‹ FranceChapitre 110 sur 378 · GUIDES · texte numérisé non relu

GUIDES

mai suivant, à la tête de vingt-deux vaisseaux, trois combats où les amiraux déployèrent de part et d'autre beaucoup de talent, sans cpi'aucun d'eux obtînt une évidente supériorité. Guichen opéra ensuite sa jonction avec une escadre es* pagnole, et cet échec semblait pour Rodney le présage de beaucoup d'autres ; mais son adversaire fut moins heureux en 1781. Sorti de Brest au mois de juin avec dix-huit vaisseaux, Guichen alla joindre à Cadix la flotte espagnole de Cordova. Les alliés espéraient porter des coups terribles à l'Angleterre. Mais le comte ne put faire prévaloir ses avis dans le conseil ; les vents contrarièrent ses opérations, et il dut bientôt rentrer dans le port de Brest. Vers la fin de la même année , il ne réussit pas mieux à remplir la mission qu'il avait reçue d'escorter un immense convoi de bâtiments chargés de troupes , de munitions et de marchandises pour l'Inde et les îles de l'Amérique. Pendant toute la campagne de 1782, il commanda la flotte de Brest, ne quitta la carrière qu'il avait honorablement parcourue , qu'après la conclusion de la paix en 1783, et mourut à Morlaix en 1790.

Guichenon ( Samuel ), avocat à Bon rg-en- Bresse, né à Mâcon en 1607, mort en 1G64. C'est un des historiens les plus judicieux du dix-septième siècle. Le duc de Savoie lui donna le titre de son historiographe, avec une pension.

Il portait aussi le titre d'historiographe de France, et avait reçu de Louis XIV des lettres de noblesse. On a de lui : V Histoire généalogique de la maison de Savoie, in-fol., 1G60, Lyon, 2 vol., enrichis de ligures ; V Histoire de Dresse et de Bugey, in-fol., Lyon , 1650 , avec figures. Elle contient des recherches

dont quatre de soixante -quatorze, un de soixante-quatre et un de soixante.

La flotte française était rangée dans l'ordre inverse :

A l'arrière-garde , sept vaisseaux de haut bord ; le comte de Grasse , conmandant sur le Robuste , de soixante-quatorze canons ; au corps de bataille, sept vaisseaux de haut bord; le comte de Guichen , général eu chef, sur la Couronne , de quatre-vingts canons; et à l'avant-garde , huit vaisseaux de haut bord ; le chevalier de Sade, commandant, sut le Triomphant, de quatre-vingts canons.

curieuses : on en a donné une nouvelle édition en 1770; Bibliotheca segusiana, in -4°, 1660 : c'est un recueil des actes et des titres les plus curieux de la province de Bresse et de Bugey.

Guidal ( Maximilien- Joseph ), général de brigade, naquit à Grasse en 1755. Entré de bonne heure au service comme simple soldat, il parvînt jusqu'au grade de général de brigade. Naturellement fier et violent, il eut des démêlés avec divers ministres de la guerre ; enfin , son peu de ménagement dans l'expression de sa haine "contre l'empereur, le fit arrêter et enfermer à la Force. Là il s'associa aux projets de Mallet, et en effet rendu à la liberté par l'audacieux conspirateur, il se signala comme un des principaux chefs de l'étrange équipée du mois d'octobre 1812. Ce fut Guidai qui conduisit le préfet de police à la prison d'où luimême venait de sortir. Mais on sait combien fut court le succès des conjurés. Mis en jugement avec Mallet et Lahorie, il fut, avec eux, condamné à mort et exécuté dans la plaine de Grenelle, le 29 octobre 1812. Il ne sut pas, en allant au supplice, imiter le calme et la dignité que gardèrent ses compagnons , et jusqu'à ses derniers instants on l'entendit exhaler sa fureur en vomissant contre l'empereur mille imprécations.

Gutdes. — Lorsque, pour la conduite des grandes colonnes, des corps ou des détachements isolés, l'officier doit choisir des guides parmi les habitants des pays conquis , une infidélité , une erreur, peuvent compromettre la sûreté des troupes. Pour obvier à cet inconvénient , on a vainement essayé , à diverses époques, d'organiser des compagnies et même des régiments de guides. Plusieurs de ces corps , formés dans nos guerres de la révolution , ne servirent guère qu'à la garde des généraux qui les avaient établis. Napoléon , pendant ses campagnes d'Italie et d'Égypte, créa aussi des compagnies de uides. L'inutilité de leurs services les t supprimer sous le consulat (*).

