La Fraternité, ci-devant de Litf
COM
€OM
dans la nuit du 9 août; les autres le 10, d'autres encore plus tard. La nomination de Robespierre n'eut lieu que dans la journée du 10 ; sa renommée de vertu et son talent de parole lui acquirent une grande part d'autorité morale sur le conseil général. Marat, Tallien , Collot-d'Herbois , remplirent aussi dans la suite différentes fonctions auprès de la nouvelle municipalité.
Une députation , ayant Danton pour orateur, avait été annoncer à la Légîs- Jative la formation de cette Commune insurrectionnelle. Effrayée par le bruit du canon qui grondait encore, l'Assemblée s'empressa de la reconnaître.
Un peu plus tard ^ dans les derniers iours du mois djaoût , elle essaya de la dissoudre, mais en vain; elle fut contrainte de rapporter son décret de dissolution (30 août) , et de subir une commune gui relevait directement de la souveraineté du peuple , et qui , par la voix de Manuel , son procureur, menaçait d'en appeler à l'insurrection. II était temps de céder, car déjà le conseil général avait , de sa propre autorité , défendu aux sections de procéder aux élections ordonnées par la Législative. La lutte était inégale entre une iDunici[)alité fière de sa victoire, en possession de la confiance du peuple , et une assemblée qui avait reconnu son incompétence , en convoquant une Convention nationale.
La Commune du 10 août exerça donc la dictature pendant l'interrègne parlementaire; elle fut, à cette époque, quelque chose d'analogue à .ce que devint , en 1793, le comité dé salut publie. Pour sauver la patrie en danger, elle concentra un moment tous les pouvoirs dans ses mains. Santerre^ le nouveau commandant général de -la force publique, fut à sa dévotion.
Kile se chargea de la garde du mo-
françois, Mouchet, Fayette, Beaufamé, £scabasse el Desgalgnès, remplacé par II>urand.
48. Mirabeau. A. Maréchal, A. Lliuillier, C. Pagnier, J. Auvray, J. Faure, H.-F. peiTOchel.
narque détrôné , dont elle demanda la déchéance. Elle hérita de l'autorité du directoire du département de Paris, qui jusque-là avait plusieurs fois es* sayé de partager le pouvoir municipal avec elle, qui avait provoqué la suspension de Pétion et de Manuel après la journée du 20 juin , mais que son attachement pour l'ancien régime venait d'entraîner dans une même chute avec le trône. Elle eut un comité de surveillance ou doniinait Marat, même avant d'en faire partie, et qui poursuivit les contre-révolutionnaires avec la dernière rigueur. Elle disposa de valeurs considérables en vendant les hôtels séquestrés des nobles. Elle envoya des commissaires dans tous les départements pour imprimer partout une direction uniforme, et préparer les élections pour la Convention nationale; à Paris, elle présida elle-même à ces élections. Par Danton , elle eut voix dans les délibérations du pouvoir exécutif, qui essaya inutilement de lui résister. D'ailleurs, avec le secours de ses comités, elle s'empara d'une partie de la puissance gouvernementale et judiciaire ; outre le comité de surveillance , elle avait un comité militaire , un comité des subsistances, etc., etc.; elle-même, comme on l'a déjà vu, était une espèce de comité de salut public. Enfin , la création d'un tribunal extraordinaire pour juger les coupables du 10 août, et tous ceux qui conspiraient contre l'indépendance nationale, semblait devoir lui donner encore une plus grande force de terreur. Certes, elle avait besoin d'une extrême énergie pour faire face aux dangers que courait la France, et l'on ne pourrait sans ingratitude aujourd'hui reprocher à la Commune du 10 août la sévérité qu'elle fut contrainte de déployer pour sauver l'intégrité du territoire, ramener la victoire sous nos drapeaux, et repousser les étrangers déjà presqu'aux portes de Paris. Mais il ne s'ensuit pas pour cela qu'on doive imputer à la Commune tout entière les massacres de septembre, ces terribles scènes de représaille et de vengeance, provoquées parles dangers delà
COH
L'UNIVERS
patrie et par rîDaction du tribunal c^^ar* gé de punir les traîtres et )es conspirateurs, et surtout par la voix de Danton, 8'écriant : a Mon avis est que, pour dé- « concerter les agitateurs et pour arré- « ter l'ennemi , ii faiii faire peur aux 9 royalistes. » Le seul des comités de là Commune qui intervint dans ces funestes journées fut le comité de surveillance et de salut public, et encore tout porte-t-ii à croire qu'il iqtervint bjen plus pour réduire le nombre dp^ victimes que pour pousser le peuple aux excès (voyez tes Annales, t. Il, p. 247 et suiv.). Sans doute alors quelques membres de la Commune, Marat Î>ar ses écrits , Billaud-Varennes et Talien par leur présence, encouragèrent Iq fureur populaire, ipais ils le firent en leur propre nom, jamais en vertu d'une autorisation directe de la Comipune. Eux seuls, plus tard, osèrent défendre les massacres de septembre, et se virent désavouer par Pétion, par bauton, par Robespierre et par leç plus ardents patriotes.
