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lais ropax, des chambres législatives, des ministères, etc.
CoLLiBB (affaire du). (Voyez Ca-
GLIOSTBO , LAVOTTB et ROHÂIf . )
CoLLiN DB Vebmont (Hyacinthe), Tun des meilleurs peintres du dix-huitième siècle , naquit à Versailles en 1693. Il fut élève de Rigaud et alla compléter ses études en Italie. Il fut reçu membre de l'Académie de peinture en 1725 , et devint professeur en 1740. Il mourut en 1761. Ses ouvrages sont trop nombreux pour que nous puissions les citer ici.
CoLLiN d*Hableville (Jcan-François ) , auteur dramatique , naquit à Mevoisin, près de Chartres , en 1755.
Il vint achever ses études à Paris , et s'y flt recevoir avocat ; mais cette profession n'était point conforme à ses goûts, et, entre autres pièces de poésie où il s'essaya à cette époque, il fit une élégie sur le malheureux sort d'un clerc au parlement. Le genre satirique dans lequel il s'exerça d'abord ne convenait ni à son esprit ni à son humeur. Il l'abandonna bientôt pour le genre comique y OÙ il ne porta pas beaucoup de force ni de gaieté, mais où il plut cependant par la pureté de son goât , la douceur élégante de son esprit , et l'ingénieuse facilité de son style. Il débuta par ^Inconstant. Cette comédie , composée d'abord en cinq actes, puis réduite à trois, fut applaudie comme l'heureux essai d'un talent riche d'avenir. Deux ans après , parut rOptimiste y qui fut également bien accueilli. « L'intrigue en est un peu faible, dit la Harpe, mais bien conduite et bien ménagée ; elle a même un mérite dramatique , c'est d'amener naturellement les incidents qui font ressortir le principal caractère ....
M. Collin a fait son Optimiste sur un plan analogue à son caractère , qui le porte aux idées douces et aux sentiments philanthropiques. » Excité par ces encouragements , Collin d'Harle- Tille produisit les Châteaux en Espar gne , pièce amusante, malgré de nombreuses et fortes invraisemblances, et le Fieux célibataire, qui est son chef-4'œuvre, sans mériter réellement
le nom de comédie. Depuis ce tomps son talent baissa , et ses succès au théâtre devinrent de plus en plus rares. Cependant, il fît représenter un grand nombre d'ouvrages , tels que M, de Crac y farce ingénieuse , mais faible ; Rose et Picard, ou la suite de VOptimiste ; les Deux voisins , ou être et paraître; la Défense de la petite villCy pièce qui honore plus le caractère de l'auteur que son talent; les Artistes; les Mœurs du jour y ou VÉ^ cote des jeunes femmes; les Riches; Malice pour malice , etc. Palissot , dans ses Mémoires littéraires , a jugé sévèrement Collin d'Harleville : nonseulement il lui refuse la force comi- 2ue, mais même toute gaieté et toute nesse. « Le ton doucereux , ajoutet-il, le ton sentimental et quelquefois même un peu niais , qui est le ton dominant de presque tous les ouvrages de Collin d Harfeville , l'absence totale de sel et l'insipidité qui les caractérisent, prouvent qu'il n était pas né pour la poésie. » Il y a sans doute dans ce jugement une dureté injuste ; mais il est certain qu'on ne peut lire longtemps le théâtre de cet auteur sans être saisi d'ennui. L'homme , chez Collin d'Harleville , est fort aimable sans doute, mais l'écrivain, malgré ses qualités réelles , est loin de l'être autant. Outre ses comédies, il a laissé un poëme allégorique en deux chants, intitulé Melpomèneet ThaliCy et plusieurs pièces de vers insérées dans VAlman/ich des Muses et dans les journaux. Cet homme, d'un caractère égal et doux , fut attaqué , dans ses dernières années, d'une profonde mélancolie que rien ne pouvait dissiper.
Il mourut à Paris en 1806.
CoLLiouRE, ville maritime de l'ancien Roussillon , aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Pyrénées-Orientales , existait sous le nom de Camo liberis y dès l'année 535 de Rome.C'est à cette époque que des ambassadeurs romains y débarquèrent pour essayer de soulever les populations contre Annibal. Collioure compte aujourd'hui 3,272 habitants. A peu de distance de cette ville , dans les mon-
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tagnes de FAIbère, on remarque l'ancienne abbaye de Valbonne , de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1164 , et où fut enterrée Yolande , épouse de Jacques P', roi d'Aragon.
