‹ France (volume 5)Chapitre 46 sur 114 · OB · texte numérisé non relu

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r6le dans les guerres de Charles VII contre les Anglais , et se trouva à la plupart des sièges et des batailles de 1420 à 1450. A cette dernière date, il fut tué d'un coup de canon au siège de Cherbourg. Il avait été nommé amiral de France en 1439. « Sa mort , dit « le chroniqueur contemporain , fut « un grand dommage et perte notable « pour le roi; car il étoit tenu des « vaillants chevaliers et renommés du « royaume , fort prudent et encore de «' bon âge. »

j^lain de Coêtivi, cardinal , évêque de Dol, puis de Cornouailles, et enfin d'Avignon , fut un des plus vertueux prélats de son temps. Il mourut à Aome en 1474.

CoETLOGON , ancienne châtellenie de Bretagne (aujourd'hui département des Côtes-du-Nord ) , érigée en marquisat en 1622.

CoETLOGON (Alain-Emmanuel de) , né en 1646, se distingua dans onze batailles navales , entre autres aux combats de Bantry , sur les côtes d'Irlande, en 1688; de la Hogue, en 1692 ; et de Yelez-Malaga, en 1704. Il était

f parvenu au grade de chef d'escadre, orsqu'à la mort du maréchal de Château-Renaud, en 1716, il fut nommé vice-amiral. Mécontent du ministère qui l'avait oublié dans une promotion de maréchaux de France, il prit le parti de se retirer, en 1727, au noviciat des jésuites de Paris. Quatre jours avant sa mort, arrivée en 1730, on lui envoya le bâton de maréchal ; il répondit à son confesseur , qui lui annonça cette nouvelle , qu'une telle faveur l'aurait Qatté autrefois, mais que, près de sortir du monde , il le priait Ue ne lui parler que de son néant.

CoETLOSQDET (Charles-Yves-César- Cyr, comte du) , né à Morlaix en 1783, entra fort jeune au service, se distingua en Italie, à Austerlitz , à léna , en Espagne, à Essling, et dans la cam-

f>àgne de Russie. Il obtint, en 1813, e commandement du 8" hussards, devint général de brigade dans la même année , et assista à la bataille dé Montereau. Chargé, pendant la première restauration 4 du commandement du

département de la Nièvre, il fit, lors du retour de Napoléon , quelques tentatives en faveur de l'autorité royale , et resta sans emploi pendant les cent jours. Aussitôt après la seconde restauration , il fut chargé d'une mission dans l'Ouest, se rendit ensuite à Bordeaux, auprès du général Clausel , et fut nommé aide-major-général de la garde royale. Élevé, en 1821, au grade de lieutenant général , il fut appelé à la direction du personnel du ministère de la guerre. Il était conseiller d'État lors de la révolution de 1830, après laquelle il se retira de$ affaires. Il est mort en 1836.

CoETLOSQUET ( J. G. de ) , né, en 1700, à Saint-Pol de Léon , chancelier de Bourges, évêque de Limoges, n'a d'autre titre à la célébrité que d'avoir été le précepteur du duc de Boulogne , depuis Louis XVI, et de ses rrères; fonctions qui , suivant l'usage, le firent entrer à 1 Académie française en 1721. Il mourut en 1784, à l'abbaye de Saint-Victor.

CoETMÀN (Jacqueline le Voyer, dite de). — «Six mois après la mort de Henri IV, une certaine demoiselle Coetman , une petite bossue , (|ui se fourroit partout et qui se faisoit toujours de fête, accusa mademoiselle du Tillel d'avoir été d'intelligence avec M. d'Espernon pour faire assassiner Henri IV. Ravaillac, qui étoit d'Angouléme, dont M. d'Espernon étoit gouverneur, fut six mois chez elle comme chez la nonne amie du duc , mais quelques années avant que de faire le coup. La Coetman disoit que la reine mère étoit du complot , mais que Ravaillac ne le sa voit pas ; faute de preuves, et pour assoupir une affaire qui n'étoit pas bonne à ébruiter, la Coetman fut condamnée à mourir entre quatre murailles ; elle fut mise aux filles repenties , où on lui fit une petite iogette grillée dans la cour ; elle y est morte quelques années après (*).

COETQUEN , ancienne seigneurie de Bretagne , érigée en marquisat en lô7ô.

