‹ France (volume 5)Chapitre 75 sur 114 · GOBI · texte numérisé non relu

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et amené une nouyelle défaite... la derlifère p^ut-étre. Le peu de bien qui était possible alors, la Commune le fit, en envoyant des officiers municipaux inspecter les prisons, et arracher £(u fer des bourreaux un assez grand nombre de victimes. Le 2 septembre, il est vrai, il parut une proclamation du comité de surveillance, dans laquelle^ non content de justifier |es massacres, ce comité invitait les départements à sui«. Tre l'exemple d^ la capitale; mais cet écrit, qui eut une bien funeste influencé^ était rduvragQ de Marat. ou tout au plus dq comité de surveillance. La ré* ritabte pensée de la Commune, on la reconnaît bien mieux dans la proclamation suivante que dans les massacres de septembre. Voici le langage qu'elle tint, lorsqu'elle apprit la nouvelle di^ i;iége de Verdun : « Citoyeps, Tennemi 4t 05taux portes de Paris; Verdun, qii{ « l'arrête, ne peut tenir que huit jours* 9 Les citoyens qui le aefendent ont « ji^ré de mourir plutôt que de se ren- « flre; c'est vous dire qu'ils vous font « un rempart de leurs corps. Il est de « votre devoir de voler à leur. secours. « Citoyens, marchez à l'instant sous « vos drapeaux; allons nous réunir au « champ de Mars^ qu'une àrmiée de 4c soixante mille homines se forme à[ « l'instant. Allons expirer sous le^ 0 cot4ps de rennemif ou l'exterminer «c sous les ndres. » Par ses soins, çhacju^ jour, dix-huit cents hommes équipés partaient de Paris ppur la frontière; quelquefois, il en partait jusqu'à cinq miAe. Quatre-vingt millg nommes se trouvèrent bientôt sous les armes.

Lorsque la Convention nationale eut tenu ses premières assemblées, ieà Oirondins cherchèrent à reprendre leur revanche sur la Commune du 10 août. Us la représentèrent comme une autorité rivale que ne devait pas tqléirer la Convention. A dessein, ils tournèrent contre elle les massacres de scsptembre , qu'elle n'avait pas pu empêcher. Ils affectèrent de confondre csnsemble , sous le nom de triumvirs , 31arat, Danton et Robespierre, ipal- ^ré les diuéreneea qui separ^^ient ees

trois hommes. En un mot, ils exploitèrent au profit de leur ambition fout le mal qui avait, eu lieu , sans tenir contiptè des grandes choses qui avaient été accomplies. Cependant la politique de la Commune était bien supérieure à la leur; elle comprenait les avantages de l'unité gouvernementale , si nécessaire dans un grand pays; tandis que les Girondins allaient droit au fédéralisme. Le résultat de cette nouvelle lutte eut au moins cela de bon , que le comité de surveillance fut recherché par l'Assemblée nationale pour sa cruauté et pour seis malversations , et qu'il fut desavoué par la Commune.

Tant que le danger demeura imminent, 1^ Commune tint bon contre les attaques des Girondins , alors prépondérants et surtout animés contré KobespierreJ qui 4vait \ plus que tout autre < donnq des idées gouvernementales aux com-^ missaires des sections; mais il fallut céder, quand la défaite des ennemis et la puissâncei3roissante(ie la Convention eurent rendu la dictature municipale moins nécessaire. Le 2 décembre 1792, la Commune du 10 août fut remplacée par iine commune provisoire, et Chambon fut proclamé maire de Paris.

Ce fut sous l'administration de cette commune du 2 septembre qu'eut lieu le procès de Louis XVI. Chambon était une créature de Pétion,ét, comiTie lui, appartenait au parti dé ta Gironde; mais le conseil général se mit plus d'une fois en état (Thostilité avec lui , et vota dans le sens des Mpntagnards plutdt que dans le sens des Girondins.

Après la condamnation du roi^ lorsque la Gironde commença à perdre du terrain, cette municipalité, qui, d'ailleurs, n'était que provisoire, dut céder la place à une autre. Les succès remportes par les armées étrangères , depuis la dissolution de )a Commune du 10 août, nécessitaient qn redoublement d'énergie, et dans les derniers temps de son administration , Chambon , homme nul , n'avait plus aucune autorité.