GoLLiouBE ( sièges de ). — Louis XIII résolut, en 1642 , de reprendre aux Espagnols cette ville dont la possession devait lui faciliter la conquête de Perpignan. Le maréchal de la Meilleraie, renommé pour son habileté à conduire les sièges , fut chargé de celui-ci. Sous ses ordres était Fabert , le brave officier plébéien. Trois mille hommes défendaient Une hauteur d'où il fallait les chasser pour s'approcher de la place : l'entreprise était difficile. Fabert reçut Tordre d'aller trouver le maréchal, qui désirait le consulter.Mais il avait entendu le maréchal appeler sa compagnie les chanoines de Fabert, parce qu'elle était demeurée deux ans a la cour. Aussi , sentant vivement cette raillerie amère, refusa -t- il de quitter son poste. La Meilleraie vint lui-même. M. de Fabert , lui dit-il, ojiMions le passé; donnez'inoi votre avis. Que ferons -notis? — FoUàle premier bataillon des gardes prêt à exécuter vos ordres, répondit Fabert ; nous ne savons qu'obéir. ■ — Point de rancune, lui dit le maréchal ; je viens vous demander votre sentiment. — C'est d'attaquer , répliqua Fabert.
Marche! cria le maréchal. A ces mots le premier bataillon des gardes s'avança, et les autres le suivirent. Fabert attaqua les Espagnols , et les poursuivit l'épée dans les reins jusque dans Collioure, qui, d'après Tallemand des Réaux(*), se rendit par le plus grand hasard du monde. « La Meille- « raie, dit-il , fit jouer un fourneau sans « rime ni raison , et te fourneau com- •« bla le seul puits qu'ils eussent dans « la ville. Ainsi il se fallut rendre pour « ne pas mourir de soif (13 avril). »
— Les derniers mois de 1793 furent marqués par des revers à l'armée des Pyrénées-Orientales. Le général espagnol Ricardos résolut de profiter de ses avantages pour marcher sur les
(*) Historiettes ^ t.ï, p. 4oÇ.
frontières de France et emporter le fort Saint-Elme , Port- Vendre et Collioure. Un combat furieux s'engagea, le 22 décembre , sur la rive gauche du Tech, où nous fûmes encore battus; quelque effort que pût faire le représentant Fabre (de 1 Hérault) pour ramener les troupes au combat , il n'y put parvenir, et chercha en combattant une mort glorieuse dans les rangs de l'ennemi. Bientôt Port - Vendre et Saint-Elme se rendirent , livrés par la trahison, et les habitants de Collioure, effrayés par les menaces des Espagnols, forcèrent le commandant à capituler. L'armée française , entièrement démoralisée, se retira sous Perpignan.
Mais au printemps de l'année suivante Dugommier, vainqueur au camp de Boulou , chassa les Espagnols du Roussillon, et leur fit repasser les Pyrénées en désordre ; on les suivit en masse sur Collioure, on s'appliqua à enlever à cette place les deux forts de Saint-Elme et cle Port- Vendre, qui faisaient son appui , on la bloqua par mer, et elle ouvrit ses portes le 29 mai
Colloque de Potssy. — On donnait autrefois le nom de colloques à des conférences tenues entre des personnes qui différaient par leurs opinions religieuses, et qui cherchaient à s'entendre et à se rapprocher. Il y a eu de tout temps de ces conférences en France; mais c'est au seizième siècle qu'elles furent le plus fréquentes; Le colloque le plus célèbre peutêtre de cette époque si féconde en controverses religieuses, fut celui qui eut lieu à Poissy en 1561. Catherine de Médicis hésitait encore entre les deux partis religieux qui divisaient la France ; elle voulait d ailleurs se faire rechercher également par l'un et par l'autre , en donnant des craintes aux catholiques , et en faisant concevoir quelques espérances aux réformés.
C'est pourquoi elle vint assister ellemême avec le jeune roi , son fils , aux conférences de Poissy. Les réformés étaient représentés par Théodore de Bèze , assisté de quelques - uns des
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théolègîens de son parti. Les càtbolixme^ avaient pour représentant le cardinal de Lorraine, assisté de Montlac, ëvêqne de Valence. Après de longues discassions, qui roulèrent principalement sur le dogme de la présence réelle et sur <}uelques autres points de controversé non moins énineux , le Isardinal de Lorraine et Théodore de ^ze se séparèrent, plus divisés d'opi" toions qnMls ne l'étaient auparavant; île sorte que le colloque de Poissy eut nn résultat tout opposé à celui que leis iiomm^ sincèrement religieux en -avaient attendu.
