ERS. HAGUENAU
avec sa préfecture composée des villes de Colmar, Schelestadt, Landau, Weissembourg, Obernheim,Rosheim, Munster, Kaysersberg et Turckhcira, fut cédé par l'Empereur à la France , en vertu de l'art. 73 du traité de Munster.
Le cardinal Mazarin étant préfet d'Alsace ou grand bailli de Haguenau , travailla à obtenir une reconnaissance solennelle de ses droits et de ceux du roi, de la part des dix villes impériales que nous venons de nommer, et dont les députés se réunissaient à Haguenau. Mais la mort le surprit (1661). Son neveu, le duc de Mazarin, le remplaça dans cette charge, et les députés de Haguenau, gagnés par lui, prêtèrent enfin le serment de fidélité à la France, si longtemps éludé. Leur exemple entraîna les autres députés (2 janvier 1662). Cependant les dix villes ne tardèrent pas à se repentir de leur soumission et se tournèrent de nouveau vers l'Empereur.
La paix de Nimègue en confirma cependant la possession à la Fi-ance. En 1673, Louis XIV fit raser les fortifications de Haguenau , et les reconstruisit l'année suivante pour les démolir de nouveau au bout de trois ans. Un incendie détruisit la ville presque entière en 1677. Les Impériaux, sous la conduite du prince Eugène, la prirent en 1704; elle fut assiégée et reprise en 1706, et retomba au pouvoir des Autrichiens en 1744, mais ils ne la gardèrent que fort peu de temps.
Haguenau est la patrie de Wolfgang Capito, théologien, jurisconsulte et médecin du seizième siècle ; d'Antoine Firn , un des premiers prédicateurs de la réforme à Strasbourg, etc. Sa population est évaluée à 9,700 habitants.
Haguenau (monnaie de). Comme presque toutes les villes de l'Alsace , Haguenau possédait, avant sa réunion à la France, le droit de battre monnaie. Elle était en possession de cette prérogative depuis 1374, époque à laquelle Léopold, archiduc d'Autriche, la lui avait concédée au nom de l'Empereur.
Ce privilège, comme nous l'avons dit dans l'article précédent , ne concernait
archives de Strasbourg , par M. de Kentxinger , t. II , p. 7a et suiv.
Mai .vaut FBJ
d'abord que la monnaie de billon ; mais en 1516, Maximilien 1er lui octroya la liberté de forger des espèces d'or et d'argent, à l'imitation de celles des électeurs du Rhin. Ces privilèges furent encore augmentés par Charles-Quint.Duby,dans son ouvrage sur les monnaies des prélats et barons, donne le type de quelques-unes de ces pièces. Elles présentent toutes d'un côté les armes de la ville, qui sont un écu chargé d'une rose à cinq pétales, et de l'autre l'aigle impériale portant quelquefois le globe du monde. Au-dessus de l'écu se trouve la date. Dans les légendes , on voit d'un côté le nom de l'Empereur, de l'autre le nom de la monnaie et celui de la ville : MONeta
ARGENTm CIVlTdffc HAGEN0INS2.V Sur
l'argent, moneta hageno sur le billon,
CVSUm AVBVM IMPERi'a/iS CAMEBéB HAGE.
La paix de Munster (1648) mit fin à ce privilège de la ville.
Hailer (combat de). Après la journée de Leipzig, Napoléon se retirait vers Erfurt avec les principaux débris de son armée. Le 28 octobre, il apprit que les Austro-Bavarois, sous le commandement du général de Wrède, occupaient la route de Francfort, dans le dessein de lui couper la retraite. Il n'en continua pas moins sa marche, et dans la matinée du 30, le gros de nos troupes, qui se dirigeait sur Gelnh'ausen, rencontra une brigadeautrichienne. Une action s'engagea sur-le-champ : l'ennemi, culbuté, se replia vers Hailer, petite ville sur la Kintzig, dont il détruisit le pont. Toutefois, on l'eut bientôt rétabli, et les colonnes françaises continuèrent leur mouvement.
