‹ FranceChapitre 109 sur 378 · GUICHEN · texte numérisé non relu

GUICHEN

« mettre ce crime ; qu'il avait, pour le « même objet , recherché un moine ja- « cobin; qu'il avait fait venir le diable; «que le diable, interrogé par lui, lui « avait répondu qu'il fallait envoûter (*) «la reine; qu'il suivit ce conseil , et « qu'aussitôt Jeanne mourut; qu'il ré- « solut d'empoisonner le roi de Navarre «et Charles, frère du roi, et qu'il fit « l'épreuve du poison sur un chevalier « qui en mourut. »

Un ermite, témoin de l'envoûtement, vint donner sur cette opération de nombreux détails. Quant au poison , il vit l'évéque et le jacobin le composer avec une quantité d'animaux vénéneux, des aspics , des basilics , des crapauds , des lézards, etc.

Le deuxième témoin est la sorcière.

Elle dépose que l'évéque lui a demandé un philtre pour se faire aimer de la reine; que, sur l'avis du jacobin, Guichard a lu le grimoire; qu'alors est apparu un diable auquel le jacobin parla assez familièrement , et demanda comment l'évéque pourrait avoir contentement avec la reine ; qu'elle sait bien qu'il y a des moyens immanquables de se faire aimer d'une femme, mais qu'elle ne les a pas révélés à l'évéque. Elle termine en disant qu'elle est de mainmorte et femme de corps abonata ad très denarios.

D'autres témoins disent que l'évéque est fils d'un incube nommé Petum ; qu'il est sorcier et généralement reconnu pour tel ; qu'il a commis plusieurs adultères: qu'il vivait publiquement en état d'inceste avec une nonnain ; qu'il a empoisonné ou fait assassiner plusieurs personnes; quatre affirment de visu qu'il faisait souvent apparaître le diable et lui commandait ce qu'il voulait. Beaucoup déposent qu'il est fauxmonnayeur , simoniaque ; l'ouvrier qui a fait les instruments de faux-monnayage se trouve parmi les témoins.

Plusieurs rapportent qu'il a ordouné prêtre un clerc bigame, etc., etc.

Guichard se retrancha d'abord dans un système d'entière dénégation. Le conseil qu'on lui accorda proposa pour sa défense des moyens de forme, invoqua des privilèges , allégua des nullités

(*) Voyez EirvouTEMEWT.

sans s'occuper du fond, sans alléguer de moyen justificatif; il craignait peutêtre pour lui les tortures que le bailli avait fait subir précédemment aux témoins trop laconiques, ou bien il ne trouvait rien à opposer à tant de témoignages. Guichard fut ensuite forcé de convenir : 1° qu'il avait, pour de l'argent, donné l'absolution à un hérétique ; 2° que, pendant son enfance , la maison de son père était pleine d'incubes, ce qui ne prouvait rien toutefois contre sa légitimité; 3° qu'il avait fait faire de la mauvaise monnaie, mais qu'il la croyait bonne.

La discussion de cette affaire se fit devant une assemblée nombreuse tenue à Paris, dans le jardin du palais où le public fut admis (6 octobre 1308). « L'évéque demeura prisonnier au Louvre jusqu'en 1313, que son innocence fut reconnue, dit l'abbé Fleurv (*), par la confession du Lombard Noffé, lequel fut pendu à Paris pour d'autres crimes.» Il paraît que lorsque le roi n'eut plus à craindre l'effet des prétentions du pape, il se crut assez vengé de Guichard par sa longue et dure captivité.

Guiche ( famille de). Voyez Gba-

MOiNT.

Guichbn (Luc- Urbain du Bouexic, comte de), lieutenant général des armées navales, né à Fougères l'an 1712, entra de bonne heure au service de la marine, et passa successivement par tous les grades. Nommé capitaine de vaisseau en 1756, il s'empara, l'année suivante, de quatre corsaires et de neuf bâtiments marchands; en 1778, il prit part comme chef d'escadre au combat d'Ouessant, fut ensuite chargé du commandement d'une des trois divisions de l'armée navale, et livra à l'amiral Rodney, sous le vent de la Dominique, le 17 avril 1780 (**), ainsi qu'aux 15 et 19

(*) Histoire ecclés. , t. XIV, p. a33.

(**) Dans cette action , les armées navales étaient en présence dans l'ordre suivant :

Flotte anglaise, à Pavant-garde , sept vaisseaux, de haut bord ; le vice-amiral Hyde-Parker, commandant, sur la Princesse royale, de quatre-vingt-dix canons; au corps de bataille sept vaisseaux ; l'amiral Rodney, généralissime, sur le Sandwich, de quatre-vingtdix canons; à l'arrière-garde, six vaisseaux,

T. ix. 15* Livraison. (Dict. encycl., etc.)

GUICHEIfON

L'UNIVERS

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