilomètres de Verdun. Cette ville, qui avait le titre de comté, fut donnée, par l'empereur d'Allemagne, à l'église oe Verdun. Thibaut, comte de Bar, s'en empara, en 1204. Cependant, lui, ses successeurs et les ducs de Lorraine, devenus

comtes de Bar, n'en continuèrent pas moins à faire hommage aux évéques de Verdun pour la seigneurie de Clermont, jusqu'à l'an 1564, époque oiî ce comté fut compris dans les investitures données par les empereurs aux ducs de Lorraine. De l'an 1633 à l'époque de la paix des Pyrénées, les rois Louis XIII et Louis XIV s'en rendirent maîtres plusieurs fois. Mais, par ce traité , le duc de Lorraine abandonna à la France tous les droits qu'il prétendait avoir sur le comté de Clermont, et Louis XV en fit présent au

f)rince de Condé , à charge de foi et lommage à la couronne. Les tortifications de' Clermont furent rasées quelque temps après sa réunion à la France. Sa population est aujourd'hui de 1,446 habitants.

Clebmont en Beàuvaisis, petite ville avec le titre de comté, dans l'ancien Beauvoisis , a jj. chef-lieu d'arrondissement du déparlement de l'Oise, joue un grand rôle dans l'histoire des guerres du moyen âge et même des tenjps modernes. On fait remonter au règne de Charles le Chauve la construction de son château. .Elle fut surprise par le célèbre captai de Buch, lors des troubles de la Jacquerie ; les Anglais s'en rendirent maîtres et la pillèrent en 1359; elle leur résista opiniâtrement en 1415. En 1430, le château fut pris par le maréchal de Boussac ; mais la ville, retombée au pouvoir des Anglais en 1434, leur fut enlevée par la Hire et rendue, en 1437, pour la rançon de ce même la Hire. Elle ne tarda pas à rentrer sous la domination française. En 1569, Charles IX aliéna Clermont au duc de Brunswick , moyennant 360,000 livres, et trente ans après , la duchesse de Brunswick revendit la ville à Charles, duc de Lorraine. En 1595, elle fut prise par Henri IV sur la ligue, et en juillet 1615, le prince de Condé s'y retira avec quelques troupes et parvint à s'y fortifier. Aujourd'hui le château de Clermont est devenu une maison centrale de détention pour les fenàraes.

Cette ville, qui était avant la révolution le siège d'un bailliage et le chef-

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CLte

lieu d^une élection, possède aujourd'hui un tribunal de première instance et un collège communal: Sa population est de 2,715 habitants^ Cest la patrie de J. Grevin et de J. Fernel.

Clebmont en Beauvaisis (comtes de). — Les comtes de Clermont ont joué un grand rôle dans notre histoire, soit par eux-mêmes, soit par ['importance de leurs possessions. En voici la liste :

V Renaud P^^ le premier comte de Clermontdont l'histoire fasse mention, fut, en 1054, l'un des généraux de l'armée commandée en chef par Eudes, frère de Henri I", et dirigée contre Guillaume le Bâtard,ducde Normandie.

2** et 3° Hvgues , suîiiommé de Mouchi y et Henaud II possédèrent ensuite successivement le comté de (jlerraont.

4° Raoul /", nommé connétable de France par Louis VII , eut de longues querelles avec Philippe d'Alsace, comte de Flandre et régent du royaume , et plus tard avec le chapitre de Beau vais, qui l'excommunia plusieurs fois. Il accompagna Philippe-Auguste à la croisade et mourut au siège d'Acre, en

;5** Catherine, sa 011e, lui succéda , avec son mari , Louis, comte de Blois et de Chartres , qui fut tué devant Andrinople, en 1205.

6" Thibaut , dit le Jeune , mourut en 1218 sans laisser d'enfants. Philippe-Auguste acquit ensuite les droits de ses héritiers sur le comté de Clermont et en investit son fils.

7« Philippe , dit Hurepel , mort en

^° Jeanne, sa fille aînée, épousa, en 1236, Gaucher ou Gautier de Châtillon, qui, dans la guerre de saint X.ouis contre le comte de la Marche , tua de sa main le sénéchal de Saintonge. Il accompagna encore le roi de France en Egypte et y périt, le 5 avril 1260, dans la petite ville de Casel, en défendant vaillamment, contre les Sarrasins, une rue qui conduisait au logement du roi. Comme il n'avait pas laissé d'enfants de sa femme, qui mourut la même année , le comté tut

réuni à la couronne par saint Louis , qui était le plus proche héritier, et qui en investit son sixième fils,

9** Robert de France, qui épousa Béatrix, fille de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolaiset d'Agnès, dame de Bourbon. II succéda à cette dernière seigneurie de Bourbon, et mourut en 1318. Son fils lui succéda dans le comté de Clermont, etii sa mère, dans la seigneurie de Bourbon, qui fut érigée en duché. Depuis cette époque les comtes de Clermont se confondent avec les sires de Bourbon (voyez Boub- BON.) Robert eut pour bailli , dans son comté de Clermont, le célèbre Beaumanoir (voyez ce nom.) Le comté de Clermont fut de nouveau réuni à la couronne, lors de la confiscation générale des biens du connétable de Bourbon.

