‹ France (volume 5)Chapitre 54 sur 114 · CÙL · texte numérisé non relu

CÙL

]*Académîe de peinture en 1694, à son retour dltalie.Ses tableaux sont froids, inais d'un excellent goût.

CoLOMBiEB (droit de). — L'honneur d'avoir dans sa basse - cour une tour élégante surmontée d'une girouette ou d'un pigeon en faïence n appartenait jadis, surtout dans .les pays de droit coutumier, qu'au seigneur haut justicier (*) , quand même il n'eût eu aucune terre en domaine pour nourrir ses pigeons {**), Tout au plus était-il permis au roturier de construire une volière dans quelque grenier de sa maison , s'il avait cinquante arpents de terre.

. Le manant qui tirait sur un pigeon était poursuivi comme voleur (ordonnance de Henri IV , du mois de juillet 1607), ou même condamné aux galères.

£n 1721 , un paysan dut payer une forte amende pour avoir effrayé et blessé un des pigeons seigneuriaux qui dévastaient son champ nouvellement ensemencé.

CoLOMBiEBE (Glaudc de la), jésuite, né en 1641 à Saint -Symphorien, près de Lyon , professa d'abord la rhétorique au collège de cette ville; lise voua ensuite exclusivement au ministère de la prédication , puis se retira à Paray le Monial , où il devint le directeur de la célèbre Marie Alacoque , et Ton croit même qu'il est auteur de la vie de cette religieuse, publiée par Languet. Il coopéra avec elle à faire instituer la fête du Sacré-Cœur de Jésus , dont il composa l'ofQce. Il mourut en 1682 , avec la réputation d'un saint. Sans mériter d'être placé parmi les prédicateurs de premier ordre, le père de la Colombière offre dans ses sermons des qualités distinguées : on y trouve assez de chaleur et d'action, et un style généralement agréable et naturel.

Colon. — Sous la domination romaine , le colon était celui qui , ayant été originairement esclave, avait été affranchi , à la condition de s'attacher

(*) La tour et la girouette étaient des marques de noblesse.

(**) Cette condition était seulement exigée dans quelques provinces.

à la culture d'un domaine qu'il faisait valoir , soit pour le compte de son ancien maître , qui était tenu de pourvoir à sa subsistance et à celle de sa famille ; soit pour le sien , à la charge d'une redevance. Le colon participait de l'homme libre et de l'esclave : de l'homme libre, en ce que le propriétaire du fonds n'avait aucune autorité sur sa personne, et qu'il jouissait de quelques droits civils; de l'esclave, en ce au'il était tellement incorporé au fonds . e l'héritage , qu'il ne lui était pas permis de s'en éloigner sans le consentement du maître; il pouvait y être ramené de force et remis en servitude s'il désertait. Sans être serf de corps, il était esclave de la terre , et ce que l'on appelle en législation , immeuble

Sar destination. Il transmettait sa conition à ses enfants , qui , ainsi que lui , avaient besoin d'un second affranchissement pour entrer dans la classe des hommes libres ou ingéims. Les registres du cens contenaient un état de tous les colons; ils y étaient naéme taxés à certains tributs, en conséquence desquels on les nommait aussi trihitr taires ; mais quand ils faisaient , pour eux ou leurs propriétaires , trafic des denrées qu'ils récoltaient , ils n'étaient point soumis à l'impôt appelé collation lustrale que payaient les négociants.

Comme on le voit, les colons, sous la domination romaine, étaient tous de véritables serfs : il n'en fut pas de même après la coiiquête de la Gaule par les JFrancs. Alors on entendit par colons, des cultivateurs auxquels les grands propriétaires distribuaient une partie de leurs terres pour les cultiver et y vivre , à charge d'une redevance, ou d'autres servitudes.

Ces colons étaient tantôt des hommes libres , tantôt de véritables serfs, souvent de simples fermiers, souvent aussi des possesseurs investis d'un droit héréclitaire à la culture des champs qu'ils faisaient valoir. De là vient la variété des noms sous lesquels sont désignées , dans les actes anciens, les métairies exploitées à des titres et selon des modes différents; de là vient aussi le nombre et l'infinie diversité

eot

COL

des redevances et des droits connus plus tard sous le nom de droits féo»

daux. Suivant le polyptique de l'abbaye de Saint-Germain des Prés , qui considère toujours les colons comme ingénus , ces hommes avaient non-seulement un pécule, mais encore des biens qui leur étaient propres , et qui

Provenaient soit d'acquisitions, soit 'héritages. Leurs redevances étaient en général plus douces que celles des serfs, et il est facile de reconnaître dans ce précieux document, que les colons étaient pour la plupart des hommes qui avaient accepté volontairement le servage , soit pour éviter le service militaire , soit pour obtenir la jouissance d'une partie du sol.

La loi de la concession faite au co* Ion réglait ordinairement le mode de succession de ses biens ; seulement , à chaque mutation dans les tenures , le seigneur percevait une redevance.

Les redevances imposées aux colons variaient à l'infini, comme nous l'avons dit plus haut. Parmi les redevances en argent payées par les colons , nous citerons le chevage, impôt consistait ordinairement en quatre deniers; et Fost ou herban , au moyen duquel il se rachetait du service militaire.

Le fermage de la tenure se payait quelquefois en argent, mais souvent aussi en nature ou en services de corps.

La garde y le gttety la chevauchée ^ les charrois , les corvées, les travaux dans les bois étaient les services de corps les plus habituellement exigés.

Du reste , même dans la condition la plus dure, le colon avait ordinairement trois jours à lui par semaine.