GoLLOT - d'Hehbois ( Jean - Marie ) ^st un des hommes de la révolution qui ont exercé le plus d*infiuence sur les masses , et qui ont le plus marqué par Fexagération de leurs principes et par la dureté de leurs actes. Cependant , on doit le dire à sa décharge, il était d'un degré au-dessous de Billaud- Yarennes, son ami et son collègue, ^ui le surpassait en cruauté , en machiavélfsme et en ambition. Ils avaient commencé tous deux par être comédiens; mais comme Billaud avait, en outre, fait partie de la congrégation de l'Oratoire , il v avait en lui à la fois du prêtre et de Vacteur, tandis que Collot, toujours drapé à l'antique , se montrait presque exclusivement théâtral. Tel était surtout le caractère de son éloquence dans le club des jacobins, à la tribune de la Convention, et jusque dans le sein du comité de salut public. Peu de révolutionnaires se sont plus compromis en paroles , quoiqu'il s'eii trouvât beaucoup qui, sans imiter son langage , le laissaient ' loin derrière eux , dans la carrière des excès ; Fouché , par exemple , qui fut l'instigateur des plus horribles vengeances à Lyon, et qui en laissa peser toute la responsabilité sur son émule.
Son nom de fariniile était Collot; au théâtre, il se faisait appeler d'Herbois ; quand il se lança dans la politique , il lui parut mieux sonnant de réunir ces deux noms, dont le dernier ne manquait pas d'un certain parfum de noblesse. Il naquit vers 1750, d'une famille bourgeoise de Paris ) qui lui donna de
4'initractton. Il était d\nie tmOe moyeiine, avait le teint brdn^ la mvdure noire et crépue , le regat*d in^ quiet et sombre ; du resté , assez beau de figure et doué d'un br^^ane sonore.
Comédien aïkibulant avant la révolution, on le vit figurer, siiion avec éclat, 4a moins avec un certain talent , «ur la scène des principales villes de France et de Hollande , notaoBunent à B(^deauXf à la Haye et à Lyon , où sa <;onduile, plus régulière que celle des acteurs de l'époque , lui attira quelque considération. Il cumulait les fonetionb d'auteur dramatique avec celles de comédien; il composa un grand nombre de pièces, dont quelques-unes, ^mitées de l'espagnol et de l'anglais, obtinrent même du succès. Il eut quelque temps la direction du théâtre de Genève ; la, l'exemple des mœurs helvétiques développa de. plus eni^us ses tendances républicaines et rehaussa son amour de l'indépendance. Malheureusement, le goût oes liqueurs fortes vint exalter encore son caractère déjà si porté aux excès ; aussi les girondins l'avaiénlils, par dérision , surnommé le sobre ColloL
Dès le début de la révolution, il ac- Irourut à Paris , fréquenta les sociétés populaires, et s'y fît remarquer par des accents passionnés , une élocution retentissante, et des poses à gràtad effet. Mais ce ne fut guère qu'en 1791 que commença sa fortune politique : on livre de peu d'importance en fut la première cause. Le club des jacobins ayant proposé un prix pour le meilleur ouvrage qui ferait com{»«ndre au peuple les avantages du régime constitutionnel, Collot composa un petit traité ayant pour titre VÀ(mà7iack du père Gérard{*) ; cet Opuscule fut couronna et valut une grande popularité à son auteur. Peu de temps après, l'affaire des soldats de Château-Vieux augmenta encore l'influence de Collot-d'Herbois , et fut pour lui l'ooca-
(*) Le père Gérard était vk cùltivatenr breton , que son bailliage avait ic^oîsi povr représentant ani états généraux ; il jeubsaît d'une réputation d'honnêteté, de bon et de vertu.
(ùoi,
iPïiAiSfCÈ.