(*) En terme de tactique, le guide d'un peloton est le sous-oflicier placé à une aile, afin de maintenir l'alignement et la distance prescrite.

Guidon. — Cette dénomination fut donnée, vers le milieu du quinzième siècle , à l'étendard de la gendarmerie, et, plus tard , à ceux des régiments de dragons. Elle cessa d'être employée en 1791 . Rétablie en 1815, elle a été définitivement supprimée Tannée suivante.

Guidonis (Bernard), célèbre religieux dominicain, nédansleLimousinen 1260.

Ayant été nommé, en 1308, inquisiteur de la foi en Languedoc, il exerça ce ministère avec une telle sévérité, que dans l'espace de quinze ans il prononça six cent trente-sept condamnations. Én récompense des services qu'il lui avait rendus dans plusieurs négociations , le pape Jean XXII le nomma successivement évêque de Tuy en Galice, puis de Lodève. Il mourut dans cette dernière ville en 1331. Guidonis, qui passait pour l'un des hommes les plus savants de son siècle, a laissé un grand nombre d'ouvrages dont voici les principaux :

1° Liber sententiarum inquisitionis To~ losanss ; 2° Chronicon comitum Tolosanorum, inséré dans l'appendix de l'histoire des comtes de Toulouse , par Catel ; 3° Spéculum pastorale ; 4* Descriptio Gallicarum, inséré dans le t. Ier des Scriptores Francor. cosetanei , de Duchesne. Il existe à la bibliothèque du roi dix -neuf copies d'un ouvrage intitulé : Flores chronicorum, sive ait' nales pontificum. Une partie seulement de ces annales a été publiée dans le tome III des Scriptores rerum Italkarum, de Muratori.

Guienne. 1* La Guienne sous les Romains et les Wisigoths. — L'article consacré à la province d'Aquitaine, dont le nom corrompu a formé celui de Guienne, a donné sur les limites et les subdivisions du pays un tableau qui nous dispense de parler de la première période de l'histoire de ces populations. Elles se distinguaient, avant la conquête romaine , par un caractère âpre, emporté, perfide; mais la culture, le commerce, introduits par les étrangers, modifièrent si rapidement les traits nationaux , que les Aquitains fournirent de bonne heure à l'Italie des orateurs et des poètes distingués. Jusqu'au milieu du troisième siècle , cette contrée est à peine nommée dans l'histoire.

Ensuite elle devint, pendant quelque

temps, le théâtre de troubles civils et religieux. Mais cependant la frontière septentrionale souffrit bien plus cruellement , et ses désastres augmentèrent en peu de temps la prospérité des provinces méridionales , refuge de tous les hommes aimant le repos, les beauxarts, les lettres, ou s'adonnant au commerce. La translation de la préfecture du prétoire de Trêves à Arles leur donna enfin une nouvelle importance politique. Arrivée à la fin du quatrième siècle , au plus haut degré de richesses, cette terre fortunée comprise entre les Pyrénées, le Rhône et la Loire, « semblait moins , comme l'écrivait un prêtre contemporain , une partie de notre monde, qu'une image vivante du monde à venir. » Toutefois cette prospérité n'était qu'app irente et n'existait que pour les hautes classes. Le premier danger venu devait suffire pour la ruiner entièrement.

En 415 , le Wisigoth Ataulphe entra dans l'alliance de l'Empire, sous la condition qu'on abandonnerait à ses compagnons le territoire de la seconde Aquitaine. Il se rendit dans cette contrée et la pilla, ainsi que quelques villes de la Novempopulanie; Wallia, son successeur, établi à Toulouse, distribua à ses soldats les deux tiers des propriétés situées dans la circonscription de sa capitale, de Bordeaux, d'Agen, de Périgueux, de Saintes, d'Angoulême et de Poitiers.

La plus grande partie du territoire aquitanique se trouvant inculte et dépeuplée, parce que les fermiers , les laboureurs avaient été remplacés à peu près partout par des esclaves qui, à l'approche des Goths, avaient pris la fuite , le propriétaire céda volontiers la majeure partie d'un domaine qu'il ne pouvait exploiter , et le changement de domination s'opéra sans serousse. Rien ne l'ut changé : les lois, les magistratures restèrent ce qu'elles étaient auparavant. Théodoric , successeur de Wallia (418) , incorpora à son royaume plusieurs villes de la Novempopulanie.

Après lui, Théodoric, Euric, Alaric, étendirent encore la puissance et les limites des Wisigoths. Mais la bataille de Vouillé livra l'Aquitaine à Clovis , qui la parcourut en conquérant sauvage plutôt qu'en libérateur. Les Goths,

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