HAiNAUT.Valenciennes,Condé,Maubeuge, Beaumont, le Quesnoy, Landrecies, Avesnes, Chimay, Marienbourg, qui formaient le Hainaut français, furent conquis par Louis XIV (voy. Flandre), et définitivement cédés à la France par la maison d'Autriche (branche d'Espagne), en vertu des traités des Pyrénées, de Nimègue, d'Utrecht et de Bade. Un décret du II ventôse an Ier, confirmé par un autre du 9 vendémiaire an iv, réunit à cette province, dont Valenciennes était le chef-lieu , l'autre partie de l'ancien comté de Hainaut, comprenant, outre Mons sa capitale, Saint-Guislain,
fCE. MALEVY m
Binche , Roeulx , Soignies , Brame-le- Comte, Enghien, Halles, Lessines, etc.
Le département du Nord contient aujourd'hui la majeure partie du Hainaut français.
HÀlNCMAR. VOVCZ HlNCMAB.
Haïti. Voyez Saint-Domingue.
Halecbet , espèce de corselet léger fait de mailles, ou cuirasse légère de fer battu. Le mot corselet resta seul en usage à la place de celui d'halecret.
Halevy (Jacques - Frumental) , né à Paris en 1799, élève du Conservatoire, remporta en 1819 le grand prix de composition musicale, et, avant de partir pour Rome, fut chargé de mettre en musique, à l'occasion de la mort du duc de Berry , le texte hébreu du De profundis ; ce morceau fut exécuté en 1820 au temple des Israélites , et gravé chez M. Pleyel.
De rétour en France, M. Halevy tourna toutes ses vues vers la carrière dramatique ; mais le théâtre n'offre pas moins de difficultés pour les jeunes musiciens ue pour les auteurs ; il fit longtemps 'infructueuses tentatives pour arriver à se faire jouer. Il parvint cependant à faire représenter en 1827, au théâtre Feydeau, C Artisan, opéra comique en un acte. Cet ouvrage , qui avait eu peu de succès, fut suivi du Roi et le Batelier, pièce de circonstance composée pour la fête de Charles X, et dont M. Halevy avait fait la musique avec M. Riffaut. En 1829, parut au Théâtre-Italien, Clari, opéra en 3 actes. Le rôle principal fut confié à madame Malibran , et cet ouvrage commença à faire connaître avantageusement son auteur. Depuis ce temps, M. Halevy marcha de succès en succès. Le Dilettante a" Avignon, représenté la même année à l'Opéra-Comique , réussit complètement , et est resté comme une bonne pièce au théâtre.
En 1830, on joua à l'Opéra le ballet de Manon Lescaut, et en 1832 la Tentation, ballet-opéra en 5 actes. Ces deuxouvrages firent une grande sensation.
En 1834, M. Halevy acheva la partition de Ludovic, qu'avaitcommencéeHérold, et que la mort était venue interrompre. En 1835, il donna la Juive, opéra qui mit le sceau à sa réputation , et qui , malgré les nombreuses critiques quil'ac-
302 HÀLSAlt L'UNIVERS. HÀLtfc
cueillirent, eut un succès presque européen. Six mois plus tard, il donnait à l'Opéra Comique l 'Éclair, ouvrage que le public accueillit avec une grande faveur, et dont la musique gracieuse et légère témoigne de la souplesse de son talent. Depuis, Guido et Ginenra, et tout récemment la Heine de Chypre ont encore ajouté à la réputation si bien méritée de M. Halevy. Professeur de solfège au Conservatoire dès 1816, M. Halevy succéda en 1 827 à M . Daussoigne, comme professeur d'harmonie et d1 accompagnement. Il a été chargé en 1833 de 1 enseignement de la composition. Il avait été nommé en 1829 chef de chant à l'Opéra, et il remplit encore cet emploi. En 1 836, il a été admis à l'Institut en remplacement de Reicha.