^ibh. ll*lihfe véritable ov^tibn. tei solditâ éliisseâ du régiment icie CM- \ea\x -Vbux avaient eié, àut termes des Ibiè (Je îfeur pays, envoyés aux galères die Brest , pour àyoîr pris part à Qme msiirk'ectioh , celle de Nancy j qui ^vait été comprimée par Bouille ; mais J opiiiion publique s'était prononcée très-fo'rtem'eril contre le succès de ce fougueux défenseur de l'ancien régime, Soutenu par la société fies jacobiiis , bollot pirésenta à l'Assemblée législative une pétition en faveur deis militaiicès condamnés; cette pétition ayant ^té âccueiliie par l'Assemblée, les cantons suisses, consultés par Louis XVI , consentirent à l'élargissement des détenus. Collot alla les chercher lui-même, et les ramena en triomphe à Paris , où une fête civique eut lieu en leur honneur. C'est dans cette solennité qiie parurent pour la première fois les bonnets rouges, qui devinrent la coiffure de prédilection pour les révolutionnaires ; il est à remarquer que loin de s'opposer â ces démonstration , la cour chercha plutôt à les exciter ; elle vit avec plaisir les novateurs se parer du bonnet des galériens , espérant les confondre les uns avec les autres; déjà elle se consolait de se$ déàtites, en poussant le peuple auk excès. Collot-d'Herbois, qni avait partagé avec les soldats de Château- Vieux lés honneurs de la journée , se crut dès lôrs un personnage assez important pour aspirer au ministère de la justice , qu'il ne put cependant obtenir.
Il fiut Un des principaux instigateurs de la journée du 10 août , qui lui permit d'entrer dans la nouvelle municipalité de Paris, oii il se lia étroitement a Billaud-Varennes, avec lequel il partagea la responsabilité des massacres de septembre, quoiqu'il ne paraisse pas y avoir pris une part aussi active que son ami. Il présida l'assemblée électorale qui nomma les députés à la Convention, et fut lui-même un des représentants qu'elle choisit. TJn des premiers^ il demanda l'aboUtion de la royauté^ que décréta, en efiet, la Convehtion, dès l'ouverture de ses seau-
pes : c'est à tbrt jué lii k6AîtëUr H\
iâttribuel'înitiativedecettebropositloii, «lie avait été faite lôrsqii^ prît la parole ; mais il rappUya avec une èpeirgife qui ne contribua pas peu à lé fairfe adopter- Loirs dti procès dîi rbi, Collot, qui avait été envoyé en mission à Tîîce, après la conquête dé ce pays , vers l'a fit! de 1792, adressa son vote paif écrit à l'Assemblée : il lapinait pour la mort isans sursis. Dans la lutte de la Montagne et de la Gironde , il déploya beaucoup de fermeté ; mais le succès de la journée dû ÎBI mai ne isufïït pas pour désarmer sa colère; il poursuivit encore les vaincus. Le là juin, les $uffrages de l'assemblée le portèrent au fauteuil de la présidence.
Enfin , au mois de septembre sulviant, il fut nommé membre du comité de salut public , en même temps que Billaud-Varennes. Dans la division du travail , ils eurent l'un et l'autre la correspondance administrative , fonction dont ils surent tirer parti, Blllaud surtout, pour se donner la haute main dans les départements. Les excès de tout genre qui s'y commirent ne sont pas de nature à honorer leur gestion commune. Aussi bien ^ue Billaud- Varennes, Collot-d'Herbois votait toujours pour les mesures les plus violentes, bans une délibération du comité, quelques-uns de ses collègues ayant émis I avis de se délivrer des suspects par la déportîition, Collot s'écria : « îi « he faut rien déporter, il faut détruire « tous les conspirateurs ; que les lieux « où ils sont détenus soient minés ; « que la mèche soit toujours allumée « pour les faire sauter, si eux ou leurs « partisans osent encore conspirer « contre la république. » Là Convention n'avait que trop bien choisi, lorsqu'en novembre 1793 , elle l'envoya à Lyon pour punir cette ville de sa révolte. Aidé par Fouché, il fît périr plus de seize cents personnes; six cents expirèrent sous le feu de la mitraille en un seul jour. La ville même fut détruite, son nom proscrit et remplacé par celui de Commune qffranr chie, « Nous le jurons, avait-il dit, lé « peuple sera vengé; le sol qui fut
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« rougi du sang des patriotes , sera « bomeversé. Tout ce que le crime et « le vice avaient élevé, sera anéanti ; « et , sur les débris de cette ville su- « perbe et rebelle , qui fut assez cor- « rompue pour demander un maître , « le voyageur verra avec satisfaction « quelques monuments simples élevés « à la mémoire des amis de la liberté, « et des chaumières éparses , que les « amis de Tégalité s'empresseront de a venir habiter » De retour à Paris , Coliot-d'Herbois repoussa avec succès les accusations qui avaient été portées contre sa sévérité excessive et poussée jusc^u'à la férocité. Pour réveiller la colère du peuple , il fit promener dans les rues de la capitale Teffigie de Chalier , sur la personne duquel les royalistes s'étaient portés à des excès qu'égalaient à peine ceux des révolutionnaires.