Le colonat prépara une révolutign dans la propriété. « Les colons , dit M. Guizot Clans ses Essais sur Phis- Mre de France , acquirent peu à peu, et de génération en génération, de nouveaux droits sur le sol qu'ils faisaient valoir. A mesure que s'apaisa Ja tourmente sociale , ces droits prirent plus de consistance ; il devint difficile de considérer comme un simple fermier et d'expulser à volonté le ooloD dont les pères avaient depuis longtemps cultivé le même champ,

sous les yeux et au profH des pères du seigneur. Ainsi , le travail sanctionné . par le temps reconquit ce qu'avait usurpé la force, adoucie à son tour par la même puissance; les propriétaires s'étaient vus contraints de se réduire à la simple condition de cultiva-> teurs;^ les cultivateurs redevinrent

()ropriétaires ; mais ce fut là l'œuvre ente des siècles. » (Yoy. Pebsounbs [étal des] et Propriété. )

Colonel. Titre que l'on donne à l'officier supérieur oui commande un régiment, et dont le grade, dans la hierarchfe militaire, vient immédiatement après celui de maréchal de camp.

G est sous le règne de Louis XII que l'on voit apparaître pour la première fois le titre de colonel , qui fut alors associé à celui de capitaine et donné aux chefs des bandes dont se composait alors l'infanterie française.

François I" le donna, en 1534, au

1>reinier capitaine dé chacune de ses égions. On sait que l'organisation de ces corps dura peu, et que l'on en revint bientôt au système des bandes militaires. Les chefs de ces corps continuèrent à porter le titre de colonels jusqu'en 1544 , époque de la création de la charge de colonel général. Les chefs de corps furent alors appelés mestres de camp, puis successivement colonels , de 1661 à 1721 ; mestres de camp, de 1721 à 1730; colonels, de 1730 à 1780 ; et mestres de camp , de 1780 à 1788.

Cette variation dans les titres adoptés pour désigner les chefs de corps , était occasionnée par la suppression ou le rétablissement de la charge de colonel général. Ainsi ces officiers étaient appelés mestres de camp quand il y avait un colonel général y et reprenaient le nom de colonel toutes les fois que la charge de colonel général était supprimée.

Une ordonnance du 25 mars 1776 aiouta au titre de mestre de camp , alors en usage, celui de commandanty pour distinguer le mestre de camp qui commandait un régiment , du mestre de camp en second, grade qui

lot

Cftl4

i,in«yKfts-

prenait rani; aprè^ )e iif^tire 4^ ^(oii fonimi^9d«9t.

Qne ordoonaneo du H ^9trs n^iS^ ^ aupf rinnaçl les iii^stce$ 4e çawq ea sécotKJi, fendit aux m^ties ()e e^iiiop commandiaots le titre de oolopçl t qug ces offieiers supériears n'ont pim quitté, si ce n'est depuis le décret di4 2t férrier 1798 , qui substitua à cett^ dénomination celle de ch^de Mgacle^ jusqu'au décret du t*' vendémiaire ap xii, qui le rétablit.

Un décret impérial du S3 ma.r3 1809 créa quarante-sii^ colui^is eu second., destinés à commander tous les corps provisoires dont la formation pourrait être jugée nécessaire, t^e nombre de ces officiers fut réduit à vingt, par décret du 9 mars 18 M. Leur grade fut supprimé à la restauration.

La loi d'avancement du Jl4 avril I83â laisse entièrement au choix du roi ia nomination des colonels; elle n'impose aux candidats d'autre condi^ tion que celle d'avoir servi au moins deux ans dans le grade de lieutenant* colonel.

Les attributions die ces officiei:s étaient autrefois fort étendues ; iis noarchaient dans la hiérarchie immédiatement après les généraux en chef; mais leur importanoe alla toujours e9 déclinant , à mesure que de nouveau;;:

agents intermédiaires vinrent se placer entre eux et le pouvoir suprême , et leur autorité se trouva en qéfinitive à peu près resserrée dans les limites où elle est actuelteinent renfernofée.

Les devoirs et l'autorité du colonel s'étendent aujourd'hui à toutes les parties du service ; il est responsable de la police , de la discipline, de la t^ nue, de l'instruction, et il dirige l'administration du corps dont le commandement lui est confié. Il veille à ce que les officiers des différents grades restent tous dans leurs attributions.

Son autorité doit se faire sentir plutôt par impulsion que par vine action immédiate. £n un mot , il exerce sur son régiment l'influence que donne la supériorité de l'instruction , du talent fit de la bonne oonduito. Tels sQut^ 4v

moins, lesyçfiux ^u règlenjieu^; mais il fçiud.r^»t, pqqr qu'ils tussent ren[ipii|, q^ç le mérite reconn^ eilt plus w ptart que la faveur et lés conside^atjo.ps politiques, au choix des che(s de corp^î c$ c'est ce qui, nialheureusejnent^ pWrive pais toujours.

Colonel gé«4r<U de rinfcknfex^» -; Ce fut dix ans après ripstitutibn dçS logions, vers Tai^ 1544, que. François Y' cyéa Içi çbarjge de cplonel général de l'infanterie. Cette charge était la plus considérable de l'armée après celle de maréchal. Ses prérogatives étaient très-grandes, et eUes furent encore augmentées sous le règne de Henri m , qui, en 1584, ^èng^d. en charge de la couronné. Le colonel général commandait toute Tinfantene; c'était lui qui commissionnait les officiers , et aucune nomination , m^aiç pour l'epipfoi de caporal ou d'auspessâde , ne pouvait être faite sans son agrément. Il avait deux compagnies colonneUes qui tenaient le premier rang parmi les autres compagnies oa bandes de l'armée, et qui seules avaient le droit de porter un drapeau blanc.

