HABITATIONS
Haarburg (prise de). — Haarburg est une ville forte de Hanovre , située sur l'Elbe, à 12 kilom. sud de Hamburg. Au 15 avril 1813, le Ie' corps de notre armée d'Allemagne , formé de 3 divisions d'infanterie, Dufour, Carra-Saint- Cyr et Dumonceau, était réuni entre Brème et Minden , et protégeait ainsi la li^ne du YVeser. Bientôt le général Vandamme , qui le commandait , ne se borna plus à tenir la défensive. Le 20, il marcha en avant , et pointa vers la rive gauche de l'Elbe, ou les Russo- Prussiens , depuis l'ouverture de la campagne, occupaient plusieurs points importants. Il poussa l'ennemi sur Rotzenhurg, le 25; puis, après quelques affaires insignifiantes, son avant-garde arriva le 27 devant Haarburg. Une compagnie de voltigeurs du 152e régiment de ligne , composé tout entier de conscrits qui venaient de rejoindre, se présenta sous les murs de la place; un sous-lieutenant, le nommé Roulle, et deux sous-olficiers franchirent le fossé, abattirent le pont-levis , et les troupes françaises entrèrent sur-le-champ dans la forteresse, qui fut enlevée à labaïonnette.
Habert (François) naquit à Issoudun, en 1520, mourut vers 1561 , et, dans l'espace d'une vie aussi courte, bien qu'il eût été forcé, par sa pauvreté, de perdre ses plus belles années chez un procureur, et ensuite dans l'emploi obscur de secrétaire auprès de plusieurs prélats, il trouva le loisir de composer un grand nombre d'ouvrages , aujourd'hui oubliés , mais autrefois célèbres.
Les poésies et les traductions du Banny de Liesse, comme Habert s'appelait luimême , furent longtemps populaires ; elles lui valurent même la protection de François Ie' , et le titre de poète royal à la cour de Henri II. Le temps a fait justice de son livre des fixions fantastiques, de son Temple de chasteté, et même de ses Héroïaes, où se rencontre cependant quelquefois de la grâce et de la légèreté. On ne conserve plus guère le souvenir que de quelques fables, imitées plus tard par la Fontaine, et rendues par lui immortelles.
Habebt (Pierre-Joseph, baron), lieutenant général, né en 1773, entra au service en 1792, comme capitaine au 4e bataillon de l'Yonne. Après avoir fait toutes les premières campagnes de la révolution , et subi quelques mois de captivité en Angleterre , il passa en Égypte* comme aide de camp du général en chef pendant l'expédition de l'an IV ; Iéna, Eylau, Heilberg, furent ensuite pour lui de nouveaux théâtres de gloire. Créé général de,brigade, le 18 février 1808, n servit dans l'armée d'Espagne, fit des prodiges de valeur au siégedeSaragosse,àlajournéede Marin, à Lerida, au combat de Salces, où, avec 1,800 hommes et 1 escadron de hussards, il battit 4,000 Espagnols et leur enleva des centaines de prisonniers, au col de Balaguer , où Suehet lui confia l'attaque du fort Saint-Philippe, à Tortose, a la bataille deSagonte, etc. Après avoir rempli divers commandements aussi glorieux que périlleux à la retraite d'Espagne, il remit, le 25avril 1814, d'après les conventions , la basse Catalogne et Bareelone au général espagnol.
Il avait défendu son poste avec tant d'intrépidité qu'on l'avait surnommé l Ajax de C année de Catalogne. En effet, il avait résisté à une attaque de 30,000 hommes du côté de la terre, tandis qu'une escadre anglaise le bloquait en mer. Le 29 juillet de la même année, il fut nommé grand officier de la Légion d'honneur, et il commandait depuis le 22 mars 1815 la 2e division territoriale, lorsqu'il fut appelé à l'armée du Nord par le retour de Napoléon. Il se battit avec son ancien courage à la bataille «le Mont-Saint Jean, et y fut blessé grièvement. Depuis cette époque, il vécut retire du service. "
Habillement. Voy. Costume.