Lé 23 mai 1794 , en rentrant chez lui à une heure du matin, Col lot fut attaqué par un jeune homme, nommé Jdmiraly qui lui tira deux coups de pistolet, presque à bout portant, sans l'atteindre. Cette tentative d'assassinat mit le comble à sa popularité. Mais, au 9 thermidor, il se conduisit avec une perfidie et une cruauté qui lui firent tort dans l'esprit des masses. Pendant la lutte , il montra une animosité extraordinaire contre Robespierre . qu'il avait si longtemps flatté, et, après la victoire, il n'eut pas honte d'insulter et de calomnier la mémoire de l'homme aux pieds duquel il s'était jeté la veille du combat, et dont il avait embrassé les genoux avec toutes les apparences du repentir. Il n'eut qu'un beau moment , c'est lorsque , croyant la Convention en danger, il monta au fauteuil de la présidence , se couvrit, et dit d'une voix forte : « Nous n'a- « vons plus qu'à mourir. » Encore n'est-il pas bien certain qu'il crût la Convention sérieusement menacée. Il n'en eut pas moins la gloire de l'héroïsme.
Mais il réclama vainement le prix des services qu'il avait rendus a la contre-révolution , elle ne le paya que d'ingratitude. Ainsi que Biliaud-Va-
reiines, il ne tarda pas à être obligé de sortir du comité de salut public. Ce succès ne suffisant pas aux thermidoriens, une accusation fut portée contre lui, par Lecointre de Versailles. Après avoir triomphé de cette première accusation , il fut dénoncé de nouveau par Merlin de Douai et condamné à la déportation. Transporté à la Guyane avec son ami Billaud-Varennes , il y mourut, à l'âge de quarante-cinq ans, le 8 janvier 1796. Il cherchait une consolation à ses maux dans l'ivresse ; quelques heures avant de mourir , dans des atteintes d*une fièvre chaude , il avait bu une bouteille de rhum qui lui fit endurer des douleurs horribles.
CoLMAja , grande, belle et ancienne ville de l'Alsace , aujourd'hui chef-lieu du département duHdut-Rhinetsiége d'une cour royale à laquelle ressortissent les départements du Haut et du Bas-Rhin , avec tribunaux de première instance et de commerce, collège communal, institut de sourds- muets, et une population de 15,442 habitants.
Quelques auteurs pensent que cette ville fut bâtie sur les ruines de l'ancienne ^r^^n^OTtam^ où les Romains avaient construit une forteresse que les barbares détruisirent plusieurs fois; mais l'opinion de Schœptlin , qui place Argentonaria àHorbourg, est maintenant plus généralement admise. Sous là monarchie des Francs, Colmar était une censé royale; elle devint peu à peu un bourg , qui fut réduit en cendres en 1106, et rebâti peu de temps après. £n 1220, sous Frédéric II, le bailli Walfel réleva au rang de ville , et l'entoura d'un I mur d'enceinte qui fut agrandi en 1282. Peu de temps après Colmar devint ville libre impériale.
En 1562 , elle fut entourée de tours et de fortifications qui furent considérablement augmentées par la suite. Les Suédois s'en emparèrent en 1632.
Louis XIV la prit en 1673 f et en fit raser les fortifications. Elle a été réunie à la France en 1697, par la paix de Riswick.
CoLMAB (conspiration de), ainsi nommée .parce que ce fut devant la
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cour d'assises de cette ville que parurent les chefs présumés du mouvement tenté à Béfort. L'association patriotique des Carbonari, dont la vente suprême siégeait à Paris , avait organisé dans toute la France un vaste plan d'insurrection contre le gouvernement imposé par les baïonnettes étrangères.