Le 14 février 1793 , Pache , ex-ministre de la gqerre, fut proclamé maif^ de Paris , en rea)plfiice{nen| çl^ Chain-

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bon. Ce fut un triomphe pour les Montagnards; malheureusement Ténergie de cette nouvelle municipalité, oue Ton pourrait appeler la Commune ae 1793, ressemble à de la violence plutôt qu'à de la vigueur. Elle contribua puissamment à la révolution du 31 mai et du 2 juin, qui entraîna la défaite des Girondins. Ceux-ci avaient irrité son courroux en nommant la fameuse commission des douze, qui avait pour but de supplanter la Commune et de s'emparer du gouvernement de la ca-

ÏHtale. Après la ruine des Girondins, a municipalité victorieuse ne connut plus de bornes , et elle se signala par un esprit d'exagération, de désordre et d'impiété. Le maire Pache , le procureur Chaumette et son substitut Hébert formèrent un triumvirat qui , en déchaînant toutes les passions no-

fmlaires, se flatta de renverser à la lois a Convention et le comité de salut public. Chaumette, l'inventeur des fêtes de la Raison , avait été élu procureur dès le 12 décembre 1792, pendant que Chambon était encore maire; quant à Hébert, c'était le rédacteur éhonté du Père Duchesne. Dirigée par ces trois hommes, la Commune devint un foyer d'insurrection ; dans sa manière d'entendre l'égalité, elle voulait qu'on abattît tous les clochers, parce qu'ils dépassaient le niveau des autres maisons , et elle n'eut pas honte de donner l'exemple de l'apostasie et de l'athéisme, ^ais elle trouva dans le comité de salut public , et principalement en Robespierre, un adversaire formidable qui sut réprimer sa révolte et la faire rentrer dans ses attributions. Les enragés connus sous le nom d'hébertistes , et qui avaient le projet de nommer Pache dictateur, sous le nom de grand juge, furent déjoués, et les principaux chefs de la conspiration portèrent leur tête sur l'échafaud, le 24 mars 1794. Pache et Chaumette n'échappèrent au même sort que parce qu'ils eurent la précaution de se rétracter et de faire amende honorable.

Le 21 floréal an ii (10 mai 1794) , Fleuriot-Lescot fut nommé maire , en remplacement de Pache , par un ordre

du comité de salut public, ainsi conçu : « Le comité de salut public arrête que le citoyen Fleuriot remplira provisoirement les fonctions de maire de Paris , vacantes par l'arrestation do citoyen Pache. Il prendra ces fonctions sur-le-champ , et. habitera la maison de la mairie. »

Cette sixième municipalité, bien différente de la précédente, fit une guerre ouverte aux partisans de Tanarchie et de l'irréligion. Elle fit une adresse à la Convention , pour qu'à la place de l'inscription : A la Raison, qui avait été mise sur les temples, il lui fât permis d'inscrire : A l'Être suprême. Ed toute circonstance, jusqu'au 9 thermidor du moins, elle appuya les mesures adoptées par le gouvernement révolutionnaire; aussi pourrait-elle être appelée la Commune du comité de salut public, A partir de la défaite des bébertistes, l'élément municipal perdit beaucoup de sa puissance; c^étaît le moment où toute l'autorité se concentrait dans les mains du comité dictatorial.

Lorsque la division eut éclaté parmi les membres de ce comité, la Commune, toujours fidèle aux idées d'unité gouvernementale, se prononça pour Robespierre. L'immense majorité du conseil municipal était favorable aux triaoivirs; le secrétaire Fleury, Tagent national Payan et le maire Fleuriot partageaient également leur manière de comprendre l'organisation de la république.

La défaite de Robespierre^ dans b journée du 9 thermidor, entraîna celle de toute la Commune, qui fit de vaius efforts pour le sauver ; Fleuriot , Payan , Fleury et un grand nombre de membres du corps municipal montèrent sur l'échafaud le même joor que Maximilien, Saint- Just, CouthoA et Robespierre jeune, qui, de même que Le Bas , n'avait pas voulu séparer son sort de celui des vaincus. Alon la Commune fut définitivement domptée par la Convention , qui s^était toujours montrée jalouse de son autorité.