Habitations particulières. Bien que les monuments religieux et les palais résument les principes de Parchitecture d'un peuple , il n'est pas sans intérêt d'étudier le développement de l'art dans la disposition de ses habita* tions particulières. Là aussi se reflètent fidèlement les mœurs, les goûts , la civilisation des citoyens des villes. On l'a
dit avec raison, « l'architecture des habitations est à celle des monuments publics ce que la peinture de portrait est à la peinture historique, et, envisagée sous le point de vue philosophique, elle n'est pas d'une moindre valeur pour parvenir a la parfaite connaissance de l'individualité humaine, dont elle, résume l'esprit et les sentiments les plus intimes. »
Pendant longtemps, les peuples de. la Belgique et du midi de la Gaule eurent pour habitations des grottes taillées dans le flanc des montagnes, des cellules souterraines. Dans le reste du pays* les maisons , bâties en forme ronde, étaient faites , soit de pierres , soit de bois et de terre, c'est-à-dire , avec des poteaux soutenant de doubles claies d'osier, entre lesquelles des couches superposées de paille hachée, pétrie avec de l'argile, formaient une muraille solide. L'édifice était couvert d'un toit large, soutenu par des branchages légers, et couvert de chaume, ou de ces minces planchettes de bois , appelées aujourd'hui bardeaux. Aussi , dans les villes gauloises dont on a retrouvé des ruines, et notamment à Toull (Creuse), on n'a jamais découvert aucunes tuiles (*). La briqueterie et la tuilerie n'ont été connues des Gaulois que sous la domination romaine. César parle dans ses Commentaires de cabanes que ses soldats avaient construites en bois et couvertes de chaume, selon F usage gaulois. Au reste, encore aujourd'hui, le système de couverture en chaume semble appartenir exclusivement à la France et à quelques contrées de l'Allemagne. On en chercherait vainement des exemples en Italie, en Angleterre, et chez la plupart des autres peuples euro|>éens.
Sous la domination romaine, les habitations gauloises s'améliorèrent sans doute beaucoup ; mais on manque de données précises sur ces modifications.
(*) Les maisons gauloises trouvées à Toull- Sainie-Croix avaient de 9 à 12 pieds de diamètre et étaient bâties en pierres brutes réunies par de la terre argileuse non gâchée. On n'y voit aucûne trace de cheminée ni dé fenêtre. Cependant un bas -relief du musée royal de Paris représente la hutte conique d'un Gaulois, avec une fenêtre. par-
Cependant, quelques bas-reliefs du premier siècle de l'ère chrétienne prouvent que déjà, à cette époque , les Gaulois , voisins de la Provence et de la Narbonnaise, se construisaient des bâtiments carrés et à double faîte angulaire. Quelques-unes de ces maisons avaient même un étage au-dessus du rez-de-chaussée.
Quant aux demeures construites par les vainqueurs, elles durent nécessairement ressembler à celles qu'on retrouve encore dans les villes antiques de l'Italie ; les découvertes que l'on a faites dans plusieurs parties du territoire, de fondations et de ruines de villas de l'é- . poque gallo-romaine , ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
Pendant longtemps les habitations particulières conservèrent probablement les dispositions léguées par les Romains. Les fréquentes invasions des barbares, qui renversèrent la plupart de nos églises, ont dû aussi faire disparaître les constructions moins solides.
Nous ne pouvons donc commencer qu'au onzième siècle la série de nos observations. Dans les premiers temps du moyen âge, les seigneurs et les prélats, vivant retirés dans leurs châteaux, il n'y avait dans l'enceinte des villes , si l'on en excepte de nombreux couvents, que des habitations peu importantes, de véritables maisons appartenant aux marchands, bourgeois et artisans.
Il reste encore un petit nombre de maisons romanes dans quelques villes du Midi, dans la Champagne, dans l'Orléanais, etc. Leurs distributions sont simples ; les façades , percées de fenêtres en plein cintre , sont peu élevées et d'un style sévère. On voit aussi à Lyon, près de la cathédrale, à Beauvais, près de l'archevêché, des restes d'arcades qu'on suppose avoir appartenu à des habitations importantes du douzième siècle. La plus remarquable des maisons anciennes de la ville haute de Provins est une habitation romane qui se trouve dans la rue du Palais. La façade fait un angle obtus au milieu de la largeur. Sur l'une des faces est une large ouverture à plein cintre , sur l'archivolte de laquelle on distingue encore les zigzags caractéristiques; au-dessus règne une corniche marquant la limite du rez-de-chaussée et du premier étage;
elle supporte les pieds-droits de deux fenêtres à plein cintre, dont les arcs, en se joignant au point où le mur se courbe, tombent sur une colonne commune. En général , le premier étage de cette maison a, comme on le voit dans tous les édifices civils de cette époque, beaucoup plus d'ornements que la partie inférieure , réservée sans doute aux usages domestiques.