Halgan (Emmanuel), contre-amiral, est né à Donges en 1771. A peine âgé de 13 ans, le jeune Halgan s'embarqua en qualité de mousse sur un bâtiment du roi. Après plusieurs campagnes sur des bâtiments de commerce , il revint servir sur les vaisseaux de l'État, à l'époque où la guerre éclata entre l'Angleterre et la république française. Il prit part à l'expédition de Saint-Domingue en qualité de lieutenant de la Clorinde. Le premier commandement dont il fut investi fut celui du brick l'Èpervier, sur lequel le frère du premier consul , le jeune Jérôme Bonaparte, servait en qualité d'ofûcier. Élevé ensuite au grade de capitaine de frégate , il prit part aux opérations de l'escadre de l'amiral Linois dans les mers de l'Inde. Lorsque Jérôme eut été promu au grade de capitaine de vaisseau, et eut reçu de l'empereur l'ordre de monter un des vaisseaux de l'escadre du contre-amiral Willaumez, le Vétéran, il fit choix de son ancien capitaine pour commander en second ce vaisseau, se souvenant des leçons qu'il avait reçues de lui sur VÈpervier. Ce fut pendant cette campagne qu'il obtint le grade de capitaine de vaisseau. Il montait la frégate /7/ortensey à la malheureuse affaire des brûlots, en rade de Pile d'Aix, et il fut un de ceux qui sauvèrent leur bâtiment. 11 commanda longtemps la flottille de la Meuse , et se distingua par la défense d'Helvoët-Sluys , pendant les désastres de 1813. Malheureusement, les progrès
rapides des alliés nécessitèrent bientôt l'évacuation de Helvoèt , comme de presque toutes les autres places de la Hollande et du Brabant hollandais. La flottille de la Meuse dut être détruite dans le port de Willemstadt, et M. Halgan, avec les équipages, opéra sa retraite sur Anvers. Lors du bombardement de cette dernière place, au commencement de 1814, il fut chargé d'un commandement, et contribua puissamment à préserver de l'incendie les vaisseaux de notre flotte ainsi que les éta- • blissements de la marine situés dans cette partie du port d'Anvers. Au retour de la paix, M. Halgan commanda à diverses époques des divisions navales dans les mers du Levant et de l'Amérique, jusqu'en 1819, qu'il fut nommé directeur du personnel au ministère de la marine. Il quitta cet emploi pour aller commander de nouveau une escadre dans le Levant ; mais il le reprit en 1824. Il avait d'ailleurs été élu membre de la chambre des députés dès 1819.
Hall (prise de). — Le maréchal Ney, en octobre 1805, chargé d'envahir le Tyrol , forma ses troupes en deux divisions : à la tête de l'une il entra dans Inspruck le 17 novembre; l'autre se dirigea sur Hall, et occupa cette ville le même jour sans avoir brûlé une seule cartouche. Hall renfermait d'immenses magasins.
Hallage ( droit de ). — Ce terme désignait en général la redevance que payaient au roi , au seigneur ou à leurs concessionnaires , soit en nature , soit en argent, tous les marchands qui vendaient aux halles et foires. Il existait d'ailleurs beaucoup de synonymes pour exprimer ce droit téodal, tels que : eauponage, étalage, levage , placage, etc.
Halle ( prise et combat âe). — Le soir de la bataille d'Iéna ( 14 octobre 1806), Napoléon avait enjoint à ses lieutenants de poursuivre les débris des corps prussiens et saxons qui se retiraient sur Magdebourg. La réserve ennemie , commandée par le prince Eugène de Wurtemberg , et qui n'avait pu prendre part à la bataille , se dirigeait aussi vers cette ville atin de protéger la réunion des autres corps. Le 16, l'empereur , apprenant que cette réserve , forte d'environ 25,000 hommes , venait