Lorsque les régiments eurent été institués, chacun d'eux eut sa conopagnie colonnelle , qui était la première da régiment , et dont le capitaine prit le titre de lieutenant -colonel, comniie représentant ou tenant \ieù du colonel général.

Nous avons vu que h charge de colonel général avait été supprimée et rétablie à différentes époques. Sous l'empire, il n'exista point de colonel général de l'infanterie , mais ce titre reparut pour quelque temps au commencement de la restauration ; il y eut ménie un colonel général de l'infanterie légère.

Voici la liste des CQlor\çIs généraux dç l'infanterie y depuis leur çréatroit jusqu'à nos jours :

i544> Jean, «ir« de Taix, nomm^ p«r ooinaussion. 1547. Charles de Cossé, comte de Brisiic, id. 1547. Gas|)ard de Coligny, seigiiecir de diMUIflai

en titre d'office.

x5$5. François de CoUgiiy, sou fràre» WfOffiS

d'Andelot, id.

i558. Biaise de Montluc, id.

iStfo. Charles de là lothefOQMidd, coyito #9 1^

d^» id.

C0I4 JFAÀVCë- poj' *»»

.56.. TiZwt 'I. cri: ';':;;rB^,.c,M. peau , ind/pendammenT d^ 1^' garde

1S69. PtkitjppéStrocei, seigneur d'Él>ernay,id. qU il Oevait dVOir CpHlflie pnnce OU

i5S2. /mih-Lpvia 4« Hogaiet d« la Valette, duo cofTime officier général QB 1 simiée; il

î;te.r»Ô"'ir:."m« ^'ctr^ pouvait faire grfçe, mdmè pour crime

de la couronne. eapiUi , ai|]E ofuciers 6t soldatsf qe sai

ï6io. ^«Riinrd de ifogaret de 1» vaiena, ion fîi«. Compagnie, et décidait Souverainement;

depuis duc d'Epernon eu ,6io . soua ^jg ^^^^^^ |gg querelles entre les Offii

Louis aI1|. . . .^ «j ' ' * j t

A la mort de ce demier, en i66f, U ohargt CierS SUlSSeS. I| a Vai t eU OUtrO UUC garOC

de colonel (énémi (lit sopprimée. ^e douzc trabaus OU l^aUebarqiers ,

''"• ^^ ',«''L^ïe'ctr^rl^: d'eJLis^Sâï eoUetcnus aux dépens du roi. H por^

d'Orléans, qui donna sa démission le 5 tait, DOUr marqife dlStinC^VC 06 S^

décembre xjio. dignité, six drapçaux du régiment des

1780. Louis Xyi rétablit de nouveau la charge de gaj.jjçg ^^^^^ ^^ sautoit derrière récolonel général en 1780, et en revêtit Louu ©«♦m*»» k»"«"-» v»» »««•«••. de Bourbon, prince de Condé, qui I*occnpa CUSSOn 06 868 armCS* jusqu'en Î788, époque où elle fut encor» La ChargC dC COlOUCl général dCS

une fois supprimée. Sulsscs et Grisons disparut à la révo-

En 1814, Louis XVIII rendit aq lution; mais l'empereur la rétablit, et

prince de Condé le titre de colonel gé- la restauration la conserva. Elle a été

néral, et ce prince le conserva jusqu'à je nouveau supprimée a la révolution

sa mort, arrivée en 1818. de 1830.

Le duc de Bourbon, son fils, fut j^es colonels généraux des Suisses

pourvu, en 1814, du titre de colonel et Grisons ont été, depuis la créatiqn

général de T infanterie légère. de cette charge :

Depuis Ja charge de colonel gêné- ^comtede Montmorency 4e Méru, eu.... ^5^

rai de 1 infanterie a ete définitivement Pe Hariay de sand. en 1 596

supprimée. Henri duc de Rohan, en i6o5

Colonel général des Suisses et Gri-, ^r.té'e'„'':6^,!'°"''""' " '"*

sons. — Cette charge n'était autrefois u marquis de coisUn. en t634

qu'un emploi temporaire, et cepen- te marquis de la châtre, en ....; t64a

x4nn4- ;i At\l* 4-^..:rx7,»o ^««..^X -»«^ ..^ Lc maréchal de Bassompicrrc , rétaWi «H . . . io4f

dant 11 était toujours occupe par un Le maréchal de Schomberg. en 164)

prince. Charles iX rerigea en titre Le comte de soissons, en tes?

d'office en faveur de Charles de Mon tr J-^ <^"5 *^" ?*^™* v®" • *• • • *^Zi

morency de Méru, en 1571. Le corn^ L^ H^'c^S";^";::;::::;::::::;: V,ll

n^ncjenient de toutes les troupes suis* u comte d'Artois, en ... « t??'

ses lui fut attribué, excepté toutefois Le maréchal Lannes dûc de Montebello, en. . i8ot

rpliii dp la pnmnâffnip dp<! rpnt SiiÎç^îpjb ^ maréchal vîcecontafétâble prmwï de Neuf-

cpiui ue ia compagnie ues cent auissck ^j^^tér et de WàgMmveii 1800

qe la garqe. Cette charge n était poiqj; te comté dArioîs, en.. t8a

une charge de la couronne ; cependan|; ^^ ^"^ ^® Bordeaujt, en «sai

celui qui eq était pourvu prétait serr Colonel général de la cavalerie lé'

ment entre les mains du roi. gèreetétrangèi^e. — La création de ce

Le colonel général des Suisses avaij; grade remonte à Louis XII, (]ui nomdifférents privilèges, tels que celui de ma ilL de Fontrailles capitaine gêné' la nomination aux emplois de colon^ rai des Albanais. Sous Henri II, cette et de capitaine, celui de faire portep charge fut remplacée par Celle de cd^ les couleurs de sa livrée aux drapeaux loneiaénéral de la cavalerie; maiç 4es coa)i>agnies , excepté à celui de la elle n^était donnée (yie par commis- GOippagnie dont il était le chef, que sion, et elle ne fut érigée en titre d'o& l'on opmmait la générale. Cette cpm- fice que sous Charles IX, en 1565. pagnie avait le drapeaq blanc, et mar- Les privilèges du colonel général cbait en tête du régiment des garde^ de la cavalerie étaient considérables : suisses , quoiqu'elle formât uo coi:pf cet officier commandait toutes les séparé* tjrpupes de son arme, les passait en re-

