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de se retirer dès qu'on paraîtrait l'insulter ; mais la sentinelle fîit respectée, et leâ membres du club allèrent s'installer dans l'ancienne église des Jacobins, rue du Bac, nommée alors le Temple de la Paix , et que la municipalité leur avait offerte. Le Directoire avait cependant compté sur une émeute , dont il espérait se faire un prétexte pour dissoudre toutes les sociétés populaires; on avait tout fait pour Y exciter les patriotes. « Dans la dernière séance, le jour même où la société attendait l'arrêté qui l'expulsait , une provocation à la révolte est proférée. Un membre , qui Jusqu'alors s'était fait remarquer par la violence et l'exaltation de ses opinions, s'écpie : j4iix armes! aux armes l marchons contre nos oppresseurs ! Ces cris ne sont pas plutôt entendus aue le provocateur est précipité à bas de la tribune. Keconnu pour un ancien espion, nommé Lavalette, il est arrêté par les clubistes et conduit par eux à la commission des inspecteurs du Conseil des Anciens (*). »
Le Directoire et le Conseil des Anciens poursuivirent le club du Manège dans son nouveau local; mais la majorité du Conseil des Cinq-Cents défendit et soutint que les sociétés patrio* tiques étaient indispensables pour ranimer l'enthousiasme du peuple et défendre les républicains partout assassinés par les royalistes, par les chauffeurs et par les chouans. Le président du Directoire , Sieyès , fait une sortie calomnieuse contre les clubs, où il ne se trouve , dit-il , que des démagogues , des brouillons et des bavards ; puis , le 26 , le Directoire , qui n*a de force que pour les mesures réactionnaires , fait fermer le club du Manège et opérer une perquisition dans les bureaux du journal des Hommes libres. Si un homme vénéré des patriotes , se fût à ce moment si pénible pour la république française , emparé de l'influence au club du Manège, la patrie eût pu être sauvée, malgré la trahison flagrante des chefs
(*) Mémoires de Gohier, 1. 1 , p. <o8.
du pouvoir. Le club du Manège avait acquis en peu de temps une importance assez ^ande pour pouvoir prendre l'initiative révolutionnaire, s'il avait été dirigé par un patriote énergique et pur. Cependant le mauvais vouloir des directeurs et du Conseil des Anciens finit par triompher, et, le 26 thermidor , le club du Manège , devenu celui du Temple de la Paix, fut définitivement fermé. Tous les autres cercles constitutionnels euirent bientôt le même sort.
Sous le consulat, sous l'empire et* sous la restauration, il ne fut plus question de clubs. Les sociétés secrètes les remplacèrent. Après la révolution de 1830, un grand nombre de citoyens, persuadés que le nouveau gouvernement allait déchirer les traités de 1815 et s'engager dans une guerre de propagande, ouvrirent pour le seconder un club au manège de la rue Montmartre. Mais il fut promptement fermé de vive force ; et, comme il arrive toutes les fois que l'élan populaire est violemment comprimé , ce fut le signal de la formation d'un grand nombre de sociétés secrètes plus redoutables cent fois qu'une discussion libre et contradictoire, en présence des agents de l'autorité.
Clugny , nom d'une ancienne famille de Bourgogne, qui a produit plusieurs personnages remarquables.
Les principaux sont :
Ferri de Clugny, évéque de Tournai, cardinal et conseiller du grand conseil du duc de Bourgogne. Il fut, à différentes reprises, chargé par ce prince de missions importantes, et mourut à Rome en 1483.
GuiUaume de Clugny, frère du précédent , remplit, comme lui , des cnarges importantes sous Philippe le Bon et Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne; et, après la mort de ce dernier, passa au service de Louis XI , qui le nomma évéque de Poitiers en 1479. Il mourut à Tours l'année suivante.
Cluis, ancienne baronnie du Berri , aujourd'hui du département de l'Indre, à 14 kilom. d'Issouduo.
