‹ FranceChapitre 14 sur 378 · GOURGAUD · texte numérisé non relu

GOURGAUD

son chef. Deux fois, quand il fallut jeter des ponts sur la Rérésina, il traversa le fleuve, à cheval, pour aller reconnaître la rive opposée. Au terme de ce grand désastre, l'empereur le nomma premier officier d'ordonnance , place qu'il créa pour lui afin de l'attacher au cabiuet. Ce fut en cette qualité que Gourgaud le suivit pendant ia campagne de Saxe, sur les champs de bataille de Lutzen, de Bautzen, etc. Durant l'armistice de Plesswitz, il fut chargé de veiller au matériel de l'artillerie, et reçut une nouvelle dotation. Le 24 août, ce fut sur l'avis transmis par Gourgaud que Napoléon , qui voulait d'abord marcher sur Kœnigsberg , changea tout à coup de direction , et arriva à Dresde assez tôt pour empêcher l'ennemi d'enlever cette ville et pour livrer bataille. Dans cette circonstance, il eut encore, à titre de récompense , une dotation de six mille francs avec le brevet d'officier de la Lésion d'honneur. Après la bataille de Leipzig, il sauva le corps du maréchal Oudinot qui était resté en arrière. Dans l'intervalle qui sépara la campagne outre-Rhin des premiers événements de la campagne de France, Gourgaud s'occupa sans relâche de la réorganisation de l'armée et de la défense du territoire, et quand r in v asion eut commencé, il partit avec l'empereur pour la combattre.

Au retour de l'île d'Elbe, Gourgaud reprit auprès de lui ses fonctions de premier officier d'ordonnance. Bientôt il se signala à Fleurus , devint aide de camp de l'empereur avec le grade de général. Après avoir combattu toute la journée

ans , il tomba, dit-on, si dangereusement malade, que les médecins décidèrent qu'il devait retourner en Europe (*). Ramené en Angleterre à l'époque du congrès d'Aix-la-Chapelle, Gtfurgaud écrivit aux empereurs de Russie et d'Autriche pour leur faire connaître l'état déplorable où Napoléon était réduit, et pour les encourager à apporter quelque adoucissement à son sort. On croit pouvoir attribuer à cette démarche l'envoi à Sainte-Hélène d'un aumônier, d'un médecin et de trois domestiques. Le 25 août 1818, il adressa de Londres à Marie-Louise, l'indigne épouse du grand homme, une lettre dans laquelle il la conjurait de faire enfin une démarche en faveur de son époux. «Madame, écri- « vait-il, au nom de ce que vous avez de « plus cher au monde, de votre gloire, « de votre avenir, faites tout pour sauver « l'empereur, l'ombre de Marie-Thérèse

«vous l'ordonne! Pardonnez-moi,

« madame, d'oser vous parler ainsi ; je « me laisse aller aux sentiments dont je « suis pénétré pour vous ; je voudrais « vous voir la première de toutes les « femmes. » Marie-Louise, déjà livrée à de scandaleuses affections , et projetant une union secrète qui convenait à la politique de Metternich , fut sourde à cette voix généreuse. En 1817, le général , fatigué d'entendre injurier à Londres l'armée française qui avait combattu à Waterloo, avait publié une relation de cette bataille rédigée à Sainte- Hélène. Cette démarche indisposa contre lui Wellington et le ministère , qui , sous le prétexte de saisir entre ses mains des à Waterloo , où il fit tirer les derniers papiers importants , le firent arrêter, coups de canon, il revint à Paris avec, voler, maltraiter, et ensuite jeter au ri- Napoléon; se rendit ensuite avec lui à vage de Cuxhaven sur le continent. Il la Malmaison, puis à Rochefort, où il resta plusieurs années errant, proscrit, fut chargé de porter au prince régent pourchassé. Plusieurs fois, il sollicita d'Angleterre la lettre par laquelle le vainement l'autorisation de rentrer en souverain déchu demandait à s'asseoir France. Sa mère, âgée de soixante et au foyer du peuple britannique. Arrivé quinze ans , adressa à ce sujet une péti- 5 Plymouth , le général Gourgaud ne put tion à la chambre des députés. Cette débarquer, et fut conduit en rade à Tor- malheureuse femme , accablée de chabay, pour être mis à bord du vaisseau grin, fut frappée d'apoplexie. Enfin, le monté par Napoléon , qui le choisit , avec ministre des atfaires étrangères, M. Pas- Montholon et Bertrand, pour partager (*) D'autres prétendent que des mésinsa captivité. Toutefois , parvenu à la fa- telligences survenues entre lui et Monlholon taie destination, le général ne tarda pas à (mésintelligences qui causèrent de graves éprouver un notable dérangement de sa ennuis à l'illustre captif), furent le véritable santé, et, après un séjour de plus de trois motif qui nécessita son départ de Longwood.

T. ix. 3' Livraison. (Dict. bncyclop., etc.) 3

Page 1