Le fiolop9l général ^yait chez )ui vuô im^ad |l le jugeait convenable,

804 €0t L'UNIVERS. COL

présentait à la nomination du roi |)our reur,'créa plusieurs colonels gëù^aux

tous les emplois; les commissions de sa maison militaire, et investit de

n'étaient valables qu'autant qu'elles cette dignité, pour les grenadiers à

avaient été présentées à son visa, ce pied, le maréchal Davoust; pour les

qui s'appelait prendre l'attache du chasseurs à pied , le maréchal Soult;

colonel général; enfin, il avait la haute pour la cavalerie, le maréchal Bessiè-

inspection sur la police, la discipline, res; pour Fartillerie et les matelots,

radministration, les remontes, etc. le maréchal Mortier. Le prince Eugène

Louis XIII ayant pris à sa solde Beauharnais porta pendant quelques

beaucoup de cavalerie allemande, créa années le titre de colonel général des

pour cette cavalerie ua colonel gêné- chasseurs à cheval; et en 1813, le ma-

rai qui fut indépendant de celui de la réchal Suchet fut nommé Tun des co-

cavalerie française. Cette charge fut lonels généraux de la garde. Cette di-

donnée par commission, en 1636, à gni té fut abolie en 1814.

Jean Streiff de la Vonslin. Le baron Colonel général des carabinier s,—

d'Engenfeld lui succéda en 1638 , et Le prince Louis, frère de l'empereur,

lorsque ce dernier quitta, peu d'an- fut le seul qui posséda ce titre sous

nées après , le service de France , sa l'empire. Le duc d' Angouléme le prit

charge fut supprimée et réunie à celle en 1814, et le porta jusqu'à la révolu-

du colonel général de la cavalerie fran- tion de juillet 1830, oii il fut supprimé,

çaise et étrangère. Colonel génércd des chctëseurs à

Ce dernier office fut aboli en 1790, cheval. — Ce titre, créé en 1808 pour

et ne fut point rétabli depuis. le général de division Marmont , de-

Le colonel général de la cavalerie puis duc de Raguse, fut donné Tanlégère portait pour marque de sa di- née suivante au général de division gnité six cornettes aux armes de Fran- comte Groucliy, lorsque Marmont fut ce , passées en sautour derrière l'écu élevé à la dignité de maréchal de Temde ses armes. pire. Il fut aboli à la restauration.

Voici la liste de ces officiers, depuis Colonel général des chevau-légers

leur origine jusqu'à leur suppression : lanciers. — Ce titre, conféré , par or-

De Fontrailles, premier cpiuine géDéral des donUanCC du 16 mal 1814, aU duC (jC

AitMMis , sous Louis xji, en Mg!» Bcrrî , fut porté par ce prince jusqu a

cbBries de Cessé, en. i54S sa mort, arrivée en 1 820.

îï:,"'» d.tT.'i':' d« d.*5»:L::«: : : : llll ^ Colonel général des çuirassUrs.-

Le duc de Guise, en. iSôg Ce titrc , confcre par I empereur, en

De DaoïTUie. en is?! jgQg ^ qq général dc division GouvioD

Sîïm'Ta'rr^;;:::;::::::;:::.*.'::..'.'.': îs^î saînt-cyr, fut ensuite porté par le ge-

Le doc d*Aomaie,'e^. ' x585 uéral dc divisiou Bclliard. Louis XYin

De le Guiche, en x586 ledonua, cu 1814, au duc d^Angoo-

S.ri^Sï'^.tebVco'-îe-ïii.e;^;;:»::;; llll lênje qui le porta jusqu'en 1830.

Le duc des ursins, en. i589 CoUmel général des dragous» — Les

Le comte d'AuTerçne .en 1 696 attributîons dc ccttc chai^e étaient à

u5::îi!srar.: ^iiuïiu;;;^;;»: îlrJ p»» pr*? i» mêmes que ceiies du «>.

Françob de Valois, comte d'Aiais. en 161 8 loncl général de la cavaleric légère.

Le duc de Rohan. en 1618 Créée cu 1668, pouT Ic duc de

"^nn^sî'^^^ïtr: .Tî! ^'.^"^T^:. T. i6aa La«zuo , cllc ne fut Supprimée qu'à la

Louis de Valob, comte d'Al'a'isV»! !!!!...! i6a6 révolutiOU dO 1789. LB titTC fut réta-

Le duc de Joyeuse, en. i65o blî SOUS l'empire, oonservé par la res-

î^ ^"l'ill^^Tl^'n^:^' '^ .'Si tauraUon , et aboli une dernière fois

l«e comte a AuTcrgne» son nerea» en 1075 , r ■ .- «•••■. *.