Clujny, Clmiacunij petite ville de
vinarsoB*
l'dûcieii Mâcôhnais , aujourd^inû ebe^ ireu de canton do dépattemeiit de Sàône-èt'Loire , n'était encore, sous Charlemagne , qu*un simple hameau que cet empereur donna à la cathé* drale de Saint-Vincent de Mâcon. Qetta terre passa ensuite successivement entre les mains de Guérin , comte de Mâcon , et de Guillaume 1**% duo d*A* quitaine; et ée dernier y bâtit, en 910, mie abbaye qui devint dans la suite le chef d'une congrégation considérable. Saint Odon, second abbé de Cluny, y institua, vers 9Bo, une réforme de Tordre de Saint-Benof t, qui se répandit bientôt dans tous les paya chrétiens. Les monastères qui s'y soumettaient devenaient de simples prieurés; Cluny fut toujours la seule abbaye de la congrégation cpui possédât en Europe plus de deux mille maisons religieuses. L'abbé de Clony, qui était supérieur général de Tordre entier, avait , en 1789, plusl de cinquante mille livres de rentes. H siéaeait au parle-* înent de Paris, en qualité de conseil-* 1er d'honneur.
Il ne reste plus aujourd'hui, des \m-* menses bâtiments de oette abbaye, que le palais abbatial et de l'église, qu'une chapelle et quelques elochers.
La ville de Clunv , dont la popula* tlon est aujourd'hui d0 4,1 S2 habiunts, est la patrie du célèbre peintre Pi^udbon;
Coalitions. — Bien qu'on ne dé* signç ordinairement âKMis œ nom que les l%ùes qui fie fùnrmèrent contre la France à l'époque de la révolution de 89 , cependant, nous Tappliquerons ici à toutes les Figues que Ton vit éclora contre nous depuis l'époque où oom*mencèrent à se heurter les intérêts rivaux de TAn^térre et de notre patrie.
1« La première coalition est celle qui fbt faite en 1134, entre Henri I*', roi d'Angleterre, et l'empereur Henri V, qui devait envahir la France. Mais, grâce à Ténergie et à l'activité déployées par Louis VI , grâce à l'enthousiasme et à Tardeur des popilations , cette invasion n^eut pas' heu , et les princes firent la paix.
T" La sèooade eoalHioii eut» pour
chefs Jean sans Ter^e et Otton ; elle se termina d'une manière glorieuse poiir la France, en 1314, par la bataille de Bouvipes.
3** La conquête de l'Italie , par Charles y m, était à peine achevée que Ludovic Sforoe, auc de Milan, Alphonse Il , Maxîmilien , le pape , Ferdinand et Isabelle , signèrent avec Venise une ligue défensive et offensive contre la France, Nous avons raconté ailleurs les événements qui furent le résultat de cette ligue ("*}. Malgré la brillante victoire de Fornoue, en 1495 , ritalie n'en fut pas moins perdue pour la JFrance.
4** Les intrigues de Jules II, secondées par les fautes de Louis Xll , amenèrent, §p .1511, la formation d'une ligue , qu'on . appela la sainte ligue y entre le pape , Venise et Ferdinand.
Ijeur but était l'expulsion des Fran-' çais de l'Italie ; ce but fut atteint après la bataille de Novarre ; Henri VIII et Maxirailien se joignirent, en 151 3, à cette coalition.
5° En 1523, le pape, TKmpereur, le roi d'Angleterre, Ferdinand, archiduc* d'Autriche, Venise, Florence, Gènes, etc. , conclurent contre la France une alliance qui eut pour résultats Tinvasion de toutes nos frontières , la batAkile de Pavie, et enfi^ le traité de Madrid.
6'' Les victoires de Louis XIV sui^ la Hollande avaient excité lés craintes et la jalousie de TËurope ; une ligue lut formée à la Haye , entre Tempereur d'Allemagne ^ le roi d'Espagne et les Provinces-Unies : l'électçur palatin , les électeurs de Trêves , de Mayence , de Cologne , et i'éyéque de Munster, y accédèrent pe^ après » et TAngleterre S'y joignit en 167d, La France en sortit victorieuse par la paix de Nimègue.
T" La haine quel TEurope entière portait à Louis XIV s'accrut après la paix de ^Nimègue. XiCS troubles excités en France par la révocation de Tédit de Nantes lui offrirent une occasion favorable; le 9 juillet 1686^ une al-
(*)Voy. Charles VIII, Italie (guer-' res .^\ et les An «mm» t.- I» ju a6o.