Le moment décisif semblait arrivé, et il avait été résolu que les confédérés de Béfort, entourés des patriotiques populations de TAlsace, prendraient rinitiative. De toutes les directions accouraient vers cette ville des patriotes dévoués : de Paris, le général la Fayette et son fils, le colonel Pailhès, Bazard , etc. ; de Neuf-Brisach, Joubert, Armand Carrel, etc. Toutes les mesures semblaient bien. prises; niais une circonstance malheureuse les fit échouer:
la dénonciation d'un sous-offîcier devenu traître par peur. Dès lors il fallut avancer Theure fixée pour Texécution, et l'entreprise fut manquée. Parmi les conjurés, les uns durent rebrousser chemin ou prendre la fuite , les autres furent arrêtés soit à Béfort même, soit en Suisse, au mépris des droits de la neutralité. L'acte d'accusation de la cour de Colmar porta le nombre des inculpés à quarante-quatre ; Finstruction dura neuf mois , et pendant tout ce temps, les prisonniers, auxquels étaient prodigués les témoignages des plus vives sympathies, montrèrent une résignation et une fermeté dignes de leur cause. Quatre furent conoamnés à cinq ans de prison , 600 francs d'amende et deux ans de surveillance :
c'étaient Tellier , Dabland , Guinard et Pailhès. — A ce procès se rattachèrent encore deux funestes épisodes : la mort du général Berton qui , malgré réchec de Béfort, s'était obstiné à provoquer un mouvement à Saumur, comme d'autres généraux avaient dd en provoquer par toute la France , et l'odieux assassinat du brave colonel Caron. (Voy. Berton et Caron.)
CoLMARS , Colmartium^ petite ville de l'ancienne Provence, aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Basses- Alpes , tire son nom d'une colline que les Romains avaient consacrée
audieuMars,etsur laquelle les premiers chrétiens bâtirent une église en l'honneur de saint Pierre. Cette ville était autrefois divisée en plusieurs bourgades; mais peu à peu les habitations se réunirent au confluent du Verdun et de la Sence, et y formèrent une ville que Raymond de Turenne réduisit en cendres en 1390; prise par le capitaine Cartier en 1588, elle tomba enfin dans le dix-septième siècle au pouvoir de la France , qui en fit un& place de guerre formidable. Sa population n'est que de 927 habitants.
CoLMEY, ancienne seigneurie du Barrois , aujourd'hui département de la Moselle , à 2 kilomètres de Longuyon.
CoLN ïT DE Ravel (Charles- Joseph- Auguste-Maximilien de), littérateur, né à Mondrepuy en Picardie, en 1768.
Destiné à suivre la même carrière que son père , garde du corps de Louis XV, qui s'était distingué à Fontenoi , il entra successivement à l'école de Rebais et à celle de la Flèche. La révolution , qui le surprit au sortir de la dernière, dérangea ses projets , et après avoir passé par plusieurs vicissitudes que lui attirèrent son nom et ses opinions , il se fit enfin libraire et ouvrit un magasin j à Paris, au coin de la rue du Bac, vis-à-vis le pont Royal. Mais il ne se donna pas tout entier aux soins de son commerce , et réserva aux lettres une partie de son temps. Sous l'empire il se fit remarquer par plusieurs morceaux de critique littéraire, et par des écrits politiques où le gouvernement impérial était spirituellement et souvent même hardiment attaqué. A la restauration, qu'il accueillit avec joie, il entra dans la rédaction de la Gazette de France^ et ses articles contribuèrent pendant plus de quinze ans à la prospérité de ce journal. La révolution de juillet lui nt perdre les pensions dont on avait récompensé ses services; mais il survécut peu à ce désastre de son parti et de sa fortune, le choléra l'enleva dans, l'année 1832.
CoLOBE. Selon du Cange , au mot Colobium, c'était une tunique sans manches , ou dont les manches ne pas-
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Baient pas \q coude , 0ue les érémies , bribces et geHâ de loi portèrent longleilips. Lors de la révolution on en voyait ebcorfe la forme dans l'habilletnent de plusieurs ordres religieux.