Lecomted'ÉTreax,en 170$ par la réVOlutlOD dC jUllICt. Avaot

Le prince de Tureone, en 1740 1789, IC COlonel général pOMaît pOUr

Le »ar<|u>s de Béthmie, en .739 maroue dîstinctîve de sa dignité six

Coloffiels généraux de la garde tm^ étenoards semés de fleurs de lis, et

pérkde. — Napoléon , devenu empe- passés en sautoir derrièfe l'éco de ses

COL FRANGE. fioi. BOS

armes. Voîci la liste des colonels gêné- si elle était admise, Tabandon des coraux des dragons depuis leur création: lonies que possède aujourd'hui la

u> duc 4« Lauzttn, eii x668 Francc; cUe causerait la ruine de notre

D'Arçouge» de Rannes. en 1678 marine ct la pcrtc dc Hotrc iofluence

î::.t'.'d.'î^r«::::v.::::::::::::::: «tî «lans le monde; eiie noas «viraitia

Le duc de Gakhe, en 1703 part qUI UOUS CSt QUC, danS IC dfOlt,

Le maréchal dac de Coigny, en 1704 de propagcr au loiu Ics bicnfaits de la

!:: rrî^h.'.'ÏJî'^inT «'•.!"::::::::::: :',48 civilisation. £»««, la dernière oonsé.

Le duc de Cherreuse et de Lnynes, en 1754 CpienCC d UnC telle manière dC VOir,

Le duc de Coigny, en 1771 serait pour nous d'abaudonuer à notre

î:co°:.t%X'.^"-iiim;;i;™:::::::::: XI ^™«"e ^vale les.mers et Ic com.

Le comte Mansouty, en 18 f . mercc, pour ëtrc rcjctes sur le conti*

u duc d'Angoaiéme, en t8i4 ucnt , ct mis aux pHses avec notre

Colonel général des gardes natio^ véritable alliée , T Allemagne.

nules du royaume, — Ce titre , con- Cherchons donc à réfuter, par This-

féré en 1814, par Louis XVtlI, au toire, les assertions de ces hommes,

comte d*Artois, fut porté par ce prince qui cherchent dans Thistoire, qu'ils

jusqu'à son avéniement au trône. De- altèrent à dessein, des arguments pour

puis , il a été supprimé. soutenir leurs assertions mensoiigè-

Colonel général des hussards. — res, et justifier en quelque sorte leurs

Cette charge , créée par Louis XVI , le ooupables menées.

22 novembre 1778, en faveur du duc II n'est pas vrai que la France soit

d'Orléans, était un démembrement de venue à la suite des autres nations de

celle de colonel général de la cavalerie l'Europe dans le grand mouvenient de

légère. Elle fut supprimée en 1790. Le découvertes géographiques et de colo-

titre fut rétabli par l'empereur en nisation qui eut lieu au quinzième et

1808, et conféré au général de division au seizième siècle. La France les

Junot , duc d' Abrantès , qui , à sa mort, avait, au contraire^ précédées toutes

eut pour successeur le général de di- de plus de deux siècles. Dès le milieu

vision duc Charles de Plaisance , qui le du quatorzième siècle, elle avait fait

conserva jusqu'à la restauration de d'immenses découvertes et fondé d'im-

1814. A cette époque, une ordonnance portantes colonies en Afrique; et l'on

du 16 mai en investit le duc d'Or- serait même presque en droit de re-

léans , aujourd'hui Louis-Philippe. garder la tentative faite par saint Louis

Colonies. — Il existe aujourd'hui contre Tunis comme une première mâchez quelques hommes des préjugés nifestation de cette tendance de la contre lesquels on ne saurait trop s'é- France à s'étendre et à propager au lever, car ils sont contraires à la tra- loin ses idées, dition nationale delà France et peuvent Aucun gouvernement n'a jamais mettre le pays en danger, compromettre failli chez nous à la mission civilisason avenir, et devenir un obstacle au trice de la nation. Charles YIII allait rôle qu'il veut et doit jouer dans le s'entendre avec Christophe Colomb et monde. Parmi ces préjugés, il en est lui donner ces vaisseaux qu'il avait un surtout que tout vrai patriote doit vainement sollicités partout, lorsque combattre à outrance, c'est celui qui Isabelle, déterminée peut-être par la est relatif aux colonies. « Nous ne connaissance de ce fait , ordonna l'ex- « sommes pas , ose-t-on dire , un peuple pédition. ]Le cardinal d'Amboise en- « colonisateur; le génie delà colonisa- voya Aubert en Amérique, et celui-ci «tionnous manque; notre histoire le découvrit le Canada. François P', à « prouve; nous n'avons eu des colonies son tour, fit faire d'autres tentatives; « qu'après les autres peuples de l'Eu- mais alors la France, occupée de com- « rope et nous n'avons pas su les gar- battre pour sauver l'indépendance de cder, nous ne savions qu'en faire. » l'Europe menacée par Charles-Quint, Cette coupable théorie nécessiterait, ne pouvait prêter une attention exclu*

T. V. 20* Livraison. (Dict. engyglop., btc.) 20

COIi

L*UinV£U.

sife à la fcndâtUon de colbnies Ibiii^ tàines. Ptus tard , Villegi^non s'étabiH au Brésil. Sully, Richelieu , Colbsrt^ Choisèal , Vërgenhes, Turgot, tous nos gratids ministres, ont compris l'imi pbrtancè des colonies, auxquelles il9 oht eodsacré tous leurs soins. Le (>eti« pie lui-même à toujours, en ce points secondé ses gouvernants; c'est ea que doivent prouver sans réplique les nombreuses eompagiiies qui se formé* rtnt daiis le cbqrs dii dix-septième tiècle peur reiploitalâon des poisesisiens françaises en Afrique et dans les itidës ; c'est ce que prouve avant tbut 2a liste chronoiogiqùe des colonies fondées par les Français, et des ten^ tatifreâ quMls ont faites à différentiss •époques pour former des établisses 'meiHS iau.delà des mers (*).

i365. Colonies fondées par les Dieppois ^ Sénégal et dans la Gninfie.