La famille des premiers comtes de Clermont a donné naissance à plusieurs branches collatérales , dont les principales sont celles :

1° Des seigneurs ô'Mlly et de Néelle.

2° Des seigneurs d'OJjemont et de Mello,

3<» Des seigneurs de Saint-Fenant et du Sauchoi,

4° Des seigneurs de Thorigny et de Monfgobert.

S" Des vicomtes de Chantilly et vicomtes d'Junai.

La plupart de ces branches ont fourni des personnages remarquables.

Oh distingue, dans la première, Raotd de Clermont, deuxième du nom, connétable de France, en 1287, qui prit une part active à toutes les guerres de Philippe le Hardi et de Philippe le Bel, et se trouvait à la malheureuse bataille de Courtrai , qui fut livrée contre son avis.

Dans la deuxième : 1** Gui de Clermont, premier du nom, maréchal de France en 1296, tué à Courtrai en 1302; 2° Jean de Néelle, deuxième du nom, grand queux de France en 1345, nommé par Philippe VI l'un de ses exécuteurs, testamentaires ; 3** Gui de Néelle , deuxième du nom, maréchal de France en 1345^ tué à Moron en-Bretagne, en 1352; 4* Gui de Néelle,

a.jE

L'UIÏIYEBS.

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troisième du nom , conseiller et chambellan du roi, tué à Azincourten 1415.

Et enfin dans la dernière, Jean de Clermçnt, nommé maréchal de France en 1362, tué en 1356 à la malheureuse journée de Poitiers.

Clehmont-Febrani), Claromom, NemossiiSy Nemetum, Augustonemetumy Arvernorum civttas^ Arvemiy Tune des plus anciennes villes de la France, autrefois capitale de la province d'Auvergne, aujourd'hui cneflieu du département du Puy-de-Dôme.

L'origine de Clermont 'remonte à répoque où les Romains s'établirent dans les Gaules. A 8 kilomètres de son emplacement actuel se trouvait la cité gauloise de Gergovia, qui soutint contre César un siège qui Ta rendue célèbre. Après la destruction de cette ville , les habitants se retirèrent à Clermont, qui, fondée, ou du moins embellie sous Auguste, devint la capitale de TArvernie et prit le nom à'Au* gu^tonemetum. Les empereurs en firent plus t^rd une cité ae droit latin et y établirent un sénat. Les art$ y furent cultivés avec succès; l'école ou des maîtres habiles enseignaient les belles-lettres fut longtemps célèbre, et attira des étudiants de toutes les parties de la Gaule. On y voyait une statue colossale de Mercure, que Pline appelle une merveille du monde.

Cette statue, qui était en bronze, avait 122 mètres de hauteur , et avait coûté environ 400,000 sesterces. Le temple consacré à la même divinité , sous le nom de ff^assoGatate, excita fadmiration des barbares eux-mêmes ; il existait encore au temps de Grégoire de Tours.

A répoque des invasions des barbares, Clermont portait encore le nom d'Au^ustonemetum : mais déjà on nommait Ciarusmons la citadelle qui la dominait, et qui ]^lus tard lui donna son nom. Cette ville fut prise et saccagée par les Vandales, en 408, parles troupes d'Honorius, en 412; assiégée inutilement en 413 par les Visigoths, elle leur fut cédée deux ans après. Thierry, fils naturel de Clovis , s en empara en 507 ; eUe fut pillée ,

brûlée et détruite par Thierry, en 532 ; elle éprouva le même sort en 761 , en 853 et en 916, années pendant lesquelles elle tomba successivement au pouvoir de Pépin , des Normands et des Danois. Ce fut dans ses murs que se tint; en 1095, le célèbre concile où fut donné le signal des croisades. Du douzième au treizième siècle , elle eut beaucoup à souffrir des guerres civiles et des incursions des Anglais. Pendant les troubles de la ligue, elle resta constamment fidèle à Henri III et à Henri IV.

La ville de Mont-Ferrand (voyez ce mot) , située à un kilomètre de Clermont , fut réunie , en 1731 , à cette ville, qui prit dès lors le nom àe Clermont'Fer rand ; mais cette réunion donna lieu à de nombreuses contestations et à des procès, qui étaient à peine terminés à l'époque de la révolution.

