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GUILLAUME L'UNIVERS. GUILLAUME

mès Trismégiste. Par la nature et Tétendue de son érudition, par sa manière de penser et par son style élégant et clair, il mérite d'être placé fort âu-dessus de ses contemporains. Ses ouvrages, imprimés pour la première fois à Nuremberg, en 1496, ont été publiés de nouveau avec de nombreuses corrections, à Orléans, 1674, 2 vol. in-fol.

Guillaumb de Champeaux. Voyez Champkaux.

Guillaume de Chabtres , historien, était, avant 1248, chapelain de saint Louis, qu'il accompagna deux fois à la croisade, et dont il partagea la captivité. Dans l'intervalle de ses voyages, il s'était fait dominicain. Il mourut, à ce mie l'on croit, vers 1280. Guillaume a écrit l'histoire du pieux monarque, ou plutôt un supplément à celle que Geoffroi de. Beaulieu avait composée. Cette suite est intitulée : De vifa et actibus inclytx recordationis régis Francorum Ludovici, et de miraculis guœ ad ejus sanctitatis declarationem contigerunt. Cet ouvrage, publié en 1617 par Claude Mevnard, a été inséré depuis dans le tome V des Scriptores rer.

Franc, de Duchesne , dans le recueil des Bollandistes , et enfin dans le tome XX du recueil des historiens de France. On n'y trouve guère que des particularités relatives aux vertus religieuses de saint Louis. On a encore de Guillaume de Chartres trois sermons renfermés dans un manuscrit provenant de la Sorbonne. Ils ne méritent aucunement d'être publiés.

Guillaume de Jumiéges, historien du onzième siècle, naquit, à ce que Ton croit, en Normandie, et prit l'habit de saint Benoit à l'abbaye de Jumiéges. « Quelles que soient les fables qu'il a mêlées aux faits, Guillaume est 1 un des plus curieux historiens du onzième siècle. Non-seulement il nous a conservé sur l'histoire des ducs de Normandie des détails qu'on ne trouve point ailleurs , mais il peint avec plus de vie et de vérité qu'aucun autre les mœurs nationales , les caractères individuels, et sa narration ne manque point d'intérêt. Ces mérites se font surtout remarquer dans les sept premiers livres, les seuls qui doivent être regardés comme son ouvrage ; le VIIIe a été

évidemment ajouté dans la suite par un moine de l'abbaye du Bec. Sans parler de la différence de ton et de style , il y est question de plusieurs événements arrivés après la mort de Guillaume de Jumiéges ; par exemple, de la mort d'Adèle , comtesse de Blois , sœur du roi d'Angleterre, Henri 1er, survenue en 1137; et de celle de Boson, abbé du Bec, qui eut lieu la même année. Guillaume avait dédié son histoire au roi Guillaume le Conquérant. Il l'écrivait donc avant l'année 1087 , époque de la mort de ce prince; il faut donc croire qu'il vivait encore cinquante ans après, et qu'alors seulement il y aurait ajouté le VIIIe livre ; supposition qui n'est pas rigoureusement impossible , comme le prétend dom Rives (Histoire littéraire de la France, t. VIII), mais qu'on peut re-

Êarder comme tout à fait invraisemblale. Il paraît même que, dans les sept premiers livres, plusieurs chapitres, notamment le chapitre ix du livre VI , les chapitres xn, xxn, xxv, xxxvm du livre VII, et peut-être quelques autres passages encore, ont été également ajoutés après coup, ou du moins interpolés, soit par le moine auteur du VIII* livre, soit par quelque autre chroniqueur. On ignore absolument l'époque de la mort de Guillaume , et il ne paraît pas qu'il ait jamais été revêtu d aucune dignité ecclésiastique ; il n'en acquit pas moins assez vite une grande réputation, et Orderic Vital en parle à plusieurs reprises avec la plus haute estime. On lui donne , dans les manuscrits, le surnom de Calculas, soit qu'il fût tourmenté des douleurs de la pierre ou de la gravelle , explication peu probable à mon avis , soit que ce mot fût la traduction latine de quelqu'un de ses noms (*). »

L'ouvrage de Guillaume a pour titre :

Historix Normannorum libri fil. Il a été publié pour la première fois par Camden dans ses Anglim scriptores, Francfort, 1603, in-fol. ; et plus tard il fut inséré par Duchesne dans le recueil des Normannorum antiqui scriptores, Paris, 1619, in-fol. Le texte est encore très-fautif. Il a été traduit en

(*) Notice sur Guillaume de Jumiéges, par M. Guîzot, t. XXIX , Collection des mémoi> res relatifs à l'hisloire de France.

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