Vers 1400. |:tablissement de Béthencourt aux Canaries, 'vers 149t. CharlesVllI appelle Christophe Colomb.

x$o3. Tentâttres ooiiimernal«s<lans les Ipàm.

|5o6. Aubert découvre le Canada.

i5a5. Le Florentin JeanVérazzani prend possession de Terre-Keuve an nom du roi de France.

i535. Jaoques Cartier à Terre-NeuTe et %\k Canada (**).

i54i. Crémier établissement au cap'fir«ton.

lii'fé Etablifesemeiit de Villegagiion à Rio^da- Janeiro.

i56o. Établissement au bastion de France (Al- • gérie).

i6d4. Béveloppemeni de la «olpnle 4e Terre- Neuve» en rue de la pécbe de la moru«.

(^ Gfetlé liste a été dressée prineîJMileroettt d'après la JPfoiice statistiqite de* coiomes, publiée par le ministère; die est en tous poinis en oontradiction avec le Manuel de Ueeren sur Thistoire moderne , ouvrage ipcomplel fel inexact, et que trop d'historiens copi^ot, saps SQOgpr à vérifier les renseignemOQts qu'ifs y trouvent.

(**) En 1539, le roi rendit une ordonnance qui nommait le seigneur de Roberval , chef de l'armée envoyée aii Canada ,

I>our s'emparer des pays non occupés par es princes chrétiens , et autorisait cet officier à se faire livrer Us prisonniers cutt' damnés à mort, pour les mener à cette expédition. Cette ordonnance fut bientôt suivie d'une autre qui prescrivit aux justiciers de livrer les prisonniers condamnés, pour 1«m envoyer dans la même contrée. CatoL des mPcfU¥ei JoursemMa, t« I, pt 3o.

i6()f . Établissemtants ^Ums TàM^* M Cf^

nada. Fondation de Qn^ec 1624. Premiers établissements dans rinâé. X62S. Établissemeat k Saint- Cbristophe (Âi»«

. . .tilles).

X626. Établissement à Sion4n»ary (Guiane),

. JÇremier établisseivent an Sénégal.

z6a8. Nouvel établissemeot au bastioft d»

Fr«nee.

i63o. Eublissement à Gonenama (Gnian^.

i634' Établissement à Cajenne.

}e35. Établiasement à la Martinique.

z635. JÉtahlissèmeiit à la Qaadeloupe.

z64a. Établissement à l'île Bourbon (HefercA le place en 1720 1) Premier établissement à Madagascar.

x644- Constractipn dn fort Dapphin (à Mat

dagascar).

1664. CoIi>ert acquiert dans Us Antillesi Saiht'Domi ngue, Sai|iite-L>a^ie« Grenade, Les Grenadilles, llarié-Galandé, Saint'Martini Saifit-Cbristophe, Saiiit-Bartfaélemy, Sainte-Croix, La TprtvM.

1667. Acquisition de l'île de Corée, d'Ar^uio,

de Portendyck (Sénégal^

1668. f'ondatioh du coi^ptoir deSttrate (tade). 1674. Aequisition de Jrinqpemale (à Geylsa).

Acquisition de Saint-Tbomé (côte d«

Coro^andel).

rS8o. Établissement t la Loolslàne.

1693. Acquisition de Pondiebéry» 1688. Fondation de Cbandernagor.

x6g5. Fondation du comptoir d'Albreda (S^

négal).

17x1, Fondation de l'Me de Franor.

Z7z3. NouTel établissement au cap Breton oa

île Royale (golfe de Saint-Laurent).

Z727. Établissement à Mabé. j 1 j « Z739. Établissement à Karikel. j *" '^' Z746. Acquisition de Madras* Z74g. Établissement à l'ile Saint-Jean (golft

de Saint-Laurent).

17(0. itnbliweAept ^ Snîrite-aiwteiielfli»-

gascar. .

Z75a. Établissement i Tanaon.

Établissement !k Mazulipatam.

1758. Gtfminétes de Pnpleix it^ Mené* ds

long sur 25 de large) à Cpromané«|> Z764. Établissement à Saint-Pierre et i Hi-

qiielon.

I774. EtabliBseinent dins ta bal* d'Anteiigfl

(Madagascar).

X783. Acquisition de Tabago.

Z798. Conquête tle Malle et de VÉgypte zSt8. Établissement du l«rt Bakd (SénégJ zSaz. N4>arel établissement à Saiate-]tai}«

de Madagascar.

zSaS. Nouyel établissement ^e Saint-Cbarla

(Sénégal).

iftig. MeqTel étabKssemwt à T%viâagm {^

dagascar).

z83o à z84i. Conquête de TAlgérie.

Qiid cono|ur« dé cette suite de faitSt sinon que nous arond eii rajsen de din

COL

F&AIfCX.

€Oh

«Si^ ^nocur^ pue palsganoe estentielr lenien^ ealoni^trkse , et qu'elle »

dev^nc^ toute* le9 nutrea nutioos m<H 4euiep àvm rétablifllement des eblor piee?