Clermont était alors la capitale d'uq gouvernement militaire et le siège d'un évéché suffragant de Bourses, d'une élection , d'une sénéchaussée et d'un présidial , d'une cour des comptes , etc.... Elle possède aujourd'hui des tribunaux de première instance et de comnierce, une académie universitaire, une académie des sciences, belles-lettres et arts , un collège royal , une école secondaire de médecine et une bibliothèque publique on l'on compte 15,000 volumes et qui contient des manuscrits précieux , une bourse de commerce, une chambre consultative des arts et manufacture!. Sa population^ y compris celle de Mont-Ferrand, est de 28,257 habitants. On y remarque, entre autres édifices curieux , la cathédrale , fondée au cinquième siècle et rebâtie au treizième ; I église Notre-Dame du Port, bâtie en 580, détruite en 824 par les Normands et reconstruite en 853 ; le châteaii d'eaq, fontaine d'une grande élégance, construite en 1511. uest la patrie de Grégoire de Tours, de Biaise Pascal, du jurisconsulte Domat. du chevalier d'Assas, du poète Detille, du grammairien Girard, de Dulaure, auteur de VHistoire de PariSj etc.

CL£jaiiONT-F£aj&AND (monnaie de).

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•^La vU]«de Glermont,oonime capitale de rAuvergne, a toujours jOué un rôle irnportant dans notre histoire monétaire. 0<i y frappait déjà monnaie pendant la période gauloise; on connaît, en effet, un ^tatèred'or représentant d'un côté une tête nue , avec la légende , — GBivtïSTOAix ; de l'autre , un eheval au galop, et comme symbole un S et un vase à deux anses. Il est d'autant plus probable que la figure représentée sur cette belle médaille est eelle du fameui chef arverne Veroen* gétorix, qu'avant ^u'on la décou^ vrît on l'attribuait déjà à l'Auvergne, à cause de la fréquence de leur présence dans ce pays, des statères tout à fait semblables à cette figure, mais ané» pigraphes.

Pendant la période romaine, Cler* mont, comme toutes les villes de la Gaule, perdit son autonomie ^ et cessa de posséder un atelier monétaire; mais elle recouvra ce privilège sous les rois de la première race; l'on connaît, en effet, des tiers de sou d'or de cette époque frappés au nom de cette ville, et ai piècds spnt même si nombreuses, que nous devons renoncer à les décrire; il nous suffira de dire que peu de viilas en France en ont produit d'aussi beaux et en aussi grand nombre. On remarque très-souvent au revers de ces pièces les deux grandes lettres A R, initiales du mot Arperni, nom latin de Glermont. Ces grandes lettres se trouvent aussi sur les tiers de sou des autres villes de l'Auvergne, telles que Taloude, f^eroUum vicum, et il ne faut pas confondre , comme on le fait souvent, ces monnaies avec celles d'Arles, qui portent aussi un A et un R, mais avec cette particularité que dans les pièces de cette dernière ▼ille, ces lettres cantonnent ordinairement la croix, et sont accompagnées du chiffre vu. Parmi les monétaires de Glermont , nous citerons BaU" dricus , BomialuSy Mnidltis, Lev>* Maximusy Hevegisuus, Eblenus^ Eodiciuë et Manileabo. Ge dernier a frappé une monnaie à son nom et à celui d'un Tbéodebert , qu'A est diffieila de déterminer. On ne sait si c'est

le premier ou le second des princes de ce nom. Cependant, malgré cette incertitude, cetriens n'en est pas moins curieux , parce qu'il est fort rare de trouver réunis sur les mêmes pièces les noms des rois et des officiers préposés à la fabrication des monnaies.

L'histoire monétaire de Glermont n'est pas moins féconde sous la seconde race ; elle fournit d'abord une petite monnaie d'argent marquée des initiales GLA au droit et AR au revers, CLArusmoHs AKVemorum, dont l'époque ne peut être antérieure au règne des derniers Mérovingiens* On connaît aussi des deniers de Qermont frappés sous Pépin le Bref, Carloman , Charlemagne , Louis le Débopnaire , et il est à remarquer que tous sont d'ancien style, c'est-à-dire, monnayés dans le système barbare usité avant la^ conquête de l'Italie. Le plus remar-

2uable de tous ces deniers e^t celui de larloman, non-seulement parce qu'il est unique, mais encore parce que c'est le seul monument monétaire connu jusqu'ici sur le frère de Chartemagne, Pendant le moyen âge, les comtes d'Auvergne, nuis le chapitre de la cathédrale de Glermont , possédèrent le droili^e battre monnaie; les chanoines l'acquirent des comtes en 1030, et ils le possédaient encore en 1315, lors du fameux édit de Lagny, qui régla que la monnaie de Glermont devait être à trois deniers seize grains argent le rbi ; de sorte que treize deniers ne valaient que douze petits tournois. Geà deniers sont assez conqmuns ; ils présentent d'un coté la tête de la Vierge avec la légende se a mabu, et au revers une croix cantonnée de quatre trèfles portés sur des pédoncules, et autour YBBa abyiïbni».

Ct£aMONT-FEBEAi«D(sié^de). EurîCj roi des Visigoths, poursuivant avec arueur ses projets de conquête dans les provinces gallo-romaines , fit aux Arvernes, vers l'an 470, une guerre opiniâtre. Ils se défendirent héroïquement , encouragés qu'ils étaient par le brave Ëcdicius et par l'éloquent Sidoine Apollinaire. Chaque année , Euric venait bloquer la ville de Glermont,

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L'UNIVERS

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