Cologne. — Vers Tan 441 , à l*épop que où les Francs, chassés de la GauIè par Aéti us, renouvelèrent leurs tentatives pour s'établir sur )a rive romaine du Knin , cette antique cité de la Germanie occidentale tomba au pouvoir de leurs bandes dévastatrices, en même temps que Trêves et Mayence. Cologne eut pepeadant un autre sort que ces deux matnéureusés villes. Elle ne fut pas livrée aux flammes , et , plusieurs mois après avoir été prise , elle était encore pleine de Francs qui y demeurèrent quelque tefnps avec leurs femmes et leurs enfants. Lors de la grande invasion des Francs d'outre-Rhm , en 463, Égidius, interrompant le cours de ses victoires sur les Visigoths , accourut à Cologne ; maïs les Francs ne lui laissèrent pas le loisir de se mettre en défense ; ifs fondirent sur lui en si grand noitibre, et avec tant d'impétuosité, que Cologne fut emporté d'assaut ; Ê^îdîus lui-même n'échappa que par la fuite au carnage des siens.
— En 715, Charles Martel, échappé de là prison où Plectrude le retenait dans cette ville, et soutenu par les Austr'asiens, vint assiéger la veuve de son père, qui fut trop heureuse de sb tirer d'embarras en lui livrant ses trois ïlls et Ijes trésors de Pépin. — L'anriéje suivante, ()uand sa puissance était a peine assise , Charles fut attaqué sous les murs de Cologne, alors comprise tians l'Austrasie , par le Frison Radbod , ligué avec Ragnifred , maire die Ch'Ipéric ÎL Cette fois il ftit battu et réduit à se réfugier avec une troupe de cinq cetats hommes dans la forêt des Arcfennes. Depuis le démembrement de l'empire de Charlemagne , la ville sainte , devenue toute germanique , h'eut pliis , jusqu'au dernier siècle , de rapports avec ta France.
— A la fin du mois d'octobre 1794 , Jôurdan, voulant profiter des avantages que lui assurait la prise de Juliers '(voye2 ce mot) , divisa son armée eu
iTois grandes colonnes, la premièriè 6e porta Isur Bonn; lui-même, â là tête de là deuxième, entra dahs Cô*logne sans coup férir , et ]Vf arceau , avec la troisième, eniporta Coblentk , rendez-vous de l'émieràtîon. tlologne devint alors le fchef-lieù du départe- . ment de la Roër.
— Le 14 janvier 1814, Ibrsque nos armées durent rétrograder jusqu'aux anciennes frontières AeAo France, les généraux Sébastîani et Arrighl évacuèrent Cologne, qui Ait occupée le lendemain par les Cosaques.
Cologne (congrès de). — Louis XIV venait de pénétrer victorieusement en Hollande , et de dévaster le Brandebourg , et ses armées , commandées par Turenne et Condé , tenaient en échec l'Allemagne tout entière. L'Europe, effrayée de la puissance du grand roi , chercha , au commencement de l'année 1673, à s'interposer entre les parties belligérantes. La Suède, entre autres, essaya de faire accepter sa médiation par la France et la Hollande ; elle proposa d'abord une suspension d'armes pendant l'hiver; mais les Français et les Hollandais s'y refusèrent également, et elle obtint seulement qu'on assemblât un congrès à Cologne, où l'on vit bientôt 5e rendre des ambassadeurs de France , d'An^èterre , de Hollande , et des puissances médiatrices. Toutefois, les prétentions exorbitantes de la France firent Bientôt perdre tout espoir d'arriver à une conclusion pacifique. Les négociations traînèrent en longueur , et elles duraient encore eii février i674 , quand l'empereur d'Allemagne , désirant y mettre fin, fit commettre une infâme violation du droit des gens , violation que la politique tortueuse et perfide du cabinet autrichien renouvela au congrès de Rastadt , en 1799.
L'Empereur chargea dix officiers du régiment de Grana, en garnison à Bonn, de se rendre à Cologne, et d'arrêter le ministre plénipotentiaire de l'électeur de Cologne , le prince Guillaume de Furstemberg , auquel l'Empereur ne pouvait pardonner d'avoir décidé l'électeur à livrer passage aux
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ariiaéés ftiihçatses. té 14 février , lié prineë Gitillaume 5e rendant près dé réiébteùir ftit arrêté bar des ofBciert mii tirèreht sur sa voiture. Le cocher H Uëux laquaîs ifurerlt tbës ; lés pei*sbnnes qûi accompagnaient te prince Furent blessées iddn^erbusemeht , mii les agresseurs mohtei'ent sur le siège:
à ia place du cocher , et émmeiièrenc la voiture hors de là ville où les attén* dait une escorté biitHchiénne qui leà conduhtt à Bonn. G^t attentiat eût le résultat Uu'eh attehdait l'Empereur, il causa la dissbhition immédiate du coii* grès.
