GIT1SE L'UNIVERS. GUISE
avec toute sa famille, en Italie. Il séjourna près de neuf ans à Florence , et mourut à Cuna, près de Sienne , le 30 septembre 1640. Son corps fut trans-
Îiorté à Joinville pour être inhumé dans e tombeau de ses ancêtres. Il était duc de Guise et de Joyeuse, prince de Joinville , souverain de Château - Renaud, comte d'Eu , pair et grand maître de France, amiral des mers du Levant, gouverneur de Champagne et de Provence. II avait épousé , en 1611 , Henriette-Catherine, duchesse de Joyeuse, veuve de Henri de Bourbon , duc de Montpensier, et fille de ce bizarre Henri, duc de Joyeuse
Que Paris vit passer tour à lonr Du siècle au fond d'un cloilre, et du cloilre a la cour.
De ce mariage naquirent neuf enfants , dont le troisième, Henri, devint duc de Guise, après la mort de son père. Le septième était une fille, appelée Marie, qui succéda aux biens de sa maison après la mort de François-Joseph Ier, son petit-neveu. Enfin Françoise-Renée, le dernier de tous ces enfants, devint abbesse de Montmartre, et ce fut en cette abbaye, et en sa présence, que se signa, en 1662, le traité de Montmartre , par le-
3uel Charles III , duc de Lorraine, céait ses États à la France, sous la condition que les princes lorrains seraient déclarés minces du sang de France et habiles a succéder à cette couronne au défaut des Bourbons.
Henri II de Lorraine, cinquième duc de Guise, né le 4 août 1614, fut le dernier descendant direct de cette illustre maison. L'ardente activité des premiers Guises se retrouve en lui ; mais éloigné du service de l'État par la défiance de Richelieu , plus avide de renommée que de vraie gloire, il consuma sa vie en duels , en profusions , en amours romanesques, en entreprises hasardeuses , et ne fut qu'un brillant aventurier. D'abord, il avait été destiné à l'état ecclésiastique, et il fut pourvu, avant d'avoir reçu définitivement les ordres, de l'archevêché de Reims et des riches abbayes qui se transmettaient comme une espèce de succession dans sa famille. Mais quand il devint l'aîné, il rentra dans la vie du monde, où il se fit remarquer par sa bonne mine, sa grâce, son esprit, son
courage. Il aima Anne de Gonzague ; mais Richelieu, qui ne voulait pas leur union, traversa leurs amours, et le duc de Guise, irrité contre le cardinal, se jeta dans le parti du comte de Soissons, et entra dans cette ligue fameuse, qui prit le nom spécieux de ligue conjédêrée pour la paix universelle de la chrétienté. Henri de Guise fut traité comme un criminel de lèse-majesté, et condamne par contumace, le 6 septembre 1641 ; ses biens furent confisqués et son duché aboli. Il s'était réfugié à Bruxelles, où Anne de Gonzague voulut le suivre ; mais il la fit retourner à Paris , et l'oublia pour Honorée de Borgnes , veuve du comte de Bossut, qu'il épousa. En 1643 , il fit sa paix avec la cour et revint en France ; mais le duché de Guise ne fut pas rétabli, et ce ne fut qu'en 1704 que de nouvelles lettres patentes furent délivrées pour en faire l'érection eu faveur du prince de Condé. A son retour. Henri de Guise oublia sa femme, et s'attacha a un nouvel amour que mademoiselle de Pons lui avait inspiré. Il parvint, en 1650, à faire déclarer nul son mariage, désirant s'unir à mademoiselle de Pons , qu'il n'épousa pas pourtant. En 1647, il était allé en Italie , pour obtenir du pape la déclaration de nullité , lorsque les Napolitains, révoltés contre l'Espagne, le prirent pour chef, et lui donnèrent le titre de généralissime de leur armée. Le souvenir de François de Guise et les qualités brillantes 'du nouveau duc les déterminèrent à ce choix , dont ils eurent d'abord à se féliciter. Le jeune prince parut digne de la confiance du peuple qui l'appelait à sa délivrance.
Monté sur une simple felouque, il passa hardiment au travers de l'armée de don Juan, battit les troupes espagnoles, et leur enleva la ville et la campagne environnante. Sa conduite gagna tous les cœurs. « On ne peut , dit-il dans ses Mémoires , exprimer la joie de tout ce peuple qui alloit jusqu'à l'adoration et l'idolâtrie, venant briller de l'encens au nez de mon cheval.... Je me rendis chez Gennare, général des Napolitains.... Je lui présentai la lettre que M. de Fontenay (ambassadeur de France à Rome) m'avoit chargé de lui remettre. H l'ouvrit , la parcourut tout de la vue , et,
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après l'avoir tournée de tous les quatre cotés, il me la rejeta, disant qu'il ne savoit pas lire.... Le peuple demanda à me voir ; je me mis à une fenêtre, et je jetai un sac de sequins , et un de monnoie blanche, etc., etc. » La France lui avait promis ses secours; les Napolitains paraissaient disposés à l'élever sur le trône ; mais ses imprudences, ses galanteries, excitèrent la jalousie des uns, le compromirent auprès des autres : ses ennemis en profitèrent, et la trahison de ce Gennaro Landi dont il parle , livra Naples aux Espagnols au moment où le duc de Guise faisait une sortie pour introduire un convoi dans la ville. Sur-
I)ris par les ennemis, il se défendit avec e plus grand courage; il était déterminé à périr les armes à la main; mais les Espagnols le firent prisonnier , le conduisirent à Gaëte, et de là à Madrid (1648). En 1652, le prince de Condé, qui avait passé à l'Espagne , obtint sa délivrance , en faisant espérer aux Espagnols un partisan de plus ; mais le duc de Guise , aigri par les souffrances de sa captivité à la tour de Ségovie , oublia les promesses qu'il avait faites aux ennemis de la France , et essaya même encore, en 1654, de reconquérir le royaume de Naples. Cette tentative fut sans résultat , et le duc de Guise revint à la cour, où il fut pourvu , en 1655, de la charge de grand chambellan. Nous avons les Mémoires du duc de Guise pendant la révolte de Naples, en 1647, écrits par deux personnes différentes, et dans des intentions bien contraires. L'un de ces Mémoires a pour auteur le comte Raymond de Modène, d'Avignon, qui avait accompagné Henri de Guise dans son expédition, mais qui, s'étant brouillé avec lui, s'est attaché à révéler les défauts de son caractère et ses fautes. Son livre parut en 1667, sous le titre d'Histoire des révolutions de la ville de Naples. L'année suivante, Sainctyon, ancien secrétaire du duc de Guise, opposa au comte de Modène des Mémoires de M. le duc de Guise, contenant son entreprise sur le royaume de Naples jusqu'à sa prison , Paris , 1668 , in-4°, et 1681 , in-12. Les Mémoires de Trévoux (1703 , décembre) prouvent qu'ils sont écrits par le duc lui-même. On a encore du duc de Guise
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