ERS. GUIGNES
chaire de syriaque , vacante au collège royal ; devint garde des antiques du Louvre en 1769, et pensionnaire de l'Académie des belles-lettres en 1773.
Lors de la réunion du collège royal à l'Université, il se démit de sa chaire. En 17S5, il fit partie du comité établi au sein de l'Académie pour la publication des Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque du roi. La révolution ne compta point Guignes au nombre de ses partisans. Dévoué à la cause royale, il cessa de paraître à l'Académie depuis les journées des 5 et 6 octobre 1789 , et malgré sa pauvreté , malgré les instances des différents gouvernements de la France, il refusa opiniatrément tous les secours , toutes les places, qui lui furent offerts. Il mourut en 1800. Rien ne fait mieux l'éloge de son beau caractère, que cet article du testament de Groslcy : « Édifié de la « manière dont de Guigues, moncon- « frère à l'Académie, cultive les lettres, « sans forfanterie, sans intrigue, sans « prétention à la fortune » je lègue à « lui ou à ses enfants, s'il me précédait « à la tombe, la somme de 3,000 liv. » Les principaux ouvrages de de Guignes sont : 1° Histoire générale des Huns , des Turcs, des Mogols , et des autres Tartares occidentaux, avant et depuis J. C. jusqu'à présent, précédée d'une Introduction contenant des tables historiques et chronologiques des princes qui ont régné dans l Asie , Paris , quatre parties en cinq volumes , dont les trois premiers parurent en 1756, et les deux derniers en 1757 et 1758. Cet ouvrage, l'un des plus considérables, des plus importants et des plus utiles qui aient été publiés sur l'histoire des peuples de l'Asie , a placé l'auteur au premier rang parmi les plus célèbres orientalistes. LesvstèmededeGuignes sur l'origine des lïuns a trouvé de nos jours quelques contradicteurs ; mais il domine encore sur les nouvelles hypothèses. Cet ouvrage est devenu très-rare; il a été traduit en allemand , avec des additions, par Daennert , 1768-1771.
Les journalistes de Trévoux ayant critiqué l'histoire des Huns , de Guignes répondit par une lettre insérée dans le Journal des Savants de 1757. 2° Mémoire dans lequel on prouve que L*
«LIGUES LE YIKUX
Chinois sont une colonie égyptienne , Paris, 1759 et 1760, in-12. 3° Réponse aux doutes proposés par M. Deshautesrayes (Paris, 1659, in-12) sur le mémoire précédent. 4° Le Chou- King , livre sacré des Chinois , traduction du P. Gaubil , revue et corrigée , enrichie de notes et d'une notice sur YY-King.
5° Édition de deux traductions du P.
Amyot : Éloge de Moukden (1770) , et Y Art militaire des Chinois (1771). 6* Vingt-huit mémoires sur différents sujets, insérés dans la collection de l'Académie des inscriptions. 7° Cinq notices dans les deux premiers volumes des Notices et extraits des manuscrits, etc. Elles font connaître les géographies arabes de d'Ibn Al-Wardé et de Yacouti , les histoires de Massoudi et &Jbn Al- Athir, et l'original arabe du voyage de deux musulmans aux Indes et à la Chine, publié par Renaudot. 8° Un grand nombre d'articles dans le Journal des Savants , dont il a été 35 ans un des plus laborieux rédacteurs. Il a laissé en outre plusieurs mémoires et ouvrages historiques.
Guignes (Charles-Louis-Joseph), fils du précédent,né à Paris en 1 759. Il débuta dans la littérature orientale par un Mémoire sur le planisphère céleste chinois , qu'il présenta en 1781 à l'Académie des sciences, et qui est imprimé dans les mémoires de cette société (tome X, savants étrangers, 1782). Attaché en 1783 au consulat de la Chine, il partit pour Brest, où il s'embarqua le 20 mars 1784. Avant de quitter Paris, il avait été nommé correspondant de l'Académie des sciences et de celle des inscriptions et belles-lettres, qui lui remirent une série de questions. Il ne put revenir en France qu'en 1801 , fut alors attaché au ministère des affaires étrangères, et obtint sa retraite en 1818. Il a publié : 1° Observations sur le voyage at M. Barrow, Paris , sans date , in-8° de 58 pages ; 2° Lettre à M. Millin sur le panthéon chinois (Magasinencyctopéaiaue, 1807) ; 3» Voyages à Pékin, Manille et Vile de France, Paris, 1808, 3 vol. in 8°, et atlas in-fol. ; 4' Réflexions sur les anciennes observations astronomiques des Chinois, et sur Pétat de leur empire dans les temps les plus reculés (Annales des Voyages, II, VIII) ; 5°
Réflexions sur la langue chinoise (ibid., tome X) ; 6° Dictionnaire chinois , français et latin , Paris , imprimerie impériale, 1813, très-grand in-folio de près de 1,200 pages.
Guigniaut (Joseph -Daniel), helléniste et antiquaire , naquit à Paray-le- Monial (Saône-et-Loire) en 1794. Il fut successivement professeur au collège Charlemagne, puis maître de conférences à l'école normale jusqu'à la dissolution de cette institution en 1822. Il entreprit alors de traduire en français la Symbolique du docteur Creuzer, et, tout en continuant sa traduction, il refondit l'original , le compléta , en remania des livres ou des chapitres entiers, et l'accompagna de notes étendues , de commentaires et de figures. Il publia en 1825 la première livraison de cet important travail sous le titre suivant :
Religions de V antiquité, considérées principalement sous leurs rapports symboliques et mythologiques, etc. Ce livre, annoncé comme une traduction, fut généralement regardé comme une édition nouvelle , faite en français de l'ouvrage allemand. Les livraisons suivantes ont paru successivement en 1829, 1835 , 1839 et 1841 . Le dernier volume verra le jour très-prochainement.
L'école normale ayant été rétablie sous le nom d'école préparatoire , JW.
Guigniaut y fut nommé maître de conférences pour la littérature grecque. De 1825 à 1829, il publia deux dissertations , l'une Sur la Vénus de Paphos et son temple, 1827; l'autre Sur le dieu Sérapis et son origine, 1828. Il fut en outre l'un des premiers coopérateurs du journal le Globe, et l'un des fondateurs du Lycée, journal de l'instruction publique. Au commencement de 1829, nommé par M. de Vatimesnil directeur des études à l'école préparatoire, il sut, malgré les nombreuses tracasseries dont il fut l'objet, garder cette place jusqu'en 1830, époque à laquelle il fut confirmé dans son poste , qu'il ne quitta qu'en 1838. Il a été reçu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1837, et est actuellement professeur de géographie ancienne à la faculté des lettres de Paris.
Guigues le Vieux. Voyez Dauphins de Viennois.
L'UNIVERS