P3SS0QS inçjÎQteniiQt à ta réfutation d^^D autre pr^ugé : ta preuve, diton; ^ue l'esprit de la oatioQ tCeaX pas porté à la colonisation 1 e'est cpie tious n'a-: YOns pas eooservé qos eolonies. Il n'est pas vrai que noua liyoïia perdu toutes nos colonies; et si nous n'afoos pu ponserver toutes eelleè cpié nous avions fopcléeSi H a fallu « pour noui les faire abandonner « les guêtres les plus terrii)les. Xa guerre de la sueccs- «ion d'Espagne a pu seule nous enl»* ver l'Apadie et Terre-Ntovc (ITt/j)»

et i| a fallu ta guerre de sept ans pbut nous faireperdre le Cauada et les Indes (i763r] ; la révolution^ pour nous faire ppdre Saint-Eloutingue (1794); ia eaûituiation de Menou pour nous enlever l'Egypte (1803) ; et les odieux traités de 1^11^ pour nous priver de Tahagô et de l'île de France. Ce n'est donc pas par légèreté, par incurie, par ignorance de l'utilité des eolonies, que la Franoe a perdu de belleà possessioas , mais par suite de guerres désastreu* ses , et à cause de Timpétitie ou de la trahison de quelques hommes. La vb*» lonté formelle de conserver l'Algérie ,

âui ^ manifeste aujourd'hui avec tint /énergie 4 n'eit-elie pas d'ailleurs une preuve suffisaiite que ta Franc» sait apprécier futilité 4ei poeaesaioos d'oo* tre-mer ?

Ou refuse à ta nation û'aucaise le génie colonisateur ! Mais que ron se ]:appel|e donc l'étonnante prospérité de Saint-Domingue, dé l'Ile de France et de Bourbon, que l'on oompare à ces belles colonies toutes celles des autres nations , et que Ton voie si , dans au« cune, ta colonisation a porté de semblables fruits. Mous savons donc colo* niseri seutament nous ne colonisons pas comu^e tas peuples exclusivement Industriels, I9ous ne sommes pas un peupta de marchande , et Ton ne dira jamais de ta France qu'elle n'est qu'une ^ran(^ A^ulîgue où l'on vient

éehàndier les prodaits des «Kverses par^ ties du inonde : nous sommes avant tout une nation politique, et sans négliger l'iridustrieet lecommëroe, nous trouverons toujours dans l'agriculture ta base pinoipale de notre prospérité matérielle. Ce que nous voulons, ce sont moins des eolonies purement commerciales que des colonies agricoles et surtout dès colonies politiques ^ c'est-à-dire des établissements ^Ui nous permettent d'étendre au loin notre mfluenee civilisatrice, qui assurent à notre marine une entière liberté d'action, en lui préparant dans toute l'ètendiie des mers des ports amis où elle puisse trouver, en temps de guerre , un abri pour réparer ses avaries et renouveler ses provisions. Ce que nous voulons, ce sont des établissaments où notre industrie puisse trouver des débouchés , et d'où elle puisse nous ràp^rter les denrées que le sol de la Fraoee ne produit pas , <Apour lesquelles uouss«[)ions tributaires des étrangers. On a to d'autres nations sacrifier lés malheureut habitants du Mexique pomr s'emparer de leur or; exterminer les populations des États- Uiiis pour s'épargner la peine de les dvîfiser ; égorger les Chinois à Java pooirS^assurer le monopole des épiceS.

iNous l'avouons, be n'est pas ainsi que la France entend la colonisation. Par-* tout ou elle a fondé des établissements, elle a porté avec elle les bienfaits de ta civilisation, et a laissé des Souvenhrs dont elle a droit d'être fière et qui ne s'eflîoeront jamais. Au lieu d'empoisonner avec de l'eau*de-vle , et de ohasser comme des béies fauves , lès sauvages de ta Lodisiane et du Canada, eite les a civilisés et convertis an christianisme; il n'a pas tenu à elle de porter les mêmes bienfaits aux populations répandues iur leÀ inhombrables lies de rOoéan indien , populations malheureuses qui , grâce à une autre nation qui se prétend colonisatrice par excellence, ne connaissent guère de ta > civilisation européenne que ee qu'elle ^ a de hideux et de repoussant. Peùt- "^ êtte aurions-nous pu aussi étendre ^ ^ faire fleorir nos colonies des Indes

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orientales, en y cultivant des poisons dont le sol de ces climats est si fertile. Nous ne l'avons pas voulu ; il nous a semblé plus digne d'un grand peuple , d'en faire des lieux de relâche pour nos missionnaires , pour nos martyrs, qui vont porter aux Chinois et aux Japonais , non pas , comme les marchands anglais , une ivresse hideuse et mortelle , mais le christianisme et l'exemple de toutes les vertus..

Le nom de la France est encore cher au Canada, et l'on y est fier de pouvoir se vanter d'une origine française. Enfin c'est à la France que les nègres d'Haïti sont redevables de leur langue , de leurs institutions , et de cette civilisation qui les rend si.

éminemment supérieurs à tous les hommes de leur couleur.

Un officier de la marine française visita, en 1838 ^ notre ancien établissement d'Ouidahy en Guinée. Nous avions là un fort avec une chapelle , autour de laquelle étaient groupées quelques maisons. Lorsque nous abandonnâmes cet établissement, au commencement de la révolution , les habitants de ces maisons étaient esclaves ; ils furent alors rendus à la liberté. Un mulâtre et un noir, l'un jardinier, l'autre concierge, étaient chargés de la garde du fort et des archives ; ils se sont toujours religieusement acquittés de ce devoir , et ils arborent encore avec orgueil le pavillon tricolore sur les restes de notk'e établissement. La plupart des habitants de la peuplade parlent encore notre langue, et tous se glorifient de donner à leur village le nom de village fran-

Sais. En Egypte, en Syrie, le souvenir e la France s'est de même conservé, et l'on y entoure presque de la même vénération les noms de saint Louis , de Bonaparte et de Kléber.