CoLO^BÀT^ (Saînt) naquît , en 54Ô, dans le Jiaj^s de Leîristér en Irlande, îl fit ses études et devint moine dani )e monastère de Benchor ; mais la vie hionotone du cloître lui devint bientôt insupportable; il quitta sa patrie et passa eh France , en 585 , avec douze nioinfes db sôti couvent , dans Tîntenllon di5 parcourir !e pays et d*y prêcher la réforme des moeurs. Ses paroles, a(> cueillies avec empressement par les grands iet par le peuple , lui firent bientôt une grande reputatîota de sainteté.
Arrivé en Bourgogne, il s'y arrêta d'après les sollicitations du toi Gontraq, et il fonda un monastère au milieu des Vosges. Mais le nombre de ses disciples devint bientôt si considérable, qu'il fut obligé de qditter !^ montagne où il s'était d'abord établi , rt de construire à LuxeUil une maison plus vaste et plus acieessible. ïl y établit une école qui devint la plus célèbre du huitième siècle , et d'où sortirent une foule d'illustres docteurs et de grands prélats.
Il était depuis dix-neuf ans à la tête db «e monastère , lorsque éclata sa (Juerelle avec Théodoric !I , rôî de Bourgogne. « Saint Colomban , dit M. Gui- « zot, prêchait U réforme des mœurs, « le 2èl0 de la foi , sans tenir compte k d'aucune co'n«idératiort , d'aucune « circonstance; se brouillant avec lefe i« princes , avec les évêques , jetant db « tbus côtés le fe.u divin, sans s'inquié- « ter de l'incendie (*). » Ayant flétri hautement les désottlres du roi, il
(*} Cours d'hist. mod. , seizième leçon.
Plrrlta éoràth m et i*)^^sli â la hâfné de Brunehaut . qui excitait le Jeune prince à la ë'éDauche. Après de viO" lents débâts , où il emplova ilkne énler- 'gie indbhiptable -, Colômbati fut fôk-cé de quitter la Bourgogne , fut conduit h Mantes et ehibarqué pour l'Islande \ hiais le vaisseau qui le portait fut rejeté par une ténipéle sur les côtes dé la Bretagne. Il revint chiez les FHihcs , s'établit dans lés États de Théédebert;., près ttu lac de Geriêve; et quand Théodebert ^t été vaincu par Théodoi^ic , il se re* tît'a en Lombardie , où Agîlulphe l'ac* i^ueillit avec bonté. Colomban fonda dans ce pays , en 612 , le monastère de Bbbbio ', où il mourut le 21 Novembre 615 , à l'âge de 76 ans. On a con- JserVé de lUl Une règle itionastique, quelques lettres , queli(}ues fragments poétiques et seize discours <lont l'éloquence fest Vive , éhèrgique et passionnée. La cbllectioh de ses œuvres a été publiée par Thom. Sirm; Louvain, 1667, in-fol. avec les notes de Fié*ilning.
€oLOMBAN, abbé dé Saint -Troh, mort au milieu du neuvième siècle , et auquel on attribue le poème intitulé de Origine atque prirnordiis gentils Franc&mm {sUrpis ÇarôUftse). Cet ouvrage, écrit vers 840, et dédié à Ckurles le Chauve ^4d\t partie de la collection des hlstoriif^hs de France, publiée par dorti Bouquet.
Colombe ( Sainte ) , vierge chrétienne, martyrisée à Sens, sous Marc- Aurèle, selon les uns, et appelée la première martyre de la Gaule ceMg«e; soûs l'ërhpereur Auréllert, verfs 273 , selon. d'autres 4 dont l'opinion est plus probable. Tous lés faits dont on a composé son histoire sont incertains ; mais y dès le septième siècle . elle était à Paris l'objet d'une grande vénération, et Dagôbert lui fit faire uhe châsse magnifique qui l^it placée à Sens dalilis l'église des bénédictins.
CoLOitBBL (Nicolàîs) ^ peintre, hàquit à Sotteville , près de Rouen , en 1646, et mouirut à Paris en X'Jil. Il fut élève de Lesueur, et il est le seul artiste distingué qui soit sorti de l'école de ce grand peintre. Il tut reçu à