Dans tous les cas , ce ne serait pas sur le conseil général de la Commune que devrait peser la responsabilité de ces massacres, ce serait sur les membres de son comité de surveillance, qui n'agissaient pas toujours de concert avec lui, et qui avaient fini pa^ affecter une sorte d indépendance. Dans le conseil général dominait l'inQuence de RobesDierre; dans le comité de surveillance dominait celle de Marat, quoiqu'il n'y ait été adjoint que le 2 septembre. Ce dernier, d'accord avec Robespierre et avec Danton , tant qu'il ne s'était agi que de combattre contre la cour, avait séparé sa cause de la leur après la victoire ; la férocité de se^ principes, flétrie par eux, avait été la cause de cette scission. Au moment où eurent lieu les massacres de septembire ,' voici quelle était la position respective de ces trois bommes que l'on appelait les triumvirs, bien moins parce qu'ils étaient unis , que parce que toute la force révolutionnaire se trouvait alors concentrée en eux. Sa qualité de ministre, et ce mélange d'énergie et de spontanéité qui faisait le fond de
son caractère, avaient doimé la baule main à Danton dans le gouvernement A la Commune, le véritable chef, ce n'était plus Pétion , quoiqu'il conservât toujours le titre 'de maire, p'était Robespierre, dont la popularité n'avait fait que s'accroître, tandis que celle de Pétion diminuait de jour en jour, ï cause de son indécision, et par suite des intelligences qu'il entretenait avec le parti orléaniste, s'il faut en croire les révélations du temps. Lorsque le département de Paris chercha à relever la tête et à entrer en conflit d'autorité avec la Commune, celle-d aima mieux confier le soia de n défense à Robespierre qu'à Pétion.
Deux fois, à la tête d'une députation municipale, lîobespierre vint à l'Assemblée législative plaider la cause de ses clients, et le succès répondit à son attente. Le département vaioca reconnut lui-niême son erreur, et poor gue ses attributions purement relatives à la perception des impôts fussent mieux déterminées , il consentit a ne plus porter quç le nom de commistifm administrative. Quant à Pinfluence de | Marat , on l'a déia v^ , elle s'exerçait ! surtout au sein au comité de surveillance, oii il eut pour collègues Daplain, I Panis, Sergent, L'Enfant, Lefort, 1 Jourdain , Deforgues , Giiermear, Le- :
clerc et Durfort. 1
Marat était encore plus insensé que cruel ; mais on n'en doit pas moins convenir que ses j^rédications violentes, qui entretenaient dans les niaises les idées de vengeance, contribuèrent beaucoup aux massacres de septembre. Une tois aue les mînistrs im[)ro visés de la colère du peuple, excités par Tallien et BiUaud*Vareftnés, se furent, sans hésiter, sfà^siitués au bourreau , ni Danton , ni Robespierre, ni Pétion, en un mot m le gouvernement, ni la Commune, n^etrent la puissance de les désarmer. La seule ressource qui restait c'était m recours à la loi martiale; mais cette mesure de rigueur, prise au moment où les Prussiens s'avançaient sur Paris, aurait poussé le peuple à rinsunee* tion, arrêté les enrôlements vokMilaijci