Une maison toute semblable se voit à Baugency, où elle est connue sous le nom de Maison du Temple. La même préférence pour les étages supérieurs se remarque dans une autre Maison du Temple,à Montrichard {douzième siècle), dans la maison dite de Clamecy, à Celles en Berry (treizième siècle). Perpignan, Reims et Metz possèdent aussi quelques maisons en pierre du treizième siècle; celles de Metz sont surmontées de créneaux qui leur donnent un aspect féodal tout particulier; leurs fenêtres sont à plates-bandes.
Quand ces demeures appartenaient à de nobles familles, des armoiries étaient sculptées au-dessus des rares fenêtres percées sur les façades.
Les bourgeois qui se donnaient ou recevaient des communes s'empressaient d'élever autour de leurs habitations , des murailles crénelées. Ces signes de liberté leur étaient souvent plus chers que leur argent; témoin cés habitants de Vezelay, dont M. Aug.
Thierry a si bien raconté les révolutions intérieures au douzième siècle : « L'un des plus considérables parmi eux, nommé Simon, jet* les fondements d'une grosse tour carrée comme celles dont les restes se voient à Toulouse, à Arles et dans plusieurs villes d'Italie. Ces tours, auxquelles la tradition joint encore le nom de leur premier possesseur, donnent une grande idée de l'importance individuelle des riches bourgeois du moyen âge. Cet appareil seigneurial n'était pas , dans les grandes villes de commune, le privilège exclusif d'un petit nombre d'hommes; Avignon, au commencement du treizième siècle, ne comptait pas moins de trois cents maisons garnies de tours. »
Les moines de Vezelay ayant repris l'avantage sur la commune, eurent soin, après avoir chassé les bogrgeois ,
de distribuer leurs archers et leurs serfs dans ces fortifications, et, au retour des émigrés, la question la plus difficile à résoudre fut celle de la démolition des forteresses bourgeoises. « L'affaire devint en quelque sorte européenne. Les légats du saint-siége s'en occupèrent, et le pape lui-même écrivit au roi de France, sur cet important objet, une lettre qui se terminait ainsi : « Attendu « aussi que les bourgeois de Vezelay , se « confiant dans les fortifications de pierre « qu'ils ont élevées au-devant de leurs « maisons, sont devenus tellement inso- « lents envers le susdit abbé, qu'il lui est « désormais impossible de rester dans « son monastère, nous prions TaMagni- « licence de faire détruire ces maisons « fortifiées, de rabaisser ainsi l'orgueil « de ces bourgeois. Cependant , loin de « démanteler leurs maisons fortes, quel- « ques bourgeois s'occupaient même à « en continuer Jestravaux. » Enfin l'abbé fit marcher contre la tour de Simon une troupe de paysans commandés par des moines; la démolition, entreprise et exécutée sans qu'on opposât de résistance, décida la victoire en faveur de la puissance seigneuriale. Ceux d'entre les bourgeois qui avaient des demeures fortifiées donnèrent des otages pour garantie de la destruction de tous leurs ouvrages de défense.
Le quatorzième siècle nous a légué peu de maisons en pierre, mais beaucoup d'habitations en bois, que l'on rencontre surtout dans nos provinces septentrionales. Elles se terminent généralement par un pignon aigu dont la saillie, supportée par deux pièces de bois formant ogive, abrite les étages inférieurs souvent surplombants. Les pièces de bois de la charpente apparente font l'unique décoration de la maison; ordinairement on les peignait ou on les recouvrait d'ardoises pour assurer leur conservation ; quelquefois ou y sculptait des figures bizarres et souvent obscènes. Une étroite entrée et une boutique qui restait sans clôture pendant le jour occupaient le rez-dechaussée.
Dans les maisons de pierre de la même époque, les fenêtres et les portes sont ordinairement en ogive, avec des tympans et des corniches plus ou moins