(*) Tallemont des Réaux f hîstoriea d« inademoiselle du Tiliet*

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CcEUR (Jacques), argentier du roi Charles Vil, l'un des créateurs du commerce français , était fils d'un orfèvre de Bour§;es. Il fut, dans sa jeunesse, employé à la fabrication des monnaies; il se livra ensuite au commerce, et s'y enrichit. Charles VII, qui voulait se rattacher, le nomma maître de la monnaie de Bourges, puis le chargea, peu de tenips après, de diriger, sous le titre d'argentier du roi, 1 administration des finances de la France. Ces fonctions ne Tempéchèrent pas de se livrer au négoce; elles lui fournirent au contraire le moyen de donner une grande impulsion à l'industrie fran^ caise. Il faisait sur terre et sur mer, avec les chrétiens et les musulmans , un comitierce considérable de drap d'or et de soie , de fourrures, d'armes, d'épicerie^, de lingots d'or et d'argent; il occupait trois cents facteurs et il dirigeait plus d'affaires à lui seul que tous Içs négociants réunis de la France et de l'Italie. Les mers étaient couvertes de ses vaisseaux , et il luttait avec avantage contre Gènes et contre Vei^ise. Bientôt ses richesses furent si considérables qu'elles donnèrent naissance à un proverbe : riche comme Jacques Cœur, Lorsque Charles VII entreprit^ en 1448, fa conquête de la T^ormandie, Jacques Cœur, dont le patriotisme égalait la haute intelligence , lui prêta 200,000 écus d'or, et entretint quatre armées à ses frais pendant toute la durée de la guerre.

Agnès Sorel , qui mburut l'année suivante, le choisit pour l'un de ses exécuteurs testamentaires, et le roi l'anDblit en réconipensede ses nombreux services. Il acheta alors des terres et des châteaux « et devint propriétaire de la seigneurie de Saint-FargeaU, de laquelle dépendaient vingt-deux paroisses. Mais tant d'opulence excita la jalousie et ia cupidité des nobles et des courtisans , qui dès lors conjurèrent sa perte. Charles VII l'ayant mis au nombre des aml3as^deurs qu'il envoyait à Lausanne, pour terminer le schisnie de Félix V, ses ennemis profitèrent de ftOA absence pour le perdre dans l'esprit du roi. On l'accusa d'avoir fait

sortir de l'argent du royaume , d'avoir vendu des arnies aux mUsuInoan^, renvoyé à son maître un ei^clave chrétieii qui s'était réfugié sur une de ses galères, contrefait le sceau du roi, altéré les monnaies ^ enfin de s'être servi du nom du roi pour forcer les particuliers et même des provinces à lui payer des sommes considérable^. Charles nomma pour le juger une commission, dont il donna la présidence à Chabannes , Fennémi mortel de, l'accusé. Ce fut en vain que Jacques Cœur iri vogua le bénéfice de çléric^ature: en vain futil réclamé par les grands vicaires de Poitiers, toutes lés réclandations furent inutiles^ On lui refusa des avocats et un conseil. On rie voulut pas éntei> dre ses témoins à décharge. £n un mot, la procédure fut conduite avec une iniquité révoltante. Enfin, comme il persistait à se proclamer innocent de toutes les accusations portées contre lui , on le menaça de la question. L'appiaireil des tourments abattit s'orl courage, et il déclara s'en rapporter au témoignage de ses accusateurs. Alors fut rendu contre lui , le Id mai 1453 , un arrêt qui le déclarait convaincu des crimes dont on l'accusarit et I^ condamnait à mort. Cependant le io\ ^ en considération dé certains services , et à la recommandation du pape, commua sa peine , et décida qu'il payerait au trésor royal une indemnité de 400,000 écus , Que foiis ses biens seraient confisques , et qu'il subirait la pèinè du bannissement perpétuel , et ferait amende honorable devant une église.