On peut classer sous deux points de vue principaux les colonies fondées par la France : les unes sont purement agricoles , comme le Canada , Terre- Neuve, la Louisiane, le Sénégal, l'île de France ; les autres, telles que Malte et l'Egypte , étaient des colonies politiques, et c'est ce qu'est encore au-

jourd'hui l'Algérie. Dans la création des premières, la France semble s'être involontairement Inspirée de la politique des Grecs , dont les idées sont un des éléments de sa civilisation. Son but était de donner à la mère patrie des appendices qui pussent servir au développement de sa puissance. Dans la fondation des secondes , elle a plutôt imité les Romains.

Nous avons donné la liste de l'établissement de nos principales colonies:

nous renvoyons , pour les détails de leur histoire , aux articles que nous avons consacrés à chacune d'elles en particulier. Nous terminerons celui-ci par un tableau général de celles que nous possédons aujourd'hui, et par un exposé rapide de leur organisation, de leur importance actuelle et de leur avenir. Citons d'abord les articles des traités de 1815 qui y sont relatifs.

Art. 8 du traité dé Paris de 1814. « Sa Majesté Britannique, stipulant pour elle et ses alliés , s'engage à restituer à Sa Majesté Très-Chrétienne, dans les délais qui seront ci-après fixés, les colonies , pêcheries , comptoirs et établissements de tout ^enre que la France possédait au 1*' janvier 1792, dans les mers et sur les continents de l'Amérique, de l'Afrique et de l'Asie, à l'exception toutefois des îles de Tabago et de Sainte-Lucie, et de Ule de France et de ses dépeiviances , nommément Rodi*igue et 'les'- Séchelles, lesquelles S. M. T.-C. cède en toute propriété et souveraineté à S. M. Britannique.

Art. 9. Le roi de Suède consent à ce que Tîle de la Guadeloupe soit restituée à la France , et abandonne ses droits sur cette île.

Art. 10. Le roi de Portugal s'engage à restituer à la France la Guiane Irançaise.

Art. 12. S. M. B. s'engage à faire jouir les Français dans les Indes des mêmes privilèges accordés ou à accorder aux nations les plus favorisées.

« De son côté , S. M. Très-Chrétienne n'ayant rien plus à cœur que la perpétuité de la paix entre les deux couronnes de France et d'Angleterre, et

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aux termes du traité de Paris , seront uécessaires pour maintenir la police dans les établissements , et à leur accorder un délai de trois mois pour arranger leurs affaires personnelles, comme aussi à leur fournir les facilités nécessaires et les moyens de trans- I)ort pour retourner en France avec eurs familles et leurs propriétés particulières. »

Art. 13 du traité de Paris. « Quant au droit de pèche des Français sur le grand banc de Terre-Neuve , sur les côtes de Tile de ce nom et des îles adjacentes, et dans le golfe de Saint- Laurent, tout sera remis sur le même pied qu'en 1792. » (Voy. Versailles [traite de.])

En conséquence des traités de 181 5, la France possède aujourd'hui :

voulant contribuer, autant qu'il est en elle , à écarter dès à présent , des rapports des deux peuples, ce qui pourrait un jour altérer la bonne mtelligence mutuelle, s'engage à ne faire aucun ouvrage de fortification dans les établissements qui lui doivent être restitués, et qui sont situés sur le continent des Indes , et à ne mettre dans ces établissements que le nombre de troupes nécessaires pour le maintien de la police (200 cipayes !!). »

Art. 8 de la convention du 7 mars 1815. «L'Angleterre s'engage, dans le cas où il surviendrait une rupture, 1** à ne point considérer ni traiter comme prisonniers de guerre les personnes qui feront partie de l'administration civile des établissements fran-* çais dans l'Inde , non plus que les ôfiBciers, sous-ofiQcîers et soldats qui,

La Martinique.

ÎMarie-Galande la Désirade i .,, a»«ii^ les Saintes j aux Antilles.

St-Martin (une partie; ,

Bourbon.

Sur la côte de Coromandel. . | ^^^*"JlfSrtte'dS.^'!^'."~°!^°** ( V^"eno.^:

iKarikal et son territoire Yaoaon et son territoire la loge ou factorerie de Masulipatan. . . ;

( Malie et son territoire \ dans les

1 les loges de Calicut >

/ Cbandernagor et son territoire I Indes.

iCassimbazar Yougdia Dacca Balassore Patna

Bans le Goudjérate | la factorerie de Surate

En Arabie.. . f le droit d'établir des factoreries à Moka et à Maskate. / rile St.-Louis et I@s îles voisines (Babagué , Safal et le poste militaire de Richard-Tol.

— de Dagana.

A ,-, c^nz»«ki J le fort de Bakel (acguis en 1818). AU ;>enegai. . . < |g ^^^^ st. -Charles (1825).

riie de Gorée.

le comptoir d'Abrida.

le comptoir de Ségbiou (*).

Sur la côte de Malabar.

Au Bengale.

Gueber acquises en 1799).

(*) La France possède cependant , mais suins les occuper, les établissements suivants : L*île et le foit d'Arguin (1677) , Portendick, Sudel (1701), fort de Saint-Pierre (i7t5), fort Saint- Joseph (1698), le comptoir de T^atacon (vers i75o), le cap Vert et les terres depuis la pointe des Mamelles jusqu'au cap Bernard , avec les villages de Dakar et de Bin ^i 768) , les comptoirs de Rufisque, Portudal et Joal (1677) , le comptoir

de Salum (1785), le comptoir de Géi'èges et de Yintam (1695), Tlle de Carabanne (i836), le territoire de Dhiogué (1827), celui de Seghiou (1887), celui de Dhimbering (1837), le comptoir de Tile de Bissao (1700), nie Gambia (1785), le comptoir de Ouidah, l*)le Borodoro (1786), les comptoirs de Médina, de Sansandin, du grand Paris et du petit Paris, du grand et du petit Dieppe, les forts de la Mine, d'Acra et de

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