Le 14 fructidor (31 août 1794), les thermidoriens , s'empressant de réo^ Çaniser l'ensemble de la république a leur manière, décrétèrent que II

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Commune de Paris serait administrée par plusieurs commissions, dont les présiaents seraient réélus tous les mois. De la sorte , la Commune n'eut plus de maire , plus de chef, partant plus d'unité; les thermidoriens ne voulaient pas autre chose. La nouvelle municipalité se montra aussi contraire aux partisans de Robespierre , que la précédente leur avait été favorable.

A l'époque des insurrections de prairial, le peuple voulut ressusciter Tancienne Commune : dans cet espoir, il nomma Cambon maire de Paris ; mais le succès s' étant cette fois encore prononcé en faveur des thermidoriens, coalisés avec ce qui restait du parti de la Gironde, cette tentative n'eut que des résultats funestes. La constitution de Tan ni, qui instituait le Directoire , divisa la Commune de Paris en douze municipalités, ayant chacune un maire, . six administrateurs, un officier de l'état civil , un commissaire du pouvoir exécutif et un secrétaire de l'état civil. Chaque municipalité formait quatre divisions , lesquelles avaient chacune un juge de paix et un commissaire de police. La constitution de l'an viii , qui mit à la tête de l'État trois consuls , inaintint la division de Paris en douze municipalités , chacune avec un maire, deux adjoints , un juge de paix, un percepteur des contrinutions , un receveur d'enregistrement et un comité de bienfaisance. Cette organisation s'est maintenue jusqu'à ce jour. On peut donc dire que depuis le 9 thermidor, la municipalité parisienne, entièrement démembrée , ne fut plus qu'un corps administratif , qui n'empiéta plus sur le terrain de la politique que pour offrir à tous les pouvoirs qui se succédèrent des adresses de félicitations et des flatteries de cour.

Ainsi donc, le règne de la Commune ne dura que cinq ans , du 14 juillet 1789 (prise de la Bastille) au 27 juillet i794 (9 thermidor an lï); mais dans ce court espace de temps , elle occupa le plus souvent la première place parmi les assemblées et les pouvoirs auxquels événements donnèrent naissance, liistoire est un miroir tidèle de

l'histoire de la révolution. D'abord une commune constitutionnelle , sous l'administration de Bailly , l'homme de la Constituante ^t de la monarchie re< présentative. Ensuite une commune ^ui pousse à la république , commune à moitié girondine, à moitié montagnarde , ayant Pétion pour maire et Danton pour substitut du procureur.

Puis une commune toute montagnarde, toute démocratique , la commune du 10 août, dans laquelle Pétion, image des girondins débordés par les montagnards , n'est plus maire que nominalement, tandis que le peuple domine en réalité, par l'intermédiaire du conseil général des sections. Puis , après la convocation de la Convention nationale , une commune de transition :

Chambon , girondin , en est le maire ; mais son pouvoir n'en est pas moins paralysé par celui du conseil général , qui appuie les montagnards. Puis encore, après la défaite des girondins, nouvelle invasion du peuple à l'hôtel de ville , nouvelle commune populaire comme celle du 10 août , dirigée par Pache en qualité de maire, Chaumette en Qualité de procureur, et Hébert en qualité de substitut ; commune exagérée jusqu'à la fureur, et se livrant aux orgies de l'immoralité et de l'athéisme, jusqu'au moment oîj elle expire sous les traits vainqueurs du comité de salut public. Puis enfin une commune démocratique encore, mais disciplinée, ayant Fleuriot pour maire , marchant d accord avec le gouvernement , tant que les membres qui le composent sont unis entre eux , et finissant par succomber avec les triumvirs dont elle a épousé la cause. Ces cinq administrations municipales ne sont-elles pas le reflet des cinq phases décisives que traversa la révolution française depuis la prise de la Bastille jusqu'au 9 thermidor?

C'était une fonction bien périlleuse alors que celle de maire de la Commune de Paris; des cinq magistrats qui la remplirent , trois payèrent de leurs jours ce ftmeste honneur : Bailly, Pétion et Fleuriot. Chambon ne dut qu'à sa nullité d'échapper au méipe

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