Jacques Cœur fut ensuite enfermé dans fe couvent des cordeliers de Beaucaire; mais il s^en écbappa peu dé temps après, par lé secours de Jean puviilage, l'un de ses facteurs â qui il avait fait épouser sa nièce. La confiscation de $es biens t'avait réduit à la misère ; ses commis , dont il avait été plutôt le père que lé maître , se cotisèrent pour lui lournir une somme de 60,000 écus. Il put alors se réfugier auprès du pape Calisté III , qui uii confia le commandement d'une flotte qu'il venait d'armer <K)ntrè lés

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Tares. Jame» Cœur «'embarqua, loais ii toniba malade en traversant l'Archipel, et loourut à Chio vers 1461 . Tel fut le sort de cet hoinnae, qui, avec rhéroïne de Domremy, et comme elle SQf ti des rangs du peuple , avait si puissamment contribué à faire rernaître ta nationalité française. Il est eurieux de rapprocher sa destinée de celle d' Angot , que Tingrat François I*"' laissa iDc^rlr dans la misère. (Voyez

Louis XI, dont Tesprit pénétrant aurait » biea apprécié Jacques Cceur, fit réhabiliter sa méemrç ; mais ce ne fut qu^après un long procès , qui fut seulement terminé sou$ Charles YIII, que ses enfants purent rentrer dans la possession des seigneuries de leur père, usurpées par Chabanaes^ comte de Dammartin.

Jacques Cœur, dont la devise était « A cœur vaillant rien d'impossible, »

avait composé des ouvrages d'un haut intérêt 4 entre autres, un Dénombrement ou calcul des revenus de la France , qui a été inséré dans la DifH$ion du monde de Jacques Signet.

Un savant travail de Bonamy, que l'on trouve dans le recueil de J'Acadé^ mie des inscriptions, a lavé la mémoire de Jacques Coeur de tous les crimes qu'on lui avait iinpotés.

CcBUVBBS , ancienne seigneurie du Soissonnais, aujourd'hui département de l'Aisne , à 8 kilom. de Soissons , ^igée,en 164ô, en duché-pairie, soiis le nom d'Esirée».

CoEVOBDBN ( prise de ). — La rigueur du froid pendant l'hiver de 1794, et la crainte dWaiblir son aripée en l'étendant sur un terrain trop considérable, déterminèrent, dit-on, Pichegru à cantonner d'abord l'armée éa Nord dirrière les lignes delà Grèbe, puis à ne pas inquiéter les Anglais, qui s^étaient retira en arrière de l' Ysftel. Leur position était bonne ; mais ils en étaient venus à perdre Itiule €)onf]ancedaBa4eur courage. L'apparition d'uo seul bataillon français et d'un escadron de hussards devant Hardevrick suffit pour leur faire évacuer Campén et JLwoI. Tant de pasiUani-

mité accrut l'audace de nos troupes.

IL fallait chasser entièrement les Anglais de la Hollande* Après le passage de l'Yssel , un seul bataillon de grenadiers et deux escadrons de hussards, envoyés pour faire une reconnaissance sur Goo, Kessen, Almelo et Hardemberg, leur JBrent évacuer le Twente.

Une faible patrouille pa|^ut à Hardemberg ; dès que les Anglais l'aperçurent marchant pendant deux (ieues avec de l'eau jusqu'aux genoux , au milieu deç marais formés par le dégel , ils éva* cuèrent Goevoraen, le 16 février, en fuyant dans un désordre complet. Ces braves , qui les faisaient reculer , n'étaient pas cependant des militaires endurcis dans les travaux guerriers ; c'étaient pour la plupart des jeunes gens que la réquisition avait enlevés à leurs familles ; mais leur ardeur doublait leurs forces physiques; le désir de la gloire exaltait toutes le^rs facultés; de manière qu'on ne vit jamais mieux la vérité de cet adage militaire * Â la guerre, c'est le cQurage qui porté les sacs.

CoFFiN (Charles) , recteur de l'Université , et l'un des hommes qui ont cultivé chez nous avec le plus de succès les lettres latines, naquit , le 6 ootobre 1676, à Buzancy, dans le diocèse de Reims. Après de brillantes études, qu'il termina à Paris , au collège du Plessis, il fut, en 1701, nommé par RoHin régent de seconde dans celui de Dormans-Beanvais, oO il lui succéda eomme principal en 1713. l'habileté dont il fit preuve dans ses nouvelles fonctions le fit revêtir^ en 17 là, de la première dignité universitaire. Il contribua alors à faire décréter l'établissement de l'enseignement gratuit dans les collèges ; puis , à l'expiratiou des trois années de son rectorat , il redevint principal du collège de Be^uvais, place qu'il occupa Jusqu'à sa mort, arrivée en 1749. 11 fit paraître, en 1727, un volume de poésies latines, oii l'on trouve autant de grâce que de facilité. On y admire surtout une charmante ode au vin de Champagne, ^ui valut à l'auteur, de la part des Renvois re- GOitQaissants, l'envoi annuel d'un pa-

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